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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 9 No. 271
Jeudi 11 Décembre 2003
LES FAITS MARQUANTS DU GT-3 SUR L'ARTICLE
8(J):
MERCREDI 10 DECEMBRE 2003
Les délégués près de la troisième réunion
du Groupe de travail intersessions, de composition non
limitée, chargé de l'examen de l'application de l'Article 8(j)
et dispositions connexes, de la Convention sur la diversité
biologique (CDB), se sont réunis dans des sessions de
sous-groupes de travail, toute la journée. Le Sous-groupe de
travail I (SGT-I) a poursuivi ses discussions autour du projet
de texte des lignes directrices devant encadrer la conduite
des études d'impact, et a examiné les questions de transfert
des technologies et les recommandations émanant de l'Instance
Permanente des Nations Unies sur les Questions Autochtones
(IPQA). Le Sous-groupe de travail II (SGT-II) a planché sur le
texte des coprésidents concernant les systèmes sui generis
pour la protection des savoirs traditionnels. Unr brève
session Plénière s'est tenue dans l'après-midi, pour
l'évaluation des progrès accomplis.
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL I
ETUDES D'IMPACT: Projet de texte des lignes
directrices: Le Coprésident du SGT-I, John Herity (Canada)
a invité les participants à présenter leur vues sur le projet
de texte des lignes directrices devant encadrer la conduite
des évaluations d'impact culturel, environnemental et social
(UNEP/CBD/WG8J/3/5).
Intégration des évaluations: Au
sujet des études d'impact social, la JAMAIQUE a déclaré que
l'évaluation des modifications survenues dans les économies
traditionnelles doit inclure la valorisation économique des
effets sociaux négatifs. Au sujet de leur portée, le FORUM
INTERNATIONAL DES AUTOCHTONES SUR LA BIODIVERSITE (FIAB) a
proposé la considération des modes de vie traditionnels, et
CARE EARTH-INDIA, les effets sur l'accès aux ressources
biologiques nécessaires aux moyens de subsistance. Au sujet
des domaines devant être abordés dans la conduite des études
des seuils de référence, le Libéria, au nom du GROUPE
AFRICAIN, a suggéré la considération des établissements
humains et de l'utilisation des médecines traditionnelles par
l'IPQA, et le PAKISTAN, celle de la réimplantation forcée et
des expulsions des populations autochtones de leurs terres.
Les avantages offerts au MEXIQUE par les
développements proposés devraient englober le paiement des
services environnementaux. Le BURKINA FASO a mis l'accent sur
les menaces d'expropriation des terres traditionnelles.
S'agissant des aspects sanitaires et sécuritaires, SAINTE
LUCIE et la LITUANIE ont suggéré de faire référence plutôt aux
espèces médicinales qu'aux plantes.
Voies et moyens: Au sujet du
renforcement des capacités, l'ARGENTINE et le FIAB ont
recommandé d'intégrer des experts autochtones dans les équipes
chargées des études d'impact. Les délégués se sont également
accordés sur l'intégration des experts en matière de savoirs
traditionnels. Le BURKINA FASO et le FIAB ont requis
l'inclusion d'autres moyens de conscientisation, que ceux
situés sur la toile, le FIAB appelant à l'intégration des
moyens de communication traditionnels. SAINTE LUCIE et le
PAKISTAN ont proposé l'insertion d'un libellé appelant à la
mise à disposition de ressources financières, techniques et
juridiques, permettant de s'assurer de la participation des
autochtones dans tous les aspects de l'étude d'impact.
Considérations générales: Le FIAB a
proposé que ce chapitre englobe: le consentement préalable, en
connaissance de cause (CPCC); les études stratégiques d'impact
environnemental (EIE) et les plans de développement
communautaire; les considérations juridiques; la propriété, la
protection et la maîtrise des savoirs traditionnels; les
mesures d'atténuation et d'abattement des menaces; la
transparence; les procédures d'évaluation et de règlement des
différends; et l'établissement des rapports.
Au sujet du CPCC, le FIAB a demandé, entre
autres, de reconnaître des droits et des savoirs autochtones,
d'accorder un délai suffisant et de fournir des données
exactes. Le CANADA et la JAMAIQUE ont préféré la formulation
approuvée par la Conférence des Parties (CdP) sur le CPCC, qui
assujettit le CPCC à la législation nationale.
Au sujet des EIE stratégiques, le FIAB a
suggéré, et les délégués ont approuvé, l'encouragement des
communautés à formuler des plans de développement
communautaires, englobant des EIE stratégiques et des
mécanismes d'allégement de la pauvreté, et demandant aux
projets de développement: d'établir un équilibre entre les
préoccupations économiques, sociales, culturelles et
environnementales; d'optimiser les opportunités de
conservation de la biodiversité; et de s'assurer du partage
des avantages et de la protection des savoirs traditionnels.
Au sujet des considérations juridiques, le
FIAB a proposé un libellé reconnaissant les droits des
autochtones sur leurs territoires et au contrôle de l'accès,
et traitant des questions juridictionnelles et des questions
de responsabilité et de réparation. Plusieurs délégués ont
signalé que les questions de juridiction et de responsabilité
et réparation sont hors du champ de compétence des lignes
directrices.
Au sujet des savoirs traditionnels, le FIAB
a souligné la nécessité de respecter: le droit coutumier et
les droits de propriété intellectuelle des communautés (DPI)
sur leurs savoirs traditionnels, le CPCC des détenteurs du
savoir, et les protocoles d'accès établis par les communautés.
Le FIAB a également appelé à la
transparence et l'imputabilité publique, dans toutes les
phases de l'évaluation, et à l'insertion dans les rapports
nationaux, des données concernant les mesures adoptées sur la
base des lignes directrices. La JAMAIQUE a souligné la
nécessité d'un libellé général permettant d'accommoder les
particularités nationales. Le CANADA a proposé que tous les
droits de l'Homme soient respectés, notamment les droits
sociaux, culturels et environnementaux.
Utilisation des termes: Au sujet
des questions en suspens ayant trait à l'utilisation des
termes, la JAMAIQUE a suggéré que les EIE englobent les
mesures d'atténuation appropriées. Le MEXIQUE a proposé que
les évaluations d'impact social traitent des effets exercés
sur les droits économiques, sociaux, culturels, civils et
politiques.
Le FIAB a suggéré, et les délégués ont
accepté, d'intituler les lignes directrices "Les lignes
directrices d'Akwekon," d'après le nom Mohawk de Montréal. Le
Coprésident Herity a indiqué qu'un texte des coprésidents sera
élaboré.
RECOMMANDATIONS DE L'INSTANCE PERMANENTE
DES NATIONS UNIES SUR LES QUESTIONS AUTOCHTONES: Le
Coprésident Herity a présenté les recommandations de l'IPQA
concernant les progrès à réaliser dans les domaines du
développement environnemental, des EIE et de la diversité
culturelle (UNEP/CBD/WG8J/3/8). La SUEDE, la NORVEGE et le
CANADA ont encouragé la coopération avec l'IPQA et, avec
d'autres voix, ont apporté leur appui à la tenue d'un atelier
sous le thème de la protection des sites sacrés et des sites
cérémonials. L'UICN a parlé de ses travaux en faveur des aires
protégées et des sites sacrés. Le délégué des BAHAMAS a fait
part de ses réserves concernant l'établissement de cadres
juridiques contraignants pour les études d'impact. Le CANADA a
suggéré l'organisation d'une manifestation spéciale sur le
thème des lignes directrices, en marge de la prochaine session
de l'IPQA.
Au sujet de la recommandation appelant à
établir un rapport des Nations Unies sur la mise en œuvre des
chapitres du Plan d'action 21, consacrés aux peuples
autochtones, le FIAB a suggéré que le Secrétaire exécutif de
la CDB coordonne l'élaboration du rapport et s'assure de la
participation des communautés.
Le Coprésident Herity a indiqué que le
projet de recommandation sera transmis au Président du Groupe
de travail.
TRANSFERT DES TECHNOLOGIES: Le
Coprésident du SGT-I, Herity, a invité les participants à
présenter leurs commentaires sur les questions restées en
suspens, depuis la neuvième réunion de l'organe subsidiaire
chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et
technologiques, relatives au thème du transfert des
technologies et de la coopération. Le MEXIQUE, appuyé par
plusieurs délégués, a suggéré de recommander que la CdP-7
prenne en ligne de compte, l'élaboration de mécanismes
permettant de s'assurer que les transferts des technologies
traditionnelles innovantes respectent les pleins droits de
ceux qui les ont mises au point.
Le Coprésident Herity a indiqué qu'un
papier de salle de conférence (PSC) sera élaboré.
SOUS- GROUPE DE TRAVAIL II
SYSTEMES SUI GENERIS: La
Coprésidente du SGT-II, Diann Black Layne (Antigua et Barbuda)
a invité les participants à présenter leurs commentaires sur
le texte des Coprésidents concernant les éléments devant
figurer dans le système sui generis de protection des
savoirs traditionnels. La Conférence des Nations Unies sur le
Commerce et le Développement (CNUCED) a appelé à l'adoption
d'une approche holiste de protection des savoirs
traditionnels, et pas uniquement de mesures liées aux DPI.
Préambule: Le FIAB a requis une
référence plutôt à l'utilisation et au contrôle des ressources
biologiques et de leurs terres et territoires, par les
communautés, qu'à l'accès des communautés aux ressources
biologiques, terres et territoires.
Le FIAB a souligné que les systèmes sui
generis doivent plutôt respecter les droits des
communaut�s concern�es, qu'�tre sensibles � leurs int�r�ts. Le
CANADA a parl� de l'imp�ratif d'�laborer ces syst�mes avec la
participation communautaire.
Les CANADA a propos�, et les d�l�gu�s ont
accept�, de reconna�tre que les communaut�s ont leurs propres
syst�mes traditionnels d'entretien et de transmission du
savoir, qui font partie int�grante de leurs droits coutumiers.
Le BRESIL, appuy� par SAINTE LUCIE, a
propos� que les registres soient gratuits et qu'ils ne cr�ent
pas d'obstacles � la protection des savoirs traditionnels. Les
d�l�gu�s ont approuv� une proposition avanc�e par le CANADA:
reconnaissant le besoin d'un financement pour le renforcement
des capacit�s, pour permettre aux communaut�s de participer
dans les registres; et stipulant que les registres ont un
caract�re volontaire et ne sont pas une condition exig�e pour
la protection, et qu'ils sont �tablis avec le CPCC et la
participation des communaut�s. Les d�l�gu�s ont d�battu du
point de savoir si la participation communautaire dans
l'�tablissement des registres, doit �tre "effective" ou
"pleine et effective". Les d�l�gu�s ont finalement opt� pour
la seconde option. Le FIAB et l'ETHIOPIE ont appel� �
l'�tablissement des registres, sur la base des lois
coutumi�res. Les d�l�gu�s ont accept� que ces lois soient
prises en consid�ration, comme propos� par le BRESIL. HAITI,
SAINTE LUCIE et l'ETHIOPIE ont requis une r�f�rence aux us,
outres les lois et les pratiques coutumi�res.
Au sujet de la reconnaissance que les
savoirs traditionnels peuvent �tre assujettis � divers degr�s
d'acc�s, l'INDE a mis en exergue la difficult� de contr�ler
l'acc�s aux savoirs d�tenus par de nombreuses communaut�s. Les
d�l�gu�s ont accept� de reconna�tre que, parfois, le savoir
traditionnel est p�n�tr� sans le consentement des communaut�s
et, refl�tant les propositions �manant du FIAB, du CANADA et
de l'ORGANISATION DE COORDINATION DES ASSOCIATIONS ARGENTINES
DES PEUPLES AUTOCHTONES, de souligner que les communaut�s ont
le droit de nier, d'accorder l'acc�s et d'en d�terminer le
degr�. L'OUGANDA, le COSTA RICA, la MALAISIE et le CANADA ont
propos� d'�tablir une distinction entre les savoirs
traditionnels in situ et ex situ. Le FIAB a
soulign� l'imp�ratif du CPCC des communaut�s pertinentes pour
l'acc�s permanent au savoir traditionnel ex situ. LE
SALVADOR a sugg�r� de se r�f�rer plut�t au consentement qu'au
CPCC. Au terme d'un certain d�bat, les d�l�gu�s ont d�cid� de
ne pas faire r�f�rence � l'assujettissement de l'acc�s au
savoir traditionnel ex situ, � la l�gislation nationale.
Les d�l�gu�s ont d�battu de la nature du
savoir traditionnel, et ont d�cid� qu'il est collectif et
interg�n�rationnel, mais ils ne sont pas parvenus � s'entendre
sur le point de savoir si les ressources g�n�tiques, elles,
sont collectives et interg�n�rationnelles. Ils ont �galement
d�battu du point de savoir si toutes les ressources g�n�tiques
ou seulement certaines, et le savoir qui leur est associ� sont
transfrontali�res, et ont d�cid� finalement que certaines
seulement sont transfrontali�res.
Le BRESIL a propos�, et les d�l�gu�s ont
approuv�, l'insertion dans le pr�ambule, de nouveaux alin�as
portant sur: les arrangements devant encadrer le partage des
avantages et les m�canismes pour l'arr�t des usages
inappropri�s des savoirs traditionnels.
Au sujet de la collaboration avec d'autres
organisations, les d�l�gu�s ont d�cid� de faire r�f�rence �
l'UNESCO, � la CNUCED et � l'OMC.
Paragraphes op�rationnels: Au sujet de
la fourniture des donn�es, le CANADA a propos� l'inclusion des
donn�es concernant les mesures de soutien au droit coutumier.
L'Italie, au nom des Etats membres de la Communaut� europ�enne
(CE) et des pays acc�dants (UE), contr�e par le BRESIL, a
propos� une r�f�rence au travail accompli par l'OMPI.
Au sujet du glossaire des termes pertinents
� l'Article 8(j), la CE a requis l'�tablissement d'une
coop�ration avec le Groupe de travail sur l'APA. Le BRESIL et
l'ARGENTINE ont propos�, et les d�l�gu�s ont accept�, de ne
pas convoquer de groupe d'experts techniques pour
l'�laboration du glossaire.
L'UE a propos� que la CdP requi�re du
Groupe de travail sur l'Article 8(j) de proc�der �
l'�valuation de la pertinence des Directives de Bonn, pour
l'APA, et du r�gime international d'APA, pour la protection
des savoirs traditionnels, et � la d�termination du r�le des
bases de donn�es et des registres. Les d�l�gu�s ont �t� d'avis
avec une proposition avanc�e par le FIAB et le BRESIL, sur le
besoin d'examiner le point de savoir si les registres
facilitent l'acc�s non autoris�. Le BRESIL, contr� par le FIAB
et la SUISSE, a recommand� que le syst�me sui generis
englobe les arrangements r�gissant le partage des avantages.
Les d�l�gu�s ont fait objection � la
proposition de demander au Groupe de travail sur l'Article
8(j), de proc�der � l'identification des �l�ments devant
figurer dans un r�gime consacr� aux m�decines traditionnelles
sui generis. Le CANADA a encourag� la coop�ration avec
les instances traitant de ce sujet. L'UE a appel� �
l'int�gration des pr�occupations de biodiversit� dans les
politiques des diverses instances. La CNUCED a sugg�r�
l'�tablissement d'une coop�ration avec les instances ayant
rapport avec le commerce international. Le MEXIQUE a appel� �
l'examen de la conformit� des m�canismes de DPI � l'Article
8(j) de la CDB. Au sujet de la coop�ration avec l'OMPI, l'UE,
contr�e par le FIAB, a demand� que les conclusions pertinentes
de l'OMPI concernant la protection des savoirs traditionnels
soient transmises au Groupe de travail sur l'Article 8(j).
Une r�vision de texte des Copr�sidents sera
�labor�e, et comprendra les commentaires �crits consacr�s �
l'Annexe renfermant la liste des �l�ments constitutifs des
syst�mes sui generis.
DANS LES COULOIRS
Certains d�l�gu�s du SGT-I ont craint de
voir la soumission tardive du projet de texte r�vis� des
lignes directrices devant encadrer les �tudes d'impact, exiger
des efforts importants pour d�gager des solutions de derni�re
minute � des questions sensibles telles que celles pos�es par
les r�f�rences au CPCC et au droit coutumier. D'autres ont
sembl� confiants que les Directives de Bonn vont bient�t avoir
un cousin autochtone: les lignes directrices d'Akwekon
r�gissant les �tudes d'impact culturel, environnemental et
social.
Les d�bats tourment�s du SGT-II autour du
texte des Copr�sidents concernant les �l�ments devant figurer
dans les syst�mes sui generis, ont vu la mar�e se
replier sur la question des registres et des bases de donn�es,
avec un certain nombre de Parties, apportant leur appui aux
r�serves des peuples autochtones concernant le risque de voir
ces instruments se transformer en moyens d'acc�s et de travail
non autoris�s, contre l'objectif de protection des savoirs
traditionnels. Un d�l�gu� s'est hasard� � la remarque
suivante: les pr�occupations concernant l'APA, exprim�es dans
le SGT-II, ne manqueront pas d'�tre soulag�es par la promesse
faite par le Pr�sident du Groupe de travail, d'un partage
fougueux des avantages, en �change de l'ach�vement des travaux
d'ici jeudi soir.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL I: Le
SGT-I se r�unira � 10h dans la Salle I, pour d�battre des
textes des Copr�sidents concernant le rapport de synth�se sur
l'�tat des lieux et l'�volution escompt�e, et le projet de
lignes directrices devant r�gir les �tudes d'impact. Les
d�l�gu�s examineront �galement le PSC concernant le transfert
des technologies. Les discussions autour de ces sujets se
poursuivront dans l'apr�s-midi.
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL II: Le SGT-II se
r�unira � 10h dans la Salle II, pour d�battre du texte des
Copr�sidents concernant les syst�mes sui generis, et
les textes des Copr�sidents concernant les m�canismes
participatifs et les technologies de restriction de
l'utilisation des ressources g�n�tiques. Les discussions
autour de ces sujets se poursuivront dans l'apr�s-midi.
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unira �
17h30 pour l'�valuation des progr�s accomplis. |