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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 9 No. 270
Mercredi 10 Décembre 2003
LES FAITS MARQUANTS DE LA GT-3 SUR L'ARTICLE
8(J):
MARDI 9 DECEMBRE 2003
Les délégués près de la troisième réunion
du Groupe de travail intersessions, de composition non
limitée, chargé de l'examen de l'application de l'Article 8(j)
et dispositions connexes, de la Convention sur la diversité
biologique (CDB), se sont réunis dans des sessions de
sous-groupes de travail, toute la journée. Le sous-groupe de
travail I (SGT-I) a planché sur le projet de texte des lignes
directrices devant encadrer la conduite des études d'impact
culturel, écologique et social. Le sous-groupe de travail II
(SGT-II) s'est penché sur les questions des mécanismes
participatifs et des technologies de restriction de
l'utilisation des ressources génétiques (TRURG). Une brève
session Plénière s'est tenue dans l'après-midi pour la revue
de l'avancement des travaux.
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL I
ETUDES D'IMPACT: Le Secrétariat a
introduit le projet de texte des recommandations et des lignes
directrices devant régir la conduite des études d'impact
culturel, écologique et social, concernant les développements
proposés sur les sites sacrés et sur les étendues terrestres
et aquatiques occupées ou traditionnellement utilisées par les
communautés autochtones et locales (UNEP/CBD/ WG8J/3/5).
Le Libéria, au nom du GROUPE AFRICAIN, a
souligné que les communautés sont plutôt détentrices et
propriétaires, que simplement gardiennes, des savoirs
traditionnels. La SUEDE a appelé à la considération des voies
et moyens de concrétiser l'approche intégrée du document, et à
l'établissement d'une collaboration avec l'UNESCO.
Le Forum international des autochtones sur
la biodiversité (FIAB), contré par l'ARGENTINE, le CANADA, le
KENYA et les BAHAMAS, a proposé que les lignes directrices
aient un caractère contraignant. L'ARGENTINE et la JAMAIQUE
ont souligné la nécessité d'une compilation des sites sacrés.
Le FIAB a appelé à la transparence et à la collecte des
données par les autochtones. L'ASSOCIATION RUSSE DES PEUPLES
AUTOCHTONES DU NORD (RAIPON) a suggéré la conduite d'études
ethnologiques pour l'identification des sites sacrés.
Projets de recommandations: Le MEXIQUE
a proposé la reconnaissance des stratégies locales de
conservation de la biodiversité. CARE EARTH-INDIA a suggéré
l'insertion d'une référence aux espèces sacrées.
Le GROUPE AFRICAIN a suggéré d'encourager
les échanges d'informations entre les communautés. Le FIAB,
l'ETHIOPIE et la JORDANIE ont plaidé pour la transparence et
pour la participation communautaire dès les premiers processus
de planification. La JORDANIE a évoqué la gestion des effets
écologiques négatifs. La CÔTE D’IVOIRE a requis le traitement
des risques tels que ceux posés par les décharges de déchets.
Le KENYA et le FIAB ont apporté leur appui
à la création d'un mécanisme de financement permettant la
conduite d'évaluations indépendantes par les communautés.
L'EGYPTE a mis l'accent sur la nécessité de
protéger les communautés et leurs savoirs, contre les menaces
de la mondialisation. RAIPON a mis en relief les menaces
posées par les activités extractives, aux modes de vie
traditionnels. La GAMBIE a déclaré que les communautés doivent
requérir des évaluations de projets.
Le coprésident du SGT-I, John Herity
(Canada) a indiqué qu'un texte des coprésidents sera élaboré.
Projet des lignes directrices:
Visée et approche: Le CANADA a suggéré d'examiner
l'interrelation entre les aspects écologique, culturel et
social. Le FIAB a recommandé de traiter les effets des mesures
de prévention et d'atténuation sur les modes de vie
traditionnels, et les effets sur, et la participation des,
femmes. La JORDANIE a recommandé de s'assurer d'une
utilisation appropriée des technologies. Le BURUNDI a déclaré
que les évaluations doivent tenir compte des savoirs
traditionnels. La SUEDE et les ETATS-UNIS ont appelé à
l'établissement d'une distinction entre les processus
évaluatifs et décisionnels.
Utilisation des termes: Au sujet
des études d'impact social, le MEXIQUE a requis la prise en
considération des droits économiques, sociaux, culturels et
politiques, et l'UICN a mis en exergue l'intégrité physique et
sociale des communautés. L'IRAN a fait état des difficultés
rencontrées dans la mesure des effets culturels. Le CANADA a
suggéré de supprimer la définition du droit coutumier. Le FIAB
s'y est opposé, soulignant qu'elle n'apporte pas de réserve au
droit coutumier. Le FIAB a également requis l'insertion du
consentement préalable, en connaissance de cause, et de la
participation effective des communautés dans les définitions
des évaluations. L'INDE a proposé d'utiliser les définitions
retenues par la CDB. L'Organe de coordination des
organisations autochtones du bassin amazonien (COICA) a requis
une référence à la Convention 169 de l'Organisation
internationale du travail, relative aux populations
autochtones et tribales. Le FIAB a proposé que le Secrétariat,
en collaboration avec les représentants des autochtones,
élabore les termes.
Considérations Procédurales:
Au sujet du libellé portant sur l'entente entre les
communautés et les partisans des projets de développement, le
GROUPE AFRICAIN a souligné que des accords doivent être
conclus. L'UICN a précisé que les accords doivent impliquer
les autorités et être fondés sur des termes mutuellement
approuvés.
Plusieurs délégués ont fait remarquer que
des accords basés sur des études d'évaluation, risquent de
porter préjudice aux droits des communautés de s'opposer aux
projets. Le délégué des ETATS-UNIS a suggéré d'insérer
l'option de "non-action". La CÔTE D’IVOIRE a souligné que les
évaluations d'impact écologique (EIE) doivent servir à
corriger les approches erronées et non pas à arrêter les
développements.
Le CANADA a plaidé pour une participation
des autochtones à tous les stades du processus d'évaluation,
et pas uniquement dans la prise de décision. Le FIAB a suggéré
l'insertion d'un libellé consacré à l'identification des
parties responsables et à leur obligation de dédommager les
effets défavorables. RAIPON a recommandé l'insertion d'une
liste des participants et une identification des étapes
prévues, dans les évaluations.
Au sujet de la consultation du public au
sujet des développements proposés, le NIGER et le LIBERIA ont
déclaré que les voies et moyens de notification doivent
inclure des réunions dans les villages et les villes. Le
BURKINA FASO a proposé de prendre en considération les
obligations relevant des accords régionaux et internationaux
pour le traitement des effets transfrontaliers.
Au sujet de l'identification des
communautés et des parties prenantes affectées, les délégués
ont discuté des concepts de communautés et de parties
prenantes, et ont accepté une proposition avancée par le
CANADA que les communautés soient invitées à participer dans
les processus de développement.
Au sujet des mécanismes nécessaires à la
participation communautaire, le BURKINA FASO a souligné le
besoin d'impliquer les communautés dans les évaluations. Le
KENYA a appelé à l'insertion d'une référence à la législation
nationale.
Le GROUPE AFRICAIN et RAIPON ont appelé à
l'établissement d'un processus d'enregistrement des vues des
communautés, partageant, toutefois, avec le CANADA, le YEMEN
et la CÔTE D’IVOIRE, des réserves quant à la justesse de
l'utilisation des enregistrements audio ou vidéo. Le GROUPE
AFRICAIN a proposé l'application des méthodes d'évaluation
rurales. RAIPON, COICA et le FIAB ont suggéré de sélectionner
les moyens, dans les accords avec les communautés touchées.
Intégration des évaluations:
RAIPON a déclaré que les liens entre les communautés et la
biodiversité doivent être déterminés. Les BAHAMAS et RAIPON
ont suggéré le traitement de la valorisation économique des
ressources culturelles. L'UICN a mis en relief les effets
potentiels sur les systèmes de transmission des savoirs
traditionnels.
Au sujet des EIE, les délégués ont examiné
le libellé portant sur l'impératif de respecter les droits
fonciers et les traités. Le CANADA a déclaré que la
législation nationale en matière d'EIE doit respecter les
droits communautaires établis dans le cadre de la législation
domestique, et a noté que les processus EIE peuvent contribuer
à leur protection à travers la documentation des activités et
les coutumes des communautés. Le FIAB a fait objection à une
référence à la législation domestique.
Le FIAB a proposé l'insertion d'un libellé
établissant une distinction entre les effets directs et
indirects des projets de développement, et un traitement des
effets des espèces aliènes invasives.
Au sujet de l'étude des dates de référence,
le délégué des ETATS-UNIS a proposé de traiter la question des
dates de référence, à l'échelon national.
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL II
MECANISMES PARTICIPATIFS: Le
Secrétariat a introduit la note portant sur mécanismes
nécessaires à la promotion de la participation effective des
communautés autochtones et locales (UNEP/CBD/WG8J/3/6), le
rapport du Groupe spécial d'experts techniques (GSET) portant
sur les savoirs traditionnels et le mécanisme d'échange
d'informations(MEI) relatif aux mécanismes de communication
(UNEP/CBD/WG8J/3/6/Add.1), et la note portant sur la
coopération entre les conventions environnementales,
concernant la participation des communautés autochtones et
locales (UNEP/CBD/WG8J/3/6/Add.2).
Plusieurs d�l�gu�s ont plaid� pour la
cr�ation d'un fonds particulier � la biodiversit�, destin� au
soutien de la participation des autochtones, la CHINE
recommandant qu'il soit dot� d'un caract�re volontaire, et le
FIAB et la NOUVELLE ZELANDE, qu'il ait un caract�re autonome.
L'ARGENTINE et le BRESIL ont demand� que ce soient les
gouvernements qui proc�dent � la s�lection des repr�sentants
autochtones devant �tre financ� � travers ce m�canisme. La
NOUVELLE ZELANDE et le RESEAU DES FEMMES AUTOCHTONES POUR LA
BIODIVERSITE (RFAB) ont indiqu� que les demandes adress�es au
fonds ne doivent pas passer par les gouvernements. HAITI et le
FIAB ont d�clar� que le financement doit couvrir l'�ducation
et le renforcement des capacit�s, en vue de la participation
des autochtones aux �chelons local et international.
Le repr�sentant des POPULATIONS AUTOCHTONES
DE SAINTE LUCIE a recommand� la mise en place, pour les
peuples autochtones, de m�canismes participatifs nationaux
permettant �galement la collecte des savoirs traditionnels.
L'ORGANISATION DE COORDINATION DES ASSOCIATIONS DES
POPULATIONS AUTOCHTONES ARGENTINES a plaid� pour
l'�tablissement d'un comit� consultatif national et la
promotion du renforcement des capacit�s. Le RFAB a recommand�
l'insertion de r�f�rences au r�le des femmes autochtones dans
la pr�servation et la transmission des savoirs traditionnels.
Le FIAB a sugg�r� que les pays �tablissent des rapports sur la
participation des autochtones et sur le partage des avantages,
conformes � la valorisation des autochtones.
L'ASOCIACION IXACAVAA, contr�e par le
BRESIL, a plaid� pour la cr�ation de synergies entre les
accords environnementaux multilat�raux, dans les volets
consacr�s � la participation des autochtones. Le COSTA RICA a
mis en exergue les diff�rences juridiques entre les concepts
de peuples autochtones et de communaut�s locales, et la
n�cessit� de traiter les questions de repr�sentation.
La ZAMBIE a appel� � la traduction et � la
simplification du texte de la CDB. Le SENEGAL a d�clar� que le
MEI est la premi�re source d'information, et a appel� � la
tenue d'ateliers d'information nationaux. Le CANADA a sugg�r�
d'envisager en mati�re de communication, des arrangements
outre les points focaux nationaux, pour les pays dot�s d'une
administration d�centralis�e et de communaut�s autochtones
diverses. Le COMITE DES PEUPLES AUTOCHTONES DES ANTILLES DES
CARAIBES a plaid� pour la mise en place de m�canismes de
communication �lectronique.
TECHNOLOGIE DE RESTRICTION DE L'UTILISATION
DES RESSOURCES GENETIQUES: Le Secr�tariat a introduit: le
rapport du Groupe Sp�cial des Experts Techniques sur les
Effets Potentiels des Technologies de Restriction de
l'Utilisation des Ressources G�n�tiques
(UNEP/CBD/WG8J/3/INF/2); la d�cision VI/5 de la Conf�rence des
Parties (CdP) concernant la biodiversit� agricole demandant au
GSET de soumettre son rapport au Groupe de travail sur
l'Article 8(j), avant la CdP-7; et la Recommandation IX/2 du
SBSTTA, de transmettre le rapport du GSET � la CdP-7.
Le CONSEIL DES PEUPLES AUTOCHTONES SUR LE
BIO-COLONIALISME (CPABC) et le FIAB ont apport� leur appui au
rapport du GSET et � sa consid�ration dans les meilleurs
d�lais possibles, soulignant que l'essai et la
commercialisation des TRURG posent de s�rieuses menaces aux
moyens de subsistance des populations autochtones. Le CPABC a
appel� le Groupe de travail � recommander l'�tablissement d'un
processus d'�valuation des effets des TRURG sur les
populations autochtones, et la mise en application des
conclusions du GSET. L'OUGANDA a d�clar� que les TRUTG
risquent de rendre les communaut�s tributaires des
technologies �trang�res. Le FIAB et la ZAMBIE ont appel� �
l'adoption d'une approche de pr�caution.
Le BRESIL a pr�sent� sa proposition
concernant les TRURG, mettant l'accent sur: l'�laboration de
cadres de r�gulation nationaux pour la d�termination de leur
utilisation; la promotion de la recherche, y compris des
essais sur le terrain; et la d�sapprobation des usages
commerciaux susceptibles d'affecter de mani�re d�favorable les
petits agriculteurs et l'agrobiodiversit� autochtone. La
repr�sentante a demand� la transmission de la proposition � la
CdP-7.
L'ITALIE, au nom des Etats Membres de la CE
et des pays acc�dants (UE), appuy�e par la NAMIBIE, le FIAB,
l'OUGANDA et la SUISSE, s'est oppos�e � la proposition
br�silienne, notant son encouragement aux essais de terrain et
� la focalisation sur les effets environnementaux exerc�s sur
l'agrobiodiversit�, et a sugg�r� que le Groupe de travail
examine les aspects socio�conomiques contenus dans le rapport
du GSET. L'ARGENTINE a fait part de ses r�serves quant � la
composition du GSET. Le d�l�gu� a sugg�r� par ailleurs de
transmettre la proposition br�silienne sous forme de document
d'information, � la CdP-7, avec les r�serves avanc�es par les
Parties.
Faisant �tat d'un manque de donn�es
scientifiques cr�dibles sur les TRURG, le d�l�gu� des
ETATS-UNIS a affirm� que les r�clamations concernant leurs
effets n�gatifs sur les communaut�s, sont pr�matur�es. La
TANZANIE a sugg�r� de consid�rer la question � la prochaine
r�union du Groupe de travail sur l'Article 8(j).
La Copr�sidente du SGT-II, Diann Black
Layne, (Antigua et Barbuda) a indiqu� qu'un texte des
copr�sidents sera �labor�.
PLENIERE
Les Copr�sidents du SGT-I Herity et Earl
Stevenson (Premi�re Nations des Peguis), et les Copr�sidents
du SGT-II, Black Layne et Lucy Mulenkei (R�seau africain des
femmes autochtones) ont pr�sent� les progr�s accomplis par
leurs groupes respectifs.
DANS LES COULOIRS
Inspir�s par la calotte de neige couvrant
le Mont Royal, les d�l�gu�s du SGT-I ont gracieusement plan� �
travers les directives devant encadrer les �tudes d'impact,
les participants �difiant sur les progr�s r�alis�s � la
deuxi�me r�union du Groupe de travail. Certains ont dit
esp�rer qu'un traitement approfondi du document, en d�but de
semaine, permettrait de leur �viter des s�ances nocturnes
tardives, d'autres ont not� que l'absence des moyens de mise
en �uvre des directives amoindrit les attentes de la
r�alisation d'un r�sultat significatif.
Dans l'intervalle, les d�l�gu�s du SGT-II
ont patin� autour des TRURG, et nombre de d�l�gu�s autochtones
ont fait remarquer qu'ils avaient besoin de beaucoup plus de
temps pour la pr�paration de discussions, qui, au d�part,
n'�taient pas � l'ordre du jour. Terminant leur travail bien
avant la session pl�ni�re de l'apr�s-midi, certains
participants ont fait part de leurs r�serves concernant le
fait qu'un temps pr�cieux a �t� gaspill�, compte tenu des
discussions anim�es que le texte des copr�sidents sur les
syst�mes sui generis peut enclencher. Un d�l�gu� a not� que le
choix de ne pas pr�cipiter l'examen des syst�mes sui generis
pourrait s'av�rer profitable aux d�l�gu�s autochtones, dans la
mesure o� il leur laisserait un d�lai, pour se pr�parer aux
questions complexes et sensibles.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL I: Le SGT-I se
r�unira � 10h dans la Salle I pour poursuivre l'examen des
�tudes d'impact, le traitement du transfert des technologies
et le d�bat autour du texte des Copr�sidents consacr� au
rapport de synth�se concernant l'�tat actuel et l'�volution.
Les discussions autour de ces questions reprendront dans
l'apr�s-midi.
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL II: Le SGT-II se
r�unira � 10h dans la Salle II pour d�battre des textes
des Copr�sidents consacr�s aux syst�mes sui generis
pour la protection des savoirs traditionnels, aux m�canismes
participatifs, et aux TRURG. Les discussions autour de ces
questions reprendront dans l'apr�s-midi.
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unira � 17h30
pour la revue des progr�s accomplis. |