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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 9 No. 269
Mardi 9 Décembre 2003
LES FAITS MARQUANTS DU GT-3 SUR L'ARTICLE
8(J):
LUNDI 8 DECEMBRE 2003
La troisième réunion du Groupe de travail
intersessions, de composition non limitée, chargée d'examiner
l'application de l'Article 8(j) et des dispositions connexes
de la Convention sur la diversité biologique (CDB), a commencé
lundi par une cérémonie d'ouverture rehaussée d'un spectacle
autochtone. Les délégués se sont réunis en séance plénière et
en sessions de sous-groupes de travail. La Plénière a entendu
des déclarations d'ouverture, traité de questions
d'organisation et examiné des rapports concernant l'état
d'avancement de la mise en œuvre du programme de travail
relatif à Article 8(j) et de son intégration dans les domaines
thématiques de la CDB. Le Sous-groupe de travail I (SGT-I) a
planché sur le rapport composite consacré à la situation et à
l'évolution des connaissances, innovations et pratiques des
communautés autochtones et locales. Le Sous-groupe de travail
II (SGT-II) a entamé l'examen des systèmes sui generis
nécessaires à leur protection.
CEREMONIE D'OUVERTURE
Les représentants de la nation Mohawk ont
souhaité aux autres nations la bienvenue sur son territoire,
appelant au maintien de l'intégrité de la Terre nourricière.
Les chanteurs Thunderhawk ont ensuite conduit les délégués à
la Salle Plénière au pas d'une danse rythmée.
PLENIERE
DECLARATIONS D'OUVERTURE: Hans
Hoogeveen (Pays-Bas), Président de la Conférence des Parties
(CdP) de la CDB, a souligné le rôle des communautés
autochtones et locales dans la mise en œuvre de la CDB.
Le Secrétaire exécutif de la CDB, Hamdallah
Zedan, a remercié le gouvernement espagnol pour l'appui
financier apporté pour permettre la participation des
autochtones, puis a présenté l'ordre du jour de la réunion.
Nehemiah Rotich, au nom du Directeur
exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement
(PNUE), Klaus Töpfer, a appelé à une participation, pleine et
efficace, des communautés autochtones et locales, à tous les
niveaux et dans les secteurs de la société.
QUESTIONS ORGANISATIONNELLES: Les
délégués ont décidé que le président de la CdP, Hoogeveen,
présidera le Groupe de travail, et que le Bureau de la CdP-6,
agira comme Bureau du Groupe de travail. Ils ont élu Esther
Camac, Vladimir Bocharnikov, Debra Harry, Jannie Lasimbang et
Myrle Traverse, Amis Autochtones du Bureau.
Les délégués ont adopté l'ordre du jour et
l'organisation des travaux (UNEP/CBD/WG8J/3/1 and
Add.1/Rev.1), se mettant d'accord sur l'établissement de deux
sous-groupes de travail. Ils ont décidé que le SGT-I traitera
des questions restantes de la neuvième réunion de l'organe
subsidiaire chargée de fournir des avis scientifiques,
techniques et technologiques (OSASTT-9), concernant le
transfert des technologies et la coopération, et que le SGT-II
examinera les rapports concernant l'état d'avancement de
l'intégration du programme de travail dans les domaines
thématiques de la CDB, y compris le rapport du Groupe spécial
d'experts techniques sur les technologies de restriction des
utilisations génétiques. Les délégués ont décidé de convoquer
une brève Plénière quotidienne pour l'évaluation de la
progression des travaux.
John Herity (Canada) et Earl Stevenson
(Première Nation des Peguis) ont été élus Coprésidents du
SGT-I, et Diann Black Layne (Antigua et Barbuda) et Lucy
Mulenkei (Organisation Africaine des Femmes Autochtones),
Coprésidentes du SGT-II. Soumayila Bance (Burkina Faso) a été
élue Rapporteur de la réunion.
DECLARATIONS DES GROUPES AUTOCHTONES ET DES
PARTIES PRENANTES: LE FORUM INTERNATIONAL DES AUTOCHTONES
SUR LA BIODIVERSITE (FIAB) a présenté un rapport sur le forum
des autochtones, soulignant la nécessité: d'examiner les
systèmes sui generis fondés sur la loi coutumière, de la
protection des savoirs traditionnels; de reconnaître les
droits des populations autochtones sur leurs savoirs
traditionnels; et d'établir un mécanisme de financement
consacré au soutien de la participation des autochtones. Les
PEUPLES AUTOCHTONES DE SAINTE LUCIE ont déclaré que les
propositions des peuples autochtones des Antilles des Caraïbes
peuvent différer de celles des autres communautés autochtones.
La PREMIERE NATION DE KITASOO XAI’XAIS a demandé à la CdP-7 de
considérer la possibilité de rééditer le modèle de
participation des communautés autochtones et locales, utilisé
dans le Groupe de travail sur l'Article 8(j), dans le Groupe
chargé d'examiner l'accès et le partage des avantages (APA).
L'Italie, au nom des Etats membres de la CE
et des pays accédant (UE), a souligné la nécessité d'une
compréhension commune des concepts de conservation et de
collaboration entre les instances internationales traitant des
savoirs traditionnels. La TANZANIE a cité des exemples
d'implication des communautés, dans la gestion des forêts, de
la faune et de la flore. L'OUGANDA a mis l'accent sur la
reconnaissance des droits fonciers coutumiers, des pratiques
médicinales traditionnelles, et du consentement préalable en
connaissance de causse (CPCC) des communautés locales, pour
l'accès aux ressources génétiques. La NAMIBIE a affirmé que la
richesse culturelle des communautés autochtones et locales a
été appauvrie par l'appropriation des connaissances. L'IRAN a
parlé de l'implication de ses communautés locales dans la
gestion des ressources, et le PAKISTAN, des siennes, dans la
gestion des aires protégées (AP). Le CANADA a mis en relief
l'Initiative du PNUD en République équatoriale, soulignant le
rôle des communautés locales, dans la réalisation de moyens de
subsistance durables. Le YEMEN et l'ETHIOPIE ont souligné le
besoin d'améliorer la prise de conscience et de reconnaître la
diversité des pratiques autochtones, le YEMEN appelant à la
poursuite des travaux sur la biodiversité agricole. La TURQUIE
a fait part de ses réserves concernant la disparition de
communautés agricoles traditionnelles, de leurs savoirs et de
leurs pratiques. L'AFRIQUE DU SUD a mis en exergue sa
législation en suspens pour la protection des savoirs
traditionnels et des droits des guérisseurs traditionnels. Le
KENYA a attiré l'attention sur la participation des
communautés locales dans les processus nationaux de prise de
décisions. Le MEXIQUE a présenté un rapport sur les réunions
régionales consacrées aux particularités culturelles et
biologiques, et à la mise en œuvre de l'approche fondée sur
l'écosystème.
La FAO a déclaré que les droits des
populations autochtones et des agriculteurs sont reconnus par
le Traité international sur les ressources phytogénétiques
pour l'alimentation et l'Agriculture. Un représentant
autochtone, au nom de l'EVALUATION DES ECOSYSTEMES DU
MILLENAIRE (EM), a souligné la reconnaissance par l'EM, de
l'importance des savoirs traditionnels dans les décisions
politiques et son analyse des savoirs communautaires.
L'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI)
a parlé des travaux de Comité intergouvernemental chargé de la
propriété intellectuelle et des ressources génétiques, des
savoirs traditionnels et du folklore. L'INSTANCE DES NATIONS
UNIES SUR LES QUESTIONS AUTOCHTONES a parlé de ses
recommandations adressées à la CDB.
RAPPORTS: Le Secrétariat a introduit
les rapports concernant l'état d'avancement de la mise en
œuvre du programme de travail sur l'Article 8(j)
(UNEP/CBD/WG8J/3/3) et son intégration dans les domaines
thématiques de la CDB (UNEP/CBD/WG8J/3/2). L'UICN – Union
Internationale pour la Conservation de la Nature - a appelé
les Parties à soutenir la recommandation de l'OSASTT-9 de
traiter la question de l'implication des communautés
autochtones et locales dans le programme de travail relatif
aux AP. L'ORGANISATION PERUVIENNE DES AUTOCHTONES NATIONAUX a
appelé à défendre les droits et les territoires des
autochtones.
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL I
ETAT ACTUEL ET EVOLUTION: Le
Secrétariat a introduit le rapport composite concernant l'état
actuel et les perspectives à venir des savoirs, innovations et
pratiques des communautés locales (UNEP/CBD/WG8J/3/4, INF/1,
and INF/3 to 10). Le PNUE – Centre international de
surveillance de la conservation (UNEP-CISC) a présenté un
procès verbal sur l'élaboration des rapports.
L'UE a souligné l'intérêt qu'elle porte aux
savoirs et pratiques traditionnels ayant trait à la
l'agrobiodiversité, et a parlé de son programme de
développement rural qui intègre la protection des savoirs
locaux. La SUEDE a décrit le programme qu'elle a mis en place
pour la protection des savoirs traditionnels des Saami.
L'ASSOCIATION RUSSE DES PEUPLES AUTOCHTONES DU NORD (RAIPON) a
parlé des difficultés rencontrées dans la définition du savoir
traditionnel et du besoin de déterminer les causes économiques
et sociales de la disparition de modes de vie et de
populations.
Care Earth, au nom de plusieurs ONG
indiennes, a noté la nécessité d'un partage d'expériences avec
les registres des savoirs traditionnels. L'ORGANE DE
COORDINATION DES ORGANISATIONS AUTOCHTONES DU BASSIN AMAZONIEN
(COICA) a affirmé que le savoir traditionnel est menacé par la
commercialisation. L'ARGENTINE a requis un délai pour compiler
les données relatives aux communautés autochtones et locales.
Le FIAB a appelé: à une participation pleine et efficace des
autochtones; à la prise en considération des particularités
biologiques et culturelles; à l'intégration des
recommandations émanant des ateliers régionaux; et, appuyée
par la NORVEGE, à une évaluation du rapport par les pairs. Le
CANADA a recommandé, entre autres, un programme de travail
focalisé, des études de terrain, des mécanismes
d'encouragement et, avec la NORVEGE, des �l�ments de strat�gie
ou de plan d'action, en guise de processus permanent
d'�laboration du rapport.
Le PAKISTAN a pr�sent� un rapport sur ses
projets nationaux impliquant les communaut�s autochtones dans
la gestion des AP. L'ITALIE a mis en relief son projet visant
� promouvoir les produits alimentaires traditionnels et, avec
la POLOGNE, a d�clar� que la situation europ�enne n'est pas
refl�t�e de mani�re ad�quate dans le rapport. L'UICN a
recommand� d'accorder une priorit�: aux mesures permettant de
faire face aux menaces pos�es; � des ressources financi�res
pour la participation des autochtones, en particulier, dans la
gestion des AP; et aux questions de propri�t� fonci�re.
RAIPON a affirm� que le rapport russe a �t�
�labor� sans la participation des autochtones, et a mis en
relief des projets ax�s sur les droits et les sites sacr�s des
autochtones. La POLOGNE a mis en exergue le savoir d�tenu par
les petits agriculteurs. La LITUANIE a appel� �
l'�tablissement de liens avec la Convention sur le commerce
international des esp�ces de faune et de flore, menac�es
d'extinction. Les PAYS-BAS ont propos� la r�vision des codes
�thiques des institutions de recherche. Le Copr�sident du
SGT-I, Herity, a indiqu� qu'un texte sera �labor�.
SOUS- GROUPE DE TRAVAIL II
SYSTEMES SUI GENERIS: Le Secr�tariat a
pr�sent� un document sur les �l�ments du syst�me sui generis
de protection du savoir traditionnel (UNEP/CBD/WG8J/3/7).
Le FIAB et l'OUGANDA ont d�clar� que le
syst�me doit reconna�tre les droits de propri�t�, inh�rents et
inali�nables des populations autochtones sur leurs ressources
et leurs savoirs, et ont fait part de leurs r�serves
concernant la focalisation des documents sur la
commercialisation des savoirs traditionnels et sur
l'utilisation des instruments communs de propri�t�
intellectuelle. Le FIAB a affirm� que les autorit�s nationales
charg�es de l'octroi de l'acc�s aux savoirs traditionnels,
violent le droit � l'autod�termination.
La Namibie, au nom du GROUPE AFRICAIN, a
appel� � l'habilitation des communaut�s autochtones �
participer dans l'�laboration du syst�me sui generis et du
r�gime international d'APA. L'AFRIQUE DU SUD a souhait� voir
le syst�me sui generis englober, entre autres, la r�v�lation
de l'origine, le CPCC et un code �thique. Avec l'UNIVERSITE
DES NATIONS UNIES et des repr�sentants de groupes autochtones,
le d�l�gu� a soulign� aussi l'importance des lois et des
pratiques coutumi�res.
L'INDE et le COSTA RICA a mis en relief les
registres des savoirs traditionnels et des questions de
partage des avantages. L'ARGENTINE a plaid� pour un registre
unique. SAINTE LUCIE et les AMIS DE LA TERRE, INTERNATIONAL,
ont recommand� que les registres soient �labor�s par les
autochtones. La NAMIBIE et le BRESIL ont fait part de leurs
r�serves concernant la s�curit� de l'information dans les
bases de donn�es consacr�es aux savoirs traditionnels. Un
repr�sentant des QUECHUA a appel� � la r�int�gration des
savoirs traditionnels, des registres vers les communaut�s. La
JAMAIQUE et les TRIBUTS TULALIP ont plaid� pour la cr�ation
d'un glossaire des termes.
Plusieurs intervenants ont soulign�
l'imp�ratif d'�viter la duplication le travail effectu� par
l'OMPI. Le MEXIQUE a not� que l'OMPI peut �tre utile, dans la
d�termination des �l�ments du savoir traditionnel ayant
rapport avec la propri�t� intellectuelle. Le CANADA a demand�
une collaboration avec l'OMS et la FAO, a appel� � une
focalisation sur la pr�servation des savoirs traditionnels, et
a sugg�r� � l'OMPI d'entreprendre une recherche sur la
m�decine traditionnelle. Le d�l�gu� a recommand� une
compilation des donn�es relatives aux droits coutumiers et
l'�laboration d'un programme de travail sur les syst�mes sui
generis. HAITI a appel� � la protection des religions
traditionnelles locales. Le FIAB a recommand� une coop�ration
avec, et une focalisation, du Groupe de travail charg�
d'examiner l'APA, sur la probl�matique des savoirs
traditionnels.
DANS LES COULOIRS
Les participants ont avanc� en pas de danse
vers la Salle pl�ni�re, mais nombre de d�l�gu�s ont fait la
sourde oreille � l'invitation de Mohawks de vider leur esprit
des autres pens�es, �voquant les discussions de la semaine
pr�c�dente autour du r�gime international d'APA dans leurs
d�clarations. Rappelant la d�cision VI/24 de la CdP concernant
l'APA, qui requiert du Groupe de travail de prendre en
consid�ration les Directives de Bonn, plusieurs d�l�gu�s ont
fait remarquer l'absence frappante de ces derni�res, parmi les
points de l'ordre du jour.
Au moment o� le SGT-I s'est pench� sur le
rapport composite concernant l'�tat et l'�volution du savoir
traditionnel, de nombreux d�l�gu�s plusieurs ont fait part de
leurs r�serves quant � l'absence de donn�es exactes et ont
d�plor� l'insuffisance de la participation des autochtones
dans son �laboration.
Beaucoup ont dit craindre de voir les
discussions du SGT-II autour du syst�me sui generis, r��diter
les d�bats, un peu trop familier, sur les droits de propri�t�
intellectuelle et sur le mandat de l'OMPI relatif au savoir
traditionnel. Certains d�l�gu�s ont sembl� surpris du rejet
cat�gorique exprim� par les repr�sentants autochtones, des
registres disponibles, et de leur m�contentement � leur �gard.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL I: Le SGT-I se
r�unira � 10h dans la Salle I, pour d�battre du projet de
lignes directrices devant encadrer la conduite des �valuations
de l'impact culturel, �cologique et social. S'attendre � un
texte du Pr�sident sur le rapport composite concernant l'�tat
actuel et l'�volution des savoirs traditionnels.
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL I: Le SGT-II se
r�unira � 10h dans la Salle II, pour traiter des m�canismes
participatifs. S'attendre � un texte du Pr�sident sur les
syst�mes sui generis de protection des savoirs traditionnels.
PLENIERE: La Pl�niere se r�unira
� 17h30 pour la revue des progr�s accomplis. |