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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 9 No. 268
Lundi 8 Décembre 2003
RESUME DE LA DEUXIEME REUNION DU GROUPE DE
TRAVAIL SPECIAL, DE COMPOSITION NON LIMITEE, SUR L'ACCES ET LE
PARTAGE DES AVANTAGES:
1-5 DECEMBRE 2003
La deuxième réunion du Groupe de travail
spécial, de composition non limitée, sur l'Accès et le Partage
des Avantages, de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB)
s'est déroulée du 1er au 5 décembre 2003, à
Montréal, au Canada. Ont pris part à cette réunion, près de
280 participants, représentant 91 gouvernements, ainsi que des
agences des Nations Unies, des organisations
intergouvernementales et non gouvernementales (ONG), des
groupes communautaires autochtones locaux, le monde
universitaire et le secteur de l'industrie. Etabli, au départ,
par la cinquième Conférence des Parties (CdP) de la CDB, pour
élaborer les lignes directrices, et autres approches, devant
encadrer l'accès aux ressources génétiques et le partage des
avantages (APA), le Groupe de travail a été re-convoqué par la
CdP-6, suite à l'adoption des Directives de Bonn concernant
l'APA, pour traiter des questions suivantes: l'utilisation des
termes, autres approches pouvant être adoptées dans la mise en
œuvre des dispositions de la CDB ayant trait à l'APA, les
mesures de mise en conformité avec la procédure de
consentement préalable, en connaissance de cause (CPCC) et des
termes mutuellement approuvés (TMA), les besoins en matière de
renforcement des capacités et l'expérience acquise avec les
Directives de Bonn concernant l'APA.
Les délégués ont adopté six recommandations
portant sur: les rapports consacrés à l'expérience acquise
avec les Directives de Bonn; le régime international en
matière d'APA; l'utilisation des termes; les nouvelles
approches, comme établi dans la décision VI/ 24 B concernant
les diverses approches pouvant être adoptées dans la mise en
œuvre des dispositions de la CDB ayant trait à l'APA; les
mesures visant à s'assurer de la conformité à la procédure du
CPCC et aux TMA; et, le renforcement des capacités. Les
recommandations du Groupe de travail seront transmises à la
CdP-7 de la CDB, qui se déroulera du 9 au 20 février 2004, à
Kuala Lumpur, en Malaisie. La réunion a été chargée de la
tâche importante consistant à préparer le terrain aux
négociations de la CdP-7 sur les mesures à prendre pour la
mise en place d'un régime international applicable à l'APA.
Bien que beaucoup de temps et d'efforts aient été consacrés
aux débats autour du processus du régime, de sa nature, de sa
portée, de ses éléments et des modalités devant l'encadrer,
les délégués ont admis qu'un texte lourdement crocheté est le
meilleur résultat qu'on pouvait espérer produire à ce stade.
En dépit du fait que les discussions autour du régime
international aient ombragé les autres sujets soumis à
l'examen, les délégués ont exprimé leur satisfaction à l'égard
de la recommandation concernant les mesures de mise en
conformité au CPCC et aux TMA, qui, même si elle n'éclaircit
pas les liens avec l'Organisation mondiale pour la propriété
intellectuelle (OMPI), et le rôle de cette dernière, et laisse
le débat autour de la question du certificat d'origine
international ou de la provenance légale, ouvert, n'en fournit
pas moins les démarches devant être entreprises pour aller de
l'avant. La recommandation concernant le renforcement des
capacités et le projet de plan d'action de l'atelier des
experts, a été également accueillie comme étant un résultat
concret, d'intérêt pour la mise en application les
dispositions de la CDB ayant trait à l'APA.
BREF HISTORIQUE DU PROCESSUS
Négociée sous l'égide du PNUE, la CDB a été
ouverte à la signature le 5 juin 1992 et est entrée en vigueur
le 29 décembre 1993. A ce jour, 188 pays sont devenus Parties
de la Convention. La CDB vise à promouvoir "la conservation de
la biodiversité, l'utilisation durable de ses composantes, et
le partage juste et équitable des avantages tirés de
l'utilisation des ressources génétiques." Les dispositions
concernant l'APA sont contenues dans les Articles 15 (Accès
aux ressources génétiques), 16.3 (accès au, et transfert des
technologies utilisant les ressources génétiques), 19.1 (la
participation dans la recherche biotechnologique sur les
ressources génétiques) et 19.2 (accès aux résultats et
avantages des biotechnologies).
CdP-2 ET CdP-3: A sa deuxième réunion
(Jakarta, Indonésie, novembre 1995), la CdP a examiné une
compilation des données législatives, administratives et
politiques disponibles concernant l'APA. La CdP-3 (Buenos
Aires, Argentine, novembre 1996) a traité une compilation des
vues des Parties concernant les options offertes dans
l'élaboration des mesures nationales visant à mettre en
application l'Article 15.
CdP-4: A sa quatrième réunion
(Bratislava, Slovaquie, mai 1998), la CdP a traité des
questions ayant trait au partage des avantages, y compris les
mesures visant à promouvoir la répartition des avantages tirés
de la biotechnologie, de manière conforme à l'Article 19 (manutention
de la biotechnologie et de la répartition de ses avantages) et
des moyens de traiter du partage des avantages tirés de
l'utilisation des ressources génétiques. La CdP a établi un
Groupe d'experts sur l'APA, régionalement équilibré, avec pour
mission, d'élaborer une compréhension commune des concepts de
base, et d'explorer les options offertes dans le domaine de
l'APA.
ISOC: La Réunion intersessions sur les
opérations de la Convention (Montréal, Canada, juin 1999) a
fait des recommandations pour la composition et l'ordre du
jour du Groupe d'experts sur l'APA et pour les travaux futurs
visant à élaborer une appréciation commune des liens existants
entre les droits de propriété intellectuelle (DPI) et les
dispositions pertinentes de l'Accord de l'Organisation
mondiale du commerce concernant les aspects des droits de
propriété intellectuelle, ayant trait au commerce.
PREMIERE REUNION DU GROUPE D'EXPERTS SUR
L'APA: La première réunion du Groupe d'experts sur l'APA
(San José, Costa Rica, octobre 1999) s'est focalisée sur: les
arrangements relatifs à l'APA, mis en place à des fins
scientifiques et commerciales; les mesures législatives,
administrative et politiques nationales et régionales; les
procédures de régulations et les mesures d'encouragement; et,
le renforcement des capacités. Les participants ont également
débattu des DPI et de l'utilisation des termes des
arrangements contractuels appliqués à l'APA. Le Groupe a
formulé des recommandations englobant des conclusions d'ordre
général et des points d'ordre particulier concernant le CPCC,
les TAAM, les besoins en matière d'information et le
renforcement des capacités.
PREMIERE REUNION DU GROUPE DE TRAVAIL SUR
L'ARTICLE 8(J): La première réunion du Groupe de travail
sur l'Article 8(j) (Séville, Espagne, mars 2000) a procédé à
l'examen des éléments susceptibles de figurer dans le
programme de travail sur l'Article 8(j), notamment: les
mécanismes participatifs en faveur des communautés autochtones
et locales; le partage équitable des avantages; les éléments
juridiques; l'état actuel et l'évolution de la situation
concernant l'Article 8(j) et les clauses connexes; les
pratiques culturelles traditionnelles dans les domaines de la
conservation et de l'utilisation durable; l'échange et la
dissémination de l'information; et, le suivi. Le Groupe de
travail a également abordé: l'application et le développement
des diverses formes, juridiques et autres, appropriées de
protection des savoirs traditionnels; l'établissement d'une
coopération internationale entre les communautés autochtones
et locales; et les opportunités offertes à la collaboration et
à la mise en œuvre du programme de travail.
CdP-5: A sa cinquième réunion (Nairobi,
Kenya, mai 2001), la CdP a établi le Groupe de travail spécial,
de composition non limitée, sur l'APA, chargé d'élaborer les
lignes directrices et autres approches concernant: le CPCC;
les TAAM; les rôles, les responsabilités et la participation
des parties prenantes; les aspects de la conservation in
situ et ex situ et de l'utilisation durable; les
mécanismes nécessaires au partage des avantages; et la
préservation et le maintien du savoir traditionnel. La CdP-5 a
également décidé de re-convoquer le Groupe d'experts sur l'APA
pour la fourniture d'une contribution concernant les
expériences des utilisateurs et des pourvoyeurs et
l'implication des parties prenantes.
DEUXIEME REUNION DU GROUPE D'EXPERTS:
La deuxième réunion du Groupe d'experts sur l'APA (Montréal,
Canada, mars 2001) a traité: de l'expérience des utilisateurs
et des pourvoyeurs dans les processus APA; de l'implication
des parties prenantes; et des options complémentaires offertes
pour le traitement de l'APA dans le cadre de la CDB, y compris
les éléments éventuels devant figurer dans les directives. Les
participants ont également recommandé d'accorder une priorité
au renforcement des capacités en matière d'APA.
PREMIERE REUNION DU GROUPE DE TRAVAIL SUR
L'APA: A sa première réunion (Bonn, Allemagne, octobre
2001), le Groupe de travail spécial sur l'APA a élaboré le
projet de directives de Bonn concernant l'APA. Il a, en outre:
identifié les éléments devant figurer dans le plan d'action
relatif au renforcement des capacités; appelé à un atelier
ouvert sur le renforcement des capacités en matière d'APA; et,
examiné le rôle des DPI dans la mise en œuvre des arrangements
ayant trait à l'APA.
DEUXIEME REUNION DU GROUPE DE TRAVAIL SUR
L'ARTICLE 8(J): La deuxième réunion du Groupe de travail
spécial, de composition non limitée, intersessions, sur
l'Article 8(j) de la CDB, portant sur le savoir traditionnel
et les clauses y afférentes (Montréal, Canada, février 2002) a
considéré les progrès accomplis dans la mise en œuvre du
programme de travail relatif à l'Article 8(j), et a traité,
entre autres, de l'efficacité des instruments disponibles
influents la protection du savoir traditionnel, en particulier
les DPI.
CdP-6: A sa sixième réunion (La Haye,
Pays-Bas, avril 2002), la CdP a adopté les directives de Bonn
concernant l'APA. Les directives aideront les gouvernements et
les autres parties prenantes dans la mise en place des mesures
législatives, administratives ou politiques concernant l'APA
et dans la négociation des accords contractuels ayant trait à
l'APA. Les délégués ont décidé de re-convoquer le Groupe de
travail pour fournir à la CdP ses avis concernant:
l'utilisation des termes, des définitions et/ou du glossaire;
les diverses approches, telles qu'établies dans la décision
VI/ 24 B consacrée à ce thème, y compris le renforcement des
capacités; les mesures de soutien au respect du CPCC et des
TAAM; la prise en considération des rapports disponibles ou
des rapports sur l'état d'avancement des travaux; et les
besoins en matière de renforcement des capacités. La CdP a
également traité des DPI, dans leur rapport à l'APA, et a
invité les Parties à encourager la communication du pays
d'origine des ressources génétiques et du savoir traditionnel,
dans les applications ayant trait aux DPI.
SMDD: Le Plan de mise en œuvre de
Johannesburg, adopté au Sommet mondial sur le développement
durable (SMDD), à Johannesburg, en Afrique du Sud, en
septembre 2002, appelle à une large application des directives
de Bonn (paragraphe 44(n), et à la poursuite des travaux y
afférents, par les Parties de la CDB. Il appelle également à
une "négociation inscrite dans le cadre de la CDB, en gardant
à l'esprit, les Directives de Bonn, un régime international
visant à promouvoir et à sauvegarder le partage juste et
équitable des avantages tirés de l'utilisation des ressources
génétiques (paragraphe 44(o)).
AGNU-57: A sa 57ème session,
l'Assemblée générale de l'ONU (New York, Etats-Unis, décembre
2002) a réaffirmé l'engagement du SMDD à négocier le régime
international devant régir le partage des avantages et a
invité la CdP de la CDB à entreprendre les démarches
appropriées, à cet effet, dans la résolution 57/260.
PTPA: La réunion intersessions, de
composition non limitée, sur le Programme de travail
pluriannuel de la CdP, d'ici 2010 (Montréal, Canada, mars
2003) a adopté des recommandations portant, entre autres, sur
les aspects juridiques et socioéconomiques du transfert des
technologies et de la coopération, et sur les résultats du
SMDD ayant trait au processus de la CDB. La réunion a invité
les participants à présenter leurs points de vue sur le
processus, le caractère, la portée, les éléments et les
modalités du régime international devant encadrer l'APA, et a
recommandé au Groupe de travail sur l'APA, de traiter ces
questions, à sa deuxième réunion, dans le cadre de l'examen
des diverses approches pouvant être adoptées.
COMPTE RENDU DE LA REUNION
Lundi 1er décembre, Hans
Hoogeveen (Pays-Bas), Président de la Conférence des Parties (CdP)
de la CDB et Président du Groupe de travail, a ouvert la
réunion, soulignant que la réussite de la CdP-7 dépend de
celle des discussions du Groupe de travail. Il a souligné la
nécessité de déterminer un cahier des charges clair pour les
négociations du régime international de l'APA, et a appelé les
délégués à poursuivre le travail dans l'esprit de compromis
qui a mené à l'adoption des Directives de Bonn.
Le Secrétaire exécutif de la CDB, Hamdallah
Zedan, a noté que la question de l'APA revêt une importance
particulière pour les pays en développement, et a mis en
relief les liens avec les savoirs traditionnels, les droits de
propriété intellectuelle (DPI) et le commerce.
Nehemiah Rotich, au nom du Directeur
exécutif du PNUE, Klaus Töpfer, a mis l'accent sur la
nécessité du partage des avantages pour la conservation de la
biodiversité dans les pays en développement, et a encouragé
les délégués à entamer des actions de renforcement des
capacités dans le domaine de l'APA.
L'organisation mondiale de la propriété
intellectuelle (OMPI) a parlé de son étude technique sur les
exigences en matière de communication (UNEP/CBD/WG-ABS/2/INF/4),
soulignant qu'elle ne représente pas la politique officielle
de l'OMPI dans ce domaine. Le représentant a attiré
l'attention sur le mandat élargi du Comité intergouvernemental
sur la propriété intellectuelle et les ressources génétiques,
les savoirs traditionnels et le folklore, qui devrait se
focaliser sur les aspects internationaux et ne pas exclure la
mise en place d'un régime international.
L'organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO) a mis l'accent sur
l'adoption des principaux traits du Traité international sur
les ressources phyto-génétiques pour l'alimentation et
l'agriculture (TIRPG), a exprimé l'espoir de voir le TIRPG
entrer en vigueur dans le courant du premier semestre de
l'année 2004.
Les délégués ont adopté l'ordre du jour (UNEP/CBD/WG-ABS/2/1)
et ont décidé d'établir deux sous-groupes de travail, comme
proposé dans l'ordre du jour annoté (UNEP/CBD/WG-ABS/2/1/Add.1/Rev.1).
Les délégués ont également décidé de convoquer une brève
plénière quotidienne pour l'évaluation de l'avancement des
travaux, et d'établir un comité des Amis du Président chargé
de préparer les discussions autour du régime international de
l'APA. Ils ont élu Ines Verleye (Belgique), Présidente du
Sous-groupe de travail I (SGT-I) et Desh Deepak Verma (Inde),
Président du Sous-groupe de travail II (SGT-II). Une brève
Plénière s'est réunie quotidiennement pour l'évaluation des
progrès accomplis. Jeudi, la Plénière a élu Diann Black Layne
(Antigua et Barbuda), au poste de rapporteur de la réunion, et
a entendu la déclaration de l'Instance Permanente des Nations
Unies chargée des Questions Autochtones.
Les sous-groupes de travail se sont réunis
le mardi et le jeudi. Le SGT-I s'est penché sur: le processus
du régime international d'APA, sa nature, sa portée, ses
éléments et les modalités devant l'encadrer; les rapports
consacrés à l'expérience acquise avec les Directives de Bonn;
l'utilisation des termes; et les diverses approches utiles à
la mise en œuvre des dispositions de la CDB ayant trait à
l'APA. Le SGT-II a planché sur les mesures visant à soutenir
la mise en conformité avec la procédure du CPCC et avec les
TMA, et sur les besoins en matière de renforcement des
capacités. Un comité des Amis du Président a été établi sur la
question du régime international d'APA. Vendredi, la Plénière
de clôture a adopté les recommandations destinées à la CdP,
ainsi que les procès-verbaux des sous-commissions et de la
réunion.
Ce compte rendu résume les discussions de
la Plénière et des sous-groupes de travail, ainsi que les
recommandations intéressant chacun des points de l'ordre du
jour.
LA PLENIERE
LES RAPPORTS CONSACRES A L'EXPERIENCE
ACQUISE AVEC LES DIRECTIVES DE BONN: Le lundi, la Plénière
a entendu les rapports concernant l'expérience acquise avec
les Directives de Bonn. La Chine a parlé de la réussite
enregistrée dans ses échanges de matériaux génétiques
agricoles, basés sur le consentement préalable, en
connaissance de cause (CPCC). Avec le KENYA et la JORDANIE, le
délégué a mis en exergue le renforcement des capacités, comme
condition préalable à l'élaboration et à la mise en
application des législations intéressant ce domaine. La Chine
et l'Argentine ont mis en relief les défis auxquels se
trouvent confrontés aux pays qui sont à la fois pourvoyeurs et
utilisateurs de ressources génétiques. Le Brésil a noté que
les Directives ne garantissent pas les droits des pays
pourvoyeurs et des communautés autochtones.
Le Japon a mis en relief ses programmes de
renforcement des capacités dans le domaine de la bio-industrie,
mis en place dans les pays en développement, et avec le Canada
et la Suisse, les ateliers visant à promouvoir la mise en
application des Directives. Faisant état des activités de son
groupe d'experts national chargé du suivi de la mise en œuvre
des Directives, la Norvège a décrit les efforts visant la mise
à jour de sa législation relative à l'APA et l'amendement de
ses lois relatives aux brevets, de manière à y insérer le CPCC.
La Communauté européenne (CE) a attiré
l'attention sur sa stratégie en matière de biodiversité et sur
une prochaine communication consacrée à la mise en œuvre des
Directives, et a fait état d'un manque de prise de conscience
dans le secteur de l'industrie. La France a décrit les études
menées sur l'état de sa législation en matière d'APA, des
accords mutuellement approuvés (AMA) et des mesures prises en
faveur du CPCC, et a mis en relief les initiatives lancées,
dans le domaine des échanges d'informations, à travers le
Centre français d'échange pour la prévention des risques
biotechnologiques.
Le Salvador a annoncé la mise en place de
mesures nationales en faveur de l'accès, et a mis en relief
les efforts fournis en faveur de l'harmonisation à l'échelon
régional. Le Bangladesh et le Costa Rica ont fait état de
l'utilisation des Directives dans l'élaboration des
législations nationales applicables à la biodiversité, et la
Jamaïque a mis en exergue leur utilisation dans
l'établissement du registre des accords sur le transfert des
matériaux. Le Costa Rica a parlé des expériences acquises dans
le domaine du partage des avantages de la bio-prospection.
L'Egypte a parlé de l'amendement de sa législation en matière
de DPI, pour l'insertion du CPCC et des exigences en matière
de communication de l'origine. Le Pakistan, l'Ouganda et
l'Ethiopie a décrit le l'élaboration des projets de lois
concernant l'APA, le Pakistan faisant état de mesures prises
en faveur des droits des communautés. La Namibie a souligné le
besoin d'accroître la prise de conscience et l'intégration des
Directives dans la législation nationales.
L'Australie a parlé de son accord interne
qui, entre autres, détermine la portée et les modalités
d'action nécessaires à l'application des Directives. La
Belgique a partagé son expérience en matière d'APA, dans le
domaine des ressources microbiennes. Le délégué des Pays-Bas a
parlé de l'établissement d'une plate-forme nationale pour les
codes de conduite, les AMA et les échanges d'informations. Le
Danemark a parlé de l'amendement de sa législation relative
aux brevets qui exige désormais la communication de l'origine.
La Suède a parlé d'un manque de sensibilisation à l'égard des
Directives, dans les rangs des institutions de recherche.
Le Royaume-Uni a parlé de son engagement en
faveur: d'une évaluation des Directives, comportant deux
étapes; de la mise en place d'un cadre politiques; et de
l'établissement d'une Commission chargée des DPI. Le Canada a
souligné la nécessité de poursuivre la recherche, et a indiqué
que les régimes d'APA doivent garantir, entre autres, les
intérêts des parties prenantes et la participation des
communautés autochtones. L'Ouganda a identifié les défis posés,
notamment l'absence de capacités, la négociation des
différents types d'avantages, et le traitement de la question
du non-respect des obligations. L'Espagne a mis en relief son
comité de coordination inter-ministériel chargé du traitement
de la question de l'APA et de l'élaboration des AMA. Haïti a
souligné la nécessité d'un travail sur les DPI et d'un
éclaircissement juridique des concepts touchant à l'APA.
Le porte-parole des Southeast Asia Regional
Initiatives for Community Empowerment (SEARICE) a souligné
l'utilité des Directives de Bonn dans l'établissement du cadre
de l'APA, de l'Association des pays du Sud-est asiatique, et a
appelé les délégués à reconnaître les droits des communautés
autochtones dans l'élaboration des législations et dans la
gestion des initiatives en faveur de l'APA.
LE REGIME INTERNATIONAL D'APA: Lundi
après-midi, la Plénière a entendu les points de vue, d'ordre
général, sur le régime international d'APA. Le Mexique, au nom
des Pays Méga-divers de Même Esprit (PMDME), a souligné que le
régime devrait promouvoir la conformité le CPCC, en fonction
de l'AMA, traiter de la certification de l'origine des
ressources génétiques, et répartir de manière équilibrée le
fardeau des régulations, entre les pays utilisateurs et les
pays pourvoyeurs.
L'Argentine, le Brésil, le Costa Rica et la
Tanzanie ont souligné le besoin d'inclure des dispositions
concernant le suivi, le respect des obligations, le règlement
des différends, et le renforcement des capacités, et de
s'assurer de la protection des droits des communautés locales
et autochtones. La Tanzanie, appuyée par plusieurs pays, a mis
encore un accent sur la nécessité de garantir les droits des
pays d'origine et de renforcer, plutôt que de changer, leurs
législations. De nombreux pays ont mis en exergue la nécessité
d'un soutien financier et technique pour l'élaboration et la
mise en application des législations nationale. La Jamaïque a
fait état des difficultés rencontrées dans le suivi et dans la
mise en application des régimes contractuels. Le Canada et
d'autres intervenants ont appelé à l'implication des
communautés autochtones et locales. Le Japon a mis en garde
contre une réglementation excessive de l'APA, et ont appelé à
l'élaboration, en guise de première étape, d'une compréhension
commune de la situation actuelle des liens entre les pays
pourvoyeurs et les pays utilisateurs.
Plusieurs intervenants ont déclaré que le
régime devrait être juridiquement contraignant, la COLOMBIE et
la NAMIBIE notant que les législations nationales ne sont pas
suffisantes pour s'assurer de la conformité aux obligations
ayant trait à l'APA. L'Ouganda, au nom du Groupe Africain,
avec la Jordanie, a souligné l'impératif d'une prise en compte
des besoins particuliers des pays en développement. La
Malaisie a indiqué que le régime devrait traiter du transit
transfrontalier illicite des ressources génétiques. L'Algérie
a plaidé pour l'inclusion des produits dérivés des ressources
génétiques.
L'Italie, au nom des Etats membres de la CE
et des pays accédant (UE), a déclaré que l'analyse de
l'efficacité des instruments disponibles et des synergies
entre eux, doit être envisagée. L'Australie et la Suisse ont
rappelé que le régime devrait plutôt se baser sur les travaux
en cours au sein de l'OMPI, l'Accord sur les aspects de
propriété intellectuelle touchant au commerce et du TIRPG, que
d'établir un nouveau Traité. Le Canada, la Nouvelle Zélande et
la République de Corée ont plaidé pour la mise en œuvre des
Directives de Bonn et des échanges d'expériences avant la
négociation d'un régime international contraignant.
La Norvège a proposé que la CdP-7 élargisse
le mandat du Groupe de travail à l'identification et à
l'analyse des lacunes dans la mise en œuvre des Directives.
Faisant état de son expérience avec le Protocole de
Biosécurité, l'Egypte a apporté son appui à la négociation
d'un protocole sur l'APA.
Appelant à une consultation des autochtones,
à tous les niveaux, le porte-parole du Forum International des
Autochtones sur la Biodiversité (FIAB) a mis en exergue: les
droits des communautés autochtones sur leurs savoirs; les
liens entre les savoirs autochtones et la biodiversité; le
droit coutumier autochtone et le patrimoine culturel; et
l'équité dans le partage des avantages.
La Chambre Internationale du Commerce a mis
en garde contre un régime international qui découragerait la
mise en place de cadres juridiques nationaux par les pays, et
a recommandé d'accorder aux pays plus de temps pour la mise en
application des Directives.
Le représentant du Edmonds Institute a
déclaré que les discussions autour de l'APA doivent être
effectuées dans le contexte de la conservation de la
biodiversité. L'Instituto SocioAmbiental a plaidé pour
l'élaboration d'un code éthique pour donner une légitimité au
CPCC.
Mardi, le Président du Groupe de Travail,
Hoogeveen, a présenté un texte du Président, pour discussion
au sein du SGT-I, englobant: une recommandation qui appelle la
CdP-7 à demander au Groupe de travail sur l'APA d'élaborer et
de négocier un régime international, dans les meilleurs délais
possibles; et les attributions concernant la nature, la portée,
les éléments et les modalités devant encadrer le régime.
LE SOUS-GROUPE DE TRAVAIL I
REGIME INTERNATIONAL DE L'APA: Les
délégués prenant part au SGT-I ont débattu de la question du
régime international d'APA, le mercredi et le jeudi. Mercredi,
la Présidente du SGT-I, Ines Verleye (Belgique) a invité les
participants à présenter leurs commentaires sur le texte du
Président concernant le régime international de l'APA,
précisant que le Groupe de travail est chargé de formuler des
recommandations sur les attributions devant régir la
négociation du régime.
Cuba a requis l'insertion d'une référence
aux Directives de Bonn, en guise de référent à la négociation
du régime et de reconnaissance des difficultés rencontrées
dans leur mise en œuvre. La CE et les PMDME ont proposé
l'insertion d'une référence aux objectifs de la CDB. L'UE a
suggéré l'insertion, en préambule, d'une référence aux
Objectifs de Développement du Millénaire. La Jamaïque a appelé
à rendre compte des réserves formulées sur le mandat du groupe
de travail sur l'APA et à ne pas préjuger de la nature du
régime.
Le porte-parole des PMDME, contré par le
Canada et d'autres, a demandé la suppression dans le préambule
du paragraphe reconnaissant que les Parties et l'ensemble des
acteurs peuvent être à la fois utilisateurs et pourvoyeurs et
celui reconnaissant le besoin d'établir un équilibre entre les
responsabilités des utilisateurs et celles des pourvoyeurs. Le
Canada, appuyé par la Suisse, a proposé l'insertion d'une
référence aux recommandations émanant du Groupe de travail sur
l'Article 8(j), et contré par le PMDME, au besoin éventuel de
poursuivre l'analyse et de renforcer les éléments des régimes
disponibles pertinents. Cuba a appelé à la mise en relief de
la nature inclusive du régime, par delà les perspectives
nationales et régionales.
Le Burkina Faso a appelé à l'établissement
d'un groupe d'experts chargé d'élaborer un texte à négocier
par le Groupe de travail sur l'APA, tandis que le porte-parole
des PMDME a requis l'établissement d'un groupe de travail
particulier chargé de négocier un régime juridique
contraignant, tenant compte des droits des pays d'origine.
Le porte-parole des PMDME a proposé que la
CdP requière du Secrétaire exécutif de conclure les
arrangements nécessaires à la convocation du Groupe de travail
sur l'APA, deux fois par an. Faisant état de contraintes
budgétaires, la CE a demandé que le Groupe de travail sur
l'APA soit requis de se réunir dans les "délais les plus
convenables."
La CE, appuyée par le Salvador: a proposé
de préciser que le régime doit couvrir à la fois l'accès et le
partage des avantages; et a requis l'adjonction d'une
référence à la conservation et à l'utilisation durable de la
biodiversité, dans le libellé appelant à la promotion et à la
sauvegarde d'un partage juste et équitable des avantages, et a
requis l'adjonction d'une référence à la conservation et à
l'utilisation durable de la biodiversité.
S'agissant des éléments du régime, le
Libéria et le Japon ont appelé à la prise de mesures à la fois
par les pays pourvoyeurs et par les pays utilisateurs. La
Jamaïque a favorisé l'émission d'un certificat international
attestant du pays d'origine et du pays pourvoyeur de
ressources génétiques. Cuba a proposé de traiter des
ressources génétiques non assujetties à la souveraineté
nationale. La Tanzanie et la Namibie ont proposé de faire état
de la répartition transfrontalière de certaines ressources
génétiques.
Le porte-parole des PMDME s'est opposé aux
références portant sur: les instruments disponibles; les pays
d'origine, les pays pourvoyeurs et les communautés autochtones
et locales, dans le libellé consacré aux dispositions
garantissant le respect des obligations; et, avec l'Algérie,
au code éthique. Le porte-parole des PMDME a, en revanche,
apporté son appui à la référence à un certificat international
attestant de la provenance légale des ressources génétiques,
des dérivés et des savoirs traditionnels associés.
Le jeudi, le Secrétariat a introduit le
texte révisé du Président.
Le Groupe africain et les PMDME, contrés
par le Canada, l'UE et l'Australie, ont requis la suppression
du libellé reconnaissant que certaines Parties et certains
acteurs sont à la fois utilisateurs et pourvoyeurs. Les PMDME
et la Tanzanie ont proposé, et les délégués ont approuvé, la
suppression du libellé appelant à s'assurer de l'équilibre
entre les responsabilités incombant aux pays utilisateurs et
celles incombant aux pays pourvoyeurs.
La CE a apporté son appui au libellé
appelant à un partage juste et équitable des avantages et à la
souveraineté des droits sur les ressources naturelles, à
condition que le libellé appelant à la facilitation de l'accès
soit retenu. Les PMDME et d'autres intervenants ont souhaité
la suppression du libellé appelant à la facilitation de
l'accès.
Au sujet du processus de négociation, le
Groupe africain et les PMDME ont proposé, et les délégués ont
approuvé, la suppression de la recommandation appelant à
l'établissement d'un groupe d'experts. Le Canada et l'Organe
de Coordination des Organisations Autochtones du Bassin
amazonien ont mis en exergue l'importance de la participation
des autochtones et le besoin de collaborer avec le Groupe de
travail sur l'Article 8(j).
Au sujet des attributions devant régir la
négociation du régime, la CE, le Canada, Cuba et la Jamaïque
ont plaidé pour l'insertion d'un chapitre séparé consacré au
processus, proposant une analyse des instruments d'APA
existants, de l'expérience acquise avec la mise en œuvre, et
des lacunes. Le chapitre est resté entre crochets.
Les PMDME et le Groupe africain, contrés
par la CE et l'Australie, ont requis la suppression du
chapitre consacré à la nature du régime. Les délégués ont
approuvé la suggestion avancée par les Etats Unis de
reformuler le texte de manière à le rendre cohérent avec
l'Article 22 de la CDB (liens avec les diverses Conventions
Internationales). Le FIAB a souligné la nécessité d'insérer
une référence au droit coutumier et aux pratiques culturelles
traditionnelles. Le chapitre est resté entre crochets.
Au sujet de la portée du régime, la CE,
l'Australie, le Groupe africain, la Chine et la République de
Corée ont proposé un libellé formulé sur la base de l'Article
9 des Directives de Bonn (Portée), précisant que le régime
devrait faciliter l'accès et promouvoir et sauvegarder le
partage, juste et équitable, des avantages. Le porte-parole
des PMDME et le Groupe africain ont approuvé, à condition d'y
introduire une référence aux dérivés. Le porte-parole des
PMDME a fait objection aux références portant sur la
facilitation de la recherche, la mise en œuvre des objectifs
de la CDB, le fonctionnement du régime et la participation des
parties prenantes. Ce chapitre est resté entre crochets.
Au sujet des éléments du régime, la CE et
le FIAB ont apporté leur appui, et les PMDME et le Groupe
africain ont fait objection, à l'insertion d'une liste des
instruments et processus existants ayant trait à l'APA. Les
délégués ont décidé d'inclure en guise d'éléments: la garantie
d'un partage juste et équitable des avantages tirés des
résultats de la recherche; et, la reconnaissance et la
protection des droits des communautés autochtones et locales
sur leurs savoirs traditionnels. Les délégués ne sont pas
parvenus à s'entendre sur les références portant sur les
mécanismes de suivi, de mise en conformité, de mise en
application et de règlement des différends.
Au sujet des modalités devant encadrer le
régime, la CE s'est opposée à l'inclusion de la considération
'type d'instrument', dans la liste des modalités devant être
décidées par la CdP-7. Les délégués n'ont pu s'accorder ni sur
un calendrier ni sur l'octroi d'un plein appui à la
participation des autochtones, parvenant toutefois à
s'entendre sur la promotion de la participation de toutes les
parties prenantes pertinentes. Les délégués prenant part au
SGT-I ont décidé de transmettre le texte amendé et crocheté du
Président, à la Plénière.
Vendredi, au cours de la Plénière de
clôture, les délégués ont planché sur les libellés crochetés
portant, entre autres sur: la référence introductive aux
travaux des organisations intergouvernementales; la portée du
régime; les certificats; et la communication des données. Le
Brésil, l'Australie et la CE ont signalé l'absence de
discussions autour de la certification, au sein des deux
sous-groupes de travail.
Les délégués ont été d'avis que la CdP-7
devrait mandater le Groupe de travail sur l'APA, de négocier
et d'élaborer le régime, et ont adopté la recommandation,
moyennant quelques amendements mineurs.
La Recommandation: La recommandation
finale (UNEP/CBD/WG-ABS/2/L.7) rappelle:
-
l'appel inscrit dans le Plan de mise en
application du SMDD, à la négociation d'un régime
international d'APA, dans le cadre de la CDB, et à la
promotion d'une large mise en œuvre des Directives de Bonn
et à un travail continu sur ces dernières;
-
la résolution de l'AGNU invitant la CdP à
prendre les mesures appropriées nécessaires à la négociation
d'un régime international d'APA;
-
la recommandation do PTPA de procéder à
la considération du processus, de la nature, de la portée,
des éléments et des modalités d'un régime international
d'APA; et,
-
les Objectifs de Développement du
Millénium et le rôle potentiel de l'APA dans l'éradication
de la pauvreté et dans la durabilité environnementale.
En outre, la recommandation:
-
fait état des Directives de Bonn et des
travaux menés par le Groupe de travail sur l'Article 8(j);
-
prend en ligne de compte les dispositions
pertinentes de la CDB;
-
réaffirme l'engagement pris par les
Parties, assujetti à la législation nationale, à respecter,
préserver et entretenir les savoirs traditionnels et à
promouvoir leur application à grande échelle, avec
l'approbation et l'implication de leurs détenteurs, et à
encourager le partage équitable des avantages; et,
-
avise que le Groupe de travail sur l'APA
a procédé à la détermination des composantes éventuelles du
régime international, sans préjugé du résultat final.
Des crochets demeurent autour des libellés
introductifs réaffirmant:
-
que le partage juste et équitable des
avantages constitue l'un des objectifs de la CDB;
-
les droits souverains des Etats sur leurs
ressources naturelles, et la détermination de l'accès aux
ressources génétiques est du ressort des gouvernements et
que cet accès est assujetti à la législation nationale; et,
-
l'engagement pris par les Parties dans le
cadre de l'Article 15.2 de la CDB, à créer les conditions
nécessaires à la facilitation de l'accès aux ressources
génétiques, pour les utilisations écologiquement
rationnelles des diverses Parties Contractantes, et à ne pas
imposer de restrictions contraires aux objectifs de la CDB.
Des crochets demeurent également autour des
libellés reconnaissant:
-
les contributions apportées à l'APA par
les accords internationaux ayant trait à la CDB, tels que
celui sur l'ITPGR;
-
que les Parties et les divers acteurs
peuvent être à la fois utilisateurs et pourvoyeurs de
ressources génétiques; et,
-
que le régime devrait être transparent,
praticable, non-discriminatoire, expéditif et souple, qu'il
devrait apporter un soutien à l'engendrement d'avantages
environnementaux, sociaux et économiques, tant pour les
utilisateurs que pour les pourvoyeurs, ainsi qu'un appui aux
mesures législatives, administratives et politiques
nationales, et qu'il devrait favoriser, de manière
réciproque, les droits et les obligations relevant des
autres accords régionaux et internationaux.
La note portant sur la nécessité de la
poursuite de l'analyse des instruments et des régimes
juridiques existants ayant trait à l'APA, et de l'expérience
acquise dans le cadre de leur mise en œuvre, y compris les
lacunes et leurs conséquences, est également crochetée.
Les clauses du Préambule portant sur: les
travaux ayant trait à l'APA, menés par les diverses
organisations intergouvernementales internationales
pertinentes, telles que la FAO, l'OMPI, l'OMC et autres
organisations régionales; la nécessité d'un soutien réciproque;
et la reconnaissance que les travaux menés au sein de ces
diverses organisations peuvent former une partie du régime
international d'APA.
Au sujet du mandat de négocier assigné au
Groupe de travail sur l'APA, des crochets demeurent autour du
point de savoir si cette négociation devait s'effectuer "dans
les meilleurs délais possibles," viser à la concrétisation des
objectifs de la CDB, prendre en ligne de compte l'objectif
2010, consistant à réduire de manière significative le taux
des pertes de biodiversité, et viser à l'adoption d'un
instrument juridique contraignant sur la protection et la
garantie des droits des pays d'origine des ressources
génétiques.
Au sujet des attributions, les délégués ne
sont pas parvenus à trancher si, oui ou non, la question de
savoir si les négociations doivent se fonder sur l'examen des
traits éventuels du régime, en fonction du fait qu'ils soient
ou non, partie intégrante des instruments disponibles,
requiert une nouvelle analyse et/ou un renforcement.
Les chapitres consacrés au processus et à
la nature du régime demeurent entièrement crochetés. Au sujet
de la nature du régime, des sous-crochets demeurent autour des
points de savoir si le régime devait:
-
être juridiquement contraignant et/ou
non-contraignant;
-
soutenir l'engendrement d'avantages
sociaux, culturels, économiques et environnementaux, à la
fois pour les utilisateurs et les pourvoyeurs;
-
soutenir les mesures législatives,
administratives et politiques nationales;
-
prendre en ligne de compte le droit
coutumier et les pratiques culturelles traditionnelles des
communautés indigènes et locales;
-
être cohérent avec l'Article 22 de la
Convention (liens avec d'autres Conventions); et,
-
être composé d'un ou de plusieurs
instruments dans le cadre d'un ensemble de principes, de
normes, de règles et de procédures décisionnelles.
Au sujet de la portée du régime, les
délégués n'ont pas pu trancher si ce dernier "pouvait" ou "devait"
"couvrir" ou "faciliter" l'APA, et inclure les produits et les
dérivés des ressources génétiques.
Les délégués ont décidé que le régime
pourrait inclure les éléments suivants:
-
la garantie d'un partage juste et
équitable des avantages découlant des résultats de la
recherche et développement et des profits tirés de
l'utilisation commerciale et autre, des ressources
génétiques;
-
des mesures pour le renforcement des
capacités fondées sur les besoins du pays en la matière;la
reconnaissance et la protection des droits des communautés
autochtones sur leurs savoirs traditionnels, dans le cadre
de la législation nationale de leurs pays;
-
des mesures pour le partage des avantages,
y compris les avantages monétaires et non monétaires, et le
transfert efficace des technologies et la coopération, de
manière à soutenir l'engendrement d'avantages sociaux,
économiques et environnementaux; et,
-
des moyens pour le soutien de la mise en
œuvre du régime international dans le cadre de la CDB.
Au sujet des éléments susceptibles d'être
inclus dans le régime, des crochets demeurent autour de la
liste de quelques instruments et processus pertinents
disponibles. Les éléments ayant trait aux pays d'origine, aux
mesures concernant les usagers, aux certificats et à la
communication du pays d'origine, sont restés crochetés, en
raison du fait qu'on n'a pas eu le temps de les traiter au
SGT-I.
En outre, le Groupe de travail a maintenu
des crochets autour:
-
du point de savoir si la recherche
scientifique en collaboration, doit être encouragée ou
facilitée;
-
de la nature transfrontalière de
certaines ressources génétiques et du savoir traditionnel
associé;
-
du code d'éthiques, du code de bonne
conduite ou des modèles de CPCC, traitant du partage des
avantages avec les communautés autochtones et locales;
-
des mécanismes de suivi, de mise en
conformité et de mise en application, de règlement des
différends et/ou d'arbitrage, et tout autre trait jugé
nécessaire à la réalisation des objectifs du régime d'APA.
Les délégués se sont entendus pour
recommander: que la CdP-7 décide du calendrier et autres
modalités de la négociation, que la CdP mandate le Groupe de
travail sur l'APA de négocier et d'élaborer un régime
international d'APA, et que la participation de toutes les
parties prenantes pertinentes, notamment les ONG et le secteur
privé, et les communautés autochtones et locales, soit promue.
Les recommandations que la CdP-7 décide des
types d'instruments, et que le Groupe de travail sur l'APA
soit convoqué: dans les délais les plus pratiques ou dans les
meilleurs délais possibles, deux fois par an, au minimum, sont
restées crochetés.
Le Groupe de travail a maintenu les
crochets autour des libellés:
-
recommandant que le régime international
soit élaboré en collaboration avec la FAO, l'OMC, l'OMPI,
l'Union pour la Protection de Nouvelles Variétés de Plantes,
et les accords régionaux pertinents; et
-
encourageant les Parties, les
gouvernements, les organisations internationales et toutes
les parties prenantes pertinentes, à fournir les voies et
moyens de faciliter la participation efficace des
communautés autochtones et locales dans l'élaboration du
régime international.
RAPPORTS SUR L'EXPERIENCE ACQUISE AVEC LES
DIRECTIVES DE BONN: Les délégués prenant part au SGT-I ont
entendu lecture des rapports concernant l'expérience acquise
avec les Directives de Bonn, le mardi et le jeudi.
Le mardi, le Secrétariat a attiré
l'attention sur la compilation des soumissions concernant
l'APA (UNEP/CBD/WG-ABS/2/INF/1). La CE, l'Allemagne et le
Canada ont fait état de leurs activités dans le domaine de
l'amélioration de la prise de conscience concernant les
obligations des usagers. La CE a mis en exergue les
discussions en cours autour de la l'exigence concernant la
communication de l'origine, et des schémas de certification.
L'Irlande a parlé de son étude menée sur l'état et
l'utilisation actuels des ressources génétiques, et a plaidé
pour des mesures fortes dans les pays utilisateurs.
L'Allemagne et la Norvège ont parlé des amendements introduits
dans leurs législations respectives en matière de brevet, pour
y insérer la communication de l'origine, l'Allemagne précisant
que cette exigence n'affecterait en rien l'octroi des brevets.
L'Iran a signalé qu'un groupe de spécialistes est en train de
travailler à la détermination des besoins relatifs à l'APA, a
donné la priorité au Partage des Avantages par rapport à
l'Accès, et a appelé à l'amélioration de la coopération
régionale et internationale sur la question de l'APA. La
Norvège et la Gambie ont indiqué qu'elles sont en train
d'élaborer leurs législations applicables à l'APA, et le
Danemark a décrit le régime d'APA proposé par la Home Rule
Authority du Groenland. La législation en cours de
finalisation de l'Afrique du Sud va imposer des autorisations
d'exportation des ressources génétiques. Le Chili a parlé de
ses efforts dans le domaine de la régulation de la
bioprospection. La Turquie a déclaré que sa législation
relative à la l'APA englobe des dispositions en faveur du CPCC,
des TMA et des AMA.
Le jeudi, les délégués ont approuvé le
texte du Président concernant les rapports sur l'expérience
acquise avec les Directives de Bonn, en encourageant les
Parties à poursuivre la soumission d'informations concernant
les expériences pertinentes, après y avoir introduits des
amendements incluant: une proposition, avancée par le Groupe
de travail, de reconnaître les contraintes rencontrées par
certains pays en développement à utiliser pleinement les
Directives de Bonn; et une invitation aux Parties, aux
gouvernements, aux communautés autochtones et locales et
autres parties prenantes, à poursuivre la promotion de la mise
en application des Directives volontaires de Bonn.
Le vendredi, la Plénière de clôture a
adopté la recommandation finale, moyennant un amendement
mineur.
La Recommandation: Dans le document
final (UNEP/CBD/WG-ABS/2/L.4), le Groupe de travail sur l'APA:
rappelle le caractère évolutif des Directives de Bonn
concernant l'APA; reconnaît l'utilité de leur contribution
dans l'élaboration des régimes nationaux et des arrangements
contractuels relatifs à l'APA et dans la réalisation des
objectifs de la CDB; et reconnaît les contraintes rencontrées
par certains pays en développement en raison de l'inadéquation
des capacités à utiliser les Directives.
Le document recommande également que la CdP:
-
fasse état du besoin de davantage
d'expérience dans la mise en application des Directives;
-
invite les Parties pertinentes à
poursuivre la promotion de la large mise en application des
Directives volontaires;
-
encourage toutes les parties pertinentes
à soumettre l'information concernant l'expérience pertinente
et les enseignements tirés de la mise en application des
Directives; et
-
requiert du Secrétaire exécutif à mettre
à disposition ces données à travers les moyens appropriés,
notamment le Mécanisme d'échange pour la prévention des
risques biotechnologiques (CHM).
UTILISATION DES TERMES: Le SGT-I s'est
penché sur la question de l'utilisation des termes, le mardi
et le jeudi.
Mardi, Le Secrétariat a présenté les
documents concernant l'utilisation des termes (UNEP/CBD/WG-ABS/2/2
Section II, INF/1 et UNEP/CBD/COP-6/INF/40).
La Jamaïque et le Groupe africain ont
déclaré que des définitions seront d'une aide certaine dans
l'élaboration de la législation devant régir l'APA.
L'Australie, la CE et d'autres ont déclaré que les discussions
autour de l'utilisation des termes ne doivent pas préjuger des
négociations en cours, autour de la question du régime
international. L'Algérie a suggéré de réexaminer le sujet,
lorsque le régime international aura été mis en place. La
Chine a proposé d'intégrer le travail accompli sur les termes,
dans le processus de négociation du régime international d'APA.
L'UE a suggéré que le Secrétariat procède à
la compilation d'un glossaire des termes, d'ici la CdP-8. Le
Brésil et d'autres ont appelé à l'établissement d'un groupe
d'experts sur l'utilisation des termes, après la CdP-7. Le
Brésil et les Tributs Tutalip ont apporté leur appui à l'idée
d'utiliser un glossaire des définitions comme plate-forme pour
l'élaboration d'une entente commune.
Après les réserves exprimées sur les
questions de représentation et de finance associées à la
convocation du groupe d'experts, plusieurs délégués ont
apporté leur appui aux propositions du Royaume-Uni et des
Etats-Unis appelant à la conduite de consultations par voie
électronique et à l'utilisation d'un mécanisme d'échange
d'informations. Le Canada et l'Association Ixa Ca Vaa pour
l'Information et Développement des Populations Autochtones,
ont appelé à l'implication des populations autochtones dans
les consultations. L'Ouganda, l'Ethiopie et Antigua et Barbuda
ont parlé des difficultés posées à certains pays et aux
communautés autochtones, à contribuer au débat par voie
électronique. Le délégué de Sainte Lucie a suggéré que les
points focaux chargés de l'APA coordonnent les contributions
des parties prenantes. Le Brésil a suggéré que la CdP-7 charge
le Groupe de travail sur l'APA de décider de la voie à suivre.
Le Canada a déclaré que la décision concernant la convocation
du groupe d'experts dépendra des résultats de la CdP-7
concernant le régime de l'APA. La Suisse a recommandé le
recours aux structures disponibles de la CDB.
Jeudi, les délégués ont approuvé le texte
du Président, après les amendements proposés: par le Groupe
africain, faisant état du besoin d'examiner d'autres termes
pertinents non définis dans la CDB, et par la Gambie,
signalant les difficultés rencontrées par les pays en
développement dans le domaine des technologies de
l'information.
Vendredi, la Plénière de clôture a adopté
la recommandation finale sans amendement.
La Recommandation: Dans le document
final (UNEP/CBD/ WG-ABS/2/L.5), le Groupe de travail note
qu'un certain nombre d'autres termes pertinents non définis
dans la CDB pourraient avoir besoin d'être examinés, et fait
référence aux difficultés rencontrées par certains pays en
développement, dans le domaine des technologies de
l'information et de l'infrastructure qui s'y rapporte. Il
recommande que la CdP:
-
invite toutes les parties pertinentes à
soumettre au Secrétaire exécutif, les données concernant les
définitions des termes, disponibles à l'échelon national,
concernant: l'accès aux ressources génétiques, le partage
des avantages, la commercialisation, les dérivés, les
pourvoyeurs, les utilisateurs, les parties prenantes, la
collection ex situ et le caractère volontaire; et leurs vues
concernant le point de savoir si des termes additionnels,
comme celui des restrictions arbitraires, devaient être
examinés;
-
requiert des correspondants nationaux en
charge de l'APA, de faciliter le processus de la collecte et
de la soumission des données pertinentes, au Secrétariat, en
tenant compte des consultations menées avec les communautés
autochtones et locales; et,
-
requiert du Secrétaire exécutif de
procéder à la collecte et à la compilation de ces données,
de les divulguer à travers le CHM, et de les présenter à la
prochaine réunion du Groupe de travail sur l'APA, pour
poursuite d'examen de la question de l'utilisation des
termes non définis dans la CDB, y compris l'éventuel
établissement d'un groupe d'experts pour la détermination du
besoin de produire des définitions ou un glossaire.
AUTRES APPROCHES POUVANT ETRE ADOPTEES DANS
LA MISE EN ŒUVRE DES DISPOSITIONS DE LA CDB RELATIFS A L'APA:
Le SGT-I a examiné diverses autres approches, comme établi
dans la décision VI/24 B (Autres approches susceptibles d'être
adoptées dans la mise en œuvre des dispositions de la CBD
ayant trait à l'APA), le mardi, le jeudi et le vendredi.
Mardi, le Secrétariat a introduit son
aperçu général des diverses approches susceptibles de
complémenter les Directives de Bonn et d'aider les pays à
mettre en œuvre l'APA (UNEP/CBD/WG-ABS/ 2/2 Section III).
Plusieurs délégués ont fait état d'une expérience positive
avec les approches bilatérales et régionales et les codes de
conduite applicables à l'APA. La Jamaïque a fait part de son
intérêt pour l'adoption d'un code d'éthique. Le Brésil, le
Salvador, la Jamaïque et d'autres ont apporté leur appui à la
proposition du Mexique appelant à un certificat d'origine
international. Reconnaissant le mérite des certificats, le
délégué des Etats-Unis a mis en garde contre l'augmentation
des coûts et des délais.
L'Argentine a parlé de la difficulté
d'évaluer l'efficacité de ces approches et le CANADA a
souligné la nécessité de poursuivre la recherche aux fins
d'identifier les lacunes justifiant l'adaptation des approches
actuelles. La Chine a requis du Secrétariat de la CDB de
fournir une nouvelle compilation des arrangements et des
approches disponibles.
Jeudi, les délégués ont approuvé le texte
du Président concernant la question des diverses autres
approches, étant entendu que la référence au certificat
d'origine international devra y être compatible dans sa
formulation avec le libellé adopté par le SGT-II. Les options
issues du point de savoir si les soumissions ayant trait aux
approches additionnelles devaient être divulguées à travers le
CHM ou si elles devaient être transmises au Groupe de travail
sur l'APA, pour poursuite d'examen, sont restées crochetées.
Vendredi, la Plénière de clôture a examiné
le projet de recommandation (UNEP/CBD/WG-ABS/2/L.6). Le Canada
et le Royaume-Uni ont suggéré d'harmoniser les références aux
Parties, aux gouvernements, aux organisations internationales,
aux communautés autochtones et locales et toutes les parties
prenantes pertinentes.
La Colombie a suggéré de reconnaître que
diverses approches disponibles pourraient être considérées
pour complémenter les Directives de Bonn et qu'elles
constituent des outils utiles à aider la mise en œuvre des
dispositions de la CDB relatives à l'APA. La Colombie a
également suggéré, et les délégués ont accepté, l'insertion
d'un libellé, portant sur les deux alternatives crochetées
retenues pour la suite des travaux, et invitant toutes les
parties pertinentes à soumettre les données devant être
compilées par le Secrétaire exécutif, et divulguées à travers
le CHM, à la considération du Groupe de travail sur l'APA. Les
délégués ont adopté le document tel qu'amendé.
La Recommandation: Dans le document
final (UNEP/CBD/ WG-ABS/2/L.6), le Groupe de travail:
-
reconnaît que les diverses approches
disponibles pourraient être considérées pour complémenter
les Directives de Bonn; et
-
souligne la nécessité de poursuivre
l'examen d'autres approches, telles que celles basées sur
des arrangements interrégionaux et bilatéraux, ainsi que
d'un certificat de provenance légal/d'origine/de source,
international.
Le document recommande que la CdP:
-
invite toutes les parties pertinentes, à
soumettre, au Secrétariat, leurs vues et les données dont
elles disposent concernant les approches additionnelles, y
compris les codes d'éthique;
-
requiert du Secrétaire exécutif, de
poursuivre la compilation des données concernant les mesures
et les approches complémentaires disponibles, et des
expériences acquises dans la mise en œuvre, et de divulguer
ces données à travers le CHM; et,
-
requiert du Groupe de travail sur l'APA
de poursuivre l'examen de la question des approches
additionnelles sur la base du rapport élaboré par le
Secrétaire exécutif.
LE SOUS-GROUPE DE TRAVAIL II
LES MESURES DE MISE EN CONFORMITE AVEC LE
CPCC ET LES TMA: Les délégués du SGT-II ont planché sur la
question des mesures de mise en conformité au CPCC et aux TMA,
du mardi au jeudi.
Mardi, Le Secrétariat a introduit les
documents concernant les mesures de mise en conformité au CPCC
et aux TMA (UNEP/ CBD/WG-ABS/2/2 Section IV), y compris les
DPI (UNEP/CBD/WG-ABS/2/3 and INF/2). L'OMPI a présenté son
étude technique sur l'exigence de la révélation de l'origine
des ressources génétiques et des savoirs traditionnels (UNEP/CBD/WG-ABS/2/INF/4),
soulignant le besoin d'une collaboration entre la CDB et le
Comité intergouvernemental sur la propriété intellectuelle et
les ressources génériques, les savoirs traditionnels et le
folklore (CIG).
La Barbade a attiré l'attention sur les
régulations applicables à l'import et à l'export sur la base
de l'expérience de la Convention sur le Commerce International
des Espèces de Faunes et de Flores, Menacées d'Extinction. Le
porte-parole des PMDME a apporté son soutien à l'idée d'un
certificat d'origine légale reconnu à l'échelle internationale.
La FAO a noté que les discussions autour de la mise en
conformité dans le cadre du Traité international sur les
ressources phyto-génétiques pour l'alimentation et
l'agriculture (TIRPG), et a suggéré que les délégués
identifient le Système Multilatéral du TIRPG, comme étant une
source pour tout système de déclaration de pays d'origine.
L'UE a décrit les mesures prises pour: la création d'un réseau
de points focaux chargés des questions d'APA; la délimitation
des responsabilités sociales du secteur de l'entreprise;
l'introduction de la révélation des pays d'origine dans les
législations applicables aux brevets; et les discussions
autour de l'exigence de la communication de l'origine. Le
Canada a appelé à de plus amples renseignements sur les
mesures de mise en conformité, et le Royaume-Uni, sur la mise
en application de l'Article 15 (Accès aux ressources
génétiques). a souligné la nécessité du CPCC des communautés
locales. Le représentant des Amis de la Terre, International a
déclaré que les communautés doivent avoir le contrôle de leurs
ressources. Le FIAB a suggéré d'établir un groupe d'experts
autochtones sur l'APA.
Mercredi, le Président du SGT-II, Verma, a
présenté le texte du Président concernant les mesures visant à
s'assurer de la mise en conformité. La Colombie et le Brésil
ont indiqué que les mesures de mise en conformité ne doivent
pas porter uniquement sur le CPCC et le TMA, mais également
sur les législations nationales. La Colombie a proposé
l'insertion d'une référence aux activités de suivi et à
l'accès à la justice, lorsqu'une brèche est relevée dans la
législation des pays d'origine. L'UE a mis l'accent sur le
besoin de s'assurer de la cohérence avec le libellé de la CDB,
a proposé de reconnaître les savoirs traditionnels écrits et
oraux, dans le cadre du droit des brevets, et a recommandé de
requérir du Secrétaire exécutif, l'entreprise d'une analyse
des pratiques actuelles et des perspectives à venir de
l'utilisation commerciale et autres, des ressources génétiques
et de l'engendrement des avantages.
Le Mexique et le Brésil ont plaidé pour un
certificat international attestant de la provenance légale,
notant que ce dernier diffère de celui attestant de l'origine
légale. L'UE a proposé de retenir les termes "communication de
l'origine/de la source/de la provenance légale," pour
permettre une mise en cohérence avec la formulation qui sera
approuvée dans le SGT-I. et a mis en exergue l'impératif de se
référer plutôt au CPCC du pays d'origine, qu'à la Partie
pourvoyeuse. L'UE a attiré l'attention de la CDB sur l'Article
2 (utilisation des termes) qui fait référence aux Parties
pourvoyeuses de ressources génétiques. Le Président Verma a
indiqué que la définition retenue par la CDB couvre les pays
d'origine.
Au sujet des mesures d'incitation visant à
encourager les pays utilisateurs à se conformer au CPCC et aux
TMA, le Brésil a suggéré d'insérer une référence aux modes de
certification, et l'UE a insisté sur le besoin de préciser que
les modes de certification doivent avoir un caractère
volontaire.
Au sujet des diverses mesures ayant trait à
la mise en conformité, le Brésil et le Canada ont fait
objection au libellé appelant à l'élaboration d'accords
contractuels. L'UE, contrée par la Jordanie, a suggéré que la
référence aux accords contractuels s'applique aux différents
groupes d'utilisateurs et aux différentes ressources
génétiques.
Les délégués ont débattu du libellé
appelant (à la reconnaissance de l'originalité des savoirs
traditionnels écrits ou oraux, comme étant des savoirs
antérieurs, sans toutefois parvenir à un accord. Le Brésil a
apporté son appui au maintien de la référence, mais
l'Australie, le Canada, la Suisse et le Japon y ont fait
objection, arguant que le sujet n'a aucun rapport avec la
conformité au CPCC.
La Suisse a suggéré que le Groupe de
travail sur l'APA tienne compte des discussions menées dans
les forums pertinents, lors de l'examen des questions touchant
à la révélation du pays d'origine. L'Australie a proposé, et
les délégués ont accepté, l'insertion d'une référence aux
mesures visant à préserver et à promouvoir, pour les pays
utilisateurs, la certitude légale relative aux conditions
d'accès.Au sujet du libellé invitant les Parties à faciliter
le CPCC des communautés autochtones et locales, le CANADA a
appuyé le CPCC requis par la législation nationale. Le FIAB a
rappelé que la décision V/16 requiert des Parties, de garantir
les droits des communautés locales et autochtones sur leurs
savoirs traditionnels, et l'établissement de mécanismes
nationaux compatibles avec le droit coutumier.
Le libellé demandant au Groupe de travail
sur l'APA d'examiner les questions ayant trait à la révélation
de l'origine, dans l'application des DPI, a été laissé entre
crochets.
Jeudi, les délégués ont examiné un papier
de salle de conférence (PSR), qui rendait compte des
discussions de mercredi. Le Mexique a présenté une proposition
issue des consultations informelles menées sur: la coopération
avec l'OMPI; le certificat international attestant de
l'origine/source/provenance légale; et la révélation de
l'origine. Le Brésil a souligné que le traitement des DPI
ayant trait à la biodiversité, fait partie du mandat de la CDB.
Le Président Verma a suggéré, et les délégués ont accepté, de
se référer à la décision VI/20 de la CdP (Coopération avec
d'autres organisations, initiatives et conventions), qui
reconnaît le rôle de chef de file de la CDB, dans les
questions touchant à la biodiversité.
Au sujet des références crochetées au CPCC
des, ou au partage des avantages avec, les Parties
Contractantes fournissant les ressources génétiques, le Brésil
a plaidé pour l'insertion d'une référence aux pays d'origine.
D'autres y ont fait objection, citant les définitions et les
libellés pertinents de la CDB. Les délégués se sont accordés
sur une formulation de compromis faisant référence au CPCC des
Parties contractantes, y compris: les pays d'origine,
conformément aux clauses 2 (Définitions) et 15.3 (ressources
génétiques fournies par la Partie contractante) de la CDB, et
les communautés autochtones et locales fournissant les savoirs
traditionnels associés.
Au sujet des mesures d'encouragement visant
à inciter les utilisateurs à se mettre en conformité avec la
législation nationale, les délégués ont décidé de faire
référence aux schémas de certification volontaire. Les
délégués se sont également accordés sur l'insertion d'un
libellé invitant les Parties à reconnaître que les savoirs
traditionnels écrits et oraux doivent être considérés comme
étant des savoirs antérieurs. Des crochets demeurent autour du:
libellé appelant le Groupe de travail sur l'APA à traiter les
questions ayant trait à la communication de l'origine et du
certificat d'origine/de source/de provenance légale et à
transmettre les résultats à l'OMPI; et autour du libellé
invitant l'OMPI à traiter de l'interconnexion entre les
exigences en matière d'accès et les exigences en matière de
communication de l'origine, dans les applications de DPI. Le
SGT-II a approuvé le PSC, tel qu'amendé et crocheté.
Vendredi, la Plénière de clôture a adopté
la recommandation finale, avec une modification mineure et le
reste des crochets.
La Recommandation: Dans le texte final (UNEP/CBD/WG-ABS/2/L.3),
le Groupe de travail fait état des dispositions pertinentes de
la Convention, des initiatives nationales et régionales, et
des activités en cours menées par l'OMPI, le Conseil de l'OMC
sur les TRIPs et la Commission de la FAO sur les Ressources
Génétiques destinées à l'Alimentation et l'Agriculture. Le
texte recommande à la CdP-7, d'inviter les Parties à:
-
poursuivre la prise de mesures visant à
soutenir la mise en conformité avec la procédure du CPCC et
avec les TMA, y compris l'échange d'information entre les
utilisateurs et les pourvoyeurs, les mesures d'encouragement
visant à inciter les utilisateurs à se mettre en conformité
avec la législation nationale, les accords contractuels, les
aspects ayant trait à l'import/export des ressources
génétiques, l'accès à la justice, les remèdes administratifs
et judiciaires, et le suivi;
-
reconnaître que les savoirs traditionnels
écrits et oraux peuvent faire l'objet de recherche
d'antériorité; et
-
établir des mécanismes nationaux
permettant de s'assurer, lorsque la législation du pays
l'exige, de la mise en conformité avec le CPCC des
communautés autochtones et locales.
Il requiert du Secrétaire exécutif de
procéder à la collecte, d'entreprendre l'analyse et de
soumettre à la prochaine réunion du Groupe de travail, les
données disponibles concernant, entre autres: les mesures
visant à s'assurer de la mise en conformité avec la
législation nationale, avec le CPCC et avec les TMA; les
mesures et les instruments juridiques internationaux, en
vigueur; l'étendue et le niveau de l'accès non autorisé et de
l'appropriation indue des ressources génétiques; les remèdes
nationaux et internationaux applicables aux cas de non-respect
des obligations; et les mesures visant à promouvoir la
certitude légale, pour les utilisateurs, dans les conditions
d'accès et d'utilisation.
Des crochets demeurent autour:
-
de la requête adressée au Groupe de
travail sur l'APA, de traiter les questions ayant trait au
certificat international d'origine/de source/de provenance
légale;
-
de la requête adressée au Groupe de
travail sur l'APA, de déterminer les problèmes posés à la
communication de l'origine des ressources génétiques et des
savoirs traditionnels utilisés dans les applications des
DPI, et de transmettre les résultats à l'OMPI;
-
de l'invitation adressée à l'OMPI, à
traiter des interconnexions entre les exigences en matière
d'accès et en matière de communication de l'origine, dans
les applications des DPI, tout en reconnaissant le rôle de
chef de file de la CDB dans les questions internationales de
la biodiversité, et à élaborer un rapport, pour soumission,
à la CdP-8 de la CDB; et
-
de la référence introductive faisant état
du mandat prorogé du Comité intergouvernemental de l'OMPI
sur la Propriété Intellectuelle et les Ressources Génétiques,
les Savoirs traditionnels et le Folklore.
RENFORCEMENT DES CAPACITES DANS LE DOMAINE
DE L'APA: Les délégués prenant part au SGT-II ont planché
sur la question du renforcement des capacités le mardi et le
jeudi.
Mardi après-midi, le Secrétariat a
introduit le document concernant le renforcement des capacités
dans le domaine de la mise en œuvre des Directives de Bonn (UNEP/CBD/WG-ABS/2/2
Section V) et le rapport de l'Atelier d'Experts, qui englobe
un projet de plan d'action (UNEP/CBD/ABS/EW-CB/1/3).
L'UE a souligné la nécessité de synergies
et d'une coordination avec les initiatives des communautés
autochtones et locales. Le Fonds pour l'environnement Mondial
(FEM) a souligné qu'un financement sera mis à disposition.
Notant qu'aucune responsabilité ou mesures ne sont identifiées
dans ce projet de texte, la Colombie, le Brésil et le Sénégal
ont demandé qu'il soit transmis plutôt à titre de "lignes
directrices" qu'à titre de "plan d'action."
Le Brésil a proposé d'élargir les
discussions autour du renforcement des capacités, au régime
international d'APA. Le Sénégal et le Niger ont souligné que
cela risque de retarder l'action à entreprendre dans le
domaine du renforcement des capacités.
La Chine a suggéré d'y intégrer l'échange
d'expériences et la planification à long terme, la formation
et la sensibilisation. Le Pakistan a souligné le renforcement
des capacités des institutions locales et régionales et, avec
le Yemen, a mis en relief les liens avec la mise en œuvre du
Protocole de bio-sécurité.
Le Canada, appuyé par le FIAB, a mis
l'accent sur la nécessité d'une évaluation, d'un inventaire et
de la surveillance des ressources génétiques et des savoirs
traditionnels, soulignant que cela devrait s'effectuer sur
invitation des populations indigènes.
L'Argentine et le Mexique ont déclaré que
le plan d'action n'est pas assez focalisé sur la mise en œuvre
dans les pays en développement. La Norvège a présenté un
rapport sur la Conférence de Trondheim sur le transfert des
technologies et le renforcement des capacités, tenue en juin
2003. L'Université des Nations Unies a mis en exergue
l'importance d'avoir des programmes de renforcement des
capacités coordonnés à l'échelle internationale, pour
l'élaboration des législations nationales régissant l'accès et
pour la facilitation de la négociation des contrats.
Jeudi, le Président, Verma, a présenté le
texte du Président. Les délégués ont accepté de stipuler que
la mise en place d'un régime international d'APA pourrait
nécessiter un renforcement additionnel des capacités. Au sujet
des éléments à considérer dans l'évaluation du projet de plan
d'action, le BRESIL a suggéré l'insertion d'un libellé
appelant à prendre en considération la législation nationale.
L'UE a mis l'accent sur la détermination des responsabilités,
et sur les besoins et les contributions des divers acteurs
clés. Les délégués ont accepté la suggestion de l'AUSTRALIE
d'ajouter un paragraphe sur le renforcement des capacités dans
le domaine de l'identification d'opportunités permettant la
promotion de la conservation et le développement des
utilisations durables existantes et nouvelles de la
biodiversité. Les délégués ont inséré aussi, en préambule, une
référence au programme de travail de l'OSASTT-9, axé sur le
transfert des technologies, comme suggéré par l'UE.
Le FEM a précisé que les projets doivent
être sous la conduite des pays, eux-mêmes, et fondés sur les
priorités nationales. Rejetant la proposition avancée par le
Groupe africain, d'insérer une référence particulière à la
biotechnologie, les délégués ont décidé de se référer au
renforcement des capacités en matière de transfert des
technologies, pour permettre aux pays pourvoyeurs de
participer dans les arrangements sur le partage des avantages,
dans la phase de l'octroi des autorisations d'accès. Le SGT-II
a approuvé le texte tel qu'amendé.
Vendredi, la Plénière de clôture a adopté
la recommandation finale sans amendement.
La Recommandation: Dans le texte final
(UNEP/CBD/WG-ABS/2/L.2), le Groupe de travail recommande que
la CdP-7 prenne note, et procède à l'évaluation, du projet de
plan d'action axé sur le renforcement des capacités en matière
d'APA, en prenant en ligne de compte un certain nombre
d'éléments, notamment:
-
les préoccupations et l'approbation
préalable des communautés autochtones et locales concernant
les inventaires des savoirs traditionnels et les activités
de renforcement des capacités;
-
la coordination avec les programmes et
les plans d'action pertinents; et
-
le renforcement des capacités pour
l'identification des opportunités offertes dans le domaine
de la conservation de la biodiversité, et pour le
développement des utilisations existantes et la mise au
point de nouvelles utilisations de la biodiversité.
En outre, le Groupe de travail:
-
réitère ses directives au FEM, de fournir
des ressources financières aux projets conduits par les
pays;
-
encourage les Parties à fournir une
assistance financière et technique;
-
considère les voies et moyens d'impliquer
d'autres organes de financement pertinents;
-
encourage les Parties à prévoir la
participation pleine et efficace des communautés autochtones
et locales; et,
-
requiert des mesures visant à faciliter
l'échange d'information à travers le CHM.
LA PLENIERE DE CLOTURE
Vendredi matin, le Président du Groupe de
Travail sur l'APA, Hoogeveen, a ouvert la Plénière de clôture.
La Présidente du SGT-I, Verleye, et le Président du SWG-II,
Verma ont présenté les rapports des sous-groupes de travail.
Les délégués ont adopté le rapport du SGT-I (UNEP/CBD/WG-ABS/2/L.1/Add.1),
moyennant un amendement mineur, et le rapport du SGT-II (UNEP/CBD/WG-ABS/2/
L.1/Add.2), sans amendement. La Suisse a fait noter que les
sessions nocturnes des sous-groupes de travail se sont
déroulées sans service d'interprétariat, et a demandé au
Bureau de fournir des données concernant la disponibilité de
ces services dans les réunions futures. Le Rapporteur, Diann
Black Layne, a présenté le Rapport provisoire de la réunion (UNEP/CBD/WG-ABS/2/L.1).
Le document a été adopté avec un amendement proposé par le
Mexique, stipulant que le Groupe de travail a identifié, de
manière claire, la nécessité d'un régime international d'APA.
L'Ouganda, au nom du Groupe africain, le
Mexique, au nom des PMDME, l'UE, LE Népal, au nom du Groupe
asiatique, l'Egypte, la Lituanie, la Jordanie, Palau, le
Canada et la Colombie ont fait part de leur appréciation et de
leur gratitude aux organisateurs de la réunion, mettant en
exergue les progrès accomplis et exprimant l'espoir de voir
les négociations autour du régime international d'APA, se
poursuivre de manière aussi fructueuse à la CdP-7. La Malaisie
a invité les délégués à la CdP-7.
Le délégué des Etats-Unis a fait part de
ses réserves concernant l'incohérence constatée entre nombre
de recommandations et le texte de la CDB, comme celles faisant
référence, entre autres: aux pays d'origine; aux produits
dérivés; et aux modalités devant encadrer le certificat
d'origine. Le FIAB a appelé à l'élaboration d'un code
d'éthique en matière d'APA et à la reconnaissance du droit des
communautés autochtones à refuser l'accès aux ressources
génétiques et aux savoirs traditionnels à des fins
commerciales. Le représentant d'une coalition d'ONG a fait
état de l'absence d'un engagement clair en faveur d'un régime
international juridiquement contraignant.
Le Secrétaire exécutif de la CDB, Zedan, a
exprimé son appréciation du travail accompli en vue de la
concrétisation du troisième objectif de la CDB. Le Président
du Groupe de travail, Hoogeveen, a remercié les participants
et les organisateurs, et a clôturé la réunion à 13h45.
BREVE ANALYSE DE LA REUNION
Les délégués près de la deuxième réunion du
Groupe de travail de la CDB sur l'Accès et le Partage des
Avantages (APA), ne s'attendaient certainement pas, en
arrivant à Montréal, lundi, à une partie facile. N'empêche,
les discussions autour du régime international d'APA, mandaté
par le Sommet pour le Développement Durable (SMDD), et autour
des mesures de mise en conformité, se sont avérées plus
compliquées que prévu.
Le Groupe de travail s'est trouvé face à un
contexte défavorable, du fait de la mise en application,
encore limitée, des Directives de Bonn, des travaux non encore
aboutis d'autres forums sur des questions touchant à l'APD, et
des grands espoirs que nourrissaient certaines Parties, de
voir les négociations autour du régime international,
commencer au cours de cette réunion. Au vu de la
recommandation lourdement crochetée, concernant le régime
international d'APA, et des appels, tout simples, lancés en
faveur de la poursuite des travaux sur l'utilisation des
termes et sur les approches susceptibles d'être adoptées dans
la mise en œuvre des dispositions ayant trait à l'APA, le
résultat de la réunion peut sembler correspondre au plus petit
dénominateur commun.
Quelques avancées, petites mais concrètes,
ont néanmoins été accomplies sur les questions du renforcement
des capacités, des mesures de mise en conformité et, dans une
certaine mesure, du régime international d'APA. Un aspect
important de la réunion est qu'elle a donné le ton aux
négociations de la CdP-7 et qu'elle a confirmé les dynamiques
d'échange entre le Groupe des Pays Méga-divers de Même Esprit
(PMDME) et l'Union européenne (UE).
Cette analyse se focalisera sur les débats menés autour du
régime international d'APA et des mesures de mise en
conformité, et tentera de dresser une carte concernant la
CdP-7 et la période au-delà.
ECHANGE DES POINTS DE VUE – PREMIERES
AVANCEES VERS UN REGIME INTERNATIONAL D'ACCES ET DE PARTAGE
DES AVANTAGES
Dès son adoption par le SMDD, le mandat de
négocier, dans le cadre de la CDB, un régime international axé
sur la promotion et la sauvegarde du partage juste et
équitable des avantages découlant de l'utilisation des
ressources génétiques, a bénéficié d'un bon accueil de la part
des Parties. Au mois de mars 2003, ce mandat a été prorogé
jusqu'à 2010, par la Réunion intersessions sur le Programme de
Travail Pluriannuel (PTPA) de la CdP, et a été élargi à la
question de l'accès aux ressources génétiques.
Le mandat assigné au Groupe de Travail sur
l'APA et consistant à "procéder à l'examen du processus, de la
nature, de la portée, des éléments et des modalités d'un
régime international d'accès aux ressources génétiques et de
partage des avantages" et à fournir des avis à la CdP-7, a
beau avoir été clair dès le départ, plusieurs délégués sont
arrivés à Montréal prêts à commencer la négociation du régime.
N'avoir fait que simplement délimiter les paramètres des
négociations, n'a pas manqué de contrarier un certain nombre
d'entre eux. Ni les PMDME ni l'UE n'ont semblé être prêts à
renoncer à leur part respective du gâteau. En effet, les pays
membres de l'UE ont donné la priorité à la mise en application
des Directives de Bonn et ont tenu absolument à entendre les
rapports sur l'état d'avancement de leur mise en œuvre, et à
traiter la question des mesures de mise en conformité. De
nombreux délégués ont été frustrés de voir les travaux
s'attarder ainsi sur l'expérience acquise avec la mise en
œuvre.
Ils ont estimé que cette perte de temps
était un coup porté aux discussions autour du régime
international d'APA, qui n'est pas encore élaboré, et ont fait
remarquer que le panier de travail chargé, qui attend la
CdP-7, ne laissera pas beaucoup de temps à un débat approfondi
sur ce sujet. De leur côté, les PMDME et, dans une mesure
moindre, le Groupe africain, se sont montrés particulièrement
intransigeants sur la nécessité de passer directement au
travail sur un régime international, et ont été résolus à
rétablir l'équilibre entre l'accès et le partage des avantages.
La tiédeur de la réaction des PMDME à l'égard des Directives
de Bonn était en contraste avec la chaleur dont ils ont fait
montre dans leur souhait d'élaborer un régime juridiquement
contraignant, qui viendrait non seulement exiger l'adoption de
mesures par les pays utilisateurs et par les pays pourvoyeurs,
promouvoir la certification, actualiser le partage des
avantages et garantir le respect international de la
souveraineté nationale sur les ressources naturelles, mais
également, traiter la question des dérivés et asseoir des
mécanismes de règlement des différends. Charger le Groupe de
travail sur l'APA, de négocier le régime, a été l'un des rares
points d'accord.
Reste que, quel que soit le résultat des
débats de Kuala Lumpur, un régime international ne pourra, au
mieux, qu'établir des normes minimales et laisser aux pays la
liberté d'adopter des mesures domestiques plus strictes. Placé
par le SMDD, sous l'égide du développement durable, l'APA est
maintenant reconnu comme un outil au service de l'allégement
de la pauvreté et de la durabilité environnementale, à travers
les avantages monétaires, et plus important encore, à travers
ceux non-monétaires qui pourraient être tirés en échange de
l'accès à des ressources de valeur potentielle. Cela explique
pourquoi l'aspect, partage des avantages, du régime, constitue
la force motrice de positions passionnées exprimées par de
nombreuses Parties.
Sur ce plan, les débats qui ont eu lieu
durant la semaine, ont confirmé que le moment est venu, pour
la CDB, de s'attaquer à la mise en œuvre de son troisième
objectif, à savoir, le partage équitable des avantages, et, ce
faisant, de s'inspirer des travaux en cours dans divers
forums.
LE DEFI DE SE METTRE EN CONFORMITE, L'ART
DE COOPERER
On peut dire que le rôle de l'Organisation
Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), en particulier
le travail de son Comité Intergouvernemental sur la Propriété
Intellectuelle et des Ressources Génétiques, le Savoir
Traditionnel et le Folklore (CIG), a été le point le plus
difficile dans les discussions autour des mesures de mise en
conformité avec le consentement préalable, en connaissance de
cause (CPCC), de la Partie pourvoyeuse et avec les termes
mutuellement approuvés (TMA), suivant lesquels l'accès est
accordé. Vu la complexité de certaines questions inscrites à
l'ordre du jour, comme celle de la communication de l'origine
des ressources génétiques et des savoirs traditionnels
associés, dans les applications des DPI, d'aucuns pourraient
penser que les délégués de la CDB seraient heureux
d'accueillir l'expertise de l'OMPI. Mais il se trouve que,
dans les divers contextes nationaux et régionaux, les
approches sur les questions des DPI sont divergentes, allant
de l'absence de la nécessité de communiquer l'origine, à son
exigence obligatoire, et que le lien entre la CDB et les
organes traitant des DPI, comme l'Accord sur les Aspects Liés
au Commerce, des Droits de Propriété Intellectuelle (TRIPs),
de l'OMC, reste flou. Résultat, de nombreux pays en
développement participants ont fait objection à un
renforcement de la collaboration avec l'OMPI. Ces mêmes
délégués ont tenu à ce que le rôle de chef de file de la CDB
soit reflété dans le texte, pour s'assurer que le débat autour
des conditions requises dans la communication des données
concernant l'APA ait lieu plutôt dans un forum environnemental
que dans un forum de DPI. Faisant part de ses réserves
concernant le risque de voir leurs intérêts être traités de
manière inadéquate, dans un contexte de DPI, ils ont placé
entre crochets toutes les références à l'OMPI. Le mandat
récemment renouvelé, mais toujours flou, du CIG de l'OMPI,
ainsi que l'état d'avancement actuel des discussions au sein
des organes liés aux DPI, créent des incertitudes qui ne
peuvent qu'exacerber ces réserves.
A cet effet, la proposition de la Suisse,
d'amender le Traité de l'OMPI sur la Coopération en matière de
Brevet, en y introduisant une exigence améliorée de
communication des données, peut avoir un impact sur les
discussions autour de l'APA, menées dans le cadre de la CDB, à
travers la promotion d'une harmonisation des deux instances.
Au même moment, la communication franche faite par la
Communauté européenne sur l'ouverture, au sein de l'UE, d'un
dialogue autour de la possibilité d'une exigence obligatoire
de communiquer les données requises, dans les applications
brevetées, a été accueillie avec louanges par les ONG, du fait
qu'elle vient indiquer une disposition à reconsidérer les
questions cruciales touchant à la fois aux DPI et l'APA, et
probablement signaler une évolution politique majeure.
Cependant, le traitement du problème de l'accès non-autorisé
exige non seulement des mesures de mise en conformité avec le
CPCC et les TMA, mais également une volonté de reconsidérer
les besoins fondamentaux des systèmes nationaux et
internationaux de DPI. L'action est requise à la fois dans
l'arène environnementale et dans celle des DPI.
DEBUT D'UNE LONGUE ROUTE SINUEUSE
L'atmosphère optimiste de la Plénière de
clôture et les applaudissements qui ont salué l'adoption de la
recommandation concernant le régime international d'APA, ont
témoigné de la satisfaction des délégués. Mais, si mettre en
application les Directives de Bonn s'est avéré suffisamment
ardu, s'engager dans des négociations autour d'un régime
international d'APA sera certainement encore plus difficile.
En effet, cela va nécessiter de bâtir les choses à partir
d'une expérience limitée en matière d'APA et, plus important
encore, de s'attaquer à des questions complexes qui relèvent
du mandat de diverses autres instances, dont l'OMPI et l'OMC.
La réitération du mandat assigné par le SMDD, par l'Assemblée
Générale des Nations Unies a augmenté la pression sur les
Parties de la CDB, de négocier un régime international d'APA,
nonobstant la réticence dont ont fait montre certaines
Parties, auparavant, à le faire. Compte tenu de l'esprit
constructif qui a régné jusqu'ici, et se rappelant
l'expérience vécue avec la biosécurité, d'aucuns ne sauraient
espérer que la CdP-7 sera en mesure de tenir ses promesses et
éviter de laisser le troisième objectif de la CDB au bord de
la route.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
TROISIEME REUNION DU GROUPE DE TRAVAIL
SPECIAL, DE COMPOSITION NON LIMITEE, INTERSESSIONS, SUR
L'ARTICLE 8(J) DE LA CDB: Cette réunion commence
aujourd'hui et s'étalera jusqu'au 12 décembre 2003, à
Montréal, au Canada. La réunion procédera à l'évaluation des
progrès accomplis dans la mise en œuvre du programme de
travail consacré à l'Article 8(j) et aux clauses connexes, et
dans l'intégration des tâches pertinentes du programme de
travail, dans les domaines thématiques de la CDB. Le Groupe de
travail se penchera également sur le rapport de synthèse
concernant l'état actuel et l'évolution des connaissances,
innovations et pratiques des communautés autochtones et
locales, et sur le projet de texte des lignes directrices
devant encadrer la conduite d'études sur l'incidence
culturelle, environnementale et sociale des développements
proposés ou susceptibles d'exercer un impact sur des sites
sacrés et sur des terres et des eaux traditionnellement
occupées ou utilisées par les communautés autochtones et
locales. Parmi d'autres sujets de discussion attendus, il y a
lieu de citer: les mécanismes de participation et de
communication, nécessaires à l'implication efficace des
communautés autochtones et locales dans les questions ayant
trait aux objectifs de l'Article 8(j), et les éléments du
système sui generis pour la protection des connaissances,
innovations et pratiques des communautés autochtones et
locales.
Cérémonie d'Ouverture: Une cérémonie
d'ouverture, avec un spectacle donné par la communauté des
Mohawk, sera tenue à 9h30, à l'extérieur de la Salle Plénière
de l'Organisation Internationale de l'Aviation Civile.
Pl�ni�re: La Pl�ni�re se r�unira � 10h
pour traiter les questions organisationnelles et pour entendre
les rapports concernant l'�tat d'avancement de la mise en
�uvre du programme de travail ax� sur l'Article 8(j), et de
l'int�gration des t�ches pertinentes du Programme de travail,
dans les domaines th�matiques de la CDB.
Sous-Groupe de travail I: Le SGT-I se
r�unira � 15h, dans la Salle I, pour commencer l'examen du
rapport de synth�se sur l'�tat actuel et l'�volution de la
situation concernant l'Article 8(j) et les clauses connexes.
Sous-Groupe de travail II: Le
SGT-II se r�unira � 15h, dans la Salle I, pour entamer ses
discussions autour des syst�mes sui generis de protection des
savoirs, innovations et pratiques des communaut�s autochtones
et locales.
Pour de plus amples renseignements,
contacter: CBD Secretariat; tel: +1-514-288-2220; fax:
+1-514-288-6588; e-mail: secretariat@biodiv.org; Internet:
http://www.biodiv.org/doc/meeting.asp?wg=WG8J-03.
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