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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 9 No. 264
Mardi 2 Décembre 2003
LES FAITS MARQUANTS DE LA GT-2 SUR L'APA:
LUNDI 1er DECEMBRE 2003
Les délégués participant à la deuxième
réunion du Groupe de travail spécial, de composition non
limitée, sur l'accès et le partages des avantages, de la
Convention sur la diversité biologique (CDB) se sont réunis en
Plénière, tout le long de la journée, pour entendre les
déclarations d'ouverture, traiter les questions
organisationnelles, examiner les rapports concernant
l'expérience acquise dans l'utilisation des Directives de Bonn
concernant l'accès et le partages des avantages (APA), et
entendre les différents points de vue sur la question du
régime international relatif à l'APA.
PLENIERE
DECLARATIONS D'OUVERTURE: Hans
Hoogeveen (Pays-Bas), Président de la Conférence des Parties
(CdP) de la CDB et Président du Groupe de travail, a ouvert la
réunion, soulignant que la réussite de la CdP-7 dépend de la
celle des discussions du Groupe de travail. Il a souligné la
nécessité de déterminer un cahier des charges clair pour les
négociations du régime international de l'APA, et a appelé les
délégués à poursuivre le travail dans l'esprit de compromis
qui a mené à l'adoption des Directives de Bonn.
Le Secrétaire exécutif de la CDB, Hamdallah
Zedan, a noté que la question de l'APA revêt une importance
particulière pour les pays en développement, et a mis en
relief les liens avec les savoirs traditionnels, les droits de
propriété intellectuelle (DPI) et le commerce.
Nehemiah Rotich, au nom du Directeur
exécutif du PNUE, Klaus Töpfer, a mis l'accent sur la
nécessité du partage des avantages pour la conservation de la
biodiversité dans les pays en développement, et a encouragé
les délégués à entamer des actions de renforcement des
capacités dans le domaine de l'APA.
QUESTIONS ORGANISATIONNELLES: Les
délégués ont adopté l'ordre du jour (UNEP/CBD/WG-ABS/2/1) et
ont décidé d'établir deux sous-groupes de travail, comme
proposé dans l'ordre du jour annoté
(UNEP/CBD/WG-ABS/2/1/Add.1/Rev.1). Les délégués ont également
décidé de convoquer une brève plénière quotidienne pour
l'évaluation de l'avancement des travaux, et d'établir un
comité des Amis du Président chargé de préparer les
discussions autour du régime international de l'APA. Ils ont
élu Ines Verleye (Belgique), Présidente du Sous-groupe de
travail I (SGT-I) et Desh Deepak Verma (Inde), Président du
Sous-groupe de travail II (SGT-II).
DECLARATIONS DES ORGANISATIONS
INTERNATIONALES: L'organisation mondiale de la propriété
intellectuelle (OMPI) a parlé de son étude technique sur les
exigences en matière de communication
(UNEP/CBD/WG-ABS/2/INF/4), soulignant qu'elle ne représente
pas la politique officielle de l'OMPI dans ce domaine. Il a
attiré l'attention sur le mandat élargi du Comité
intergouvernemental sur la propriété intellectuelle et les
ressources génétiques, les savoirs traditionnels et le
folklore, qui devrait se focaliser sur les aspects
internationaux et ne pas exclure la mise en place d'un régime
international.
L'organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO) a mis l'accent sur
l'adoption des principaux traits du Traité international sur
les ressources phyto-génétiques pour l'alimentation et
l'agriculture (TIRPG), a exprimé l'espoir de voir le TIRPG
entrer en vigueur dans le courant du premier semestre de
l'année 2004.
RAPPORTS: Au sujet de l'expérience
acquise dans l'utilisation des Directives de Bonn, la CHINE a
parlé de la réussite enregistrée dans ses échanges de
matériaux génétiques agricoles, basées sur le consentement
préalable, en connaissance de cause (PIC). Avec le KENYA et la
JORDANIE, le délégué a mis en exergue le renforcement des
capacités, comme condition préalable à l'élaboration et à la
mise en application des législations intéressant ce domaine,
et, avec l'ARGENTINE, il a mis en relief les défis auxquels se
trouvent confrontés les pays qui sont à la fois pourvoyeurs et
utilisateurs de ressources génétiques. Le BRESIL a noté que
les Directives ne garantissent pas les droits des pays
pourvoyeurs et des communautés autochtones.
Le JAPON a parlé de ses programmes de
renforcement des capacités dans le domaine de la
bio-industrie, mis en place dans les pays en développement, et
de ses ateliers visant à promouvoir la mise en application des
Directives. La SUISSE et le CANADA ont parlé des ateliers
nationaux organisés en faveur des parties prenantes. Faisant
état des activités de son groupe d'experts national chargé du
suivi de la mise en œuvre des Directives, la NORVEGE a décrit
les efforts visant la mise à jour de sa législation relative à
l'APA et l'amendement de ses lois relatives aux brevets, de
manière à y insérer le PIC.
La COMMUNAUTE EUROPEENNE (CE) a attiré
l'attention sur sa stratégie en matière de biodiversité et sur
une prochaine communication consacrée à la mise en œuvre des
Directives, et a fait état d'un manque de prise de conscience
dans le secteur de l'industrie. La FRANCE a décrit les études
menées sur l'état de sa législation en matière d'APA, des
accords mutuellement approuvés (AMA) et des mesures prises en
faveur du PIC, et a mis en relief les initiatives lancées,
dans le domaine des échanges d'informations, à travers le
Centre français d'échange de données de biodiversité.
Le SALVADOR a annoncé la mise en place de
mesures nationales en faveur de l'accès, et a mis en relief
les efforts fournis en faveur de l'harmonisation à l'échelon
régional. Le BANGLADESH et le COSTA RICA a noté l'utilisation
des Directives dans l'élaboration des législations nationales
applicables à la biodiversité, et la JAMAIQUE a mis en exergue
leur utilisation dans l'établissement du registre des accords
sur le transfert des matériaux. Le COSTA RICA a parlé des
expériences acquises dans le domaine du partage des avantages
de la bio-prospection. L'EGYPTE a parlé de l'amendement de sa
législation en matière de DPI, pour l'insertion du PIC et des
exigences en matière de communication de l'origine. Le
PAKISTAN, l'OUGANDA et l'ETHIOPIE ont décrit l'élaboration des
projets de lois concernant l'APA, le PAKISTAN faisant état de
mesures prises en faveur des droits des communautés. La
NAMIBIE a souligné le besoin d'accroître la prise de
conscience et l'intégration des Directives dans la législation
nationales. La JORDANIE a affirmé que les troubles politiques
entraves la coopération régionale.
L'AUSTRALIE a parlé de son accord interne
qui, entre autres, détermine la portée et les modalités
d'action nécessaires à l'application des Directives. La
BELGIQUE a partagé son expérience en matière d'APA, dans le
domaine des ressources microbiennes. Le délégué des PAYS-BAS a
parlé de l'établissement d'une plate-forme nationale pour les
codes de conduite, les AMA et les échanges d'informations. Le
DANEMARK a parlé de l'amendement de sa législation relative
aux brevets qui exige désormais la communication de l'origine.
La SUEDE a parlé d'un manque de sensibilisation à l'égard des
Directives, dans les rangs des institutions de recherche.
Le Royaume-Uni a parlé de son engagement en
faveur: d'une évaluation des Directives, comportant deux
étapes; de la mise en place d'un cadre politiques; et de
l'établissement d'une Commission chargé des DPI. Le délégué a
appelé à l'examen de tous les aspects de l'APA, et pas
uniquement celui relatif à la mise en application des
Directives. Le CANADA a souligné la nécessité de poursuivre la
recherche, et a indiqué que les régimes d'APA doivent
garantir, entre autres, les intérêts des parties prenantes et
la participation des communautés autochtones. L'OUGANDA a
identifié les défis posés, notamment l'absence de capacités,
la négociation des différents types d'avantages, et le
traitement de la question du non-respect des obligations.
L'ESPAGNE a mis en relief son comité de coordination
inter-ministériel chargé du traitement de la question de l'APA
et de l'élaboration des AMA. HAITI a souligné la nécessité:
d'une politique nationale cohérente en matière d'APA; d'un
travail sur les DPI; et d'un éclaircissement juridique des
concepts touchant à l'APA.
L'INSTITUT REGIONAL DU SUD-EST ASIATIQUE
POUR LA SENSIBILISATION DES COMMUNAUTES (IRSESC) a souligné
l'utilité des Directives de Bonn dans l'établissement du cadre
de l'APA, de l'Association des pays du Sud-est asiatique, et a
appelé les délégués à reconnaître les droits des communautés
autochtones dans l'élaboration des législations et dans la
gestion des initiatives en faveur de l'APA.
REGIME INTERNATIONAL D'APA: Le
Président Hoogeveen a souligné que le mandat du régime
international d'APA a déjà été décidé par le Sommet mondial
sur le développement durable (SMDD) et endossé par l'assemblée
générale de l'ONU.
Le Mexique, au nom du GROUPE DES PAYS
MEGA-DIVERS DE MEME ESPRIT, a souligné que le régime devrait
promouvoir la conformité le PIC, en fonction de l'AMA, traiter
de la certification de l'origine des ressources génétiques, et
répartir de manière équilibrée le fardeau des régulations,
entre les pays utilisateurs et les pays pourvoyeurs. La
COLOMBIE a suggéré de recommander à la CdP-7 de reconnaître
que le démarrage du régime est crucial pour l'avenir de la
CDB. L'ARGENTINE, le BRESIL, le COSTA RICA et la TANZANIE ont
souligné le besoin d'inclure des dispositions concernant le
suivi, le respect des obligations, le règlement des
différends, et le renforcement des capacités, et de s'assurer
de la protection des droits des communautés locales et
autochtones. La TANZANIE, appuyée par de nombreux
intervenants, a mis encore un accent sur la nécessité de
garantir les droits des pays d'origine et de renforcer, plutôt
que de changer, leurs législations, et, de traiter la question
de la certification de l'origine et de renforcer les capacit�s
� travers une approche bas�e sur les besoins des pays.
Le KIRGHIZSTAN a parl� des liens entre
l'APA et les questions de bios�curit�, soulignant que les
discussions autour des ressources g�n�tiques devraient
�galement traiter la question de la conservation. Plusieurs
pays ont mis en exergue la n�cessit� d'un soutien financier et
technique pour l'�laboration et la mise en application des
l�gislations nationale. La JAMAIQUE a not� les difficult�s
rencontr�es dans la surveillance et dans la mise en
application des r�gimes contractuels. Le CANADA et d'autres
intervenants ont appel� � l'implication des communaut�s
autochtones et locales. Le JAPON a mis en garde contre une
r�glementation excessive de l'APA, et ont appel� �
l'�laboration, en guise de premi�re �tape, d'une compr�hension
commune de la situation actuelle des liens entre les pays
pourvoyeurs et les pays utilisateurs.
Plusieurs intervenants ont d�clar� que le
r�gime devrait �tre juridiquement contraignant, la COLOMBIE et
la NAMIBIE notant que les l�gislations nationales ne sont pas
suffisantes pour s'assurer de la conformit� aux obligations
ayant trait � l'APA. L'Ouganda, au nom du GROUPE AFRICAIN, a
soulign� l'imp�ratif d'un m�canisme de r�glement des
diff�rends, la JORDANIE plaidant pour une prise en compte des
besoins particuliers des pays en d�veloppement. La MALAISIE a
indiqu� que le r�gime devrait traiter du transit
transfrontalier illicite des ressources g�n�tiques. L'ALGERIE
a plaid� pour l'inclusion des produits d�riv�s des ressources
g�n�tiques. La JAMAIQUE a sugg�r� que le r�gime traite du r�le
des gouvernements et de la recherche scientifique. La MALAISIE
a appuy� l'inclusion d'un m�canisme de mise en conformit� aux
obligations. L'EGYPTE a mis l'accent sur les m�canismes
multilat�raux de r�glement des diff�rends disponibles. La
JORDANIE a apport� son appui � l'insertion de m�canismes
d'arbitrage entre les utilisateurs et les pourvoyeurs. HAITI a
d�clar� que le r�gime devrait traiter du renforcement des
capacit�s et aller au-del� des mesures disponibles dans le
domaine du transfert des technologies.
L'Italie, au nom des Etats membres de la CE
et des pays y acc�dant, a d�clar� que l'analyse de
l'efficacit� des instruments disponibles et des synergies
entre eux, doit �tre envisag�e. L'AUSTRALIE et la SUISSE ont
rappel� que le r�gime devrait plut�t sur se baser les travaux
en cours au sein de l'OMPI, l'Accord sur les aspects de
propri�t� intellectuelle touchant au commerce et du TIRPG, que
d'�tablir un nouveau trait�, l'AUSTRALIE faisant �tat d'un
manque de mesures d'encouragement � l'implication de
l'industrie. Le CANADA, la NOUVELLE ZELANDE et la REPUBLIQUE
DE COREE ont plaid� pour la mise en �uvre des Directives de
Bonn et des �changes d'exp�riences avant la n�gociation d'un
r�gime international contraignant.
La NORVEGE a sugg�r� que la CdP-7 �largisse
le mandat du Groupe de travail � l'identification et �
l'analyse des lacunes dans la mise en �uvre des Directives.
L'ALGERIE a d�clar� que la CdP-7 devrait �tablir un groupe de
travail charg� de n�gocier le r�gime. La MALAISIE et le
BANGLADESH ont appuy� l'id�e de mandater un Comit� de
n�gociation intergouvernemental. Evoquant l'exp�rience v�cue
avec le Protocole de bios�curit�, l'EGYPTE a appuy� la
n�gociation d'un protocole sur l'APA.
Appelant � une consultation des communaut�s
autochtones, � tous les niveaux, le FORUM INTERNATIONAL DES
AUTOCHTONES SUR LA BIODIVERSITE a mis en exergue: les droits
des communaut�s autochtones sur leurs savoirs; les liens entre
les savoirs autochtones et la biodiversit�; le droit coutumier
autochtone et le patrimoine culturel; et l'�quit� dans le
partage des avantages.
La CHAMBRE INTERNATIONALE DU COMMERCE a mis
en garde contre un r�gime international qui d�couragerait la
mise en place de cadres juridiques nationaux par les pays, et
a recommand� d'accorder aux pays plus de temps pour la mise en
application des Directives.
L'IRSESC a fait �tat d'un manque de
surveillance et du besoin de prendre en consid�ration les
ressources g�n�tiques humaines dans l'APA. L'INSTITUT EDMONDS
a d�clar� que les discussions autour de l'APA doivent �tre
comprises dans le contexte de la conservation de la
biodiversit�. L'INSTITUTO SOCIOAMBIENTAL a plaid� pour
l'�laboration d'un code �thique pour donner une l�gitimit� au
PIC. L'UNIVERSITE DES NATIONS UNIES a parl� de ses travaux sur
les mesures prises par les utilisateurs et sur la gouvernance
de l'APA.
Le Pr�sident Hoogeveen a indiqu� qu'il
�laborera un texte du Pr�sident, pour discussion dans le
SGT-I.
DANS LES COULOIRS
Encourag� par la dynamique rassembl�e � la
CdP-6 et le SMDD, le Groupe de travail a d�marr� ses
discussions dans un esprit positif. Le Pr�sident Hoogeveen a
donn� le ton, en rappelant aux d�l�gu�s qu'une ren�gociation
de l'appel du SMDD, en faveur d'un r�gime international, n'est
pas de mise. Certains d�l�gu�s issus de pays en d�veloppement
tenaient visiblement � traiter de la question du r�gime dans
les meilleurs d�lais possibles, au lieu de s'attarder sur les
exp�riences domestiques v�cues dans la mise en �uvre des
Directives de Bonn, mais plusieurs intervenants ont soulign�
que s'embarquer dans des n�gociations en vue d'un instrument
contraignant, risquait, sinon, de placer les efforts �
contre-courant, du moins, de les d�vier de la voie de ce dont
on a vraiment besoin, � savoir, la mise en application des
directives. En tous cas, nombre de d�l�gu�s ont not� que ce
sont les discussions autour de la question de la communication
de l'origine et du r�le des DPI, qui vont susciter le plus
d'int�r�t, cette semaine.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL I: Le SGT-I se
r�unira � 10h dans la Salle I, pour d�battre de l'utilisation
des termes. S'attendre � la distribution du texte du
Pr�sident, concernant le r�gime d'APA.
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL II: Le SGT-II se
r�unira � 10h dans la Salle II, pour d�battre des mesures
visant � s'assurer de la conformit� avec le PIC et les AMA.
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unira � 17h30
dans la Salle I, pour proc�der � une �valuation des progr�s
r�alis�s. |