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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 9 No. 262
Lundi 17 Novembre 2003
RESUME DE LA NEUVIEME REUNION DE L'ORGANE
SUBSIDIAIRE DE LA CONVENTION SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE,
CHARGE DE FOURNIR DES AVIS SCIENTIFIQUES, TECHNIQUES ET
TECHNOLOGIQUES:
10-14 NOVEMBRE 2003
La neuvième réunion de l'organe subsidiaire
de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), chargé de
fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques
(OSASTT-9), s'est déroulée du 10 au 14 novembre 2003, à
Montréal, au Canada. Etaient présents à la réunion, prés de
600 participants, représentant 119 gouvernements, ainsi que
des agences des Nations Unies, organisations inter-gouvernementales
et non gouvernementales, comités des communautés autochtones
et locales, monde universitaire et secteur de l'industrie. Les
délégués à l'OSASTT-9 ont adopté 16 recommandations portant
sur: les aires protégées, l'un des principaux thèmes de la
réunion; le transfert des technologies et la coopération,
l'autre thème important des discussions; les technologies de
restriction de l'utilisation des ressources génétiques; la
biodiversité et les changements climatiques; le suivi et les
indicateurs; l'Initiative taxonomique mondiale; l'intégration
d'objectifs tournés vers des résultats concrets, dans les
programmes de travail de la CDB; des objectifs tournés vers
des résultats concrets pour la Stratégie mondiale de la
conservation des plantes; la biodiversité des montagnes;
l'utilisation durable; les mesures incitatives perverses; les
espèces exotiques envahissantes (EEE); les lignes directrices
devant encadrer la mise en application de l'approche basée sur
l'écosystème; et les rapports concernant l'état d'avancement
de la mise en œuvre. Les recommandations seront transmises à
la septième réunion de la Conférence des Parties à la CDB
(CdP-7), qui se tiendra du 9 au 20 février 2004, à Kuala
Lumpur, en Malaisie.
L'OSASTT-9 avait sur la table, un ordre du
jour ambitieux, à la fois, en terme du nombre de documents et
de recommandations à considérer et en terme de substance à
traiter, avec pas moins de trois programmes de travail à
adopter. L'adoption, par la plénière de clôture, des éléments
proposés pour les programmes de travail axés sur les aires
protégées et sur le transfert des technologies, n'a pas donné
lieu à des applaudissements, mais les délégués issus de toutes
les affiliations, ont fait part de leur satisfaction quant à
l'accord réalisé autour des buts et objectifs, des
recommandations concernant la mise en place de mécanismes pour
l'évaluation de la mise en application, et "l'engagement"
conjoint des ONG à fournir et à mobiliser le soutien financier
et technique pour le programme de travail consacré aux aires
protégées. La recommandation d'intégrer des objectifs tournés
vers des résultats concrets dans les programmes de travail de
la CDB s'est également avéré un pas, qui pour être petit, n'en
est pas moins important, vers la concrétisation de l'objectif
2010 du Sommet mondial pour le développement durable (SMDD),
de réduire de manière significative, le taux des pertes de
biodiversité. Reste à voir maintenant, comment, avec
l'augmentation de son panier de sujets de fonds, l'OSASTT
poursuivra-t-il son travail d'examen et de fourniture d'avis à
la CdP, face à la prolifération des rapports émanant des
réunions d'experts et des groupes de travail intersessions.
BREF HISTORIQUE DE LA CONVENTION
Négociée sous l'égide du Programme des
Nations Unies pour l'Environnement (PNUD), la Convention sur
la diversité biologique a été ouverte à la signature le 5 juin
1992 et est entrée en vigueur le 29 décembre 1993. La
Convention compte, aujourd'hui, 188 Parties. La CDB vise à
promouvoir "la conservation de la diversité biologique,
l'utilisation durable de ses composantes, et le partage juste
et équitable des avantages découlant de l'utilisation des
ressources génétiques."
La Conférence des Parties (CdP) est
l'organe directeur de la Convention. Entre 1994 et 1998, elle
a tenu quatre réunions (Nassau, aux Bahamas, novembre –
décembre 1994; Jakarta, en Indonésie, novembre 1995; Buenos
Aires, Argentine, novembre 1996; et, Bratislava, Slovaquie,
Mai 1998). Des décisions ont été adoptées sur: l'établissement
d'un mécanisme d'échange (CHM); la désignation du Fonds pour
l'environnement mondial (FEM), comme mécanisme de financement
intérimaire; la désignation de Montréal, Canada, comme lieu de
résidence permanent du Secrétariat; et la coopération avec
d'autres conventions ayant trait à la biodiversité. La CdP a
également établi des groupes de travail
spéciaux, de composition non limitée, sur la prévention des
risques biotechnologiques et sur l'Article 8(j) de la CDB (savoirs
traditionnels), ainsi qu'un groupe d'experts sur l'accès et le
partage des avantages (APA). Des programmes de travail
thématiques ont été adoptés sur: les écosystèmes aquatiques
intérieurs; la biodiversité marine et côtière; la biodiversité
agricole; et la biodiversité forestière.
Conformément à l'Article 25 de la CDB,
l'OSASTT fournit à la CdP, des avis concernant la mise en
œuvre de la Convention. Depuis son établissement en 1994, et
jusqu'à 1999, l'OSASTT a tenu quatre réunions (Paris, France,
septembre 1995; et, Montréal, Canada, septembre 1996,
septembre 1997 et juin 1999).
CDP-EX: La première CdP extraordinaire
(Cartagena, Colombie, février 1999) a été convoquée pour
l'adoption du Protocole de Cartagena pour la prévention des
risques biotechnologiques, après la sixième et dernière
réunion du Groupe de travail à composition non-limitée sur la
prévention des risques biotechnologiques. Les délégués n'y
sont pas parvenus à s'accorder sur un compromis global
permettant de finaliser le Protocole, et la réunion a dû être
suspendue. Au terme de trois ensembles de consultations
informelles menées en vue de résoudre les questions en suspens,
la CDP-EX a repris ses travaux en janvier 2000, à Montréal, au
Canada, où les délégués devaient enfin adopter le Protocole.
Le Protocole de Cartagena pour la prévention des risques
biotechnologiques porte sur le transfert, la manipulation et
l'utilisation, dans des conditions sûres, des organismes
vivants modifiés, susceptibles d'avoir des effets défavorables
sur la biodiversité, avec une focalisation particulière sur le
transit transfrontalier. Le Protocole est entré en vigueur le
11 septembre 2003. A ce jour 68 pays ont ratifié le Protocole.
OSASTT-5: La cinquième réunion de
l'OSASTT (Montréal, Canada, janvier-février 2000) a adopté des
recommandations sur: la biodiversité des étendues aquatiques
intérieures ; la biodiversité forestière; la biodiversité
agricole; la biodiversité marine et côtière, y compris le
blanchiment des coraux; le programme de travail consacré aux
zones arides et sub-humides; les espèces exotiques
envahissantes; l'approche basée sur l'écosystème; les
indicateurs; la phase pilote du MEI; les deuxièmes rapports
nationaux; et les groupes spéciaux d'experts techniques.
CDP-5: A sa cinquième réunion (Nairobi,
Kenya, mai 2000), la CdP a adopté des décisions portant sur:
le programme de travail consacré aux zones arides et sub-humides;
l'approche basée sur l'écosystème; l'accès aux ressources
génétiques, y compris l'établissement d'un Groupe de travail
spécial, à composition non-limitée, sur l'APA; les espèces
exotiques envahissantes; l'utilisation durable; la
biodiversité et le tourisme; les mesures incitatives; la
Stratégie mondiale pour la conservation des plantes (SMCP);
les opérations de la Convention; l'Initiative Taxonomie
internationale sur la (IIT); le MEI; les ressources
financières et le mécanisme de financement; l'identification,
le suivi et l'évaluation, et les indicateurs; l'Article 8(j);
la sensibilisation et l'amélioration de la prise de conscience
du public; et les évaluations d'impact, la responsabilité et
la réparation. La CdP-5 a également englobé une réunion de
haut niveau sur le Protocole de Cartagena, assortie d'une
table-ronde ministérielle et une cérémonie spéciale de
signature.
OSASTT-6: A sa sixième réunion
(Montréal, Canada, mars 2001), l'OSASTT s'est focalisé sur les
espèces exotiques envahissantes, y compris l'élaboration des
principes directeurs préliminaires, et l'adoption de
recommandations additionnelles sur: les groupes spéciaux
d'experts techniques (GSET); la biodiversité marine et côtière;
les écosystèmes aquatiques intérieurs; les évaluations
scientifiques; l'IIT; la biodiversité et le changement
climatique; et les espèces migratrices.
OSASTT-7: La septième réunion de
l'OSASTT (Montréal, Canada, novembre 2001) a réexaminé et
étendu le programme de travail sur la biodiversité forestière,
et a produit des recommandations sur: la biodiversité agricole,
y compris l'initiative concernant les 'agents de Pollinisation';
la SMCP; les mesures incitatives; les indicateurs; le tourisme
durable; et les évaluations d'impact environnemental (EIE).
CdP-6: La sixième réunion de la CdP (La
Haye, Pays-Bas, avril 2002) a adopté: le programme de travail
révisé axé sur la biodiversité forestière; les principes
directeurs devant encadrer le traitement de la question des
espèces exotiques envahissantes; les Directives de Bonn
concernant l'APA; et le Plan stratégique de la CDB. Des
décisions ont également été adoptées sur la SMCP; l'IIT;
l'approche basée sur l'écosystème; l'utilisation durable; les
mesures incitatives; la responsabilité et la réparation; le
MEI; les ressources financières et le mécanisme de financement;
la coopération avec d'autres conventions et initiatives
internationales; la contribution devant être apportée à
l'évaluation décennale du Plan d'action 21; l'Article 8(j);
et, le Traité international sur les ressources phytogénétiques
destinées à l'alimentation et l'agriculture (RPGAA). La CdP-6
a englobé une réunion de haut niveau, consacrée à la
discussion des contributions devant être apportées au Sommet
mondial pour le développement durable (SMDD), qui était
assortie d'une table-ronde ministérielle et de séances de
dialogue avec les diverses parties prenantes.
OSASTT-8: Le Thème majeur des débats de
la huitième réunion de l'OSASTT (Montréal, Canada, mars 2003)
était la biodiversité des montagnes. La réunion a adopté la
structure du programme de travail proposé pour la biodiversité
des montagnes, et diverses recommandations portant sur: les
eaux intérieures; la biodiversité marine et côtière; les zones
arides et sub-humides; la biodiversité et le tourisme; et les
opérations de l'OSASTT.
COMPTE RENDU DE L'OSASTT-9
Lundi matin 10 novembre 2003, le Président
de l'OSASTT Alfred Oteng-Yeboah (Ghana) a ouvert la réunion,
soulignant que les aires protégées sont des outils importants
pour la réalisation des objectifs de la CDB. Il a noté la
nécessité d'élaborer des objectifs et des calendriers
permettant d'évaluer les progrès réalisés dans la mise en
œuvre de la CDB, et de déterminer de manière claire, les
actions permettant de réaliser l'objectif fixé pour l'horizon
2010 et consistant à réduire, de manière importante, les
pertes de biodiversité et à atteindre les objectifs établis
dans le Plan stratégique de la CDB.
Nehemiah Rotich, au nom du Directeur
exécutif du PNUE, Klaus Töpfer, a mis en exergue l'importance
de la gestion des données, de l'établissement d'objectifs
politiques, et de la collaboration inter-agences, et a donné
un aperçu sur le travail accompli par le PNUE et d'autres
processus, sur ces questions.
Soulignant que l'entrée en vigueur du
Protocole pour la prévention des risques biotechnologiques,
aura lieu le 11 septembre 2003, Hamdallah Zedan, Secrétaire
exécutif de la CDB, a encouragé toutes les Parties de la CDB,
à ratifier le Protocole. Il a mis en relief la nécessité d'un
renforcement des capacités pour s'assurer de sa mise en œuvre
efficace, et a exhorté les Parties et les non-Parties à verser,
à titre de contribution, les données dont elles disposent,
dans le mécanisme d'échange pour la prévention des risques
biotechnologiques. Zedan a annoncé que la Thaïlande
participera à la CdP-7, en qualité de Partie à la CDB.
Nadia El-Hage Scialabba, de la FAO, a noté
que le Traité international sur les ressources phytogénétiques
destinées à l'alimentation et à l'agriculture, entrera en
vigueur, probablement, au cours du premier semestre 2004, et a
proposé l'établissement d'une initiative agricole écologique
internationale, dans les aires protégées et les zones tampons.
Rocio Lichte, de la Convention-cadre sur le
changement climatique (UNFCCC), a traité du rapport du Groupe
spécial d'experts techniques (GSET) sur la biodiversité et le
changement climatique (UNEP/CBD/SBSTTA/9/INF/12) et a présenté
les conclusions de l'atelier consacré aux synergies entre
l'UNFCCC, la CDB et la Convention sur la lutte contre la
désertification (FCCC/SB/2003/1).
Susan Braatz, du FNUF, a accueilli
favorablement la requête que la CDB a adressée au FNUF pour le
partage des données concernant la gestion forestière durable (GFD),
et son implication dans le Partenariat pour la collaboration
dans le domaine forestier, en qualité de point focal pour le
savoir traditionnel et la biodiversité forestière.
Sam Johnston, de l'Université des Nations
Unies (UNU), a donné un aperçu sur le travail accompli par
l'Institute of Advanced Studies de l'UNU, dans le domaine des
aires protégées et du transfert des technologies, soulignant
l'importance des avantages non-monétaires tirés de
l'utilisation des ressources génétiques et des défis à relever
dans l'élaboration des mécanismes de partage de ces avantages
et de transfert des techniques "douces".
Nick Davidson, de la Convention de Ramsar
sur les Zones humides, a mis en relief les activités
conjointes entre la Convention de Ramsar et la CDB, mettant
l'accent sur les progrès réalisés dans l'élaboration du plan
de travail intégré pour la biodiversité des zones montagneuses
et des indicateurs permettant de mesurer les progrès accomplis
vers l'objectif 2010.
Le délégué des Philippines, au nom de la
Région ASIE-PACIFIQUE, a requis du Secrétariat, l'organisation
de réunions préparatoires régionales pour la CdP-7. L'Algérie,
au nom du Groupe africain, a appelé au renforcement des
synergies entre les accords environnementaux multilatéraux. La
représentante de la Fondation Tebtebba, au nom des peuples
autochtones et des organisations non gouvernementales, a
souligné l'importance de garantir les droits fonciers des
peuples autochtones dans les aires protégées. Elle a déclaré
que les objectifs et les systèmes de suivi devraient englober
des indicateurs du respect des droits de l'homme et de
l'équité sociale.
LES QUESTIONS D'ORGANISATION: Outre le
Président Oteng-Yeboah, les délégués ont décidé que les
membres ci-après du Bureau resteront à leur poste: Boumediene
Mahi (Algérie), Asghar Mohammadi Fazel (République islamique
d'Iran), Theresa Mundita Lim (Philippines), Peter Straka (Slovaquie),
Yaroslav Movchan (Ukraine), Joseph Ronald Toussaint (Haïti),
Mitzi Gurgel Valente da Costa (Brésil) et Robert Lamb
(Suisse). L'élection des représentants régionaux a été
reportée, en attendant la suite des consultations au sein des
groupes régionaux. La Plénière a élu Theresa Mundita Lim,
Rapporteur de la réunion.
Les délégués ont ensuite adopté l'ordre du
jour et l'organisation des travaux (UNEP/CBD/SBSTTA/9/1 et
9/1/Add.1) sans amendement, et ont élu Robert Andren,
Président du Groupe de travail I (GT-I) et Asghar Mohammadi
Fazel, Président du Groupe de travail II (GT-II).
Les Groupes de travail se sont réunis du
lundi après-midi au jeudi. Le GT-I s'est brièvement réuni le
vendredi matin. Le GT-I s'est focalisé sur le programme de
travail consacré aux AP, et a également considéré le programme
de travail sur la biodiversité des montagnes, les principes et
les lignes directrices pratiques devant régir l'utilisation
durable, les directives devant encadrer la mise en application
de l'approche basée sur l'écosystème, et le cadre juridique
international ayant trait aux EEE. Le GT-I a établi un groupe
de contact chargé d'affiner le projet de programme de travail
sur les AP, et des comités des Amis du Président ont été mis
en place pour l'élaboration des recommandations concernant
l'utilisation durable dans le contexte de la biodiversité
forestière et concernant les EEE.
Le GT-II s'est penché sur le programme de
travail sur le transfert des technologies et la coopération,
et a considéré les interconnexions entre biodiversité et
changements climatiques, la conception de programmes de suivi
à l'échelon national et d'indicateurs, et l'intégration
d'objectifs concrets dans les programmes de travail de la CDB.
Le GT-II a établi des comités des Amis du Président pour
l'élaboration de recommandations concernant le thème de
transfert des technologies et coopération, et le thème de
biodiversité et changements climatiques.
La Plénière s'est réunie, de nouveau,
vendredi, pour traiter la question des préparatifs de
l'OSASTT-10 et de l'OSASTT-11, pour adopter le procès-verbal
de la réunion, y compris des recommandations à l'intention de
la CdP, et pour entendre les déclarations de clôture.
Ce compte rendu résume les discussions et
les recommandations intéressant chacun des points inscrits à
l'ordre du jour, suivant l'ordre de leur évocation dans les
discussions de la Plénière et des Groupes de travail.
PLENIERE
LES RAPPORTS: Lundi matin, le
Secrétariat a présenté les rapports concernant l'état
d'avancement de la mise en œuvre des programmes de travail
thématiques (UNEP/CBD/SBSTTA/9/2 et INF/6, INF/14-15 et
INF/31), des thèmes transversaux (UNEP/CBD/SBSTTA/9/3; UNEP/CBD/
SBSTTA/9/INF/16-18, 20 et 37), des activités intersessions du
Bureau (UNEP/CBD/SBSTTA/9/4), et de la concrétisation du
"Challenge mondial de 2010, pour la biodiversité" (UNEP/CBD/SBSTTA/9/INF/9).
Le Maroc a recommandé d'accorder une
priorité aux propositions appelant à l'intégration des
questions ayant trait à la biodiversité dans les EIE. Le
Canada a fait état des contre-vérités scientifiques figurant
dans le rapport du GSET concernant les TRURG (UNEP/CBD/SBSTTA/9/INF/6),
et la Nouvelle Zélande a souligné que les nouvelles
biotechnologies sont mieux gérées à travers les études menées
au cas par cas, essais sur terrain compris. L'Argentine a
proposé d'examiner le rapport du GSET concernant les TRURG, à
l'OSASTT-10, et le Brésil s'est opposé à l'adoption du rapport
sans examen approfondi, indiquant toutefois que l'OSASTT
devrait l'étudier avant la CdP-7. Le délégué des Philippines a
déclaré que l'OSASTT et le Groupe de travail sur l'Article
8(j) devraient examiner le rapport concernant les TRURG, et a
souligné que les Parties devraient décider du point de savoir
si, oui ou non, il faut interdire l'introduction des TRURG. Le
Groupe ETC a mis en garde contre le risque de voir les
semences terminators devenir une réalité commerciale avant
2010, si l'homologation des TRURG n'est pas interdite.
Vendredi, la Plénière de clôture a adopté,
sans amendement, les recommandations intéressant les rapports
consacrés à l'état d'avancement de la mise en œuvre, les TRURG
et l'ITM.
Rapports concernant l'Etat d'Avancement de
la Mise en Œuvre – Recommandation Finale: Dans le document
final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.2), l'OSASTT se félicite des divers
rapports présentés et prend note des propositions d'élaborer
et d'affiner des lignes directrices devant encadrer
l'intégration des questions ayant trait à la biodiversité,
dans la législation ou les procédures appliquées aux EIE et
aux évaluations environnementales stratégiques (EES). Il
recommande également que la CdP encourage les Parties et
d'autres gouvernements à participer activement dans les
processus d'évaluation pertinents, et d'apporter leur
contribution à travers la conduite d'études de cas sur les
expériences vécues avec les procédures appliquées dans les EIE
et les EES, intégrant les questions ayant trait à la
biodiversité. L'OSASTT souligne la nécessité d'établir un
processus consacré à la détermination des mesures prioritaires
requises pour la réalisation, et l'évaluation des progrès
accomplis vers l'établissement de l'objectif 2010 du SMDD.
Technologies de Restriction de
l'Utilisation des Ressources Génétiques – La
Recommandation Finale: Le texte final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.3)
englobe une recommandation stipulant que la CdP demande à
l'OSASTT de considérer le rapport du GSET sur les TRURG, à sa
dixième réunion, en vue de fournir son avis à la CdP-8.
Initiative Taxonomique Mondiale – La
Recommandation Finale: Le texte final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.6)
englobe une recommandation stipulant que la CdP demande aux
Parties:
-
de prendre pleinement compte de
l'importance des capacités taxonomiques pour la
concrétisation des objectifs de la CDB et de l'objectif 2010
du SMDD;
-
de désigner les correspondants nationaux
de l'ITM;
-
d'apporter leur appui aux travaux
taxonomiques pour accomplir les activités thématiques et
transversales de la CDB; et
-
de fournir un soutien technique et
financier pour les opérations du Mécanisme de coordination
de l'ITM.
Il recommande en outre que la CdP-7 demande
au Secrétaire exécutif, en coopération avec le Mécanisme de
coordination de l'ITM: de s'assurer qu'une expertise
taxonomique appropriée est incluse dans les réunions
intersessions et les réunions d'experts, et d'entreprendre une
analyse des lacunes des programmes de travail existants, pour
ce qui est de leurs composantes taxonomiques. Le texte
recommande aussi que les Parties fournissent, au mécanisme de
financement, des directives claires et précises concernant le
financement adéquat à mettre à la disposition des pays en
développement pour la mise en œuvre de l'ITM.
GROUPE DE TRAVAIL I
LES AIRES PROTEGEES: Le GT-I a procédé
à l'examen des AP, le mardi, le jeudi et le vendredi. Un
groupe de contact s'est réuni jeudi soir pour poursuivre le
travail de finalisation de la recommandation.
Mardi, les délégués ont examiné les
documents concernant: le programme de travail proposé pour les
AP (UNEP/CBD/SBSTTA/ 9/6 et INF/3 et 21-22); les conclusions
du cinquième Congrès Mondial de l'UICN sur les Parcs (UNEP/CBD/SBSTTA/9/6/
Add.2); et le rapport du GSET sur les AP (UNEP/CBD/SBSTTA/9/6/Add.1).
Au sujet du programme de travail, plusieurs
pays en développement Parties ont souligné l'importance de
reconnaître la souveraineté des pays sur les AP nationaux et
transfrontières. L'Inde, le Portugal et les Etats-Unis ont
appelé à l'évitement de la duplication des travaux, et
l'Australie, le Canada et la Nouvelle Zélande ont fait part de
leurs réserves concernant l'imposition d'exigences
additionnelles dans le domaine de l'établissement des
rapports.
Plusieurs délégués ont souligné le besoin
d'une plus grande focalisation sur les écosystèmes marins et
d'eau douce, certains appelant à l'établissement d'AP en haute
mer, conformément aux termes de la Convention des Nations
Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM). La Turquie a fait part
de ses réserves concernant l'insertion d'une référence
exclusive à la CNUDM.
Nombre de Parties ont souligné l'importance
de la coopération régionale et internationale. Le Panama a
déclaré que l'OSASTT doit décider du point de savoir s'il faut
établir un GSET ou un groupe de travail, de composition non
limitée, sur les AP, le Danemark a exprimé son appui en faveur
de la mise en place d'un GSET sur les AP, et de la création de
réseaux écologiques.
Appelant à de prompts financements,
plusieurs pays ont affirmé que les échéanciers inclus dans le
programme de travail sont trop ambitieux et qu'ils ne pourront
pas être honorés par les pays en développement. De nombreuses
Parties ont présenté leurs commentaires sur la longueur et la
complexité du programme, et ont affirmé qu'il n'est pas
focalisé, comme il se doit, sur les réseaux écologiques.
Plusieurs pays en développement ont
souligné la nécessité de promouvoir une approche participative
dans l'établissement, la gestion et le suivi des AP. La
Jordanie et le Libéria ont proposé la prise en considération
des aspects socioéconomiques des AP. Nombre de Parties ont
suggéré la mise en relief des aspects régionaux des AP, et la
Communauté européenne (CE) a déclaré que le principal objectif
de la CDB devrait être de mettre en place un système mondial
d'AP et de réseaux écologiques nationaux et régionaux, qui
soit, à la fois exhaustif, représentatif et géré de manière
efficace, sur terre, d'ici 2010, et en mer, d'ici 2012.
Le Conseil pour la Défense des Ressources
Naturelles a encouragé la CdP-7 à adopter une décision
appuyant un moratoire sur la pêche à la traîne en haute mer,
en attendant l'entrée en vigueur du système juridique
contraignant. La Fondation Tebtebba, au nom des peuples
autochtones, appuyée par les Amis de la Terre et l'UICN, a
recommandé de reconnaître les droits des peuples autochtones
de manière plus explicite. Une coalition d'ONG a souligné que
les objectifs et calendriers du programme de travail sont
réalisables si leur financement est assuré, et a attiré
l'attention sur l'engagement conjoint des ONG pris par six ONG
internationales, pour le soutien de la mise en application du
programme de travail consacré aux AP, à travers des soutiens
financiers et autres.
Jeudi, le Secrétariat a présenté le Papier
de Salle de Conférence (PSC) concernant le projet de programme
de travail (UNEP/CBD/ SBSTTA/WG.I/CRP.2). Plusieurs pays en
développement ont souligné le besoin de débattre du cadre
conceptuel avant d'examiner le programme de travail proprement
dit. Les délégués ont décidé de considérer les intitulés les
éléments de programme et les buts, reconnaissant les réserves
de nombre de pays en développement concernant les références
appelant à un système mondial d'AP et à des réseaux
écologiques.
S'agissant du premier élément de programme,
les délégués ont décidé que le but premier devrait consister à
établir et à renforcer des systèmes d'AP nationaux et
régionaux intégrés dans un réseau mondial, en guise de
contribution aux objectifs approuvés à l'échelle
internationale. Les délégués ont décidé que le but de la
coopération internationale dans le domaine des AP, devrait
traiter des AP transfrontières, des réseaux régionaux d'AP et
la collaboration entre les AP voisins. Dans le deuxième
élément de programme, le Canada a requis l'insertion d'une
référence particulière aux communautés autochtones et locales,
dans le libellé consacré au but de la participation des
parties prenantes. Les délégués ont décidé de n'ajouter aucun
autre objectif intermédiaire au but fixé dans le domaine de la
communication et de la conscientisation du public.
Un groupe de contact, présidé par Jan
Plesnik (République tchèque) et chargé d'examiner les
objectifs et les activités du projet de programme de travail
et la recommandation qui s'y rapporte, s'est réuni jeudi soir.
Travaillant jusqu'à 04:00 du matin, vendredi, les délégués
n'ont examiné que les objectifs particuliers et la
recommandation. Les références aux réseaux écologiques et aux
droits des communautés autochtones et locales se sont avérées
sujettes à controverse. Certains délégués ont souhaité définir
ces concepts, mais d'autres ont préféré que leur définition
soit déterminée par la législation et la pratique à l'échelon
national. Les délégués ont décidé de laisser les références
entre crochets.
Vendredi matin, Plesnik a présenté le PSC
révisé (UNEP/CBD/SBSTTA/9/WG.I/CRP.2/Rev.1). Au sujet de
l'établissement d'AP dans des zones situées au-delà des
limites juridictionnelles nationales, il a indiqué que trois
Parties sont parvenues à un accord, suite à la réunion du
groupe de contact sur les options offertes en matière de
coopération, permettant de s'assurer de l'établissement d'AP
marines dans des zones situées au-delà des lignes
juridictionnelles nationales, de manière cohérente avec le
droit international et en se basant sur des données
scientifiques. Suite à leur divergence de vue sur la référence
à la CNUDM, les délégués ont décidé de rejeter cette
suggestion et de retenir le libellé crocheté d'origine. Les
délégués ont adopté le projet de programme de travail,
partiellement crocheté, moyennant quelques amendements mineurs.
Au cours de la séance plénière du vendredi
après-midi, en réponse à une requête de la Jamaïque et de
l'Espagne, les délégués ont décidé d'insérer une demande au
Secrétaire exécutif, d'intégrer les commentaires que les
Parties ont soumis à l'OSASTT-9, selon ce qu'il convient et
entre crochets, dans les éléments de programme de travail, et
de les transmettre à la CdP-7. Un représentant autochtone a
déploré que les références concernant leur rôle dans les AP
soient noyées dans le texte du rapport. La Plénière a adopté
le texte final sur les AP, tel qu'amendé.
La Recommandation Finale: Dans le
document final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.16), l'OSASTT accueille
favorablement l'engagement conjoint des ONG en faveur de la
mise en œuvre du programme de travail sur les AP, et
recommande que la CdP:
-
confirme que les efforts visant à établir
et à entretenir des systèmes d'AP sont essentiels pour la
réalisation de l'objectif 2010;
-
invite les Parties à élaborer des
objectifs nationaux et régionaux et à les intégrer dans les
initiatives pertinentes;
-
souligne la nécessité de la création des
capacités nécessaires à la mise en œuvre; et
-
considère les options offertes pour
l'élaboration du concept des réseaux écologiques.
Les recommandations suivantes sont restées
entre crochets:
-
considère les options offertes quant à la
manière de stipuler les engagements des Parties en faveur
des objectifs et des calendriers;
-
reconnaisse que les Parties devraient
mettre en œuvre le programme de travail, dans le contexte de
leurs priorités et de leurs besoins nationaux;
-
souligne que les objectifs devraient être
perçus comme étant un cadre souple, à l'intérieur duquel les
objectifs nationaux et/ ou régionaux peuvent être élaborés;
-
souligne l'importance de la conservation
de la biodiversité, non seulement à l'intérieur, mais
également à l'extérieur des AP, et appelle à des efforts
visant à intégrer les aspects conservation et restauration
de la biodiversité, dans les politiques et les programmes
sectoriels.
Le chapitre consacré à l'état actuel et à
l'évolution des AP et aux menaces qui leur sont posées,
englobe des recommandations stipulant que la CdP: est d'avis
que la liste indicative des catégories, figurant dans l'Annexe
I de la Convention, devrait guider la sélection des AP;
reconnaît qu'en dépit du fait que le nombre global des AP ait
augmenté, les systèmes existants ne sont pas représentatifs
des écosystèmes de la planète; et reconnaît que l'absence de
données et de prise de conscience concernant les menaces
pesant sur la biodiversité, concernant le rôle et la valeur de
la biodiversité, et concernant le soutien financier
insuffisant, la mauvaise gouvernance, la gestion inefficace et
la participation insuffisante, pose autant de barrières qui
entravent la réalisation des objectifs de la CDB dans le
domaine des AP.
L'OSASTT recommande en outre que la CdP
adopte l'objectif consistant à établir et à maintenir, d'ici
2010, des systèmes d'AP nationaux et régionaux exhaustifs,
efficacement gérés et écologiquement représentatifs, et
intégrés dans un réseau mondial d'AP, et des aires où des
mesures particulières ont besoin d'être prises pour la
conservation de la biodiversité.
S'agissant du programme de travail,
l'OSASTT recommande que la CdP adopte les éléments, les buts
et les objectifs du programme de travail annexé relatif aux
AP, et:
-
affirme que les décisions ayant trait aux
AP marines et côtières soient considérées comme faisant
partie intégrante des travaux de la Convention sur les AP;
-
reconnaisse que des ressources
financières nouvelles et supplémentaires sont requises pour
la mise en œuvre du programme de travail et la
concrétisation de l'objectif 2010;
-
encourage les Parties à élaborer des
objectifs tournés vers des résultats concrets, dans le cadre
de leurs systèmes d'AP nationaux;
-
demande à l'OSASTT d'élaborer un avis
concernant les mesures permettant la mise en place de
systèmes d'AP représentatifs, intégrés dans un réseau
mondial;
-
suggère l'exploration de diverses tâches
pour l'établissement d'AP, y compris l'exploration des
options offertes en matière de coopération, par rapport aux
zones situées au-delà des lignes juridictionnelles
nationales, et l'élaboration d'un "kit-outil" assorti de
critères, de lignes directrices et de définitions;
-
reconnaît la valeur d'un système
international unique de classification des AP; et
-
invite les acteurs pertinents à
poursuivre l'élaboration de la base de données mondiale
consacrée aux AP.
Dans le paragraphe portant sur la
reconnaissance des obligations des Parties à l'égard des
communautés autochtones et locales, conformément à l'Article
8(j), des crochets sont restés autour des références à la
législation nationale et au "respect de la période
d'occupation foncière, du consentement préalable, en
connaissance de cause et, le cas échéant, des droits
territoriaux des communautés autochtones."
Des crochets sont également restés autour:
de la question de savoir s'il fallait établir un groupe
spécial d'experts techniques ou un groupe de travail spécial,
de composition non limitée, sur les AP, pour le soutien et
pour l'évaluation de la mise en œuvre du programme de travail;
de la question de savoir si l'évaluation devait s'effectuer à
la CdP-8, à la CdP-10 ou à chaque CdP d'ici 2010; de la
détermination du besoin d'un soutien financier et technique
supplémentaire; et de la question de savoir si les Parties
devaient établir un rapport sur la mise en œuvre du programme
de travail, avant la CdP-8, la CdP-10 ou à chaque CdP d'ici
2010.
La recommandation porte également sur les
activités d'appui suggérées pour le Secrétaire exécutif,
englobant notamment: la mise à jour des données concernant
l'état actuel et les tendances des AP et les menaces qui leur
sont posées; le renforcement de la collaboration avec les
organisations pertinentes; la compilation des données
concernant la mise en œuvre du programme de travail et
concernant les liens existant entre les AP et le développement
durable, l'éradication de la pauvreté et les ODM; et
l'établissement d'un fichier d'experts des AP, pour aider les
Parties dans la mise en œuvre du programme de travail.
La recommandation englobe une annexe
contenant les éléments de programme de travail proposés.
L'introduction, l'objectif général et la portée du programme
de travail sont placés intégralement entre crochets. Partout,
dans le texte du programme de travail, les références
consacrées aux définitions, aux activités suggérées et aux
principaux partenaires, sont crochetées. Le programme de
travail consiste en quatre éléments de programme, portant sur:
-
les actions directes de planification,
sélection, établissement, renforcement et gestion des
systèmes et des sites d'AP, incluant des objectifs visant: à
établir et à renforcer des systèmes d'AP nationaux et
régionaux, intégrés dans un réseau mondial, en guise de
contribution aux objectifs mondialement approuvés; à
intégrer les AP dans l'aménagement territorial terrestre et
marin et dans les secteurs, plus larges, pour le maintien
des structures et fonctions écologiques; à établir et à
renforcer des réseaux régionaux, des AP transfrontaliers et
une collaboration entre les AP voisins, à travers les
frontières nationales; à améliorer de manière substantielle
la planification et la gestion des AP; et à prévenir et à
atténuer les effets négatifs des principales menaces pesant
sur les AP;
-
la gouvernance, la participation,
l'équité et le partage des avantages, assortis d'objectifs
consistant: à promouvoir l'équité et le partage des
avantages; et à améliorer et à garantir l'implication des
parties prenantes, y compris celle des communautés
autochtones et locales;
-
les activités d'habilitation, assorties
d'objectifs consistant: à mettre en place une politique
d'habilitation et un environnement institutionnel et socio-économique
favorable; à créer des capacités; à mettre au point, à
appliquer et à transférer des technologies appropriées; à
s'assurer de la durabilité financière des AP et des systèmes
d'AP; et à renforcer la communication, la sensibilisation et
la conscientisation du public; et
-
les normes, l'évaluation et le suivi,
assortis d'objectifs visant: à élaborer les normes minimums
et les meilleures pratiques pour les systèmes d'AP;
l'évaluation de l'efficacité de la gestion des AP; et la
détermination et le suivi de l'état actuel et de l'évolution
des AP.
LA BIODIVERSITE DES MONTAGNES: Les
délégués ont procédé à l'examen du programme de travail
proposé pour la biodiversité des montagnes, le lundi et le
jeudi.
Lundi après-midi, le Secrétariat a
introduit le programme de travail proposé pour la biodiversité
des zones montagneuses (UNEP/CBD/SBSTTA/9/12). L'Italie a
présenté un rapport concernant les travaux du GSET à la
réunion sur la biodiversité des zones montagneuses (UNEP/CBD/SBSTTA/9/INF/11).
Les délégués ont noté le besoin de traiter, de manière plus
explicite, les mesures pour l'allégement de la pauvreté dans
les zones montagneuses, et le rôle des savoirs et des
pratiques traditionnelles des communautés autochtones et
locales. L'Allemagne et d'autres ont appelé à l'établissement
des priorités nationales, à la fixation d'objectifs concrets
et à leur rattachement à des critères et indicateurs, et à des
calendriers précis. La COLOMBIE et l'UKRAINE ont déclaré que
les calendriers et les moyens d'exécution doivent être
intégrés dans le programme de travail.
Nombre de délégués ont recommandé une
meilleure intégration avec d'autres programmes de travail, et
la Suisse a suggéré que le Partenariat International pour le
Développement Durable dans les Zones Montagneuses, agisse en
tant que plate-forme de coordination pour la mise en œuvre du
programme de travail. Les délégués ont recommandé de traiter
les questions de la gestion des lignes de partage des eaux et
de la planification de l'utilisations des sols, et ont appelé
à l'accroissement de la coopération, à travers le CHM, y
compris avec les conventions régionales consacrées aux
montagnes. Plusieurs délégués ont proposé d'ajouter à l'ordre
du jour, un point portant sur la perte des pratiques agricoles
traditionnelles qui ont des effets positifs sur la
biodiversité des montagnes. Le Malawi a proposé le partage des
avantages et le Liban a suggéré la compensation, comme mesures
d'encouragement en faveur des gens de la montagne, pour qu'ils
restent dans les zones montagneuses. Le Pérou a demandé
l'élimination de la référence aux Directives de Bonn
concernant l'APA, dans leur rapport à la promotion de l'accès
des peuples autochtones aux ressources génétiques. Le Japon a
insisté sur le maintien de la référence à "l'exploitation
forestière illégale" dans le programme de travail. Le Brésil a
proposé d'insérer une référence aux "cueillettes non
durables." La CE a suggéré d'utiliser les formulations
retenues dans le texte du programme de travail sur les forêts,
concernant l'application des lois et le commerce
international.
Jeudi matin, le Secrétariat a présenté le
PSC consacré à la biodiversité des montagnes (UNEP/CBD/SBSTTA/9/WG.I/CRP.1).
Au sujet des caractéristiques et des problèmes sur lesquels le
programme de travail doit se focaliser, le Pérou, contré par
la Malaisie, a requis l'insertion d'une référence à la
fragilité des écosystèmes montagneux, aux changements
climatiques qui affecte, en particulier, les glaciers et les
déserts. Au sujet des voies et moyens de réduire les effets
des pratiques inappropriées en matière d'occupation des sols,
les délégués ont décidé de faire référence à la nécessité de
mécanismes de planification ou de gestion, tels que la
planification écologique, économique et éco-régionale et la
détermination des zones bio-régionales et des zones
dangereuses. Au sujet de la déforestation, au terme d'un débat
sur le point de savoir s'il fallait faire référence à "l'exploitation
illégale," ou aux "récoltes non-autorisées," les délégués ont
décidé de faire référence à "la fragmentation des terres et
aux récoltes non durables."
Vendredi, la Plénière a adopté le document
concernant la biodiversité des montagnes, moyennant quelques
amendements mineurs. Au sujet du renforcement des capacités
des communautés indigènes et locales, un certain nombre de
pays européens ont fait objection à la proposition du Brésil
et du Libéria de supprimer la référence aux Directives de Bonn
concernant l'APA. Les délégués ont maintenu la référence après
y avoir ajouté une précision sur leur caractère volontaire. Le
Pérou a déclaré que les peuples indigènes ont le droit
d'accéder aux ressources génétiques et ont besoin d'un
renforcement des capacités ayant trait à leur utilisation.
L'Argentine s'est opposée à la reconnaissance des droits
d'accès, et a proposé de se focaliser sur le partage des
avantages uniquement. Les Parties ont approuvé. Au sujet de
l'évaluation et du suivi, les délégués ont décidé de faire
référence aux services écologiques fournis par tous les
systèmes de gestion des terres. Au sujet de l'amélioration de
la gestion des données, les délégués ont décidé de promouvoir
un accès à l'information aussi ouvert que les Parties jugeront
approprié.
La Recommandation Finale: Le
document final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.9) comprend une
recommandation et le programme de travail annexé consacré à la
biodiversité des montagnes. Il recommande que la CdP adopte le
programme de travail proposé, mettant en exergue les droits
souverains et les responsabilités des pays sur leurs montagnes.
Il invite les Parties à déterminer les actions prioritaires
pour les montagnes et à adopter des objectifs concrets pour la
diversité biologique des montagnes. Il encourage les Parties,
les gouvernements et les organisations pertinentes, à
s'assurer de la cohérence avec d'autres programmes de travail
thématiques ou transversaux et de soumettre des rapports
d'exécution. En outre, la recommandation invite la CdP à
reconnaître le besoin de ressources et de capacités humaines,
technologiques et financières pour une en œuvre effective du
programme de travail proposé, et que tous les acteurs,
prennent en ligne de compte les savoirs, innovations et
pratiques des communautés autochtones et locales et s'assurent
de leur participation dans la conservation et l'utilisation
durable.
La recommandation demande, par ailleurs, au
Secrétaire exécutif: d'élaborer un petit nombre de buts
ultimes et d'objectifs intermédiaires tournés vers la
concrétisation de l'objectif 2010, et les moyens d'exécution
et des indicateurs; de compiler les données reçues de la part
des Parties, d'autres gouvernements et des organisations
pertinentes; d'aider les Parties dans la mise en œuvre du
programme de travail; de procéder régulièrement à la collecte
des données concernant les caractéristiques et les problèmes
particuliers de la biodiversité des montagnes; de renforcer la
collaboration avec diverses organisations, institutions et
conventions; et de compiler et de disséminer les données
rattachant la biodiversité des montagnes au développement
durable et à l'allégement de la pauvreté.
Le programme de travail sur la biodiversité
des montagnes comporte des buts et des actions relevant de
trois éléments de programme.
L'élément de programme 1 consacré aux
actions directes, est focalisé sur:
-
la prévention et l'atténuation des effets
négatifs des principales menaces posées à la biodiversité
des montagnes;
-
la protection, le rétablissement et la
restauration de biodiversité des montagnes;
-
la promotion de l'utilisation durable des
ressources biologiques des montagnes;
-
la promotion de l'accès aux, et du
partage des avantages découlant de l'utilisation des,
ressources génétiques liées à la biodiversité des montagnes,
de manière conforme à la législation nationale en vigueur;
et
-
le maintien de la diversité génétique
dans les écosystèmes à travers la préservation et
l'entretien des connaissances sur les pratiques
traditionnelles.
L'élément de programme 2 consacré aux
moyens d'exécution, est focalisé sur:
-
l'amélioration du cadre juridique,
politique, institutionnel et économique;
-
le respect, la préservation et
l'entretien des savoirs, pratiques et innovations des
communautés autochtones et locales des régions montagneuses;
et
-
l'établissement d'une collaboration et
d'accords de coopération régionaux et transfrontaliers.
L'élément de programme 3 consacré aux
mesures d'appui, est focalisé sur:
-
l'élaboration des travaux
d'identification, de suivi et d'évaluation;
-
l'amélioration des savoirs et des
méthodes ayant trait à l'évaluation et le suivi de l'état
actuel et de l'évolution de la biodiversité des montagnes;
-
l'amélioration de l'infrastructure de la
gestion des données et des informations nécessaires à
l'évaluation et au suivi de la biodiversité des montagnes,
et la mise en place des bases de données associées;
-
l'amélioration de la recherche, de la
coopération technique et scientifique, et des diverses
formes de création des capacités; et
-
l'accroissement de la sensibilisation, de
la participation et de la conscientisation du public.
L'UTILISATION DURABLE: Le GT-I s'est
penché sur le thème de l'utilisation durable, le mercredi et
le jeudi.
Principes Pratiques et Directives
Opérationnelles pour l'Utilisation Durable: Mercredi, les
délégués ont procédé à l'examen des recommandations concernant
les principes pratiques et les directives opérationnelles pour
l'utilisation durable, y compris les projets de principes et
de directives d'Addis Abéba (UNEP/CBD/SBSTTA/9/9 et INF/8).
L'Argentine et le Brésil ont appelé au traitement de la
problématique des modes durables de production et de
consommation. La Norvège et l'Allemagne ont proposé
l'établissement de cadres temporels. La Nouvelle Zélande et
l'Australie ont requis l'insertion d'une référence plutôt à "l'approche
de précaution" qu'au "principe de précaution." La CE a accepté,
sous condition, qu'une référence au Principe 15 de Rio (Approche
de précaution), puisse être insérée.
Jeudi, les délégués ont procédé à l'examen
du PSC consacré aux principes pratiques, les orientations
opérationnelles et les instruments associés devant encadrer
l'utilisation durable (UNEP/CBD/SBSTTA/9/WG.I/CRP.4), les
délégués ont décidé de stipuler que, dans le cas des espèces
menacées, les stratégies d'utilisation durable ou non-consommatrices,
selon ce qu'il convient, doivent être favorisées. Le PSC a été
adopté tel qu'amendé.
Vendredi, la Plénière de clôture a adopté
la recommandation sans amendement.
La Recommandation Finale: Le document
final consacré au projet de texte des Principes et Directives
d'Addis Abéba pour l'Utilisation Durable de la Biodiversité (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.12)
recommande que la CdP adopte les directives et les principes.
Il demande au Secrétaire exécutif de procéder à la collecte
des données et des expériences ayant trait aux efforts réussis
fournis pour la mise en œuvre de l'Article 10 de la CDB (utilisation
durable), et invite les Parties et les gouvernements à
entreprendre de nouvelles recherches, y compris à travers,
entre autres, la compilation et l'analyse d'études de cas
portant sur l'utilisation durable. Les quatorze principes et
directives annexés traitent:
-
des politiques, des législations et des
institutions favorables, à tous les niveaux de gouvernance,
et des liens effectifs entre eux;
-
de la nécessité d'un cadre administratif
pour la promotion et le soutien des usagers locaux de la
biodiversité, de manière à ce qu'ils se sentent responsables
et redevables de comptes de l'utilisation des ressources
concernées;
-
de la suppression des politiques, des
législations et des régulations qui faussent les marchés,
qui contribuent à la dégradation des habitats et qui
engendrent des incitations perverses;
-
de l'adaptation de la gestion basée sur
la science, des savoirs traditionnels et locaux, de
l'information remontante recueillie du suivi, de
l'ajustement de la gestion fondée sur l'information
recueilli du suivi;
-
des objectifs et des pratiques de la
gestion de l'utilisation durable;
-
de la promotion et du soutien de la
recherche interdisciplinaire sur l'utilisation et de la
conservation biodiversité;
-
de l'adaptation de l'échelle spatiale et
temporelle de la gestion aux échelles écologique et
socioéconomique de l'utilisation;
-
des arrangements relatifs à la
coopération internationale et à la prise des décisions
multinationales, là où nécessaire;
-
des approches interdisciplinaires et
participatives applicables dans les domaines de la gestion
de l'utilisation et de la gouvernance;
-
des politiques tenant compte des valeurs
de l'utilisation de la biodiversité et des forces de marché
qui les affectent, ainsi que des valeurs intrinsèques non-économiques;
-
de l'optimisation de l'utilisation de la
biodiversité et de la minimisation des déchets et des effets
environnementaux;
-
de la réflexion des besoins et des
contributions des communautés locales qui utilisent ou qui
sont affectés par l'utilisation de la biodiversité, dans la
répartition équitable des avantages;
-
de l'intégration des coûts de gestion et
de conservation et de leur réflexion dans la répartition des
avantages découlant de l'utilisation; et
-
de la sensibilisation et de la
conscientisation des parties prenantes, quant à l'importance
de l'utilisation durable et de l'élaboration de méthodes de
communication effectives.
La Biodiversité Forestière: Mercredi,
les délégués ont examiné brièvement les propositions
concernant la prévention des pertes causées par l'exploitation
non-durable des ressources forestières ligneuses et non-ligneuses
(UNEP/CBD/SBSTTA/9/9/ Add.2), et les recommandations
concernant la gestion de la biodiversité forestière visant
l'utilisation durable des produits et services et le partage
des avantages (UNEP/CBD/SBSTTA/9/9/Add.1). L'Inde a appelé à
la promotion des intérêts, à long terme, des peuples
autochtones et à la garantie d'un partage juste et équitable
des avantages.
Jeudi, les délégués ont adopté le PSC
concernant la gestion de la biodiversité forestière visant
l'utilisation durable des produits et services et le partage
des avantages (UNEP/CBD/SBSTTA/9/WG.I/CRP.5), moyennant
quelques modifications textuelles mineures.
Vendredi, la Plénière a adopté le document
sans amendement.
La Recommandation Finale: Le
document final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.10) recommande que la
CdP-7 considère l'information contenue dans le rapport
concernant la gestion de la biodiversité forestière visant les
produits et services et le partage des avantages, et encourage
les Parties et les gouvernements à utiliser les données dans
la mise en œuvre du programme de travail étendu axé sur la
biodiversité forestière.
Les Incitations Perverses: Mercredi,
les délégués ont examiné les propositions portant sur les
voies et moyens de supprimer ou d'atténuer les mesures
incitatives perverses (UNEP/CBD/SBSTTA/9/9/Add.3 et INF/10).
Le Royaume-Uni a suggéré que le Secrétaire exécutif examine le
besoin d'élaborer davantage, d'affiner et de faire évoluer les
méthodologies appliquées dans l'évaluation de la biodiversité.
L'Argentine a encouragé une focalisation exclusive sur
l'élimination des mesures incitatives perverses, et le Mexique
a souligné l'importance de se focaliser sur les politiques
compensatoires.
Jeudi, les délégués ont adopté le PSC
concernant les propositions ayant trait aux voies et moyens de
supprimer ou d'atténuer les incitations perverses (UNEP/CBD/SBSTTA/9/WG.I/CRP.3),
moyennant quelques amendements textuels mineurs.
Vendredi, au cours de la Plénière de
clôture, l'Argentine a indiqué qu'elle n'a pas eu l'occasion
de présenter ses commentaires sur les propositions contenues
dans l'annexe, concernant l'application des voies et moyens de
supprimer ou d'atténuer les incitations perverses, et a
suggéré de transmettre le texte, entièrement crocheté, à la
CdP. En réponse, l'Australie a proposé et les délégués ont
accepté, d'insérer une référence stipulant que les incitations
et les mesures d'atténuation ne doivent pas affecter de
manière défavorable la biodiversité et les moyens de
subsistance des communautés locales et doivent être appliquées
de manière cohérente avec le droit international.
La Recommandation Finale: Le document
final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.11) demande au Secrétaire exécutif
de disséminer les propositions concernant l'application des
voies et moyens de supprimer ou d'atténuer les incitations
perverses, aux autres organisations et processus
internationaux pertinents et aux conventions ayant rapport
avec la biodiversité, et invite ces entités à coopérer avec la
CDB. Il recommande également que la CdP examine, en vue de les
avaliser, les propositions concernant l'application des voies
et moyens de supprimer ou d'atténuer les incitations perverses
annexées à la recommandation. Les propositions englobent: les
principes devant encadrer, et les voies et moyens permettant
d'identifier, les politiques et les pratiques qui engendrent
des incitations perverses; les lignes directrices devant
encadrer le choix des réformes; et les voies et moyens de
supprimer ou d'atténuer les incitions perverses.
APPROCHE BASEE SUR L'ECOSYSTEME: Le GT-I
a traité de l'approche basée sur l'écosystème, le mercredi et
le jeudi.
Mercredi, le Secrétariat a introduit les
lignes directrices devant encadrer la mise en œuvre de
l'approche basée sur l'écosystème et de ses liens avec la GFD
(UNEP/CBD/SBSTTA/9/8). Plesnik, Coprésident de la Réunion
d'experts sur l'approche basée sur l'écosystème, a présenté le
rapport de la réunion d'experts (UNEP/ CBD/SBSTTA/9/INF/4).
L'Allemagne et la Suède ont suggéré de demander au Secrétaire
exécutif de procéder à l'évaluation de l'application de
l'approche, pour considération par l'OSASTT, avant la CdP-9.
L'Allemagne, la Slovénie et l'Espagne ont suggéré d'ajouter un
paragraphe portant sur le besoin d'une intégration
intersectorielle de la GFD. Le Canada et la Finlande y ont
fait objection, cette dernière faisant remarquer que la GFD
est très large et qu'elle ne se limite pas à la production du
bois d'œuvre. La Suisse a déclaré que les principes ne doivent
être révisés que si leur application dans la pratique en
révèle le besoin. La FAO a suggéré que la CDB travaille à la
mise en place d'un système de gestion des données, au cas par
cas.
Jeudi, les délégués ont adopté le PSC
concernant l'élaboration, les lignes directrices devant
encadrer la mise en œuvre, et les liens existant entre
l'approche basée sur l'écosystème et la GFD (UNEP/CBD/SBSTTA/9/WG.I/CRP.6),
moyennant quelques amendements mineurs.
Vendredi, la Plénière a adopté le document
sans amendement.
La Recommandation Finale: Le document
final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.14) recommande que la CdP approuve
la priorité devant être accordée à la facilitation de la mise
en œuvre de l'approche basée sur l'écosystème, en tant que
cadre principal, pour un traitement des trois objectifs de la
CDB, de manière équilibrée. Il demande également au Secrétaire
exécutif de faciliter l'entreprise d'un certain nombre
d'activités, notamment: d'une analyse des outils et des
approches disponibles qui sont en cohérence avec l'approche
basée sur l'écosystème, de la CDB; et l'élaboration de
nouveaux outils et de nouvelles technologies favorisant la
mise en œuvre de l'approche basée sur l'écosystème. Le texte
final recommande également que les Parties et les
gouvernements, entre autres: continuent ou commencent
l'application de l'approche basée sur l'écosystème et
présentent au Secrétaire exécutif un feed-back sur leurs
expériences; et promeuvent une meilleure compréhension de
l'approche basée sur l'écosystème, à travers des programmes de
communication, sensibilisation et conscientisation du public.
Il recommande aussi que la CdP endosse les lignes directrices
et les principes annexés, devant encadrer la mise en œuvre de
l'approche, ainsi que les notes explicatives des directives
opérationnelles.
LES ESPECES EXOTIQUES ENVAHISSANTES: Le
GT-I a traité des EEE, le mercredi et le jeudi. Un comité des
Amis du Président a été établi le mercredi.
Mercredi, le Secrétariat a introduit les
documents portant sur les lacunes et les incohérences
constatées dans le cadre réglementaire international relatif
aux EEE (UNEP/CBD/SBSTTA/9/15 et INF/ 32).
L'Australie, avec l'Argentine, le Brèsil,
le Canada, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis ont réitéré
leur opposition à la Décision VI/23 de la CdP (Espèces Aliènes)
et ont demandé la suppression de toutes les références ou
notes en bas de page figurant dans le document, pour
enregistrer leurs réserves. La Nouvelle Zélande a requis la
suppression du chapeau introductif placé devant la
recommandation concernant la libération du commerce et,
appuyée par l'Argentine, a demandé également la suppression
des références à l'OMC et aux négociations des accords
bilatéraux et régionaux sur le libre échange.
La Norvège et la CE y ont fait objection.
Palau, au nom de la Région Asie et Pacifique, appuyé par la
Nouvelle Zélande, a souligné la vulnérabilité des Etats
insulaires face au problème des EEE. L'Afrique du Sud a requis
l'insertion de références aux introductions non-intentionnelles
ou opportunistes, aux introductions intentionnelles,
effectuées à travers le commerce des espèces à des fins non-alimentaires,
et aux projets de conservation ex situ, en guise de voies
d'accès possibles. Le Royaume-Uni a recommandé une
harmonisation entre la CDB et la Convention Internationale sur
la Protection des Plantes.
Le délégué des Philippines a proposé que le
tourisme soit identifié comme étant une activité non-liée au
commerce ayant rapport avec l'introduction des EEE. Le Canada
a souligné que les efforts de prévention devraient être
focalisés sur l'import, et qu'une évaluation des risques doit
être appliquée à toute la gamme des espèces. Le Libéria a noté
les contraintes financières posées au travail de suivi du
commerce transfrontalier, et a recommandé un renforcement des
mécanismes de régulation aux échelons national et régional.
Des représentants d'ONG ont attiré l'attention sur la
pertinence de la Convention sur la prolifération des armes
biologiques et toxiques et ont identifié un certain nombre de
lacunes, y compris des incohérences non-identifiées, entre la
CDB et d'autres instruments juridiques internationaux
pertinents, et des manquements au traitement des risques de
maladies transmissibles.
Jeudi, les délégués ont examiné le PSC
consacré aux EEE (UNEP/CBD/SBSTTA/9/WG.I/CRP.7), décidant
d'inviter les Parties pertinentes de la CDB et d'autres
gouvernements à soutenir les processus décisionnels nationaux
et régionaux et le besoin d'apporter des réponses rapides, à
travers le recours à des analyses de risques fondées sur la
science, à des listes de distribution des dépêches d'alerte, à
des outils de diagnostic et à un renforcement des capacités.
Après discussion, les délégués se sont accordés sur les
démarches à suivre, si le Groupe spécial des experts
techniques sur les EEE, venait à identifier un besoin de fixer
des normes ou autres mesures, et ont adopté le PSC avec les
modifications proposées.
Vendredi, au cours de la Plénière de
clôture, les délégués ont examiné la proposition de la CE de
supprimer la référence à l'analyse des risques "basée sur la
science". L'Argentine a fait objection à la proposition.
L'Afrique du Sud et la Norvège se sont déclarées pour le
maintien de la référence à l'analyse des risques "environnementaux",
et ont demandé que ce sujet soit examiné à la CdP-7. Les
délégués ont décidé de supprimer tous les qualificatifs et le
document a été adopté.
La Recommandation Finale: Le
document final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.13) recommande que la CdP
reconnaisse la nécessité de renforcer la coordination
institutionnelle entre les organisations internationales, et
demande au Secrétaire exécutif, de renforcer la collaboration
avec les divers partenaires pertinents, en vue de promouvoir
l'entreprise d'un examen plus exhaustif des questions ayant
trait à l'EEE, dans d'autres forums internationaux. Il
recommande, en outre, que la CdP invite:
-
l'OMC et ses organes pertinents à
considérer les EEE;
-
les Parties et les gouvernements à
prendre en considération, dans les accords commerciaux
bilatéraux et régionaux, les risques associés aux EEE, et à
améliorer, à l'échelon national, la coopération entre
l'environnement, la protection des plantes et les autorités
chargées du commerce;
-
les Parties pertinentes, à, entre autres:
améliorer la coordination sur les questions
transfrontalières; soutenir les processus décisionnels
nationaux et régionaux, à travers l'analyse des risques; et
à engager de manière active les groupes des parties
prenantes, dans l'éradication et l'atténuation des effets
des EEE.
Le document final recommande aussi que la
CdP:
-
demande au Secrétaire exécutif de
collaborer avec le Secrétariat de l'OMC et de renouveler sa
demande de statut d'observateur auprès du Comité de l'OMC
chargé des mesures sanitaires et phytosanitaires;
-
note la persistance, dans le cadre
réglementaire international, de lacunes particulières pour
ce qui est des voies intentionnelles non-intentionnelles;
-
demande à l'OSASTT d'établir, pour le
traitement des lacunes et des incohérences du régime
international obligatoire, un GSET chargé: de déterminer la
manière dont ces incohérences entravent les efforts des pays
de gérer les menaces associées aux EEE; et d'élaborer les
options offertes pour le traitement de ces lacunes et de ces
incohérences, dans le contexte des cadres internationaux
disponibles;
-
considère le besoin d'un financement
durable; et
-
demande au Secrétaire exécutif, avec le
Programme mondial de lutte contre les espèces envahissantes
et les diverses organisations pertinentes, de traiter les
priorités des mesures pratiques identifiées dans la Décision
VI/23.
GROUPE DE TRAVAIL II
TRANSFERT DES TECHNOLOGIES ET COOPERATION:
Le GT-II s'est penché sur le thème du transfert des
technologies et coopération, le mardi, le mercredi et le jeudi.
Un comité des Amis du Président s'est réuni le mercredi.
Mardi matin, le Secrétariat a présenté les
propositions avancées pour le Programme de travail axé sur le
transfert des technologies et la coopération (UNEP/CBD/SBSTTA/9/7
et 7/Add.1), et une évaluation de la mise en œuvre des
décisions pertinentes de la CdP (UNEP/CBD/SBSTTA/9/7/Add.2).
La Norvège a présenté les recommandations de la Conférence de
Trondheim sur le transfert des technologies et le renforcement
des capacités (UNEP/CBD/ SBSTTA/9/INF/1).
De nombreux délégués ont mis en exergue le
rôle du mécanisme d'échange d'information (MEI) dans la
facilitation du transfert des technologies. Les Pays-Bas et
l'Espagne ont déclaré que le programme de travail proposé est
trop ambitieux. L'Afrique du Sud a parlé des contraintes
posées aux pays en développement dans le domaine des capacités
nécessaires à la réalisation des actions et des objectifs du
Programme de travail.
La Turquie a souligné la nécessité
d'établir un équilibre entre les droits de propriété
intellectuelle (DPI) dans les domaines du développement des
technologies et du partage des avantages et, avec l'Iran et le
Pérou, a appelé à la mise en place du mécanisme de
consentement préalable, en connaissance de cause (CPCC), pour
la reconnaissance et la compensation de la contribution des
communautés autochtones et locales, dans la mise au point des
technologies. Le Kenya et la Malaisie ont appelé à des
directives concernant le transfert et l'adaptation des
technologies brevetées, et concernant les voies et moyens
permettant de contourner les politiques restrictives des
multinationales. Le Canada, appuyé par la Colombie et d'autres,
a déclaré que la réalisation de l'objectif 2010 exige
l'entreprise d'une action, avant l'achèvement de l'étude des
besoins nationaux.
Le Projet Sunshine a appelé au traitement
des mesures qui restreignent l'accès des pays en développement
aux technologies, et le Réseau Tiers-Monde a souligné que
l'investissement extérieur direct peut avoir des effets
adverses sur le transfert des technologies.
Jeudi après-midi, le Président du GT-II,
Fazel, a invité les participants à présenter leurs
commentaires sur le PSC consacré au thème transfert des
technologie et coopération (UNEP/CBD/SBSTTA/9/WG.II/CRP.5). La
Colombie et le Mexique, appuyés par l'Australie et le Canada,
ont requis, et les délégués ont approuvé, l'insertion d'une
référence aux Articles 16 (Transfert des technologies), 17 (Echange
d'information), 18 (Coopération) et 19 (Bio-technologie) de la
CDB, dans le chapeau du Programme de Travail.
Au sujet de la coopération, les délégués
ont décidé de faire référence plutôt à la coopération
régionale et internationale, qu'à celle nord-sud et sud-sud.
Les délégués ont décidé que le transfert des technologies
sous-entend "transfert des technologies des pays
industrialisés vers les pays en développement et les pays en
transition économique, et entre les pays en développement." Au
sujet du soutien devant être apporté à la mise en œuvre, le
Brésil a requis, et les délégués ont approuvé, l'insertion
d'une référence au Fonds pour l'environnement mondial, en sa
qualité de principal acteur de ce soutien.
La Colombie, au nom de l'Amérique Latine et
du Groupe des Caraïbes (GRULAC), avec le Canada, a fait part
de ses réserves concernant les références aux transferts des
savoirs traditionnels, mettant en exergue l'absence de régimes
de DPI pour les savoirs autochtones, et la proposition de
texte concernant le CPCC et le partage des avantages. Après
des consultations informelles, les délégués ont décidé de
supprimer toutes les références pertinentes aux savoirs
traditionnels et d'insérer une note de bas de page stipulant
que le sujet sera traité dans le cadre de l'Article 8(j)
(Savoir traditionnel) de la CDB. Le Canada a proposé, et les
délégués ont accepté, l'insertion d'un paragraphe appelant "à
la mise au point, de technologies de subsistance durable,
applicables à l'échelon local".
Au sujet des synergies dans le domaine des
systèmes d'information, pour ouvrir l'accès aux technologies
disponibles, les délégués ont décidé: de faire référence à
l'utilisation de formats, de normes et de protocoles communs;
d'améliorer le CHM, en tant que mécanisme central d'échange
d'information, et d'établir une coopération avec le
Secrétariat et entre les Parties.
Dans le chapitre consacré à l'évaluation
des risques, les délégués se sont accordés sur un libellé
appelant à l'élaboration d'études d'impact et d'analyses des
risques, transparentes, sur les avantages potentiels, les
risques posés et les coûts associés aux technologies
introduites. Le PSC a été adopté avec ces amendements.
Vendredi, la Plénière de clôture a adopté
la recommandation, après y avoir ajouté d'autres références à
la coopération, et une demande d'éclaircir le rôle du FEM.
La Recommandation Finale: Le
document final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.15) englobe une
recommandation et une annexe contenant des projets d'éléments
de programme de travail. Le document recommande que la CdP:
-
adopte les éléments de programme de
travail;
-
décide que la mise en œuvre du programme
de travail doit être entreprise en étroite coordination avec
les activités pertinentes de la Convention;
-
invite les Parties à organiser des
ateliers nationaux, sous-régionaux et régionaux, consacrés à
l'échange d'information, et à améliorer les capacités dans
le domaine du transfert des technologies;
-
décide que le comité consultatif informel
du CHM se chargera, entre autres, de fournir des avis sur le
rôle possible du CHM dans les domaines de l'échange
d'information et de la facilitation du transfert des
technologies, et d'élaborer les lignes directrices devant
régir la mise en œuvre par les noyaux nationaux du CHM;
-
décide d'établir un GSET sur le transfert
des technologies et la coopération technique;
-
appelle les Parties, les gouvernements et
les organisations internationales et régionales pertinentes
à apporter leur soutien à la mise en œuvre du programme de
travail;
-
fournisse des directives au mécanisme de
financement de la Convention, pour le soutien de la création
des capacités; et
-
considère les voies et moyens d'impliquer
les institutions financières multilatérales dans le soutien
de la création des capacités et du transfert des
technologies.
Le projet de programme de travail contient
quatre éléments de programme incluant objectifs, cibles
opérationnelles, activités particulières, principaux acteurs
et calendriers.
L'élément de programme 1, consacré à
l'étude des besoins, en matière de technologie, comprend des
cibles opérationnelles portant sur: l'évaluation des besoins
nationaux en matière de technologie; les études d'impact et de
risque; et la dissémination des données et des méthodologies
nécessaires aux évaluations, à travers le CHM.
L'élément de programme 2, consacré aux
systèmes d'information, établit des cibles consistant en: la
mise en place du CHM en tant que mécanisme central pour
l'échange des données concernant la facilitation du transfert
des technologies et de la coopération; l'établissement de
systèmes d'information nationaux et de leurs liens avec les
systèmes d' information internationaux; et l'amélioration de
la coopération dans la mise en place des systèmes
d'information.
L'élément de programme 3, consacré à la
création d'environnements favorables, contient des cibles
consistant en: la facilitation de l'accès aux, et du transfert
des technologies pertinentes; et l'élaboration des cadres
nationaux nécessaires à la facilitation de la coopération et
de l'accès aux, et de l'adaptation et de l'assimilation des,
technologies pertinentes.
L'élément de programme 4, consacré à la
création et l'amélioration des capacités, contient des cibles
opérationnelles consistant en: le traitement de la création
des capacités dans le domaine de l'étude des besoins nationaux
en matière de technologies, de la mise en place des systèmes
d'information, de l'évaluation des politiques nationales et de
la création d'environnements favorables.
INTERCONNEXIONS ENTRE BIODIVERSITE ET
CHANGEMENTS CLIMATIQUES: Le GT-II a examiné les
interconnexions entre la biodiversité et les changements
climatiques, tout le long de la semaine. Un comité des Amis du
Président a été établi le mardi.
Lundi, le Secrétariat a introduit le
rapport du GSET sur la Biodiversité et les Changements
Climatiques (UNEP/CBD/SBSTTA/9/11 et UNEP/CBD/SBSTTA/9/INF/12).
Robert Watson, Coprésident du GSET, a passé en revue les
principales conclusions du rapport, décrivant la manière dont
les changements climatiques exercent leurs effets sur la
biodiversité. La Finlande, l'Allemagne, l'Irlande, la Norvège
et la Suisse, contrées par l'Australie, le Canada, le Japon,
la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis, ont recommandé que
l'OSASTT adopte la synopsis du rapport. Le Mexique a proposé
de soumettre la synopsis et le rapport intégral à une revue,
par les pairs gouvernementaux, avant de la transmettre à la
CdP-7, pour adoption. Le Brésil a déclaré que l'OSASTT devrait
déférer les recommandations suggérées, à la CdP, et a mis en
garde contre une interprétation, du rapport, impliquant que
les pays riches en biodiversité auraient des obligations
supplémentaires. Le délégué des Pays-Bas a suggéré que
l'OSASTT commente le degré de précision du rapport, s'il
décide de ne pas l'examiner, pour adoption.
La Malaisie a appelé les Parties à se
focaliser sur les synergies, et l'Irlande et les Pays-Bas ont
appuyé l'idée d'élaborer des projets de lignes directrices
volontaires, pour la promotion des synergies entre les
activités d'adaptation aux, et d'atténuation des, effets des
changements climatiques et la conservation et l'utilisation
durable de la biodiversité. L'Australie, le Canada et la
Nouvelle Zélande ont déclaré que l'élaboration de telles
lignes directrices débordent le mandat de l'OSASTT.
L'Argentine et les Etats-Unis ont mis en garde contre la
formulation de recommandations à l'adresse d'autres
conventions. La Guinée Bissau a demandé conseil quant à la
manière de traduire les synergies dans la pratique.
L'UNFCCC a déclaré que la 19ème
réunion de l'Organe subsidiaire chargé de fournir des avis
scientifiques et technologiques de l'UNFCCC se penchera sur le
rapport du GSET. Le FEM a souligné que le rapport du GSET sera
intégré dans son pôle de focalisation consacré à l'utilisation
durable des terres. La Banque Mondiale a attiré l'attention
sur son 'Fonds pour le Bio-carbone'. Des représentants d'ONG
ont noté la nécessité de protéger les écosystèmes naturels et
la biodiversité lors de l'élaboration des projets de fixation
du carbone.
Mercredi après-midi, le Secrétariat a
présenté le PSC concernant le thème biodiversité et changement
climatique (UNEP/CBD/SBSTTA/9/WG.II/CRP.2). Le Président Fazel
a suggéré la tenue de discussions informelles autour de la
proposition, avancée par le Pérou, d'insérer une référence aux
projets particuliers visant à atténuer l'impact de l'activité
humaine. Dans l'attente du résultat des discussions
informelles, le document a été provisoirement adopté moyennant
plusieurs amendements mineurs, y compris l'insertion d'une
référence aux rapports des ateliers de l'UNFCCC, consacrés aux
synergies et à la coopération avec d'autres conventions et au
Programme de l'UNESCO consacré à 'l'Homme et la biosphère.
Jeudi, les délégués ont poursuivi leurs
discussions, le Pérou suggérant d'insérer une référence aux
projets d'atténuation, en tant qu'option propre à livrer des
avantages environnementaux et sociaux, dans le libellé
appelant à la facilitation de la coordination, à l'échelon
national. Le PSC a été adopté avec cet amendement.
Vendredi, au cours de la Plénière de
clôture, le Canada a proposé de supprimer les références aux
forêts et aux terres humides. Le délégué des Seychelles,
appuyé par la Jamaïque, a préféré le maintien de la référence
à l'environnement marin. Après un certain débat, les délégués
ont décidé de maintenir toutes les références, et la
recommandation a été adoptée.
La Recommandation Finale: Le texte
final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.4/Rev.1) englobe des
recommandations:
-
d'inviter les acteurs pertinents, à
utiliser le rapport du GSET concernant la biodiversité et
les changements climatiques;
-
d'inviter les correspondants nationaux de
la CDB à attirer l'attention des correspondants nationaux de
l'UNFCCC, sur le rapport;
-
de faciliter le renforcement des
capacités relativement à l'accès à l'information et aux
outils permettant de s'assurer que les projets inscrits dans
le cadre de la lutte contre les changements climatiques,
livrent des avantages environnementaux et sociaux;
-
d'appeler à la conduite d'études de cas
axés sur les interconnexions entre la biodiversité et les
changements climatiques;
-
d'inviter les Parties à traiter les
lacunes identifiées dans le rapport du GSET, en vue
d'optimiser la conservation et l'utilisation durable de la
biodiversité dans les projets de lutte contre les
changements climatiques;
-
de s'assurer de l'intégration du rapport
du GSET dans les travaux de la CDB;
-
de demander à l'OSASTT d'élaborer des
directives pour la promotion des synergies entre les
activités relevant des changements climatiques et de la
biodiversité;
-
d'inviter les CdP de l'UNFCCC et de la
Convention sur la Lutte contre la Désertification, à
collaborer avec la CDB dans l'élaboration des directives
nécessaires aux Parties pour la mise en œuvre d'activités
d'appui mutuel;
-
d'inviter le Groupe Intergouvernemental
sur les Changements Climatiques à poursuivre ses travaux sur
les liens entre changements climatiques et biodiversité; et
-
de demander au Secrétaire exécutif de
transmettre le rapport du GSET aux divers organes
intergouvernementaux.
LE SUIVI ET LES INDICATEURS: Le GT-II a
examiné le thème de l'élaboration des programmes de suivi et
des indicateurs nécessaires à l'échelon national, le mardi, le
mercredi et le jeudi.
Mardi après-midi, le Président du GT-II,
Fazel, a ouvert le débat sur le suivi et les indicateurs. Le
Secrétariat a introduit le document d'information sur le
contexte général (UNEP/CBD/SBSTTA/9/10) et un rapport portant
sur les projets pertinents du FEM (UNEP/CBD/SBSTTA/INF/9/19).
Diann Black Layne, Coprésidente de la Réunion d'experts sur
les indicateurs, a introduit le procès-verbal de la réunion (UNEP/CBD/SBSTTA/9/INF/7).
L'Australie et l'Allemagne ont mis en garde
contre la duplication d'indicateurs et le Royaume-Uni a mis en
relief les avantages de l'utilisation d'indicateurs communs.
La Finlande a souligné la nécessité d'inclure les paramètres
de la biodiversité dans les inventaires nationaux des
ressources. Le Kenya a fait part de ses réserves concernant le
coût du suivi et l'Australie a noté les décalages constatables
dans les capacités d'élaboration des indicateurs.
Mercredi après-midi, le Président Fazel a
introduit le document UNEP/CBD/SBSTTA/9/WG.II/CRP.1. Le Canada
et la Nouvelle Zélande ont mis l'accent sur le besoin
d'élaborer, à l'échelon national, des mécanismes pour le
soutien de la coordination des indicateurs utilisés dans le
cadre de la CDB. Au sujet de la collaboration inter-agences,
pour l'élaboration des indicateurs applicables à l'échelon
national, la CE a proposé d'ajouter une référence aux systèmes
de suivi. La Nouvelle Zélande, l'Australie, le Brésil et le
Royaume-Uni y ont fait objection. Le Royaume-Uni a mis en
garde contre toute interférence avec les droits souverains des
Parties.
Jeudi après-midi, après des consultations
informelles, l'Australie a rapporté que les délégués se sont
accordés sur un paragraphe faisant référence aux indicateurs
et aux systèmes de suivi applicables à l'échelon national, qui
pourraient servir de sources d'inspiration pour les pays qui
le souhaitent. Le PSC a été adopté tel qu'amendé.
Vendredi, la Plénière de clôture la
recommandation sans amendement.
La Recommandation Finale: Le texte
final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.5/Rev.1) englobe une recommandation
appelant la CdP:
-
à encourager toutes les Parties qui ne
l'ont pas fait, d'élaborer un ensemble d'indicateurs de
biodiversité, comme partie intégrante de leurs stratégies et
plans d'action nationaux;
-
à inviter les Parties pertinentes à
utiliser les indicateurs de la biodiversité dans leur
évaluation de la biodiversité;
-
à reconnaître que l'élaboration et
l'utilisation des indicateurs exigent un engagement
financier et technique de la part des Parties, et à
encourager les agences de financement bilatérales et
multilatérales à aider les pays en développement dans
l'élaboration et la mise en application d'indicateurs de
biodiversité efficaces;
-
à encourager les Parties à partager leurs
expériences dans le domaine de l'élaboration et de
l'utilisation des indicateurs et celui du suivi, et à
promouvoir des procédures harmonisées;
-
à demander au CHM d'élaborer un système
efficace d'échange d'information, axé sur les enseignements
tirés des processus nationaux d'élaboration des indicateurs
de biodiversité et de suivi;
-
à demander au Secrétaire exécutif: de
poursuivre l'identification, l'élaboration et le test des
indicateurs, sur la base de l'expérience acquise, avec des
efforts particuliers sur les indicateurs applicables au
partage juste et équitable des avantages et à l'évaluation
de l'état actuel et de l'évolution de la biodiversité, au
niveau génétique; de présenter, à la CdP-8, un rapport sur
les progrès accomplis; d'identifier les domaines
d'intervention permettant l'amélioration de l'intégration et
de la coordination entre les ensembles d'indicateurs, aux
fins d'éviter la duplication des efforts; et de mettre à
jour, à travers le CHM, la liste indicative des initiatives
entreprises dans le domaine des indicateurs.
LES OBJECTIFS TOURNES VERS DES RESULTATS
CONCRETS: Le GT-II a examiné le thème de l'intégration
d'objectifs tournés vers des résultats concrets, dans les
programmes de travail de la CDB, le mardi, le mercredi et le
jeudi.
Mardi, le Président Fazel a ouvert le débat
autour du document d'information général (UNEP/CBD/SBSTTA/9/14).
Walter Reid, de L'évaluation du Millénaire (EM), a présenté un
rapport sur les progrès réalisés par l'EM. David Brackett, de
l'UICN, a décrit le système des catégories et indicateurs de
l'UICN. L'Allemagne a mis en relief les points de différence
entre l'objectif 2010 et les Objectifs de développement du
millénaire (ODM), et a suggéré d'insérer une référence à la
collaboration inter-agences et aux menaces pesant sur la
biodiversité. L'Australie a recommandé de se focaliser sur les
EEE, l'utilisation non-durable et les pertes de végétations
natives.
Haïti a proposé d'inclure la pauvreté dans
la liste des menaces pesant sur la biodiversité. La Fédération
de Russie, avec l'Argentine et le Brésil, a déclaré que les
ressources, les capacités et les moyens financiers nécessaires
à la mise en œuvre doivent être considérés. Le Royaume-Uni a
recommandé d'adopter, pour la perte de la biodiversité, la
définition proposée à la réunion "2010 – The Global
Biodiversity Challenge".
Le Canada et le Royaume-Uni ont proposé
d'intégrer l'objectif 2010 dans les ODM. La Finlande a suggéré
de divulguer les travaux sur les indicateurs et les objectifs,
à travers le CHM. Le Centre Mondial du Suivi de la
Conservation-PNUE (CMSC-PNUE), au nom de la Convention sur les
Espèces Migratrices (CEM), a déclaré que la CEM contribuera
aux travaux sur les indicateurs.
Mercredi après-midi, le Président Fazel a
présenté le texte du Président sur les objectifs tournés vers
des résultats concrets, invitant les participants à présenter
leurs commentaires, pour l'élaboration du PSC.
Vendredi, la Plénière de clôture a adopté
le texte final sans amendement. Jeudi, les délégués ont adopté
le PSC concernant l'intégration des objectifs tournés vers des
résultats concrets dans les programmes de travail de la CDB (UNEP/CBD/SBSTTA/9/WG.II/CRP.4),
moyennant quelques amendements mineurs.
La Recommandation Finale: Le texte
final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.8) englobe une recommandation
appelant à:
-
travailler avec les organisations
pertinentes des Nations Unies, en vue de communiquer
l'importance de la biodiversité pour la concrétisation des
ODM et pour l'établissement de l'objectif 2010, comme étape
intermédiaire dans la réalisation des ODM 7 (aux fins de
s'assurer de la durabilité environnementale, d'ici 2015);
-
établir un petit nombre de buts globaux
pour l'évaluation des progrès accomplis vers l'objectif
2010;
-
accepter qu'un nombre limité
d'indicateurs d'essai adaptés, tirés du rapport de Londres (UNEP/CBD/SBSTTA/9/INF/9)
soit élaboré, testé et revu par l'OSASTT, avant la CdP-8;
-
souligner que les buts et objectifs
servent de cadre souple dans le contexte des priorités et
des capacités nationales;
-
inviter les Parties à élaborer des buts
et objectifs nationaux et régionaux, et à les intégrer dans
les stratégies et les plans d'action nationaux de
biodiversité;
-
souligner la nécessité de la création des
capacités dans les pays en développement;
-
examiner le besoin d'un soutien adéquat
et opportun de la part du mécanisme de financement, pour la
mise en application des activités de réalisation et de suivi
des progrès accomplis vers les buts et objectifs;
-
inviter les conventions en rapport, à
apporter leur contribution, en présentant des rapports pour
aider le suivi des progrès accomplis vers l'objectif 2010;
-
inviter le CMSC-PNUE à compiler
l'information nécessaire à l'établissement des rapports
concernant la réalisation de l'objectif 2010;
-
demander le Secrétaire exécutif
d'élaborer, pour la CdP, un papier d'information général sur
les buts et les indicateurs d'essai; et
-
affiner, pour la CdP-7, les propositions
concernant l'intégration des objectifs dans le programme de
travail de la CDB.
Stratégie Mondiale pour la Conservation des
Plantes: Mercredi, le Secrétariat a introduit le document
consacré aux voies et moyens de promouvoir la mise en
application de la SMCP (UNEP/CBD/SBSTTA/9/14/Add.2). Le Brésil
et Haïti ont demandé des directives pour l'élaboration et la
mise en application des objectifs et, avec la Malaisie, ont
recommandé la désignation de points focaux nationaux. Le
CANADA a fait part de ses réserves concernant la praticabilité
des points focaux nationaux, et a plaidé pour une coopération
avec la FAO sur la question des objectifs dans le domaine de
la biodiversité agricole. Le Canada, la Malaisie et le Mexique
ont noté que certains calendriers fixés pour la mise en œuvre
sont peu réalistes, compte tenu des capacités et des moyens
financiers limités des Parties, et Haïti a souligné
l'importance des stratégies et des priorités nationales.
Mercredi après-midi, le Président Fazel a
présenté le texte du Président concernant la SMCP, invitant
les participants à présenter des commentaires écrits, pour
élaborer un PSC.
Jeudi, les délégués ont examiné le PSC
concernant les objectifs de la SMCP (UNEP/CBD/SBSTTA/9/WG.II/CRP.3)
et ont approuvé une définition, plus large, de biodiversité.
Au sujet de la liste des indicateurs, la CE a proposé
d'inclure la répartition des espèces sélectionnées.
Vendredi, la Plénière de clôture a adopté
la recommandation sans amendement.
La Recommandation Finale: Le
document final (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.7) a recommandé que la CdP:
-
invite le CMCP-PNUE à soutenir le suivi
de la mise en œuvre de la SMCP et encourage les Parties à
désigner des correspondants pour la SMCP;
-
demande au Secrétaire exécutif d'élaborer
les propositions concernant le kit-outil susceptible d'aider
les Parties à intégrer les objectifs dans leurs stratégies,
plans et programmes, pour examen avant la CdP-8;
-
décide d'intégrer les objectifs de la
SMCP dans tous les programmes de travail thématiques et
transversaux;
-
souligne que la SMCP doit être mise en
application de manière souple, pour ce qui est de la
nécessité de la création des capacités dans les pays en
développement;
-
décide d'intégrer les objectifs de la
SMCP dans le cadre de l'établissement des troisièmes
rapports nationaux; et
-
invite la Commission de la FAO sur les
Ressources Génétiques à examiner la manière dont le Plan
d'action mondial pour la conservation et l'utilisation
durable des ressources phytogénétiques destinées à
l'alimentation et à l'agriculture, contribue à la mise en
œuvre de la SMCP.
Biodiversité des Eaux Intérieures:
Mercredi, le Secrétariat a introduit le document concernant
les objectifs et les dates butoirs de la mise en application
du programme de travail révisé relatif à la biodiversité des
eaux intérieures (UNEP/CBD/SBSTTA/9/14/ Add.1). Notant
l'absence de capacités en matière de suivi, dans les pays en
développement, le Mexique a proposé que les pays procèdent à
la détermination des objectifs dont ils sont capables
d'assurer le suivi. Le délégué des Philippines, au nom de la
Région Asie-Pacifique, a appelé à une aide dans le domaine de
la conservation in situ de la biodiversité des écosystèmes
aquatiques intérieurs. Les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et
le Royaume-Uni ont appelé à la conduite d'une évaluation, dans
les deux années à venir. La Convention de Ramsar a souligné la
nécessité d'harmoniser les indicateurs.
Aucune recommandation n'a été adoptée sur
ce thème.
La Biodiversité Marine et Côtière:
Mercredi, le Secrétariat a présenté le document concernant
l'intégration d'objectifs concrets dans la mise en œuvre du
programme de travail axé sur la biodiversité marine et côtière
(UNEP/CBD/SBSTTA/9/14/Add.3).
L'Allemagne et les Philippines ont proposé
de prendre en ligne de compte les initiatives régionales.
L'Allemagne a suggéré l'adjonction d'une définition des aires
protégées (AP) marines. Le délégué des Philippines, avec
l'Argentine, Cuba, l'Indonésie et la Norvège, a déclaré que
les objectifs sont trop ambitieux et prématurés. Il a évoqué
en outre les contraintes posées à leur réalisation d'ici 2010.
Le Brésil a déclaré que parmi les objectifs proposés, certains
ne relèvent pas du champ d'exercice de la CDB. La Suisse a
parlé du nombre excessif d'objectifs et d'indicateurs. La
Finlande, le Brésil et la Norvège ont proposé d'établir un
processus pour la poursuite du travail sur les objectifs. La
FAO a déclaré que les indicateurs axés sur le processus sont
plus réalistes.
Aucune recommandation n'a été adoptée sur
ce thème.
PLENIERE DE CLOTURE
Vendredi, le Président Oteng-Yeboah a
ouvert la Plénière de clôture, invitant les Parties à procéder
aux nominations régionales pour le Bureau. Les délégués ont
élu Asghar Fazel (République Islamique d'Iran), pour la Région
Asie et Pacifique; Bozena Haczek (Pologne), pour l'Europe
Centrale et de l'Est; Brian James (Ste. Lucie), pour le GRULAC;
et Christian Prip (Danemark), pour le Groupe Europe de l'Ouest
et autres.
La Plénière a ensuite adopté l'ordre du
jour provisoire et les dates des OSASTT-10 et 11 (UNEP/CBD/SBSTTA/9/13),
qui doivent être réexaminées à la lueur de la CdP-7 et qui
sont provisoirement fixées pour 2004 et 2005. Soulignant la
nécessité d'avis scientifiques et techniques rationnels sur
les actions concrètes, devant être entreprises dans le cadre
de la CDB, pour la réalisation de l'objectif 2010, l'Allemagne
a noté que, si la CdP le demande, l'OSASTT se chargera de
l'avis concernant les questions financières, et que les
directives à l'intention du mécanisme de financement seront
fournies par la CdP-7.
Le Président du GT-I, Andrén, a présenté le
rapport du GT-I (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.1/Add.1). Le document a
été adopté sans amendement. Les délégués ont également adopté
le rapport du GT-II (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.1/Add.2), présenté
par le Président du GT-II, Fazel, moyennant quelques
corrections mineures.
Le Rapporteur, Mundita Lim, a ensuite
introduit le rapport de la réunion (UNEP/CBD/SBSTTA/9/L.1). Le
document a été adopté sans amendement.
Le Secrétaire exécutif de la CDB, Zedan,
s'est félicité de l'engagement dont ont fait montre les
délégations durant la réunion, en dépit de son ordre du jour
chargé et difficile, et a affirmé que l'OSASTT-9 a jeté des
fondations solides pour la CdP-7.
La Slovaquie, au nom de l'Europe Centrale
et de l'Est; L'Italie, au nom de l'Union européenne; et le
Brésil, au nom du GRULAC, ont présenté des déclarations
d'appréciation. Le Libéria, au nom du Groupe africain, a
appelé à la mise en place d'un mécanisme de financement
particulier à la CDB. La Malaisie, au nom de la Région Asie et
Pacifique, a invité les Parties à la CdP-7.
Le représentant de Defenders of Wildlife a
déploré la tendance constatée dans les interventions, où les
intérêts commerciaux nationaux sont affirmés au détriment de
la conservation. Il a exprimé l'espoir que cela ne se
confirmera à la CdP-7.
Le Président Oteng-Yeboah a remercié les
participants et les organisateurs de la réunion, et a clôturé
les travaux à 18h12.
BREVE ANALYSE DE L'OSASTT-9
Ayant à examiner seize articles de fond
inscrits à l'ordre du jour, plus de soixante-dix documents
d'information générale et trois programmes de travail, les
délégués n'ont pas manqué de faire observer qu'il s'agissait
là de l'une des réunions les plus chargées que l'OSASTT ait
connues à ce jour. La gamme des thèmes allait des espèces
exotiques envahissantes et des changements climatiques aux
éléments proposés pour les programmes de travail axés sur les
aires protégées, le transfert des technologies et la
biodiversité des montagnes. Les délégués à l'OSASTT-9 ont
préparé le terrain pour la CdP-7, en procédant, en particulier,
à la détermination des éléments de base des mesures
nécessaires à la concrétisation de l'objectif 2010, consistant
à réduire de manière importante, les taux de perte de
biodiversité. Ces éléments englobent l'intégration d'objectifs
et de calendriers dans les programmes de travail de la
Convention, ainsi que la reconnaissance de la nécessité
d'objectifs tournés vers des résultats concrets et
d'indicateurs permettant d'évaluer les progrès accomplis.
Cependant, l'OSASTT-9 s'est, de nouveau,
trouvée face aux obstacles ayant trait à la souveraineté
nationale, aux droits des autochtones et à un ordre du jour
surchargé, qui ont compliqué son mandat consistant à
travailler sur les aspects scientifiques, techniques et
technologiques. Cette analyse se focalisera sur les principaux
thèmes de l'OSASTT-9, nommément, les aires protégées, le
transfert des technologies, et l'intégration d'objectifs
tournés vers des résultats concrets, ainsi que les thèmes
procéduraux émergeants concernant le rôle précis de l'OSASTT
dans la médiation ayant trait à la manière dont les avis
scientifiques entrent dans le processus de la CDB.
LES AIRES PROTEGEES: LES POLITIQUES
TERRITORIALES
Alors que les aires protégées sont un outil
crucial pour la conservation in situ et pour les travaux de la
Convention, les Parties ont attendu plus d'une décennie avant
de s'attaquer à ce sujet, qui s'est avéré très controversé
durant les négociations de la CDB. Compte tenu de la
reconnaissance générale que l'objectif 2010 de réduire de
manière importante le taux actuel des pertes de biodiversité,
ne peut être réalisé qu'en présence d'un engagement réel à
établir un réseau d'aires protégées, les attentes concernant
l'adoption d'un programme de travail, pleinement opérationnel,
sur les aires protégées, étaient grandes.
Les discussions à l'OSASTT-9 ont démarré
sans heurts et dans un esprit similaire à celui qui a présidé
au cinquième Congrès mondial de l'UICN sur les Parcs, qui a
préparé le terrain pour les déclarations portant sur le besoin
d'aller au-delà de la conservation, d'intégrer des réseaux
écologiques et de reconnaître les droits des communautés
autochtones et locales. L'engagement conjoint pris par un
certain nombre d'ONG importantes, actives dans le domaine de
la conservation, à apporter leur soutien à la mise en
application d'un programme de travail solide, a également été,
à la surprise de certaines d'entre elles, chaudement accueilli
par les Parties.
Mais ce début constructif n'a pas empêché
qu'un certain nombre de sujets controversés, y compris ceux
ayant trait aux réseaux écologiques et aux aires protégées
transfrontalières, de faire surface plus tard dans la semaine.
L'absence de définition des concepts, tels que celui des
réseaux et des couloirs écologiques, et les implications
juridiques de l'établissement d'aires marines protégées en
hautes mers, ont donné lieu à nombres de réserves de la part
des Parties. Le principe sacro-saint de la souveraineté
nationale s'est avéré, une fois de plus, un goulot
d'étranglement, de nombreuses Parties préférant mettre
l'accent sur les aires protégées nationales et débattre d'une
référence appropriée aux droits territoriaux des communautés
autochtones et locales. Les débats politiques prolongés, menés
autour de ces sujets, ont empêché la conduite d'un examen
complet du programme de travail, laissant peu de temps au
traitement des actions particulières devant être entreprises
et obligeant, par voie de conséquence, à envoyer un texte
lourdement crocheté, à la considération de la CdP-7. Mais les
éléments de programme approuvés, qui englobent les buts
ultimes et, plus important encore, les objectifs
intermédiaires, constituent une bonne plate-forme pour la
suite des travaux. Reste à voir maintenant si la CdP-7
réussira à ôter les nombreux crochets du programme de travail
axé sur les aires protégées.
TRANSFERT DES TECHNOLOGIES: OUTIL AU
SERVICE DE LA CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE OU DE L'AIDE AU
DEVELOPPEMENT?
S'agissant du transfert des technologies,
qui s'est avéré un thème également sensible, l'OSASTT-9 a dû
se contenter des divergences conceptuelles exprimées autour du
sujet, ainsi que des difficultés rencontrées dans le
traitement des discussions menées, sur le transfert des
technologies, dans d'autres domaines du programme.
Les discussions autour des transferts
Sud-Sud, des technologies liées aux savoirs traditionnels et
aux moyens de subsistance durables, des questions de propriété
intellectuelle et de l'aide fournie par les donateurs, sont
des composantes indispensables du transfert des technologies,
mais elles ont révélé des divergences importantes dans les
points de vue sur la nature du transfert des technologies et
son importance pour les objectifs de la CDB. Quelques pays
industrialisés se sont dits préoccupés quant au risque de voir
le transfert des technologies, devenir un mécanisme inepte de
l'aide au développement, pour motifs: l'insuffisance de liens
entre le transfert des technologies et les projets de
conservation, en particulier; le lien supposé entre fourniture
de technologies et soutien financier; et, les questions non-résolues
des droits de propriété intellectuelle.
En revanche, les pays en développement ont
été clairs sur la direction qu'ils souhaitaient donner au
transfert, et ont réussi à supprimer toute référence aux
transferts Sud-Sud, en référant les questions ayant trait à
l'échange des technologies traditionnelles, aux discussions
sur l'Article 8(j). Ils se sont également assurés des
références aux transferts Nord-Sud et à la fourniture d'une
aide financière à travers le FEM et d'autres acteurs.
Le principal accomplissement de l'OSASTT-9
réside dans la préparation d'un terrain avantageux pour la
poursuite d'une action concrète sur le transfert des
technologies. Certains estiment avoir achevé leur première
ascension vers un sommet inaccessible, mais, peut-être les
Parties se trouvent-ils simplement sur une colline avancée de
la montagne qui reste à grimper. Le défi à relever par la
CdP-7 consiste à s'assurer que le programme de travail
coïncide bien avec les approches non coordonnées retenues pour
le transfert des technologies dans les différents domaines
programmatiques et transversaux de la CDB.
OBJECTIFS TOURNES VERS DES RESULTATS
CONCRETS: LE COMPTE A REBOURS VERS LE JOUR DE L'EVALUATION
L'objectif du SMDD de "réduire, de manière
importante, le taux des pertes de biodiversité," d'ici 2010,
était omniprésent à l'OSASTT -9, en tant que point de
référence pour l'évaluation des progrès accomplis dans la mise
en application de la CDB. Tiré de la Déclaration Ministérielle
de La Haye, l'objectif plus ambitieux d'origine appelait les
Parties à "arrêter et à inverser" les pertes de biodiversité,
d'ici 2010. En comparaison, l'objectif reformulé du SMDD, bien
qu'il donne davantage de liberté d'action, n'établit pas de
point de référence clair, dans la mesure où il ne définit pas
cette 'réduction importante', sans parler de l'absence de
toute référence aux indicateurs qui permettraient de la
mesurer.
En dépit de ces difficultés, l'objectif
2010 en en train de servir de moteur à l'intégration
d'objectifs tournés vers des résultats concrets, dans les
programmes de travail de la CDB, ainsi qu'à l'élaboration d'un
suivi et d'indicateurs appropriés. L'impact politique du SMDD
était évident sur ce plan, en particulier, compte tenu du fait
qu'il n'y pas si longtemps encore, les questions d'objectifs
et d'indicateurs étaient politiquement tabous. Il est
cependant difficile de dire si des progrès réels sont
accomplis, vu que l'action dans ce domaine, restera en tout
état de cause, assujettie aux priorités, aux capacités et aux
engagements nationaux ainsi qu'à ce que les Parties
considéreront comme étant "approprié." Mais la pression est
mise et le "jour de l'évaluation " est dans six ans seulement
(soit quatre CdPs, six OSASTT et quelques douzaines de
réunions d'experts).
L'OSASTT: TOUJOURS SOUFFRANT D'UNE
DEFICIENCE DE SOURCE D'INFORMATION SCIENTIFIQUE?
Etablir un équilibre approprié entre
science et politique est, depuis longtemps, un défi posé au
travail de l'OSASTT, et l'OSASTT-9 n'y a pas échappé. Le fait
qu'un sujet comme celui des lacunes constatables dans le cadre
juridique international traitant du problème des espèces
exotiques envahissantes, ait été placé à l'ordre du jour d'un
organe chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et
technologiques, constitue un indice clair que le processus de
la CDB a encore des difficultés à tracer son cours entre
l'avis scientifique et technique et l'avis politique. Sans
surprise aucune, la question des espèces exotiques
envahissantes a déclenché les feux qui ont marqué les forums
consacrés à la biodiversité, depuis la CdP-6, ayant trait aux
défis posés au statut juridique de la Décision VI/23 et ses
principes directeurs régissant le traitement de la question
des espèces exotiques envahissantes. Mais, faisant prévaloir
l'esprit de coopération, les délégués ont engagé des
discussions de fond, indiquant par là même que le sujet est à
la fois trop urgent et trop important pour être laissé
marginalisé par le déficit des procédures, tout en
reconnaissant que la CdP-7 doit apporter une finalité à cette
question.
La CdP-7 ET AU-DELA
Le débat procédural autour du point de
savoir si l'OSASTT pouvait, lui-même, adopter le rapport du
GSET sur la biodiversité et les changements climatiques, a mis
en exergue des questions sur le mandat de l'OSASTT, et plus
particulièrement, sur son autorité institutionnelle. Alors que
l'UNFCCC compte sur le Groupe Intergouvernemental sur les
Changements Climatiques, pour s'occuper de la revue des
données scientifiques, par les pairs, la CDB ne dispose pas
d'un tel mécanisme. Cela a soulevé des questions sur la
manière d'interpréter la validité des vues scientifiques
émanant de l'OSASTT et de soutenir les GSETs, qui ont
proliféré au cours de ces deux dernières années. Bien que
l'établissement des GSETs soit une démarche bienvenue pour le
travail de la Convention, la forte réaction de nombre de
Parties, au rapport du GSET sur les TRURG, révèle clairement
certaines imperfections des GSETs, telles que la participation
limitée et la capacité de traiter de sujets scientifiques
chargés politiquement. Reste à voir maintenant comment
l'OSASTT continuera à approuver et à fournir à la CdP, des
avis de qualité, face à son panier de travail et à la
prolifération des rapports émanant des diverses réunions
d'experts et des divers groupes de travail intersessions.
La CdP-7 sera la première CdP à être
organisée depuis le SMDD et, en tant que telle, un cas test
pour la CDB. En effet, au-delà du point de savoir si les
Parties souhaitent vraiment, et sont prêts à, concrétiser
l'objectif 2010, la CdP-7 sera l'occasion d'évaluer la manière
dont le processus de la CDB fonctionne et si ses mécanismes de
fourniture d'avis, notamment l'OSASTT, et sa panoplie de
programmes de travail, sont efficaces dans la préparation du
terrain pour les mesures requises à l'échelon national.
A la CdP-7, les délégués auront également à
établir un bon équilibre entre deux objectifs de la
Convention, notamment, la conservation de la biodiversité, qui
est au cœur du programme de travail axé sur les aires
protégées, et l'accès et le partage des avantages, incarnés
dans les Directives de Bonn et dans le régime proposé dans ce
domaine. Les rumeurs disent que les partisans potentiels du
protocole sont derrière les deux questions, et la CdP-7 sera
l'occasion de tester les volontés dans le vieux débat entre
conservation et partage des avantages. Ayant derrière lui une
décennie d'expérience pratique, et devant lui, l'objectif
2010, le processus de la CDB a des chances de parvenir à
éviter les périls des blocages politiques et à naviguer vers
une solution répondant aux deux objectifs et, plus important
encore, aux besoins de plus en plus urgents de la biodiversité.
A SUIVRE D'ICI LA CDP-7
GROUPE SPECIAL D'EXPERTS TECHNIQUES SUR LA
MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME DE TRAVAIL AYANT TRAIT A LA
BIODIVERSITE FORESTIERE: Cette réunion aura lieu du 24 au
27 novembre 2003, à Montpellier, en France. Pour plus
d'informations, contacter: CBD Secretariat; tel:
+1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail:
secretariat@biodiv.org;
Internet:
http://www.biodiv.org/doc/meeting.asp?mtg=TEGFOR-01.
DEUXIEME REUNION DU GROUPE DE TRAVAIL
SPECIAL DE LA CDB, DE COMPOSITION NON LIMITEE, SUR L'ACCES ET
LE PARTAGE DES AVANTAGES: Cette réunion aura lieu du 1er
au 5 décembre 2003, à Montréal, au Canada. Pour de plus amples
renseignements, contacter: CBD Secretariat; tel:
+1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail:
secretariat@biodiv.org;
Internet:
http://www.biodiv.org/doc/meeting.asp?wg=ABSWG-02.
NEUVIEME SESSION DE LA CONFERENCE DES
PARTIES DE LA CONVENTION-CADRE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES:
La CdP-9 de l'UNFCCC se réunira du 1er au 12
décembre 2003, à Milan, en Italie. Pour les détails, contacter:
the UNFCCC Secretariat; tel: +49-228-815-1425; fax:
+49-228-815-1999; e-mail:
secretariat@unfccc.int;
Internet:
http://www.unfccc.int/.
TROISIEME REUNION DU GROUPE DE TRAVAIL
SPECIAL, INTERSESSIONS, DE COMPOSITION NON LIMITEE, SUR
L'ARTICLE 8(J) DE LA CDB: Cette réunion se déroulera du 8
au 12 décembre 2003, à Montréal, au Canada. Pour plus
d'informations, contacter: CBD Secretariat; tel:
+1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail:
secretariat@biodiv.org;
Internet:
http://www.biodiv.org/doc/meeting.asp?wg=WG8J-03.
SEMINAIRE SUR LA GESTION DES AIRES
PROTEGEES ET LE DEVELOPPEMENT LOCAL DANS LE CONTEXTE
MEDITERRANEEN: Ce séminaire est organisé par l'Agence
espagnole pour la coopération internationale, avec la
collaboration du Centre de l'UICN pour la coopération
Méditerranéenne. Il se tiendra du 1er au 14
décembre 2003, à Malaga, en Espagne. Pour d'autres
renseignements, contacter: Marie Curie; tel: +34-95-20-28-430;
fax: +34-95-20-28-415; e-mail:
uicnmed@iucn.org;
Internet:
http://www.iucn.org/places/medoffice/eventos/seminario_azahar_EN.htm.
REUNIONS PREPARATOIRES REGIONALES DE LA
SEPTIEME REUNION DE LA CONFERENCE DES PARTIES A LA CDB:
Des r�unions r�gionales consacr�es aux pr�paratifs de la
CdP-7, se tiendront dans les r�gions Afrique, Asie et
Pacifique, et Am�rique Latine et Cara�bes, en janvier 2004.
Les dates et lieux sont encore � d�terminer. Pour plus de
renseignements, contacter: CBD Secretariat; tel:
+1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail:
secretariat@biodiv.org;
Internet:
http://www.biodiv.org.
SEPTIEME REUNION DE LA CONFERENCE DES
PARTIES DE LA CDB ET PREMIERE REUNION DES PARTIES AU PROTOCOLE
POUR LA PREVENTION DES RISQUES BIOTECHNOLOGIQUES: La CdP-7
de la CDB se tiendra du 9 au 20 f�vrier 2004, � Kuala Lumpur,
en Malaisie. Elle sera suivie par la premi�re R�union des
Parties au Protocole de Cartagena pour la pr�vention des
risques biotechnologiques, pr�vue du 23 au 27 f�vrier 2004.
Pour plus d'informations, contacter: CBD Secretariat; tel:
+1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail:
secretariat@biodiv.org;
Internet:
http://www.biodiv.org. |