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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 09 No. 228
Lundi 11 Février 2002
RESUME DE LA SECONDE REUNION
DU GROUPE DE TRAVAIL SPECIAL, INTERSESSIONS, DE COMPOSITION
NON LIMITEE, SUR L'ARTICLE 8(j):
4-8 FEVRIER 2002
La seconde réunion du
Groupe de Travail Spécial, Intersessions, de Composition Non
Limitée, sur l'Article 8(j) et les Clauses en Rapport de la
Convention sur la Diversité Biologique (CDB) s'est déroulée
à Montréal, au Canada, du 4 au 8 février 2002. Accueillie
par le gouvernement canadien, la réunion a enregistré la
présence de près de 300 participants de 79 pays,
communautés indigènes et locales et d'organisations
internationales et non gouvernementales.
Au cours de ses travaux qui
ont duré une semaine, le Groupe de Travail devait procéder
à l'examen: du plan du rapport composite concernant la
situation actuelle et les tendances des connaissances,
innovations et pratiques des communautés indigènes et
locales; les lignes directrices/recommandations concernant la
conduite des évaluations de l'impact culturel,
environnemental et social des développements proposés ou
ayant un impact sur les terres des communautés indigènes et
locales; les mécanismes de participation; et l'efficacité
des instruments disponibles exerçant un impact sur la
protection du savoir traditionnel, en particulier, ceux
concernant les droits de propriété intellectuelle (DPI). Les
délégués ont adopté six recommandations portant sur les
points cités, ainsi que sur l'état d'avancement de
l'intégration des tâches pertinentes du programme de travail
sur l'Article 8(j) et les clauses en rapport, dans les
programmes thématiques de la CDB et sur l'avancement de la
mise en application des tâches prioritaires du programme de
travail sur l'Article 8(j). Ces recommandations seront
transmises à la sixième Conférence des Parties (CdP-6)
prévue à La Haye, aux Pays-Bas, en avril 2002.
BREF HISTORIQUE DE L'ARTICLE 8(J) ET DES
CLAUSES EN RAPPORT, DE LA CDB
Négociée sous l'égide du
PNUE, la CDB est entrée en vigueur le 29 décembre 1993. A ce
jour, 182 pays en sont devenus Parties. L'Article 8(j) de la
CDB stipule spécifiquement que les Parties doivent: veiller,
dans le cadre de leurs législations nationales, au respect,
à la préservation et au maintien des connaissances,
innovations et pratiques des communautés indigènes et
locales incarnant les modes de vie traditionnels adaptés à
la conservation et au développement durable de la
biodiversité; promouvoir leur application à une échelle
plus importante, avec l'approbation et l'implication des
détenteurs de ces connaissances; et encourager le partage
équitable des avantages tirés de l'utilisation de ces
connaissances, innovations et pratiques.
Parmi les clauses en rapport
incluses dans la Convention: L'Article 10(c) qui appelle les
Parties à protéger et à encourager l'utilisation
coutumière des ressources biologiques d'une manière
compatible avec les pratiques culturelles traditionnelles.
L'Article 17.2 traite de la question des échanges
d'information scientifique et technique avec une référence
spécifique au savoir indigène et traditionnel. Enfin,
l'Article 18.4 stipule que les Parties doivent encourager et
développer des méthodes de coopération pour le domaine de
la mise au point et de l'utilisation des technologies, y
compris celles indigènes et traditionnelles, conformément
aux objectifs de la CDB.
Par ailleurs, les
discussions de la CDB autour des thèmes intersectoriels, tels
que ceux de l'approche basée sur les écosystèmes, de
l'accès aux ressources et du partage des avantages (APA), et
du Mécanisme d'Echange d'Information (MEI), et autour des
thèmes des écosystèmes particuliers, ont traité de
l'intégration des considérations ayant trait à l'Article
8(j) et aux communautés indigènes et locales.
La CdP-2:
La seconde réunion de la CdP (CdP-2) se tint à Jakarta, en
Indonésie, du 6 au 17 novembre 1995. Le résultat du débat
autour de la question du savoir traditionnel se limita à la
Décision II/12 concernant les DPI, qui appelle à la tenue
d'une consultation avec l'ensemble des parties prenantes et en
particulier, les communautés indigènes et locales, pour
l'amélioration de la compréhension des besoins et des
préoccupations de ces groupes, ainsi que pour la conduite
d'une analyse préliminaire des systèmes mis en place pour
les DPI, focalisée sur la préservation et l'entretien du
savoir traditionnel.
La CdP-3:
La troisième CdP se déroula à Buenos Aires, en Argentine,
du 4 au 15 novembre 1996. Les délégués y adoptèrent la
Décision III/14, laquelle, entre autres: requiert des
Parties, l'élaboration de législations nationales pour la
mise en application de l'Article 8(j);
invite à la conduite d'études de cas sur la mise en œuvre
de l'Article
8(j) et des clauses qui s'y rapportent; requiert du mécanisme
de financement intérimaire, l'examen de la possibilité de
soutenir les
projets de renforcement des capacités ciblant les
communautés indigènes et locales; et la mise en place d'un
processus favorisant l'avancement des travaux sur le thème de
la mise en application de l'Article 8(j) et englobant
l'organisation d'un atelier pendant la période intersessions.
L'ATELIER SUR LE SAVOIR
TRADITIONNEL: L'Atelier sur le
Savoir Traditionnel et la Diversité Biologique s'est tenu à
Madrid, en Espagne, du 24 au 28 novembre 1997, pour la
production de recommandations pour la CdP concernant la
manière de faire avancer la mise en application de l'Article
8(j). L'atelier produisit un rapport renfermant une liste
extensive d'options et de recommandations applicables aux
domaines ci-après: les mécanismes participatifs; la
situation actuelle et les tendances par rapport à l'Article
8(j); les pratiques culturelles traditionnelles en matière de
conservation et d'utilisation durable; le partage équitable
des avantages; l'échange et la diffusion des données; le
suivi; et les éléments juridiques. Le rapport renferme
également des recommandations d'actions pour les niveaux
national et international, et suggère les termes de
référence devant encadrer l'établissement d'un groupe de
travail de composition non limitée ou d'un organe subsidiaire
sur l'Article 8(j).
La CdP-4:
La quatrième CdP se déroula du 4 au 15 mai 1998, à
Bratislava, en Slovaquie. Les délégués devaient y débattre
de l'élaboration du programme de travail pour l'Article 8(j)
et de la formation du groupe de travail spécial. La Décision
IV/9 établit un groupe de travail chargé de fournir des
conseils pour l'élaboration du programme de travail et sa
mise en œuvre, sur la base du rapport de l'atelier de Madrid.
La Décision qui devait en émaner appelle: à une
représentation, la plus large possible, des communautés
indigènes et locales; à des programmes de travail à court
et moyen termes; à des études de cas ayant rapport avec
l'Article 8(j); et, à l'application d'un statut d'observateur
à l'Organisation Mondiale pour la Propriété Intellectuelle
et à la conclusion d'un mémorandum d'entente avec cette
même OMPI.
PREMIERE REUNION DU GROUPE
DE TRAVAIL SUR L'ARTICLE 8(j): La
première réunion du Groupe de Travail sur l'Article 8(j) eut
lieu à Séville, en Espagne, du 27 au 31 mars 2000. les
délégués y procédèrent à l'examen des éléments
susceptibles de figurer dans le programme de travail sur
l'Article 8(j), notamment: les mécanismes participatifs en
faveur des communautés indigènes et locales; le partage
équitable des avantages et les éléments juridiques; la
situation présente et les tendances ayant trait à l'Article
8(j) et les clauses qui s'y rapportent; les pratiques
culturelles traditionnelles en matière de conservation et de
l'utilisation durable; l'échange et la diffusion des données;
et le suivi. Le Groupe de Travail traita également: de
l'application et du développement des formes appropriées,
juridiques et autres, de protection du savoir traditionnel; de
la coopération internationale entre les communautés
indigènes et locales; et des opportunités offertes pour la
collaboration et la mise en œuvre du programme de travail.
La CdP-5:
La cinquième CdP se tint à Nairobi, au Kenya, du 15 au 26
mai 2000. Les délégués y procédèrent à l'examen du
rapport de la première réunion du Groupe de Travail sur
l'Article 8(j), y compris de ses recommandations pour le
programme de travail proposé, et des conseils concernant
l'application et le développement des formes de protection
appropriées juridiques et autres. La Décision V/16 établit
un programme de travail à deux phases consacrées, la
première, à l'examen des mécanismes participatifs, de la
situation présente et des tendances, du partage des avantages,
de l'échange et de la diffusion des données, du suivi et des
éléments juridiques; la seconde, également à la
considération des pratiques culturelles traditionnelles en
matière de conservation et d'utilisation durable, de
l'échange et de la diffusion des données et des éléments
du suivi. La Décision élargit le mandat du Groupe de Travail
à l'examen des questions de l'état d'avancement de la mise
en application et de l'accroissement de la participation des
communautés indigènes et locales dans les différents
programmes de travail thématiques de la CDB. Elle note par
ailleurs l'importance des études de cas et des systèmes sui
generis, tout en reconnaissant que la préservation du
savoir traditionnel dépendait du maintien des identités
culturelles et de ses matériaux de base.
COMPTE RENDU DE LA REUNION
La seconde réunion du
Groupe de Travail sur l'Article 8(j) entama ses travaux en
Plénière, lundi matin, pour entendre les déclarations
d'ouverture et considérer le rapport sur l'état d'avancement
de l'intégration des tâches pertinentes du programme de
travail sur l'Article 8(j) et les clauses en rapport dans le
programmes thématique de la CDB, et l'évaluation des
progrès réalisés dans la mise en œuvre des tâches
prioritaires du programme de travail. Du mardi au jeudi, les
délégués se réunirent dans deux sous-groupes de travail,
pour procéder à l'examen des articles de fond inscrits à
l'ordre du jour de la réunion, et le vendredi, dans une
séance plénière de clôture, pour adopter les
recommandations devant être transmises à la CdP-6.
LA PLENIERE
Un représentant du Grand
Conseil des Mohawks ouvrit la réunion, lundi matin, par une
allocution de cérémonie. L'orateur rappela aux participants
la place des êtres humains dans le cycle de vie et souligna
leurs responsabilités à l'endroit de la nature. Il
encouragea les délégués à se mettre davantage à l'écoute
du monde naturel et à traduire cet égard dans les décisions
devant être prises à la réunion.
Le Président Reuben Olembo,
au nom du Président de la CdP-5, mit en relief le travail
accompli sur le thème du savoir traditionnel, mentionnant,
notamment, l'atelier tenu en novembre 1997 à Madrid, la
première réunion du Groupe de Travail qui s'est déroulée
à Séville, au mois de mars 2000 et, les résultats de la
CdP-5. L'orateur indiqua que la présente réunion se devait
d'aider au renforcement des communautés indigènes et
locales, en leur qualité de parties prenantes au sein de la
Convention, et souligna l'impératif de produire de bonnes
recommandations pour la CdP-6.
Le Secrétaire Exécutif de
la CDB, Hamdallah Zedan, remercia les gouvernements du Canada
et d'Espagne pour le soutien financier apporté à la
participation des représentants des communautés indigènes.
L'orateur passa en revue les tâches prioritaires du programme
de travail sur l'Article 8(j) et exprima l'espoir de voir
l'esprit de coopération qui avait prévalu à Madrid et à
Seville, continuer à régner, durant la présente réunion.
Paul Chabeda, au nom du Directeur Exécutif, Klaus Töpfer,
mit en exergue le travail en cours du PNUE sur les questions
ayant trait à l'Article 8(j). Il appela à l'impulsion des
partenariats, au renforcement des capacités, à la
mobilisation des ressources adéquates et à une
reconnaissance accrue du rôle des communautés indigènes et
locales dans la conservation de la biodiversité.
LES QUESTIONS D'ORGANISATION:
Les délégués décidèrent que le Bureau de la CdP servira
de Bureau de la réunion, avec six représentants des
communautés indigènes formant un comité des Amis du
Président, et désigna Barbara Di Giovanni (Italie) au poste
de Rapporteur. Le Président Olembo indiqua qu'Elaine Fisher (Jamaïque)
assumera ses fonctions à ce poste, durant la réunion. Les
délégués adoptèrent l'ordre du jour provisoire (UNEP/CBD/WG8J/2/
1) et décidèrent de se scinder en deux sous-groupes de
travail, élisant John Herity (Canada) et Earl Stevenson (Peguis
First Nation) pour la coprésidence du Sous-Groupe de Travail
I (SGT-I), et Linus Thomas (Grenade) et Lucy Mulenkei (Organisation
Africaine des Femmes Indigènes) pour la coprésidence du
Sous-Groupe de Travail II (SGT-II).
LES DECLARATIONS GENERALES:
Le Forum Indigènes International sur la Biodiversité (FIIB)
souligna l'impératif de s'assurer de la participation pleine
et efficace des peuples indigènes, et en particulier des
femmes, dans la conservation de la biodiversité, et de mettre
en place un cadre clair et contraignant pour la protection des
droits fondamentaux des peuples indigènes à maintenir et à
pratiquer leur savoir traditionnel à exercer un contrôle sur
leurs terres. Veit Koester (Danemark) présenta un rapport sur
les consultations informelles, tenues à Montréal, le 3
février 2002, sur la question des effets potentiels des
technologies de restriction des utilisations génétiques (TRUG)
sur les droits des communautés indigènes et locales et des
agriculteurs. L'OMPI parla des activités menées par son
Comité Intergouvernemental sur la Propriété Intellectuelle
et les Ressources Génétiques, le Savoir Traditionnel et le
Folklore (le Comité Intergouvernemental), notamment, de la
compilation de l'inventaire des connaissances traditionnelles
et de nombre de périodiques en rapport, pour aider la
recherche dans le domaine du savoir traditionnel, en tant
qu'état antérieur.
L'Espagne, au nom de l'Union
Européenne (EU), souligna la Résolution 12647/98 du Conseil
Européen, reconnaissant l'importance et le rôle du savoir
traditionnel, ainsi que les liens avec le travail sur les
thèmes de l'accès et du partage des avantages (APA), des
espèces invasives, des évaluations d'impact et du mécanisme
d'échange d'information (MEI). Le Togo, au nom de la Région
Africaine, souligna
l'importance des points à l'ordre du jour, consacrés aux
évaluations
d'impact, aux instruments disponibles et à la participation.
Fidji, au nom des Etats des Iles du Pacifique, souligna
l'importance de l'élaboration des rapports, de la
conscientisation du public et de la coordination des
activités régionales. L'Inde encouragea le développement du
savoir traditionnel et les inventaires et appela à une clause
contraignante régissant la divulgation et permettant de
s'assurer que les chercheurs patentés n'ont pas utilisé de
connaissances traditionnelles. Le Brésil souligna le besoin
de respecter la législation nationale et de conclure des
accords contraignants entre les communautés locales et les
autorités compétentes.
La CNUCED passa en revue ses
récents accomplissements sur la question du savoir
traditionnel, mit en exergue la valeur de l'échange des
expériences nationales en matière de protection du savoir
traditionnel et l'intérêt que présenterait son rattachement
au domaine du développement et du commerce international. La
FAO nota que le Traité International sur les Ressources
Phytogénétiques pour l'Alimentation et l'Agriculture (RPGAA),
adopté récemment, reconnaissait la contribution des
communautés indigènes et locales dans la conservation des
ressources phytogénétiques. L'UNESCO donna un aperçu sur le
récent lancement de son initiative intersectorielle sous le
thème des " Systèmes du Savoir Local et Indigène dans
la Société Mondiale," qui se focalise sur le savoir
détenu par les femmes et l'approche globale devant être
adoptée dans la compréhension des systèmes du savoir
indigène.
L'ETAT D'AVANCEMENT DE
L'INTEGRATION DES TACHES PERTINENTES DU PROGRAMME DE TRAVAIL
CONSACRE A L'ARTICLE 8(J) ET AUX CLAUSES EN RAPPORT, DANS LE
PROGRAMME THEMATIQUE DE LA CDB
Lundi après-midi, la
Plènière procéda à l'examen des progrès réalisés dans
l'intégration du programme de travail ayant trait à
l'Article 8(j) dans les programmes thématiques de la CDB (UNEP/CBD/WG8J/
2/2 and INF/2). L'Argentine suggéra la mise à disposition de
ressources financières pour la formation des consultants
gouvernementaux chargés des questions intersectorielles. L'UE
appela à des recommandations concernant le Traité
International sur les RPGAA, la biodiversité agricole, les
TURG et les droits des agriculteurs; et, à la soumission d'un
rapport à la CdP-6. L'Equateur proposa le renforcement des
liens avec le travail mené sur la biodiversité forestière
et son utilisation durable, et la conduite d'une analyse des
effets de la biotechnologie sur les communautés indigènes et
locales. Plusieurs pays notèrent la nécessité d'une analyse
des Lignes Directrices préliminaires de Bonn devant encadrer
l'APA.
Vendredi, au cours de la
Plénière de clôture, les délégués adoptèrent le rapport
sans amendement.
Le libellé final:
Dans le texte final du rapport (UNEP/CBD/ WG8J/ 2/L.2), le
Groupe de Travail recommande que la CdP encourage les Parties
à signer et à ratifier le Traité International sur les
RPGAA et requiert du Secrétariat, en collaboration avec la
FAO, l'examen des implications du Traité sur la mise en
application de l'Article 8(j) et des clauses en rapport. Le
libellé souligne la nécessité de la poursuite de l'action
dans les domaines suivants:
-
Biodiversité
forestière: élaboration des méthodologies devant
encadrer l'intégration des connaissances traditionnelles
liées au secteur forestier, dans la gestion durable des
forêts; promotion, au niveau local et national, des
activités assemblant les expériences en matière de
gestion et les données scientifiques, indigènes et
locales; et dissémination des résultats de la recherche;
-
Biodiversité marine
et côtière: mise à disposition des informations
concernant les approches encadrant la gestion des
ressources marines et côtières vivantes, en rapport avec
celles utilisées par les indigènes et locales;
-
Ecosystèmes
aquatiques intérieurs: application des lignes
directrices adoptées dans le cadre de la Convention de
Ramsar, pour l'établissement et le renforcement de la
participation des communautés indigènes dans la gestion
des zones humides;
-
Biodiversité
agricole: soutien des écosystèmes arides et sub-humides
locaux et, renforcement des capacités et des échanges
d'information au profit des agriculteurs; et
-
Mise à disposition de
ressources financières pour la formation des décideurs
gouvernementaux dans le domaine des thèmes
intersectoriels de récupération des écosystèmes
dégradés.
Le texte final encourage
également les Parties à inclure dans leurs rapports
nationaux, les données concernant chacun des programmes
thématiques de la CDB, portant sur:
-
La situation présente
et les tendances enregistrées en matière de savoir
traditionnel;
-
Les mesures d'impulsion
de la participation des communautés indigènes et
locales, en particulier celle des femmes, la mise en
œuvre de programmes thématiques nationaux; et
-
Les mesures de
renforcement des capacités pour la facilitation de
l'implication des communautés indigènes et locales et de
l'application de leur savoir, avec leur consentement
éclairé préalable, dans la gestion, conservation et
utilisation durable de la biodiversité.
Le texte requiert du
Secrétaire Exécutif, l'élaboration d'un rapport sur les
progrès réalisés dans l'intégration des tâches
pertinentes du programme de travail sur l'Article 8(j) dans
chacun des domaines thématiques, pour considération par la
troisième réunion du Groupe de Travail, et rappelle aux
Parties, le besoin de poursuivre l'action concernant les
effets potentiels des TRUG sur les communautés indigènes et
locales et sur la question des droits des agriculteurs.
EVALUATION DES PROGRES
REALISES DANS LA MISE EN APPLICATION DES TACHES PRIORITAIRES
DU TRAVAIL DEVANT ETRE ACCOMPLI SUR L' ARTICLE 8(J) ET LES
CLAUSES EN RAPPORT
Le lundi, le Secrétariat
introduisit l'état d'avancement de la mise en œuvre des tâches
prioritaires du programme de travail (UNEP/ CBD/ WG8J/2/3).
Les délégués devaient adopter le document, sans amendement,
au cours de la Plénière de clôture.
Le libellé final:
Dans le texte final (UNEP/CBD/WG8J/2/L.3), le Groupe de
Travail recommande à la CdP de requérir des Parties de
s'assurer de l'inclusion des communautés indigènes et
locales dans le processus consultatif de l'élaboration de
leurs rapports nationaux, et en particulier celle des
chapitres traitant de l'Article 8(j) et des clauses en
rapport. Le libellé requiert également du Secrétaire
Exécutif, la préparation d'un rapport sur l'état
d'avancement de la mise en application du programme de travail
consacré à l'Article 8(j) et aux clauses en rapport, sur la
base des données soumises dans les rapports nationaux et
autres informations pertinentes, pour la prochaine réunion du
Groupe de Travail.
LE PLAN DU RAPPORT COMPOSITE
SUR LA SITUATION PRESENTE ET LES TENDANCES
Lundi après-midi, le SGT-I
entama son débat autour du plan du rapport composite portant
sur la situation présente et les tendances (UNEP/CBD/WG8J/2/5),
qui comprend des chapitres sur la taille, le champ d'action,
le justificatif, les sources et la disponibilité de
l'information, les voies et moyens requis pour le travail
d'élaboration, les sources de financement, et suggéra des
recommandations. Au sujet des définitions ayant trait aux
communautés indigènes et locales dans le libellé consacré
à la taille et au champ d'action, la Guinée proposa
l'insertion d'une référence aux chasseurs et aux
guérisseurs traditionnels. Le FIIB fit part de ses réserves
concernant le risque de voir la définition exclure les
peuples indigènes qui ont recours à des pratiques modernes
dans l'application de leur savoir. Au terme de consultations
informelles, les délégués s'accordèrent sur un libellé
appelant au respect de la diversité des communautés
indigènes et locales.
Plusieurs délégués firent
part de leurs réserves concernant la portée ambitieuse du
rapport. Le Canada déclara que l'élaboration du rapport
risquait de constituer un fardeau pour les communautés
indigènes et locales et proposa l'adoption d'un plan plus
gérable. Le FIIB recommanda l'octroi d'une priorité à
l'identification des processus menaçant le maintien, la
préservation et l'application du savoir traditionnel, et la
prise de mesures pour la protection du savoir indigène et de
ses détenteurs. Au sujet des sources d'information, le
Brésil suggéra que les travaux de recherche soient basés
sur les données publiées ou appartenant au domaine public.
Au sujet du rôle du
consultant mentionné dans le chapitre consacré aux voies et
moyens nécessaires à l'élaboration du rapport, nombre de
délégués suggérèrent la prévision d'une équipe, au lieu
d'un seul consultant, l'UE proposant une équipe
multidisciplinaire et le Danemark plaidant pour un consultant
appuyé par un groupe de conseillers. Plusieurs délégués
suggérèrent que les consultants travaillent à un niveau
régional. Haïti souligna le besoin de déterminer les
responsabilités incombant au consultant, les méthodes devant
être employées dans la recherche et les qualifications
nécessaires dans ce domaine; le représentant des Philippines
appela à la prévision d'un processus public pour la
sélection du consultant; et le FIIB encouragea une
participation pleine et efficace des peuples indigènes.
Le Brésil et l'UE mirent en
garde contre toute référence aux données confidentielles
dans la compilation du rapport, et l'UE suggéra que le
rapport déclare toute utilisation du genre. L'UE proposa
également l'insertion d'une référence à la conservation et
à l'utilisation durable de la biodiversité dans l'intitulé,
et appela à l'établissement d'un équilibre géographique et
culturel aux fins de garantir l'appréciation des différences
régionales. La FIIB commenta que le plan reflétait une
approche verticale allant de haut en bas, souligna
l'importance d'inclure davantage de perspectives indigènes,
apporta son appui à l'adoption d'une approche régionale, et
suggéra la tenue d'ateliers organisés par les peuples
indigènes, pour l'apport de contributions. Au sujet du
libellé consacré aux sources de financement, le FEM fit part
de ses réserves quant à l'établissement d'un précédent en
matière d'utilisation des fonds du FEM pour les études
futures et quant au fardeau que cela risquait de placer sur le
Mécanisme de Financement.
Le mercredi, le Coprésident
du SGT-I, Herity, introduisit le texte du Président (UNEP/CBD/WG8J/2/SWG.I/CRP.1).
Au sujet des sources d'information, le FIIB suggéra la tenue
d'ateliers régionaux avec la pleine participation des peuples
indigènes, en guise de moyen de collecte d'information, et
requit une déclaration claire des avantages de l'étude pour
les peuples indigènes. Au sujet des voies et moyens, le FIIB
préféra des consultants issus des communautés indigènes,
et recommanda le recrutement de consultants issus des
différentes régions géographiques.
Au sujet de l'état de
rétention du savoir traditionnel, l'UNESCO suggéra d'amender
le libellé appelant au ré-établissement des connaissances
et des pratiques traditionnelles perdues, de manière à se
focaliser sur la protection de connaissances et des pratiques
menacées. Le FIIB recommanda l'insertion de références à
des mesures de préservation et de protection des pratiques
traditionnelles, plutôt qu'à davantage d'études. La
recommandation fut approuvée. Dans la liste des écosystèmes,
Palau ajouta une référence aux écosystèmes insulaires.
Cela fut accepté dans le texte final. Au sujet du lien entre
la diversité biologique, culturelle et linguistique, le FIIB
suggéra l'insertion de références séparées aux problèmes
d'appauvrissement, de migration et de perte des territoires et
des terres ancestrales.
Jeudi, le Coprésident du
SGT-I, Herity, introduisit la révision de texte du Président
(UNEP/CBD/WG8J/2/SWG.I/CRP.2). L'UE proposa que l'intitulé
précise bien que le rapport examine la situation présente et
les tendances concernant le savoir traditionnel
"pertinent à la conservation et à l'utilisation durable
de la biodiversité." Dans l'examen du libellé consacré
aux sources d'information, l'UE, appuyée par le Canada,
suggéra que l'information fournie par le rapport doive être
utilisée plutôt pour l'avancement du programme de travail
relatif à l'Article 8(j), que pour l'identification des
objectives et l'élaboration du cadre nécessaire au plan
d'action. Le FIIB ajouta l'impératif de respecter "les
codes des lignes directrices éthiques" des communautés
indigènes et locales, lesquelles exigent l'obtention d'une
autorisation et/ou d'un consentement, avant d'entrer dans les
communautés et d'y conduire des recherches." Au sujet
des voies et moyens, Fidji proposa d'encourager les Parties à
tenir des ateliers nationaux visant à s'assurer de la
participation des communautés indigènes et locales dans la
finalisation du rapport. Au sujet des sources de financement,
les délégués acceptèrent la suppression, suggérée par
l'UE, du libellé appelant le FEM à fournir aux Parties, un
financement pour la couverture de l'élaboration des
contributions nationales devant être apportées au rapport.
Au sujet de l'état de rétention du savoir traditionnel, les
délégués décidèrent que le rapport doit faire référence
à l'étude de faisabilité de l'utilisation du savoir
traditionnel pour le maintien des pratiques coutumières dans
la gestion, conservation et utilisation durable de la
biodiversité. S'agissant des liens entre la diversité
biologique, culturelle et linguistique, les délégués
apportèrent leur appui à une recommandation avancée par le
FIIB et appelant au traitement du problème du sérieux
déclin démographique enregistré dans certaines populations
indigènes.
Au cours de la Plénière de
clôture, les délégués adoptèrent le libellé final,
moyennant quelques amendements mineurs.
Le libellé final:
Le texte final (UNEP/CBD/WG8J/2/L.4) comprend des
recommandations et une annexe renfermant le plan préliminaire
du rapport concernant la situation présente et les tendances.
Il rappelle la Décision V/16, les éléments pertinents du
programme de travail et les principes généraux devant régir
la mise en application de l'Article 8(j), et entérine le plan
préliminaire du rapport composite. Il requiert du Secrétaire
Exécutif, d'entreprendre la première phase du rapport
composite, de la soumettre à la prochaine réunion du Groupe
de Travail sur l'Article 8(j) et de s'assurer de la
participation pleine et effective des communautés indigènes
et locales dans le processus d'élaboration.
L'annexe referme:
-
Le plan préliminaire;
-
le plan de
l'élaboration du rapport;
-
les considérations
relatives à la taille et au champ d'action du rapport;
-
le justificatif des
grandes lignes du rapport composite;
-
les sources et la
disponibilité de l'information;
-
les voies et moyens
nécessaires à l'élaboration du rapport; et
-
les sources de
financement.
Le plan préliminaire
répartit le travail proposé sur plusieurs phases. La Phase I
englobe l'examen de l'état de rétention du savoir
traditionnel ayant trait à la biodiversité et
l'identification et la détermination des mesures et
initiatives de protection, promotion et facilitation de
l'utilisation du savoir traditionnel. Les phases suivantes
comprennent l'examen des liens entre la diversité biologique,
culturelle et linguistique; l'identification, aux niveaux
national et communautaire local, des processus susceptibles de
menacer le maintien, la préservation et l'application du
savoir traditionnel; et les tendances enregistrées dans la
reconnaissance et la mise en application de l'Article 8(j) et
des clauses qui s'y rapportent.
LES RECOMMANDATIONS
PRELIMINAIRES CONCERNANT LA CONDUITE DES EVALUATIONS D'IMPACT
CULTUREL, ENVIRONNEMENTAL ET SOCIAL
Mardi, les délégués
entamèrent la discussion des lignes directrices ou
recommandations préliminaires concernant la conduite des
évaluation d'impact culturel, environnemental et social (UNEP/CBD/WG8J/
2/6). Faisant état de la longueur et de la complexité du
document, plusieurs délégués appelèrent à la confection
d'un document plus pratique aux fins de faciliter la mise en
œuvre, et proposèrent que le Groupe de Travail élabore
plutôt des principes ou des recommandations que des lignes
directrices. Plusieurs délégués plaidèrent pour une
harmonisation avec les travaux menés par le SBSTTA de la CDB
sur la question des évaluations. La Nouvelle Zélande
recommanda que le champ d'action soit étendu au- delà du
mandat d'origine du Groupe de Travail, de manière à y
inclure les activités de développement qui ont lieu dans les
zones limitrophes des sites sacrés ou sur les terres et les
étendues aquatiques traditionnellement occupées ou
utilisées par des communautés indigènes et locales. Le FIIB
nota que les procédures actuellement suivies dans les
évaluations d'impact ne traitent pas de manière adéquate,
le problème des pertes subies au niveau du savoir
traditionnel, et souligna l'importance du consentement libre
et éclairé préalable. Fidji mit en exergue la nécessité
d'un renforcement des capacités pour l'accroissement de la
participation des communautés indigènes dans les
évaluations d'impact.
Mercredi, le Coprésident du
SGT-I, Herity, introduisit le texte du Président concernant
les principes préliminaires devant régir la conduite des
évaluations de l'impact culturel, environnemental et social (UNEP/CBD/WG8J/2/SWG.I/CRP.1).
l'Ethiopie et le FIIB firent objection à l'idée de réduire
les directives à de simples principes. Le Canada suggéra une
clarification du caractère volontaire du document. Le FIIB,
avec la Nouvelle Zélande, et souligna que les communautés
indigènes ont besoin de se sentir propriétaires du processus
d'évaluation. L'Argentine fit part de ses réserves
concernant le libellé appelant à l'adoption du principe de
précaution, et les délégués s'accordèrent sur
l'utilisation de la formulation retenue dans le Préambule de
la CDB. Le Brésil et le Mexique s'opposèrent à la
création de mécanismes spéciaux pour le règlement des
différends, suggérant que les éventuels litiges soient
résolus à travers les législations nationales. Au sujet du
libellé consacré aux évaluations de l'impact
environnemental, la Colombie et le Mexique suggérèrent
l'adjonction d'une référence aux OGM dans le libellé
consacré aux espèces invasives non autochtones. Le
délégué des Etats-Unis y fit objection.
Un groupe de contact,
présidé par Johan Bodegard (Suède), se réunit le mercredi
soir, pour le traitement de la révision de texte du
Président (UNEP/CBD/ WG8J/2/SWG.I/CRP.1/Rev.1) sur les
recommandations préliminaires concernant la conduite des
évaluations de l'impact culturel, environnemental et social.
Jeudi, le Coprésident du
SGT-I, Herity, introduisit une nouvelle révision de texte (UNEP/CBD/WG8J/2/SWG-I/CRP.1/Rev.2).
Le FIIB s'opposa à l'idée de réduire les directives à de
simples recommandations. Les délégués débattirent du point
de savoir s'il fallait recommander que la CdP "adopte"
ou "endosse" les recommandations préliminaires. Les
délégués apportèrent leur appui à la proposition de la
Norvège d'encourager les Parties à "avoir des égards
pour" ces recommandations en attendant la finalisation de
l'ensemble des directives concernant les évaluations d'impact.
L'UE proposa que la troisième réunion du Groupe de Travail
poursuive l'élaboration des lignes directrices devant régir
la conduite des évaluations d'impact intégrées devant
compléter les directives du SBSTTA concernant l'incorporation
des questions ayant trait à la biodiversité dans les
législations applicables aux évaluations environnementales,
en particulier celles portant sur les procédures et les
institutions. Le FIIB souligna la nécessité de prévoir des
évaluations de l'impact socioéconomique et ainsi que de
l'impact social.
Au sujet de l'étude des
propositions de développement quant à leurs potentialités
d'introduire des OGM dans les écosystèmes locaux, les
délégués préférèrent le terme "organismes vivants
modifiés" (OVM), et proposèrent que les égards dus
soient accordés à l'Article 8(g) (gestion des risques liés
aux OVM) de la CDB et aux différents accords internationaux
pertinents. L'Ethiopie, contrée par plusieurs délégations,
proposa l'insertion d'une référence aux accords
internationaux ayant trait à la sécurité en matière de
biotechnologie. La référence fut insérée entre crochets,
pour considération par la CdP-6.
Au sujet des dispositions à
caractère général, la Suède, avec des amendements par le
FIIB et le Liberia, proposa que les processus d'évaluation
considèrent l'opportunité d'inclure des dispositions
garantissant le consentement éclairé et libre préalable des
communautés indigènes et locales. Le Canada requit la
suppression du paragraphe, et les délégués placèrent entre
crochets le paragraphe, pour considération par la CdP-6. Au
sujet de l'impératif du respect des droits humains des
communautés indigènes et locales, l'UE, contrée par le
Canada, encouragea l'inclusion des droits environnementaux. Le
Canada proposa que tous les droits humains, y compris les
droits culturels et sociaux et les droits ayant trait à
l'environnement, soient respectés. Ce point fut approuvé.
Au cours de la Plénière de
clôture, les délégués adoptèrent le texte final,
moyennant quelques amendements mineurs. Le Canada requit que
son opposition au libellé crocheté sur le consentement
éclairé préalable soit reflétée dans le procès-verbal de
la réunion. Le FIIB requit que son vigoureux appui à
l'insertion de dispositions garantissant le consentement
éclairé et libre préalable, soit également reflété dans
le procès verbal.
Le libellé final:
Le texte final (UNEP/CBD/WG8J/2/L.5) contient les
recommandations faites à l'adresse de la CdP, et une annexe
renfermant les recommandations concernant la conduite des
évaluations de l'impact culturel, environnemental et social
des activités de développement proposées pour ou
susceptibles d'exercer un impact sur les zones limitrophes des
sites sacrés et sur les terres et les étendues aquatiques
traditionnellement occupées ou utilisées par les
communautés indigènes et locales. Le libellé final, entre
autres, reconnaît le travail accompli dans le domaine des
évaluations de l'impact environnemental et des études
environnementales stratégiques entreprises par le SBSTTA, et
prend en considération les mises à jour fournies par la
Banque Mondiale et les Principes et les Directives
Préliminaires régissant la Protection du Patrimoine des
Peuples Indigènes, de la Commission des Nations Unies
chargée des Droits de l'Homme. Le texte recommande que la
CdP-6, entre autres:
-
adopte les
recommandations contenues dans l'annexe;
-
requiert du Groupe
Travail sur l'Article 8(j), à sa troisième réunion, de
poursuivre le travail sur les lignes directrices devant
régir la conduite des évaluations de l'impact culturel,
environnemental et social devant compléter les directives
du SBSTTA concernant l'intégration des questions ayant
trait à la biodiversité dans les législations encadrant
les évaluations environnementales;
-
requiert des Parties et
des gouvernements, la mise en place de programmes
d'éducation et de conscientisation et l'élaboration de
stratégies de communication permettant aux communautés
indigènes et locales et autres parties prenantes des
projets de développement, d'être au courant de ces
recommandations, pour intégration dans les politiques et
les processus d'évaluation des activités de
développement proposées;
-
invite les agences
internationales de financement et de développement à
faciliter l'intégration des recommandations dans les
politiques et les processus cités; et
-
invite les Parties et
les gouvernements à avoir des égards à l'endroit de ces
recommandations en attendant la finalisation de l'ensemble
des lignes directrices devant régir les évaluations
d'impact.
Les recommandations
concernant la conduite des évaluations d'impact figurant dans
l'annexe comprennent des chapitres portant sur l'intégration
des évaluations de l'impact culturel, environnemental et
social au sein d'un processus unique, et sur les dispositions
d'ordre général. Ces recommandations ont pour objectif
d'aider à la facilitation, entre autres, de la
participation des communautés indigènes et locales, et de
l'intégration des connaissances, innovations et pratiques
traditionnelles, comme partie intégrante du processus des
évaluations de l'impact environnemental, social et culturel.
Le texte stipule que les recommandations ont un caractère
volontaires et visent à servir de guide pour les Parties et
les gouvernements, de manière conforme à leurs législations
nationales.
Au sujet des évaluations de
l'impact culturel, le texte final recommande, entre autres,
l'identification des sujets d'intérêt devant être pris en
considération dans l'élaboration des évaluations de
l'impact culturel, notamment ceux ayant trait: aux croyances;
aux pratiques coutumières; aux formes d'organisation social;
aux systèmes d'utilisation des ressources naturelles, y
compris les modes d'occupation des terres; aux endroits ayant
une signification culturelle; aux sites sacrés et des
cérémonies rituelles; aux langues; aux systèmes de lois
coutumières; aux structures politiques; aux rôles; et aux us
et coutumes. Il fait également état de l'impératif du
respect à la fois des gardiens et des détenteurs des
connaissances traditionnelles et du savoir en question.
Au sujet des évaluations de
l'impact environnemental, le libellé final recommande, entre
autres:
que les analyses doivent
inclure les zones de valeur importante pour la conservation,
les contraintes environnementales, les aspects
géographiques et les effets potentiels en matière de
synergie;
que les effets directs et
indirects des propositions de développement sur la
biodiversité locale doivent être évalués, en particulier
les composantes de la biodiversité dont dépendent les
communautés pour leurs subsistances et leurs moyens de
vivre;
que les propositions de
développement doivent être évaluées pour ce qui est de
leurs potentialités d'introduire les espèces invasives non
autochtones dans les écosystèmes locaux;
que, s'agissant des OGM,
l'égard dû soit accordé à l'Article 8(g) de la CDB et
autres accords internationaux pertinents. (la référence
aux accords internationaux pertinents ayant trait à la
sécurité en matière de biotechnologie demeure entre
crochets.)
Au sujet des évaluations de
l'impact social, le texte final recommande:
-
que des analyses doivent
être menées dans les domaines des facteurs
démographiques, de l'habitat, de l'emploi, de
l'infrastructure et des services, du revenu et de la
répartition des biens, des systèmes de production
traditionnels, des aptitudes techniques, des besoins
éducationnels, et des implications financières;
-
que les activités de
développement proposées doivent être évaluées par
rapport aux avantages tangibles censés être apportés
aux communautés indigènes et locales;
-
que les activités de
développement impliquant des changements dans les
pratiques traditionnelles de production alimentaire
doivent être évaluées; et
-
que des indicateurs de
développement social adaptés aux vues des communautés
indigènes et locales doivent être élaborés, et qu'une
attention doit être accordée aux questions de sexe et de
génération, de santé, de sécurité alimentaire, de
sécurité des moyens de subsistance et des effets
éventuels sur la cohésion et la mobilisation sociales.
Dans le chapitre consacré
aux dispositions d'ordre général, le texte final recommande,
entre autres:
-
que les communautés
indigènes et locales soient pleinement impliquées dans
les processus d'évaluation;
-
que le rôle joué par
les femmes dans la conservation et l'utilisation durable
de la biodiversité doit être pris en considération;
-
que les besoins des
communautés indigènes et locales en matière de
renforcement des capacités soient reconnus et qu'une aide
soit fournie pour la facilitation de leur pleine
participation dans les procédures des évaluations
d'impact;
-
que tous les droits
humains, y compris les droits culturels et sociaux et les
droits ayant trait à l'environnement, soient respectés;
-
que, de manière
conforme aux législations nationales, les lois
coutumières et les DPI des communautés indigènes et
locales, relatifs à leurs connaissances, innovations et
pratiques dans le domaine de la biodiversité, soient
respectés;
-
que de manière
compatible avec l'approche écosystémique, les partisans
des propositions de développement reconnaissent
l'importance de comprendre et d'appliquer les valeurs et
les connaissances ayant trait à l'utilisation de la
biodiversité, détenues par les communautés indigènes
et locales;
-
que le manque de
certitude scientifique ne soit pas utilisé comme excuse
pour reporter la mise en place des mesures visant à
éviter ou à minimiser les menaces posées à la
biodiversité par les activités de développement;
-
que des mécanismes de
règlement des différends soient disponibles pour la
gestion des litiges liés aux propositions de
développement;
-
que dans l'absence de
mécanismes juridiques de protection des connaissances,
des innovations et des pratiques traditionnelles, les
communautés indigènes et locales peuvent déterminer
leurs propres protocoles d'accès et d'utilisation du
savoir traditionnel, dans le cadre des procédures à
suivre en matière d'évaluation d'impact; et
-
que les processus
d'évaluation considèrent l'opportunité d'inclure des
dispositions concernant le consentement éclairé et libre
préalable. (ce dernier paragraphe demeure crocheté.)
EVALUATION DE L'EFFICACITE
DES INSTRUMENTS DISPONIBLES
Lundi et mardi, les
délégués procédèrent à l'examen du thème de
l'évaluation de l'efficacité des instruments existants, en
particulier ceux ayant trait aux DPI, susceptibles d'avoir des
implications sur la protection des connaissances, des
innovations et des pratiques des communautés indigènes et
locales (UNEP/CBD/WG8J/2/ 7).
Au sujet des liens avec
d'autres organes, l'UE recommanda que les organes
internationaux chargés des instruments de DPI, tels que
l'OMPI, élaborent le cadre conceptuel et les mécanismes
devant servir la protection du savoir traditionnel et que la
CDB s'occupe des bases de données, des registres et autres
moyens de protection. L'Indonésie proposa la mise en place
d'un mécanisme de soutien international pour le règlement
des différends susceptibles de surgir pour cause de brevets
inappropriés.
Au sujet des systèmes sui
generis de protection du savoir traditionnel, le Canada et
la Suisse soulignèrent la nécessité d'établir une
complémentarité avec le travail de l'OMPI et l'UE proposa la
mise en place d'une coopération avec l'OMPI dans le cadre de
ses travaux sur les systèmes sui generis. Mettant en
relief l'incompatibilité entre les régimes de propriété
intellectuelle en vigueur et le savoir traditionnel,
l'Equateur, avec plusieurs pays latino américains, argua que
le Groupe de Travail doit engendrer des lignes directrices
pour les systèmes sui generis. La Fondation Tebtebba
déclara que les fora ayant trait au commerce international ne
sont pas appropriés pour le thème de la protection des
intérêts indigènes. Le Réseau Indigène d'Information
concernant la Biodiversité (IBIN) et le FIIB déclarèra que
les systèmes locaux disponibles de traitement des innovations
doivent être utilisés dans l'élaboration des systèmes de
protection envisagés. La Namibie appela à la conduite
d'études de cas sur les systèmes sui generis harmonisés
au plan régional.
Le Brésil apporta son appui
à la proposition prônant de faire de la divulgation de
l'origine des ressources génétiques et des connaissances
traditionnelles, partie intégrante des conditions d'obtention
des brevets. Plusieurs délégués mirent en exergue le
caractère collectif et les caractéristiques particulières
du savoir traditionnel. Le FIIB souligna les droits à
l'autodétermination et à la sécurité juridique sur les
terres et les territoires, la mise en place de registres
internes en harmonie avec les pratiques coutumières, le droit
de veto contre les recherches et les transactions présentant
des risques de déstabiliser l'intégrité du savoir
traditionnel, les stratégies de prévention d'impact, le
consentement éclairé préalable et le partage des avantages.
Plusieurs délégués firent
objection à la proposition appelant à l'élaboration d'une
base de données internationale spécifique au savoir
traditionnel. L'Inde plaida en faveur de la dite proposition.
De nombreux pays encouragèrent la mise en place de bases de
données à échelle locale ou nationale, soulignant
l'importance d'un renforcement approprié des capacités.
L'IPBN souligna que les bases de données doivent être sous
contrôle local et basées sur des modèles locaux. La Suisse
indiqua que l'éventuelle base de données internationale doit
englober la gamme des mécanismes de protection du savoir
traditionnel. Les Etats-Unis et la CNUCED notèrent que les
bases de données, à quelque niveau que ce soit, doivent
traiter des questions d'accès, de sécurité et du statut
juridique de l'information. Le Pérou et l'Université de York
soulignèrent qu'aucun élément du savoir traditionnel ne
doit être enregistré sans le consentement éclairé
préalable des communautés indigènes.
Au sujet de la mise en place
d'un système de notification, l'Argentine, au nom du Groupe
des Pays d'Amérique Latine et des Caraïbes (GRULAC), et l'UE
suggérèrent l'établissement de liens à travers le MEI. Le
délégué de St. Lucie, au nom des petits Etats insulaires
des Caraïbes, requit un soutien pour la sensibilisation et la
conscientisation du public, les inventaires et la
documentation. La France proposa l'examen des conflits
éventuels entre les lois communes et les lois coutumières.
Le FIIB nota que la protection du savoir traditionnel est
intrinsèquement liés aux droits des peuples indigènes à
l'autodétermination, à la terre et aux territoires; rejeta
l'idée que les brevets puissent être une forme de
protection; et appela à la mise en place d'un mécanisme
international séparé pour la protection du savoir
traditionnel.
Mercredi, le Coprésident du
SGT-II, Thomas, introduisit le texte du président élaboré
sur la base des discussions précédentes (UNEP/ CBD/ WG8J/2/SWG.II/CRP.2).
Le Mexique appela à l'établissement d'une distinction entre
les différentes formes de DPI et, avec le Cameroun, souhaita
voir un accent placé sur la conservation in situ. Les
délégués abordèrent ensuite le libellé figurant dans le
préambule et appelant à la considération de la
complémentarité et du soutien réciproque entre les mesures
prises à l'échelle nationale et celles prises à l'échelle
internationale, et à une coopération avec d'autres organes.
Le FIIB suggéra l'insertion d'un libellé stipulant que les
peuples indigènes ont leurs propres systèmes de protection
du savoir traditionnel et de la conservation et de
l'utilisation durable de la biodiversité.
L'UE et la Suisse appela à
l'insertion de références appelant au soutien de l'OMPI et
du travail qu'elle poursuit dans nombre de domaines. Le
Mexique proposa que l'OMPI explore les conséquences de la
considération du savoir traditionnel comme 'état antérieur'.
La Suisse, avec les Etats-Unis, proposa la suppression des
libellés appelant à la divulgation du savoir traditionnel
intéressant les applications dans le domaine des DPI et le
respect des dispositions de la CDB en matière de consentement
éclairé préalable et d'accords mutuellement agréés.
Plusieurs délégués y firent objection. La Suisse suggéra
que le Comité Intergouvernemental de l'OMPI soit invité à
envisager des mécanismes de protection, tels que celui de la
divulgation de l'origine du savoir traditionnel pertinent
utilisé dans les applications en matière de DPI.
Au sujet des activités du
Groupe de Travail dans le domaine des systèmes sui generis,
les délégués débattirent de l'opportunité d'insérer une
référence au travail de l'OMPI. Au sujet de la mise en place
de registres au niveau national ou communautaire, plusieurs
intervenant proposèrent la suppression de la référence
appelant à l'harmonisation des approches nationales. La
Suisse proposa d'inviter l'OMPI à poursuivre son travail
d'élaboration d'une base de données internationales.
D'autres délégations s'y opposèrent, préférant que les
bases de données soient élaborées au niveau national ou
local. Au sujet de la soumission d'études de cas, le Canada
proposa de traiter du caractère, de la diversité et du
statut des lois coutumières, dans le cadre des législations
nationales. Au sujet des procédures de règlement des
différends ou d'arbitrage visant à traiter les éventuelles
réclamations en matière de DPI intéressant le savoir
traditionnel, plusieurs délégués firent part de leurs
réserves quant au caractère vague de la formulation.
L'Alliance Internationale pour la vie Marine exhorta les
Parties à exiger la preuve du consentement éclairé
préalable dans les applications de DPI aux innovations
utilisant des connaissances traditionnelles.
Jeudi, les délégués
procédèrent à l'examen de la révision de texte du
Président (UNEP/ CBD/WG8J/2/ SWG.II/CRP.2/Rev.1). Les
délégués approuvèrent une référence à l'évaluation de
l'Accord sur les Droits de Propriété Intellectuelle ayant
trait au Commerce (TRIPS), et en particulier de son l'Article
27.3(b). Le Brésil proposa la suppression des références
figurant dans le préambule et appelant à une
complémentarité entre les mesures prises au niveau national
et celui international et à une coopération avec l'OMPI. Les
délégués décidèrent d'inviter l'OMPI à explorer des
mécanismes, tels que celui de la divulgation du savoir
traditionnel utilisé dans les applications en matière de
DPI. Ils débattirent ensuite de l'opportunité d'insérer une
référence aux lois coutumières touchant aux stratégies de
protection, et s'accordèrent sur des stratégies basées sur
des approches respectueuses des lois et des pratiques
coutumières. Au sujet des activités du Groupe de Travail sur
la question des systèmes sui generis, l'Equateur, au
nom du GRULAC, s'opposa à l'insertion d'une référence à
l'OMPI. Le FIIB proposa de faire référence aux activités et
à la conduite des chercheurs et des institutions académiques,
comme thème pour études de cas.
Le Brésil requit que
l'élaboration de registres ou de bases de données aux
échelles nationales et communautaires soit assujettie aux
législations nationales. S'agissant de l'appel à la
fourniture d'une aide financière et technique, le FIIB
suggéra un renforcement des capacités communautaires dans le
domaine de l'élaboration des stratégies et des systèmes de
protection. Le délégué des Etats-Unis y introduisit un
amendement. L'Indonésie, avec Cuba, réintroduisit la
recommandation concernant les procédures de règlement des
différends ou d'arbitrage. Cela fut accepté, moyennant
l'insertion d'une référence à l'Article 27 (Règlement des
différends) de la CDB. Le Pérou recommanda, et le point fut
accepté, que l'OMPI transmette les documents pertinents au
Secrétaire Exécutif de la CDB, à titre d'information
générale pour les futures réunions du Groupe de Travail. Le
SGT-II approuva ensuite le texte révisé, plaçant entre
crochets le libellé appelant à une complémentarité entre
le Groupe de Travail et l'OMPI.
Vendredi, la Plénière de
clôture procéda à l'examen des recommandations contenues
dans le document UNEP/CBD/WG8J/2/L.7 concernant l'évaluation
des instruments disponibles, et en particulier ceux servant
les DPI, susceptibles d'avoir des implications pour la
protection des connaissances, des innovations et des practices
des communautés indigènes et locales. Comme suggéré par le
FIIB et soutenu par la Colombie, les délégués supprimèrent
le libellé crocheté appelant à une complémentarité entre
le programme du Groupe de Travail et les travaux de l'OMPI. Le
Groupe de Travail accepta aussi l'insertion d'un libellé
additionnel proposé le Groupe africain et appelant à
encourager et à aider l'Union Africaine à faciliter la mise
en application du Modèle de Législation Africain pour la
Reconnaissance et la Protection des Droits des Communautés,
des Agriculteurs et des Eleveurs Locaux et pour la Régulation
de l'Accès aux Ressources Biologiques. Au sujet des
activités du Groupe de Travail sur la question des systèmes sui
generis, les délégués débattirent de l'insertion d'une
référence au travail de l'OMPI. Le GRULAC suggéra la
suppression de la référence. L'UE et le Canada s'opposèrent
à cette dernière suggestion. Au terme de brèves
consultations informelles, le libellé approuvé prend en
ligne de compte le travail accompli par le Comité
Intergouvernemental de l'OMPI, en vue de promouvoir le soutien
réciproque. De nombreuses corrections furent également
introduites, puis la recommandation fut adoptée telle
qu'amendée.
Le Canada, appuyé par l'UE,
requit que le procès-verbal de la réunion reflète les
réserves des communautés indigènes et locales concernant:
l'accès non autorisé au, et l'utilisation non autorisé du,
savoir traditionnel, y compris pour l'établissement de bases
de données; la nécessité d'un contrôle communautaires; et
le besoin urgent de faciliter la participation dans la mise en
application de la CDB et dans les processus menant à
l'émergence de nouveaux régimes. L'orateur encouragea les
Parties à tenir des consultations avec les communautés
indigènes, y compris l'intégration de leurs représentants
dans les délégations nationales, et à faciliter leur
participation dans les fora axés sur les questions qui les
concernent.
Le libellé final:
Le texte final (UNEP/CBD/WG8J/2/L.7) note le caractère,
collectif ou autre, du savoir traditionnel et l'éventuelle
inadéquation des systèmes conventionnels d'application des
DPI pour le traitement de ses caractéristiques. Il reconnaît:
que la CDB est le principal instrument international pour le
traitement des questions ayant trait au respect, à la
préservation et au maintien du savoir traditionnel; que les
communautés indigènes et locales ont leurs propres systèmes
de protection et de transmission du savoir traditionnel, qui
sont partie intégrante de leurs lois coutumières; que les
lois et les politiques nationales nécessitaient d'être
renforcées et les synergies, développées; et que le
programme du Groupe de Travail et les travaux de l'OMPI
s'apportent un soutien réciproque. Le texte mentionne
également d'autres organes internationaux et
intergouvernementaux pertinents, les travaux du Groupe de
Travail sur l'APA, et le Modèle de Législation Africain pour
la Reconnaissance et la Protection des Droits des Communautés,
des Agriculteurs et des Eleveurs Locaux et pour la Régulation
de l'Accès aux Ressources Biologiques.
Le Groupe de Travail
recommande que la CdP, entre autres:
-
prenne note du travail
effectué dans d'autres fora pertinents et encourage la
poursuite de la collaboration entre eux et la CDB;
-
prenne note du processus
d'évaluation de l'Accord de l'OMC sur les TRIPS;
-
invite le Comité
Intergouvernemental de l'OMPI à promouvoir la
participation des communautés indigènes dans ses travaux
et à envisager des mécanismes pour la protection du
savoir traditionnel, tels que celui de la divulgation de
l'origine du savoir traditionnel pertinent utilisé dans
les applications ayant trait aux DPI;
-
requiert du Secrétaire
Exécutif, la compilation des données soumises par les
Parties, l'OMC et l'OMPI, concernant les mesures prises en
faveur de la protection du savoir traditionnel, et de la
mettre à disposition à travers le MEI;
-
invite les Parties et
les organisations indigènes et autres à soumettre des
études de cas, pour dissémination à travers le MEI;
-
invite à la fourniture
d'une aide financière et technique pour la mise en place
de des registres idoines et pour le renforcement des
capacités des communautés dans le domaine de
l'élaboration des systèmes de protection; et
-
invite à l'échange des
expériences vécues dans le domaine de l'intégration
d'éléments de lois coutumières dans la législation
nationale.
Les Parties et les
gouvernements sont invités: à élaborer et à mettre en
œuvre, avec la participation des représentants des
communautés indigènes et locales, des stratégies pour la
protection du savoir traditionnel, basées sur une combinaison
d'approches appropriées respectueuses des lois et des
pratiques coutumières; et à examiner, sur requête des
communautés indigènes, la faisabilité de l'établissement
de registres nationaux et communautaires du savoir
traditionnel, en tenant compte de questions telles que celles
ayant trait aux modalités et aux termes devant encadrer
l'accès, et aux conditions de sécurité et de
confidentialité.
S'agissant des systèmes sui
generis, le texte final recommande que la CdP requiert du
Groupe de travail, de traiter la question des systèmes sui
generis en se focalisant sur un certain nombre de points
spécifiques et en tenant compte du travail accompli par le
Comité Intergouvernemental de l'OMPI et par les autres
initiatives existantes.
Au sujet des mécanismes de
protection, la CdP est conseillée:
-
d'encourager la
coordination entre les organes nationaux chargés des DPI,
les correspondants de la CDB et communautés indigènes et
locales, avec une référence particulière aux
initiatives en matière de documentation et de mise en
place de registres communautaires du savoir traditionnel;
-
d'encourager les projets
pilotes pour l'évaluation de l'efficacité des systèmes
disponibles dans la protection du savoir traditionnel;
-
d'encourager la
divulgation de l'origine du savoir traditionnel pertinent
utilisé dans les applications en matière de DPI;
-
d'exhorter les Parties
à considérer la prise en considération des dispositions
de la CDB concernant le consentement éclairé préalable
et les termes mutuellement approuvés, dans les
applications en matière de DPI, et de tenir compte du
savoir traditionnel dans l'examen des "mesures
nouvelles et inventives" devant régir les
applications brevetés; et
-
d'inviter les Parties à
considérer l'établissement de procédures appropriées
de règlement des différends ou d'arbitrage, y compris
l'Article 27 de la CDB, pour le traitement des cas posés
aux DPI ayant trait au savoir traditionnel.
LES MECANISMES POUR LA
PARTICIPATION DES COMMUNAUTES INDIGENES ET LOCALES
Mardi, le Secrétariat
introduisit le document portant sur les mécanismes pour la
participation des communautés indigènes et locales, qui
renferme des chapitres consacrés au thèmes du renforcement
des capacités, des mécanismes de participation, du
financement et des recommandations particulières concernant
l'implication des communautés indigènes et locales dans les
processus décisionnels portant sur le savoir traditionnel et
les travaux de la CDB (UNEP/CBD/ WG8J/2/ 4). Au cours du
débat général autour du document, le porte-parole du St’at’imc
Chiefs Council mit en relief l'absence de mécanismes et
d'information favorisant une vraie participation des peuples
indigènes dans les négociations de la CDB, notant que la
reconnaissance des droits et des titres fonciers des peuples
indigènes sont essentiels à la continuation de la réussite
de la CDB. Le Sénégal mit l'accent sur le manque de
ressources pour la participation des délégués
gouvernementaux et des représentants des peuples indigènes
dans les réunions internationales. Les délégués notèrent
également le besoin d'une variété d'approches permettant de
refléter la diversité des groupes indigènes.
Au sujet des recommandations,
l'UE proposa l'élaboration de lignes directrices devant
encadrer les mécanismes de participation. La Bolivie, le
Brésil et le Canada s'y opposèrent. Le Canada suggéra de
solliciter des exemples modèles. Les délégués discutèrent
de la terminologie devant être employée pour la désignation
des parties prenantes dans la recommandation appelant à des
mécanismes d'échelle nationale, le FIIB notant que les
communautés indigènes et locales sont des ayants droits et
non de simples parties prenantes. Le Canada proposa d'élargir
la recommandation appelant à un processus de concertation
avec d'autres conventions environnementales de manière à y
inclure des organes pertinents tels que l'OMPI. Le Brésil et
la Colombie suggéra la suppression de la recommandation. Le
Sénégal, avec le Rwanda, proposèrent que les communautés
indigènes et locales soient invitées à mettre en place des
stratégies de communication. Le délégué des Etats-Unis
souligna le besoin d'efforts en matière de renforcement des
capacités pour la participation des représentants des
communautés indigènes dans les réunions internationales.
Les délégués proposèrent aussi l'insertion de références
au savoir détenu par les femmes, à la désignation de
correspondants indigènes pour le MEI, aux études de cas
portant sur les expériences nationales, et à la
participation des autorités nationales compétentes.
Mercredi, les délégués
procédèrent à l'examen du texte du Président (UNEP/CBD/
WG8J/2/SWG.II/CRP.1), qui renferme des éléments tirés de la
discussion précédente. Le Canada suggéra la suppression de
la recommandation requérant du Groupe de Travail
l'identification des éléments nécessaires à
l'établissement des mécanismes de participation. Au sujet de
la concertation avec les conventions environnementales
pertinentes, le Brésil, au nom du GRULAC, suggéra de
mentionner des exemples de ces conventions. La Convention sur
la Lutte Contre la Désertification (CCD) mit en relief son
travail sur le thème du savoir traditionnel.
Au sujet des stratégies
nécessaires au travail de conscientisation et à l'accès à
l'information, les délégués proposèrent l'insertion d'une
référence aux phases de mise en application et d'évaluation.
La Côte d’Ivoire, le Kenya et le Sénégal soulignèrent le
besoin d'une représentation propre des communautés
africaines. Au sujet du renforcement des capacités pour la
participation des communautés indigènes dans les processus
décisionnels, le Niger requit l'insertion d'une référence
aux niveaux régional et sous-régional. Fidji nota que les
gouvernements doivent également avoir accès à l'information
concernant les financements. L'UE, avec la Côte d’Ivoire,
suggéra que le FEM accorde une préférence aux projets
incluant la participation des communautés indigènes et
locales.
Le FIIB recommanda que les
mécanismes de participation reconnaissent le principe du
consentement élairé préalable. Le Canada désapprouva,
arguant que l'Article 8(j) n'incluait pas d'obligations
concernant ce thème. L'Université de Saskatchewan, appuyée
par le Canada, l'EU et le Sri Lanka, proposa l'insertion d'un
libellé appelant à la mise en place de mécanismes de
communication entre les communautés indigènes et locales.
Les délégués suggérèrent aussi d'inviter d'autres organes
internationaux à soutenir la participation des communautés
indigènes, et l'insertion dans le préambule d'une
référence au Principe 10 de la Déclaration de Rio
(Participation).
Jeudi, le Président du
SGT-II, Thomas, introduisit la révision de texte du
Président (UNEP/CBD/WG8J/2/SWG.II/CRP.1/Rev.1). Au sujet de
l'élaboration et de l'utilisation d'un rapport de synthèse
sur les mécanismes de participation, le Brésil et l'Equateur
proposèrent l'insertion d'un libellé reconnaissant la
diversité des conditions et des situations nationales. Au
sujet des mécanismes de communication, le FIIB proposa une
référence au Réseau Indigène d'Information concernant la
Biodiversité (IBIN). Faisant référence au libellé
consacré au FEM, l'UE recommanda que la CdP procède à la
revue et à la mise à jour de ses directives, conformément
aux contributions apportées par le Groupe de Travail. Le FEM
proposa l'insertion d'un libellé sur ses politiques dans le
domaine de l'implication du public.
Au sujet de la
recommandation appelant au soutien du renforcement des
capacités, les délégués débattirent d'une référence
portant sur les dus juridiques et la reconnaissance des droits.
Au sujet de l'établissement de mécanismes de participation,
le Brésil proposa la suppression de la référence à la
participation des communautés indigènes dans la gestion de
la biodiversité, arguant que la gestion n'est pas traitée
dans le cadre de l'Article 8(j). La Bolivie y fit objection.
Le FIIB rappela que le mandat du Groupe de Travail englobe le
traitement des dispositions de la CDB relatives à l'Article
8(j). Après un long débat, les délégués s'accordèrent
sur un libellé appelant à la promotion de la participation
des communautés indigènes dans la gestion de la
biodiversité, là où ces communautés et les gouvernements
jugent approprié, et encourageant la fourniture d'efforts
dans le domaine du renforcement des capacités pour faciliter
l'accès des communautés indigènes et locales à une
protection juridique nationale et internationale en faveur de
leur savoir traditionnel.
Vendredi, la Plénière de
clôture adopta le texte final dans amendements de fond.
Le libellé Final:
Le texte final (UNEP/CBD/WG8J/2/L.6) recommande que la CdP
invite les Parties et autres entités à soumettre les
données concernant les expériences nationales, les études
de cas et les bonnes pratiques dans le domaine des mécanismes
de participation, en vue de leur synthèse dans un rapport
devant servir de plate-forme à l'établissement de
mécanismes nationaux et locaux pour la promotion de la
participation des communautés indigènes dans les processus
décisionnels ayant trait au savoir traditionnel. Il requiert
du Secrétaire Exécutif:
-
l'exploration des
sources de financement potentielles pour la facilitation
de la participation des communautés indigènes dans les
réunions de la CDB;
-
l'établissement d'un
groupe d'experts pour l'élaboration des rôles et des
responsabilités des correspondants du MEI chargés de
l'Article 8(j);
-
la concertation avec les
secrétariats d'autres conventions environnementales
pertinentes, telles que la CCD, la CCCC, la Convention de
Ramsar, la Convention sur les Espèces Migratrices et la
Convention sur le Commerce International des Espèces de
Faune et de Flore Menacées d'Extinction, pour explorer
les possibilités de collaboration sur la question de
participation et d'implication des communautés indigènes
et locales dans les discussions sur le thème du savoir
traditionnel; et
-
la communication avec le
Forum Permanent des Nations Unies sur les Questions
Indigènes, la CNUCED, l'UNESCO, l'OMPI et d'autres
organes intergouvernementaux pour l'exploration des
domaines de coordination et de collaboration possibles.
Le texte final exhorte les
Parties et autres entités:
-
à renforcer les efforts
visant à soutenir le renforcement des capacités pour la
participation des communautés indigènes dans les
processus décisionnels ayant trait au savoir traditionnel
et pour l'accès à une protection juridique nationale et
internationale en faveur du savoir qui est le leur;
-
à promouvoir, là où
jugé approprié par les gouvernements et les communautés,
la participation des peuples indigènes dans la gestion de
la biodiversité;
-
à soutenir la mise en
place de mécanismes de communication, comme l'IBIN, entre
les communautés indigènes et locales; et
-
à procéder à
l'élaboration, à la mise en œuvre et à l'évaluation,
avec les communautés indigènes et locales, de
stratégies pour la promotion de la conscientisation et
l'amélioration de l'accès à l'information ayant trait
à l'Article 8(j).
Il requiert, par ailleurs,
des agences de financement, et en particulier le FEM, la mise
à disposition de l'information concernant leurs activités et
procédures de financement, et invite le FEM à accorder une
préférence, le cas échéant, aux projets contenant des
éléments favorisant la participation des communautés
locales, et à appliquer les politiques du FEM en matière
d'implication du public pour soutenir la participation pleine
et effective des communautés indigènes et locales.
LA PLENIERE DE CLOTURE
Après l'adoption des
recommandations de la réunion (UNEP/ CBD/WG8J/2/L.2-7) et du
rapport de la réunion (UNEP/CBD/ WG8J/ 2/L.1), plusieurs
délégués présentèrent des déclarations de clôture.
Le Canada présenta l'Initiative
Equateur, parrainée par le PNUD en partenariat avec le
gouvernement canadien et d'autres entités, qui reconnaîtra
les communautés rurales et indigènes ayant adopté des
moyens de subsistances durables utilisant les ressources
biologiques, dans les pays tropicaux. Le délégué des
Pays-Bas invita toutes les Parties et les représentants du
FIIB à prendre part à la réunion de la CdP-6 prévue à La
Haye.
Plusieurs délégations,
dont le Togo, au nom du Groupe Africain; l'Equateur, au nom du
GRULAC; Fidji, au nom des Etats Insulaires du Pacifique;
l'Espagne, au nom de l'UE; la Norvège, au nom de JUSCANNZ; la
Lettonie, au nom des Pays d'Europe Centrale et de l'Est; et le
Costa Rica, remercièrent le Secrétariat et le gouvernement
du Canada pour l'excellente préparation de la réunion, et
les représentants des communautés indigènes et locales,
pour leur participation.
Le FIIB souligna que le
savoir traditionnel des peuples indigènes est la clef de
l'inversion du processus des pertes de la biodiversité.
L'orateur nota que de nombreuses questions importantes sont
restées en suspens, notamment celles concernant:
l'autodétermination; la propriété et le contrôle de
l'accès aux ressources; l'exercice des lois coutumières; le
consentement éclairé préalable; l'inadéquation des
systèmes de DPI en vigueur pour la protection du savoir
indigène; le contrôle du savoir traditionnel; l'absence
d'imputabilité; la permanence du déséquilibre entre le Nord
et le Sud; la participation des femmes; et les liens entre le
Groupe de Travail sur l'APA et le Groupe de Travail sur
l'Article 8(j).
Le Secrétaire Exécutif de
la CDB, Hamdallah Zedan, déclara que cette réunion
constituait un jalon important dans les préparatifs du SMDD
et de la CdP-6. Il souligna que l'engagement et les efforts
des participants ont prouvé que la CDB est un forum efficace
pour la garantie du respect, de la préservation et du
maintien du savoir traditionnel et pour l'expression des vues
des communautés indigènes et locales.
Un représentant âgé des
communautés indigènes du Costa Rica se félicita de l'esprit
de coopérative qui a prévalu tout au long de la réunion et
grâce auquel les nations et les peuples indigènes ont
travaillé ensemble dans le cadre d'un effort visant à
protéger la Terre. L'orateur souligna que les êtres humains
ont la responsabilité de réfléchir à la portée de leurs
actes. Le Président Fisher clôtura la réunion à 14h20.
BREVE ANALYSE DE LA SECONDE
REUNION DU GROUPE DE TRAVAIL SUR L'ARTICLE 8(j)
En comparaison avec les
précédentes réunions sur le thème du savoir traditionnel,
la seconde réunion du Groupe de Travail sur l'Article 8(j)
s'est déroulée de manière plus calme et plus formalisée.
Beaucoup estiment que cela est un reflet de la maturation du
processus, alors que l'atelier de Madrid est resté
généralement dans les esprits, certes, pour les percées qui
y avaient été enregistrées, mais également pour le chaos
qui a marqué les échanges de points de vue et l'exploration
des procédures de la participation. La réunion suivante, qui
s'est tenue à Séville, s'était vu également présenter un
large éventail de contributions, mais avait réussi à
procéder à une rationalisation de l'organisation et des
procédures opérationnelles. Cette réunion avait ainsi
franchi une étape vers l'intégration des discussions autour
de l'Article 8(j) dans la CDB, leur permettant de se détacher
des vues qui voulaient faire de ce thème, un sujet plus
ésotérique inscrit dans le cadre de la Convention.
Nonobstant ces avancées et
la formalisation du programme de travail à la CdP-5, on avait
encore le sentiment que les tâches assignées à cette
réunion restaient trop vagues et sans doute non gérable,
compte tenu de leur complexité à la fois politique et
technique ainsi que de la limitation du temps qui restait à
la production des recommandations pratiques. Les questions les
plus substantielles soulevées au cours des discussions sur le
sujet de participation, à la fois dans processus décisionnel
de la CDB et dans les activités de mise en application au
niveau national, et sur la délimitation de la juridiction de
la CDB concernant les questions ayant trait au savoir
traditionnel dans l'arène des instruments internationaux en
matière de DPI. Derrière cela, toutefois, il y a la question
plus fondamentale du décalage entre les perspectives
gouvernementales et celles des communautés indigènes. Cette
brève analyse tentera d'abord d'explorer ces perspectives
divergentes puis d'examiner les questions touchant à la
participation et au DPI.
LES PERSPECTIVES
Les réunions précédentes
avaient explicitement noté une divergence des points de vue
entre les délégués gouvernementaux et les représentants
des peuples indigènes sur la société, la science et
l'environnement. Ces différentes perspectives ont continué
à se manifester dans les discussions de cette réunion, bien
que de manière plus implicite. Les représentants indigènes
ont réitéré leurs préoccupations d'avoir eu à constater
que les discussions manquaient de sensibilité aux
interconnections entre le savoir traditionnel, les facteurs
culturels et des droits sur la terre et les ressources. Comme
dans les discussions menées au sein des fora des Nations
Unies sur les Droits de l'Homme, l'approche des représentants
indigènes concernant l'Article 8(j) est principalement basée
sur la notion de droits, axée sur les thèmes
d'autodétermination, de gouvernance et des droits
territoriaux et culturels, comme autant d'éléments
précurseurs nécessaires, pour garantir la protection du
savoir traditionnel. A l'opposé, certains ont argué que dans
le processus de la CDB, les gouvernements appréhendent le
sujet, principalement, du point de vue basée sur le processus
de gestion de l'environnement et du savoir, qui sépare le
savoir traditionnel de son contexte original. L'un des sujets
de discussion dans lequel cette divergence s'est manifesté,
était celui du rapport composite concernant la situation
présente et les tendances. Les représentants indigènes ont
déclaré avoir l'impression d'être condamnés à être
"étudiés jusqu'à la mort," persuadés que
l'élaboration d'un nouveau rapport, un de plus, n'aboutira à
aucune action concrète visant à arrêter leurs affres.
Cette divergence des points
de vue soulève des questions fondamentales sur le rôle, la
pertinence et les liens entre les droits collectifs et les
lois coutumières des peuples indigènes, et les systèmes
juridiques nationaux et les instruments internationaux. A cet
égard, la perspective verticale contestable des législations
internationales et, dans bien des cas, de celles nationales
est souvent en porte à faux avec les efforts consentis par
les peuples indigènes pour le développement de modèles
propres, fondées sur leurs identités particulières et leur
attachement spirituel à la terre et à l'environnement. Cela
devait mener inévitablement à des débats sur le statut
juridique, la viabilité et la compatibilité des modèles
indigènes avec les modèles juridiques conventionnels, et
plus particulièrement, sur le respect des lois coutumières
et sur les réserves concernant les législations nationales.
LA PARTICIPATION
Les délégués indigènes
ont réitéré leurs préoccupations concernant l'absence de
mécanismes adéquats pour une participation efficace et
sensée, retraçant les débats antérieurs menés au sein du
Groupe de Travail, ainsi que dans d'autres fora ayant trait à
la CDB et au thème des DPI. Ils ont fait part de leur
frustration que les débats pertinents ont proliféré dans
nombre de fora épars allant des organes de l'ONU chargés des
droits de l'homme à la CBD, et plus récemment l'OMPI et la
CNUCED. Nombre de délégués indigènes ont pris part à
cette réunion, mais le manque de ressources, d'expertises
technique et juridique, et d'accès à l'information continue
à entraver leur participation pleine et effective. La
réunion a été également marquée par quelques absences
notables, notamment celles de l'Australie, de la Malaisie et
la Russie, ainsi que par le faible niveau de participation des
ONG, par rapport à celui habituel dans d'autres réunions de
la CDB. Dans les discussions proprement dites, les délégués
gouvernementaux et les représentants devaient ensemble noter
que le processus a mûri suffisamment pour permettre à ces
derniers un niveau de contribution sans précédent dans
l'élaboration même du texte et dans l'implication dans les
groupes de contact.
La participation reste
également aussi un sujet chaud posé au niveau national. On
s'est interrogé sur le point de savoir si une
"participation pleine et effective" devait
signifiait un rôle consultatif dans les processus
décisionnels et de mise en application, ou un rôle plus
actif dans l'élaboration des programmes et des instruments de
gestion et de protection du savoir traditionnel. Cela était
particulièrement rendu dans les débats sur les évaluations
d'impact, qui ont placé dos à dos, le rôle des
gouvernements dans la conduite de ces évaluation, et les
droits et les rôles des populations affectées par les
projets de développement.
LA PROTECTION
Le sujet de l'attention
devant être accordée à la protection du savoir traditionnel
à proliféré dans différents fora internationaux ces
dernières années, en particulier dans les travaux de l'OMPI,
de la CNUCED et de l'OMC. Beaucoup interprètent cet intérêt
accru comme une reconnaissance de l'importance des questions
touchant à la protection du savoir traditionnel, tout en
admettant que cela a soulevé des questions complexes sur le
rôle et la juridiction des instruments juridiques
indépendants. Certains délégués gouvernementaux et
représentants indigènes ont cherché à protéger le rôle
de la CDB, notant que l'OMPI, en tant que forum ayant trait
aux aspects commerciaux, a une orientation plus commerciale
qui n'est sans doute pas la plus appropriée pour le
traitement des préoccupations concernant un sujet tel que
celui du savoir traditionnel, et qu'il est moins transparent
et moins ouvert à la participation. Les discussions autour de
la responsabilité de l'élaboration des éléments des
systèmes sui generis et des bases de données et des
registres destinés à la protection du savoir traditionnel
n'ont pas manqué de le refléter. Le débat sur les systèmes
sui generis n'est pas allé loin dans les détails
importants, même si des questions ont été soulevées quant
au besoin d'examiner et de tester les nouveaux systèmes ou de
simplement procéder à l'évaluation de l'adéquation des
instruments disponibles aux niveaux national et international.
Le Groupe de Travail a
éconduit rondement l'idée de l'élaboration d'une base de
données ou d'un registre de dimension internationale, qui
figure actuellement dans le programme de travail de l'OMPI.
Les délégués des pays en développement et les
représentants indigènes ont ensemble noté la focalisation
de l'OMPI sur le rôle de la propriété intellectuelle dans
le commerce et le développement, craignant de voir une base
de données de dimension internationale, venir faciliter
l'accès au, et réduire le contrôle du, savoir traditionnel.
Ces mêmes intervenants ont argué que des registres de
dimension locale ou nationale sont préférables pour le
maintien du sentiment de propriété des indigènes à
l'égard de leur savoir et leur contribution à la
conservation et à l'utilisation durable de la biodiversité.
Dans les discussions en
rapport, certains participants ont également souligné que
bon nombre de connaissances traditionnelles qui se trouvent
actuellement dans le domaine public y ont été placées par
des parties tierces, telles que des universitaires ou des
chercheurs, sans le consentement des détenteurs du savoir
d'origine. La question refera surface lorsque le Groupe de
Travail viendra à traiter du sujet du rapatriement du savoir
traditionnel, même si certains délégués, à propos de la
question similaire des droits sur les ressources ex situ collectées
avant l'entrée en vigueur de la CDB, ont opiné que la
discussion a constitué une sorte d'hors-d'œuvre politique
qui ne dit pas son nom.
LES PROCESSUS ET LES
DÉMARCHES PROSPECTIVES
Les d�bats, sans doute
in�vitables sur les liens entre les droits des communaut�s
indig�nes d'une part et les l�gislations nationales et la
souverainet� des Etats d'autre part, continuent � causer des
soucis. Certains pays, dont l'Argentine, le Br�sil et le
Canada, ont plaid� pour le maintien des pr�rogatives de leur
souverainet� nationale et de la primaut� de l'autorit� et
des l�gislations nationales. Les tractations �videntes qui
ont marqu� les d�lib�rations du Groupe de Travail visaient
� parvenir � une formulation �quilibr�e et pas trop
normative pour l'encouragement de l'engagement en faveur de la
mise en application, aux fins d'offrir des opportunit�s
d'interpr�tation souple et de nouveaux d�veloppements. La
r�it�ration des r�f�rences � la l�gislation nationale
"le cas �ch�ant" et l'utilisation du terme
"invite" � la place et lieu du terme
"encourage," ont amen� l'un des Copr�sidents �
�tablir une analogie et � deviser que les nuances dans les
textes juridiques refl�taient parfois, la possibilit� d'un
choix entre un matelas de duvet et un matelas � eau � aussi
doux, l'un que l'autre.
Des questions ont �t�
soulev�es autour du savoir traditionnel en tant que th�me
intersectoriel, en particulier dans d'autres discussions de la
CDB, comme le travail du SBSTTA sur le th�me des �valuations
d'impact et le processus sur le th�me de l'APA. Quelques
d�l�gu�s ont exprim� leurs craintes de voir les activit�s
du Groupe de Travail sur le sujet des �valuations d'impact
�tre subsum�es par le SBSTTA, mettant par la m�me l'accent
sur les approches scientifiques et techniques au d�triment
des pr�occupations culturelles et sociales.
Pensant � la CdP-6 et
compte tenu du volume des t�ches � l'ordre du jour, la
plupart des d�l�gu�s ont d�clar� qu'ils s'attendent,
d'ores et d�j�, � de longues journ�es et de longues nuits
� La Haye. Peu pensent que la CdP aura jamais le temps de
s'attarder sur les divergences entre les approches
coutumi�res et conventionnelles � l'endroit du savoir
traditionnel ou sur la question politique des droits et des
responsabilit�s. Le d�fi � relever alors, en particulier
pour ce qui est de l'Article 8(j), consiste � maintenir
l'enthousiasme et l'engagement en faveur de la mise en
application du programme de travail au niveau national, au
sein de la CDB et � travers les divers fora internationaux en
rapport.
A SUIVRE D'ICI LA CdP-6
TROISIEME ATELIER REGIONAL
SUR L'UTILISATION DURABLE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE:
Cette r�union se tiendra � Quito, en Equateur, du 18 au 21
f�vrier 2002. Pour de plus amples renseignements, contacter:
CBD Secretariat; tel: +1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588;
e-mail: secretariat@biodiv.org;
Internet: http://www.biodiv.org/doc/notifications/2001/ntf-2001-12-14-suse-en.pdf
SECONDE SESSION DU FORUM DES
NATIONS UNIES SUR LES FORETS: La
FNUF-2 se d�roulera au si�ge de l'ONU � New York, du 4 au
15 mars 2002. Cette r�union inclura un segment minist�riel
de haut niveau. Pour plus de d�tails, contacter: Mia
Soderlund, UNFF Secretariat; tel: +1-212-963-3262; fax:
+1-212-963-4260; e-mail: unff@un.org;
Internet: http://www.un.org/esa/sustdev/unff_2002_ssm.htm
REUNION DU CONSEIL DE L'OMC
SUR L'ACCORD TRIPS: Cette r�union
aura lieu au si�ge de l'OMC � Gen�ve, du 5 au 7 mars 2002.
Pour davantage d'informations, contacter: WTO Secretariat; tel:
+41-22-739-5111; fax: +41-22-739-5783; e-mail: enquiries@wto.org;
Internet: http://www.wto.org/english/tratop_e/trips_e/trips_e.htm
PREPCOM III DU SMDD:
Cette r�union est pr�vue au si�ge de l'ONU � New York, du
25 mars au 5 avril 2002. Pour plus de d�tails, contacter:
Andrey Vasilyev, DESA; tel: +1-212-963-5949; fax:
+1-212-963-4260; e-mail: vasilyev@un.org;
Pour tous renseignements concernant la participation des
principaux groupes sociaux, contacter: Zehra Aydin-Sipos; tel:
+1-212-963-8811; fax: +1-212-963-1267; e-mail: aydin@un.org;
Internet: http://www.johannesburgsummit.org
SEPTIEME CONFERENCE
INTERNATIONALE SUR LES DROITS DE LA FAUNE ET DE LA FLORE
SAUVAGE: Parrain�e par
l'Association Am�ricaine pour le Droit International, cette
r�union aura lieu � Washington, DC, le 30 mars 2002. Pour de
plus amples informations, contacter: William Burns, Wildlife
Interest Group; tel: +1-650-281-9126; fax: +1-801-838-4710;
e-mail: asilwildlife@pacbell.net;
Internet: http://eelink.net/~asilwildlife/programs2.shtml
SIXIEME CONFERENCE DES
PARTIES DE LA CDB: La CdP-6 de la
CDB est pr�vue � La Haye, aux Pays-Bas, du 7 au 19 avril
2002. La CdP devrait y recevoir les rapports des organes
subsidiaires, du Secr�taire Ex�cutif de la CDB et du FEM, et
l'�valuation de la mise en application du programme de
travail, et aurait � se focaliser sur les questions: de
biodiversit� foresti�re; des esp�ces invasives; d'acc�s et
de partage des avantages; et, sur le plan strat�gique, les
rapports nationaux et les op�rations de la Convention. Pour
plus de renseignements, contacter: CBD Secretariat, Montreal,
Canada; tel: +1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail: secretariat@biodiv.org;
Internet: http://www.biodiv.org/meetings/cop-06.asp |