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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 09 No. 227
Vendredi 8 Février 2002
LES FAITS MARQUANTS DU GROUPE
DE TRAVAIL SUR L'ARTICLE 8(j)
JEUDI 7 FEVRIER 2002
Les délégués prés de la
seconde réunion Intersessions du Groupe de Travail Spécial,
de Composition Non Limitée, sur l'Article 8(j) et les Clauses
en Rapport de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB)
se sont réunis, tout au long de la journée, dans deux
sous-groupes de travail. Le Sous-groupe de Travail I (SGT-I)
s'est penché sur les papiers de salle de conférence (PSC)
consacrés aux recommandations préliminaires concernant les
évaluations de l'impact culturel, environnemental et social,
et au plan du rapport composite sur la situation actuelle et
les tendances. Le Sous-groupe de Travail II (SGT-II), qui
s'est également réuni dans la soirée, a planché sur les
PSC consacrés aux mécanismes de participation et à
l'évaluation des instruments existants, en particulier ceux
ayant trait aux droits de propriété intellectuelle (DPI).
LE SOUS- GROUPE DE TRAVAIL I
LES EVALUATIONS D'IMPACT: Le
Coprésident du SGT-I, John Herity (Canada) introduisit la
révision de texte du Président (UNEP/CBD/WG8J/2/ SWG-I/CRP.1/Rev.2).
Le FORUM INDIGENE INTERNATIONAL SUR LA BIODIVERSITE (FIIF)
réitéra ses réserves concernant la réduction des
directives à de simples principes ou recommandations. Au
sujet du Préambule, les délégués ont débattu du point de
savoir si la CdP doit adopter ou entériner la recommandation.
Les délégués apportèrent
leur appui à la proposition avancée par la NORVEGE et
appelant à encourager les Parties à observer ces
recommandations en attendant la finalisation des directives.
Le FIIB souligna l'importance de l'évaluation de l'impact
culturel, social et socioéconomique. Le FIIB, appuyé par la
NORVEGE et l'UE, mais contré par l'ARGENTINE et le BRESIL,
recommanda que le Secrétariat poursuive l'élaboration des
recommandations et qu'elles soient maintenues comme partie
intégrante du mandat du Groupe de Travail plutôt que de les
transférer au SBSTTA. L'UE proposa que la troisième réunion
du Groupe de Travail réexamine les dispositions devant régir
la conduite des évaluations d'impact de manière à servir de
complément aux lignes directrices du SBSTTA, en particulier,
pour ce qui est des procédures et des institutions. La NATION
SHUSWAP souligna la nécessité de traiter les questions de
fond et nota que les peuples indigènes comptaient sur la
communauté internationale pour la défense de leurs droits.
Au sujet du rôle des agences de financement et de
développement dans la facilitation de l'intégration des
recommandations dans les politiques devant encadrer les
évaluations d'impact, FIDJI, appuyée par le FIIB, ajouta une
référence aux pays en développement et aux pays les moins
avancés, mettant en exergue les petits Etats insulaires.
Le Président du groupe de
contact introduisit l'Annexe renfermant les recommandations
préliminaires. Au sujet de la détermination des propositions
concernant les effets potentiels des espèces invasives non
autochtones et des OGM, la SUEDE, appuyée par l'ETHIOPIE, la
TUNISIE, l'ARGENTINE et le MEXIQUE, préféra l'utilisation du
terme OVM (organismes vivants modifiés) au terme OGM, et
proposa l'insertion d'une référence à la législation
internationale pertinente. L'ETHIOPIE ajouta une référence
à la biosécurité. La TUNISIE approuva mais mit en garde que
certains pays ne disposent pas de mécanismes pour le
contrôle des OGM. Le MEXIQUE fit référence au effets
culturels et sociaux possibles des pratiques coutumières des
communautés indigènes et locales, y compris dans les
domaines alimentaire et médicinal. L'ARGENTINE fit remarquer
qu'une référence aux pratiques coutumières déborderait du
cadre du mandat de la CDB et empêcherait la finalisation du
projet de texte. Les délégués ne parvinrent pas à
s'accorder sur le libellé concernant les OVM et le placèrent
entre crochets pour considération par la CdP-6.
Dans le chapitre des
dispositions générales, la SUEDE, avec des amendements
introduits par le LIBERIA et le FIIB, suggéra que les
procédures d'évaluation et les plans de développement
considèrent l'inclusion de dispositions permettant de
s'assurer du consentement éclairé, libre et préalable des
communautés indigènes et locales. Le CANADA proposa la
suppression du libellé, et les délégués décidèrent de
transmettre la question à la CdP-6. Au sujet de l'impératif
de respecter les droits humains des communautés indigènes et
locales, l'UE, contrée par le CANADA, encouragea l'inclusion
des droits environnementaux. Le CANADA proposa que tous les
droits humains y compris les droits sociaux et culturels et
tous les droits liés à l'environnement soient respectés. La
formulation fut acceptée.
Le PSC fut ensuite approuvé.
LE RAPPORT COMPOSITE SUR LA
SITUATION PRESENTE ET LES TENDANCES: Le
Coprésident Herity rouvrit les discussions sur la révision
du plan du rapport composite élaborée par le Président (UNEP/CBD/WG8J/2/SWG.I/
CRP.2). FIDJI encouragea les Parties à organiser des ateliers
nationaux pour s'assurer de la participation des communautés
indigènes et locales dans la finalisation du report. L'UE
proposa que l'intitulé précise que le rapport doit examiner
la situation actuelle et les tendances des connaissances, des
innovations et des pratiques des communautés indigènes et
locales, "pertinentes à la conservation et à
l'utilisation durable de la biodiversité." Appuyée par
le CANADA, L'UE suggéra aussi que l'information contenue dans
le rapport serve à faire avancer le programme de travail
retenu pour l'Article 8(j), plutôt que comme plate-forme pour
l'identification des objectifs et l'élaboration du cadre du
plan d'action. Le FIIB mit en relief l'impératif du respect
des "code éthique/lignes directrices" des
communautés indigènes et locales, qui englobent le besoin
d'obtenir leur permission et/ou consentement pour pénétrer
dans les communautés et mener des recherches.
Au sujet des thèmes
éventuels devant figurer dans le rapport, le CANADA s'opposa
à la référence appelant à l'utilisation du savoir
traditionnel pour le maintien des pratiques coutumières dans
la gestion de la biodiversité. Le FIIB requit son maintien.
Les délégués décidèrent que le rapport englobera une
étude sur la faisabilité de l'utilisation du savoir
traditionnel pour le maintien des pratiques coutumières dans
la gestion, la conservation et l'utilisation durable de la
biodiversité. Au sujet des liens avec la diversité
biologique, culturelle et linguistique, le FIIF recommanda le
traitement du problème de la réduction importante
enregistrée dans les chiffres démographiques des populations
indigènes.
Au sujet des tendances de la
mise en application de l'Article 8(j), le délégué des
PHILIPPINES requit l'insertion d'une référence aux effets de
la mondialisation. Les délégués approuvèrent la
proposition de l'UE de supprimer le libellé appelant le FEM
à fournir aux Parties, un financement pour la couverture de
l'élaboration de la contribution nationale devant être
versée dans le rapport.
Le PSC fut ensuite approuvé.
LE GROUPE DE TRAVAIL II
LES MECANISMES DE
PARTICIPATION: Le Coprésident du
SGT-II, Linus Thomas (Grenade) introduisit le projet de texte
révisé (UNEP/CBD/WG8J/2/SWG.II/CRP.1/Rev.1). Au Sujet de
l'élaboration et de l'utilisation d'un rapport de synthèse
sur le thème des mécanismes de participation, le BRESIL et
l'EQUATEUR proposèrent l'insertion d'un libellé
reconnaissant la diversité des conditions et des situations
prévalant à travers les Etats. L'UE, avec le SENEGAL, requit
que le financement nécessaire à la participations des
communautés indigènes dans les réunions de la CDB soit
exploré pour toutes les régions géographiques. Au sujet des
mécanismes de communication, le FIIB proposa une référence
au Réseau d'Information des Communautés Indigènes sur la
Biodiversité.
Le CANADA proposa que
l'élaboration, la mise en œuvre et l'évaluation des
stratégies nécessaires aux domaines de la conscientisation
et de l'accès à l'information soient mises en place en
coopération avec les communautés indigènes et locales.
Faisant référence au libellé consacré au FEM, l'UE nota
que la CdP devrait procéder à la revue et à la mise à jour
de ses directives, conformément au contenu des contributions
apportées par le Groupe de Travail. Le FEM proposa d'amender
le libellé de manière à s'y référer à ses politiques en
matière d'implication du public. Au sujet de la proposition
du FIIB appelant le FEM à fournir des financements à toutes
les régions géographiques, le FEM nota que ses critères
d'éligibilité restreignent le soutien, au seuls pays en
développement.
Le BRESIL et le CANADA
proposèrent que les références à la préservation, au
maintien et à l'utilisation du savoir traditionnel soient
pertinentes à la conservation et à l'utilisation durable de
la biodiversité. Le FIIB y fit objection. Au sujet du
libellé appelant au soutien du renforcement des capacités,
L'INDE suggéra que les communautés reçoivent leurs "dus
légaux" découlant de leurs savoirs traditionnels.
L'INDONESIE proposa l'insertion d'une référence à la
reconnaissance des droits. Le CANADA nota que le traitement de
la question des droits déborde le mandat du Groupe de
Travail. Au sujet du libellé appelant à l'établissement de
mécanismes pour la participation, le BRESIL proposa la
suppression de la référence à la participation des
communautés indigènes dans la gestion de la biodiversité,
arguant qu'elle n'est pas incluse dans l'Article 8(j). La
BOLIVIE s'y opposa. LE SALVADOR, appuyé par la REPUBLIQUE
DOMINICAINE sugg�ra l'utilisation de la formulation retenue
dans l'Article 8(j) et proposa l'�laboration d'une autre
clause sur la gestion, pour le paragraphe consacr� au
renforcement des capacit�s. Le FIIB mit en garde contre le
confinement du mandat du groupe au seul Article 8(j),
rappelant qu'il englobait aussi les clauses en rapport de la
CDB. Les intervenants critiqu�rent �galement le caract�re
vague du document et mentionn�rent l'intervention faite
pr�c�demment par l'EQUATEUR signalant que la participation
devait �tre assur�e � travers des recommandations et des
m�canismes concrets.
Au terme d'un long d�bat,
les d�l�gu�s s'accord�rent sur un libell� appelant � la
promotion de la participation des communaut�s indig�nes dans
la gestion de la biodiversit�, de la mani�re dont ces
communaut�s et les gouvernements jugeraient appropri�e, et
encourageant les efforts de ces communaut�s dans le domaine
du renforcement des capacit�s pour l'obtention de l'acc�s �
une protection juridique nationale et internationale en faveur
de la pr�servation, du maintien et de l'utilisation de leurs
savoirs traditionnels.
Le PSC fut ensuite approuv�,
tel qu'amend�.
L'EVALUATION DES INSTRUMENTS
EXISTANTS: Le Copr�sident du
SGT-II, Thomas, introduisit le projet de texte r�vis� (UNEP/CBD/WG8J/2/SWG.II/CRP.2/Rev.1).
l'UE proposa de reformuler la r�f�rence � la nature du
savoir traditionnel, figurant dans le Pr�ambule, de mani�re
� y noter son caract�re collectif et autres
caract�ristiques. La NOUVELLE ZELANDE sugg�ra l'insertion
d'une r�f�rence aux consid�rations culturelles. Le TOGO,
avec d'autres pays, proposa d'ins�rer dans le Pr�ambule, une
r�f�rence et une recommandation concernant le Droit du
Mod�le Africain sur les droits des communaut�s locales et
concernant l'OUA. Les d�l�gu�s s'accord�rent sur
l'insertion d'une nouvelle r�f�rence portant sur la revue
des Accords TRIPs, en particulier l'Article 27.3(b).
Les d�l�gu�s d�battirent
des r�f�rences pr�ambulaires sugg�r�es par le CANADA et
portant sur l'acc�s non autoris�, l'utilisation et le
contr�le du savoir traditionnel au niveau communautaire et
sur la participation des peuples indig�nes dans la mise en
�uvre de la CDB, sans parvenir � un consensus. Le BRESIL
proposa la suppression des r�f�rences � la
compl�mentarit� entre les mesures nationales et
internationales et avec l'OMPI.
Au sujet des activit�s de
l'OMPI, les d�l�gu�s d�cid�rent d'inviter l'OMPI �
explorer les m�canismes, tels que la divulgation du savoir
traditionnel, dans les applications en mati�re de DPI. Au
sujet des strat�gies de protection, les d�l�gu�s eurent un
d�bat autour de la r�f�rence aux lois coutumi�res et
s'accord�rent finalement sur des strat�gies bas�es sur des
approches respectueuses des us et des lois coutumi�res.
Au sujet des activit�s du
Groupe de Travail sur la question des syst�mes sui generis,
l'EQUATEUR, au nom du GRULAC, proposa de retourner au libell�
tir� du PSC d'origine, qui ne mentionnait pas l'OMPI. Le FIIB
proposa une r�f�rence aux activit�s pertinentes et � la
conduite des chercheurs et des institutions acad�miques,
comme sujets d'�tudes de cas.
Le BRESIL requit que
l'�laboration des bases de donn�es ou des registres
nationaux et communautaire soit soumise aux l�gislations
nationales. Au sujet de la mise � disposition de l'aide
financi�re et technique, le FIIB sugg�ra, et les Etats Unis
amend�rent, un libell� appelant au renforcement des
capacit�s communautaires dans le domaine de l'�laboration
des strat�gies et des syst�mes de protection. Les
d�l�gu�s d�battirent du libell� appelant � inviter les
organisations charg�es des instruments r�gissant les DPI, �
�laborer le cadre de la protection, se r�f�rant en
particulier aux applications d'�tat ant�rieur et des
applications brevet�es. Le d�bat se focalisa sur le r�le de
l'OMPI, l'OMC et de la CDB, ainsi que sur le principe du
partage juste et �quitable des avantages. A la suggestion du
FIIB, du CANADA et du PEROU, la recommandation fut supprim�e.
L'INDONESIE, avec CUBA,
r�introduisit la recommandation concernant le r�glement des
diff�rends ou les proc�dures d'arbitrage, laquelle fut
approuv�e moyennant l'adjonction d'une r�f�rence �
l'application de l'Article 27 (R�glement des Diff�rends) de
la CDB. Le PEROU requit que l'OMPI transmette les documents
pertinents au Secr�taire Ex�cutif de la CDB en guise
d'information g�n�rale pour les futures r�unions du Groupe
de Travail.
Le PSC fut ensuite approuv�.
DANS LES COULOIRS
Le placement entre crochets
du libell� sur le consentement �clair� pr�alable, au cours
du d�bat autour des �valuations d'impact, a amen� certains
d�l�gu�s � ramener les discussions sur les renvois
similaires effectu�s pour les libell�s litigieux sur la
terminologie et les "produits d�riv�s" � la
r�union de Bonn du Groupe de Travail sur l'Acc�s et le
Partage des Avantages. Compte tenu des contraintes de temps et
des questions de validit� des mandats des organes
subsidiaires de la CDB, de nombreux d�l�gu�s craignent de
voir la CdP-6 se retrouver press�e de r�soudre de nombreuses
questions litigieuses, en plus du lourd panier de travail qui
l'attend avec plus de 15 th�mes de fond inscrits � l'ordre
du jour.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE:
La Pl�ni�re se r�unira � partir de 10h, dans la Salle des
Assembl�es pour proc�der � l'examen des points divers, et
� l'adoption des conclusions des sous-groupes de travail et
du rapport de la r�union. |