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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 09 No. 226
Jeudi 7 Février 2002
LES FAITS MARQUANTS DU GROUPE
DE TRAVAIL SUR L'ARTICLE 8(j)
MERCREDI 6 FEVRIER 2002
Les délégués prés de la
deuxième réunion Intersessions du Groupe de Travail Spécial,
de Composition Non Limitée, sur l'Article 8(j) et les Clauses
en Rapport de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB)
ont travaillé toute la journée dans deux sous-groupes de
travail. Le Sous-groupe de Travail I (SGT-I) s'est penché sur
un papier de salle de conférence (PSC) consacré aux
principes préliminaires devant encadrer les évaluations de
l'impact culturel, environnemental et social des
développements intervenus sur les sites sacrés ou les terres
occupées par les communautés indigènes et locales, ainsi
que sur le projet de recommandation concernant le plan du
rapport composite sur la situation présente et les tendances.
De son côté, le Sous-groupe de Travail II (SGT-II) a
planché sur des PCS consacrés aux sujet mécanismes
participatifs et à celui de l'évaluation des instruments
existants, en particulier, ceux ayant trait aux droits de
propriété intellectuelle (DPI). La Plénière s'est réunie
brièvement dans le courant de l'après-midi pour entendre
lecture des rapports sur l'avancement des travaux par les
coprésidents des sous-groupes de travail.
SOUS- GROUPE DE TRAVAIL I
LES EVALUATIONS D'IMPACT:
Le Coprésident du SGT-I, John Herity (Canada) introduisit le
document UNEP/CBD/WG8J/2/ SWG.I/CRP.1 portant sur les
principes préliminaires devant régir les évaluations
d'impact. Le CANADA suggéra l'adjonction d'un libellé
clarifiant la visée du document, son champ d'action et son
caractère volontaire. Le FORUM INDIGENE INTERNATIONAL SUR LA
BIODIVERSITE (FIIB) et l'ETHIOPIE s'opposèrent à la
proposition de réduire les lignes directrices à ces seuls
principes. La TURQUIE déclara que le papier débordait le
mandat du Groupe de Travail et, avec le BRESIL et l'ARGENTINE,
appela à une formulation plus équilibrée et tenant compte
des droits des Etats. L'ETHIOPIE nota que les principes ne
traitaient pas de l'intégralité de la procédure
d'évaluation. La NOUVELLE ZELANDE souligna l'importance
d'étendre les principes de manière à y inclure les
développements intervenant dans les zones limitrophes aux
sites sacrés et aux terres traditionnellement occupées. Le
BRESIL souhaita un accent plus prononcé sur le rôle des
entités publiques et des autorités locales compétentes. Le
délégué des ETATS-UNIS requit l'insertion d'un libellé
reconnaissant que les Parties sont à différentes étapes de
développement politique.
Au sujet du libellé portant
sur les évaluations de l'impact environnemental, la COLOMBIE
et le MEXIQUE suggérèrent l'adjonction d'une référence aux
OGM dans le libellé consacré aux espèces non autochtones.
Le délégué des ETATS-UNIS y fit objection. La COLOMBIE
recommanda aussi le traitement des effets synergétiques.
FIDJI suggéra le renforcement du libellé appelant au
développement des capacités, et le LIBERIA proposa une
référence au paragraphe consacré à l'élaboration des
protocoles par les communautés indigènes et locales. Le
BRESIL déclara que ces protocoles doivent être soumis aux
autorités nationales compétentes, et l'ARGENTINE fit part de
ses réserves quant au risque de créer des juridictions
indépendantes au sein des Etats.
Au sujet du principe de
précaution, l'ARGENTINE réitéra ses réserves concernant
son interprétation et les délégués s'accordèrent sur
l'utilisation d'une formulation tirée du préambule de la CDB.
Le BRESIL, appuyé par le MEXIQUE, s'opposa à la création de
mécanismes spéciaux pour le règlement des différends,
suggérant que ces derniers soient réglés dans le cadre de
la législation nationale.
Le FIIB souhaita le
renforcement du libellé consacré à l'évaluation d'impact
stratégique et à la participation des peuples indigènes;
s'opposa au remplacement du terme "territoires" par
le terme "zones"; fit part de ses réserves
concernant l'omission du libellé appelant à un suivi par les
peuples indigènes; et identifia le besoin d'étudier l'impact
des activités de développement sur la sécurité alimentaire
et sur la santé. Les représentants exprimèrent également
leurs préoccupations concernant les modèles de
développement nationaux imposés à leurs communautés, et,
avec la NOUVELLE ZELANDE, soulignèrent que les communautés
indigènes ont besoin de se sentir partie intégrante du
processus d'évaluation.
Un groupe de contact se
réunit dans la soirée pour travailler sur la révision de
texte du Président (UNEP/CBD/WG8J/2/SWG.I/CRP.1/ Rev.1)
consacré aux recommandations préliminaires appelant à la
conduite d'évaluations d'impact culturel, environnemental et
social.
LE RAPPORT COMPOSITE SUR LA
SITUATION PRESENTE ET LES TENDANCES: Dans
l'après-midi, les délégués abordèrent le document UNEP/CBD/WG8J/2/SWG.I/
CRP.1. Au sujet des termes de référence pour le consultant,
le FIIB requit une préférence pour un consultant issu des
peuples indigènes; Le Coprésident Herity nota que les
Nations Unies n'autorisaient pas des pratiques
préférentielles. L'UNESCO proposa de changer le libellé
appelant au recouvrement des connaissances et des pratiques
traditionnelles perdues, et de se focaliser plutôt sur la
protection des pratiques menacées. La NOUVELLE ZELANDE
proposa l'adjonction d'une catégorie séparée pour les
pratiques menacées. Le BRESIL requit l'insertion d'un
libellé introductif stipulant que le consultant travaillera
à la compilation des données figurant dans les rapports
publiés et les compléments d'information publique. Le FIIB
recommanda le recrutement de consultants pour les différentes
régions géographiques.
Le FIIB nota que
l'appauvrissement et la migration n'étaient pas le strict
résultat de la perte des terres ancestrales, et souligna que
la perte des terres et territoires, l'appauvrissement et la
migration, et l'imposition de modèles de développement
inadéquats constituaient trois sujets séparés. Les orateurs
recommandèrent aussi l'insertion d'une formulation appelant
au renforcement des mécanismes de participation des peuples
indigènes; à l'octroi d'une priorité au traitement des
raisons qui expliquent la perte des connaissances et des
pratiques traditionnelles et, à la mise en place de mesures
pour la protection, plutôt qu'à davantage d'études;
suggérèrent la tenue d'ateliers régionaux avec la pleine
participation des peuples indigènes comme moyen de collecte
d'information; appelèrent à l'insertion de détails précis
sur le point de savoir qui conduira l'élaboration des
rapports nationaux; et requirent une déclaration plus claire
des avantages que l'étude viendrait offrir aux peuples
indigènes.
Au sujet de la
recommandation appelant à un plan d'action mondial, le CANADA
souhaita voir ce dernier se focaliser sur les leçons apprises
et sur l'identification des bonnes pratiques. Au sujet
de l'annexe qui renferme le projet du plan, l'ARMENIE et PALAU
souhaitèrent modifier le libellé appelant à l'évaluation
de la situation présente et des tendances dans diverses
catégories écosystémiques, et PALAU ajouta une catégorie
pour les écosystèmes insulaires.
SOUS- GROUPE DE TRAVAIL II
LES MECANISMES PARTICIPATIFS:
Les délégués procédèrent à l'examen du projet de texte
du Président (UNEP/CBD/ WG8J/2/SWG.II/CRP.1). Le CANADA
suggéra la suppression de la recommandation appelant le
Groupe de Travail à procéder à l'identification des
éléments nécessaires à l'établissement des mécanismes
participatifs. Au sujet de la consultation avec les
conventions environnementales pertinentes, le BRESIL, au nom
du GRULAC, suggéra de faire référence à des exemples
tirés de ces conventions. La CONVENTION SUR LA LUTTE CONTRE
LA DESERTIFICATION mit en exergue son travail sur le savoir
traditionnel et sur sa collaboration avec la CDB.
Au sujet des stratégies de
l'amélioration des prises de conscience et de l'accès à
l'information, la COTE D’IVOIRE et le NIGER requirent
l'insertion d'une référence à leur mise en application, et
le FIIB, à leur évaluation. Le BURKINA FASO suggéra que le
libellé appelant à l'amélioration de la participation dans
les processus de la CDB, soit inséré dans le préambule. La
COTE D’IVOIRE, le KENYA et le SENEGAL mirent l'accent sur la
nécessité d'une représentation adéquate des communautés
Africaine. L'UE proposa qu'un groupe d'experts élabore un
point focal thématique aux sein du Mécanisme d'Echange
d'Information sur l'Article 8(j).
Au sujet du renforcement des
capacités nécessaires à la participation des peuples
indigènes dans les processus décisionnels, le NIGER requit
une référence aux niveaux régional et sous-régional, et la
BOLIVIE, à la conservation et à l'utilisation durable de la
biodiversité. FIDJI nota que l'accès à l'information
pertinente concernant les financements est indispensable non
seulement pour les communautés indigènes et locales mais
également pour les gouvernements. L'UE déclara que la CdP
pourrait revoir le mandat du FEM et, appuyée par la COTE D’
IVOIRE, suggéra au FEM de donner préférence aux projets
comportant la participation des communautés indigènes et
locales. Le BRESIL nota que cette préférence doit être
accordée là où elle serait appropriée.
L'UE appela à l'insertion,
dans le préambule, d'une référence au Principe 10
(Participation) de la Déclaration de Rio. Le FIIB souligna
que la participation doit être pleine et efficace, et
recommanda la mise en place d'un mécanisme de participation
reconnaissant le principe du consentement éclairé préalable
(PIC). Le CANADA désapprouva, affirmant que l'Article 8(j)
n'incluait pas d'obligations sur le PIC. L'UNIVERSITE DE
SASKATCHEWAN, appuy�e par le CANADA, L'UE et le SRI LANKA,
proposa l'insertion d'un libell� appelant � la mise en place
de m�canismes pour la communication entre les communaut�s
indig�nes et locales. L'EQUATEUR appela les autres organes
internationaux � soutenir la participation des communaut�s
indig�nes.
Le Copr�sident du SGT-II,
Linus Thomas (Grenade) nota qu'il produira une r�vision de
texte.
EVALUATION DES INSTRUMENTS
EXISTANTS: Le Copr�sident Thomas
introduisit le projet de texte du Pr�sident (UNEP/ CBD/WG8J/2/
SWG.II/CRP.2). Le MEXIQUE appela � l'�tablissement d'une
distinction entre les diff�rentes formes de DPI et, avec le
CAMEROUN, � un accent plus prononc� sur la question de la
conservation in situ.
Au sujet du pr�ambule, les
d�l�gu�s trait�rent des libell�s portant sur la
compl�mentarit� et le soutien r�ciproque devant
caract�riser les mesures nationales et internationales, et
sur la coop�ration avec d'autres organes. La BOLIVIE, la
COLOMBIE, le SALVADOR et le MEXIQUE s'oppos�rent au libell�
faisant r�f�rence aux DPI, aux ressources g�n�tiques
situ�es dans les territoires des communaut�s indig�nes, et
� l'acc�s permanent en faveur de ces communaut�s. Le FIIB
sugg�ra l'insertion d'une formulation notant que les peuples
indig�nes disposent de syst�mes propres de protection du
savoir traditionnel et de conservation et d'utilisation
durable de la biodiversit�.
Au sujet du libell�
op�rationnel, l'UE et la SUISSE appel�rent � des
r�f�rences de soutien pour l'OMPI et pour le travail qu'elle
a accompli dans nombre de domaines. S'agissant du travail de
l'OMPI sur la question des m�canismes juridiques r�gissant
l'information concernant les pays d'origine et des sources du
savoir traditionnel, l'UE proposa l'inclusion des syst�mes sui
generis �ventuels. Le MEXIQUE proposa que l'OMPI explore
les cons�quences de la consid�ration du savoir traditionnel
comme "prior Art".
Au sujet de l'assistance
devant �tre fournie aux communaut�s indig�nes et locales
dans la mise en place de strat�gies pour la protection de
leur savoir, le BRESIL proposa que les gouvernements et les
organisations pertinentes consid�rent les possibilit�s
offertes pour l'�laboration de telles strat�gies. L'UE
proposa une r�f�rence � l'OMS, et la NOUVELLE ZELANDE, une
r�f�rence au Forum Permanent de l'ECOSOC sur les Questions
Indig�nes. Le NIGER et la TUNISIE soulign�rent la valeur de
l'assistance � l'auto-organisation des communaut�s
indig�nes et locales.
Au sujet des activit�s du
Groupe de Travail sur les syst�mes sui generis, le
BRESIL nota la n�cessit� d'�tablir des calendriers. Les
d�l�gu�s d�battirent de l'opportunit� d'ins�rer une
r�f�rence au travail de l'OMPI. S'agissant de la mise en
place de registres nationaux ou communautaires, plusieurs
intervenants appel�rent � la suppression du libell�
appelant � l'harmonisation des approches nationales. La
SUISSE proposa d'inviter l'OMPI � poursuivre son travail sur
la base de donn�es internationales. D'autres d�l�gations
s'y oppos�rent. Le PEROU fit objection � la r�f�rence �
des bases de donn�es communautaires. Au sujet de la
soumission d'�tudes de cas, le CANADA proposa le traitement
du caract�re, de la diversit� et du statut octroy�s aux
lois coutumi�res dans les l�gislation nationales.
La SUISSE, avec les
ETATS-UNIS, mais contr�e par plusieurs d�l�gu�s, sugg�ra
la suppression du libell� consacr� � la divulgation du
savoir traditionnel dans les applications en mati�re de DPI,
et du libell� portant sur le respect des dispositions de la
CDB concernant le PIC et les termes d'accord mutuel. Au sujet
du libell� encourageant les organisations de d�fense des DPI
� prot�ger le savoir traditionnel, le CAMEROUN sugg�ra la
suppression de la r�f�rence � l'OMC.
Au sujet des proc�dures de
r�glement des diff�rends et d'arbitrage pour le traitement
des r�clamations en mati�re de DPI, plusieurs d�l�gu�s
firent part de leurs r�serves concernant le caract�re
quelque peu trop vague de la formulation. CUBA proposa
l'adjonction d'une r�f�rence aux possibilit�s non-judiciaires.
Le FIIB appela � l'�laboration des lignes directrices
�thiques devant encadrer la conduite des recherches
acad�miques utilisant le savoir traditionnel. L'ALLIANCE
INTERNATIONALE POUR LA SAUVEGARDE DE LA VIE MARINE encouragea
les Parties � requ�rir la preuve du PIC dans l'application
des DPI pour les innovations utilisant le savoir traditionnel.
Le Copr�sident Thomas
indiqua qu'il �laborera le document consensuel.
DANS LES COULOIRS
La r�duction des "lignes
directrices" devant encadrer les �valuations d'impact �
de simples "recommandations," et l'adjonction des
termes "au cas �ch�ant" dans bon nombre de
r�f�rences faites aux l�gislations nationales ont amen�
certains d�l�gu�s � douter de l'issue du Groupe de
Travail. Plusieurs d�l�gu�s se sont �galement interrog�s
sur le point de savoir si cette tendance � adoucir la port�e
juridique des textes produits par le Groupe de Travail ne
risquait pas d'avoir un impact sur les autres t�ches du
programme de travail sur les lignes directrices et les normes
devant r�gir le partage des avantages, le rapatriement des
connaissances traditionnelles et l'�laboration des rapports
sur l'appropriation illicite du savoir traditionnel. Quelques
v�t�rans de la CDB se sont dit peu surpris, notant que les
discussions, ici, ont permis l'incorporation d'un certain
nombre d'�l�ments progressistes, malgr� la profusion des
r�serves.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL I: Le
SGT-I se r�unira � 10h pour d�battre des recommandations
pr�liminaires concernant la conduite des �valuations
d'impact.
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL II: Le
SGT-II se r�unira � 10h pour examiner la r�vision de texte
concernant les m�canismes de participation. |