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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 09 No. 224
Mardi 5 Février 2002
LES FAITS MARQUANT DU GROUPE
DE TRAVAIL SUR L'ARTICLE 8(j)
LUNDI 4 FEVRIER 2002
La deuxième réunion du
Groupe de Travail Spécial, de Composition Non Limitée, sur
l'Article 8(j) et des Clauses en Rapport de la Convention sur
la Diversité Biologique (CDB) a démarré par une cérémonie
aux couleurs indigènes. Suite à quoi, la Plénière est
passée aux allocutions d'ouverture, puis aux questions
d'organisation, déclarations d'ordre général et autres
rapports. Le Sous-groupe de Travail I (SGT-I) devait, ensuite,
se pencher sur les grandes lignes du rapport composite
concernant la situation présente et les tendances. De son
côté, le Sous-groupe de Travail II (SGT-II) a planché sur
la question de l'efficacité des instruments disponibles
relatifs, en particulier, aux droits de propriété
intellectuelle (DPI), qui ont des implications sur la
protection du savoir traditionnel.
LA PLENIERE
LES DECLARATIONS INAUGURALES:
Au cours de la cérémonie d'ouverture, le représentant du
Grand Conseil des Mohawks déclara que les être humains ont
oublié qu'ils sont partie intégrante du cycle de vie naturel,
et qu'ils doivent être en phase avec le monde qui les entoure,
reconnaître ses pouvoirs et respecter la place de chacun et
de chaque chose. Le Président Reuben Olembo, au nom du
Président de la CdP-5 et Ministre de l'Environnement et des
Ressources Naturelles du Kenya, nota le travail accompli sur
la question du savoir traditionnel, y compris la tenue d'un
atelier à Madrid en novembre 1997 et la première réunion du
Groupe de Travail à Seville en mars 2000, ainsi que les
résultats de la CdP-5, tenue en mai 2000. L'orateur souligna
que la présente réunion devait renforcer les communautés
indigènes et locales, en tant que parties prenantes du cadre
de la Convention.
Hamdallah Zedan, Secrétaire
Exécutif de la CDB, remercia les gouvernements du Canada et
de l'Espagne pour le soutien financier apporté à la
participation des représentants des communautés indigènes.
L'orateur passa en revue les tâches prioritaires du programme
de travail sur l'Article 8(j) et la documentation de la
réunion, puis fit part de son espoir de voir s'y poursuivre
l'esprit de coopération qui avait prévalu à Madrid et à
Séville. Paul Chabeda, au nom du Directeur Exécutif du PNUE,
Klaus Töpfer, mit en exergue le travail fourni par le PNUE
sur les questions ayant trait à l'Article 8(j). L'orateur
appela à l'intensification des partenariats, au renforcement
des capacités, à la mobilisation de ressources adéquates
et, à une reconnaissance accrue et au respect du rôle des
communautés indigènes et locales dans la conservation de la
biodiversité.
LES QUESTIONS D'ORGANISATION:
Les délégués décidèrent que le
Bureau de la CdP serve également de Bureau pour cette
réunion, avec six représentants indigènes formant un
comité des amis du président, et désignèrent Barbara
DiGiovanni (Italie) au poste de rapporteur. Le Président
Olembo nota qu'Elaine Fisher (Jamaïque) assumera son poste
durant la réunion. Les délégués devaient ensuite adopter
l'ordre du jour provisoire (UNEP/CBD/WG8J/2/1), et décider de
se réunir dans deux sous-groupes de travail et d'inverser la
succession des points inscrits à l'ordre du jour du SGT-II.
Les délégués approuvèrent la nomination de John Herity
(Canada) à la présidence du SGT-I et celle de Linus Thomas
(Grenada) à la tête du SGT-II.
LES DECLARATIONS GENERALES: Le
Président Olembo invita ensuite les participants à
présenter leurs déclarations d'ordre général. Le porte-parole
du FORUM INTERNATIONAL DES COMMUNAUTES INDIGENES SUR LA
BIODIVERSITE (IIFB) souligna la nécessité de s'assurer d'une
participation pleine et efficace des peuples indigènes, et en
particulier des femmes, dans la conservation de la
biodiversité, et de mettre en place un cadre contraignant
clair pour la protection du droit fondamental des peuples
indigènes à maintenir et à pratiquer leur savoir
traditionnel et à accéder à leurs terres. Veit Koester (Danemark)
présenta un rapport sur la consultation informelle tenue, le
3 février 2002, à Montréal, autour du thème des effets
potentiels des technologies de restriction des utilisations
génétiques (TRUG) sur les communautés indigènes et locales
et des droits des agriculteurs. L'ORGANISATION MONDIALE DE LA
PROPRIETE INTELLECTUELLE (OMPI) parla des activités de son
Comité Intergouvernemental sur la Propriété Intellectuelle
et les Ressources Génétiques, le Savoir Traditionnel et le
Folklore, notamment la compilation d'un inventaire des
périodiques consacrés à ce thème, pour aider les travaux
de recherche dans ce domaine.
L'ESPAGNE, au nom de l'UE,
mit l'accent sur la Résolution 12647/98 du Conseil de
l'Europe, qui reconnaît l'importance et le rôle du savoir
traditionnel, ainsi que celui des liens avec le travail
accompli sur les questions de l'accès et du partage des
avantages (APA), des espèces invasives, des évaluations
d'impact et du Mécanisme d'Echange d'Information (MEI). Le
TOGO, au nom de la Région Africaine, mit en relief les points
de l'ordre du jour consacrés aux évaluations d'impact, aux
instruments disponibles et à la participation. FIDJI, au nom
des Etats Insulaires du Pacifique, nota les contraintes
rencontrées par les Parties dans l'accomplissement de leurs
obligations et souligna l'importance de l'élaboration des
rapports, de l'amélioration de la prise de conscience du
public et de la coordination des activités régionales.
L'INDE encouragea l'élaboration d'inventaires des
connaissances traditionnelles et appela à l'insertion d'une
clause sur l'information obligatoire, permettant de s'assurer
que les demandeurs de brevet n'ont pas utilisé des
connaissances traditionnelles. Le BRESIL mit en exergue
l'impératif de respecter la législation nationale et de
développer des accords contraignants entre les communautés
locales et les autorités compétentes. Le SRI LANKA parla du
besoin d'un renforcement des capacités favorisant
l'implication efficace des communautés locales dans les
processus décisionnelles, et souhaita voir les plans d'action
national et local, traiter des lacunes en matière de
communication.
La CNUCED parla de ses
récents travaux sur la question du savoir traditionnel et mit
en relief l'échange des expériences nationales dans le
domaine de la protection des connaissances traditionnelles et
de sa mise en phase avec les domaines du commerce et du
développement. La FAO nota que le Traité International sur
les Ressources Phyto-génétiques pour l'Alimentation
l'Alimentation et l'Agriculture reconnaissait la contribution
des communautés indigènes et locales dans la conservation
des ressources génétiques végétales. L'UNESCO décrivit le
récent lancement de son initiative transversale sous le
thème des "Systèmes du savoir Local et Indigène dans
la Société Mondiale" qui englobera une focalisation sur
les connaissances des femmes et une approche globale dans la
compréhension des systèmes de savoir indigène.
LES RAPPORTS: Le
Secrétariat introduisit les documents portant sur l'état
d'avancement de l'intégration des travaux sur l'Article 8(j)
dans les programmes thématiques de la CDB (UNEP/CBD/WG8J/ 2/2
et INF/2). L'ARGENTINE proposa la mise à disposition de
ressources financières pour la formation de consultants
gouvernementaux dans le domaine des thèmes intersectoriels.
L'UE requit des recommandations concernant le Traité
International sur les Ressources Phyto-génétiques pour
l'Alimentation et l'Agriculture; la biodiversité agricole,
les TURG et les droits des Agriculteurs; et la soumission du
rapport à la CdP-6. L'EQUATEUR proposa l'établissement de
liens plus solides avec les travaux sur la biodiversité
forestière et sa gestion durable, et une analyse de l'impact
de la biotechnologie sur les communautés locales et
indigènes. La COLOMBIE souligna l'importance du tourisme
durable. Plusieurs pays notèrent le besoin de procéder à
l'analyse des Lignes Directrices préliminaires du programme
de Travail de Bonn concernant le thème de l'APA, certains
mettant en garde, toutefois, que la CdP ne les a pas encore
adoptées.
Le Secrétariat introduisit
le rapport sur l'état d'avancement de la mise en application
des tâches prioritaires du programme de travail (UNEP/CBD/WG8J/
2/3). En raison de l'absence de commentaires portant sur le
fond, le Président Olembo clôtura la séance Plénière.
LE SOUS- GROUPE DE TRAVAIL I
– RAPPORT SUR LA SITUATION ACTUELLE ET LES TENDANCES
A la demande du Président
du SGT-I, Herity, le Secrétariat introduisit les grandes
lignes du rapport composite concernant l'état actuel et les
tendances des connaissances, innovations et pratiques des
communautés indigènes et locales (UNEP/CBD/WG8J/2/5).
Au sujet des définitions
proposées pour les communautés indigènes et locales, le
BRESIL, avec l'ARGENTINE, la COLOMBIE et la NOUVELLE ZELANDE,
fit part de ses réserves. La GUINEE appela à l'insertion
d'une référence aux guérisseurs et aux chasseurs
traditionnels. Le COSTA RICA préféra une référence aux
"communautés" plutôt qu'aux "peuples
indigènes." La CHINE fit référence à sa
reconnaissance des groupes indigènes et mit en relief
l'importance de la participation. L'IIFB affirma que la
définition proposée risquait d'exclure certaines populations
indigènes qui utilisent des pratiques modernes pour
entretenir leurs connaissances. Le Président Herity proposa
que quelques délégués élaborent une nouvelle définition
des communautés indigènes et locales.
Au sujet de la proposition
concernant la désignation d'un consultant, HAITI souligna la
n�cessit� de d�finir les responsabilit�s du consultant,
des m�thodes de recherche et des qualifications
indispensables. L'ARGENTINE sugg�ra que le consultant soit
issu de la communaut� indig�ne. L'IIFB appela � une
participation pleine et efficace des peuples indig�nes dans
l'�laboration des rapports. Les d�l�gu�s appel�rent � la
pr�vision de plusieurs consultants travaillant � l'�chelle
r�gionale. Le DANEMARK proposa plut�t un consultant et un
comit� consultatif. L'UE sugg�ra une �quipe
multidisciplinaire et, apportant son appui � l'adoption d'une
approche r�gionale, proposa que des correspondants nationaux
soient charg�s de fournir les donn�es, auxquelles
viendraient s'ajouter l'information obtenue par d'autres
sources externes. Le d�l�gu� des PHILIPPINES appela � un
processus public pour la s�lection du consultant. La
MAURITANIE recommanda que le consultant �tablisse une
coordination avec le travail men� dans le cadre de la CDB.
Le BRESIL sugg�ra que les
recherches du consultant se basent uniquement sur les donn�es
publi�es ou publiques. Quelques d�l�gu�s d�clar�rent que
le rapport �tait trop ambitieux. Le CANADA d�clara que le
rapport allait constituer un fardeau pour les communaut�s
indig�nes et locales, et proposa d'envisager un projet plus
g�rable. La NOUVELLE ZELANDE et la SUEDE firent part de leurs
r�serves concernant la r�duction du champ d'action du
rapport. La SUEDE proposa que certaines questions soient
trait�es en profondeur et que d'autres soient abord�es de
mani�re moins ambitieuse. L'IIFB recommanda l'identification
des processus qui menace l'entretien, la pr�servation et
l'application des connaissances traditionnelles, et une
priorit� pour la protection du savoir indig�ne et de ses
d�tenteurs.
Le SOUS-GROUPE DE TRAVAIL II
� EVALUATION DES INSTRUMENTS DISPONIBLES EN MATIERE DE DPI
A la demande du Pr�sident
du SGT-II, Thomas, le Secr�tariat introduisit l'�valuation
des instruments existants, en particulier ceux concernant les
DPI, susceptibles d'exercer un impact sur la protection du
savoir traditionnel (UNEP/CBD/ WG8J/2/7). Au sujet des
relations avec d'autres organes, l'UE recommanda que la CdP-6
invite les instruments internationaux de DPI � d�velopper un
cadre conceptuel et des instruments sp�cifiques � la
protection du savoir traditionnel, et que la CDB se charge du
traitement des bases de donn�es, des registres et autres
moyens de protection. L'INDONESIE proposa la mise en place
d'un m�canisme de soutien international pour la r�solution
des litiges susceptibles de surgir sur des brevets jug�s
inappropri�s.
Au sujet des syst�mes sui
generis, le CANADA s'opposa � l'id�e d'identifier des
normes minimales et la COLOMBIE nota l'imp�ratif de clarifier
leur port�e. Le BRESIL proposa l'int�gration d'accords
contraignants impliquant les autorit�s nationales
comp�tentes de mani�re appropri�e. Le CANADA et la SUISSE
soulign�rent la n�cessit� d'une compl�mentarit� avec le
travail de l'OMPI. Le CANADA mit �galement l'accent sur le
travail men� dans le cadre de la CDB sur les instruments de
propri�t� non intellectuelle ayant trait � la conservation in
situ, sur l'�laboration du caract�re des lois
coutumi�res et sur le renforcement des capacit�s des
communaut�s dans le domaine de la protection du savoir
traditionnel. La BOLIVIE et l'EQUATEUR soulign�rent
l'incompatibilit� entre les r�gimes de propri�t�
intellectuelle et de savoir traditionnel existants. La BOLIVIE
indiqua que les strat�gies de protection seraient
inappropri�es si elles devaient �tre bas�es sur un
"m�lange" d'approches. L'EQUATEUR proposa la mise
en place d'un forum permanent avec les conventions en rapport,
pour la d�finition du caract�re que devrait rev�tir le
syst�me sui generis.
Au sujet du d�veloppement
d'une base de donn�e internationale des connaissances
traditionnelles, plusieurs pays en d�veloppement y firent
objection, mettant en exergue l'importance du renforcement des
capacit�s pour les registres nationaux. La CHINE d�clara que
la mise en place d'un registre international pouvait offrir
une protection globale. La SUISSE recommanda le traitement des
caract�ristiques sp�cifiques du savoir traditionnel et
signala qu'une telle base de donn�es devait couvrir un
�ventail de m�canismes.
Le MEXIQUE remit en question
l'utilisation des brevets et des secrets commerciaux pour la
protection du savoir traditionnel, et proposa l'examen des
d�nominations d'origine et des marques collectives. Le BRESIL
plaida pour une divulgation de la source des ressources
g�n�tiques ou du savoir traditionnel comme partie
int�grante des conditions d'application des brevets. La CHINE
appela � un partage des avantages avec le d�tenteur du
savoir dans les cas d'innovations brevet�es fond�es sur les
connaissances traditionnelles. Plusieurs d�l�gu�s mirent en
exergue le caract�re collectif des connaissances
traditionnelles. L'IIFB mit en relief, entre autres, le
droit � l'autod�termination, la s�curit� juridique sur les
terres et les territoires, la mise en place de registres
internes en harmonie avec les pratiques coutumi�res, le droit
de veto sur les recherches et les transactions pr�judiciables
� l'int�grit� du savoir traditionnel, les strat�gies de
pr�vention des effets n�fastes, le consentement �clair�
pr�alable et le partage �quitable des avantages.
DANS LES COULOIRS
Comme beaucoup s'y
attendaient, les questions concernant l'interconnexion entre
l'OMPI et la CDB se sont pos�es dans le cadre des discussions
autour du th�me des DPI, en particulier, pour ce qui est des
normes minimales devant �tre retenues pour les syst�mes sui
generis. Plusieurs d�l�gu�s ont appuy� l'id�e de
laisser ce travail � l'OMPI, en raison de son expertise et du
profil plus �lev� dont elle se pr�vaut dans les discussions
ayant trait au commerce international. D'autres ont exprim�
des r�serves plus imm�diates concernant les probl�mes de
transparence, de clarification et de coordination de la
r�partition des t�ches, et concernant la n�cessit� d'une
communication opportune entre les organes dirigeants, tout en
esp�rant voir les liens m�rir avec le temps.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL I:
Le SGT-I se r�unira � 10h dans la Salle de R�union 1, pour
poursuivre le d�bat autour du rapport sur la situation
actuelle et les tendances.
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL II:
Le SGT-II se r�unira � 10h dans la Salle de R�union 2, pour
poursuivre la discussion autour de l'�valuation des
instruments disponibles.
FINANCEMENT DE LA MISE EN
APPLICATION DE L'ARTICLE 8(j): Le
FEM et le Secr�tariat de la CDB organisent une manifestation
sp�ciale en marge de la r�union, � partir de 13h15 dans la
Salle 3. |