|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 09 No. 223
Lundi 4 Février 2002
DEUXIEME REUNION DU GROUPE DE
TRAVAIL INTERSESSIONS SUR L'ARTICLE 8(j)
4-8 FEVRIER 2002
La deuxième réunion du
Groupe de Travail Spécial, de Composition Non Limitée,
Chargé de l'Article 8(j) et des Clauses qui s'y Rapportent de
la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) s'ouvre
aujourd'hui à Montréal, au Canada, et se poursuivra jusqu'au
8 février 2002.
Le Groupe de Travail doit
procéder à l'examen des progrès réalisés dans la mise en
application du programme de travail relatif à l'Article 8(j)
et doit se pencher sur quatre aspects particuliers: les
grandes lignes du rapport composite concernant la situation
actuelle et les tendances des connaissances, innovations et
pratiques des communautés indigènes et locales; les lignes
directrices ou les recommandations préliminaires concernant
la conduite des évaluations de l'impact culturel,
environnemental et social des activités menées sur les
terres des communautés indigènes et locales; les mécanismes
participatifs; et l'efficacité des instruments disponibles
exerçant une influence sur la protection du savoir
traditionnel, en particulier, celui des droits de propriété
intellectuelle (DPI). Les délégués se réuniront
probablement dans deux sous-groupes de travail. Le Sous-groupe
de Travail I (SGT-I) se chargerait de la considération des
grandes lignes du rapport composite et de l'évaluation
d'impact et le Sous-groupe II (SGT-II) plancherait sur le
thème des mécanismes participatifs et celui de l'efficacité
des instruments destinés à la protection du savoir
traditionnel.
Les conclusions de la
session seront transmises, pour considération, à la sixième
Conférence des Parties (CdP-6) de la CDB, prévue à la Haye,
aux Pays-Bas, du 8 au 19 avril 2002.
BREF HISTORIQUE DE L'ARTICLE 8(j) ET DES
CLAUSES EN RAPPORT DE LA CDB
Négociée sous l'égide du
PNUE, la CDB est entrée en vigueur le 29 décembre 1993. A ce
jour, 182 pays en sont devenus Parties. L'Article 8(j) de la
CDB stipule spécifiquement que les Parties doivent: veiller,
dans le cadre de leurs législations nationales, au respect,
à la préservation et au maintien des connaissances,
innovations et pratiques des communautés indigènes et
locales incarnant les modes de vie traditionnels adaptés à
la conservation et au développement durable de la
biodiversité; promouvoir leur application à une échelle
plus importante, avec l'approbation et l'implication des
détenteurs de ces connaissances; et encourager le partage
équitable des avantages tirés de l'utilisation de ces
connaissances, innovations et pratiques.
L'Article 10(c) appelle les
Parties à protéger et à encourager l'utilisation
coutumière des ressources biologiques d'une manière
compatible avec les pratiques culturelles traditionnelles.
L'Article 17.2 traite de la question des échanges
d'information scientifique et technique avec une référence
spécifique au savoir indigène et traditionnel. Enfin,
l'Article 18.4 stipule que les Parties doivent encourager et
développer des méthodes de coopération pour le domaine de
la mise au point et de l'utilisation des technologies, y
compris celles indigènes et traditionnelles, conformément au
objectifs de la CDB.
Par ailleurs, les
discussions de la CDB autour des thèmes intersectoriels, tels
que ceux de l'approche basée sur les écosystèmes, de
l'accès aux ressources et du partage des avantages (APA), et
du Mécanisme d'Echange d'Information (MEI), et autour des
thèmes des écosystèmes particuliers, ont traité de
l'intégration des considérations ayant trait à l'Article
8(j) et aux communautés indigènes et locales.
LA CdP-2:
La seconde réunion de la CdP (COP-2) se tint à Jakarta, en
Indonésie, du 6 au 17 novembre 1995. Le résultat du débat
autour de la question du savoir traditionnel se limita à la
Décision II/12 concernant les DPI, qui appelle à la tenue
d'une consultation avec l'ensemble des parties prenantes et en
particulier, les communautés indigènes et locales, pour
l'amélioration de la compréhension des besoins et des
préoccupations de ces groupes, ainsi que pour la conduite
d'une analyse préliminaire des systèmes mis en place pour
les DPI, focalisée sur la préservation et l'entretien du
savoir traditionnel.
LE SBSTTA-2:
La deuxième session de l'Organe Subsidiaire de Conseil
Scientifique, Technique et Technologique (SBSTTA) se réunit
à Montréal, au Canada, du 2 au 6 septembre 1996. les
délégués y débattirent du thème du savoir indigène et
notamment des aspects ayant trait: à la préservation des
connaissances, innovations et pratiques des communautés
indigènes; à la promotion de leur application à une plus
grande échelle; et à l'encouragement du partage équitable
des avantages tirés de leur utilisation. Les recommandations
II/4 encouragent les représentants des communautés
indigènes à élaborer les détails concernant leurs vues au
sujet de la mise en application de l'Article 8(j).
LA CdP-3:
La troisième CdP se déroula à Buenos Aires, en Argentine,
du 4 au 15 novembre 1996. Les délégués y adoptèrent
la Décision III/14, laquelle, entre autres: requiert
des Parties, l'élaboration de législations nationales pour
la mise en application de l'Article 8(j); invite à la
conduite d'études de cas sur la mise en œuvre de l'Article
8(j) et des clauses qui s'y rapportent; requiert du mécanisme
de financement intérimaire, l'examen de la possibilité de
soutenir les projets de renforcement des capacités ciblant
les communautés indigènes et locales; et la mise en place
d'un processus favorisant l'avancement des travaux sur le
thème de la mise en application de l'Article 8(j) et
englobant l'organisation d'un atelier pendant la période
intersessions.
L'ATELIER SUR LE SAVOIR
TRADITIONNEL: L'Atelier sur le
Savoir Traditionnel et la Diversité Biologique s'est tenu à
Madrid, en Espagne, du 24 au 28 novembre 1997, pour la
production de recommandations pour la CdP concernant la
manière de faire avancer la mise en application de l'Article
8(j). L'atelier produisit un rapport renfermant une liste
extensive d'options et de recommandations applicables aux
domaines ci-après: les mécanismes participatifs; la
situation actuelle et les tendances par rapport à l'Article
8(j); les pratiques culturelles traditionnelles en matière de
conservation et d'utilisation durable; le partage équitable
des avantages; l'échange et la diffusion des données; le
suivi; et les éléments juridiques. Le rapport renferme
également des recommandations d'actions pour les niveaux
national et international, et suggère les termes de
référence devant encadrer l'établissement d'un groupe de
travail de composition non limitée ou d'un organe subsidiaire
sur l'Article 8(j).
LA CdP-4:
La quatrième CdP se déroula du 4 au 15 mai 1998, à
Bratislava, en Slovaquie. Les délégués devaient y débattre
de l'élaboration du programme de travail pour l'Article 8(j)
et de la formation du groupe de travail spécial. La Décision
IV/9 établit un groupe de travail chargé de fournir des
conseils pour l'élaboration du programme de travail et sa
mise en œuvre, sur la base du rapport de l'atelier de Madrid.
La Décision qui devait en émaner appelle: à une
représentation, la plus large possible, des communautés
indigènes et locales; à des programmes de travail à court
et moyen terme; à des études de cas ayant rapport avec
l'Article 8(j); et, à l'application d'un statu d'observateur
à l'Organisation Mondiale pour la Propriété Intellectuelle
et à la conclusion d'un mémorandum d'entente avec cette
même OMPI.
LA PREMIERE REUNION DU
GROUPE DE TRAVAIL SUR L'ARTICLE 8(j):
La première réunion du Groupe de Travail sur l'Article 8(j)
eut lieu à Séville, en Espagne, du 27 au 31 mars 2000. les
délégués y procédèrent à l'examen des éléments
susceptibles de figurer dans le programme de travail sur
l'Article 8(j), notamment: les mécanismes participatifs en
faveur des communautés indigènes et locales; le partage
équitable des avantages et les éléments juridiques; la
situation présente et les tendances ayant trait à l'Article
8(j) et les clauses qui s'y rapportent; les pratiques
culturelles traditionnelles en matière de conservation et de
l'utilisation durable; l'échange et la diffusion des données;
et le suivi. Le Groupe de Travail traita également: de
l'application et du développement des formes appropriées,
juridiques et autres, de protection du savoir traditionnel; de
la coopération internationale entre les communautés
indigènes et locales; et des opportunités offertes pour la
collaboration et la mise en œuvre du programme de travail.
LA CdP-5:
La cinquième CdP se tint à Nairobi, au Kenya, du 15 au 26
mai 2000. Les délégués y procédèrent à l'examen du
rapport de la première réunion du Groupe de Travail sur
l'Article 8(j), y compris de ses recommandations pour le
programme de travail proposé, et conseils concernant
l'application et le développement des formes de protection
appropriées juridiques et autres. La Décision V/16 établit
un programme de travail à deux phases consacrées, la
première, à l'examen des mécanismes participatifs, de la
situation présente et des tendances, du partage des avantages,
de l'échange et de la diffusion des données, du suivi et des
éléments juridiques; la seconde, également à la
considération des pratiques culturelles traditionnelles en
matière de conservation et d'utilisation durable, de
l'échange et de la diffusion des données et des éléments
du suivi. La D�cision �largit le mandat du Groupe de Travail
� l'examen des questions de l'�tat d'avancement de la mise
en application et de l'accroissement de la participation des
communaut�s indig�nes et locales dans les diff�rents
programmes de travail th�matiques de la CDB. Elle note par
ailleurs l'importance des �tudes de cas et des syst�mes sui
generis, tout en reconnaissant que la pr�servation du
savoir traditionnel d�pendait du maintien des identit�s
culturelles et de ses mat�riaux de base.
LES FAITS MARQUANTS DE LA
PERIODE INTERSESSIONS
LE GROUPE DE TRAVAIL SUR
L'ACCES ET LE PARTAGE DES AVANTAGES:
La premi�re r�union du Groupe de Travail Sp�cial, de
Composition Non Limit�e, sur l'Acc�s et le Partage des
Avantages se d�roula � Bonn, en Allemagne, du 22 au 26
octobre 2001. Le Groupe de Travail se pencha sur
l'�laboration des lignes directrices et sur les approches
susceptibles d'�tre adopt�es dans les domaines de l'acc�s
aux ressources g�n�tiques et du partage des avantages, du
plan d'action devant �tre adopt� pour le renforcement des
capacit�s et le r�le des DPI dans la mise en application des
accords concernant l'APA. S'agissant du th�me du savoir
traditionnel, les d�l�gu�s abord�rent les aspects ayant
trait � la documentation du consentement �clair� pr�alable
pour l'utilisation des connaissances traditionnelles inscrites
dans le cadre des applications brevet�es, la facilitation des
recherches dans le domaine des syst�mes sui generis disponibles
pour la protection du savoir traditionnel.
LE TRAITE INTERNATIONAL SUR
LES RESSOURCES PHYTO-GENETIQUES VEGETALES POUR L'ALIMENTATION
ET L'AGRICULTURE: Le Trait� (connu
auparavant sous l'appellation de: Engagement International)
fut adopt� par la 31�me Conf�rence de la FAO, le
3 novembre 2001. En n�gociation depuis 1994, il vint �tablir
un Syst�me Multilat�ral charg� de la facilitation de
l'acc�s � une liste sp�cifi�e de ressources
phyto-g�n�tiques pour l'alimentation et l'agriculture (RPGAA),
�quilibr� par un partage des avantages engendr�s dans les
domaines de l'�change d'information, du transfert des
technologies et du renforcement des capacit�s, ainsi que
celui du commerce. Les objectifs du Trait� sont la
conservation et l'utilisation durable des RPGAA et le partage
�quitable des avantages pour le renforcement de l'agriculture
durable et de la s�curit� alimentaire. De pertinence
particuli�re pour le th�me des communaut�s indig�nes et
locales, l'Article 9 (Droits des Agriculteurs) fait �tat de
l'obligation des Parties � prendre, en fonction des lois
nationales, des mesures favorisant la protection et la
promotion des droits des agriculteurs � travers la protection
du savoir traditionnel pertinent aux RPGAA, un partage
�quitable des avantages et la participation dans les
processus d�cisionnels.
LE COMITE
INTERGOUVERNEMENTAL DE L'OMPI SUR LA PROPRIETE INTELLECTUELLE
ET LES RESSOURCES GENETIQUES, LE SAVOIR TRADITIONNEL ET LE
FOLKLORE: La deuxi�me session du
Comit� Intergouvernemental de l'OMPI se r�unit � Gen�ve,
en Suisse, du 10 au 14 d�cembre 2001. La r�union plancha sur
les principes op�rationnels devant encadrer les accords
contractuels concernant l'acc�s aux ressources g�n�tiques,
sur les exp�riences nationales dans le domaine de la
protection du folklore, et, s'agissant du th�me du savoir
traditionnel, sur les d�finitions op�rationnelles, les
formes disponibles de protection de la propri�t�
intellectuelle et du consentement �clair� pr�alable. Les
d�l�gu�s devaient noter, par ailleurs, la n�cessit� de
coordonner le travail avec la CDB et proposa l'examen, lors de
la prochaine r�union, des �l�ments susceptibles d'�tre
int�gr�s dans l'�ventuel r�gime sui generis de
protection du savoir traditionnel.
LE FORUM DE L'OMPI SUR LA
PROPRIETE INTELLECTUELLE ET LE SAVOIR TRADITIONNEL:
Organis� par l'OMPI et le Sultanat d'Oman, � Muscat, ce
forum se d�roula les 21 et 22 janvier 2002. Les th�mes de la
r�union devaient englober la pertinence du syst�me en
vigueur r�gissant les droits de propri�t� intellectuelle,
ainsi que de la question du savoir traditionnel en tant que
pont reliant les civilisations et les cultures et en tant que
source de richesses. Le forum produisit une d�claration
portant: sur l'interaction entre les d�tenteurs du savoir
traditionnel et les organisations gouvernementales,
intergouvernementales et non gouvernementales pertinentes; sur
l'am�lioration de la prise de conscience au sein des
communaut�s traditionnelles; et sur le travail accompli par
le Comit� Intergouvernemental de l'OMPI.
LE FORUM INTERNATIONAL DES
COMMUNAUTES INDIGENES SUR LA BIODIVERSITE:
Le septi�me Forum International des Communaut�s Indig�nes
sur la Biodiversit� s'est d�roul� � Montr�al, au Canada,
les 2 et 3 f�vrier 2002. Y ont pris part pr�s de 45
repr�sentants des communaut�s indig�nes venus des quatre
coins du monde participer � un d�bat autour des
contributions devant �tre inject�es dans la pr�sente
r�union.
LA CONSULTATION SUR LES TRUG,
LES COMMUNAUTES INDIGENES ET LOCALES ET LES DROITS DES
AGRICULTEURS: Organis�e par le
Secr�tariat de la CDB sur le th�me des effets potentiels des
Technologies de restriction des utilisations g�n�tiques (TRUG)
sur les communaut�s indig�nes et locales et sur les droits
des agriculteurs, ce forum informel s'est tenu � Montr�al,
au Canada, le 3 f�vrier 2002. Pr�s de 30 participants ont
pris part � ses travaux. Ses r�sultats seront diffus�s dans
le courant de la pr�sente r�union et seront int�gr�s au
rapport th�matique de la CdP-6 consacr� � la biodiversit�
agricole.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE:
La r�union commencera � 10h dans la Salle des Pl�ni�res
pour entendre lectures des remarques d'ouvertures, traiter les
questions d'organisation et proc�der � l'examen des rapports
soumis par le Secr�tariat.
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL I:
Le SGT-I se r�unira � 15h pour entamer le d�bat autour des
grandes lignes du rapport composite sur la situation actuelle
et les tendances.
SOUS-GROUPE DE TRAVAIL II:
Le SGT-II se r�unira � 15h pour commencer l'examen des
m�canismes participatifs. |