|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 09 No. 198
Lundi, 1er Octobre 2001
DEUXIEME REUNION DU COMITE
INTERGOUVERNEMENTAL POUR LE PROTOCOLE DE CARTHAGENE SUR LA
BIOSECURITE:
1-5 OCTOBRE 2001
La deuxième Réunion du
Comité Intergouvernemental pour le Protocole de Carthagène
sur la Biosécurité (CIPC) démarre aujourd'hui au siège du
Programme des Nations Unies pour l'Environnement à Nairobi,
au Kenya. Le CIPC avait été établi par la Conférence des
Parties (CdP) de la Convention sur la Diversité Biologique
(CDB), suite à l'adoption du Protocole de Carthagène, pour
la préparation de la première Réunion des Parties (RdP)
signataires du Protocole. Sous la présidence de l'ambassadeur
Philémon Yang (Cameroun), les délégués doivent procéder
à l'examen des points inscrits à l'ordre du jour concernant:
la responsabilité et la compensation; le suivi et
l'élaboration des rapports; les directives devant être
fournies au mécanisme financier; le règlement intérieur; le
Secrétariat; l'ordre du jour de la première RdP; et diverses
questions nécessaires à la mise en application effective du
Protocole. La réunion poursuivra également les discussions
concernant les thèmes abordés au cours de la CIPC-1,
notamment: les processus décisionnels; l'échange
d'informations; le renforcement des capacités; la
manipulation, le transport, l'emballage et l'identification;
et le respect des obligations. Les recommandations de la
CIPC-2 seront transmises, pour considération, à la première
RdP du Protocole qui se tiendrait en conjonction avec la
sixième CdP de la CDB prévue du 8 au 26 avril 2002, à La
Haye, aux Pays-Bas.
BREF HISTORIQUE DU PROTOCOLE DE CARTHAGENE
Négociée sous les auspices
du PNUE, La CDB fut adoptée le 22 mai 1992 et entra en
vigueur le 29 mai 1993. Actuellement, la Convention compte 179
Parties. L’Article 19.3 de la CDB permet aux Parties de
considérer la nécessité pour, et les modalités d’un
protocole établissant des procédures dans le domaine du
transfert, de la manipulation et de l’utilisation sans
risques des OGM susceptibles d'avoir des effets adverses sur
la biodiversité et ses composantes.
Le Protocole de Carthagène
sur la Biosécurité traite des conditions du transfert, de la
manipulation et de l'utilisation des OGM susceptibles d'avoir
un effet adverse sur la biodiversité, en tenant compte de la
santé humaine, avec une focalisation sur le transit
transfrontalier. Le Protocole établit la procédure d'un
Accord Préalable en Connaissance de Cause (APCC) pour les
importations d'OGM destinés à être introduits dans
l'environnement. Il intègre également le principe de
précaution et les mécanismes devant encadrer l'évaluation
des risques et la gestion des risques. Le Protocole établit
par ailleurs un centre d'échange d'informations sur la
Biosécurité (CEIB) destiné à faciliter le partage des
données, et renferme des dispositions en faveur du
renforcement des capacités et de la mise à disposition de
ressources financières, avec une attention particulière aux
pays en développement et aux pays dépourvus de systèmes
réglementaires intérieurs. Actuellement, le Protocole compte
103 signataires avec cinq Etats ayant ratifié ou accédé au
Protocole.
LA CdP-1 :
La première Conférence des Parties (CdP-1) de la CdP, qui se
tint à Nassau, aux Bahamas, du 28 novembre au 9 décembre
1994, établit le Groupe d’Experts Ad Hoc sur la
Biodiversité, lequel se réunit à Madrid du 24 au 28 juillet
1995. La plupart des experts y favorisèrent la mise en place
d’une structure internationale sur la biosécurité, dans le
cadre de la CDB, et la réunion élabora la liste des
éléments ayant bénéficié d'un soutien unanime et celle
ayant bénéficié d'un appui partiel.
LA CdP-2 :
Durant la CdP-2 qui se réunit à Jakarta, Indonésie, du 6 au
17 novembre 1995, les délégués examinèrent la nécessité
et les modalités d’un protocole. Dans le cadre du débat
autour de l’objectif du Protocole, la CdP adopta un texte de
compromis (Décision II/5) appelant à "un processus de
négociation à développer dans le domaine des conditions du
transfert, de la manipulation et de l'utilisation des
organismes vivants modifiés, un protocole sur la
biosécurité, focalisé sur les mouvements transfrontaliers
des OGM susceptibles d’avoir un effet adverse sur la
diversité biologique". La CdP-2 établit le Groupe de
Travail Spécial sur la Biosécurité ( GTBS) pour
l'élaboration du protocole sur la base des sur les éléments
tirés du rapport de la réunion de Madrid.
LE GROUPE DE TRAVAIL SUR LA
BIOSECURITE : Entre 1996 et
1999, le GTBS se réunit à six reprises, sous la Présidence
de Veit Koester (Danemark). Les délégués consacrèrent les
deux premières réunions à la définition des thèmes et à
l'articulation des positions. A la troisième réunion, tenue
en octobre 1997, les délégués produisirent le texte
préliminaire consolidé devant servir de plate-forme aux
négociations, établirent deux Sous-groupes de Travail
chargés de traiter des principaux articles du Protocole et
formèrent un groupe de contact sur les questions
institutionnelles et les clauses finales. Les quatrième et
cinquième réunions se focalisèrent sur la réduction et
l'affinement des options avancées pour chacun des articles
dans le projet de texte du Protocole. Parmi les sujets qui
s'avérèrent les plus difficiles à résoudre, ceux de la
non-discrimination, des considérations socioéconomiques, de
la responsabilité et de la compensation, de l'approche/du
principe de précaution et de l'inclusion des produits des OGM
ou des matières premières qui s'y rapportent. La dernière
réunion du GTBS (14-22 février 1999 à Carthagène, en
Colombie) était destinée à la finalisation des
négociations autour du Protocole en vue de le soumettre à la
première Réunion Extraordinaire de la Conférence des
Parties (CdP-Ex) prévue immédiatement après la sixième
réunion du GTBS. Mais en dépit d'intenses négociations, les
délégués ne furent pas en mesure de parachever le
Protocole. Leurs désaccords portèrent principalement sur les
questions ayant trait au champ d'action du Protocole, aux
questions touchant au commerce international, et au traitement
des matières premières (les OGM destinés à l'alimentation,
à la nourriture des animaux ou à la transformation –
OGM-ANT).
LA CdP-EX :
La première Réunion Extraordinaire de la Conférence des
Parties (Carthagène, Colombie, 22-23 février 1999) suivit
immédiatement la GTBS-6 sous la conduite du Président de la
CdP-Ex, Juan Mayr, Ministre Colombien de l’Environnement.
Elle chercha, durant deux journées de négociations
ininterrompues, à élaborer un accord sur un paquet de
compromis global. N'y parvenant pas, la CdP-Ex adopta une
décision appelant à la suspension de la réunion et à sa
reprise sur la base de consultations ultérieures. Parmi les
questions restées en suspens: l'inclusion des matières
premières dans le champ d'action du Protocole; le lien du
Protocole avec d'autres accords, et en particulier ceux ayant
trait au commerce international; l'application de la
procédure de l'accord préalable en connaissance de cause,
dans le cadre du principe de précaution; et les exigences en
matière de documentation et d'identification.
LES CONSULTATIONS
INFORMELLES : Trois ensembles
de consultations informelles conduites par le Président de la
CdP-Ex, Mayr, furent tenus pour faciliter les discussions
autour des principales questions en suspens. Lors de la
première consultation informelle 1er Juillet 1999
à Montréal, au Canada) ant sur une décision du Bureau de la
CdP du 1er juillet 1999, le Président Mayr
rencontra les porte-parole des principaux groupes de
négociation, à savoir: les Pays d’Europe Centrale et de l’Est,
L'Union Européenne, le Groupe de Compromis (Japon, Mexique,
Norvège, Corée du Sud et Suisse), le Groupe de Même
Esprit (la majorité des pays en développement) et le
Groupe de Miami (Argentine, Australie, Canada, Chili,
Etats-Unis et Uruguay). Les groupes y exprimèrent leur
volonté politique de finaliser les négociations et
s'accordèrent sur la tenue d'un autre ensemble de
consultations avant la reprise de la CdP-Ex.
Le deuxième ensemble de
consultations informelles (15-19 septembre 1999 à Vienne, en
Australie) inclut deux journées de concertation au sein des
groupes de négociation, une journée consacrée à des
échanges informels entre les groupes en présence et
deux journées consacrées à des discussions officieuses
entre les groupes. Aux cours de ces deux dernières journées,
les groupes de négociation traitèrent de questions ayant
trait aux matières premières, au lien du Protocole avec d’autres
accords internationaux, au champ d'action du Protocole et à l’application
de la procédure de l'AIA. Les groupes de négociation se
mirent d’accord sur une série basique de concepts
concernant la question des matières premières et celle du
lien avec d’autres accords internationaux, reconnaissant par
ailleurs que des divergences restaient à résoudre sur ces
sujets et sur d'autres encore.
Le troisième ensemble de
consultations informelles (20-23 janvier 2000 à Montréal, au
Canada) eut lieu juste avant la réunion de reprise de la
CdP-Ex. Les deux premières journées de la réunion furent
consacrées à des concertations au sein des groupes de
négociation. Au cours des deux journées suivantes, les
délégués poursuivirent les discussions sur la base des
résultats des Réunions Informelles de Vienne. Ces
discussions furent directement intégrées dans les
négociations de la CdP-Ex de reprise.
LA CdP-EX DE REPRISE :
La CdP-Ex reprit ses travaux une année plus tard (24-28
juillet 1999 � Montr�al, au Canada). Au terme de neuf jours
de n�gociations intenses, ayant inclus des consultations
informelles, les d�l�gu�s adopt�rent le Protocole de
Carthag�ne sur la Bios�curit� aux premi�res heures du 29
janvier 2000. Parmi les principaux th�mes d�battus: le champ
d'action du Protocole, le lien du Protocole avec d�autres
accords internationaux, le principe de pr�caution, la
proc�dure alternative � l'AIA, et la documentation devant
accompagner l'export des OGM-ANT.
La CdP-Ex de reprise
�tablit �galement le CIPC, plac� sous la pr�sidence de l�ambassadeur
Yang et conseill� par un Bureau, pour l'�laboration des
pr�paratifs de la premi�re r�union des Parties. La CdP-Ex
demanda �galement au Secr�taire Ex�cutif de la CDB d�entamer
les travaux pr�paratoires � la mise en place du CEIB, et
requit le recours au fichier d'experts devant �tre d�sign�s
par les gouvernements pour la fourniture des avis et du
soutien n�cessaires.
LA CdP-5 :
La CdP-5 (15-26 mai 2000 � Nairobi, au Kenya) engloba une
r�union de haut niveau autour du Protocole, incluant une
Table Ronde Minist�rielle sur le th�me du renforcement des
capacit�s pour la facilitation de la mise en application. Au
cours d'une c�r�monie sp�ciale, 67 pays et la Communaut�
Europ�enne proc�d�rent � la signature du Protocole. La
CdP-5 proc�da �galement � l'examen et � l'adoption du plan
de travail couvrant les deux premi�res r�unions du CIPC.
La CICP-1:
La premi�re r�union du Comit� Intergouvernemental (11-15
d�cembre 2000, � Montpellier, en France) proc�da �
l'examen des sujets suivants: Le partage des informations et
le CEIB; le renforcement des capacit�s; le fichier d'experts;
les proc�dures de la prise de d�cisions; la manipulation, le
transport, l'emballage et l'identification; et le respect des
obligations. La r�union fit ressortir "l'Esprit de
Montpellier" comme force positive contribuant �
l'�tablissement de la confiance et � l'�lan politique, et
souligna les questions touchant � la capacit� des pays en
d�veloppement de mettre en application le Protocole et aux
voies et moyens de parvenir � un CEIB � la fois
op�rationnel et accessible. La CIPC-1 conclut ses travaux par
des recommandations appelant � des activit�s intersessions
et � des rapports de synth�se concernant chacun des articles
de fond devant �tre examin�s au cours de la CIPC-2.
LES REUNIONS INTERSESSIONS
LA REUNION DES EXPERTS
TECHNIQUES SUR LE THEME DE LA MANIPULATION, DE L'EMBALLAGE, DU
TRANSPORT ET DE L'IDENTIFICATION:
Cette r�union d'experts (13-15 juin 2001, � Paris, en
France) proc�da � l'examen des besoins et des modalit�s
n�cessaires au d�veloppement des mesures concernant la
documentation devant accompagner les OGM, y compris ceux
destin�s � une utilisation dans des espaces confin�s et �
une introduction intentionnelle dans l'environnement. Les
experts pass�rent �galement en revue les pratiques
nationales et internationales, les r�gles et les normes
pertinentes au th�me de la manipulation, de l'emballage, du
transport et de l'identification, et recommand�rent trois
options concernant ces pratiques, dans le cadre du Protocole:
l'utilisation des pratiques existantes en mati�re de
documentation fournie par le consignateur de la cargaison;
l'utilisation des syst�mes internationaux en mati�re de
documentation; et l'�laboration d'un nouveau m�canisme de
documentation fa�onn� selon les syst�mes existants. Les
recommandations de la r�union seront examin�es � la CIPC-2.
LA REUNION D'EXPERTS SUR LE
RENFORCEMENT DES CAPACITES: Cette
r�union d'experts (11-13 juillet 2001, � La Havane, � Cuba)
passa en revue les initiatives en cours en mati�re de
renforcement des capacit�s en faveur de la mise en �uvre du
Protocole et l'information re�ue par le Secr�tariat de la
CDB au sujet du questionnaire concernant le renforcement des
capacit�s. Les experts proc�d�rent �galement � l'examen
des besoins quant aux questions prioritaires en la mati�re,
ainsi que des approches, des options et des strat�gies
n�cessaires au traitement de ces questions. La r�union
�labora par ailleurs un projet de "Plan d'Action pour le
Renforcement des Capacit�s en faveur d'une Mise en �uvre
Effective du Protocole," pour consid�ration par la
CIPC-2. Un atelier d'une journ�e, co-organis� par le PNUE et
le FEM, fut tenu juste apr�s la r�union d'experts pour
traiter de la question du financement de l'�laboration et de
la mise en application des cadres nationaux relatifs � la
bios�curit�.
LA REUNION D'EXPERTS SUR LE
RESPECT DES OBLIGATIONS: Cette
r�union d'experts (26-28 septembre 2001, � Nairobi, au
Kenya) proc�da � l'examen des �l�ments potentiels, des
options, des projets de proc�dures et de m�canismes, ainsi
que d'une synth�se des points de vue des gouvernements
concernant le r�gime de la mise en conformit� aux
obligations relevant du Protocole. Les recommandations de la
r�union seront transmises � la CICP-2 pour examen
approfondi.
LE GROUPE DE LIAISON DES
EXPERTS TECHNIQUES SUR LE CENTRE D'ECHANGE D'INFORMATIONS SUR
LA BIOSECURITE: Le groupe de liaison
se r�unit � deux reprises (19-20 mars 2001, � Montr�al, au
Canada; et 27-28 septembre 2001, � Nairobi, au Kenya) pour
poursuivre ses travaux en mati�re de fourniture de
l'expertise facilitant la mise en application de la phase
pilote du CEIB.
LES REUNIONS REGIONALES:
Des r�unions r�gionales furent convoqu�es pour l'Afrique
(26-28 f�vrier 2001, � Nairobi, au Kenya) et pour
l'Am�rique Latine et les Cara�bes (4-7 septembre 2001, �
Lima, au P�rou), pour traiter des questions de renforcement
des capacit�s, du CEIB et du M�canisme d'Echange
d'Informations de la CDB.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
LA PLENIERE:
La Pl�ni�re se r�unit � 10h. Les d�l�gu�s y entendront
les d�clarations d'ouverture: du Pr�sident du CIPC,
l'ambassadeur Phil�mon Yang; du Directeur Ex�cutif du PNUE,
Klaus T�pfer ou son repr�sentant; et du Secr�taire Executif
de la CDB, Hamdallah Zedan. La Pl�ni�re entendra �galement
les rapports concernant les r�centes r�unions intersessions,
y compris celles ayant port� sur: la manipulation,
l'emballage, le transport et l'identification; le renforcement
des capacit�s; et le respect des obligations. |