Sixième journée de la CdP-5, les délégués se sont
réunis, le matin, en séance Plénière pour entendre lecture
des rapports sur les progrès réalisés par les Groupes de
Travail et les déclarations des organisations internationales,
et procéder à l'examen des décisions pour adoption. Après
la Plénière, le Groupe de Travail I (GT-I) s'est réuni pour
traiter des thèmes des espèces exotiques et de l'initiative
mondiale pour la préservation des plantes. Le Groupe de
Travail II (GT-II) s'est penché, pour sa part, sur les
questions d'identification, de suivi et d'évaluation, et sur
les indicateurs, ainsi que sur le thème de l'éducation et de
la conscientisation du grand public. Des groupes de contact
sur l'accès aux ressources génétiques et le partage des
avantages (APA), sur l'Article 8(j), sur la biodiversité
agricole et la biodiversité forestière ont tenu des séances
de travail nocturnes.
LA PLENIERE
Le Président de la CdP-5, Francis Nyenze (Kenya), ouvrit
la Plénière en faisant remarquer que la CDB avait été
adopté à cette date et dans ces lieux mêmes en 1992. Le
Président du GT-I, Peter Schei (Norvège) rapporta que le GT-I
a procéder à l'examen: de l'utilisation durable, en tant que
thème intersectoriel, avec ceux du tourisme et des mesures
incitatives; de la biodiversité des terres arides; des
rapports sur l'état d'avancement des questions des eaux
intérieures, de la biodiversité marine et côtière; de la
biodiversité forestière; de la biodiversité agricole; et de
l'approche écosystémique. L'orateur devait noter en outre
que des projets de décisions ont été élaborés sur
l'utilisation durable en tant que thème intersectoriel, la
biodiversité et le tourisme, et les mesures incitatives (UNEP/CBD/COP/5/L.3).
Les délégués adoptèrent les décisions moyennant quelques
modifications mineures.
La Présidente du GT-II, Elaine Fisher (Jamaïque) rapporta
que le GT-II a débattu des thèmes: de l'APA; de
l'élaboration des rapports nationaux; des ressources
financières et du mécanisme de financement; de la
coopération scientifique et technique et du Mécanisme
d'Echange d'Information (MEI). L'Ambassadeur John Ashe
(Antigua et Barbuda), Président du groupe de contact sur le
budget rapporta que les consultations étaient en cours. La
Plénière approuva par ailleurs le rapport sur les lettres de
créances présenté par Ilona Jepsen (Lettonie) et le
Président élu des SBSTTA-7 et 8, Jan Plesnik (République
Tchèque).
L'ETAT D'AVANCEMENT DU PROTOCOLE DE BIOSECURITE: Le
Président de la CdP-5, Nyenze, introduisit, pour adoption, le
rapport sur l(état d'avancement du Protocole de Biosécurité
et le plan de travail du Comité Intergouvernemental pour le
Protocole de Carthagène (CIPC) (UNEP/CBD/CBD/5/L.2).
L'ARGENTINE et les ETATS-UNIS firent part de leurs réserves
concernant le plan de travail, soulignant que l'Article 18 (Manutention,
Transport, Emballage et Identification) devait être abordé
à la seconde réunion du CIPC. L'ARGENTINE souhaita voir le
CIPC limiter son travail aux thèmes du renforcement des
capacités, de l'échange d'information et du MEI. Mettant en
relief le fait que le mandat du CIPC était restreint aux
travaux préparatoires, le MEXIQUE et l'ETHIOPIE, appuyés par
la BOLIVIE, le BOTSWANA, le TCHAD, la CHINE, la COLOMBIE, la
COMMUNAUTE EUROPEENNE, HAITI, l'INDE, le JAPON, le KENYA, le
MALAWI, la MALAISIE, le MOROC, la SUISSE, le TOGO, le
VENEZUELA et le ZIMBABWE, apportèrent leur soutien en faveur
de l'adoption du plan de travail. Le délégué des ETATS-UNIS
déclara que les produits pharmaceutiques devaient rester en
dehors du plan de travail, étant donné qu'ils ne sont pas
inscrits dans le champ d'action du Protocole, et requit des
éclaircissements sur la sélection du Groupe d'Experts
Techniques du MEI de biosécurité. Le Secrétariat expliqua
que c'est le Bureau du CIPC qui prendra cette décision.
Après consultations avec l'Argentine, l'Ambassadeur Philémon
Yang (Cameroun), Président du Bureau du CIPC, appuyé par
l'AUSTRALIE, le BRESIL, le CANADA, le PORTUGAL, au nom de l'UE,
et les ETATS-UNIS, proposa un compromis consistant à
déplacer la considération des modalités de l'élaboration
des normes relevant de l'Article 18, vers le chapitre
consacré au renforcement des capacités. Après un certain
débat, la décision et le plan de travail furent adoptés
sous leurs formes d'origine.
LES DECLARATIONS DES ORGANISATIONS INTERNATIONALES: Le
représentant du FEM mit en exergue ses projets de
biodiversité et ses nouveaux programmes intéressant la
gestion des écosystèmes et l'agrobiodiversité, et offrit
l'assistance du FEM dans la mobilisation de ressources
financières additionnelles. L'orateur fit noter, par ailleurs,
une initiative, récemment approuvée, en matière de
renforcement des capacités, élaborée en coopération avec
le PNUD dans les domaines de la biodiversité, des changements
climatiques et de la lutte contre la dégradation des sols.
Le SECRETARIAT de la CITES souligna l'importance de
l'amélioration de la coopération entre la CITES, la CDB et
d'autres conventions ayant rapport avec la biodiversité.
L'orateur rapporta que lors que la récente CdP-11 de la
CITES, les délégués ont endossé des propositions appelant
à des synergies dans les domaines, entre autres, de la
coopération scientifique et technique, de l'application, du
renforcement des capacités et de la collecte des fonds.
Le PNUD nota son engagement continu en faveur de la mise en
application de la CDB, mettant l'accent sur les activités
menées dans les domaines de la biosécurité, des forêts et
des populations autochtones. Le représentant mit également
en relief les projets du FEM destinés à aider les pays à
mettre en œuvre la CDB, notamment: le Programme de Soutien de
la Planification pour la Biodiversité; le programme des
ateliers nationaux de dialogue sur l'accès au financement; et
le Programme des Petites Subventions.
LE GROUPE DE TRAVAIL I
LES ESPECES EXOTIQUES: Le Secrétariat introduisit le
document UNEP/CBD/COP/5/12. Le Président de la SBSTTA-5,
Cristián Samper, présenta les Décisions IV/1C et IV/16 de
la CdP et les Recommandations IV/4 et V/4 du SBSTTA. Plusieurs
pays apportèrent leur appui à la Recommandation V/4 du
SBSTTA et aux principes directeurs intérimaires, tout en
notant la nécessité de la poursuite de leur élaboration.
Certains apportèrent leur soutien à l'idée de procéder à
leur examen à la SBSTTA-6. Nombre de pays appelèrent à
l'adoption d'une approche plus active. Le délégué des
SEYCHELLES, appuyé par un certain nombre d'Etats insulaires,
appela à une attention particulière en faveur des petits
Etats insulaires. L'AUSTRALIE, la HONGRIE et l'INDE
soulignèrent l'importance de la collaboration avec d'autres
organisations. Un certain nombre de pays plaidèrent en faveur
du soutien financier pour le renforcement des capacités, le
contrôle, l'éradication, les correspondants nationaux, la
recherche et la taxinomie. Le DANEMARK invita les pays en
développement à inclure les espèces exotiques dans leurs
programmes de coopération pour le développement. L'UE,
appuyée par la LETTONIE, MONACO, la TUNISIE et DEFENDERS OF
WILDLIFE, proposa la considération de la mise en place d'un
instrument international relevant de la CDB. Le CANADA indiqua
que la question nécessitait un examen approfondi, et la
NOUVELLE ZELANDE y fit objection.
Nombre de pays apportèrent leur soutien à la soumission
d'études de cas et à la poursuite du travail sur la
normalisation de la terminologie. La SUISSE déclara que les
études de cas devaient être conduites à une échelle
régionale. L'ARGENTINE, le CANADA et les ILES SALOMON
appelèrent à l'utilisation des bases de données nationales
et régionales. Le SENEGAL requit que le MEI soit utilisé le
suivi. Quelques pays mirent en exergue les mesures de
prévention et autres mesures d'atténuation des effets. OMAN,
les ILES SALOMON et le ZIMBABWE mirent l'accent sur la
conscientisation du grand public. Le JAPON et la NORVEGE
proposèrent l'adoption d'une approche sectorielle. Le BURKINA
FASO, la REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO et la REPUBLIQUE DE
COREE mirent en relief la collaboration avec les pays
d'origine des espèces invasives.
L'UE proposa le traitement des questions des sous-espèces,
des variétés d'espèces et des génotypes. La CHINE proposa
le traitement de la question des OGM et, avec l'IRLANDE, de
celle des génotypes. L'AUSTRALIE fit part de ses réserves
concernant la sur-expansion du niveau de tolérance des
espèces. L'AUSTRALIE, le CAMEROUN, SAMOA et DEFENDERS OF
WILDLIFE firent part de leur soutien en faveur du Programme
Mondiale pour les Espèces Invasives (PMEI). L'UICN, au nom du
PMEI, mit l'accent sur ses activités en cours, y compris, une
compilation des bonnes pratiques, l'élaboration d'outils et
l'évaluation des travaux scientifiques disponibles. La FAO
nota sa volonté de fournir une assistance dans le domaine de
l'évaluation des risques. Plusieurs pays firent part de leurs
réserves concernant les agents de contrôle biologiques
proposés pour l'éradication de certaines variétés de
plantes cultivées. La NOUVELLE ZELANDE et les ETATS-UNIS
notèrent que les agents biologiques sont souvent nécessaires
pour le contrôle des espèces exotiques. Le SUNSHINE PROJECT,
au nom d'un certain nombre de groupes autochtones et d'ONG,
affirma que le développement d'agents biologiques allait à
l'encontre des objectifs de la CDB et que ces derniers
risquaient d'avoir des effets négatifs sur les communautés
autochtones et locales.
LA STRATEGIE MONDIALE POUR LA PRESERVATION DES PLANTES: La
COLOMBIE et le BRESIL introduisirent l'initiative pour la
préservation des plantes, pour développement et examen à la
CdP-6. La SLOVENIE, au nom de l'ECE, le NIGERIA, au nom du
G-77/CHINE, et d'autres Etats apportèrent leur soutien à la
proposition. Le CAMEROUN et le PAKISTAN proposèrent
l'insertion d'une référence aux initiatives de préservation
des animaux. Le porte-parole du G-77/CHINE souligna
l'importance des plantes médicinales. L'INDONESIE parla en
faveur d'une coopération avec la FAO, l'UICN et l'UNESCO et,
avec l'INDE, demanda l'établissement d'un lien avec les
programmes de travail int�ressant la biodiversit�
foresti�re et agricole. Le d�l�gu� des SEYCHELLES appela
� une coop�ration avec le PMEI. Le Mexique et le VENEZUELA
appel�rent � l'�tablissement d'un lien avec l'Initiative
Mondiale en mati�re de Taxinomie. La NOUVELLE ZELANDE
d�clara que la strat�gie mondiale doit soutenir les
initiatives locales. L'AFRIQUE DU SUD demanda l'int�gration
des activit�s nationales et r�gionales de conservation in
situ et ex situ. La BOLIVIE souligna que l'analyse taxinomique
ne doit pas exclure celle �cosyst�mique.
LE GROUPE DE TRAVAIL II
L'IDENTIFICATION, LE SUIVI ET L'EVALUATION, ET LES
INDICATEURS: Le Secr�tariat introduisit le document UNEP/CBD/COP/5/11
et le projet de d�cision tir� de la Recommandation V/11 du
SBSTTA. L'INDE, appuy�e par le JAPON, endossa les
recommandations du SBSTTA, notamment pour ce qui est des
aspects relatifs aux programmes nationaux, souligna
l'importance de la prise en consid�ration des circonstances
socio�conomiques et mit en relief la n�cessit� de donn�es
exhaustives et ad�quates. La NOUVELLE ZELANDE, soutenue par
la COLOMBIE, s'opposa � l'�laboration d'indicateurs de
dimension mondiale, notant qu'ils risquaient d'entraver la
gestion. L'UE, appuy�e par la SUISSE, souligna le besoin
d'�laborer un ensemble de principes rationnels, de question
cl�s et d'indicateurs de l'�tat d'avancement des mesures de
r�ponse et, avec le MEXIQUE et l'AUSTRALIE, souligna
l'importance de la coop�ration r�gionale et de l'�change
d'informations. La SLOVENIE indiqua que l'ECE proc�dera �
l'�laboration des indicateurs, en guise d'objectif � long
terme. Le KENYA appela � des strat�gies pour la
participation des propri�taires des ressources. L'ALLEMAGNE
sugg�ra la pr�vision de m�canismes garantissant
l'efficacit� de la mise en place d'indicateurs pour les
programmes th�matiques, en coop�ration avec le fichier des
experts. La SUISSE mit en relief la coordination avec les
organisations comp�tentes, telles que l'OCDE et le Centre
Mondiale pour le Suivi de la Conservation. Le BRESIL, GRENADE,
le SUDAN, le VENEZUELA et d'autres Etats mirent l'accent sur
le renforcement des capacit�s et sur le transfert des
technologies. L'ETHIOPIE et BIRDLIFE INTERNATIONAL appel�rent
� la prise en consid�ration, entre autres, des aspects
environnementaux, sociaux, culturels et institutionnels.
Faisant �tat d'une prolif�ration d'initiatives
d'�laboration d'indicateurs, le ROYAUME-UNI encouragea la CDB
� jouer un r�le leader.
L'EDUCATION ET LA CONSCIENTISATION DU GRAND PUBLIC: Le
Secr�tariat introduisit les documents UNEP/CBD/COP/5/Inf.5,
UNEP/CBD/COP/5/2, 13 et 1/Add.2. L'UNESCO pr�senta ses
commentaires sur l'Initiative Mondiale UNESCO/CDB, notant
l'imp�ratif d'y impliquer les organisations pertinentes et de
se focaliser sur l'�ducation formelle et informelle. La
NORVEGE d�clara que l'initiative �tait extr�mement
ambitieuse et fit part de pr�occupations concernant sa mise
en �uvre. L'EQUATEUR, appuy� par l'IRAN et le PEROU, nota
que l'initiative ne couvrait ni les th�mes intersectoriels ni
les questions th�matiques, en particulier l'Article 8(j) et
le renforcement des capacit�s, et proposa la mise en place
d'un m�canisme de revue intersessions avant la CdP-6. L'UE
souhaita l'int�gration de l'�ducation et de la
conscientisation du public dans les plans d'action nationaux
consacr�s � la biodiversit�. Le KENYA proposa d'y inclure
la formation des gestionnaires de la biodiversit�, et requit
de la CdP, de r�server des fonds suppl�mentaires pour le
programme de travail de la biennale 2000-2001. Le RWANDA
proposa l'insertion de l'�ducation formelle en mati�re de
biodiversit�. L'INDE appuya l'inclusion de l'�ducation en
mati�re de discussions de la CdP autour des questions
th�matiques. L'ALLEMAGNE et le CANADA soulign�rent que les
programmes d'�ducation doivent �tre �troitement li�s au
MEI. La COLOMBIE, soutenue par la SLOVENIE, proposa de changer
la date de la Journ�e Internationale de la Biodiversit�. La
NAMIBIE appela au renforcement de la communication avec les
populations locales. L'ESPAGNE demanda � la CdP de l'�difier
sur la mani�re dont les mus�es peuvent am�liorer la
conscientisation du grand public. Le d�l�gu� des PAYS-BAS
encouragea le Secr�tariat � accro�tre sa communication.
LES GROUPES DE CONTACT
LA BIODIVERSITE AGRICOLE: Le groupe de contact passa en
revue le projet de d�cision concernant la biodiversit�
agricole, y compris le programme de travail pluriannuel.
LA BIODIVERSITE FORESTIERE: Le groupe de contact paracheva
son travail sur le projet de d�cision relatif � la
biodiversit� foresti�re.
L'ACCESS AUX RESSOURCES GENETIQUES: Le groupe de contact
examina le projet de d�cision �labor� sur la base des
consultations qui avaient eu lieu dans le courant de l'apr�s-midi.
Le groupe adopta la d�cision moyennant quelques modifications
mineures et l'ajout d'un libell� appelant � l'insertion
d'une disposition pour l'information sur l'origine des
ressources g�n�tiques, pour les applications des DPI.
L'ARTICLE 8(j) ET LES DISPOSITIONS EN RAPPORT: Le groupe de
contact examina le programme de travail provisoire du Groupe
de Travail sp�cial, de Composition Non Limit�e, sur
l'Article 8(j ). Le groupe appuya la continuation du Groupe de
Travail et apporta son soutien au programme de travail.
Plusieurs d�l�gations propos�rent un classement prioritaire
des t�ches sp�cifiques.
DANS LES ALLEES
Alors que les d�l�gu�s attendent l'arriv�e des
ministres et la signature du Protocole, les fant�mes de
Carthag�ne et de Montr�al �taient, pour ainsi dire,
pr�sents dans leurs esprits tout au long de la discussion
Pl�ni�re autour du plan de travail du CIPC. Plusieurs voix
�taient, en effet, les m�mes que celles entendues lors des
n�gociations de la table ronde sur la bios�curit�, et les
questions d'identification et de documentation �taient les
m�mes qui avaient conclu les n�gociations � Montr�al.
Certains d�l�gu�s ont not� que de telles tensions �taient
sans doute in�vitables dans un processus pr�paratoire
suppos� faciliter la mise en �uvre du Protocole dans ses
aspects centraux et ceux parfois pol�miques, sans pr�tendre
�tre un processus de n�gociation proprement dit.