Cinquième journée de la CdP-5 de la CDB, les délégués
se sont réunis dans les Groupes de Travail tout au long de la
journée. Le Groupe de Travail I (GT-I) a planché sur les
programmes de travail pour la biodiversité forestière et
biodiversité agricole et sur l'approche par écosystème,
puis, au cours d'une séance nocturne, a procédé à l'examen
du Papier de Salle de Conférence (PSC) sur l'utilisation
durable, le tourisme et les mesures incitatives. Le Groupe de
Travail II (GT-II) s'est penché sur le Mécanisme d'Echange
d'Informations (MEI) et sur l'Article 8(j) et les Dispositions
en Rapport. Un groupe de contact sur la biodiversité
forestière s'est réuni dans l'après-midi, et des groupes de
contact sur l'accès aux ressources génétiques et le partage
des avantages (APA) et sur les opérations de la Convention se
sont réunis dans la soirée.
LE GROUPE DE TRAVAIL I
LA BIODIVERSITE FORESTIERE: Les délégués reprirent
leur débat autour de la biodiversité forestière. De
nombreux intervenants apportèrent leur soutien à la mise en
place d'un groupe d'experts techniques spécial. Les ILES
SALOMON, l'INDONESIE, le TOGO et d'autres Etats appuyèrent
également l'établissement d'un groupe de travail, de
composition non limitée, sur les politiques forestières. Le
BRESIL fit objection à un tel groupe. De nombreuses
délégations plaidèrent en faveur d'une collaboration avec
la CCCC et d'une coopération avec le Forum des Nations Unies
sur les Forêts proposé (FNUF). Le représentant des Iles
SALOMON fit part de son regret que le soutien financier ne
soit fourni que pour la réhabilitation, et pas pour la
prévention de la déforestation. Le CHILI encouragea
l'atténuation des causes sous-jacentes de la déforestation.
La FINLANDE souligna, entre autres, l'importance des critères
et des indicateurs au niveau régional, des programmes
forestiers nationaux et des réseaux des zones protégées. Le
MALAWI mit en relief le besoin de traiter de la pauvreté et
de l'évaluation économique des forêts. L'ETHIOPIE, la
GAMBIE, le KAZAKHSTAN et d'autres Etats encouragèrent
l'action d'aborder la question des incendies de forêts. La
TURQUIE appela à la conduite d'études taxinomiques et
écologiques. Le RWANDA requit une attention à la
biodiversité forestière des zones montagneuses. GREENPEACE
INTERNATIONAL encouragea la CDB à jouer un rôle
international leader dans le domaine de la biodiversité
forestière. Le Président Peter Schei (Norvège) établit un
groupe de contact, sous la conduite de Oteng Yeboah (Ghana).
Le groupe de contact se réunit dans l'après-midi et examina
à la fois les besoins justifiant la mise en place d'un groupe
d'experts technique spécial et celle d'un groupe de travail,
de composition non limitée. Le group parvint à un consensus
autour de l'idée d'avoir un seul organe, sans, toutefois,
déterminer son champ d'action.
LA BIODIVERSITE AGRICOLE: Le Secrétariat introduisit le
document d'information générale UNEP/CBD/COP/5/11 et les
documents d'informations pertinentes. Le Président de la
SBSTTA-5, Cristián Samper, présenta les Décisions III/11 et
IV/6 de la CdP et les Recommandations IV/5 et V/9 du SBSTTA.
La plupart des délégations soulignèrent l'importance du
sujet et apportèrent leur soutien au programme de travail. Le
PORTUGAL, au nom de l'UE, déclara que le programme de travail
englobera le traitement des différentes fonctions de la
biodiversité agricole. La COMMISSION EUROPEENNE déclara
qu'il devait également porter sur l'examen des interactions
éventuelles entre les pratiques en matière d'utilisation des
sols et l'utilisation durable de la biodiversité. Le KENYA et
d'autres Etats déclarèrent que le programme de travail doit
être centré sur les agriculteurs. L'AUSTRALIE et la NOUVELLE
ZELANDE souhaitèrent un plan assorti de priorités et de
calendriers, à soumettre à la considération du SBSTTA.
L'ARGENTINE requit l'établissement d'une distinction entre le
composantes de la biodiversité et ses services. La POLOGNE
appela à l'adoption d'une approche globalisante et à la
poursuite de l'analyse des indicateurs aux fins de permettre
l'évaluation de l'état des lieux de la biodiversité
agricole. La NORVEGE affirma que les échanges de ressources
génétiques restaient essentiels pour l'agriculture durable
et pour la sécurité alimentaire.
Au sujet de coopération avec d'autres organisations
internationales, plusieurs délégations requirent une
coopération plus étendue avec la FAO et encouragèrent le
parachèvement de la révision de l'Engagement International
sur les Ressources Phyto-génétiques (EI). L'OUGANDA, au nom
du GROUPE AFRICAIN, exhorta les Parties à procéder à la
signature du Protocole de Biosécurité et de la Convention de
Rotterdam. L'ARGENTINE attira l'attention sur les thèmes
débattus à la CDD-8.
Au sujet des technologies de restriction des utilisations
génétiques, plusieurs délégations et ONG mirent l'accent
sur les risques qu'elles comportent par rapport à la
sécurité alimentaire et aux droits des agriculteurs,
appelant à une interdiction des "technologies des
terminateurs" et à la conduite d'une recherche sur les
technologies respectueuse de l'environnement. Le GROUPE
AFRICAIN demanda un moratoire sur les essais sur terrain. La
NOUVELLE ZELANDE requit l'établissement d'une distinction
entre ces essais et ceux réalisés en milieu confiné. Le
délégué des ETATS-UNIS suggéra que la débat soit basé
sur la science et impliquer l'ensemble des détenteurs des
enjeux.
Au sujet de la mise en application, plusieurs délégations
soulignèrent la nécessité de fonds supplémentaires. Le
GROUPE AFRICAIN et d'autres intervenants requirent des
ressources pour la couverture du renforcement des capacité,
de la gestion adaptée et de l'harmonisation. L'INDONESIE et
d'autres Etats mirent en exergue l'impératif de l'information
et de la sensibilisation des agriculteurs. La POLOGNE
identifia le renforcement des capacités des agriculteurs
comme étant central pour la production alimentaire durable.
Le NIGERIA se focalisa sur la protection des connaissances et
des pratiques autochtones. Le BRESIL, appuyé par nombre
d'Etats, proposa la mise en place d'une Initiative
Internationale pour la Conservation et l'Utilisation durable
des "Pollinators". Le Président Schei forma un
groupe de contact sur la biodiversité agricole.
L'APPROCHE PAR ECOSYSTEME: Le Secrétariat introduisit le
document UNEP/CBD/COP/5/12, et le Président de la SBSTTA-5,
Samper, présenta la Recommandation V/10, englobant les lignes
directrices opérationnelles et les 12 principes devant
encadrer l'approche par écosystème. De nombreux délégués
endossèrent les lignes directrices, mais les opinions
varièrent sur les principes. Plusieurs pays suggérèrent des
amendements aux principes, mais s'accordèrent sur la non-réouverture
du débat. L'UE, l'INDE, l'INDONESIE, le MALAWI, la NOUVELLE
ZELANDE et d'autres Etats apportèrent leur appui en faveur de
son adoption, étant entendu qu'ils nécessitaient d'être
élaborés davantage. Le CANADA préféra prendre note des
principes, en attendant d'acquérir davantage d'expériences
avec leur application. La POLOGNE proposa plutôt de les
reconnaître. La COLOMBIE, HAITI, la TURQUIE et d'autres Etats
appelèrent à la conduite d'études de cas, de projets
pilotes et d'ateliers dans l'objectif d'améliorer la
compréhension de l'approche. Le délégué des SEYCHELLES
proposa d'instruire le FEM de considérer le financement de
projets utilisant d'autres systèmes. La FEDERATION DE RUSSIE
requit une reconnaissance du caractère transfrontalier de la
biodiversité et encouragea la coopération régionale. TONGA
souhaita voir les conditions écologiques particulières des
petits Etats insulaires en développement être prises en
considération lors de la révision des principes. L'UICN mit
en relief les ateliers attendus prochainement consacrés à
l'examen d'études de cas et à l'évaluation des principes.
L'UNESCO mit en exergue la valeur des réserves de la
biosphère pour les études de cas. Le Président Schei
indiqua qu'un texte du Président sera élaboré.
L'UTILISATION DURABLE, LE TOURISME ET LES MESURES
INCITATIVES: Les délégués examinèrent un PSC renfermant le
projets de décisions révisés concernant l'utilisation
durable en tant que thème sectoriel, le tourisme et la
biodiversité, et les mesures incitatives, et y apportèrent
quelques modifications textuelles mineures. Au sujet de la
collaboration avec les organisations pertinentes, dans le
domaine de l'utilisation durable, les délégués
s'accordèrent sur le fait de ne pas spécifier l'Initiative
de l'UICN en matière d'Utilisation Durable. Au sujet des
lignes directrices internationales devant encadrer le tourisme
durable, la NAMIBIE requit l'insertion d'un libellé appelant
à s'assurer que des lignes directrices s'appliqueront aux
activités menées tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des
zones protégées. Le Groupe de Travail adopta le texte, avec
une seule référence crocheté.
LE GROUPE DE TRAVAIL II
LE MECANISME D'ECHANGE D'INFORMATIONS: Les délégués
poursuivirent leurs discussions sur le MEI. L'UE réaffirma
l'importance du MEI dans le transfert des technologies et le
renforcement des capacité et appela à la détermination des
priorités dans le programme de travail à long terme. Le
KENYA, la NORVEGE, l'OUGANDA et d'autres Etats apportèrent
leur soutien au plan stratégique et appelèrent au
renforcement des points focaux nationaux. La BELGIQUE, la
FINLANDE et l'ITALIE appelèrent à l'établissement d'un
partenariat entre les Parties, à travers les points focaux
nationaux du MEI. FIDJI, au nom des ETATS INSULAIRES DU
PACIFIQUE, et le MEXIQUE appuyèrent la mise en place de
points focaux régionaux et sous-régionaux. La JORDANIE nota
l'importance de l'échange d'informations au niveau national.
L'ALLEMAGNE commenta que le MEI doit se focaliser sur la mise
en application de la CDB et servir de plate-forme pour la
coopération scientifique et technologique. Le BURKINA FASO
requit l'insertion d'une référence au transfert des
technologies. La SUISSE nota la nécessité d'impliquer les
groupes utilisateurs cibles, dans le processus, et en
particuliers les ONG, et de l'exploration des possibilit�s de
mobiliser des fonds additionnels, autres que deux provenant du
FEM. Le BANGLADESH, le TCHAD et l'IRAN souhait�rent voir le
FEM accro�tre son soutien financier au MEI.
L'ARTICLE 8(J) ET LES DISPOSITIONS EN RAPPORT: Les
d�l�gu�s proc�d�rent d'abord � l'examen des
recommandations du Groupe de Travail Sp�cial, de Composition
non Limit�e, sur l'Article 8(j) et les Dispositions en
Rapport (UNEP/CBD/COP/5/ 5). Un certain nombre de
repr�sentants des communaut�s autochtones plaid�rent en
faveur de la prorogation du mandat du FORUM AUTOCHTONE
INTERNATIONAL de collaboration avec la CDB, et requirent un
soutien de la participation effective. Les repr�sentants des
communaut�s autochtones devaient appeler, entre autres, �:
une participation pleine et directe des femmes et des
communaut�s autochtones � tous les niveaux de la formulation
des politiques et de l'application de la CDB; une
reconnaissance des dimensions collectives des connaissances
autochtones; une assistance dans la protection et
l'inversement de la perte de leurs langues, de leurs cultures
et de leurs traditions; la reconnaissance des liens entre les
connaissances et les territoires autochtones; un recours �
des termes mutuellement approuv�s et au consentement
pr�alable en connaissance de cause; et, � l'implication
directe d'experts techniques autochtones. L'un des
repr�sentants souligna en outre l'int�gration des paradigmes
culturels et environnementaux, l'int�gration des droits
fonciers et territoriaux, les visions du monde et les styles
de vie, les d�cisions �conomiques et politiques, et, les
liens culturels et sociaux entre les �tres humains et la
biodiversit�.
Plusieurs orateurs apport�rent leur appui aux
recommandations et � la continuation du groupe de travail.
Nombre de d�l�gations requirent une participation pleine et
effective des populations
autochtones dans le processus de la CDB. L'UE souligna le
besoin de mettre en place des syst�mes juridiques et autres
pour la protection des connaissances traditionnelles et, avec
l'INDE, mit en relief la collaboration avec l'Organisation
Mondiale pour la Propri�t� Intellectuelle. Le Mexique estima
que l'all�gement de la pauvret� constituait le principal
objectif de l'Article 8(j) et, avec le VENEZUELA, souligna
l'importance du partage des avantages. La NORVEGE requit
l'insertion d'une r�f�rence aux populations autochtones en
tant qu'entit�s sociales, culturelles et politiques, dans la
ligne de la Convention #169 de l'OIT et, avec les PAYS-BAS,
sugg�ra le renforcement des liens avec le futur FNUF. L'INDE
mit en exergue les efforts nationaux dans le domaine de la
protection des connaissances traditionnelles, telles que le
savoir traditionnel relatif aux biblioth�ques digitales. La
BOLIVIE, CUBA et d'autres Etats mirent l'accent sur les
connexions avec l'APA. L'ETHIOPIE, au nom du G-77/CHINE, se
r�f�ra � l'Article 16.5 de la CDB, soulignant la promotion
de formes appropri�s de protection de la propri�t�
intellectuelle et indiqua que les lois sui generis restaient
applicables. Le d�l�gu� des PAYS-BAS apporta son soutien �
la conduite d'activit�s pilotes et d'ateliers durant la
p�riode intersessions. L'OUGANDA souligna la n�cessit� du
renforcement des capacit�s et de la formation. Le d�l�gu�
des ETATS-UNIS mit l'accent sur l'habilitation des
communaut�s autochtones dans l'exercice du contr�le de leurs
savoirs. LA CNUCED se r�f�ra � ses travaux pertinents sur
les questions ayant trait au rapport entre le commerce et le
d�veloppement, notamment, l'atelier pr�vu en octobre 2000.
Plusieurs d�l�gations apport�rent leur appui au
programme de travail retenu pour le groupe. L'UE souhaita le
voir reconnu dans le cadre des strat�gies et des programmes
nationaux. La SUEDE d�clara qu'il doit se focaliser sur la
protection juridique. L'EQUATEUR nota l'absence
d'�ch�anciers et, avec l'INDONESIE, souligna l'importance
d'entreprendre le travail sur plusieurs �tapes. La NORVEGE
dressa une liste des t�ches prioritaires, telles que celles
du renforcement des capacit�s et de la participation. Le
CANADA appela � une clarification de la mani�re dont les
lignes directrices doivent �tre �labor�es et les t�ches du
programme de travail, class�es par priorit�. Le ROYAUME-UNI
mit l'accent sur l'aspect renforcement des capacit�. La
COLOMBIE souligna l'importance du traitement des donn�es, du
partage des avantages et des syst�mes sui generis. L'ESPAGNE
mit en exergue la n�cessit� de d�finir les cadres
juridiques et politiques au niveau national. Le d�l�gu� des
ETATS-UNIS d�clara que le programme de travail devait rester
dans le cadre du mandat de l'Article 8(j). La SUISSE, avec les
PAYS-BAS et le ROYAUME UNI, appela � une consid�ration
soign�e du calendrier des r�unions � venir.
LES GROUPES DE CONTACT: Le groupe de contact sur
l'APA, pr�sid� par A.H. Zakri (Malaisie), se r�unit en
s�ance nocturne et examina les libell�s concernant les
lignes directrices volontaires pour l'APA, les relations entre
la CDB et l'EI et, les besoins justifiant la continuation du
groupe d'experts ou l'�tablissement groupe de travail pour
l'�laboration des lignes directrices devant encadrer l'APA.
Le groupe de contact sur les op�rations de la Convention,
pr�sid� par Jonathan Tillson (Royaume-Uni), se r�unit en
s�ance nocturne et aborda les questions ayant trait �
l'application, et en particulier, celle des justificatifs de
la mise en place d'un Organe Subsidiaire sur la Mise en
Application.
DANS LES ALLEES
Alors que la CdP-5 s'appr�te � entamer sa deuxi�me
semaine et que les d�l�gu�s essayant de r�sister aux
rhumes et aux maux d'estomac, les �changes, dans les All�es,
sont pass�s tout � fait normalement au th�me des esp�ces
invasives et � la proposition appelant � l'�laboration d'un
Protocole. Les Participants en faveur de la conclusion d'un
accord contraignant ont not� la n�cessit� de r�aliser une
parit� dans tout conflit commercial susceptible de survenir
avec l'OMC. Les d�l�gu�s pr�f�rant la mise en place de
lignes directrices, ont mis en relief la n�cessit� de
progr�s mesur�s au niveau politique et de moyens permettant
de garantir une mise en application rapide au niveau national.