Quatrième journée de la CdP-5 de la CDB, les délégués
ont poursuivi leurs débats dans les Groupes de Travail,
durant les séances du matin et de l'après-midi. Le Groupe de
Travail I (GT-I) s'est penché sur le projet de texte du
Président concernant l'utilisation durable, tourisme compris,
les mesures incitatives et le programme de travail sur les
milieux aquatique intérieurs, la biodiversité marine et
côtière et la biodiversité forestière. Un groupe de
contact sur les terres arides et les zones sub-humides s'est
réuni dans la soirée. Le Groupe de Travail II (GT-II) a
poursuivi ses discussions autour des opérations de la
Convention, ainsi que sur les rapports nationaux, les
ressources financières et les mécanismes de financement, et
le Mécanisme d'Echange d'Informations (MEI). Les deux groupes
de contact sur l'accès aux ressources génétiques et le
partage des avantages (APA) et sur les opérations de la
Convention se sont réunis dans la soirée.
LE GROUPE DE TRAVAIL I
L'UTILISATION DURABLE, TOURISME COMPRIS, ET LES MESURES
INCITATIVES: Au cours de l'examen du projet de décision du
Président sur l'utilisation durable, le tourisme durable et
les mesures incitative (UNEP/CBD/COP/5/WG.I/ CRP.1), les
délégués débattirent du point de savoir si ces thèmes
devaient être traités dans une seule décision ou dans trois
décisions et s'il fallait élaborer un préambule général
ou trois préambules séparés. Concernant l'utilisation
durable, plusieurs délégations proposèrent l'insertion de
l'approche par écosystème à la fois dans le préambule et
dans le libellé proprement dit. L'AFRIQUE DU SUD proposa une
formulation sur les avantages de l'utilisation durable de la
biodiversité pour tous les êtres. L'INDONESIE, le BURKINA
FASO et TONGA demandèrent l'insertion de références à
l'allégement de la pauvreté et aux communautés locales et
autochtones par rapport à la mise en œuvre de l'utilisation
durable. La NOUVELLE ZELANDE requit une référence au secteur
privé. L'AUSTRALIE souligna la nécessité de résultats plus
focalisés et, avec les ETATS-UNIS, souhaita l'insertion d'une
référence spécifique à l'Initiative de IUCN dans le
domaine de l'Utilisation Durable. La REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE
DU CONGO demanda une référence aux menaces posées à la
biodiversité durant les guerres et à la prévision d'un
financement pour la réhabilitation des écosystèmes.
Au sujet des mesures incitatives, la FEDERATION DE RUSSIE
requit la conduite d'une évaluation des mesures incitatives
existantes. L'INDONESIE appela à l'élaboration de schémas
de responsabilité, mais le JAPON affirma que cela était
prématuré. Le représentant des SEYCHELLES, appuyé par la
TURQUIE et l'OUGANDA, suggéra que l'estimation économique de
la biodiversité soit retenue en guise de thème
intersectoriel. Le JAPON, la NOUVELLE ZELANDE et d'autres
Etats s'opposèrent à toute spécification, à ce stade, des
organisations avec lesquels une coordination devait être
établie. S'agissant du tourisme durable, la NAMIBIE, la
NOUVELLE ZELANDE, l'AFRIQUE DU SUD et le PORTUGAL, au nom de
l'UE, suggérèrent l'expansion des lignes directrices
internationales de manière à y englober les activités
menées à tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des zones
protégées. Le PEROU requit un texte encourageant l'adoption
d'un comportement responsable par l'industrie du tourisme. Le
Président Peter Schei (Norvège) forma un comité de
rédaction pour la finalisation du débat.
LES PROGRAMMES DE TRAVAIL SUR LES MILIEUX AQUATIQUES
INTERIEURS, LA BIODIVERSITE MARINE ET COTIERE ET LA
BIODIVERSITE FORESTIERE: Le Secrétariat introduisit le
document d'information général UNEP/CBD/COP/5/10 et les
documents d'informations pertinentes. Le Président de la
SBSTTA-5, Cristián Samper, passa en revue les Recommandations
IV/1A et V/5, 6 et 7 du SBSTTA. Au sujet des écosystèmes
aquatiques intérieurs, la plupart des délégations
exprimèrent leur soutien en faveur du programme de travail et
endossèrent la coopération avec la Convention de Ramsar et
la CDD. L'UE, HAITI, le PAKISTAN et la SLOVENIE, au nom de
l'ECE, demandèrent une amélioration de la coopération
institutionnelle et régionale. L'AFRIQUE DU SUD, appuyée par
l'ECE et d'autres Etats, suggéra que le SBSTTA examine le
rapport de la Commission Mondiales sur les Barrages.
L'AUSTRALIE, la PAPOUASIE NOUVELLE GUINEE et la SUISSE
encouragèrent la participation à l'Initiative des Bassins
Versants. La SUISSE souligna l'importance des synergies pour
l'évitement de la duplication des efforts. Plusieurs
délégués mirent en exergue la nécessité des ressources
financières et du renforcement des capacités. Le NEPAL, le
PAKISTAN et le ZIMBABWE mirent en relief l'importance des
écosystèmes montagneux pour les ressources en eau douce et
requirent un financement de la part du FEM. L'EQUATEUR demanda
l'insertion d'une référence à l'éducation et, avec le
LESOTHO et l'OUGANDA, mirent l'accent sur les besoins en
matière d'information. L'INDE traita de l'impact de la
pollution et, avec le RWANDA, de la question des espèces
exotiques. Le CANADA se référa à l'introduction non
intentionnelle d'espèces exotiques dans les écosystèmes
aquatiques due à une information inadéquate. HAITI souleva
la question des milieux aquatiques intérieurs
transfrontaliers. Le ZIMBABWE demanda une coordination entre
les programmes de travail sur les eaux intérieures et sur les
zones arides. Plusieurs délégués mirent en exergue
l'importance des stratégies de gestion de l'eau. La CHINE
évoqua la question de la protection des sources des milieux
aquatiques intérieures. Le Président Schei déclara qu'un
Papier de Salle de Conférence sera produit pour discussion.
Concernant la biodiversité marine et côtière, la plupart
des délégations accueillirent favorablement le programme de
travail en rapport et se référèrent au problème du
blanchissement du corail, aux effets adverses des changements
climatique, à la nécessité d'une coopération régionale et
à la collaboration avec la CCCC et d'autres organes
pertinents. TRINIDAD ET TOBAGO, au nom du GRULAC, et la CHINE
proposèrent l'insertion d'une référence à la nécessité
d'une protection contre les sources terrestre de la pollution
marine. L'INDONESIE, avec l'INDE, le KENYA et d'autres Etats,
demanda des ressources et un renforcement des capacités. La
COLOMBIE nota l'importance de l'inventaire taxinomique pour
les programmes de gestion marine. La NORVEGE traita des
espèces exotiques et des ressources génétiques marines et,
avec d'autres Etats, suggéra l'établissement de deux groupes
d'experts techniques sur l'aquaculture et les zones marines
protégées. Le PEROU demanda une étude des effets d'El Niño
sur la biodiversité. SAMOA appela à des stratégies de
gestion globalisantes et innovantes, intégrant les besoins de
subsistance des communautés locales. Le porte-parole du PLAN
d'ACTION MEDITERRANEEN accueillit favorablement la
coopération avec le Secrétariat de la CDB.
Au sujet de la biodiversité forestière, les délégués
firent part de leur soutien en faveur de l'évolution du
programme du niveau de la recherche à celui de l'action
pratique, et en faveur de la collaboration avec les organes
ayant rapport avec la forêt et du développement des
synergies avec la CCCC. Plusieurs intervenants appuyèrent
l'établissement d'un groupe d'experts techniques. La TANZANIE,
le GHANA, la NORVEGE et l'OUGANDA apportèrent leur soutien à
la mise en place d'un groupe de travail, de composition non
limitée, sur les politiques en matière de forêts. En guise
de compromis, la NORVEGE proposa un groupe, de composition non
limitée, axé, à la fois, sur les considérations
scientifiques et politiques. Le CANADA s'opposa à l'expansion
du programme de travail et à l'établissement d'un groupe de
travail, de composition non limitée. Le KENYA requit une
assistance dans le domaine de l'élaboration et de
l'application des méthodes d'évaluation forestière. La
REPUBLIQUE DE COREE appela à la mise en place d'un mécanisme
permettant la discussion de la réhabilitation des zones
forestières brûlées. La SUISSE mit l'accent sur la
promotion de la pluri-fonctionnalité des forêts et
encouragea l'élaboration d'un programme sur la fixation du
gaz carbonique. La SUEDE nota le besoin de renforcer les
capacités en matière de taxinomie et d'amélioration de la
prise de conscience quant à la gestion durable des forêts.
La CHINE, l'UE, le JAPON et d'autres Etats évoquèrent la
nécessité d'établir une coopération avec le Forum des
Nations Unies sur les Forêts proposé.
LE GROUPE DE TRAVAIL II
L'ACCES ET LE PARTAGE DES AVANTAGES: A.H. Zakri (Malaisie),
Président du groupe de contact sur l'APA, rapporta que le
groupe a réalisé des progrès sur les projets de décisions.
Les thèmes abordés englobaient les mesures devant être
prises par les utilisateurs et les pourvoyeurs des ressources
et les relations avec les différents processus en cours. Le
groupe de contact se réunit tard dans la soirée, entamant
ses travaux par un débat sur les droits de propriété
intellectuelle et de l'APA.
LES OPERATIONS DE LA CONVENTION: Jonathan Tillson (Royaume-Uni),
Président du groupe de contact sur les opérations de la
Convention nota la réalisation d'un accord sur les thèmes de
la CdP et sur le plan stratégique de la Convention. Sous la
rubrique points divers, la FEDERATION DE RUSSIE souligna la
nécessité de préparatifs efficaces avant les CdP, en
particulier, dans le domaine de la documentation. La CHINE, au
nom du GROUPE ASIATIQUE, déclara que le SBSTTA doit se
focaliser sur les avis et les évaluations scientifiques. De
nombreux pays mirent l'accent sur l'importance des activités
régionales et sous-régionales. La NORVEGE mit en relief les
activités de mise en application au niveau national.
Concernant la mise en œuvre, plusieurs pays apportèrent
leur appui à la proposition du BRESIL et de la COLOMBIE
d'établir un Organe Subsidiaire sur la Mise en Application (SBI)
chargé de l'évaluation de l'état d'avancement des
opérations de la CDB. La NOUVELLE ZELANDE affirma que le SBI
proposé risquait de causer une duplication inutile des
efforts et plaida pour un travail d'évaluation volontaire. La
NORVEGE, soutenue par le CANADA et l'AUSTRALIE, pr�f�ra une
�valuation intersessions. Le JAPON souhaita des
�claircissements sur la priorit� devant �tre accord�e �
l'�valuation de la mise en application. Le d�l�gu� des
ETATS-UNIS indiqua que le MEI �tait essentiel pour la
r�ussite de la mise en �uvre. BIRDLIFE INTERNATIONAL et
SOBREVIVENCIA d�clar�rent que les principales entraves au
succ�s de la Convention sont des facteurs socio�conomiques
ext�rieurs et des facteurs ayant rapport avec le commerce, et
appel�rent � une am�lioration du fonctionnement des organes
disponibles. Le groupe de contact sur les op�rations de la
Convention tint une s�ance nocturne consacr�e � l'examen du
projet de texte en rapport et des questions en suspens ayant
trait au SBSTTA, � la mise en application et � divers points
op�rationnels.
L'ELABORATION DES RAPPORTS NATIONAUX: Le Secr�tariat
introduisit le document d'information g�n�rale UNEP/ CBD/COP/5/13
et le Pr�sident de la SBSTTA-5, Samper, pr�senta la
Recommandation V/13 du SBSTTA. Plusieurs pays apport�rent
leur appui � l'id�e de soumettre un rapport national complet
une fois tous les quatre. D'autres appuy�rent �galement
l'id�e de soumettre un rapport th�matique avant chacune des
r�unions bisannuelles de la CdP. HAITI argua que les dates
limites fix�es pour les rapports th�matiques sont trop
serr�es. De nombreux pays apport�rent leur appui aux lignes
directrices retenues pour les rapports nationaux. L'UE nota la
n�cessit� d'un format standard. Plusieurs pays en
d�veloppement souhait�rent voir le format standard servir de
r�f�rence et non d'imp�ratif. De nombreux pays appel�rent
� un examen approfondi des th�mes sp�cifiques. L'UE
sugg�ra de se focaliser sur le suivi et sur les indicateurs.
Le CANADA d�clara que les rapports th�matiques doivent �tre
volontaire. L'INDONESIE et BIRDLIFE INTERNATIONAL appela �
l'inclusion de tous les d�tenteurs des enjeux. Le BANGLADESH
rappela les implications financi�res de l'�laboration des
rapport dans les pays en d�veloppement. Le CANADA, le MAROC
et le NIGERIA souhait�rent voir les rapports tenir compte de
ceux devant �tre soumis � d'autres instances, aux fins de
rationaliser le travail. L'OUGANDA souligna qu'un rapport
national est, en premier chef, � usage national. Les
SEYCHELLES indiqua que les rapports ne doivent pas servir �
classer les Parties en cat�gories.
LES RESSOURCES FINANCIERES ET LE MECANISME DE FINANCEMENT:
Le Secr�tariat introduisit les documents d'information
g�n�rale UNEP/CBD/COP/5/7 et 13. Au sujet des nouvelles
orientations � prodiguer au m�canisme de financement, le
ROYAUME-UNI, appuy� par la NORVEGE, encouragea les
d�l�gu�s � se r�f�rer aux directives ant�rieures
lorsque qu'il s'agira de proposer de nouvelles, de mani�re �
s'assurer de l'harmonie g�n�rale. Le d�l�gu� des PAYS-BAS
nota que les directives doivent �tablir des priorit�s. Le
DANEMARK indiqua que la bios�curit� doit constituer une
question prioritaire. Au sujet de l'�valuation de m�canisme
de financement, le ROYAUME-UNI, soutenu par les PAYS-BAS,
pr�f�ra voir un organe ind�pendant entreprendre la seconde
�valuation et, avec le CANADA, sugg�ra de prendre en ligne
de compte la quatri�me �valuation du FEM attendue sous peu.
Au sujet des ressources financi�res suppl�mentaires, l'INDE
fit part de ses r�serves concernant la r�duction du
financement du FEM. La CHINE souligna que l'implication du
secteur priv� ne doit pas venir amenuiser les obligations
financi�res des pays industrialis�s. L'INDONESIE sugg�ra
l'�tablissement d'un fonds fiduciaire pour accro�tre les
ressources financi�res.
La NORVEGE, appuy�e par le BANGLADESH, le DANEMARK et
l'ERYTHREE, requit des ressources financi�res
suppl�mentaires destin�es � l'�laboration des strat�gies
et des plans d'action nationaux. Le ROYAUME-UNI, soutenu par
la NOUVELLE ZELANDE, la SUISSE et les ETATS-UNIS, appela � un
format plus simple pour les rapports concernant l'assistance
financi�re. La SUISSE demanda une expansion et une
am�lioration de la base de donn�es relative aux financements
destin�s � la biodiversit�. Le PAKISTAN souhaita voir les
crit�res impos�s par le FEM, �tre simplifi�s? Le DANEMARK
encouragea les pays en d�veloppement � int�grer la
bios�curit� dans leurs programmes de coop�ration. Le
BANGLADESH sugg�ra la cr�ation d'un domaine r�serv� � la
bios�curit�, au sein du FEM. Le LIBERIA d�clara qu'un
soutien financier devait �tre canaliser vers les terres
arides et la r�habilitation des sols et des for�ts. La
MALAISIE mit en exergue l'implication du secteur priv�.
LE MECANISME D'ECHANGE D'INFORMATION: Le Secr�tariat
introduisit les documents d'information g�n�rale UNEP/CBD/COP/5/3,
13, Inf.3 et Inf.4, et la Recommandation V/2 du SBSTTA. La
NOUVELLE ZELANDE d�clara que le MEI doit faciliter de
mani�re directe la coop�ration scientifique et technique
entre les Parties et, avec l'AUSTRALIE et le CANADA, appela �
un �claircissement du mandat du Comit� Consultatif Informel.
L'INDE fit part de ses r�serves concernant la propri�t� et
le contr�le des donn�es au sein du MEI et appela � la mise
en place d'une base de donn�es sur les brevets pour renforcer
la mise en �uvre de l'APA. De nombreux pays apport�rent leur
soutien � la phase pilote et au plan strat�gique finalis�s.
Le BANGLADESH demanda une extension de la phase pilote et
l'int�gration des pays non inclus � ce jour. Un certain
nombre de d�l�gations d�clar�rent que le MEI doit employer
des outils autres que l'Internet. La COLOMBIE demanda une
coop�ration plus �troite avec le SBSTTA et un renforcement
des activit�s r�gionales et sous-r�gionales.
DANS LES ALLEES
Les �changes dans les Groupes de Travail et dans les
all�es ont beaucoup port� sur la coop�ration avec les
autres accords environnementaux. Certains ont not� le
caract�re positif et proactif de la collaboration avec Ramsar
et la CCD, par opposition aux r�ponses affect�es re�ue de
la part de la CCCC sur la question du blanchissement du corail
et celle des for�ts. Quelques d�l�gu�s ont sugg�r� que
les collaborations probantes doivent leur r�ussite �
l'encouragement inh�rent � la possibilit� d'�tablir
quelque lien avec le m�canisme financier de la CDB. D'autres
se sont demand� si le nouveau programme op�rationnel du FEM
relatif � la gestion des �cosyst�mes et sa relation avec la
fixation du gaz carbonique allait faciliter les activit�s au
niveau national.