En cette première journée de la Cdp-5 de la CDB, les
délégués ont entendu les allocutions d'ouverture, procédé
à l'élection des membres du Bureau, adopté l'ordre du jour
et abordé les questions en suspens. Des rapports ont été
présentés au nom d'un certain nombre d'ateliers
préparatoires régionaux, d'institutions internationales, des
SBSTTA-4 et 5, du Groupe de Travail sur l'Article 8(j), du
Protocole de Carthagène sur la Biosécurité et de la
Réunion Intersessions sur les Opérations de la Convention (ISOC).
LA PLENIERE
LES ALLOCUTIONS D'OUVERTURE: Le Président de la CdP-4,
László Miklós (Slovaquie), souhaita la bienvenue aux
délégués et présenta un aperçu sur les réalisations de
la CDB durant la période intersessions, notamment le
Protocole de Carthagène, l'état d'avancement du SBSTTA,
l'ISOC, le Groupe d'Experts sur l'Accès et le Partages des
Avantages et, le Groupe de Travail sur Article 8(j).
Hamdallah Zedan, Secrétaire Exécutif de la CDB, nota que
les réunions et les activités intersessions sur la
biosécurité, le partage des avantages, les connaissances
traditionnelles, les terres arides et la biodiversité
agricole, ainsi que la revue des ressources financières et
des mécanismes de financement ont jeté des fondations
solides pour le développement futur de la CDB. Il fit
également état de la prochaine revue décennale de la mise
en œuvre du Plan d'action 21 et des conventions associées.
Klaus Töpfer, Directeur Exécutif du PNUE, parla des
défis auxquels l'Afrique est confrontée, notamment ceux des
conflits et de la pauvreté, et encouragea l'investissement
dans le développement durable plutôt que dans la gestion des
conflits après qu'ils aient éclaté. Il exhorta les Etats à
prendre conscience des liens entre la pauvreté et la
biodiversité. Il se félicita de la finalisation du Protocole
de Carthagène et nota que la cérémonie de signature aura
lieu le 24 mai.
Daniel arap Moi, Président du Kenya, souhaita aux
délégués près de la CdP-5, la bienvenue à Nairobi et nota
que la biodiversité constituait une ressource vitale pour le
développement socioéconomique et pour le bien-être à long
terme des communautés. Il souligna que la CdP devrait se
focaliser sur l'élaboration du programme de travail de la
mise en œuvre du Protocole de Carthagène, l'accès aux
ressources génétiques et le partages des Avantages (APA), la
biodiversité dans les écosystèmes des zones arides et
l'utilisation durable. Le Président Moi devait ensuite signer
le Protocole de Carthagène, faisant ainsi du Kenya, son
premier signataire.
L’ELECTION DES MEMBRES DU BUREAU: Le Président de la
CdP-4, Miklós, désigna Francis Nyenze, Ministre Kenyan de
l'Environnement et des Ressources Naturelles, pour la
Présidence de la CdP-5. Nyenze fut ensuite élu à ce poste,
par acclamation. Les groupes régionaux annoncèrent les noms
de leurs représentants au sein du Bureau de la CdP-5: Phocus
Ntayombya (Rwanda) pour le Groupe Africain; A.H. Zakhri (Malaisie)
et Manal Al-Dulaimi (Koweït) pour le Groupe Asiatique;
Mariangela Rebuá (Brésil) et Elaine Fisher (Jamaique) pour
le Groupe des Pays d'Amérique Latine et Caraïbe (GRULAC);
Gordana Beltram (Slovénie) et Ilona Jepsen (Lettonie) pour le
Pays d'Europe Centrale et de l'Est (ECE); et, Marina von
Weissenberg (Finlande) et Peter Schei (Norvège) pour le
Groupe Europe de l'Ouest et Autres (GEOA). Peter Schei fut
élu Président du Groupe de Travail I et Elaine Fisher,
Présidente du Groupe de Travail II.
L’ADOPTION DE L'ORDRE DU JOUR: Le Président de la CdP-5,
Nyenze, introduisit l'ordre du jour provisoire (UNEP/CBD/
COP/5/1). Le BRESIL, appuyé par la COLOMBIE, proposa
l'inclusion d'un débat sur la conservation mondiale des
plantes dans le cadre du point de l'ordre du jour consacré
aux thèmes intersectoriels. Le délégué des Pays-Bas
proposa que le sujet proposé soit débattu dans le cadre du
sous-article portant sur les espèces exotiques. Les
délégués approuvèrent. L'ARGENTINE appela à une
discussion sur le Protocole de Carthagène dans un groupe de
travail. Il fut noté que le Protocole sera abordé en
Plénière.
LES QUESTIONS EN SUSPENS: Le Président Nyenze nota
qu'aucun accords n'a pu être réalisé et suggéra la
poursuite des consultations officieuses. La suite du débat
fut reportée à la prochaine CdP.
LES RAPPORTS DES REUNIONS REGIONALES: Zedan rappela que la
CdP-4 avait requis la tenue de réunions régionales sur la
mise en application de la Convention, et regretta que cela
n'ait pas pu se réaliser en raison des contraintes
budgétaires. Il nota que des réunions préparatoires
régionales ont été convoquées dans les Iles du Pacifique,
en Afrique et en Europe. La représentante des ILES COOK, au
nom des Iles du Pacifique Parties, donna un aperçu sur les
travaux de l'atelier des Iles du Pacifique qui a émis des
recommandations sur l'APA, le savoir autochtone et les besoins
de la région en matière de renforcement des capacités.
L'oratrice demanda à la CdP de reconnaître la nécessité de
poursuivre l'assistance en faveur de telles réunions.
L'ALGERIE, au nom du Groupe Africain, mit en exergue
l'engagement de l'Afrique en faveur de la conservation de la
biodiversité et ce, en dépit du manque de moyens de mise en
œuvre, et souligna l'importance de l'application de l'Article
8(j) conformément aux besoins des communautés locales.
Le ZIMBABWE présenta un rapport sur le cinquième Forum
Mondial sur la Biodiversité de la région sud africaine qui
s'est déroulé à Harare. Les participants y ont procédé à
un échange d'expériences nationales dans le domaine de la
mise en œuvre de la CDB; élaboré des recommandations au
sujet du programme de travail concernant les terres arides et
les zones sub-humides, l'utilisation durable et les questions
ayant trait à l'APA et aux connaissances traditionnelles; et
émis des recommandations pour les activités à venir.
Au nom de la région européenne, la Lettonie nota que la
conférence intergouvernementale "la Biodiversité en
Europe," tenue à Riga, a traité: de la biodiversité
agricole; de l'utilisation durable, y compris le tourisme; des
indicateurs de la biodiversité, du suivi et de
l'établissement des rapports; de la coopération scientifique
et technique et du MEI; des ressources financières et des
mécanismes de financement; et de la mise en application de la
CDB et de la coopération régionale.
Le BRESIL, au nom du GRULAC, et l'IRAN, au nom du Groupe
Asiatique, regrettèrent que les concertations régionales
prévues avant la CdP-5 n'aient pas pu être menées en raison
du manque de fonds. Le NIGERIA, au nom du G-77/Chine, appela
à des ressources financières nouvelles et supplémentaires,
et souhaita voir un certain nombre de sujets tels que ceux des
ressources financières, du transfert des technologies et du
renforcement des capacités, entièrement traités à la
CdP-5.
LES DECLARATIONS DES ORGANISATIONS INTERNATIONALES: Le
délégué de la FAO mit en relief le rôle de la
biodiversité dans la lutte contre la famine et la
malnutrition, présenta un rapport sur la coopération
établie avec la CDB et fit part de l'intérêt que son
organisation porte à cette collaboration, en particulier,
dans les domaines de la biodiversité forestière et des
espèces exotiques. La CONVENTION de RAMSAR parla des progrès
réalisés dans le développement des synergies avec la CDB et
mit l'accent sur la nécessité de les traduire en
collaboration sur le terrain. L'orateur fit part de son espoir
de voir la CdP-5 endosser le plan de travail conjoint proposé
pour les exercices 2000-2001. L'ORGANISATION MONDIALE POUR LA
PROPRIETE INTELLECTUELLE parla de ses activités dans quatre
domaines ayant rapport avec la propriété intellectuelle et
la biodiversité: L'APA; la protection des connaissances
traditionnelles; l'accès aux, et le transfert des,
technologies pertinentes à l'utilisation durable de la
biodiversité; et la coopération scientifique et technique
dans l'utilisation durable de la biodiversité. L'UNESCO mit
en relief l'assistance continue qu'elle apporte à la CDB,
notamment: l'élaboration des principes et des orientations
opérationnelles devant encadre l'approche par écosystème;
la mise à disposition des données ayant trait aux programmes
thématiques; et la conceptualisation de l'initiative mondiale
sur l'éducation et la conscientisation du grand public en
matière de biodiversité. Au sujet de l'Initiative
Taxinomique Mondial (ITM), l'orateur appela à une
accélération du processus et au financement des efforts
devant être fournis dans le domaine de la taxinomie et au
tissage de liens nouveaux Nord-Sud et Sud-Sud. La CONVENTION
SUR LES ESPECES MIGRATRICES (CEM) parla de sa
complémentarité avec la CDB. Le représentant nota ensuite
l'approbation par le FEM de deux projets de taille moyenne
partagés par la CDB, RAMSAR et la CEM, et attira l'attention
sur l'étude menée sur les complémentarités entre la CDB et
la CEM (UNEP/CBD/COP/5/Inf/28).
Le quinzième FORUM MONDIAL SUR LA BIODIVERSITE présenta
un rapport de synthèse sur ses principales conclusions,
notamment le fait que la CdP doive: recommander la pleine
intégration des biens et services monétaires et non-monétaires
de la biodiversité dans les stratégies visant l'allégement
de la pauvreté; s'assurer que les stratégies et les plans
d'action nationaux en matière de biodiversité, tiennent
entièrement compte des besoins des pauvres; s'assurer de la
participation pleine et effective des populations autochtones
dans les travaux de la CBD sur l'APA; s'assurer que les
mesures prises par les pays ressources sont complétées par
celles des pays utilisateurs; et adopter des programmes de
travail solides pour l'agrobiodiversité et les terres arides.
Le représentant de l'INTERNATIONAL INDIGENOUS FORUM
recommanda: la poursuite du Groupe de Travail Spécial sur
l'Article 8(j); la pleine participation des populations
autochtones dans tous les processus de la CDB, y compris la
CdP-5; la coordination entre les travaux de la CDB sur les
connaissances traditionnelles et ceux menés par les
différentes organisations internationales; la reconnaissance
du rôle fondamental des femmes; le soutien de la mise en
place d'un MEI consacr� aux populations autochtones; et le
soutien d'un moratoire sur toutes les activit�s de bio-prospection
sur les territoires des populations autochtones, en attendant
la mise en place d'une l�gislation appropri�e.
LES RAPPORTS DU SBSTTA: Le Pr�sident de la SBSTTA-4, A.H.
Zakhri (Malaisie) introduisit le rapport et les
recommandations de la session (UNEP/CBD/COP/5/2). Il indiqua
que la SBSTTA-4 a trait�: du programme de travail du SBSTTA;
des termes de r�f�rence des groupes d'experts; de l'ITM; de
la situation et des tendances de la biodiversit� terrestre;
des esp�ces exotiques; des technologies applicables au
domaine de l'expression g�n�tique des plantes; des
�valuations d'impact environnemental; et de l'utilisation
durable, y compris le tourisme. L'orateur nota par ailleurs
l'am�lioration de l'efficacit� du SBSTTA dans le
rapprochement entre les chercheurs et les d�cideurs
politiques.
Le Pr�sident de la SBSTTA-5, Cristi�n Samper (Colombie)
pr�senta le rapport et les recommandations de la SBSTTA-5 (UNEP/CBD/COP/5/3).
Il attira l'attention sur les questions prioritaires de la
r�union: le programme de travail concernant la biodiversit�
des terres arides; la biodiversit� agricole; l'approche par
�cosyst�me; les indicateurs de la biodiversit�;
l'utilisation durable; les lignes directrices devant encadrer
les seconds rapports nationaux; et les groupes d'experts
techniques sp�ciaux. Il proposa, par ailleurs, le
renforcement du travail du SBSTTA, � travers: la
rationalisation de son ordre du jour; des m�canismes
intersessions pour les �valuations scientifiques; une
meilleure utilisation du MEI; et le renforcement des liens
avec d'autres conventions et processus scientifiques
internationaux.
LE RAPPORT DU GROUPE DE TRAVAIL SUR L'ARTICLE 8(J):
L'ESPAGNE introduisit le Rapport du Groupe de Travail sur la
Mise en Application de l'Article 8(j) et des Dispositions
Relatives (UNEP/CBD/COP/5/5) et indiqua que la r�union a
�mis des recommandations sur les voies et moyens de prot�ger
les connaissances traditionnelles, sur le programme de travail
du Groupe et sur les mesures susceptibles de renforcer la
coop�ration entre les communaut�s locales � l'�chelle
internationale.
LE RAPPORT SUR L'ETAT D'AVANCEMENT DU PROTOCOLE DE
CARTHAGENE: L'Ambassadeur Phil�mon Yang (Cameroun),
Pr�sident du Bureau du Comit� Intergouvernemental Sp�cial
sur le Protocole de Carthag�ne (CIPC), introduisit le plan de
travail du CIPC, �labor� par le Bureau, et invita la CdP �
l'endosser. L'orateur proposa que le plan de travail aborde
les questions devant �tre consid�r�es � la premi�re
r�union des Parties du Protocole (RdP-1) et les activit�s
importantes pour son op�ration. L'ARGENTINE demanda � un
nouvel examen du plan de travail et appela � une priorit�
pour le renforcement des capacit�s et la mise en place du MEI
de bios�curit�, par rapport � l'identification et la mise
en �uvre. La COLOMBIE d�clara que l'identification et la
mise en �uvre �taient tout aussi importantes l'une que
l'autre. La TURQUIE souhaita que les proc�dures
d�cisionnelles dans le cadre des Articles 5 (Produits
pharmaceutiques) et 6 (Transit et Utilisation en Milieu
Confin�) du Protocole ne soient pas abord�es � la premi�re
r�union du CIPC. Le PORTUGAL, au nom de l'EU, accueillit
favorablement le projet de plan de travail du CIPC. La
COMMISSION EUROPEENNE indiqua que la clarification du mandat
du CIPC pouvait s'av�rer plus utile que la n�gociation du
plan de travail.
L'AUSTRALIE souligna l'importance du renforcement des
capacit�s et proposa la formation d'un groupe charg� de
finaliser un plan de travail mieux focalis�. L'IRAN exprima
ses r�serves concernant l'accent plac� sur le secteur priv�
dans le renforcement des capacit�s. Le MALAWI mit en exergue
l'imp�ratif du renforcement des capacit�s dans le domaine de
la biotechnologie. L'INDONESIE mit en relief les contributions
apport�es par le secteur priv� dans le domaine du
renforcement des capacit�s.
Le CANADA souligna que le MEI devait �tre �tabli avant la
RdP-1 du Protocole. La SUISSE identifia, comme priorit�s:
l'�tablissement du MEI, l'�laboration d'un programme
d'assistance coordonn� dans le renforcement des capacit�s et
les pr�paratifs de la RdP-1. La FRANCE fit noter que la
premi�re r�union du CIPC aura lieu du 11 au 15 d�cembre
2000 � Montpellier.
LE RAPPORT DE L'ISOC: Le Pr�sident de la CdP-4, Mikl�s,
introduisit le rapport de l'ISOC (UNEP/CBD/COP/5/4), lequel
�tait ax� sur deux t�ches principales: les pr�paratifs et
la conduite des r�unions de la CdP; et la poursuite des
travaux sur l'APA, avec une focalisation sur ceux men�s par
le Groupe d'Experts.
DANS LES ALLEES
Au moment o� les d�l�gu�s s'appr�taient � entamer les
d�bats de fonds de la CdP-5, dans les all�es, beaucoup ont
cherch� � savoir sur quels domaines clefs ces d�bats
allaient porter. Les �changes sur la mani�re dont le th�me
de l'acc�s aux ressources g�n�tiques et ses sous-articles
devaient �tre abord�s s'y sont m�l�s � des discussions
autour du Protocole de Carthag�ne et de la question de savoir
quelle Partie �tait susceptible de le signer durant la
pr�sente r�union. Dans le d�bat autour du plan de travail
du CIPC, quelques d�l�gu�s se sont pos� la question de
savoir si la mise en application du Protocole risquait de
s'av�rer aux ardue que sa n�gociation.