Le matin, les délégués se sont réunis dans le Groupe de
Travail 1, pour parachever les discussions sur la biodiversité
marine et côtière et passer en revue les projets de
recommandations concernant les espèces non natives et la
biodiversité agricole, et dans le Groupe de Travail 2, pour
débattre des projets de recommandations concernant les indicateurs
et l'approche écosystémique. L'après-midi, les délégués
devaient se retrouver en séance Plénière pour examiner les
projets de recommandations concernant l'Initiative Taxinomique
Mondiale, la biodiversité des milieux aquatiques intérieurs et les
rapports nationaux. Les Groupes de Travail se sont ensuite réunis
de nouveau pour conclure leurs discussions sur les projets de
recommandations.
LE GROUPE DE TRAVAIL 1
LA BIODIVERSITE MARINE ET COTIERE, Y COMPRIS LE BLANCHIMENT DES
CORAUX: Plusieurs pays mirent en relief l'importance de la
coopération avec la CCCC et la Convention de Ramsar et la
coordination avec le Réseau du Suivi de l'Initiative International
sur les Récifs Coralliens. L'ALLEMAGNE, identifiant le blanchiment
des coraux comme un signal précoce du réchauffement de la planète,
appela à la mise en application du Protocole de Kyoto. La SLOVENIE
demanda l'insertion d'une référence au plan de travail conjoint
établi avec la Convention de Ramsar. Le délégué des ETATS-UNIS
requit des efforts de suivi et de minimisation des effets locaux. Le
délégué des SEYCHELLES souligna que les recommandations devaient
mettre l'accent sur le rôle primordial des changements climatiques
et transmettre ce point de vue à la CCCC. Le représentant de la
CONVENTION de RAMSAR déclara que le blanchiment des coraux retenait
l'intérêt commun de la CDB, de la CCCC et de la Convention de
Ramsar et que des fonds seront disponibles pour le traitement des
questions touchant à la gestion des sites de récifs coralliens. Le
délégué des PAYS-BAS appela à l'établissement d'une
coopération avec Oslo et avec la Convention de Paris.
La NOUVELLE ZELANDE, ANTIGUA ET BARBOUDE et la SUEDE appuyèrent
la déclaration présentée mercredi par les Seychelles et appelant
à l'entreprise d'une action plutôt qu'à la poursuite de la
recherche. Le CANADA nota que le programme de travail doit se
présenter sous un bon rapport coût / efficacité et ne pas créer
des doubles emplois. ANTIGUA ET BARBOUDE et la REPUBLIQUE
DOMINICAINE appelèrent à des études de cas sur les effets
biologiques et socio-économiques du blanchiment des coraux, ainsi
qu'au renforcement des capacités des petits états insulaires en
développement. Les PHILIPPINES et l'INDONESIE mirent en relief
l'importance du renforcement des capacités pour le développement
des ressources humaines. Au sujet des outils de mise en œuvre des
programmes touchant à la biodiversité marine et côtière, le
BANGLADESH souligna la nécessité d'un renforcement des capacités
de bon nombre de pays, dans les domaines de la gestion financière,
de l'expertise et de l'accès aux moyens électroniques. La NOUVELLE
ZELANDE et l'AUSTRALIE suggérèrent la conduite d'une analyse des
progrès réalisés avec les outils proposés. L'INDONESIE proposa
un programme de recherche sur les effets socio-économique. La
FRANCE appela à l'identification des méthodologies et des moyens
financiers nécessaires à la lutte contre les effets du blanchiment
des coraux. Un groupe restreint informel fut établi pour élaborer
une recommandation sur la base du texte du Président.
L'après-midi, le groupe informel présenta le "Texte du
Président du Groupe Informel." La GAMBIE mit en relief les
modifications apportées, dont: un accent sur la collaboration avec
les organes internationaux ayant une expérience dans ce domaine; la
suppression de la référence au FEM concernant les ressources
nécessaires à la mise en œuvre; et autres modifications
textuelles mineures. Le ROYAUME-UNI proposa une nouvelle formule
concernant les ressources, évitant de donner des directives
financières à la CdP. Quelques commentaires rédactionnels furent
présentés et le groupe parvint à un accord.
LES TERRES SECHES: Au sujet des terres sèches, les délégués
examinèrent le projet de recommandation (UNEP/CBD/SBSTTA/5/
WG.1/CRP.2). Le représentant des PAYS-BAS suggéra l'insertion d'un
libellé sur les liens entre la pauvreté et les pertes de
biodiversité. L'ARGENTINE requit une référence à l'inclusion
d'une méta-base de données regroupant l'information pertinente à
ce sujet dans un Mécanisme d'Echange d'Information (MEI). Ces
modifications furent acceptées.
LES ESPECES INTRODUITES: Au sujet du projet de recommandation (UNEP/CBD/SBSTTA/5/WG.I/CRP.1),
les délégués s'accordèrent sur le fait de ne pas aborder les
principes directeurs figurant dans l'annexe, étant donné qu'ils
n'avaient pas été révisés pour refléter les délibérations
précédantes. Les délégations s'entendirent sur la soumission au
Secrétariat, par voie écrite, leurs commentaires sur les principes,
lesquels commentaires viendront s'ajouter à ceux présentées au
cours du SBSTTA-5, et mis à la disposition du SBSTTA-6, pour
considération. La COLOMBIE suggéra que les Parties doivent "prendre
en ligne de compte," plutôt qu'utiliser les principes
directeurs, puisque ces derniers n'ont pas été finalisés. Le
délégué des ILES COOK proposa un libellé exhortant les Parties
à mettre en œuvre les stratégies de lutte contre le problème des
espèces non natives, aussitôt après leur élaboration, pour ne
pas voir l'action reporter au SBSTTA-6 ou 7. Concernant le
descriptif des études de cas, l'ALLEMAGNE suggéra que ces études
soient diffusées à travers le MEI. La NORVEGE suggéra d'inclure
les études de cas focalisées sur les évaluations thématiques. Le
PORTUGAL requit l'insertion d'une copie des commentaires présentés
par écrit au cours du SBSTTA-5, sur la question des espèces non
natives. Ces modifications furent acceptées. Les principes seront
examinés au cours des réunions à venir du SBSTTA. La HONGRIE
suggéra une référence à l'impact des espèces non native sur la
santé humaine.
LA BIODIVERSITE AGRICOLE: L'après-midi, le Secrétariat
introduisit le projet de recommandation (UNEP/CBD/SBSTTA/5/ WG.I/CRP.3),
notant qu'il a fallut, pas moins de dix heures de délibérations
pour produire ce texte. Le MALI, appuyé par l'ETHIOPIE et le KENYA,
requit l'insertion d'une référence aux "processus
participatifs d'élevage et de sélection" pour accommoder les
préoccupations concernant l'engineering génétique. Au sujet des
objectifs généraux, l'ETHIOPIE fit part de ses réserves
concernant la référence à l'approche écosystémique qui dresse
une liste incomplète des éléments de cette approche. Le BRESIL
déclara que placer le terme "entre autres" avant la liste,
pouvait répondre à cette préoccupation. LE SALVADOR requit
l'éclaircissement de la formulation retenu dans le chapitre sur la
gestion adaptée et qui se réfère aux interactions entre les
différentes ressources génétiques. Pour clarifier le texte, la
POLOGNE suggéra de remplacer "ressources génétiques"
par "composantes de la biodiversité agricole," ce qui fut
accepté. Le texte fut approuvé moyennant quelques amendements
mineurs. Les recommandations révisées seront transmises à la
Plénière pour adoption.
LE GROUPE DE TRAVAIL 2
LES INDICATEURS DE LA BIODIVERSITY: Les délégués
examinèrent le projet de recommandation du Président (UNEP/CBD/
SBSTTA/5/WG.II/CRP.1). La CE proposa "cadre de sélection"
au lieu de "menu" des indicateurs potentiels. La NOUVELLE
ZELANDE rappela que dans les discussions de la CdP, les principes,
les questions et le menu devaient, ensemble, former le cadre. A ce
sujet, le CANADA, appuyé par les PAYS-BAS, suggéra l'élaboration
d'un manuel, d'un plan directeur et d'un programme de formation. La
NORVEGE, le ZIMBABWE et la NOUVELLE ZELANDE nota que cela était
prématuré et que davantage d'expérience était nécessaire. Sur
proposition du COSTA RICA et le BRESIL, la formulation "élaboration
d'un ensemble principal de questions standard et d'une liste des
indicateurs disponibles et potentiels" fut acceptée. Le
ZIMBABWE et le KENYA proposèrent un libellé sur le renforcement
des capacités, la formation, la mise en place de réseaux et
l'échange d'expériences. Le délégué des PAYS-BAS suggéra la
soumission d'un rapport d'avancement intérimaire à la
considération du SBSTTA-6 ou 7. Les deux propositions furent
acceptées.
L'APPROCHE BASEE SUR LES ECOSYSTEMES: Hormis quelques
modifications textuelles mineures, les discussions sur le projet de
recommandation du Président (UNEP/CBD/SBSTTA/5/ WG.II/CRP.2) se
focalisèrent sur l'annexe renfermant le descriptif de l'approche,
des principes de sa gestion et des orientations relatives à son
opération. Au sujet de la définition, la ROUMANIE, appuyée par
l'EQUATEUR, suggéra une référence aux interconnexions entre le
capital naturel et les systèmes socio-économique. Les PAYS-BAS,
l'ALLEMAGNE, le RWANDA, la COLOMBIE et le GHANA firent part de leurs
réserves concernant la modification d'une définition déjà
approuvée. On décida de noter dans le glossaire que le travail de
conceptualisation était en cours. Au sujet du principe de
précaution, la ROUMANIE nota que la formulation était en
contradiction avec l'idée générale. La formulation fut
simplifiée de manière à éviter toute mauvaise interprétation.
Le ROYAUME-UNI suggéra de remplacer l'intitulé de la clause
figurant dans le chapitre des directives opérationnelles et portant
sur le partage des avantages tirés de la biodiversité des
écosystèmes, par "répartitions des services," arguant
que, dans la Convention, le partage des avantages concerne les
ressources génétiques et non les services fournis par les
écosystèmes. Quelque délégation firent part de leurs réserves
concernant la modification de l'esprit du texte et de la notion de
répartition des services. L'après-midi, les délégués
s'accordèrent sur le remplacement de "partage des avantages"
par "accès aux avantages" des services fournis par les
écosystèmes.
En dépit des réserves exprimées par la COLOMBIA, la FEDERATION
DE RUSSIE et la NORVEGE, concernant l'ouverture d'une discussion sur
les principes, la proposition du ZIMBABWE appelant à supprimer la
référence à la "gestion" dans les intitulés des 12
principes, fut acceptée. Au sujet du premier principe qui stipule
que les objectifs et leur gestion relevaient d'un choix sociétal,
la CE requit la suppression du libellé portant sur la gestion des
écosystèmes au profit des être humains, mentionnant sa
contradiction avec la référence explicite de la CDB à la valeur
intrinsèque de la biodiversité. L'EQUATEUR, le COSTA RICA, le
PEROU, le ZIMBABWE, HAITI et le BRESIL s'y opposèrent mais
acceptèrent, plus tard, une modification reflétant les
préoccupations de la CE. L'intitulé du dernier paragraphe, autres
approches de gestion et de conservation, fut remplacé par
"description de l'approche basée sur les écosystèmes";
et la référence aux zones protégées "traditionnelles"
fut supprimée. Le CANADA proposa l'insertion d'une référence aux
causes sous-jacentes de la déforestation mentionnées parmi les
justificatifs du principe consacré au cadre économique de la
gestion écosystémique et, à défaut de soutien, accepta de noter
ses réserves dans le proc�s-verbal de la r�union.
L'UTILISATION DURABLE: Le pr�sident introduisit la
recommandation (UNEP/CBD/SBSTTA/5/WG.II/CRP.3). L'AUSTRALIE sugg�ra
la suppression du libell� portant sur l'int�gration de
l'utilisation durable dans les plans sectoriels et intersectoriels,
les programmes, les politiques et les strat�gies nationales et
autres plans d'action, �tant donn� qu'il est en double emploi avec
l'Article 6 de la CDB. Le ROYAUME-UNI apporta son appui au texte
propos�, en raison du fait qu'il vient rattacher l'utilisation
durable aux d�cisions de la CdP et � l'approche �cosyst�mique.
Le libell� fut retenu. Au sujet des exp�riences dont il faut
s'inspirer, la NORVEGE proposa la suppression de la r�f�rence �
la CDD et � l'OCDE et, appuy�e par les ETATS-UNIS, souligna que la
coop�ration avec le secteur priv� restait de haute importance. Le
d�l�gu� des PAYS-BAS proposa d'inclure la FAO. Les r�f�rences
aux organisations internationales furent retenues. Les
recommandations r�vis�es seront transmises � la Pl�ni�re pour
adoption.
LA PLENIERE
L'INITIATIVE TAXINOMIQUE MONDIALE (ITM): Le Pr�sident
Cristi�n Samper (Colombie) introduisit le projet de recommandation
(UNEP/CBD/SBSTTA/5/CRP.3). Le ROYAUME-UNI requit l'adjonction des
besoins en mati�re d'�valuation taxinomique au plan national et
r�gional, ainsi que la soumission de projets et initiatives pour
consid�ration en tant que projets pilotes, au Secr�taire Ex�cutif,
et un m�canisme de coordination pour l'ITM. La SUEDE requit du
Secr�taire Ex�cutif, avec l'ITM, de faciliter la formulation des
projets visant � r�pondre aux besoins identifi�s. Concernant le
renforcement des capacit�s dans les pays en d�veloppement, le
MALAWI sugg�ra d'inclure la coop�ration avec les centres de
taxonomie nationaux, r�gionaux et internationaux. La NORVEGE
souhaita voir le m�canisme de coordination de l'ITM collaborer
�troitement avec le MEI et que les points focaux taxinomiques
nationaux soit connect�s � d'autres points focaux nationaux. La
SUEDE annon�a son intention de soutenir deux r�unions r�gionales
en Afrique et en Am�rique Centrale. La NOUVELLE ZELANDE requit du
Secr�taire Ex�cutif, l'�laboration des termes de r�f�rence du
m�canisme de coordination de l'ITM, pour consid�ration � la
CdP-5. Les modifications furent accept�es.
LA BIODIVERSITE DES MILIEUX AQUATIQUES INTERIEURS: Les
d�l�gu�s examin�rent le projet de recommandation (UNEP/CBD/SBSTTA/5/CRP.4).
Le d�bat se focalisa sur le libell� portant sur l'endossement du
plan de travail conjoint avec la Convention de Ramsar. Le ZIMBABWE
et les SEYCHELLES remirent en question la r�f�rence aux sites
d�termin�s par Ramsar pour l'application des programmes de travail
retenus dans le cadre de la biodiversit� marine et c�ti�re et
celle des milieux aquatiques int�rieurs, car elle porte pr�judice
aux Non-Parties de la Convention de Ramsar. L'EQUATEUR appela �
l'inclusion de l'�ducation et de la sensibilisation du public, dans
une m�me phrase. Le texte fut supprim�, mais le plan de travail,
ent�rin�.
LES RAPPORTS NATIONAUX: Les d�l�gu�s consid�r�rent le projet
de recommandation du Pr�sident (UNEP/CBD/SBSTTA/5/ CRP.6). Le
ROYAUME-UNI sugg�ra de modifier la formulation portant sur les
ressources n�cessaires � l'�laboration des rapports, de mani�re
� �viter de donner des directives � la CdP. L'IRLANDE requit
l'insertion de la n�cessit� de l'information concernant l'�tat
des lieux de la biodiversit�. Le d�l�gu� des SEYCHELLES requit
une r�f�rence � la capacit� des pays en d�veloppement. Sur
proposition de l'EC et de la NOUVELLE ZELANDE, le libell� appelant
� l'�laboration des rapports � travers un processus consultatif
englobant l'ensemble des concern�s, fut modifi� pour refl�ter une
formulation plus flexible. La CE proposa un nouveau libell�
appelant � l'�laboration de rapports th�matiques, � soumettre �
la CdP, pour consid�ration. Le MEXIQUE sugg�ra de mettre les
rapports et leur compilation � la disposition des points focaux
nationaux et du MEI. Le FEM demanda une r�f�rence � sa
contribution dans le processus d'�laboration des rapports, plut�t
dans le pr�ambule que dans l'une des recommandations. Des
modifications textuelles mineures furent �galement introduites.
LA COOPERATION AVEC D'AUTRES ORGANES ET LE MECHANISME D'ECHANGE
D'INFORMATION (MEI): Le Pr�sident Samper introduisit les
recommandations finales concernant la coop�ration avec d'autres
organes (UNEP/CBD/SBSTTA/5/L.2) et le MEI (UNEP/CBD/SBSTTA/5/L.3).
La NOUVELLE ZELANDE requit l'insertion d'une note dans le proc�s
verbal, sur le caract�re peu focalis� de l'�laboration du MEI et
sur le fait que les exigences au niveau de la participation seront
un �l�ment d'�puisement des ressources. Les recommandations
furent adopt�es.
DANS LES COULOIRS
Les d�lib�rations de mercredi sur la biodiversit� agricole et
sur le concept de pluri-fonctionalit� se sont achev� finalement
jeudi � 6h du matin. R�fl�chissant sur les diverses positions
exprim�es au cours de la n�gociation, certains participants ont
�t� amen�s � se demander si les d�lib�rations de la semaine
pr�c�dante sur la bios�curit�, n'�taient pas en train de se
prolonger. Un d�l�gu� a d�plor� le fait que le SBSTTA semble
s'embourber dans des d�bats politiques, pour redevenir, une sorte
de mini-CdP.