Au cours de la matinée, les délégués se sont réunis dans les
groupes de travail. Le GT-1a planché sur les thèmes des espèces
non natives et de la biodiversité marine et côtière. Le GT-2 a
examiné celui de l'utilisation durable. La Plénière s'est réuni
dans l'après-midi et les délégués y ont considéré la question
des groupes d'experts techniques spéciaux et passé en revu les
projets de recommandations du Président sur les thèmes de la
coopération avec d'autres organes et de la phase pilote du
Mécanisme de Partage d'Information (MEI).
LE GROUPE DE TRAVAIL 1
LES ESPECES INTRODUITES: Le Secrétariat introduisit le
document (UNEP/CBD/SBSTTA/5/5). La NOUVELLE ZELANDE, appuyée par
plusieurs pays, requit entre autres: que le Secrétariat collabore
avec le Programme Mondiale sur le Contrôle des Espèces Introduites
(GISP) pour l'élaborer des principes directeurs pour le SBSTTA-6;
que le Secrétariat élabore un papier compilant les options
avancées pour le programme de travail futur; et que les activités
nationales ne soient pas retardées dans l'intérim. La SUISSE
souligna que les recommandations devaient être applicables
immédiatement et capables d'intégrer les résultats du GISP.
Plusieurs pays appuyèrent la coopération avec d'autres organes, y
compris avec la Convention Internationale sur la Protection des
Plantes (IPPC), l'Organisation Maritime Internationale, la CITES et
la Convention de Ramsar. Le CANADA proposa l'analyse des lacunes des
instruments pertinents disponibles. La FAO mit en relief la
pertinence de l'IPPC quant aux définitions et au contrôle des
plantes et des nuisibles. Le délégué des ETATS-UNIS fit part de
ses réserves concernant le mouvement vers des mesures juridiques
contraignantes. De nombreux pays en développement soulignèrent la
nécessité du renforcement des capacités dans les domaines de la
sensibilisation du public, du suivi, de la formation, de mesures de
contrôle, de l'élaboration de bases de données, du transfert des
technologies et des programmes régionaux.
L'ALLEMAGNE, la REPUBLIQUE DE COREE et les ETATS-UNIS appuyèrent
l'élaboration de listes ou de bases de données des espèces non
natives. Le ZIMBABWE, le SENEGAL et la CONVENTION DE BARCELONE
appelèrent à une coopération régionale accrue. La NORVEGE, la
COLOMBIE et le Mexique suggérèrent l'insertion d'une référence
à l'Année Internationale de l'Observation de la Biodiversité (IBOY)
sous l'égide DIVERSITAS. La NORVEGE et la FINLANDE appelèrent à
une évaluation mondiale sur une base thématique. Le PORTUGAL et la
SUISSE appelèrent à l'uniformisation de la terminologie. La
FINLANDE proposa d'inclure le thème des espèces non natives dans
les rapports nationaux et dans l'élaboration des indicateurs.
L'ALLEMAGNE proposa l'insertion d'une référence à la
responsabilité et à la compensation. La COTE D'IVOIRE mit l'accent
sur la capacité de spécifier la responsabilité. Le CANADA et le
HONDURAS signalèrent les problèmes posés dans la détermination
de la responsabilité étatique. La COLOMBIE et le MEXIQUE
appelèrent à un libellé plus fourni sur les mesures de mise en
quarantaine. L'AUSTRALIE plaida pour l'intégration du principe
"pollueur payeur". La TURQUIE appela à l'insertion d'un
libellé sur l'évaluation des risques. Le BRESIL mit en relief la
question de l'utilisation en milieu confiné et le problème de la
gestion. Le CENTRE INTERNATIONAL DE LA PHYSIOLOGIE ET DE L'ECOLOGIE
DES INSECTES souligna le besoin de clarifier les agences nationales
responsables et leurs rôles. Le KENYA mit l'accent sur la
considération des OGM en tant qu'espèces introduites dans le
programme de travail du SBSTTA relevant du Protocole de
Biosécurité. Le PORTUGAL appuya l'inclusion de l'approche bio-géographique
et de celle pluridisciplinaire. L'IRELANDE souligna la trans-localisation
à l'intérieur des pays. Le TCHAD et le MALAWI soulignèrent la
considération des écosystèmes transfrontaliers. L'OUGANDA appuya
l'élaboration de stratégies et de plans d'action sous-régionaux.
La CE et le BRESIL requirent un libellé sur les sous-espèces et
autres variétés. Le SECRETARIAT DU COMMONWEALTH appela à des
liens pertinents avec l'Initiative Taxinomique Mondiale. La GAMBIE
nota les menaces posées à la sécurité alimentaire. Le Président
Mary Fosi (Cameroun) forma un comité de rédaction informel.
LA BIODIVERSITE MARINE ET COTIERE ET LE BLANCHIMENT DES CORAUX:
Le Secrétariat introduisit le document (UNEP/CBD/SBSTTA/5/7). Au
sujet du phénomène de blanchiment des coraux, l'ORGANISATION
METEOROLOGIQUE MONDIALE accueillit favorablement la coopération
avec le SBSTTA sur cette question. Le délégué des SEYCHELLES se
félicita de la référence au rôle premier des changements
climatiques, et au besoin de fonds pour le traitement des causes et
des retombées socio-économiques, mais exprimant sa déception à
l'égard de la requête davantage de recherches, compte tenu du
besoin d'action immédiate. Le ROYAUME-UNI suggéra le renforcement
de la collaboration avec les organes internationaux pertinents. La
JAMAIQUE proposa un programme de recherche sur les effets socio-économiques
du blanchiment des récifs coralliens et, avec la NORVEGE, souligna
la nécessité pour les organes subsidiaires de la CCCC de traiter
ce thème. La NORVEGE se référa également à la situation des
récifs coralliens en mer profonde. Concernant la biodiversité
marine et côtière, le SENEGAL mit en relief la relation entre le
tourisme et la biodiversité marine. La GAMBIE souligna l'importance
de l'implication des locaux et de l'établissement de zones
côtières protégées. Le Président Fosi déclara que les
discussions se poursuivront au cours de la session de la journée
suivante.
LE GROUPE DE TRAVAIL 2
L'UTILISATION DURABLE: Le Secrétariat introduisit le
document (UNEP/CBD/SBSTTA/5/13). La REPUBLIQUE DE COREE souligna que
les activités touchant à la question de l'utilisation durable
doivent être prises en compte dans les politiques nationales. Le
ZIMBABWE déclara que le document doit plaider pour des mesures
d'amélioration, d'encouragement et de promotion, au lieu de mesures
de contrôle et de régulation et, appuyé par l'AUSTRALIE, suggéra
la mise en place d'un comité de liaison. La COLOMBIE, le NIGERIA et
le TOGO suggérèrent l'établissement d'un groupe d'experts
spécial, tenant compte des sciences sociales et des thèmes
transversaux tels que le bien être, la question de parité et
l'emploi. Le CONGO et la ZAMBIE mirent l'accent sur l'implication
des pratiques d'utilisation durable des communautés locales et
indigènes. LE SALVADOR nota l'importance des aspects socio-économiques.
La NAMIBIE requit le renforcement: des avantages directs pour les
communautés locales dans les domaines de l'éducation et du
renforcement des capacités au profit des décideurs; de la
coopération entre les scientifiques et les décideurs; et de la
collaboration en la matière, entre les pays ayant des ressources en
commun. L'AUSTRALIE nota que la tâche actuelle consiste à
développer des moyens stratégiques pour la mise en application. LE
PORTUGAL et la FEDERATION DE RUSSIE suggérèrent différents
niveaux analytiques, tels que les systèmes politiques et les
domaines bio-géographiques. L'AUSTRALIE, l'ALLEMAGNE et le BRESIL
déclarèrent qu'il ne faut pas qu'il y ait double emploi. Le BRESIL,
appuyé par les PAYS-BAS, mit en exergue les interconnexions entre
les concepts d'utilisation durable et l'approche basée sur les
écosystèmes, et l'importance de l'évaluation économique, de la
participation des concernés, de l'élaboration des indicateurs et
du partage des avantages. Le BRESIL et l'EQUATEUR soulignèrent
l'intégration des aspects culturels. Au sujet des études de cas,
le BRESIL favorisa l'intégration des approches verticales de bas en
haut et de haut en bas et, avec la NOUVELLE ZELANDE, souhaita avoir
un profil plus important pour le rôle de la biodiversité dans la
séquestration du gaz carbonique. La SUISSE et l'ECE soumirent un
certain nombre de propositions spécifiques concernant la
conservation et le concept d'utilisation durable. Le ROYAUME-UNI
apporta son soutien à la priorité souhaitée par la ZAMBIE pour
l'intégration de l'utilisation durable dans les stratégies
nationales et les politiques sectorielles, et fit état de
l'existence de certaines inconsistances concernant le partage des
avantages. La NORVEGE souligna le besoin urgent d'une avancée
conceptuelle. L'EQUATEUR, appuyé par l'AUSTRALIE, les PAYS-BAS, la
NOUVELLE ZELANDE et MADAGASCAR appela à l'implication de l'UICN et
d'autres organes dotés d'expertise. Le SRI LANKA demanda des
études pour la promotion de la prise de conscience et l'utilisation
d'indicateurs élaborés à l'échelle locale. Le TOGO souligna la
nécessité d'établir une gestion d'adaptation avec l'ensemble des
partenaires. La ROUMANIE recommanda la mise en place de législation
de complémentarité entre les pays avoisinant les zones
transfrontalières. La GUINEE demanda l'inclusion du thème de
l'allégement de la pauvreté. Le Président David Brackett (Canada)
établit un groupe de contact sur l'utilisation durable.
LA PLENIERE
Le Président du SBSTTA-5, Cristián Samper (Colombie), requit
des groupes régionaux les nominations retenues pour le Bureau du
SBSTTA. Les élections procédèrent par acclamation.
LES GROUPES D'EXPERTS TECHNIQUES SPECIAUX (GET): Le Secrétariat
introduisit le document (UNEP/CBD/SBSTTA/ 5/15). Au sujet des GET,
la NOUVELLE ZELANDE, appuyée par la NORVEGE, les PAYS-BAS et les
ETATS-UNIS, requit des lignes directrices normalisées pour
accompagner les termes de références (TdR) des GET spécifiques,
notamment la désignation des membres, l'évaluation de la
crédibilité scientifique, les résultats attendus, l'interaction
avec d'autres organes et les conditions préalables du recours aux
GET. La NOUVELLE ZELANDE, appuyée par la NORVEGE, déclara que les
GET nécessitaient une évaluation significative. La NORVEGE
souligna l'importance des liens avec la communauté scientifique, de
l'acceptation et du suivi des recommandations. L'ALLEMAGNE proposa
que le SBSTTA puisse être en mesure de décider l'établissement et
les TdR des GET et, avec l'EQUATEUR, la SUEDE, le CAMEROUN et le
KENYA, souligna la nécessité d'un équilibre des genres au sein
des GET.
Au sujet des fichiers, l'ALLEMAGNE et la NORVEGE requirent la
flexibilité et la mise à jour permanente et, avec la CHINE et le
CANADA, suggérèrent d'utiliser des points focaux nationaux. Le
CANADA mit l'accent sur l'inclusion des experts autochtones. HAITI
et le KENYA demandèrent des experts disponibles. La TANZANIE et la
NAMIBIE soulignèrent que l'accès au fichier du MEI défavorisait
les pays dépourvus de capacités.
Au sujet des TdR pour les GET sur les zones marines et côtières
protégées et la mariculture, la NOUVELLE ZELANDE, appuyée par les
ETATS-UNIS, le JAPON et le CANADA, requit des instructions plus
détaillées; des rapports d'avancement réguliers; et des
mécanismes d'interaction avec les Parties. Compte tenu du plan de
travail conjoint avec Ramsar, la plupart des pays indiquèrent qu'un
groupe d'expert sur la biodiversité des milieux aquatiques
intérieurs n'est pas nécessaire.
La SUEDE, la SUISSE, l'EQUATEUR, le CAMEROUN, le KENYA, les
PAYS-BAS et le CONGO appuyèrent l'établissement d'un GET sur la
biodiversité forestière. La NOUVELLE ZELANDE et l'AUSTRALIE
appuyèrent la mise en place d'un GET sur les for�ts, charg� de
l'�laboration d'une analyse des rapports de la CDB avec diff�rents
organes pertinents. Le ROYAUME-UNI, la FINLANDE, le JAPON et le
CANADA demand�rent des TdR clairement d�finies. L'AUSTRALIE
proposa de renforcer la coop�ration avec diff�rents organes, dont
l'International Tropical Timber Organization. La NORVEGE souligna le
besoin d'un processus permettant d'entamer l'�valuation de l'�tat
des lieux et des tendances dans le domaine des for�ts, indiquant
toutefois que la cr�dibilit� d'untel GET a besoin d'�tre assur�e.
La SUISSE proposa l'insertion d'un libell� sur la collaboration
avec la CCCC pour l'int�gration de la biodiversit� dans les
m�canismes consacr�s � la s�questration du carbone. L'EQUATEUR
appela � l'inclusion d'experts des domaines �conomiques et sociaux.
Le d�l�gu� des PAYS-BAS proposa un GET plus important sur
l'approche �cosyst�mique, traitant d'un domaine th�matique � la
fois, et commen�ant par celui de la diversit� foresti�re. BIONET,
au nom de trois ONG, encouragea le passage du stade des �valuations
� celui de l'action et d�clara que la coop�ration r�gionale et
sous-r�gionale pouvaient identifier les priorit�s.
Le NIGERIA sugg�ra la pr�vision d'un GET sur l'utilisation
durable. Le CAMEROUN proposa un GET sur les terres s�ches. La
NORVEGE souhaita attendre l'exp�rience que vivront les autres GET.
Le Pr�sident Samper �tablit un groupe de contact pour
l'�laboration des recommandations.
LA COOPERATION AVEC D'AUTRES ORGANES: Le Pr�sident Samper invita
les d�l�gu�s � examiner le projet de recommandation du
Pr�sident (UNEP/CBD/SBSTTA/5/CRP.1). La NORVEGE sugg�ra
l'exploration des voies et moyens de collaborer avec l'Evaluation du
Mill�naire et, suite aux suggestions avanc�es par les PAYS-BAS,
les d�l�gu�s �labor�rent une nouvelle formulation. La NORVEGE
�galement proposa une r�f�rence � l'IBOY et se concerta avec
l'UNESCO sur l'�laboration du libell�. La SUISSE proposa la
mention de l'Evaluation de la Biodiversit� Mondiale et de la CCCC
et du Protocole de Kyoto dans le contexte de la biodiversit�
foresti�re. Les SEYCHELLES demand�rent une r�f�rence sp�cifique
aux r�cifs coralliens. La SLOVENIE souhaita l'insertion d'une
r�f�rence au plan de travail conjoint avec la Convention de Ramsar.
La CE nota que certaines Parties de la CDB ne sont pas incluses dans
la Convention de Ramsar, bloquant par l� m�me certains �l�ments
de la mise en application. Le d�l�gu� des PAYS-BAS sugg�ra le
report de cette question � la CdP. Le Pr�sident Samper appela les
Parties int�ress�es � de tenir des consultations r�dactionnelles.
LE MECANISME D'ECHANGE D'INFORMATION (MEI): Les d�l�gu�s
examin�rent le projet de recommandation du Pr�sident (UNEP/CBD/SBSTTA/5/CRP.2)
et propos�rent des modifications � la lueur des r�sultats des
discussions men�e dans le groupe de travail informel. La NOUVELLE
ZELANDE d�clara que le Comit� Consultatif Informel du MEI ne
devait pas �tre � composition non limit�e et que ses termes de
r�f�rence et dur�e devaient �tre clarifi�s par la CdP-5.
R�agissant � la requ�te des PAYS-BAS de supprimer la r�f�rence
au rapatriement des donn�es � travers le MEI, la NORVEGE pr�cisa
que l'intention en �tait de faciliter l'acc�s � l'information et
pas n�cessairement aux composantes de la biodiversit�. Le
Pr�sident Samper consulta un groupe restreint pour clarifier le
libell� disponible. Le d�l�gu� des PAYS-BAS sugg�ra la
suppression de la r�f�rence au MEI de Bios�curit�, affirmant que
ce dernier n'est pas inclus dans la juridiction du SBSTTA.
DANS LES COULOIRS
Les ONG ont litt�ralement boug� dans les couloirs pour
influencer les recommandations du SBSTTA. Beaucoup se sont plaint
que "l'acc�s" � la Pl�ni�re ait limit� le "partage
du profit" de ces sessions. L'ONG #0918 laisse croire qu'il n'y
a sans doute pas assez de mati�re � commenter.