COMPTE RENDU DE LA SESSION DE REPRISE DE LA
REUNION EXTRAORDINAIRE DE LA CONFERENCE DES PARTIES POUR L’ADOPTION
DU PROTOCOLE DE BIOSECURITE RELEVANT DE LA CONVENTION SUR LA
DIVERSITE BIOLOGIQUE 24-28 JANVIER 2000
La Convention sur la Diversité Biologique (CDB), négociée
sous l'égide du Programme des Nations Unies pour l'Environnement
(PNUE), fut adoptée le 22 mai 1992 et entra en vigueur le 29
décembre 1993. Le nombre des Parties signataires de la Convention
est actuellement 176. L'Article 19.3 de la CDB prévoyait, pour
les Parties, de procéder à la considération du besoin et des
modalités d'un Protocole établissant des procédures pour les
bonnes conditions du transfert, manutention et utilisation des OGM
susceptibles d'avoir un effet adverse sur la biodiversité et ses
composantes.
La CdP-1: La première Conférence des Parties (CdP-1) de la
CDB qui se tint à Nassau, Bahamas, du 28 novembre au 9 décembre
1994, établit le Groupe d'Experts Spécial sur la Biodiversité.
Ce groupe devait tenir sa première réunion à Madrid, du 24 au
28 juillet 1995. D'après le rapport de la réunion (UNEP/CBD/COP.2/7),
la plupart des délégations ont été favorables à
l'élaboration d'un accord international sur la biodiversité
inscrit dans le cadre de la CDB. Les éléments ayant bénéficié
d'une faveur unanime englobaient, entre autres: l'ensemble des
activités ayant rapport avec les OGM susceptibles d'avoir des
effets nocifs sur la biodiversité; le transit transfrontalier des
OGM; la mise en circulation des OGM dans les centres d'origine ou
de diversité génétique; les mécanismes d'évaluation et de
gestion des risques ; les procédures de l'accord préalable en
connaissance de cause (AIA); les échanges d'informations; le
renforcement des capacités et la mise en application; et, la
définition des termes. Les éléments ayant bénéficié d'un
soutien partiel englobaient: les considérations socio-économiques;
les questions de responsabilité et de réparation; et les
questions financières.
La CdP-2: Lors de la seconde réunion de la Conférence des
Parties (CdP-2) qui eut lieu à Jakarta, Indonésie, du 6 au 17
novembre 1995, les délégués procédèrent à l'examen de
l'opportunité d'un protocole de biosécurité et des modalités
qui s'y rapportent. Au cours du
débat sur la portée du Protocole, la CdP devait adopter un texte
de compromis (Décision II/5) appelant à: "un processus de
négociation pour l'élaboration, dans le domaine des conditions
de transfert, manipulation et utilisation des organismes
génétiquement modifiés, axé en particulier sur le mouvement
transfrontalier des OGM susceptibles d'avoir un effet nocif sur la
diversité biologique." La CdP-2 établit également le
Groupe de Travail Spécial, de Composition Non Limitée, sur la
Biosécurité (GTSB) pour l'élaboration d'un protocole basé sur
les éléments figurant dans le rapport de Madrid. Les autres
termes de référence du BSWG stipulent que ce dernier devait
procéder: à l'élaboration des termes et concepts clés; à
l'examen des procédures de l'accord informé préalable; à
l'identification des catégories d'OGM pertinentes; et à
l'élaboration d'un traité tenant compte du principe de
précaution et exigeant des Parties la mise en place de mesures
nationales.
Le GTSB-1: Lors de sa première réunion tenue à Aarhus,
Danemark, du 22 au 26 juillet 1996, le BSWG entama l'élaboration
d'un protocole international sur la sécurité dans le domaine de
la biotechnologie. Bien que la réunion ait produit peu de
résultats écrits, elle représenta un forum pour la définition
des problèmes et l'articulation des caractéristiques des
positions exprimées dans le processus de pré négociation. Les
gouvernements dressèrent une liste d'éléments pour le futur
protocole et tracèrent les contours de l'information requise pour
guider leurs travaux futurs.
La CdP-3: Lors de la CdP-3, les délégués adoptèrent les
décisions III/5 (lignes directrices additionnelles devant régir
les mécanismes de financement) et III/20 (questions relatives à
la biosécurité). Ce faisant, la CdP affirma son appui à une
approche à deux volets à travers laquelle la promotion de
l'application des Lignes Directrices du PNUE pourrait contribuer
au développement et à la mise en œuvre d'un protocole de biosécurité.
Le GTSB-2: Lors de la seconde réunion du GTSB qui s'est
déroulée du 12 au 16 mai 1997 à Montréal, les délégués
devaient débattre d'un ensemble de thèmes, englobant entre
autres: les objectifs; l'accord informé préalable; les
procédures de notification liées au transfert d'OGM; les
autorités compétentes; les points focaux (correspondants
nationaux); les échanges d'informations et le mécanisme de
déploiement des données; le renforcement des capacités; la
participation et la conscientisation du public; l'évaluation et
la gestion des risques des mouvements transfrontières accidentels;
le suivi et de la mise en conformité. Le GTSB-2 établit aussi un
groupe de contact chargé d'entamer la définition des termes
clés.
Le GTSB-3: La troisième session du BSWG se tint du 13 au
17 octobre 1997 à Montréal. Les délégués devaient produire un
projet de texte consolidé qui servira de plate-forme aux
négociations. La réunion établit deux Sous-groupes de Travail
pour traiter des principaux articles du protocole, ainsi qu'un
groupe de contact sur les thèmes institutionnels et les clauses
finales. Les délégués abordèrent également un certain nombre
de questions en suspens, telles que: les considérations socio-économiques;
la responsabilité et la réparation; le trafic illicite; la
non-discrimination; le commerce avec les Parties non visées à
l'accord; ainsi que les objectifs, les obligations générales,
l'intitulé et le préambule du protocole.
Le GTSB-4: A l'ouverture du GTSB-4 qui se déroula à
Montréal du 5 au 13 février 1998, les délégués entrèrent
dans une phase de négociation en vue de réduire, à travers un
consensus, le nombre d'options retenues dans chacun des articles.
Utilisant la même structure que celle du GTSB-3, les délégués
entamèrent l'examen d'un certain nombre d'articles qui avaient
été discutés de manière préliminaire au cours du GTSB-3,
notamment: les principes/objectifs, les obligations générales,
la non-discrimination, les considérations socio-économiques, et
la responsabilité et la compensation. Les délégués devaient
également y poursuivre leur travail sur d'autres questions
abordées auparavant et notamment: les questions touchant à
consentement préalable en connaissance de cause, l'évaluation et
la gestion des risques, les normes minimales nationales, les
mesures d'urgence et le renforcement des capacités.
La CdP-4: La Quatrième Réunion de la Conférence des
Parties se déroula du 4 au 15 mai 1998 à Bratislava, en
Slovaquie. En vertu de la Décision IV/3, "Les thèmes ayant
trait à la biosécurité", la CdP décida de proroger la
date limite fixée pour la négociation d'un protocole qui passera
désormais de la fin 1998 au début de l'année 1999. La CdP
établit par ailleurs, une réunion supplémentaire devant être
suivie d'une CdP extraordinaire pour l'adoption du protocole en
1999.
Le GTSB-5: La Cinquième Session du Groupe de Travail
Spécial sur la Biosécurité se réunit du 17 au 28 août 1998 à
Montréal, au Canada. Les délégués y procédèrent à la
consolidation des options relatives à 45 articles du projet de
texte révisé, les réduisant à 40 articles, laissant toutefois,
treize d'entre eux entièrement crochetés. Des positions
polarisées continuèrent à émerger durant les discussions sur
les points de savoir si le champ d'action du Protocole devait oui
ou non englober "les produits dérivés", si le
Protocole devait traiter des questions de responsabilité et de
réparation et si le Protocole devait intégrer le principe de
précaution.
Le GTSB-6 et la CdP-Ex: Le GTSB-5 se réunit du 14 au 22
février 1999 et fut suivi par la Première Réunion
Extraordinaire de la Conférence des Parties, tenue les 22 et 23
février 1999, à Carthagène, en Colombie. En dépit d'intenses
négociations, les délégués ne parvinrent pas à s'accorder sur
un protocole, mais des groupes de négociation identifiables
commencèrent à émerger. Les principaux points d'achoppement
étaient les questions ayant trait au commerce international, le
traitement des matières premières et le rapport entre les
régimes de régulation domestiques et celui international. La CdP-Ex
adopta une décision suspendant sa réunion et requit du
Président de la CdP-Ex et du Bureau de la CdP de décider des
lieu et dates de la session de reprise devant se dérouler, pas
plus tard que la cinquième réunion de la Conférence des
Parties. Les délégués devaient décider par ailleurs de donner
au protocole, le nom de Protocole de Carthagène sur la
Biosécurité. Le projet de texte du Protocole établi dans le
Rapport Provisoire de la CdP-Ex (UNEP/ CBD/ExCOP/1/L.2/ Rev.1) fut
ainsi transmis à la CdP-Ex de reprise, pour la poursuite des
négociations.
LES CONSULTATIONS INFORMELLES: Trois ensembles de
consultations informelles visant à faciliter la discussion des
principales questions en suspens, furent tenus au cours de la
période entre la suspension de la CdP-Ex et sa réunion de
reprise. (NDLR: étant donné que le troisième ensemble à eu
lieu immédiatement avant la CdP-Ex de reprise, son compte rendu
est combiné avec celui ci-dessous de la CdP-Ex)
Montréal (juillet 1999): Sur la Base de la décision prise
par le Bureau de la CdP-4 le 1er juillet 1999, le
Président de la CdP-Ex, MAYR, se réunit avec les porte-parole
des principaux groupes de négociation qui avaient émergé à
Carthagène, à savoir: le Groupe des pays d'Europe Centrale et de
l'Est (ECE), le Groupe de Compromis (Japon, Mexique, Norvège,
Corée du Sud et Suisse), le Groupe de Même Esprit (la majorité
des pays en développement) et le Groupe de Miami (Argentine,
Australie, Canada, Chili, Etats-Unis et Uruguay). Au cours de la
réunion, les groupes firent part de leur volonté politique de
finaliser les négociations et s'accordèrent sur la tenue de
nouvelles consultations avant la reprise des travaux de la CdP-Ex.
Vienne (septembre 1999): Le second ensemble de
consultations informelles eut lieu à Vienne, en Autriche du 15 au
19 septembre 1999. Les deux premières journées de la réunion
furent consacrées à des concertations au sein des groupes de
négociation; la troisième journée, à des échanges informels
entre les groupes; et les deux dernières journées, à la
résolution des points de divergence entre les groupes concernant
les questions en suspens. Au cours de ces deux dernières
journées de discussion conduites par le Président de la CdP-Ex,
MAYR, les groupes de négociation se réunirent dans "le
cadre de Vienne," une table ronde avec deux porte-parole pour
chacun de ces groupes. Les groupes y abordèrent les thèmes des
matières premières, des liens du Protocole avec d'autres accords
internationaux, du champ d'action du Protocole et de l'application
de la procédure de l'accord préalable en connaissance de cause (AIA).
Les groupes de négociation parvinrent à un accord sur un
ensemble basique de concepts ayant trait à ces derniers thèmes.
D'autres questions restaient à résoudre. Les résultats furent
transmis, en tant que Résumé du Président (UNEP/ CBD/ExCOP/1/INF/3),
à la CdP-Ex de reprise.
Le troisième ensemble de consultations se déroula à
Montréal, du 20 au 23 janvier 2000. Les deux premières journées
y furent consacrées à des échanges au sein des groupes de
négociation sous la conduite du Président de la CdP-Ex, John
MAYR. Le samedi 22 janvier, le Président MAYR ouvrit les
discussions informelles entre les principaux groupes de
négociation réunis dans le cadre de la table ronde établi à
Vienne, "le cadre de Vienne". Le Président MAYR
s'appuya sur son papier officieux, lequel proposait un texte
intégrant les discussions de Vienne sur les thèmes du champ
d'action, de l'application de la procédure du consentement
préalable en connaissance de cause par rapport aux matières
premières, et l'Article 31 (liens avec les autres accords
internationaux) du projet de protocole figurant dans le Rapport
Provisoire de la CdP-Ex. Les groupes de négociation
présentèrent leurs remarques d'ouverture dans lesquelles ils
réitérèrent leur volonté politique de conclure le Protocole.
Après les commentaires initiaux sur le papier officieux, le
Président MAYR proposa que les consultations commencent par
regrouper les thèmes en trois ensembles, le premier étant celui
des matières premières, englobant le nouvel article figurant
dans le papier officieux consacré à une alternative du
consentement préalable en connaissance de cause applicable aux
OGM destinés à l'alimentation, à la nourriture animale et à la
transformation (O.G.M-A.N.A.T.) ainsi que les nouveaux articles
figurant dans le Rapport Provisoire de la CdP-Ex et portant sur:
l'application de la procédure du consentement préalable en
connaissance de cause; la manipulation, le transport, l'emballage
et l'identification; l'échange de données et le centre
d'échange d'informations de biosécurité; et, la nouvelle Annexe
figurant dans le papier officieux concernant les exigences en
matière d'informations nécessaires aux notifications. Le second
ensemble était celui du champ d'action couvrant l'Article 4 du
Rapport Provisoire de la CdP-Ex. Le dernier ensemble incluait les
liens avec d'autres accords internationaux ainsi que les articles
figurant dans le Rapport Provisoire de la CdP-Ex portant sur: le
droit des Parties à prendre des mesures plus protectrices que
celles prévues dans le Protocole; le principe de précaution; la
non-discrimination et les considérations socio-économiques.
Concernant le troisième ensemble, l'UE apporta son appui à la
formulation proposée, mais indiqua que la discussion des autres
questions ne doit pas être rouverte. Le Groupe de Même Esprit
requit le déplacement de la discussion sur le droit des Parties
à prendre des mesures plus protectrices que celles prévues dans
le Protocole, le principe de précaution et les considérations
socio-économiques, mais le groupe de Miami plaida pour leur
maintien.
Les groupes de négociation présentèrent leurs premiers
commentaires sur les ensembles matières premières et champ
d'action, qui furent ensuite examinés par les groupes de contact
le dimanche 23 janvier. La table ronde de Vienne se réunit
brièvement dimanche après-midi et dimanche soir pour entendre
les rapports d'avancement des groupes de contact. Après la
conclusion des commentaires présentés par les groupes lors de la
séance nocturne du "cadre de Vienne", le Président
MAYR indiqua qu'il transmettra les résultats à la CdP-Ex de
reprise à sa séance du lundi et clôtura la session informelle.
LA CdP-Ex DE REPRISE
(NDLR : en raison du caractère confidentiel des
consultations informelles et des réunions des groupes de contact,
le Bulletin ne mentionne pas le nom des pays et/ou des groupes
dans les comptes rendus concernant ces réunions).
Le lundi 24 janvier 2000, le Président de la CdP-4 LASZLO
MIKLÖS (Slovaquie) souhaita la bienvenue aux délégués, au nom
du Bureau de la CdP-4. Le Président de la CdP-Ex, Juan MAYR (Colombie)
ouvrit officiellement les travaux de la CdP-Ex pour l’Adoption
du Protocole de Biosécurité, en invitant les délégués à se
fonder sur le travail accompli au cours des récentes
consultations informelles. Il souligna l’importance de
poursuivre cette dynamique pour résoudre les questions restées
en suspens et adopter le Protocole qui sera ainsi le premier
traité environnemental international du millénaire. Il
encouragea les ministres à prendre part aux travaux et attira l’attention
sur la table ronde dîner qu’il offrira mercredi en honneur des
ministres.
Le Secrétaire Exécutif de la CDB Hamdallah ZEDAN mit en
exergue le sens que revêtent ces négociations pour la CDB et
pour le développement durable. Il se référa aux avantages
offerts par la biotechnologie et affirma que le Protocole viendra
assurer à l’humanité le bénéfice de la science et du
commerce, tout en protégeant l’environnement. Il nota l’atmosphère
d’optimisme précautionneux qui a prévalu durant les
consultations informelles et fit part de ses marques d’appréciation
à l’endroit des Parties qui ont fourni un soutien financier
pour la participation des pays en développement et des pays en
transition économique.
Les délégués devaient ensuite adopter l’ordre du jour
révisé provisoire (UNEP/CBD/ExCOP/1/1/Rev.2) et ses annotations
(UNEP/ CBD/ExCOP/1/1/Rev.2/Add.1). Concernant le calendrier des
travaux; MAYR indiqua que la Plénière et le "cadre de
Vienne ", impliquant les porte-parole des différents
groupes seront utilisés et que tous deux disposeront de services
d’interprétariat et seront soumis au règlement intérieur
officiel. Il indiqua également qu’il n’y aura pas plus de
deux réunions de groupes de contact en parallèle. MAYR proposa
de maintenir les groupes de contact sur le champ d’application
et sur les matières premières qui avaient été établis au
cours des récentes consultations informelles. L ‘ETHIOPIE,
au nom du Groupe de Même Esprit, suggéra que les groupes de
contact soient fusionnés. MAYER invita les groupes régionaux à
soumettre les noms de leurs représentants désignés pour le
Comité de Rédaction Juridique qui sera présidé par Lynn
HOLOWESKO (Bahamas). Les participants entendirent ensuite lecture
des rapports du Secrétariat de la CDB sur l’accréditation des
représentants et sur les documents mis à disposition comprenant
notamment le Rapport Provisoire de la première CdP-Ex (UNEP/CBD/ExCOP/1/L.2/Rev.1)
et le Rapport du Sixième Groupe de Travail, de Composition Non
Limitée, sur la Biosécurité (UNEP/ CBD/ExCOP/1/2).
S’étendant sur la déclaration qu’il a présentée lors de
la Plénière d’ouverture, le Groupe de Même Esprit réitéra
la nécessité de traiter les éléments en rapport figurant dans
l’Article 5 (application de la procédure AIA) du Rapport
Provisoire de la CdP-Ex, dans les discussions sur le thème du
champ d’action. L’UE souhaita des éclaircissements au sujet
du démarrage des discussions sur le thème des liens entre le
Protocole et les autres accords. MAYR annonça que le Groupe de
contact sur le champ d’action traitera des éléments pertinents
de l’Article 5, mais qu’il n’abordera pas les questions
touchant au thème des matières premières. Il nota que l’Article
31 (les liens avec d’autres accords internationaux) sera abordé
plus tard.
Le Groupe de Contact sur les Matières Premières commença la
discussion autour de l’Article 17 (échanges d’informations et
centre d’échanges des données sur la biosécurité) en
attirant l’attention sur les propositions d’amendement
figurant dans le papier officieux du Président MAYR. Au sujet de
l’Article 15 (manutention, transport, emballage et
identification), le Groupe s’engagea dans un débat confidentiel
sur la proposition d’ensemble figurant dans le texte du Projet
de Protocole présenté dans l’Annexe II du Rapport Provisoire
de la CdP-Ex. Le Groupe procéda à un examen, paragraphe par
paragraphe, de la proposition d’ensemble. Les délégués
focalisèrent leurs discussions sur l’Article 9 bis (procédures
décisionnelles pour les O.G.M-A.N.A.T.) figurant dans le papier
officieux du Président, et en particulier sur le libellé
consacré à la mise à disposition de l’information, assujettie
aux règlements domestiques. Le Groupe devait poursuivre ses
débats jusque tard dans la nuit.
Le Groupe de Contact sur le thème du Champ d’Action se
réunit dans l’après-midi pour examiner les questions en
suspens ayant trait à l’Article 4 (champ d’action). Les
groupes de négociation présentèrent leurs perspectives
générales. Sur proposition de l’un des groupes de commencer
les travaux par le traitement des cas d’exemption, les
délégués abordèrent la situation des produits pharmaceutiques
destinés aux êtres humains. Au cours de la séance nocturne qui
suivit, les délégués continuèrent leurs discussions sur le
champ d’action du Protocole par rapport aux thèmes des produits
pharmaceutiques, de l’utilisation en milieu confiné et du
transit.
MARDI 25 JANVIER 2000 : Le matin, les délégués se
réunirent dans le "Cadre de Vienne" pour entreprendre
lecture des rapports des groupes de contact sur le thème des
matières premières et celui du champ d’action, et pour entamer
le débat général sur les questions ayant trait au commerce
international et les liens entre le Protocole et d’autres
accords internationaux. François PYTHOUD (Suisse), Président du
Groupe de Contact sur les Matières Premières présenta un
rapport de la CdP-Ex, en indiquant qu’il collaborera avec les
autres groupes pour présenter un texte du Président. Au sujet de
l’Article 9 bis (procédures décisionnelles concernant l’évaluation
des OCM-PT) figurant dans le papier officieux de MAYR, l’orateur
devait noter que des progrès avaient été réalisés sur les
options retenues dans le cadre des processus décisionnels et du
renforcement des capacités, des accords bilatéraux et de la
coopération entre les Parties. Le Président du groupe de contact
sur le thème du champ d’action, John HERITY (Canada), rapporta
que les groupes de négociation ont fourni des explications
complètes concernant leurs positions à l’égard des produits
pharmaceutiques destinés aux humains, du transit et de l’utilisation
en milieu confiné. Il nota également une proposition soumise par
le Groupe de Même Esprit, dressant la liste des Articles qui ne
doivent pas s’appliquer dans ces cas de figure.
Après un tour de commentaires sur les rapports d’avancement
des travaux, le Président MAYR souligna que les discussions
devaient se focaliser uniquement sur la liste des points en
suspens figurant dans le Rapport Provisoire de la CdP-Ex.
Répondant à une requête de soulever les questions en suspens
mentionnées dans les déclarations de clôture officielles faites
à la CdP-Ex à Carthagène, MAYR suggéra que le Comité de
Rédaction Juridique pouvait traiter certaines de ces questions.
Après un tour de déclarations préliminaires sur l’ensemble
des questions touchant au commerce international, le Président
MAYR clôtura la séance pour permettre la tenue de discussions
informelles sur le thème du champ d’action et la réunion du
groupe de contact sur le thème des matières premières.
Le "cadre de Vienne " devait se réunir de
nouveau dans la soirée pour entendre lecture des rapports des
groupes de contact. Le Président PYTHOUD rapporta que le groupe
de contact sur les matières premières a réalisé des progrès
et qu’il était proche du texte final en terme de concept, mais
qu’un peu plus de temps était nécessaire pour trouver une
formulation équilibrée. Le Président HERITY rapporta qu’après
des discussions informelles avec les représentants des groupes de
négociation sur le thème du champ d’action, le groupe de
contact s’est focalisé sur le thème du transit. Il nota un
accord général sur l’Article 4 (champ d’application) et sa
couverture de tous les OGM susceptibles d’avoir des effets
adverses sur la biodiversité. Il indiqua que de nouveaux articles
couvrant les produits pharmaceutiques, le transit et la procédure
de notification étaient en cours d’élaboration. Le Président
MAYR convoqua un nouveau groupe de contact, sous la présidence de
l’Amb. Philémon YANG (Cameroun) pour aborder l’ensemble des
thèmes ayant trait au commerce international et la question des
liens du Protocole avec d’autres accords internationaux. Il
indiqua que le groupe de contact sur le thème des matières
premières poursuivra ses réunions et que les discussions sur le
thème du champ d’action se dérouleront de manière informelle
sous la conduite du Président HERITY. Le groupe de contact sur
les matières premières se réunit de nouveau dans la soirée
pour poursuivre les débats sur l’Article 9 bis du papier
officieux du Président MAYR et l’Article 15 du Rapport
Provisoire de la CdP-Ex. Le groupe de contact sur les thèmes
ayant trait au commerce international se réunit dans la soirée
pour traiter des Articles 31 et 22 du Rapport Provisoire de la CdP-Ex
et leur reformulation dans le papier officieux du Président MAYR.
MERCREDI 26 JANVIER : Le matin, les délégués se
réunirent dans le "cadre de Vienne" pour entendre les
rapports sur l’état d’avancement des groupes de contact. Le
Président du groupe de contact sur le thème des matières
premières, PYTHOUD, présenta un libellé sur la procédure
décisionnelle concernant les O.G.M-A.N.A.T., indiquant que les
groupes étaient prêts de conclure un accord. Il nota que le
groupe a également abordé brièvement l’Annexe 1B (Informations
requises dans le Cadre de la Notification) figurant dans le papier
officieux du Président MAYR. Le Président du groupe de contact
sur les questions ayant trait au commerce international, YANG,
présenta un rapport sur les discussions qui ont eu lieu sur l’utilisation
du libellé introductif figurant dans le papier officieux du
Président MAYR, au sujet de la question des liens entre le
Protocole et d’autres accords internationaux. Le Président du
groupe de contact sur le thème du champ d’action, HERITY,
rapporta que les consultations informelles n’ont pas encore
été reprises et proposa de les poursuivre. MAYR suggéra la
fusion des groupes de contact chargés du champ d’action et des
matières premières. Il requit la présentation d’un libellé
final à la réunion "Cadre de Vienne" devant se tenir
plus tard dans la soirée. Après la discussion du moment où
devrait être abordé le principe de précaution, MAYR décréta
que l’examen de cette question pourra se faire après la
résolution des principaux thèmes examinés.
Le groupe de contact sur les matières premières se réunit le
matin pour examiner le texte proposé par le Président pour l’Article
18 concernant en particulier les dispositions devant être prises
en matière de conditions de sécurité, de documents d’accompagnement
et des déclarations attestant que le mouvement des O.G.M-A.N.A.T.
est conforme aux exigences du Protocole. Les groupes de contact
sur les thèmes des matières premières et du champ d’action
furent ensuite fusionnés et se réunirent dans l’après-midi et
dans la soirée. Les délégués y discutèrent de la synthèse du
Président sur le thème du champ d’action abordant les
questions des produits pharmaceutiques destinés aux êtres
humains, du transit et de l’utilisation en milieu confiné. Les
Coprésidents PYTHOUD et HERITY présentèrent plus tard une
révision de texte basée sur les consultations informelles.
Le groupe de contact sur les questions ayant trait au commerce
international et les liens du Protocole avec d’autres accords
internationaux tint des réunions tout au long de la journée,
durant lesquelles les groupes de négociation présentèrent leurs
points de vue initiaux sur les différentes questions. Après une
pause de la séance nocturne, le Président YANG fit distribuer un
projet de texte du Président supprimant les Articles 31 et 22 du
Rapport Provisoire de la CdP-Ex et ajoutant trois dispositions
introductives avec des formulations tirées du texte de la
Convention de Rotterdam sur la Procédure du Consentement
Préalable en Connaissance de Cause.
A 20 heures, le Président MAYR offrit un dîner en l’honneur
des ministres arrivés pour assister aux dernières journées de
négociation. Lors du dîner, les ministres devaient entendre les
déclarations du Président MAYR et du Ministre Canadien de l’Environnement,
David ANDERSON. Un cadre fut établi pour davantage d’échanges
informels entre les ministres au cours des deux dernières
journées de négociation.
Le "cadre de Vienne" se réunit à 23h20 pour
entendre lecture des rapports des groupes de contact et un premier
tour de points de vue sur la question du principe de précaution,
MAYR requit ensuite que les groupes de contact sur les thèmes des
questions ayant trait au commerce international, les matières
premières et le champ d’action se réunissent pour présenter
au "cadre de Vienne" un texte, jeudi matin. Les
délégués poursuivirent les discussions informelles sur le champ
d’action et les matières premières, tout au long de la soirée
du mercredi et jusqu’au jeudi matin.
JEUDI 27 JANVIER 2000 : Jeudi matin, le groupe de contact
sur les questions ayant trait au commerce se réunit à 9h. pour
poursuivre ses débats. Le "cadre de Vienne" fut
convoqué à 13h. Le Président MAYR demanda à l’audience de se
lever, d’applaudir et de penser à la manière de faire avancer
le processus. Les Présidents des groupes de contact
présentèrent ensuite les rapports sur l’état d’avancement
de leurs travaux. Le Président du groupe de contact sur les
questions ayant trait au commerce, YANG, rapporta que les
consultations se sont poursuivies sur la base du libellé
introductif proposé dans le projet de texte du Président. Le
Coprésident du groupe de contact sur le champ d’action et les
matières premières, HERITY, rapporta qu’un certain nombre de
questions touchant à la rédaction juridique ont été soulevées
dans l’Article 4 (Champ d’Action), et que la reconnaissance du
droit des Etats à autoriser ou à interdire le transit des OGM
restait encore à résoudre. Le Coprésident PYTHOUD rapporta que
les discussions autour de l’Article 18 (manipulation, transport,
emballage et identification) étaient sur le point d’aboutir à
un accord conceptuel, même si certains éléments spécifiques
ayant trait à l’identification avaient encore besoin d’être
débattus. Au sujet de la procédure décisionnelle devant être
appliquée pour les O.G.M-A.N.A.T., PYTHOUD rapporta que les
questions non résolues englobaient la procédure décisionnelle
pour les pays dépourvus de cadre de régulation domestique, le
consentement implicite, et la référence à l’approche de
précaution.
A la demande du Président MAYR, les groupes de négociation
présentèrent leurs commentaires sur les propositions avancées
au sujet du principe de précaution et des différentes clauses
ayant trait au commerce. Le Président MAYR étendit ensuite le
mandat du groupe de contact sur les relations entre le Protocole
et d’autres accords internationaux et sur la non-discrimination,
à l’examen de l’Article 8.7 (principe de précaution). Il
suggéra que PYTHOUD y serve de Coprésident aux côtés de l’Amb.
YANG. Il requit la présentation d’un texte à la réunion du
"cadre de Vienne" prévue dans la soirée. Les groupes
de négociation devaient ensuite dresser la liste des articles ne
faisant pas partie des principaux groupes de thèmes qui
nécessitaient un examen plus approfondi. Le Président MAYR
suggéra que les négociations restent focalisées sur les
principaux thèmes et que des consultations informelles sous la
conduite de l’Amb. Beat NOBS (Suisse) aborde les autres
questions en suspens, et notamment les Articles 21, 23 et 24.
Le groupe de contact sur les questions ayant trait au commerce
international se réunit de nouveau dans l’après-midi pour
poursuivre ses débats sur le principe de précaution, en se
basant sur le libellé figurant dans le Rapport Provisoire de la
CdP-Ex. Après une discussion initiale, le Président YANG
présenta un projet de texte sur le principe de précaution, pour
examen.
A 22h., le "cadre de Vienne" se réunit de nouveau
pour entendre lecture des rapports sur les questions ayant trait
au commerce et autres points en suspens. Le Président YANG
rapporta que le groupe de contact chargé des délibérations
autour du principe de précaution était en train d’examiner un
projet de texte. L’Amb. NOBS présenta un rapport sur ses
consultations informelles notant l’existence d’un accord sur
les Articles 15 (évaluation des risques), 16 (gestion des risques)
et 25 (trafic transfrontalier illicite), et l’existence de
points en suspens dans les Articles 24 (les non-Parties), 14
(accords multilatéraux, bilatéraux et régionaux) et 26 (considérations
socio-économiques). Le Président MAYR requit des Coprésidents
YANG et PYTHOUD et de l’Ambassadeur NOBS la présentation de
textes propres à 2h. du matin. Il mena ensuite des consultations
informelles sur le texte du Protocole devant être présenté à
la réunion du "cadre de Vienne" du vendredi matin. Le
groupe de contact sur les questions ayant trait au commerce
international poursuivit ses discussions sur le libellé du
Préambule.
VENDREDI 28 JANVIER 2000 : Le Président MAYR ouvrit la
séance du "cadre de Vienne" à 10h30, notant qu’un
projet de texte du Protocole incluant un certain nombre de
crochets autour des questions en suspens restantes a été
distribué à 2h. du matin et que des consultations bilatérales
ont été menées à 5h45. Il fit part de son optimisme quant à
la conclusion finale indiquant qu’il était en train d’examiner
la manière de résoudre les dernières divergences. Il souhaita
voir un texte de consensus élaboré d’ici l’après-midi, et
que si cela s’avérait impossible, il présentera un texte du
Président à la Plénière, à 16h.
A 16h., on annonça que la Plénière finale sera convoquée de
nouveau à 18h. Elle fut reportée à 21h. et finalement à 23h.
Dans l’intervalle, le Président MAYR conduisit des discussions
informelles avec les groupes de négociation, principalement
autour de la question du principe de précaution et du libellé du
Préambule portant sur les relations avec d’autres accords
internationaux.
PLENIERE DE CLOTURE
A 23h40, le Président MAYR ouvrit la séance Plénière de
Clôture. Il appela Ilona JEPSEN (Lettonie), Président de la
Commission chargée des Accréditations à soumettre le rapport
concernant l’accréditation des représentants à la session de
reprise de la CdP-Ex. JEPSEN déclara que 109 délégations
étaient en conformité avec les obligations, que 7 délégations
répondaient partiellement aux conditions requises et que par
conséquent, elles n’étaient en règle, et que 17 délégations
n’ont pas soumis leurs lettres d’accréditation. Le rapport
fut adopté à titre provisoire, entendu que les délégations non
encore en règle se doivent de présenter leur accréditation dans
les 30 jours qui suivent. A la requête du Président MAYR,
Mariangela REBUÀ (Brésil) présenta le rapport de la CdP-Ex en
deux volets, l’un couvrant Carthagène et l’autre Montréal,
figurant dans les documents UNEP/CBD/ExCOP/1/ L.2, UNEP/CBD/ExCOP/1/L.2/Add.1
et UNEP/CBD/ExCOP/1/L./ Add.2. Le rapport fut adopté par la CdP-Ex.
Le Président MAYR devait ensuite suspendre la Plénière juste
avant minuit pour permettre la traduction du projet de texte et
pour permettre la reprise des consultations avec les groupes de
négociation sur l’Article 18 et ses dispositions concernant l’identification
et la documentation requise pour les O.G.M-A.N.A.T.. MAYR convoqua
de nouveau la Plénière à 4h40 du matin. Il indiqua que les
délégués ont résolu des problèmes cruciaux grâce à la fois
à leur dur labeur et à une certaine flexibilité. Il recommanda
l’adoption du Projet de Protocole de Carthagène sur la
Biosécurité (UNEP/CBD/ExCOP/1/L.5) avec l’introduction d’un
amendement dans l’Article 18(a). Le Protocole fut adopté à
4h50. L’orateur poursuivit son commentaire affirmant que l’adoption
du Protocole constituait une victoire pour l’environnement et
pour les citoyens du monde entier. Le Directeur Exécutif du PNUE
Klaus TÖPFER mit en exergue la signification historique que
revêt ce moment. Il fit part de sa profonde admiration pour MAYR
et son équipe. Il remercia l’ensemble des "mères et
pères" du Protocole, et en particulier les ministres, le
Président du GTSB, Veit KOESTER et le cadre des experts
internationaux.
La Plénière examina ensuite le projet de décision UNEP/CBD/
ExCOP/1/L.6 concernant l’adoption du Protocole de Carthagène
sur la Biosécurité et des arrangements intérimaires soumis par
le Bureau de la CdP-4. La décision comprend quatre volets :
l’adoption du Protocole; l’établissement du Comité
Intergouvernemental pour le Protocole de Carthagène sur la
Biosécurité (CIPC); l’établissement d’un fichier d’experts
pour l’évaluation et la gestion des risques; et, les questions
administratives et budgétaires. La FRANCE offrit d’accueillir
la première réunion du CIPC avant la fin de l’an 2000. L’offre
fut adoptée par la Plénière.
Le Président MAYR invita ensuite les délégations à
présenter leurs déclarations de clôture. Des déclarations
furent présentées par le Canada, l’Argentine, l’Ouganda, l’Ethiopie,
l’UE, la Suisse, la Hongrie, le Burkina Faso, le Japon, les
Etats-Unis et le Portugal. Dans leurs interventions, les
délégués remercièrent le Président Juan MAYR et son équipe
pour leur dur labeur, ainsi que la ville de Montréal et ses
citoyens pour avoir accueilli la réunion. Plusieurs délégations
exprimèrent leurs marques d’appréciation à l’endroit des
groupes de négociation. Les déclarations se référèrent
également : au rôle du Protocole dans le développement
effectif de la biotechnologie; au soutien du renforcement des
capacités; à l’avancée marquée par le Protocole dans le
domaine du commerce et de l’environnement; et, au maintien d’un
équilibre entre les préoccupations du public, les perspectives
de l’industrie et la protection de l’environnement. Au nom d’une
majorité d’ONG, le Réseau Tiers-Monde nota que le Protocole
est le premier instrument du droit international à reconnaître
le caractère distinct des OGM et félicita les délégués d’avoir
su dépasser les lignes de démarcation Nord-Sud et Est-Ouest pour
placer l’environnement au-dessus des préoccupations
commerciales. L’oratrice exprima son impatience de travailler
avec les délégués, en particulier sur la question des
responsabilités. La Coalition Mondiale de l’Industrie déclara
que le Protocole allait permettre la protection de la
biodiversité, tout en établissant une orientation pour le
partage des avantages économiques et sociaux.
Le Président MAYR exprima toute sa gratitude à l’ensemble
des participants et ajourna la réunion à 6h du matin. Après la
Plénière, une brève réunion du CIPC se pencha sur des
questions d’organisation, sous la présidence de l’Amb.
Philémon YANG (Cameroun).
Le Préambule
contient entre autres des références : aux articles 19
(manipulation de la biotechnologie et répartition de ses
avantages), 8(g) (gestion des risques posés par les OGM) et 17 (échange
d’informations); à la Décision II/5 de la CdP de la CDB (considération
des besoins et des modalités d’un protocole pour les bonnes
conditions de transfert, manipulation et utilisation des OGM); à
l’approche de précaution; à l’expansion de la biotechnologie
et aux préoccupations grandissantes du public concernant les
effets potentiels sur la biodiversité et sur la santé humaine,
aux potentialités de la biotechnologie au service du bien-être
de l’être humain; à l'importance des centres d'origine et de
diversité génétique et aux capacités limitées d'un bon nombre
de pays à faire face aux risques associés aux OGM; ainsi que des
références aux liens entre le Protocole et d'autres accords
internationaux et à la non-discrimination.
Le groupe de contact sur les anciens Articles 31 (liens avec
d'autres accords internationaux) et 22 (non-discrimination)
contenus dans le Rapport Provisoire de la CdP-Ex, présidé par
Philémon YANG (Cameroun) aborda l'ensemble des questions ayant
trait au commerce et la question des liens entre le Protocole et
d'autres accords internationaux. Le mercredi 26 janvier, le
Président YANG invita les groupes de négociation à présenter
leurs points de vue à propos de ces articles et des propositions
figurant dans le papier officieux de MAYR. Le papier officieux
proposait de supprimer les articles en question et de refléter
leur contenu dans le Préambule, et un nouveau paragraphe dans
l'ancien Article 8 (procédures décisionnelles).
Au sujet de la non-discrimination, quelques délégués
estimèrent que la référence à la non-discrimination était
redondante, hors du champ d'action de la CDB et non applicable aux
OGM. D'autres soulignèrent l'importance du principe de
non-discrimination pour la prévention des conflits entre le
protocole et d'autres accords internationaux. Au cours de la
discussion sur ce sujet, un groupe suggéra d'enlever la clause
exemptant les Parties de leurs obligations liées aux accords
internationaux en vigueur, là où il pourrait y avoir une menace
sérieuse à la biodiversité et demanda un examen des questions
pertinentes figurant dans les Articles 24 (non-Parties), 26 (considérations
socio-économiques) et le principe de précaution tel que figurant
dans l'Article 10 (procédures décisionnelles). La plupart des
délégués arguèrent que l'ancien Article 31 était inacceptable
car il aurait assujetti le Protocole aux accords commerciaux
internationaux. Le texte du Président supprima les Articles 31 et
22 et introduisit trois nouvelles clauses préambulaires, avec des
formulations empruntées à la Convention de Rotterdam sur la
Procédure du Consentement Préalable en Connaissance de Cause.
Les résultats des discussions du groupe furent présentés à
la Plénière le mercredi et le jeudi. Le groupe de l'E.C.E. et le
groupe de compromis approuvèrent la proposition de suppression et
appuyèrent l'insertion d'un libellé dans le Préambule. Le
Groupe de Miami suggéra la suppression de l'ancien Article 22 et
indiqua qu'il se penchera sur le texte proposé par le Président.
L'UE suggéra la suppression de l'ancien Article 31 et le maintien
de l'ancien Article 22 affirmant que le papier officieux du
Président MAYR présentait la formulation la plus équilibrée du
libellé préambulaire. Le Groupe de Même Esprit nota son appui
à la suppression des deux articles et sa préférence pour le
libellé préambulaire figurant dans le papier officieux.
Le jeudi, le Président MAYR élargit le mandat du groupe de
contact sur les Articles 31 et 22 à l'examen de l'ancien Article
8.7 portant sur le principe de précaution. Après un long débat
mené sur ce sujet, le jeudi et le vendredi, les délégués
aboutirent à deux options crochetées pour chacun des éléments
suivants: soutien mutuel avec d'autres accords internationaux; et
compatibilité avec d'autres accords internationaux. Une clause
finale faisant état de l'intention de ne pas créer une
hiérarchie entre les différents accords internationaux était
également crochetée.
Le texte final résultant des consultations informelles englobe
trois nouvelles clauses préambulaires: le soutien mutuel des
accords commerciaux et environnementaux, en vue de réaliser le
développement durable; une déclaration stipulant que le
Protocole ne devait pas être interprété comme impliquant une
modification dans les droits et obligations des Parties, pris dans
le cadre des accords internationaux disponibles; et, une
déclaration explicite stipulant que la clause ci-dessus n'était
pas destinée à subordonner le Protocole à d'autres accords
internationaux.
ARTICLE 1 (Objectif): L'objectif du Protocole consiste à
contribuer à garantir un niveau adéquat de protection dans le
domaine du transfert, manipulation et utilisation des OGM produits
par la biotechnologie moderne et qui risquent d'avoir des effets
adverses sur la conservation et sur l'utilisation durable de la
biodiversité. Il se réfère à l'approche de précaution et aux
risques posés à la santé humaine et se focalise sur les
mouvements transfrontaliers.
ARTICLE 2 (Dispositions Générales): Cet Article décrit les
obligations générales incombant deux Parties signataires du
Protocole concernant la procédure de consentement préalable en
connaissance de cause et le développement, manipulation,
transport, utilisation, transfert et mise en circulation des OGM.
Il réaffirme la souveraineté des Etats sur leurs eaux
territoriales et accepte le droit des Parties à prendre des
mesures plus protectrices pour la conservation et l'utilisation
durable de la biodiversité, à condition que ces mesures soient
en harmonie avec les autres obligations relevant du droit
international; et en harmonie avec les objectifs et les
dispositions du Protocole.
Dans les discussions sur l'Article 18 (manipulation, transport,
emballage et identification), un groupe souleva ses
préoccupations concernant la condition posée aux Parties de
s'assurer que le développement, la manipulation, le transport,
l'utilisation, le transfert et la diffusion d'un quelconque OGM,
sont entrepris de manière à prévenir ou à réduire les risques
posés à la biodiversité. Après des consultations informelles
sur un certain nombre de sujets, sous la conduite de l'Amb. NOBS,
cette exigence spécifique resta inchangée.
ARTICLE 3 (Utilisation des Termes): Cet Article renferme entre
autres les définitions: de la CdP, de l'utilisation en milieu
confiné, de l'export, de l'exportateur, de l'import, de
l'importateur, de l'OGM, des organisations régionales
d'intégration économique, et du trafic transfrontalier.
ARTICLE 4 (Champ d'Action): Cet Article stipule qu'en principe
le Protocole s'applique aux mouvements transfrontaliers, au
transit et à la manipulation et utilisation de tous les OGM
susceptibles d'avoir des effets adverses sur la conservation et le
développement durable de la biodiversié, tenant compte
également des risques posés à la santé humaine. Au cours des
consultations informelles, les divergences sur le champ d'action
furent traitées dans un groupe de contact présidé par John
HERITY. A la fin des consultations informelles, HERITY fit état
d'un accord sur la simplification de l'Article 4 pour l'inclusion
de tous les OGM. Les discussions sur le champ d'action se
poursuivirent sur la base d'un texte de synthèse intégrant des
libellés tirés du Rapport Provisoire de la CdP-Ex, le papier
officieux du Président MAYR et d'une proposition avancée par
l'un des groupes de négociation au sujet des exemptions. Il y eut
accord général sur le déplacement des dispositions concernant
les produits pharmaceutiques, l'utilisation en milieu confiné et
le transit vers de nouveaux articles.
ARTICLE 5 (Produits Pharmaceutiques) [Nouvel Article]: Cet
Article stipule que le Protocole ne s'applique pas aux mouvements
transfrontaliers des OGM produits pharmaceutiques destinés aux
être humains et qui sont traités par d'autres accords ou
organisations internationaux. Les Parties sont libres d'assujettir
tous les OGM à une évaluation des risques avant la prise de
décision d'import.
Au cours des consultations informelles, le Groupe de Miami nota
que les produits pharmaceutiques, d'une manière générale,
n'avaient pas d'impact adverse sur la biodiversité. L'UE déclara
que les organes internationaux régissant les questions liées aux
produits pharmaceutiques étaient en mesure de faire face de
manière adéquate aux futurs développements. La première
journée de la CdP-Ex de reprise, le groupe de contact sur le
champ d'action délibéra du point de savoir si une référence
explicite aux exemptions compromettrait la compétence de la CdP,
en tant que réunion des Parties, à faire face aux futurs
développements (note: les références subséquentes à la CdP
connote le rôle de cette dernière en tant que réunion des
Parties, tel que spécifié dans l'Article 29). Des réserves
furent exprimées concernant les développements intervenus au
niveau des applications pharmaceutiques, tel que dans la thérapie
génique pour laquelle il n'existe aucune autre norme aux
dispositions institutionnelles. Le Groupe de Même Esprit plaida
pour l'inclusion des OGM destinés à l'utilisation pharmaceutique
et accepta le compromis dans la mesure où la décision sera
laissée à la CdP. Pour le traitement des exemptions, un texte de
synthèse fut produit, avec des listes positives et négatives des
articles devant et ne devant pas s'appliquer aux OGM destinés aux
produits pharmaceutiques à l'usage des êtres humains, ainsi que
pour les OGM en transit. Finalement, il fut décidé que les OGM
destinés aux produits pharmaceutiques à l'usage des humains
pouvaient être traités par d'autres organisations ou accords
internationaux pertinents.
ARTICLE 6 (Transit et Utilisation en Milieu Confiné) [Nouvel
Article]: Cet Article stipule que les OGM destinés au transit ou
à l'utilisation en milieu confiné, sont exclus de la procédure
du consentement préalable en connaissance de cause, sans
préjudice aux droits de la Partie de transit de réguler le
transport des OGM destinés à une utilisation en milieu confiné,
à des évaluations de risque ou aux normes nationales.
Au cours des consultations informelles, deux principales
questions ont été examinées: l'inclusion d'une notification à
l'avance et de la documentation nécessaire au transit, et la
nécessité de spécifier et d'ajuster la définition de
l'utilisation en milieu confiné. Le lundi, les consultations
informelles entre les représentants des groupes de négociation
se focalisèrent sur le transit et les charges pratiques et
logistiques de l'adhésion à la notification des pays de transit.
Après les débats poursuivis le mardi et le mercredi, il fut
décidé que la procédure du consentement préalable en
connaissance de cause ne s'appliquera pas aux OGM en transit et
aux OGM destinés à une utilisation en milieu confiné.
ARTICLE 7 (Application de la Procédure du Consentement
Préalable en Connaissance de Cause) [anciennement Article 5]: Cet
Article stipule que, objet des Articles (produits pharmaceutiques)
et 6 (transit et utilisation en milieu confiné), la procédure du
consentement préalable en connaissance de cause figurant dans les
Articles 8, 9, 10 et 12 doit s'appliquer avant les premiers
mouvements transfrontaliers des OGM destinés à une introduction
intentionnelle dans l'environnement de la Partie importatrice. Il
y est également stipulé que l'introduction intentionnelle dans
l'environnement ne se réfère pas aux O.G.M-A.N.A.T. qui sont
régies par l'Article 11 (procédure applicable aux O.G.M-A.N.A.T.).
L'Article stipule aussi que la procédure du consentement
préalable en connaissance de cause ne s'appliquera pas aux
mouvements transfrontaliers intentionnels des OGM identifiés dans
la décision de la CdP comme étant non susceptibles d'avoir des
effets adverses sur la conservation et l'utilisation durable de la
biodiversité en tenant également compte des risques posés à la
santé des êtres humains.
ARTICLE 8 (Notification) [anciennement Article 6]: Cet Article
stipule que les Parties exportatrices doivent notifier ou exiger
de l'exportateur de s'assurer de la notification écrite de
l'autorité nationale compétente de la Partie importatrice, avant
le mouvement tansfrontalier intentionnel des OGM couverts par la
procédure du consentement préalable en connaissance de cause,
figurant dans l'Article 7. La notification doit renfermer au
minimum les données spécifiées dans l'Annexe I (Informations
Requises dans la Notification).
ARTICLE 9 (Accusé de Réception de la Notification) [Anciennement
Article 7]: Cet Article stipule que la Partie importatrice doit
accuser réception de la notification par écrit dans les 90 jours
qui suivent sa réception. Le contenu de l'accusé doit comprendre
la date de réception; si oui ou non la notification renferme les
données mentionnées dans l'Article 8 (notification); et, le
point de savoir s'il fallait procéder selon le cadre de
régulation domestique de la Partie importatrice, à condition que
ces derniers soient compatibles avec le Protocole ou conformément
à l'Article 10 (procédure décisionnelle). L'Article précise
que le manquement à l'accusé de réception n'impliquera pas le
consentement aux mouvements transfrontaliers.
ARTICLE 10 (Procédure Décisionnelle) [Anciennement Article
8]: Cet Article requiert des Parties importatrices d'informer
l'émetteur de la notification, dans une période de 90 jours, que
le mouvement transfrontalier peut s'effectuer soit uniquement
après consentement écrit, soit sans consentement écrit. Les
Parties sont sollicitées de communiquer leurs décisions dans les
270 jours de la réception de la notification, à la fois à
l'émetteur de la notification et au Centre d'Echange
d'Information de Biosécurité. L'Article établit ensuite les
quatre décisions pouvant être prises par les Parties:
l'approbation, y compris la manière dont la décision
s'applique aux importations subséquentes;
l'interdiction;
la requête d'un complément d'information; ou,
l'information que le délai des 270 jours a été prorogé
d'une période de temps définie.
L'Article spécifie que le manquement d'une Partie à
communiquer sa décision dans les 270 jours prévus n'impliquera
pas le consentement. Les Parties doivent donner les raisons de
leurs décisions; à l'exception des approbations
inconditionnelles. Les procédures et mécanismes appropriés de
facilitation des prises de décision seront déterminés par la
première CdP du Protocole.
La question du principe de précaution figurant dans l'ancien
Article 8.7 fut soulevée durant le "Cadre de Vienne",
le mercredi et le jeudi, lorsque le Président MAYR demanda aux
groupes de négociation de présenter leurs commentaires sur les
propositions disponibles qu'il appréhende par rapport aux
Articles 31, 22 et aux libellés préambulaires. Le Groupe de
Miami indiqua que les références figurant dan le Préambule,
dans l'Article 1 (Objectif) et dans l'Annexe II (évaluation des
risques) étaient suffisantes et que la mise en opération
mentionnée dans l'Ancien Article 8 n'était pas nécessaire. L'UE,
le Groupe de Compromis, l'ECE et le Groupe de Même Esprit
apportèrent leur appui à la disposition figurant dans l'Ancien
Article 8.7. L'UE souligna que les décisions doivent être
basées sur des évaluations de risques scientifiques et non
arbitraires, mais que les gouvernements doivent disposer du droit
souverain de prendre les décisions nécessaires à prévenir les
préjudices irréversibles. Le Groupe de Même Esprit déclara que
faire référence au principe de précaution uniquement dans le
Préambule était inacceptable.
Les discussions sur le principe de précaution se poursuivirent
dans un groupe de contact sur la base du texte figurant dans le
Rapport Provisoire de la CdP-Ex. Un groupe déclara que la
procédure du consentement préalable en connaissance de cause
formait l'élément central du Protocole et que le principe de
précaution, en tant que partie intégrante de la procédure
décisionnelle, devait être adéquatement reflété, au niveau
des dispositions opérationnelles. Un autre groupe déclara que la
référence aux "effets adverses" n'était pas claire et
qu'il en était de même pour la base sur laquelle un pays
importateur peut s'appuyer pour interdire une importation. Une
proposition avancée par l'un des groupes de négociation et
suggérant un nouveau libellé pour l'Article fut utilisée comme
plate-forme de discussion. Le texte incluant deux sections, l'une
consacrée à l'approche de précaution concernant l'importation
des OGM, l'autre portant sur l'évaluation des actions entreprises
par la Partie importatrice, en cas de disponibilité de données
scientifiques additionnelles. Les groupes de négociation
s'accordèrent sur la suppression du libellé portant sur
l'évaluation des actions entreprises par la Partie importatrice.
Au cours de l'analyse, ligne par ligne de la disposition, le
débat porta sur deux questions: la base sur laquelle la Partie
importatrice pouvait être autorisée à interdire l'importation
d'OGM; et, les critères de solidité de la base scientifique
pouvant amener la Partie importatrice à prendre des mesures
contre l'importation des OGM. Aucun consensus ne fut réalisé et
le Président présenta un projet de texte basé sur les
discussions.
Le projet de texte suggérait deux options: la première
stipulait que les Parties importatrices pouvaient être amenées
à prendre des décisions sur l'importation d'OGM, en vue de
minimiser les éventuels effets adverses, même dans l'absence de
certitudes scientifiques; la seconde option stipulait d'une
manière générale que le manque de certitudes scientifiques
n'empêchera pas la Partie d'importation à prendre une décision.
La réunion fut ajournée et les deux options restèrent entre
crochets.
Suite aux négociations informelles du vendredi, c'est la
première option qui a prévalu: l'Article 10.6 (anciennement
Article 8.7) permet aux Parties importatrices d'invoquer
l'approche de précaution qui stipule que l'absence de certitudes
scientifiques due à des données insuffisantes quant aux effets
adverses potentiels sur la biodiversité n'empêchera pas une
Partie de prendre une décision sur l'importation d'un OGM. La
clause permet également aux Parties de prendre en considération
les risques posés à la santé humaine. La même question fut
traitée par rapport aux O.G.M-A.N.A.T. dans l'Article 11.8. Une
disposition portant sur les circonstances devant être définie
par les Parties concernées, dans lesquelles les mouvements
transfrontaliers peuvent avoir lieu sans consentement écrit, fut
supprimée suite aux négociations informelles du vendredi.
ARTICLE 11 (Procédure Applicable aux O.G.M-A.N.A.T.) [anciennement
Article 9bis dans le papier officieux du Président MAYR]:
L'Article 11 décrit la notification et le processus décisionnel
pour les OGM destinés à une utilisation directe dans
l'alimentation, la nourriture animale ou la transformation (O.G.M-A.N.A.T.),
incluant des dispositions portant entre autres sur: la
notification du centre d'échange d'information de biosécurité
concernant les O.G.M-A.N.A.T. placés sur le marché; l'exemption
des essais sur terrain pour les O.G.M-A.N.A.T.; les décisions
concernant l'importation des O.G.M-A.N.A.T. dans les cadres de
régulation domestique compatibles avec le Protocole; les pays
dépourvus de cadre de régulation domestique pour les
O.G.M-A.N.A.T.; le principe de précaution; et les besoins des
pays en développement en matière de renforcement des capacités
dans les domaines touchant aux O.G.M-A.N.A.T..
Au cours des consultations informelles, les groupes de
négociation commencèrent leurs discussions sur la base de
l'Article 9bis proposé dans le papier officieux de MAYR. Le
Groupe de Même Esprit fit part de ses réserves concernant la
possibilité de permettre un consentement implicite dans l'Article
9bis. Le Groupe de Miami nota sa satisfaction générale de la
proposition avancée dans le papier officieux qui reconnaît
l'importance du partage de l'information et de la documentation
concernant le mouvement transfrontalier des O.G.M-A.N.A.T.,
soulignant toutefois que la procédure du consentement préalable
en connaissance de cause devait être pratique et que les
processus décisionnels doivent considérer de manière plus
complète les législations domestiques. L'ECE souligna
l'impératif d'appliquer la procédure du consentement préalable
en connaissance de cause à tous les OGM et préféra avoir un
paragraphe séparé traitant des O.G.M-A.N.A.T.. L'UE déclara que
la proposition appelant dans le papier officieux à un système
alternatif était utile et, appuyée par d'autres groupes,
suggéra de déplacer la procédure alternative de manière à
suivre l'ancien Article 8. Le Groupe de Compromis nota que le
manquement à la réponse ne doit pas impliquer le consentement.
L'orateur souligna également que l'application de la procédure
du consentement devait être basée sur l'évaluation des risques
et sur le renforcement des capacités. Un groupe de contact sur le
thème des matières premières fut établi pour examiner cette
question et d'autres questions.
Le dimanche, le Président du groupe de contact, François
PYTHOUD rapporta que le nouveau libellé de l'Article 9bis
couvrait les exigences en matière d'information relatives aux
mouvements transfrontaliers des O.G.M-A.N.A.T., le calendrier et
les moyens nécessaires à la fourniture de ces informations à
l'avance. Deux paragraphes séparés furent élaborés pour
traiter des exigences en matière d'information complémentaire,
de l'assistance financière et technique et du renforcement des
capacités dans ce domaine. En résumant les procédures
décisionnelles applicables aux O.G.M-A.N.A.T., PYTHOUD nota la
compréhension du Groupe que la principale base des décisions
sera la régulation domestique, même si les points de vue
divergeaient entre les groupes quant à la procédure à suivre
dans l'absence de régulation domestique. Le Groupe de Même
Esprit affirma que les libellés concernant les régulations
domestiques et les décisions relatives aux importations
d'O.G.M-A.N.A.T. avaient encore besoin d'être discutés.
Le mardi, le Président PYTHOUD demanda aux groupes de
négociation de poursuivre leurs discussions autour du texte qu'il
a présenté sur l'Article 8bis, anciennement Article 9bis. Un
groupe suggéra de supprimer la référence à la compatibilité
avec ce Protocole parce qu'il n'y avait pas besoin de cadres de
régulation domestiques normalisés. D'autres groupes
désapprouvèrent. Dans l'effort visant à résoudre ce problème,
les suggestions suivantes furent avancées: se référera à la
compatibilité avec l'objectif du Protocole; se référer
spécifiquement aux Articles 12 (évaluation des risques) et 13 (gestion
des risques); se référer à l'utilisation de cadres domestiques
"compatibles" avec le Protocole.
Un nouveau texte combinant les dispositions fournies par le
Président et se référant aux Parties dépourvues de cadres de
régulation fut présenté aux groupes de contact. Un groupe de
pays décrivit les motivations justifiant la combinaison, à
savoir, saisir l'ensemble des concepts figurant dans les
paragraphes d'origine, tout en créant une dualité entre les
Parties qui disposent et celles qui ne disposent pas de cadres de
régulation. Quelques participants firent part de leur déception
à l'égard du nouveau texte, affirmant qu'il venait: compliquer
le processus décisionnel, créer une redondance avec d'autres
paragraphes, introduire trop de nouvelles idées et faire
régresser le débat. Concernant le libellé retenu dans le texte
du Président et stipulant que le manquement de la Partie
importatrice à communiquer sa décision n'implique pas le
consentement, certains firent part de leurs réserves, quant au
caractère jugé trop prescriptif de ce libellé, en ce sens qu'il
ne reconnaissait pas que les régulations domestiques de certains
pays pouvaient permettre le consentement implicite. Le groupe de
contact élabora un nouveau texte tenant compte de cette
préoccupation.
Le jeudi, PYTHOUD rapporta au "cadre de Vienne" qu'un
certain nombre de questions restaient à résoudre, y compris
celles concernant: la procédure décisionnelle applicable aux
pays dépourvus de cadre de réglementation domestique; le
consentement implicite; et, la référence à l'approche de
précaution. L'orateur indiqua qu'il comptait poursuivre les
consultations bilatérales et multilatérales avec les groupes de
négociation, en vue de résoudre les problèmes restants. Les
questions en suspens furent abordées au cours des consultations
informelles finales menées le jeudi et le vendredi, et furent
enfin reflétées dans l'Article 11 du texte final du Protocole.
ARTICLE 12 (Revue de la Décision) [anciennement Article 9]:
Cet Article permet à la Partie importatrice de revoir et de
modifier à tout moment sa décision concernant le mouvement
transfrontalier d'un OGM. La Partie importatrice doit baser sa
décision sur de nouvelles données scientifiques, en tenant
compte des risques posés à la santé humaine. La Partie doit
alors informer l'émetteur de la notification et le Centre
d'Echange d'Informations de Biosécurité dans un délai de 30
jours en donnant les raisons de sa décision. L'Article établit
également les conditions sous lesquelles la Partie exportatrice
ou l'émetteur de la notification peut requérir une révision
lorsqu'ils estiment qu'un changement de circonstances est
intervenu ou qu'une donnée scientifique ou technique
supplémentaire additionnelle est devenue disponible. Les Parties
importatrices sont requises de répondre aux demandes de révision
dans un délai de 90 jours. Enfin l'Article prévoit pour la
Partie importatrice d'exiger des évaluations de risques pour les
importations d'OGM subséquentes, à sa discrétion.
ARTICLE 13 (Procédure Simplifiée) [anciennement Article 10]:
Cet Article permet à la Partie importatrice de spécifier à
l'avance au Centre d'Echange d'Informations de Biosécurité, les
OGM à exempter de la procédure du consentement préalable en
connaissance de cause, ainsi que les occasions où des mouvements
transfrontaliers peuvent être effectués simultanément à la
notification, dans quels cas ces notifications peuvent s'appliquer
aux mouvements subséquents destinés à la même Partie.
ARTICLE 14 (Les Accords et Les Arrangements Bilatéraux,
Régionaux et Multilatéraux) [Anciennement Article 11]: Cet
Article établit les dispositions applicables aux Parties qui
s'engagent dans des accords et des arrangements régionaux,
bilatéraux et multilatéraux, avec des Parties ou des
Non-Parties, concernant les procédures à respecter dans les
mouvements transfrontaliers des OGM, qui doivent être compatibles
avec les objectifs du Protocole et ne pas aboutir à un degré de
protection plus faible que celui prévu par le Protocole.
L'Article requiert également la notification du Centre d'Echange
d'Informations de Biosécurité de la conclusion de tels accords
et permet à la Partie importatrice de décider que ses
régulations domestiques s'appliquent aux importations, à
condition de notifier le Centre d'Echange d'Information de
Biosécurité.
ARTICLE 15 (Evaluation des Risques) [anciennement Article 12]:
Cet Article établit les dispositions sous lesquelles
l'évaluation des risques doit être menée. Il stipule que
l'évaluation des risques doit être entreprise conformément aux
dispositions figurant dans l'Annexe II et qu'elle doit se baser au
minimum sur les données fournies, conformément à la procédure
de notification et les preuves scientifiques disponibles, en vue
d'identifier et d'évaluer les éventuels effets adverses des OGM
sur la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité,
en tenant également compte des risques posés à la santé
humaine. Le texte stipule également que l'importateur doit
s'assurer que l'évaluation des risques est menée de manière
conforme à la procédure du consentement préalable en
connaissance de cause, et que l'importateur peut exiger de
l'exportateur la conduite de l'évaluation du risque. Le texte
requiert enfin de l'émetteur de la notification d'assumer la
responsabilité financière de l'évaluation des risques.
Cet Article figurant dans le Rapport Provisoire de la CdP-Ex
fut re-visité lors de la consultation informelle menée par l'Amb.
NOBS et des amendements mineurs d'ordre linguistique y furent
apportés.
ARTICLE 16 (Gestion des Risques) [anciennement Article 13]:
Cet Article stipule que les Parties doivent mettre en place et
entretenir des mécanismes et des mesures appropriées et des
stratégies de régulation, gestion et contrôle des risques
identifiés dans les dispositions relatives à l'évaluation de
risques. Les mesures seront imposées pour la prévention des
effets adverses sur la biodiversité et les Parties peuvent exiger
des évaluations de risques avant la première mise en circulation
d'un OGM. L'Article stipule également qu'en vue de s'assurer de
la stabilité des traits géniques, chaque Partie doit s'efforcer
d'appliquer à l'OGM une période d'observation correspondant à
son cycle de vie ou précédant l'utilisation à laquelle il est
destiné. L'Article stipule enfin que les Parties se doivent de
coopérer dans l'identification des OGM ou la spécification des
traits susceptibles d'avoir des effets adverses sur la
biodiversité en tenant compte des risques posés à la santé
humaine, en vue de prendre les mesures appropriées pour le
traitement de ces OGM.
ARTICLE 17 (Mouvement Transfrontaliers Non Intentionnels et
Mesures d'Urgence) [anciennement Article 14]: Cet article
détaille les mesures que les Parties doivent prendre dans
l'éventualité de mouvements tranfrontaliers d'OGM et concernant
notamment la notification, la fourniture des données et la
consultation.
ARTICLE 18 (Manipulation, Transport, Emballage et
Identification) [anciennement Article 15]: Cet Article
établit les procédures au niveau de l'emballage et de
l'identification des OGM appelés à être transportés à travers
les frontières nationales et traitent entre autres: des mesures
permettant de s'assurer que les OGM sont manipulés, emballés et
transportés dans de bonnes conditions et conformément aux normes
internationales pertinentes et de l'existence de trois exigences
de documents de différenciation minimum pour les catégories
d'OGM.
Le lundi, le Président du groupe de contact PYTHOUD entama des
discussions conceptuelles sur la "proposition d'ensemble"
figurant dans l'Annexe II du Rapport Provisoire de la CdP-Ex. Le
sens des exigences en matière de documentation et leur importance
pour l'application du Protocole furent mis en exergue. Le débat
se focalisa sur la manière dont une documentation adéquate
permet aux Parties de réduire les dégâts, en cas d'accident et
que sans documentation, les Parties ne seront pas en mesure
d'identifier si les dispositions du Protocole sont bien
respectées. Un participant proposa de répartir les OGM en trois
parties: les OGM destinés à la mise en circulation dans
l'environnement et exigeant des conditions strictes en matière de
documentation; les OGM destinés à une utilisation en milieu
confiné qui doivent être clairement identifiés; et, les OGM
destinés à l'alimentation et à la transformation qui doivent
être indiqués comme tels. D'autres intervenants soulignèrent
que tous les OGM doivent être identifiés et que la documentation
ne doit pas s'appliquer uniquement aux premiers recouvrements
subséquents. Un groupe fit part de ses réserves au traitement
différencié réservé aux O.G.M-A.N.A.T., en termes de
documentation et souligna que les exigences en matière de
documentation doivent être pratiquées pour les acteurs
commerciaux. Un autre groupe déclara que cet Article était
étroitement lié à d'autres thèmes tels que celui des matières
premières et celui du champ d'action du Protocole, et que, compte
tenu du fait que son groupe estimait que le rapport Provisoire de
la CdP-Ex était plus équilibré et que la discussion sur cet
article ne devait pas être rouverte.
Des difficultés conceptuelles furent exprimées concernant les
calendriers à appliquer et concernant le point de savoir si les
OGM actuellement sur le marché devaient être également
assujettis aux mêmes exigences d'identification. Les participants
firent part de leurs points de vue sur le degré de certitude
auquel les Parties pouvaient prétendre quant au pourcentage d'OGM
contenus dans une cargaison donnée. Certains déclarèrent qu'il
n'existait pas de seuil concernant le pourcentage d'OGM
nécessitant une identification et que cela soulèverait des
difficultés d'ordre juridique. D'autres indiquèrent qu'il était
impossible de connaître la destination finale d'une cargaison
d'OGM ou la quantité exacte d'OGM dans une cargaison donnée et
que, par conséquent l'application des exigences d'identification
n'est pas évidente. Dans la conclusion du débat sur la
proposition d'ensemble, certains devaient faire part de leur
souhait de retenir le projet de texte de la CdP-Ex, mais d'autres
souhaitèrent explorer davantage la possibilité d'insérer un
libellé révisé sur la base de la proposition d'ensemble.
Tenant compte des discussions menées dans le groupe de
contact, PYTHOUD présenta le mercredi un projet de texte du
Président reflétant tous les principes figurant dans le Rapport
Provisoire de la CdP-Ex, laissant la place à une certaine
flexibilité dans le traitement des différentes catégories d'OGM.
Les délégués examinèrent la disposition portant sur les bonnes
conditions de manipulation, emballage et transport des OGM.
Certains groupes firent part de leurs réserves concernant le fait
que l'application des mesures de sécurité exigeait des
qualifications, au cas par cas, souhaitant les voir appliquées
uniquement "au cas échéant".
Au sujet de la documentation d'accompagnement exigée durant le
transport d'OGM, certains groupes soulignèrent que la
documentation constituait une condition minimum. Il y eut un
débat sur l'opportunité de s'assurer que la disposition couvre
non seulement les premiers mouvements d'OGM, mais également les
mouvements subséquents. Les groupes de négociation confirmèrent
l'impératif d'une documentation identifiant les O.G.M-A.N.A.T.,
mais les points de vue divergèrent quant à la manière précise
dont les O.G.M-A.N.A.T. doivent être identifiés. Un groupe
proposa de spécifier toute "identification unique" des
O.G.M-A.N.A.T.. Un autre plaida pour une identification des
O.G.M-A.N.A.T. précisant qu'ils ne sont pas "destinés à
une introduction intentionnelle dans l'environnement". Un
groupe fit part de ses difficultés avec les exigences en matière
de documentation pour les O.G.M-A.N.A.T. et demanda à placer les
propositions entre crochets. Un autre s'interrogea sur
l'opportunité et la clarté de la disposition exigeant une
déclaration attestant que le mouvement des O.G.M-A.N.A.T. est
conforme aux exigences du Protocole. Pour clarifier le point de
savoir qui doit faire la déclaration, un groupe suggéra que la
disposition s'applique uniquement aux exportateurs. La disposition
fut placée entre crochets.
Un groupe déclara que la disposition qui requiert que la
Réunion des Parties examine le besoin et les modalités
nécessaires à l'élaboration de normes applicables à
l'identification, à la manipulation, à l'emballage et au
transport, n'était pas nécessaire. Un autre groupe déclara que
la référence à la collaboration avec d'autres organes
internationaux risquait de miner la CDB et le Protocole et
suggéra l'insertion du libellé utilisé dans le Rapport
Provisoire de la CdP-Ex qui se réfère à la tenue de
consultations avec d'autres organes internationaux. Comme
suggéré par le Président, le groupe s'accorda sur le placement
entre crochets de la disposition entière avec cet amendement.
Vers la fin du débat du groupe de contact, un accord conceptuel
était quasiment réalisé et les groupes de contact s'étaient
accordés sur une approche différenciée concernant la
documentation d'accompagnement exigée pour les OGM, et, en
principe, sur l'identification des O.G.M-A.N.A.T.. Toutefois, les
exigences concernant l'identification spécifique furent laissées
en suspens. Les consultations avec les groupes de négociation
devaient se poursuivre pour la résolution des points restants.
Au cours de la Plénière de clôture, MAYR présenta le projet
de texte final du Protocole et requit son adoption après quelques
modifications apportées à l'article consacré aux exigences en
matière de documentation. Les changements stipulant que la
documentation devant accompagner les cargaisons d'O.G.M-A.N.A.T.
doivent mentionner que ces derniers "peuvent contenir"
des OGM et qu'ils ne sont pas destinés à être introduits dans
l'environnement. La CdP est instruite de prendre une décision sur
les exigences détaillées, notamment l'identification des traits
uniques, d'ici deux ans.
ARTICLE 19 (Autorités Nationales Compétentes et Points Focaux
Nationaux) [anciennement Article 16]: Cet Article requiert des
gouvernements la désignation de points focaux nationaux et
d'autorités nationales compétentes pour établir la liaison avec
le Secrétariat et accomplir les fonctions administratives
inscrites dans le cadre du Protocole.
ARTICLE 20 (L'Echange des Données et le Centre d'Echange
d'Informations de Biosécurité) [anciennement Article 17]:
Cet Article établit le Centre d'Echange d'Informations de
Biosécurité et décrit ses objectifs et le type de données qui
doivent lui être fournies. Les modalités de l'opération du
Centre d'Echange seront examinées et fixées par la CdP servant
comme réunion des Parties à sa première session, et feront
l'objet de revues périodiques.
Le groupe de contact sur le thème des matières premières se
focalisa sur le point de savoir si les Parties devaient être
requises de fournir au Centre d'Echange d'Informations les
données relatives aux mouvements transfrontaliers des
O.G.M-A.N.A.T. et aux exemptions des procédures de consentement
préalable en connaissance de cause, conformément aux Articles 4,
5 et 6. Le Président PYTHOUD commença la discussion autour de
cet Article en attirant l'attention sur les amendements proposés
dans le papier officieux du Président MAYR. Un groupe déclara
que l'éventail des exigences en matière d'informations ayant
trait aux législations nationales était plus important dans le
Rapport Provisoire de la CdP-Ex que dans la proposition figurant
dans le papier officieux. L'orateur nota qu'il n'était pas
nécessaire de limiter les données concernant les législations
nationales à la mise en application du Protocole. Un autre groupe
nota que l'amendement proposé pour les exigences en matière
d'information ayant trait aux O.G.M-A.N.A.T. dans la
réglementation domestique répétait le nouvel article proposé
dans le papier officieux du Président MAYR, consacré à la
procédure décisionnelle applicable aux O.G.M-A.N.A.T.. Les
groupes de négociation décidèrent d'ignorer les amendements
proposés dans le papier officieux et de retenir le texte figurant
dans le Rapport Provisoire de la CdP-Ex.
ARTICLE 21 (Informations Confidentielles) [anciennement Article
18]: Cet Article prévoit pour la Partie importatrice de
permettre à l'émetteur de la notification d'identifier les
données devant être traitées comme confidentielles. Il
identifie par ailleurs les données qui ne "sauraient"
être considérées confidentielles telles que celles du
descriptif général des OGM, le nom et l'adresse de l'émetteur
de la notification, le résumé de l'évaluation des risques
entreprise et les plans de la réponse d'urgence.
ARTICLE 22 (Renforcement des Capacités) [anciennement Article
19]: Cet Article stipule que les Parties doivent coopérer
dans le développement et le renforcement des ressources humaines
et des capacités institutionnelles en matière, entre autres: de
la formation dans le domaine de la gestion de la biotechnologie,
de l'évaluation et de la gestion des risques; des capacités
technologiques et institutionnelles; et, de la biotechnologie dans
la mesure où elle est requise pour la biosécurité. L'Article se
réfère aux besoins des pays en développement Paries, en
particulier les pays les moins avancés et les petits Etats
insulaires en développement, ainsi qu'aux pays en transition
économique.
ARTICLE 23 (Sensibilisation et Participation du Public) [anciennement
Article 20]: Cet Article requiert des Parties de promouvoir et
de faciliter la sensibilisation, l'éducation et la participation
du public dans la mise en application du Protocole. Il requiert la
tenue de consultations avec le public dans le processus
décisionnel et la mise à disposition des résultats tout en
respectant les données confidentielles. L'Article appelle
également chaque Partie à informer son public quant à la
manière d'accéder au Centre d'Exchange d'Informations de
Biosécurité.
ARTICLE 24 (Non-Parties) [anciennement Article 21]: Cet
Article stipule que les mouvements transfrontaliers d'OGM entre
des Parties et des Non-Parties devaient être compatibles avec
l'objectif du Protocole, et que les Parties pouvaient entrer dans
des accords et des arrangements bilatéraux, régionaux et
multilatéraux portant sur de tels mouvements transfrontaliers,
avec des non-Parties. L'Article requiert également des parties
d'encourager les non-Parties à adhérer au Protocole et à
contribuer avec les données appropriées au Centre d'Echange
d'Informations de Biosécurité. Au cours des consultations
informelles conduites par l'Amb. NOBS sur diverses questions en
suspens, les délégués débattirent de la formulation à retenir
pour les mouvements transfrontaliers entre Parties et Non-Parties.
Les consultations informelles de l'Amb. NOBS aboutirent à des
modifications linguistiques mineures.
ARTICLE 25 (Mouvements Transfrontaliers Illicites) [anciennement
Article 23]: Cet Article oblige les Parties à adopter des
mesures domestiques appropriées pour la prévention et la
pénalisation des mouvements transfrontaliers d'OGM effectués en
contravention avec les mesures domestiques prises dans le cadre de
l'application de ce Protocole. Il donne à la Partie touchée par
un mouvement transfrontalier illicite le pouvoir de requérir de
la partie d'origine de disposer des OGM à ses propres frais. Il
requiert également des Parties de mettre à la disposition du
Centre d'Echange d'Informations de Biosécurité les données
concernant les cas de mouvement transfrontalier illicite. Au cours
des consultations informelles conduites par l'Amb. NOBS, quelques
modifications d'ordre général ont été apportées à la
rédaction juridique.
ARTICLE 26 (Considérations Socio-Economiques) [anciennement
Article 24]: Cet Article permet aux Parties de prendre en
ligne de compte les considérations économiques découlant de
l'impact des OGM sur la conservation et l'utilisation durable de
la biodiversité, dans les processus décisionnels sur la question
de savoir si les importations d'OGM devaient être permises. Ces
décisions doivent être compatibles avec les obligations
internationales incombant aux Parties. L'Article encourage, par
ailleurs, les Parties à coopérer dans la recherche et dans
l'échange d'informations sur les impacts socio-économiques.
L'amendement apporté par les consultations informelles conduites
par l'Amb. NOBS englobait une référence aux mesures domestiques
devant être prises par les Parties pour l'application du
Protocole, relatives aux considérations socio-économiques.
ARTCILE 27 (Responsabilités et Redressements) [anciennement
Article 25]: Cet Article stipule que la première CdP servant
de réunion des Parties devra adopter un processus pour
l'élaboration appropriée de règles et de procédures
internationales en matière de responsabilités et de
compensations pour les préjudices découlant des mouvements
transfrontaliers d'OGM. La CdP tiendra compte de tous les
processus en cours au niveau du droit international et s'efforcera
d'achever ce processus dans un délai de quatre ans.
ARTICLE 28 (Ressources Financières et Mécanisme de
Financement) [anciennement Article 26]: Cet Article établit
le mécanisme financier de la CDB comme étant celui du Protocole
et, pour ce qui est des orientations devant être fournies au
mécanisme, fait référence aux besoins en matière de
renforcement des capacités et de ressources financières
nécessaires aux pays en développement. La CdP servant de
réunion des Parties signataires du Protocole doit fournir ses
orientations du Protocole doit fournir ses orientations à la CdP
de la CDB pour examen et transmission au mécanisme de financement.
ARTICLE 29 (Conférence des Parties servant de Réunion des
Parties) [anciennement Article 27]: Cet Article stipule que la
CdP de la CDB servira de réunion des Parties du Protocole et
qu'elle doit effectuer des revues périodiques de la mise en
œuvre du Protocole.
ARTICLE 30 (Organes Subsidiaires) [anciennement Article 28]:
Cet Article stipule que tout organe subsidiaire relevant de la CDB
peut servir le Protocole sur décision de la CdP servant de
réunion des Parties.
ARTICLE 31 (Secrétariat) [anciennement Article 29]: Cet
Article stipule que le Secrétariat de la CDB servira de
secrétariat du Protocole.
ARTICLE 32 (Liens avec la Convention) [anciennement Article
30]: Cet Article stipule que les dispositions de la CDB
s'appliqueront au Protocole sauf lorsqu'il est prévu autrement
dans le Protocole.
ARTICLE 33 (Le Suivi et l'Elaboration des Rapports) [anciennement
Article 32]: Cet Article stipule que chaque Partie doit
assurer le suivi de la mise en application du Protocole et
présenter à la CdP des rapports sur les mesures entreprises.
ARTICLE 34 (Conformité aux Obligations) [anciennement Article
33]: Cet Article stipule que la première CdP servant de
réunion des Parties du Protocole doit examiner et approuver des
procédures de coopération et des mécanismes institutionnels
pour la promotion du respect des obligations et le traitement des
cas de non-conformité aux obligations.
ARTICLE 35 (Evaluation et Revue) [anciennement Article 34]:
Cet Article stipule que la CdP servant de réunion des parties
doit procéder à l'évaluation de l'efficacité du Protocole, y
compris ses procédures et annexes, cinq ans après son entrée en
vigueur et tous les cinq ans à partir de cette date.
ARTICLE 36 (Signatures) [anciennement Article 35]: Cet
Article stipule que le Protocole sera ouvert à la signature des
Etats et des organisations régionales d'intégration économique,
du 15 au 26 mai 2000 à Nairobi et du 5 juin 2000 au 4 juin 2001
au siège des Nations Unies à New York.
ARTICLE 37 (Entrée en Vigueur) [anciennement Article 36]:
Cet Article stipule que le Protocole entrera en vigueur au
quatre-vingt-dixième jour suivant la date du dépôt du
cinquantième instrument de ratification, d'acceptation,
d'approbation, d'accession par les Etats ou les organisations
d'intégration économique régionales qui sont Parties
signataires de la Convention.
ARTICLE 38 (Réserves) [anciennement Article 37]: Cet
Article stipule qu'aucune réserve ne peut être faite au
Protocole.
ARTICLE 39 (Retraits) [anciennement Article 38]: Cet
Article stipule qu'une Partie peut se retirer du Protocole, deux
ans après la date de l'entrée en vigueur du Protocole pour cette
même Partie.
ARTICLE 40 (Textes Originaux) [Anciennement Article 39]:
Cet Article stipule que le texte original du Protocole sera
déposé chez le Secrétaire Général des Nations Unies.
ANNEXE I (Les Données Requises dans les Notifications en vertu
des Articles 8, 10 et 13): Cette Annexe dresse la liste des
données de biosécurité requises dans les notifications, et
notamment:
les coordonnées de l'importateur et de l'exportateur;
le nom et l'identité des OGM;
la date prévue du mouvement transfrontalier;
les données taxinomiques requises;
les données concernant les centres d'origine et de diversité
génétique de l'organisation récipiendaire et/ou des organismes
parentaux;
le descriptif de l'acide nucléique ou de la modification
introduite de la technique utilisée et des nouvelles
caractéristiques des OGM;
l'utilisation à laquelle sont destinés l'OGM ou les produits
dérivés;
la quantité ou le volume des OGM;
les rapports d'évaluation des risques précédents et actuels;
les méthodes proposées pour les bonnes conditions de la
manipulation, entreposage, transport et utilisation;
le statut réglementaire prévu pour l'OGM dans le pays
exportateur;
le résultat et l'objectif de la notification fournie par
l'exportateur aux autres pays concernant les OGM devant être
transférés; et,
une déclaration attestant que l'information ci-dessus
mentionnée est exacte.
Le groupe de contact sur le thème des matières premières
s'appuya dans sa discussion sur la nouvelle proposition de texte (Annexe
IB) figurant dans le papier officieux du Président MAYR. Les
délégués s'accordèrent sur le fait que plusieurs éléments
nouveaux doivent être ajoutés à la liste, notamment: un
descriptif de l'acide nucléique des OGM, l'identification unique
des OGM et les méthodes suggérées pour les bonnes conditions de
manipulation, d'entreposage, de transport et d'utilisation, y
compris l'étiquetage et la documentation. Plusieurs éléments
tirés de l'Annexe I du Rapport Provisoire de la CdP-Ex furent
également retenus.
ANNEXE II (Evaluation des Risques): Cette Annexe englobe
des détails plus spécifiques relatifs à l'évaluation des
risques dont: l'objectif, l'utilisation, les principes généraux,
la méthodologie et les points à considérer (l'organisme
récipiendaire ou parental, l'organisme donneur, le vecteur,
l'insertion et/ou les caractéristiques de la modification, l'OGM,
la détection et l'identification, les données concernant
l'utilisation prévue et l'environnement réceptacle).
ANNEXE III (L'Information Requise pour les O.G.M-A.N.A.T., en
vertu de l'Article 11): Cette Annexe fut ajoutée. Elle
englobe la liste des données requises pour les O.G.M-A.N.A.T.
dans le cadre de l'Article 1, et notamment:
les coordonnées du demandeur de la décision;
les coordonnées de l'autorité responsable de la décision;
le nom et l'identité de l'OGM;
un descriptif de la modification du gène, de la technique
utilisée et des nouvelles caractéristiques de l'OGM;
les traits uniques;
les données taxinomiques des organismes récipiendaires et
donneurs;
les données concernant les centres d'origine et la diversité
génétique de l'organisme récipiendaire et/ou des organismes
parentaux;
les utilisations agréées des OGM;
un rapport d'évaluation des risques conforme à l'Annexe II;
et,
les méthodes suggérées pour les bonnes conditions de
manipulation, entreposage, transport et utilisation.