Les délégués près de la session de reprise de la première
Réunion Extraordinaire de la Conférence des Parties (CdP-Ex)
pour l'Adoption du Protocole de Biosécurité relevant de la CBD,
se sont réunis le matin dans le "cadre de Vienne" pour
entendre lecture des rapports des groupes de contact sur les
thèmes des matières premières et des questions ayant trait au
commerce international. Le groupe de contact sur les matières
premières s'est réuni le matin puis s'est joint au groupe de
contact sur le thème du champ d'application du Protocole durant
les séances de l'après-midi et de la soirée. Le groupe de
contact chargé de l'examen des Articles 31 (Liens avec d'autres
accords internationaux) et 22 (Non-discrimination) s'est réuni
tout au long de la journée. Le "cadre de Vienne" a
été convoqué à 23h20 pour entendre lecture des rapports des
groupes de contact et procéder à un tour de points de vue sur la
question du principe de précaution.
LE CADRE DE VIENNE
Au démarrage de la réunion du "cadre de Vienne," le
matin, Mayr requit les rapports d'avancement des groupes de
contact. François Pythoud (Suisse), Président du groupe de
contact sur le thème des matières premières, présenta un texte
portant sur la procédure décisionnelle devant être appliquée
pour les OVM-PT, affirmant que le groupe n'était plus loin de
parvenir à un accord. Le texte couvre: la fourniture des données
concernant les décisions en matière d'OVM-PT; les exigences
juridiques concernant l'exactitude de l'information fournie; les
requêtes de complément d'information; le soutien financier et
technique aux prises de décisions; et les procédures
décisionnelles assujetties aux cadres des régulations
domestiques. L'orateur nota le libellé crocheté portant sur les
procédures décisionnelles applicables pour les pays dépourvus
de cadres de régulation nationaux et indiqua qu'il y avait encore
une divergence des points de vue concernant la référence à la
nécessité de leur "compatibilité" au protocole.
L'attention fut également attirée sur le paragraphe consacré au
principe de précaution, qui attend la discussion de l'Article 8 (Procédure
décisionnelle). Le groupe a également abordé brièvement
l'Annexe 1B (Information requise dans le cadre de la
notification).
Le Président du groupe de contact chargé de l'examen des
Articles 31 et 22, l'Ambassadeur Philémon Yang (Cameroun), nota
que, s'agissant de l'Article 31, un certain nombre de groupes ont
apporté leur appui à la proposition figurant dans le préambule
du papier officieux du Président Mayr, en dépit de la suggestion
avancée pour la suppression du libellé appelant à ce que
protocole soit doté d'un statut équivalent à celui des autres
accords internationaux. Un groupe plaida pour le maintien de
l'Article 31existant.
Le Président du groupe de contact sur le thème du champ
d'application, John Herity (Canada), rapporta que les
consultations informelles n'avaient pas encore repris et proposa
de les poursuivre.
Mayr devait ensuite requérir la reprise des réunions des
groupes de contact sur les thèmes des matières premières et des
questions ayant trait au commerce international. Il indiqua par
ailleurs qu'après la suite des consultations informelles, les
groupes chargés de l'examen des thèmes des matières premières
et du champ d'application du Protocole seront fusionnés. Il
requit la présentation d'un texte final à la séance nocturne du
"cadre de Vienne." Le Groupe de Miami s'enquit du
calendrier et de la manière dont les autres thèmes, tels que
l'Article 8.7, relatif au principe de précaution, seront abordés.
Le Groupe de Même Esprit souhaita voir les groupes de contact se
concentrer uniquement sur leurs mandats d'origine. Le Groupe de
Compromis et l'UE apportèrent leur soutien à la proposition de
Mayr de poursuivre les discussions. Mayr indiqua que les points en
rapport peuvent être examinés par les Présidents des groupes de
contact, une fois les questions principales résolues.
LE GROUPE DE CONTACT SUR LES MATIERES PREMIERES: Le Président
Pythoud présenta son texte du Président sur l'Article 15 (Manutention,
Transport, Emballage et Identification). Il déclara que son texte
reflétait tous les principes figurant dans celui de Carthagène,
mais qu'il prévoyait une certaine flexibilité dans le traitement
des différentes catégories d'OVM. Les délégués abordèrent la
disposition consacrée aux conditions de sécurité des OVM lors
de leur manipulation, emballage et transport. Certains groupes
firent part de leurs réserves concernant le fait que
l'application des mesures de sécurité exige une qualification au
cas par cas et que ces mesures doivent s'appliquer "tel
qu'approprié." D'autres désapprouvèrent ces réserves.
Compte tenu du non-aboutissement des discussions sur la question
du champ d'application, le groupe se retrouva face à certaines
difficultés dans la disposition présentant une approche
différenciée concernant la fourniture des documents
d'accompagnement pour : les OVM destinés à être introduits dans
l'environnement; à une utilisation en milieu confiné; ou à
être utilisé dans l'alimentation, le fourrage eu la
transformation.
Au sujet de la documentation d'accompagnement dans le transport
des OVM, quelques groupes soulignèrent que la documentation
constituait une exigence minimale. Il y eut un débat sur la
nécessité de s'assurer que la disposition devra couvrir non
seulement le premier mouvement, mais également tous les
mouvements subséquents d'OVM. Les groupes de négociation
confirmèrent l'impératif d'avoir une documentation identifiant
les OVM-PT, mais exprimèrent des points de vue divergents quant
à la manière dont les OVM-PT doivent être identifiés. Un
groupe proposa que "toute identification unique", outre
"l'identité" des OVM-PT, soit spécifiée. Un autre
groupe apporta son appui à l'identification des OVM-PT "comme
non destinés à une introduction intentionnelle dans
l'environnement." Un autre groupe encore fit état de ses
difficultés avec les exigences imposées en matière de
documentation pour les OVM-PT et requit le placement des
propositions entre crochets.
Un groupe remit en question le bien fondé et la clarté de la
clause exigeant une déclaration attestant que le mouvement des
OVM-PT est conforme aux conditions du Protocole. Pour clarifier le
point de savoir qui doit faire cette déclaration, un groupe
suggéra d'appliquer la clause aux exportateurs. La clause fut
crochetée. Un groupe déclara que la disposition exigeant de la
Réunion des Parties, l'examen des besoins et des modalités de
l'élaboration de normes en matière d'identification, de
manutention, d'emballage et de transport, n'était pas nécessaire.
Un représentant affirma que la référence à la collaboration
avec d'autres organes internationaux risquait de déstabiliser la
CDB et le protocole et suggéra l'insertion du libellé se
référant plutôt à la tenue de consultations avec d'autres
organes internationaux, figurant dans le projet de texte de
Carthagène. Comme suggéré par le Président, le groupe
s'accorda sur le placement de la clause entière, avec cet
amendement, entre crochets.
LE GROUPE DE CONTACT SUR LES MATIERES PREMIERES ET LE CHAMP
D'APPLICATION: Le Coprésident Pythoud ouvrit la première session
du groupe de contact fusionné sur les thèmes des matières
premières et du champ d'application du protocole. En présentant
la Synthèse du Président du Groupe de Contact sur le Champ
d'Application, le Coprésident Herity nota le résumé traitait de
diverses catégories d'OVM dans le contexte du champ d'application
du protocole: Les OVM susceptibles d'avoir un effet adverse sur la
biodiversité; les OVM qui sont des produits pharmaceutiques à
l'usage des humains; les OVM en transit; et les OVM destinés à
une utilisation en milieu confiné. Dans la clause traitant du
point de savoir quels sont les articles qui doivent s'appliquer
aux OVM en transit, le Coprésident Pythoud invita les
participants à présenter leurs commentaires sur les deux options
retenues dans la synthèse. La première option, la "liste
positive," stipule que seuls les articles 2, 14 et 15 doivent
s'appliquer; tandis que la seconde option, la "liste
négative," stipule que les Articles 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11,
12, 13, 16, 18, 20, 22, 23, 24, 27, 28, 29, 30, 31 et 34 ne
doivent pas s'appliquer. La discussion aboutit à une décision
consensuelle en faveur de la liste positive. Les participants
entamèrent la revue des articles applicables à la liste
positive, mais aucun accord ne put être réalisé.
Après une longue pause, on présenta au groupe de contact un
texte élaboré sur la base des consultations informelles.
Concernant la clause exemptant le mouvement transfrontières des
produits pharmaceutiques destinés aux humains, les groupes
suggérèrent de qualifier cette exemption en ajoutant des
références précisant que ces OVM sont couverts par d'autres
accords internationaux et organisations internationales ou qu'ils
ne seront pas introduit intentionnellement dans l'environnement.
Ces dispositions furent maintenues entre crochets. Les groupes
réagirent également au texte officieux portant sur l'inclusion
du transit et de l'utilisation en milieu confiné dans le champ
d'application du protocole, où il est stipulé que les
procédures d'accord éclairé préalable ne s'appliquent pas à
ces deux catégories d'OVM. Ils notèrent que cela constituait une
nette amélioration par rapport aux listes positive et négative
des articles applicables, débattues précédemment, en se
réservant toutefois le droit de discuter de l'étendue des
exemptions, de manière plus approfondie.
LE GROUPE DE CONTACT SUR LES ARTICLES 31 ET 22: Le Président
Yang invita les groupes de négociation à présenter leurs points
de vue sur l'Article 22. Certains estimèrent que la référence
à la non-discrimination redondante mais notèrent une certaine
flexibilité pour discuter la proposition figurant dans le papier
officieux du Président Mayr. Un groupe affirma que l'Article 22
allait à l'encontre des termes de référence approuvés lors de
la CdP-2 et qu'il débordait le champ d'application de la CDB. Un
autre groupe remit en question l'emplacement et la portée de la
clause figurant dans le papier officieux assurant que les Parties
refusant l'accès aux importations élargissent cette interdiction
à toutes les sources, à la fois nationales et internationales.
Certain soulignèrent l'importance des principes de
non-discrimination pour prévenir les conflits entre le protocole
et d'autres instruments internationaux. Un autre groupe
désapprouva, précisant que le protocole ne renfermait pas
plusieurs autres règles commerciales également fondamentales et
que la non-discrimination est difficile à utiliser dans la
r�solution des conflits entre les instruments internationaux.
Faisant �tat de certaines ambigu�t�s dans la diff�rence entre
OVM et produits non modifi�s, un autre groupe affirma qu'il
�tait difficile d'appliquer les r�gles con�ues pour ces
produits aux OVM.
Au cours de l'apr�s-midi, le Pr�sident Yang demanda aux
participants de pr�senter leurs commentaires sur le libell�
introductif ayant remplac� l'Article 31 sur les liens du
protocole avec d'autres accords internationaux, propos� dans le
papier officieux du Pr�sident Mayr. Un groupe nota
l'inconsistance terminologique entre "accords internationaux
ayant trait au d�veloppement durable" et "accords
commerciaux et environnementaux." Certains groupes firent
objection � la clause appelant pour le protocole � un statut
�quivalent � celui des autres accords internationaux. Un autre
groupe demanda l'examen des questions pertinentes pos�es dans le
cadre des Articles 21, 24 et 8.7 avant la r�daction du texte. Les
d�l�gu�s devaient se focaliser �galement sur l'Article 31 et
sugg�rer la suppression de la clause faisant exception aux
obligations des Parties vis-�-vis des accords internationaux
existants lorsqu'il y a menace s�rieuse � la biodiversit�.
Quelques d�l�gu�s argu�rent que l'Article 31 �tait
inacceptable, du fait qu'il subordonne le protocole aux accords
commerciaux internationaux.
Apr�s une pause, le Pr�sident Yang distribua un projet de
proposition o� les Articles 31 et 22 ont �t� supprim�s et
trois clauses introductives, ajout�es, avec un libell� tir� de
la Convention sur la Proc�dure du Consentement Pr�alable en
Connaissance de Cause (PIC). Un groupe nota que l'utilisation d'un
libell� tir� de la Convention sur le PIC n'�tait pas
appropri�e, car le commerce international des substances
dangereuses est un contexte compl�tement diff�rent de la
bios�curit�. Deux groupes d�clar�rent que le libell�
stipulant que rien dans le protocole n'impliquera un quelconque
changement quant aux obligations contract�es dans le cadre des
accords internationaux en vigueur, �tait trop fort. Un groupe
d�clara que le format introductif �tat acceptable, mais
plusieurs autres soulign�rent la n�cessit� de r�fl�chir
d'avantage sur la forme et le fond.
LE CADRE DE VIENNE
Mayr souhaita la bienvenue aux ministres et demanda aux groupes
de contact de pr�senter leurs rapports.
Le Copr�sident Pythoud parla des progr�s r�alis�s par le
groupe charg� des th�mes des mati�res premi�res et du champ
d'application du protocole, au niveau de l'Article 15, notant que
le nouveau texte renfermait quelques crochets, qu'il esp�ra
pouvoir �ter sans trop de difficult�s. Le Copr�sident Herity
d�clara que la discussion lui a donn� confiance et que les
crochets dans l'Article 4 et dans celui consacr� aux produits
pharmaceutiques destin�s aux humains ne devraient pas constituer
des probl�mes majeurs. Au sujet du nouvel article portant sur les
OVM en transit et ceux destin�s � une utilisation en milieu
confin�, le Copr�sident Pythoud nota le large �ventail
d'options discut�es et affirma que les probl�mes qui restent
seront vite r�solus.
Le Pr�sident Yang pr�senta les r�sultats des discussions de
la journ�e sur les Articles 31 et 22. Il passa en revue un projet
de texte du Pr�sident dans lequel deux articles ont �t�
supprim�s et un libell� introductif, propos�, et qui n�cessite
une discussion plus approfondie. Il fit �tat de requ�tes
appelant � traiter les questions ayant trait au commerce
international, qu'il d�clara ne pas pouvoir y r�pondre compte
tenu du mandat assign� au groupe.
Dans la pr�sentation de leurs commentaires, les groupes de
n�gociation firent part de leur satisfaction g�n�rale quant aux
r�sultats r�alis�s par le groupe de contact sur les mati�res
premi�res. Concernant les Articles 31 et 22, l'ECE et le Groupe
de Compromis approuv�rent la proposition de leur suppression et
apport�rent leur soutien au libell� introductif. Le Groupe de
Miami sugg�ra la suppression de l'Article 22 et indiqua que ses
membres acceptaient de consid�rer la proposition de texte du
Pr�sident. L'UE sugg�ra de supprimer l'Article 31 et de retenir
l'Article 22.
Le Pr�sident Mayr requit ensuite un tour de pr�sentation des
oints de vue sur le principe de pr�caution. Plusieurs groupes
soulign�rent que le protocole, de part sa nature m�me, incarnait
le principe de pr�caution. Le Groupe de Miami indiqua que les
r�f�rences figurant dans le pr�ambule et dans l'Article 1 (Objectif)
�taient suffisantes et qu'aucune op�ration n'�tait n�cessaire
dans l'Article 8. L'UE mit en exergue le besoin d'un principe de
pr�caution op�rable, tel que celui figurant dans l'Article 8. Le
Groupe de Compromis nota la n�cessit� d'une pr�cision et d'une
interconnexion entre les Articles 8, 31 et 22. Le Groupe de M�me
Esprit appuya la clause disponible dans Article 8. L'ECE souligna
le besoin de consid�rer le niveau minimum de pr�caution
n�cessaire � une mise en application efficace.
Le Pr�sident Mayr indiqua que les groupes de contact sur les
Articles 31 et 22, et sur les mati�res premi�res et le champ
d'application du protocole doivent se r�unir pour pr�senter
leurs textes au "cadre de Vienne" jeudi matin.
DANS LES COULOIRS
Au moment o� des progr�s sont r�alis�s dans les domaines du
champ d'application et des mati�res premi�res, les d�l�gu�s
continuent � s'efforcer de r�soudre le N�ud Gordien des n�gociations
de l'ensemble des questions ayant trait au commerce international
dont les implications touchent � de nombreux aspects
interconnect�s, contraints comme ils sont, par les limites de
leur mandat. Avec la focalisation du d�bat sur les liens du
protocole avec l'OMC, les couloirs connaissent une certaine
effervescence autour de la question de savoir ce que pourrait
impliquer un march� sur les clauses de sauvegarde, le principe de
pr�caution et le champ d'application. Une question reste pos�e:
qui sera en mesure de trancher le n�ud?