PREMIERE REUNION EXTRAORDINAIRE DE LA CONFERENCE
DES PARTIES POUR L'ADOPTION DU PROTOCOLE DE BIOSECURITE DE LA CDB
(session DE REPRISE)
24-28 JANVIER 2000
A la CdP-2 (Jakarta, 1995),
les délégués ont examiné le besoin et les modalités d'un
protocole sur la biosécurité, tel que mentionné dans l'Article
19.3 de la CDB. La CdP devait alors adopter la Décision II/5
appelant à "un processus de négociation visant à élaborer,
dans le domaine de la sécurité du transfert, de la manutention
et de l'utilisation des organismes vivants modifiés, un protocole
sur la biosécurité, axé spécifiquement sur les mouvements
transfrontières des OVM susceptibles d'avoir des effets néfastes
sur la diversité biologique." La CdP-2 établit le Groupe de
Travail Spécial, de Composition Non Limitée, sur la
Biosécurité, lequel devait se réunir à six reprises, entre
1996 et 1999.
La CdP-Ex: La Première CdP-Ex se réunit les 22 et 23 février
1999 à Carthagène, immédiatement après la réunion finale du
Groupe de Travail Spécial. En dépit d'intenses négociations,
les délégués ne parvinrent pas à s'accorder sur un protocole.
La CdP-Ex suspendit sa réunion après avoir émis la décision de
donner au protocole, le nom de Protocole de Carthagène sur la
Biosécurité. Le projet de texte du protocole établi dans le
rapport provisoire de la CdP-Ex (UNEP/ CBD/ ExCOP/1/L.2/Rev.1)
devait être transmis à la CdP-Ex de reprise, pour la poursuite
des négociations.
LES CONSULTATIONS INFORMELLES: Trois ensembles de consultations
informelles ont été tenus depuis la suspension de la CdP-Ex.
Montréal (1 juillet 1999): Le Président de la CdP-Ex, Mayr,
se réunit avec les porte-parole des principaux groupes de
négociation qui avaient émergé à Carthagène: le Groupe des
pays d'Europe Centrale et de l'Est (ECE), le Groupe de Compromis (Japon,
Mexique, Norvège, Corée du Sud et Suisse), Le Groupe de Même
Esprit (la majorité des pays en développement) et le Groupe de
Miami (Argentine, Australie, Canada, Chili, Etats-Unis et
Uruguay). Au cours de la réunion, les groupes firent part de leur
volonté politique de finaliser les négociations et
s'accordèrent sur la tenue de nouvelles consultations avant la
reprise des travaux de la CdP-Ex.
Vienne (15-19 septembre 1999): Après trois journées de
réunions informelles avec les groupes de négociation, Mayr
présida deux journées de discussions de table ronde consacrées
aux thèmes du champ d'action du protocole, de l'application de la
procédure de l'Accord Eclairé Préalable (AIA), des matières
premières et des liens avec les autres accords internationaux.
Les groupes de négociation parvinrent à un accord sur un
ensemble basique de concepts au sujet des deux derniers thèmes,
reconnaissant toutefois que quelques différents restaient à
résoudre. Les résultats furent transmis, en tant que Résumé du
Président (UNEP/CBD/ExCOP/1/INF/3), à la CdP-Ex de reprise.
Montréal (20-23 janvier 2000): Les deux premières journées
de la consultation informelles furent consacrées à des débats
au sein des groupes de négociation. Le 22 janvier, le Président
Mayr ouvrit les discussions informelles entre les principaux
groupes de négociation en utilisant le cadre de la table ronde
établi à Vienne ("le cadre de Vienne"). Mayr s'appuya
sur son papier officieux, lequel proposait un texte intégrant les
discussions de Vienne sur les Articles 4 (Champs d'action), 5
(Application de l'AIA) par rapport aux matières premières, et 31
(liens avec les autres Accords Internationaux).
Après lecture des remarques d'ouverture dans lesquelles les
groupes devaient réitérer leur volonté politique de conclure le
protocole, le Président Mayr invita les délégués à présenter
leurs commentaires au sujet du papier officieux. Concernant le
champ d'action, l'UE et le Groupe de Compromis appuyèrent le
libellé existant de l'Article 4. Le Groupe de Même Esprit appela
à un champ d'action plus englobant et signala que les Articles 4
and 5 devaient être conçus de manière assez flexible permettant
l'intégration des développements futurs. L'UE indiqua que le
libellé proposé concernant le thème de l'élaboration d'une
procédure alternative de l'AIA pour les OVM entrant dans la
composition des aliments et des processus de transformation (OVM-PT),
constituait une bonne plate-forme pour la poursuite des débats.
Le Groupe de Miami souligna la nécessité de clarifier davantage
un tel système et le Groupe de Même Esprit déclara qu'il devait
être aussi robuste que celui disponible. Le Groupe de l'ECE nota
que les consultations de Vienne ont donné lieu à quelques
avancées pour l'intégration des OVM-PT.
Au sujet des liens avec d'autres accords et de la non
discrimination entre les producteurs OVM nationaux et
internationaux, l'UE apporta son appui aux concepts de "soutien
mutuel" et de "non subordination", et appela à
l'insertion d'un libellé introductif dans l'Article 31. Le
représentant souligna également l'utilité de détailler la
non-discrimination. Le Groupe de Miami affirma qu'il était plus
approprié que la discussion détaillée de la non-discrimination,
en tant que concept commercial, soit menée dans d'autres fora. Le
Groupe de Compromis appuya l'idée d'insérer un libellé
introductif incluant les notions de "statut égal" et de
"soutien mutuel," tout en notant la nécessité
d'accommoder l'Article 22 (non-discrimination). Le Groupe de Même
Esprit devait, lui aussi, mettre en relief l'idée de soutien
mutuel, soulignant la nécessité d'accommoder les objectifs de
développement durable.
Après le débat des groupes de négociation, Mayr proposa que
les consultations procèdent à un assemblage des thèmes en trois
groupes: les matières premières, incluant les Articles 5, 9 bis
(nouvel article dans le papier officieux sur la procédure
alternative de l'AIA pour les OVM-PT), 15 (Manutention, Transport,
Emballage et Identification), 17 (Echange de Données et Centre
d'Information sur la Biosécurité) et l'Annexe 1B (nouvelle
section dans le papier officieux sur les exigences en matière
d'information); le Champ d'action, couvrant l'Article 4; et les
liens du protocole avec d'autres accords internationaux, incluant
les Articles 2.4 (concernant le droit des Parties à prendre des
mesures plus protectrices que celles figurant dans le protocole),
8.7 (concernant le principe de précaution), 22, 24 (Les
Considérations Socio-économiques) et 31. Au sujet du troisième
ensemble, l'UE appuya la formulation, mais indiqua que la
discussion de différentes autres questions ne devait pas être
rouverte. Le Groupe de Même Esprit requit la suppression des
Articles 2.4, 8.7 et 24. Le Groupe de Miami plaida pour leur
maintien. La décision reste à prendre.
Les groupes de négociation présentèrent leurs premiers
commentaires sur les ensembles matières premières et champ
d'action, qui furent ensuite examiné par les groupes de contact
le dimanche 23 janvier. La table ronde de Vienne se réunit
brièvement dimanche après-midi et dimanche soir pour entendre
les rapports des groupes de contact.
Les Matières Premières: Les groupes entamèrent les
débats sur le thème des matières premières en se basant sur le
projet de texte du protocole et sur le papier officieux. Le Groupe
de Même Esprit souligna l'importance de l'application de la
procédure AIA à tous les OVM, y compris aux OVM-PT, avec des
exemptions limitées, telles que pour les produits pharmaceutiques
à l'usage des être humains. Au sujet de l'Article 9 bis
et de l'Annexe 1B, le porte-parole indiqua que davantage
d'exigences en matière de données étaient nécessaires pour
l'information des pays importateurs. L'orateur appela par ailleurs
à l'inclusion du transit dans la procédure de l'AIA et fit part
de ses réserves concernant la possibilité de consentement
implicite dans l'Article 9 bis. Il nota que le Groupe de
Même Esprit était en train d'élaborer un texte sur la question
des matières premières. Le Groupe de Miami exprima sa
satisfaction générale quant à la proposition du papier
officieux sur ce sujet. Le porte-parole reconnut l'importance de
l'échange d'informations et de la documentation concernant le
trafic transfrontalier des OVM, soulignant toutefois que la
procédure de l'AIA doit être pratique et que la les processus
décisionnels doivent prendre en plus pleinement en considération
les législations nationales. Le représentant du Groupe de l'ECE
souligna le besoin d'appliquer l'AIA à tous les OVM et souhaita
avoir un paragraphe séparé traitant des OVM-PT. L'UE déclara
que la proposition présentée dans le papier officieux concernant
le système alternatif, était utile, et, appuyée par d'autres
groupes, suggéra de placer la procédure alternative de l'AIA
après l'Article 8 (Processus décisionnel). Le Groupe de
Compromis nota que la non réponse ne doit pas impliquer le
consentement. L'orateur souligna également que l'application de
l'AIA doit être basée sur l'évaluation des risques et sur le
renforcement des capacités. Un groupe de contact fut établi pour
l'élaboration d'un libellé informel sur des procédures AIA
différentiées pour les matières premières.
Dimanche, le Président du groupe de contact, Francois Pythoud
(Suisse) présenta un rapport sur les progrès réalisés par le
groupe. Le nouveau libellé de l'Article 9 bis couvre les
exigences en matière d'information concernant le trafic
transfrontalier d'OVM-PT ainsi que le calendrier et la manière de
fournir ces données à l'avance. Sur la base de l'Annexe 1B du
papier officieux, plusieurs nouveaux éléments furent ajoutés à
la liste: identification unique des OVM et suggestion de méthodes
pour les bonnes conditions de manutention, d'entreposage et de
transport. Deux paragraphes s�par�s furent �labor�s pour
traiter
des exigences en mati�re de compl�ment d'information,
d'assistance financi�re et technique et de renforcement des
capacit�s dans ce domaine. En r�sumant les proc�dures
d�cisionnelles concernant les OVM-PT, Pythoud nota que le groupe
entendait bien que la r�glementation int�rieure doive constituer
la plate-forme principale des d�cisions, nonobstant le fait que
les groupes avaient des vues divergentes sur la proc�dure �
suivre en l'absence de r�gulations domestiques. Au cours de la
s�ance nocturne de la table ronde, le Groupe de M�me Esprit
d�clara que le libell� concernant les r�gulations domestiques
et les d�cisions applicables aux importations d'OVM-PT restait
encore � discuter. Le groupe de contact n'a pas encore examin�
les Articles 15 et 17 comme requis.
Le Champ d'action: Au sujet du champ d'action, l'UE, le
Groupe de Miami et le Groupe de Compromis appuy�rent la
formulation de Article 4 telle que figurant dans le projet de
texte disponible. Le Groupe de M�me Esprit remit en question
l'inclusion des exceptions (e.g., les OVM en transit,
l'utilisation confin�e et les produits pharmaceutiques destin�s
aux humains) dans l'Article 4, arguant que le champ d'action
devait s'�tendre � tous les OVM. L'oratrice nota que les
exemptions pouvaient �tre list�es dans d'autres articles, tels
que l'Article 5. Le porte-parole du Groupe de l'ECE souligna que
le champ d'action avait pour objet les bonnes conditions de la
manutention, de l'utilisation et du transfert, et r�affirma le
libell� limitant le champ d'action aux OVM susceptibles d'avoir
un effet n�faste sur la biodiversit�. Le Groupe de Miami appela
� la distinction entre les divergences de fond et les questions
touchant � la r�daction juridique. Le Groupe de Miami d�clara
que les produits pharmaceutiques pouvaient ne pas constituer de
mani�re g�n�rale des OVM ayant des effets n�fastes sur la
biodiversit�. L'UE nota que les organes internationaux charg�s
des produits pharmaceutiques pouvaient traiter ad�quatement des
futurs d�veloppements. Un groupe de contact restreint fut
convoqu� pour traiter de la nature des exceptions et pour
�laborer un projet de texte sur le champ d'action.
Dimanche toujours, le pr�sident du groupe de contact sur le
th�me du champ d'action, John Herity (Canada), pr�senta aux
d�l�gu�s une mise � jour sur les progr�s r�alis�s par le
groupe. Le groupe a simplifi� l'Article 4 de mani�re � y
englober tous les OVM mais le champ d'action est repris dans
d'autres articles. Le transit est plac� entre crochets. Un nouvel
article a �t� introduit pour l'exemption des produits
pharmaceutiques destin�s aux humains, sans pr�judice aux droits
des Parties d'assujettir tous les OVM � une �valuation des
risques avant la d�cision. Le groupe a, par ailleurs, examin�
une disposition appelant � l'exclusion des mouvements
transfrontaliers susceptibles de ne pas avoir d'impact adverse sur
la biodiversit�, lesquels pouvaient �tre list�s dans une annexe.
Enfin, le groupe a examin� un nouvel article sur la mani�re dont
le champ d'action s'appliquera au transit et � l'utilisation dans
un espace confin�. Herity nota deux questions contentieuses
concernant l'inclusion d'une notification pr�alable et la
documentation n�cessaires au transit et la requ�te d'ajuster la
d�finition de l'utilisation confin�e. Apr�s les commentaires de
cl�ture des diff�rents groupes, le Pr�sident Mayr cl�tura la
session informelle.
DANS LES COULOIRS
Dans le sillage des r�cents remous qui ont marqu� la R�union
Minist�rielle de l'OMC � Seattle, les d�l�gu�s furent mis en
garde au sujet des manifestations pr�vue samedi � l'ext�rieur
du centre des conf�rences. Tandis que l'hiver de Montr�al sembla
immobiliser les manifestants, les d�l�gu�s, rest�s au chaud
dans le Delta Hotel avaient des points de vue diff�rents sur la
question de savoir si la faillite de la proposition de l'OMC de
former un groupe de travail sur la biotechnologie �tait de nature
� renforcer la cause du protocole ou si elle venait retrancher
davantage les int�r�ts commerciaux existants.