Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 09 No. 124
mardi 29 juin 1999
LES FAITS MARQUANTS DE L'ISOC-1
LUNDI 28 JUIN 1999
La première réunion Intersessions sur les Opérations de la Convention (ISOC-1) a
entamé ses travaux ce lundi matin. Après un certain nombre de déclarations d'ouverture
et l'adoption de l'ordre du jour, les délégués ont entamé leur revue des opérations
de la Convention et du programme de travail. Ils devaient poursuivre leur débat dans un
groupe de contact réuni en séance nocturne.
LA PLENIERE D'OUVERTURE
Làslo Miklós (Slovaquie), Président de la CdP-4, ouvrit la session. Il souligna les
préoccupations de la CdP-4 concernant les mesures visant à améliorer l'opération de la
CDB, précisant que les questions principales à traiter englobaient: le point de savoir
comment améliorer la clarté de la mise en application des décisions de la CdP; les
attentes à l'endroit du mécanisme de financement et d'autres institutions; les mesures
visant à améliorer l'apport scientifique et la base scientifique des recommandations
politiques; et la possibilité d'établir de nouveaux organes subsidiaires, tels qu'un
organe chargé de la mise en uvre de la Convention ou similaire à celui retenu dans
d'autres traités, comme la CCCC et le Protocole de Montréal. L'orateur devait mettre en
relief par ailleurs l'autre thème à l'ordre du jour de la session, celui de l'accès aux
ressources génétiques et au partage des bénéfices et, en particulier, les aspects des
droits de propriété intellectuelle (DPI) qui touchent au commerce et les collections ex
situ de la période qui précède la CDB.
Hamdallah Zedan, Secrétaire Exécutif de la CDB, nota que la Convention ne pouvait
réaliser ses objectifs qu'à travers une gestion et une organisation efficaces. Il mit
l'accent sur un certain nombre de recommandations du SBSTTA-4 susceptibles d'aider à la
fourniture d'avis scientifiquement fondés à la CdP, y compris les recommandations
portant sur le plan stratégique et sur l'évaluation par les pairs. Il nota également
que l'ISOC-1 pouvait fournir des orientations au Groupe d'Experts sur l'Accès et le
Partage des Bénéfices, qui doit se réunir au Costa Rica en octobre 1999. Jorge Illueca,
du PNUE, intervenant au nom de son Directeur Exécutif, Klaus Töpfer, souhaita aux
participants une réunion fructueuse.
Les délégués s'accordèrent sur le fait que le Bureau de la CdP-4 serve de membres
à l'ISOC-1 et adoptèrent l'ordre du jour (UNEP/CBD/ISOC/1). Ils s'accordèrent
également sur la conduite des travaux de la réunion entière, en Plénière. Le
Secrétariat introduisit le document sur la revue des opérations de la Convention et du
programme de travail (UNEP/CBD/ISOC/1/Add.1) qui renfermait un certain nombre d'options
pour cette évaluation, notamment, des propositions concernant l'évaluation scientifique,
un programme de travail plus élaboré, la régionalisation des travaux et les besoins
potentiels en matière d'organes subsidiaires.
LA REVUE DES OPERATIONS DE LA CONVENTION
Cristián Samper (Colombie), Président du SBSTTA-5, mit en relief les améliorations
réalisées durant le SBSTTA-4, notamment: un ordre du jour plus focalisé et la
proposition de tenir deux réunions du SBSTTA entre les CdP; la présentation de trois
exposés par des scientifiques de premier plan, pour l'introduction des thèmes; et
l'établissement de termes échelonnés pour les membres du Bureau de manière à
faciliter la continuité. L'orateur suggéra que les délégués pouvaient souhaiter
trouver des voies et moyens: d'améliorer les contributions scientifiques apportées au
SBSTTA, y compris à travers des évaluations par les pairs et des ateliers intersessions
transparents; l'élaboration d'un plan stratégique pour le SBSTTA, laissant les questions
politiquement sensibles à d'autres groupes de travail à composition non limitée ou à
un autre organe subsidiaire; l'amélioration des résultats produits par le SBSTTA pour
les CdP; la requête du Secrétaire Exécutif d'évaluer la pertinence des recommandations
du SBSTTA aux CdP et les mécanismes éventuels du suivi de leur mise en uvre; et la
promotion d'une meilleure coordination avec d'autres organes et institutions
scientifiques.
L'ALLEMAGNE, au nom de l'UE, nota l'importance de l'établissement de l'ordre du jour
et de la détermination des rapports et de la notification, et suggéra de tenir des
réunions annuelles pour le SBSTTA et bi-annuelles pour la CdP. Avec la SUISSE et le
BURUNDI, l'orateur exprima sa préférence de rendre les structures existantes de la CDB
capables de mieux fonctionner que de les changer de manière fondamentale, à travers, par
exemple, la mise en place d'un nouvel organe subsidiaire. Le CANADA appuya l'idée
d'apporter des changements plutôt d'ordre marginal que radical, des opérations de la
Convention. Le ROYAUME-UNI encouragea la considération de mesures visant à: améliorer
la notification des activités intersessions; l'accroissement de la classification des
décisions de la CdP; le renforcement du rôle des réunions régionales; et le placement
d'un accent sur la focalisation sur les processus d'élaboration des rapports et
d'évaluation de la mise en uvre. Le BURUNDI déclara que la réunion devait traiter
les entraves telles l'incapacité de couvrir les recommandations du SBSTTA avec les fonds
disponibles. Le délégué des PAYS-BAS souligna la nécessité de mieux préparer les
CdP, à travers, entre autres, la tenue de réunions conjointes entre le SBSTTA et le
Bureau de la CdP et les réunions régionales. L'orateur nota par ailleurs les
difficultés potentielles rencontrées au niveau de l'effort visant à assurer la
continuité du processus de l'élection du Bureau pour des CdP bi-annuelles.
L'INDE appuya la tenue de réunions annuelles pour le SBSTTA et bi-annuelles pour les
CdP. Avec le BRESIL et l'INDONESIE, le délégué apporta son soutien à l'établissement
d'un nombre limité de groupes d'experts spécifiques, lesquels doivent être transparents
et avoir une représentation géographique équitable. Le BRESIL déclara que les options
appelant à n'apporter aucun changement significatif à la Convention et celles prônant
l'établissement de nouveaux organes ne sont pas mutuellement exclusives. Le délégué
déclara qu'il pouvait apporter son appui à la mise en place de quelque organe
intersessions parallèle, en mesure de traiter les questions de mise en uvre non
abordées par le SBSTTA, telles que celles du financement et du renforcement des
capacités. La GUYANE, au nom du G-77/CHINE, appuya la création d'un organe subsidiaire
chargé du suivi. La représentante souligna la nécessité du renforcement des capacités
et mit en relief l'importance du MEI et des plans stratégiques, y compris les plans
d'action à court et moyen termes. L'ALGERIE favorisa l'établissement d'un organe
intersessions chargé de la mise en application de la CDB.
Le délégué des PHILIPPINES souligna le besoin d'une pleine coopération de la part
de l'ensemble des participants, de manière transparente, en particulier, dans le domaine
du renforcement des capacités et des questions financières et budgétaires. L'ARGENTINE,
le KENYA et la MALAISIE appelèrent à une participation transparente et équitable dans
les groupes d'experts.
Le CANADA, la NOUVELLE ZELANDE, le ROYAUME-UNI, la SUISSE, l'AUSTRALIE, la RUSSIE et
d'autres appuyèrent l'idée d'élaborer un plan stratégique. La CHINE mit en exergue la
nécessité d'un plan stratégique sur 10 ans, assorti de plans de mise en uvre à
moyen terme de 5 an et 2 ans. HAITI souhaita avoir un plan stratégique identifiant de
clairs programmes opérationnels pour les stratégies nationales. L'ALGERIE déclara que
le plan stratégique de la CDB devait être souple de manière à pouvoir intégrer de
nouveaux éléments en fonction des besoins. Le CAMEROUN déclara que cette souplesse
pouvait se traduire par une participation du Secrétariat dans les prochaines
négociations de l'OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui
touchent au commerce (TRIPs).
Plusieurs délégués notèrent l'importance du MEI pour l'échange des données, la
coopération scientifique et la préparation des CdP. L'INDE et la COTE D'IVOIRE
appelèrent à un renforcement des capacités dans le cadre du MEI. La MALAISIE appuya la
mise à disposition de fonds pour la mise en place des MEI nationaux dans les pays en
développement. Le KENYA se déclara d'avis avec l'ETHIOPIE et l'INDE que le MEI sera
profitable aux pays s'ils disposent des capacités nécessaires à la transmission de ses
données aux détenteurs des enjeux. La CHINE souligna le rôle important du SBSTTA, du
MEI et du renforcement des capacités, en particulier, dans les pays en développement.
L'INDONESIE mit l'accent sur la rigidité du soutien apporté par le FEM à la mise en
uvre de la CDB, en particulier, au niveau de l'opération du MEI dans les pays en
développement et de l'amélioration des capacités en matière de coordination et de
participation institutionnelle au niveau national. Le CAMEROUN déclara que la CDB ne
pouvait pas être mise en application sans la couverture du renforcement des capacités et
de l'amélioration du MEI.
Plusieurs délégués approuvèrent les recommandations du Président du SBSTTA.
L'ARGENTINE nota que le SBSTTA pouvait être améliorer à travers la création de groupes
d'experts dotés de termes de référence et de calendriers spécifiques. La NORVEGE
indiqua que quatre éléments manquaient pour l'établissement d'un mécanisme
d'évaluation scientifique dans le cadre du SBSTTA: un cadre stratégique identifiant les
composantes d'un mécanisme d'évaluation scientifique fiable; un large base pour la
détermination des termes de référence des groupes d'experts; la mise en place de liens
plus formels avec les mécanismes scientifiques et les centres d'excellence disponibles;
et un système à travers lequel le SBSTTA serait à même d'utiliser pleinement l'actuel
fichier d'experts nationaux. HAITI suggéra d'éliminer les longs préambules placés
devant les recommandations du SBSTTA et appela à une coopération étroite entre le MEI,
le FEM et le SBSTTA. La HONGRY souligna l'importance de l'apport des organisations
scientifiques indépendantes et autres. La SUISSE mit en relief l'importance du MEI et du
mécanisme de financement et appela au renforcement de la coopération entre le Groupe de
Conseil Scientifique et Technique du FEM et le SBSTTA.
L'AFRIQUE DU SUD mit en exergue l'importance de l'amélioration du fonctionnement des
réunions régionales et de la mise en uvre au plan régional, et suggéra que les
rapports régionaux pouvaient être des instruments utiles. L'AUSTRALIE appuya les appels
lancés par le KENYA, TONGA et d'autres en faveur d'une meilleure utilisation des
réunions régionales. La REPUBLIQUE DE COREE déclara que les réunions régionales et
sous-régionales sont importantes pour l'amélioration de la transparence. La REPUBLIQUE
TCHEQUE suggéra la tenue de réunions d'experts régionales. CUBA et la JORDANIE
soulignèrent également l'importance des réunions régionales. Le MEXIQUE mit en exergue
l'importance des points focaux locaux et régionaux. La SYRIE mit l'accent sur le
renforcement des capacités, le MEI et la nécessité pour le FEM et pour le Secrétariat
de la CDB d'améliorer leur collaboration avec les scientifiques et les institutions
nationales, sous-régionales et régionales. TONGA souligna le besoin d'intégrer les
réunions et les processus régionaux avant la tenue des CdP et des SBSTTA. Le
représentant des ILES COOK, au nom des Etats Insulaires du Pacifique, recommanda la prise
de mesures d'amélioration de la participation des petits pays insulaires du Pacifique, y
compris la coopération du Secrétariat de la CDB avec les conventions régionales et les
organes liés à la biodiversité, tels que le Programme Environnemental Régional du
Pacifique Sud.
La NOUVELLE ZELANDE souligna que les rapports nationaux avaient besoin d'être plus
focalisés. La COTE D'IVOIRE appuya l'inclusion d'indicateurs pour les rapports nationaux
et les moyens d'accorder une priorité aux recommandations. Le BELARUS appela à un suivi
de la CDB à travers l'élaboration des rapports nationaux et les indicateurs de la
biodiversité. Le COSTA RICA souligna l'importance des programmes d'évaluation et de
suivi au niveau national.
L'ETHIOPIE, au nom du Groupe Africain, déclara que la CDB doit collaborer étroitement
avec d'autres accords multilatéraux, y compris ceux de Ramsar et de la CITES, pour tirer
profit de leur expérience et éviter le double emploi. Le MALAWI recommanda d'identifier
les m�canismes que le Secr�tariat doit mettre en place pour faciliter la coop�ration de
la CDB avec d'autres organisations. Le MALI sugg�ra de travailler pour l'am�lioration de
la prise de conscience des d�cideurs concernant les consid�rations scientifiques. Le
TOGO, appuy� par la GUINEE, souligna la n�cessit� du renforcement des capacit�s et
rejeta le concept de groupes de contact multiples, mentionnant les difficult�s que cela
poserait � la participation des petites d�l�gations. Une coalition de huit ONG
recommanda que les d�cisions concernant les th�mes transversaux soient int�gr�es aux
programmes de travail th�matiques, que la d�finition des experts soit �largie de
mani�re � int�grer les scientifiques du domaine social, les d�tenteurs des savoirs
traditionnels, les �conomistes et les usagers locaux, et que des experts non d�sign�s
par les gouvernements soient inclus. Le Pr�sident proposa d'�tablir un groupe de
contact, sous la pr�sidence de Jonathan Tillson (Royaume-Uni), pour poursuivre le d�bat
sur ce sujet et pr�senter un rapport au Pr�sident Mikl�s avant mardi midi.
DANS LE GROUPE DE CONTACT
Le groupe de contact sur la revue des op�rations de la Convention se r�unit dans la
soir�e pour d�battre d'un projet de texte du Pr�sident, bas� sur les points qui
avaient b�n�fici� d'un appui g�n�ral durant la Pl�ni�re. Le projet proposait, entre
autres: l'�tablissement de l'ordre de succession des r�unions de la CdP et du SBSTTA; le
soutien du plan strat�gique; l'am�lioration du travail du SBSTTA; l'appui des r�unions
r�gionales; et la proposition de trois options concernant le point de savoir si oui ou
non un organe charg� de la mise en application est n�cessaire. Un certain nombre de
d�l�gu�s de pays en d�veloppement souhait�rent un accent plus pro�minent sur
l'organe de mise en application, mais d'autres sugg�r�rent que les institutions
disponibles pouvaient �tre renforc�es. Quelques intervenants indiqu�rent qu'un certain
nombre de recommandations avanc�es par le Secr�tariat et approuv�es en Pl�ni�re, ne
figuraient pas dans le projet de texte.
DANS LES COULOIRS
Comme promis par le Secr�taire Ex�cutif dans la d�claration d'ouverture qu'il a
adress�e au SBSTTA-4, plusieurs "visages de Carthag�ne" sont arriv�s �
Montr�al en vue des consultations informelles du jeudi sur le th�me du Trait� de
Bios�curit�. Certains observateurs ont rapport� que les d�l�gu�s ont entam�, lundi,
des discussions hors de l'enceinte officielle. Quelques d�l�gu�s ont sugg�r� que de
nouveaux d�veloppements dans les politiques r�gionales et nationales en mati�re de
biotechnologie, y compris, la discussion en rapport tenue la semaine derni�re entre les
Ministres de l'Environnement de l'UE sur la r�gulation des OGM, ont donn� une certaine
impulsion � l'agenda. D'autres ont fait part de leur pr�occupation qu'apr�s les
confrontations de Carthag�ne, certains pays pouvaient �tre devenu un peu trop
pr�cautionneux. On croit savoir que les consultations informelles esp�rent d�terminer
un terrain d'entende et une strat�gie pour les consultations r�gionales et tenter de
fixer les dates et lieu de la session de reprise de l'ExCdP.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Les d�l�gu�s aborderont probablement le point de l'ordre du jour
portant sur l'acc�s aux ressources g�n�tiques et le partage des b�n�fices, � partir
de 10h.
GROUPE DE CONTACT: Le groupe de contact sur la revue des op�rations de la
Convention pr�senterait son rapport au Pr�sident de la Pl�ni�re, Mikl�s, vers midi. |