Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 09 No. 123
lundi 28 juin 1999
LES FAITS MARQUANTS DU SBSTTA-4
VENDREDI 25 JUIN 1999
Les délégués près du SBSTTA-4 se sont réunis en Plénière pour procéder à
l'adoption de ses décisions et rapport. Six décisions élaborées par les deux groupes
de travail et trois décisions basées sur les discussions menées en Plénière ont été
adoptées. L'un des points de l'ordre du jour, celui des groupes d'experts techniques, a
été déféré au SBSTTA-5 pour examen approfondi. Les délégués ont par ailleurs
établi les dates et lieu du SBSTTA-5.
LA PLENIERE
LE BUREAU DU SBSTTA-5 ET LE PROCES-VERBAL DU SBSTTA-4: Le SBSTTA-4 devait
élire les délégués ci-après pour former le Bureau du SBSTTA: Mary Fosi Mbantenkhu
(Cameroun); Tevita Savae Latu (Tonga); Evgeny Oreshkin (Fédération de Russie); et David
Brackett (Canada). Le représentant de la République dominicaine sera désigné à une
date ultérieure. Martin Uppenbrink (Allemagne), Kutelama Seleko (République
Démocratique du Congo), Zakri Hamid (Malaisie) et Jan Plesnki (République tchèque) y
seront maintenus et Christián Samper (Colombie) sera le Président du SBSTTA-5.
Le Rapporteur du SBSTTA-4, Jan Plesnik (République tchèque) introduisit la
documentation de la réunion et invita les délégués à l'examiner pour adoption. Les
Présidents des Groupes de Travail I et II, Martin Uppenbrink (Allemagne) et Zipangani
Vokhiwa (Malawi), introduisirent chacun les projets de décisions négociés par son
groupe respectif. Les délégués adoptèrent procès verbal préliminaire sur l'ouverture
de la réunion, les questions d'organisation, les reports et les questions prioritaires
(UNEP/CBD/SBSTTA/4/L.1), celles discutées dans le Groupe de Travail I (UNEP/CBD/
SBSTTA/4/L.1 Add.1) et dans le Groupe de Travail II (UNEP/CBD/SBSTTA/ 4/L.1/Add.2), après
y avoir introduit un certain nombre d'amendements. Dans la référence stipulant que de
"nombreux" représentants ont appuyé l'établissement d'un organe scientifique
semblable au GIEC, le ROYAUME-UNI suggéra de remplacer le terme "nombreux" par
"un certain nombre". La NOUVELLE ZELANDE nota que les représentants ont estimé
que le GIEC était un "modèle" à considérer. Le délégué des PAYS-BAS
suggéra de noter que l'exposé sur les nouvelles technologies végétales a été
largement apprécié par les délégués.
LES DECISIONS DES GROUPES DE TRAVAIL: Les délégués devaient ensuite
procéder à l'examen des projets de décisions des Groupes de Travail. Ils adoptèrent le
projet de décision sur les espèces intruses (UNEP/SBSTTA/4/L.2 et Add.1) sans
amendement. Puis ils adoptèrent le projet de décision sur les écosystèmes terrestres
(UNEP/SBSTTA/4/L.3) moyennant un seul amendement textuel. Le Président Hamid introduisit
le projet de décision sur l'utilisation viable, y compris du tourisme (UNEP/
CBD/SBSTTA/4/L.4). La NORVEGE, appuyée par le COSTA RICA, le BRESIL, la NAMIBIE, le
ZIMBABWE, le PEROU, l'ARGENTINE, l'AUSTRALIE et l'ETHIOPIE, soulignèrent qu'un débat
exhaustif sur l'utilisation viable doit avoir lieu au prochain SBSTTA. Le projet et ses
Annexes (UNEP/CBD/SBSTTA/4/L.4/Add.1) furent adoptés.
Le Président introduisit ensuite le projet de recommandation sur les nouvelles
technologies végétales (UNEP/CBD/SBSTTA/4/L.5). La NOUVELLE ZELANDE déclara ne pas
pouvoir accepter le paragraphe introductif reconnaissant que n'importe quelle Partie ou
gouvernement peut établir un moratoire sur les GURTs sans inclure de référence aux
essais sur terrain "non confinés". La NORVEGE, avec le MEXIQUE, les
PHILIPPINES, le SURINAM, l'INDE, le CAMEROUN et l'ALLEMAGNE, s'opposa à la modification
du texte. La NOUVELLE ZELANDE accepta la suggestion du Président de mentionner ses
réserves dans le rapport final de la réunion. Le délégué des ETATS-UNIS nota qu'il ne
pouvait s'associer à un appel implicite à un moratoire sur les essais ou la
commercialisation de cette technologie. RAFI fit part de sa forte préoccupation
concernant le risque de voir l'échec de l'appel à un moratoire établir un cadre
favorisant les essais sur terrain et la commercialisation des GURTs.
Dans la recommandation de ne pas approuver les essais sur terrain des GURTs avant que
des études scientifiques ne viennent les valider, l'AUSTRALIE proposa de réintroduire la
référence à la sécurité alimentaire. Le MEXIQUE, la NORVEGE, l'ALLEMAGNE, les
PHILIPPINES, l'INDE, l'EQUATEUR et le COSTA RICA s'y opposèrent. L'AUSTRALIE accepta la
suggestion du Président d'enregistrer sa position dans le procès- verbal de la réunion.
Dans la recommandation concernant la manière de s'assurer d'une régulation efficace des
GURTs, l'AUSTRALIE, avec la NOUVELLE ZELANDE, proposa de déplacer le libellé portant sur
le besoin de s'assurer de la conservation et de l'utilisation viable de la biodiversité.
La NORVEGE, avec l'EQUATEUR, le COSTA RICA et d'autres, s'opposa à toute modification,
précisant que la formulation australienne ne reflétait pleinement les objectives de la
CDB. L'AUSTRALIE et la NOUVELLE ZELANDE acceptèrent de mentionner leurs réserves dans le
rapport final. Le projet de recommandation fut adopté.
Au cours de l'adoption du projet de décision sur l'EIE (UNEP/SBSTTA/4/L.6), dans la
recommandation appelant le SBSTTA à élaborer les lignes directrices devant régir
l'intégration des considérations de biodiversité dans les législations nationales en
matière d'EIE, la phrase portant sur le "concept d'équivalence" dans
l'application des mesures de mitigation fut supprimée à la demande de la NORVEGE. On
procéda également à la suppression du paragraphe requérant du Secrétaire Exécutif de
rendre les données détaillées accessibles aux points focaux nationaux relevant du
centre d'échange l'information de la biodiversité. Le texte fut adopté. Au sujet de
l'Initiative Taxonomique Mondiale (UNEP/CBD/SBSTTA/4/L.7), la NOUVELLE ZELANDE déclara
que le paragraphe encourageant les Parties à inclure dans leurs rapports nationaux, les
mesures adoptées en vue de renforcer les capacités nationales dans le domaine de la
taxonomie, répétait une décision antérieure de la CDB. Les délégués s'accordèrent
sur la suppression du paragraphe.
LES THEMES ABORDES EN PLENIERE: Au cours de la séance Plénière de
l'après-midi, les délégués procédèrent à l'examen de trois papiers officieux basés
sur les débats pléniers précédents. Un quatrième papier portant sur les groupes
d'experts techniques spéciaux, fut retiré sur suggestion du Bureau, le sujet devant
être examiné de manière approfondie au SBSTTA-5.
Au sujet de la coopération avec d'autres organes (UNEP/CBD/SBSTTA/4/ CRP.2), le MALAWI
appela à l'insertion d'un libellé sur la coopération avec l'OMC. Ce libellé fut
intégré au texte à travers une proposition norvégienne. La NORVEGE déclara que la
recommandation appelant à développer une coopération avec les organes scientifiques
consultatifs des conventions ayant rapport avec la biodiversité, était trop restrictive.
L'orateur proposa de la remplacer par une recommandation appelant au renforcement de la
coopération entre la CDB et les autres conventions ou accords internationaux pertinents
importants pour la réalisation des objectifs de la CDB. Le BRESIL ajouta un libellé
invitant le Secrétaire Exécutif à améliorer la coopération avec les organisations
scientifiques et techniques. Le délégué des PAYS-BAS proposa d'inviter le Secrétaire
Exécutif à considérer l'opportunité d'améliorer la communication avec les Parties par
l'introduction d'un système de notification. L'INDE, appuyé par le BURKINA FASO,
suggéra de supprimer la recommandation appelant à faire en sorte que ce système de
notification prenne en considération à la confidentialité. La CE et la JAMAIQUE
notèrent que les évaluateurs pourraient souhaiter que leurs noms restent confidentiels.
L'INDE approuva la suggestion des PAYS-BAS d'utiliser une formulation similaire à celle
de la décision antérieure de la CdP concernant le ficher d'experts, en y indiquant que
leurs noms seront accessibles à travers le MEI, à l'exception de ceux qui y fait
objection. Les délégués adoptèrent le texte tel qu'amendé.
Au sujet de l'avancement des programmes de travail retenus pour les domaines
thématiques (UNEP/ CBD/SBSTTA/4/CRP.3), le CANADA, appuyé par la FINLANDE, proposa de
supprimer le paragraphe invitant les Parties à fournir des ressources humaines et autres
pour aider le Secrétaire Exécutif dans le programme de travail sur la biodiversité
forestière. Le CANADA suggéra aussi d'ajouter une phrase encourageant le Secrétaire
Exécutif à présenter au SBSTTA-5, un rapport à ce sujet. A la demande de l'EQUATEUR,
un paragraphe supplémentaire recommandant la mise en place de programmes de
sensibilisation et de conscientisation du public conforme à l'Article 13 de la CDB, fut
inséré. La COLOMBIE requit du Secrétaire Exécutif de veiller, dans l'élaboration du
rapport sur le programme de travail, à placer l'accent sur les éléments des domaines
thématiques aux fins de faciliter les débats de la prochaine réunion. Le BRESIL proposa
une référence à l'élaboration des indicateurs. La NOUVELLE ZELANDE proposa
d'encourager le Secrétaire Exécutif à faire progresser la question du blanchissement du
corail. Le texte fut adopté tel qu'amendé.
Au sujet du projet de proposition concernant le programme de travail du SBSTTA
(UNEP/CBD/SBSTTA/4/CRP.4), le délégué des PAYS-BAS proposa d'amender le premier
paragraphe de manière à y intégrer une recommandation appelant à l'élaboration d'un
plan stratégique permettant de guider la mise en uvre du programme de travail. Le
ROYAUME-UNI, avec le soutien du CANADA, suggéra de supprimer le paragraphe notant l'appel
à l'examen du programme de travail à la cinquième réunion du SBSTTA. Le BURKINA FASO
et la NOUVELLE ZELANDE fit objection à la suppression et proposa de revisiter le
programme si nécessaire. Le libellé resta tel qu'amendé. Le MALAWI souleva la question
d'inclure une référence à l'accès et au partage des avantages. La NORVEGE répondit
que ce sujet doit être examiné au cours des réunions intersessions et des réunions des
groupes d'experts du SBSTTA. L'EQUATEUR proposa que le sujet soit pris en main par les
organes respectifs de la Convention chargés respectivement de l'accès et du partage des
avantages. Le délégué des PAYS-BAS ajouta que les recommandations doivent être diriger
par la CdP. La proposition fut acceptée. Le BRESIL proposa d'ajouter une nouvelle
recommandation appelant à reconnaître la nécessité: de considérer davantage les
micro-organismes et la diversité génétique; d'améliorer les initiatives intersessions;
d'entamer la considération de l'évaluation de l'état des lieux et des tendances en
matière de biodiversité; et de reconnaître que cette réunion n'a pas procéder à
l'examen de la question de l'utilisation viable de manière approfondie. La proposition,
sans le point portant sur l'utilisation viable, fut acceptée et le texte fut adopté.
Au sujet du programme de travail proposé pour le SBSTTA (UNEP/CBD/
SBSTTA/4/CRP.4/Add.1), le Secrétariat nota la décision du Bureau de reporter le débat
sur la question des groupes d'experts techniques, au SBSTTA-5. Le BRESIL rappela que la
décision de l'ITM appelait le Secrétaire Exécutif à présenter un papier au SBSTTA-5.
L'AFRIQUE DU SUD nota que la décision concernant les espèces intruses appelait
également à un examen approfondi au SBSTTA-5. Les ETATS-UNIS et la NOUVELLE ZELANDE
notèrent que la question du blanchissement du corail devrait être discutée par le
SBSTTA-5. Ces amendements furent notés et le texte fut adopté.
Les délégués fixèrent les dates et lieu du SBSTTA-5, à savoir, du 31 janvier au 4
février 2000 à Montréal, au Canada. Le délégué des ETATS-UNIS nota que les dates
étaient en chevauchement avec celles de la quatrième session du Forum
Intergouvernemental sur les Forêts (FIF-4). Le Secrétariat déclara que les dates du
SBSTTA avaient été fixées avant celles du FIF-4.
LES DECLARATIONS DE CLOTURE: Lors de la clôture, le PEROU, au nom du groupe
'GRULAC,' exprima sa satisfaction quant aux progrès réalisés durant la semaine, notant
toutefois qu'il restait du travail à faire. Le BURKINA FASO offrit un gage de
considération au gouvernement hôte, le Canada. L'INDE, au nom du groupe asiatique,
souhaita voir l'initiative inviter les experts et les scientifiques à s'adresser à la
réunion sur les sujets pertinents. Le CANADA remercia le Secrétariat de la CDB pour
l'organisation de la r�union.
Hamdallah Zedan, Secr�taire Ex�cutif en exercice, nota que les recommandations du
SBSTTA-4 aboutissait � un programme de travail plein de d�fis et �tablissait les
implications pour les ressources humaines et financi�res du Secr�tariat. L'orateur
appela les Parties � mettre � disposition les fonds n�cessaires � rendre possible
l'ex�cution du travail. Le Pr�sident du SBSTTA-4, Zakri Hamid, nota que la r�union a
re�u les contributions d'un large �ventail d'acteurs, y compris des organisations
internationales, le secteur public et les groupes indig�nes. Il pr�cisa que ces
contributions ont fourni une vari�t� de points de vue et ont fait du rapport de la
r�union, un processus vivant. En sa qualit� de Pr�sident du SBSTTA-3 et du SBSTTA-4, il
indiqua avoir vu l'�volution de l'organe depuis ses d�buts h�sitants jusqu'� la mise
en place du centre d'orientation et d'information concernant la biodiversit�. Il cl�tura
le SBSTTA-4 � 15h30.
DANS LES COULOIRS
En d�pit des multiples expressions d'appr�ciation du SBSTTA en g�n�ral, un certain
nombre de d�l�gu�s ont fait part de leur consternation vis-�-vis de nombreuses
interventions faites au cours de derni�re journ�e du SBSTTA-4. Quelques- uns ont
sugg�r� que la pr�sence de participants non issus de monde diplomatique et de
participants peu familiaris�s avec les pr�c�dentes d�cisions de la CDB ont contribu�
� ce que l'un des d�l�gu�s a appel�, "la mollesse des r�unions." D'autres
pensent que la ren�gociation excessive des libell�s est due au fait que le SBSTTA a
d�bord� de son mandat et s'est engag� dans des d�cisions politiques sensibles et que
ces questions soient trop difficiles � r�soudre dans une r�union aussi courte.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
LA RIOC-1: La r�union Intersessions sur les Op�rations de la Convention
(RIOC-1) commencera � 10h. Le Pr�sident de la CdP-4, Lazlo Miklos (Slovaquie) ouvrira la
r�union, suite � quoi, les d�l�gu�s proc�deront � l'examen des questions
d'organisation puis passeront aux autres points de l'autre du jour, notamment la revue de
l'op�ration de la Convention et du programme de Travail et l'acc�s aux ressources
g�n�tiques et au partage des avantages. |