Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 09 No. 122
vendredi 25 juin 1999
LES FAITS MARQUANTS DU SBSTTA-4
JEUDI 24 JUIN 1999
Les délégués près du SBSTTA-4 se sont réunis dans deux groupes de travail. Le GTI
a achevé ses travaux sur les espèces intruses, les zones arides et l'Initiative
Taxonomique Mondiale. Le GTII a achevé ses travaux sur les nouvelles technologies
végétales, le tourisme et l'évaluation de l'impact environnemental.
LE GROUPE DE TRAVAIL I
LES ESPECES INTRUSES: Concernant le projet de recommandation du Président sur
le thème des espèces intruses (UNEP/CBD/SBSTTA/4/WG.1/CRP.1), la NOUVELLE ZELANDE et
l'ARGENTINE déclarèrent que la décision d'établir un groupe de liaison doit être
laissée au Secrétaire Exécutif. La NOUVELLE ZELANDE et l'ALLEMAGNE présentèrent tous
deux des libellés pour l'annexe portant sur le canevas des études de cas sur le thème
des espèces intruses. L'ARGENTINE proposa d'ajouter une référence à l'Article 14 de la
CDB (L'évaluation d'impact et la minimisation des effets adverses). Dans le libellé
concernant l'évaluation des implications socioéconomiques des espèces intruses, le
CANADA suggéra d'ajouter une référence aux peuplades indigènes et aux communautés
locales. Paula Warren (Nouvelle Zélande) présida un groupe restreint chargé de
négocier le texte et présenta dans l'après-midi au GTI, le projet auquel ce groupe a
abouti. La révision du projet de texte supprima la référence au groupe de liaison,
ajouta un paragraphe invitant le Secrétaire Exécutif à élaborer le canevas des études
de cas sur les espèces intruses et supprima celui proposé en annexe. On y ajouta
également une référence à l'Article 14 de la CDB dans la recommandation appelant à la
mise en place d'une stratégie mondiale sur les espèces intruses et inclut des
références appelant la FAO, l'OMI, l'OMS et d'autres organisations pertinentes à
apporter leur assistance à la CdP de la CDB. Le GTI adopta le nouveau projet de texte
sans amendements.
LES ZONES ARIDES: Les délégués procédèrent à l'examen de la révision du
projet de texte du Président sur les zones arides (UNEP/CBD/SBSTTA/4/WG.1/CRP.2/Rev.1).
La SUISSE ajouta un libellé suggérant que le futur programme de travail de la CDB
englobe l'identification des synergies, des lacunes et des chevauchements dans le
programme de travail actuel, en particulier, dans les domaines de l'agriculture, des
forêts et des ressources aquatiques intérieures. Dans le libellé appelant à
l'intégration dans le programme de travail de sujets, tels que ceux des incendies, de
l'utilisation des sols et de la gestion de l'eau, les délégués se mirent d'accord sur
la requête d'incorporer leurs effets "négatifs et positifs" et d'attirer
l'attention sur les conversions inappropriées de l'utilisation des sols. Les délégués
s'entendirent également sur le fait que la conservation in situ doive englober "les
espèces menacées" et que l'identification de la plupart des composantes menacées
des écosystèmes des zones arides doive inclure les "espèces." Le BRESIL,
appuyé par le COSTA RICA, proposa de raccourcir l'intitulé du texte et d'éviter
d'appeler le programme de travail "programme des écosystèmes des zones arides"
en ignorant le fait qu'il porte aussi sur d'autres aspects que celui des écosystèmes
arides. Le ZIMBABWE estimait que la focalisation devait y être sur les zones arides. La
GRECE suggéra "les écosystèmes manquant d'eau." Les délégués requirent du
Secrétaire Exécutif la proposition d'un intitulé concis couvrant l'ensemble des
écosystèmes établis dans la l'Annexe 2 de la Décision IV/16 de la CdP-4.
LA TAXONOMIE: Au sujet du projet de décision du Président sur l'Initiative
Taxonomique Mondiale (ITM) (UNEP/CBD/SBSTTA/4/WG.1/CRP.3), plusieurs intervenants devaient
faire observer que des éléments non discutés figuraient dans le projet de texte, et que
certains éléments discutés y manquaient. L'AUSTRALIE proposa de requérir du
Secrétaire Exécutif l'élaboration du cadre de l'établissement des rapports relatifs au
programme de travail. Le délégué des PAYS-BAS nota la décision de la CdP-4 stipulant
que le SBSTTA ne doit aborder les questions ayant trait au FEM qu'à la demande expresse
de la CdP. Le CANADA déclara que l'ITM doit être placé sous l'égide de la Convention
et non du PNUE. Le CAMEROUN mit en relief le besoin d'appeler le FEM à fournir des fonds
supplémentaires à l'ITM.
Un groupe restreint présidé par Linda Hedlund (Suède) reformula le texte et le
présenta au GTI. Le groupe y ajouta un libellé accueillant favorablement la décision de
l'OCDE de soutenir l'établissement de la 'Global Biodiversity Information Facility
(GBIF).' Ils devaient, par ailleurs, procéder à la suppression du libellé recommandant
la formalisation de l'ITM sous l'auspice du PNUE, et recommander que le Secrétaire
Exécutif élabore davantage l'ITM. Ils souhaitèrent voir les priorités initiales
inclure le renforcement des capacités, l'élaboration des produits ayant trait à la
taxonomie et la diffusion et l'accès aux données taxonomiques. Ils remplacèrent le
libellé appelant à l'évaluation des progrès réalisés au niveau de l'ITM par un
libellé appelant à l'intégration de l'élaboration et de la mise en uvre de l'ITM
dans les programmes de travail thématique et intersectoriel du SBSTTA. Ils remplacèrent
également le libellé requérant un financement du FEM par une recommandation appelant
les institutions financières à reconnaître le caractère transversal de la taxonomie et
à faciliter les partenariats.
Le délégué d'ANTIGUA ET BARBUDA proposa d'insérer un paragraphe introductif
rappelant la décision de la CdP-4 qui fourni au FEM des orientations concernant l'ITM. Le
BRESIL suggéra que le Secrétaire Exécutif présente au SBSTTA-5 un rapport sur les
options qu'il aura identifiées quant à la structure de la coordination et aux
initiatives qui s'y rapportent. Les délégués approuvèrent ces modifications. Le
CAMEROUN proposa l'adjonction d'un paragraphe "accueillant favorablement l'offre du
PNUE d'apporter son assistance dans l'élaboration d'un projet à même d'assurer un
soutien technique et financier aux initiatives conformément aux priorités de
l'ITM." Le délégué d'ANTIGUA ET BARBUDA proposa de préciser que les activités du
PNUE seront couvertes par ses propres ressources. L'ARGENTINE indiqua que le libellé
invitant le Secrétaire Exécutif à collaborer avec le PNUE et d'autres organisations
pertinentes permettait de couvrir l'implication du PNUE. Le FEM nota que lorsque le PNUE
présente un projet au FEM, 90% du coût total en sont en général financé par le FEM.
Le PNUE déclara qu'il devra subir des restrictions s'il ne parvenait pas à approcher
d'autres partenaires. Un groupe restreint tint une brève réunion durant laquelle le
CAMEROUN retira sa proposition à la condition que le rapport du SBSTTA-4 mentionne qu'une
délégation a accueilli très favorablement l'offre du PNUE d'apporter son assistance.
LE GROUPE DE TRAVAIL II
LE TOURISME: Le Président du comité de rédaction, Marcel Vernooij
(Pays-Bas), introduisit le projet de recommandations concernant l'utilisation viable, y
compris le tourisme (UNEP/CBD/SBSTTA/4/WG.2/CRP.2). Le délégué des ETATS-UNIS suggéra
d'ajouter un nouveau paragraphe introductif basé sur l'appel du PEROU à mettre en
exergue le rôle unique de l'éco-tourisme et sa contribution à la conservation de la
biodiversité. Cela fut accepté. L'AUSTRALIE, avec l'ALLEMAGNE, proposa de demander au
Secrétaire Exécutif d'examiner les liens entre le tourisme et l'utilisation viable de la
biodiversité. La CE appuya l'utilisation du terme "qualité" pour qualifier le
tourisme, ANTIGUA ET BARBUDA, l'ETHIOPIA, HAITI et la COLOMBIA s'y opposèrent. Le groupe
accepta le compromis avancé par le PEROU et proposant de remplacer le terme tourisme
"de qualité" par tourisme "viable". Au sujet des communautés
indigènes et locales, l'EQUATEUR ajouta une reconnaissance du "besoin"
d'impliquer ces communautés. Le CANADA ajouta une référence au suivi des effets au plan
culturel et spirituel. L'INDIGENOUS PEOPLES BIODIVERSITY NETWORK encouragea l'élaboration
de cadres juridiques permettant de s'assurer de l'implication des peuplades indigènes
dans la planification du tourisme. Le COMITE INTERNATIONAL DE SOUTIEN AU TOURISME VIABLE
nota l'absence de lignes directrices pour régir la consultation des communautés
indigènes et locales. Concernant l'Annexe attachée au projet de décision, la CHINE
requit une définition des termes éco-tourisme et tourisme viable. Le PRESIDENT indiqua
que le Secrétariat de la CDB pouvait procéder à cette insertion.
LES NOUVELLES TECHNOLOGIES VEGETALES: Au cours de la matinée, le GTII
poursuivit ses délibérations sur le projet de recommandation du Président Vokhiwa
concernant ce thème (UNEP/CBD/SBSTTA/4/WG.2/CRP.1/ Rev.1). Les délégués examinèrent
des libellés alternatifs portant sur une recommandation additionnelle. La NORVEGE proposa
de recommander un moratoire sur l'utilisation commerciale et l'essai sur terrain des
GURTs. Le CANADA proposa que l'utilisation des GURTs ne soient pas approuvée par les
Parties en attendant la conduite d'études scientifiques approfondies. L'ALLEMAGNE proposa
que l'utilisation des GURTs sur terrain ne soient approuvées qu'après démonstration de
leur viabilité. Le CANADA et l'ALLEMAGNE inclurent l'approche de précaution.
La COTE D'IVOIRE, avec l'INDIE, le CAMEROUN, l'EQUATEUR et le RESEAU TIERS-MONDE,
appuya une proposition Norvégienne soulignant la l'impératif d'aborder les essais sur
terrain des GURTs et la sécurité alimentaire. L'AUSTRALIE, avec les ETATS-UNIS, déclara
que le SBSTTA n'est pas le forum approprié pour appeler à un moratoire. Le ROYAUME-UNI
soumit un texte de compromis reconnaissant l'approche de précaution et recommandant aux
Parties de ne pas approuver l'utilisation commerciale des produits intégrant les GURTs en
attendant la validation de leur sûreté par des évaluations scientifiques approfondies.
La GRECE, avec le MEXIQUE, appuya une proposition du Royaume-Uni suggérant d'intégration
des "essais sur terrain strictement contrôlés".
Les délégués établirent un groupe de contact sous la présidence d'Andreas Gettkant
(Allemagne). L'après-midi, Gettkant introduisit un nouveau paragraphe introductif,
reconnaissant que n'importe quel pays pouvait établir un moratoire. La CE ajouta "en
fonction de la législation nationale," et l'AUSTRALIE inséra une référence à
l'Article 22 de la CDB (liens avec d'autres Conventions Internationales). Le Président
Gettkant introduisit ensuite une révision de texte suggérant que les GURTs ne soient
approuvées ni pour des tests sur terrain sans que "des données scientifiques
appropriées ne viennent justifier de tels essais, ni pour utilisation commerciale avant
la conduite d'études scientifiques appropriées, autorisées et strictement
contrôlées." Les délégués acceptèrent le texte.
Concernant la demande au Secrétaire Exécutif d'analyser les effets des GURTs sur le
droits des agriculteurs à garder des semences, le CANADA ajouta "conformément à la
législation nationale." Le SURINAM ajouta une référence aux communautés
indigènes et locales. L'INDE préféra une référence aux "Droits des
Agriculteurs." Les délégués s'accordèrent sur la prise en compte des Droits des
Agriculteurs dans le cadre de l'Engagement International sur les Ressources
Phyto-génétiques pour l'Alimentation et l'Agriculture. Concernant la manière de traiter
les préoccupations soulevées par les organismes trans-géniques dans l'utilisation des
germplasmes, Le GTII appuya la proposition de l'INDIA de remplacer les organismes
transgéniques par les GURTs.
Concernant les études autour du traitement des risques des organismes génétiquement
modifiés, les délégués acceptèrent: la suppression par l'INDE de la référence à
l'évaluation des données brevetées de la biologie moléculaire; l'insertion par
l'ALLEMAGNE d'une référence aux effets écologiques, économiques et sociaux, aux
inducteurs utilisés, aux effets au niveau moléculaire et aux applications potentielles
positives des V-GURTs; et, l'adjonction par le SALVADORE d'une référence appelant à
l'étude des possibilités de voir les GURTs pratiquer des croisements avec les plantes
parentales sauvages menacées.
Concernant les voies et moyen de traiter les effets potentiels des GURTs sur
l'agro-biodiversit�, les d�l�gu�s approuv�rent l'insertion par l'INDE d'une
r�f�rence � la s�curit� alimentaire et l'adjonction par le CANADA d'une r�f�rence
sur la conservation "ex situ et in situ". Au sujet des r�gulations au niveau
national, le GTII fit objection � la suggestion de la SUISSE de proc�der � la
suppression, et apporta son appui � la r�f�rence introduite par l'INDE concernant les
effets sur la s�curit� alimentaire. La recommandation appelant le Secr�taire Ex�cutif
� soumettre un rapport � la revue du SBSTTA avant la CdP-6 , fut accept�e.
L'EVALUATION DE L'IMPACT ENVIRONNEMENTAL: Le Secr�tariat introduisit le
projet de recommandations du Pr�sident sur l'�valuation de l'impact environnemental
(UNEP/CBD/SBSTTA/4/WG.2/CRP.3). Dans le paragraphe introductif, le groupe accepta la
proposition de la CE de mener des EIE compl�tes dans plusieurs pays. Le d�l�gu� des
PAYS-BAS proposa d'envisager des mesures de mitigation et d'�laborer des mesures de
compensation en cas de perte de biodiversit�. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS souligna
l'importance des effets adverses cumulatifs. L'EQUATEUR demanda l'insertion d'une
r�f�rence � la qualit� de vie humaine.
Dans les recommandations, HAITI appela � l'insertion d'une r�f�rence � la perte de
biodiversit� et � la sant� humaine. La CE proposa l'instauration de nouveaux cadres
r�glementaires permettant l'int�gration de la biodiversit� dans les politiques
sectorielles pertinentes. Le MEXIQUE demanda une r�f�rence aux Evaluations
Environnementales Strat�giques (EES). Au sujet de l'encouragement des gouvernements �
recourir aux EES, le d�l�gu� des PAYS-BAS ajouta la prise en compte de mesures de
mitigation. Concernant l'�laboration des rapports nationaux sur l'�tat d'avancement des
planifications, l'INDE proposa une r�f�rence g�n�rale � l'�laboration de rapports
sur les exp�riences acquises. Au sujet de l'instruction du SBSTTA d'�laborer les lignes
directrices devant r�gir les questions touchant � la biodiversit� dans la l�gislation
relative aux EIE, l'AUSTRALIE proposa des r�f�rences � l'approche de pr�caution et �
l'approche bas�e sur les �cosyst�mes. L'ALLEMAGNE ajouta l'�quivalence des mesures de
mitigation. Le CANADA fixa une date de cl�ture des travaux de la CdP-6. La recommandation
appelant � d�velopper un fichier d'experts fut supprim�e � la requ�te de l'INDE. Dans
l'appel � la conduite d'�tudes de cas sur la prise en consid�ration de la biodiversit�
dans les EIE, l'ALLEMAGNE ajouta un appel � l'�valuation des lignes directrices en
vigueur pour les EIE. D'autres recommandations appelant � la poursuite de l'analyse des
donn�es et � la collaboration avec la Convention sur l'Etude d'Impact Environnemental
dans le contexte transfronti�res, furent supprim�e � la suggestion du CAMEROUN.
DANS LES COULOIRS
Certains participants ont fait observer que les tensions de longue date entre le PNUE
et la CDB ont refait surface dans le d�bat sur l'ITM. Plusieurs d�l�gu�s n'ont pas
cach� leur surprise de trouver dans le projet de texte du Pr�sident la suggestion que
l'ITM serait formalis�es sous l'�gide du PNUE. Ils ont indiqu� que le projet de texte
ne refl�tait pas tout � fait les discussions men�es entre les Parties et l'ont
reformul� de mani�re � donner primaut� au Secr�taire Ex�cutif. Les supporters du
PNUE ont toutefois mis en exergue leur exp�rience positive avec ce dernier UNEP en tant
qu'agence de mise en uvre. Une pr�occupation a circul� dans les couloirs
concernant le poste de charg� de la taxonomie encore vacant au sein du nouveau
Secr�tariat.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unira le matin et l'apr�s-midi pour adopter les
d�cisions des Groupes de travail. Les d�l�gu�s proc�deront �galement � l'examen et
� l'adoption des projets de d�cisions sur la coop�ration avec d'autres organes, le
programme de travail du SBSTTA, le proc�s-verbal du SBSTTA-4 et d'autres questions. |