Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 09 No. 120
mercredi 23 juin 1999
LES FAITS MARQUANTS DU SBSTTA-4
MARDI 22 JUIN 1999
Les délégués près du SBSTTA-4 se sont répartis en deux groupes de travail. Martin
Uppenbrink (Allemagne) a présidé les débats sur les écosystèmes des zones arides et
sur les espèces intruses. Zipangani Vokhiwa (Malawi) a présidé les discussions sur les
nouvelles technologies végétales et sur l'utilisation durable, y compris le tourisme.
LE GROUPE DE TRAVAIL I
LES ZONES ARIDES: Plusieurs intervenants identifièrent les points
susceptibles d'être améliorés dans document du Secrétariat (UNEP/CBD/SBSTTA/4/7). Le
CANADA déclara que l'éventail des techniques de conservation nécessaire à appliquer
est plus large que mentionné dans le document. Le COSTA RICA souhaita voir le chapitre
consacré à la réhabilitation et à la restauration, élaboré davantage. Le MEXIQUE, le
CHILI et d'autres suggérèrent que la focalisation sur les zones protégées y est trop
limitée. La NAMIBIE suggéra d'examiner l'impact de l'utilisation des terres. AFRICA
RESOURCES TRUST ajouta les options d'utilisation viable. Le BRESIL et l'ETHIOPIE déclara
que le document ne prêtait pas assez d'attention à la question des ressources
génétiques.
Parmi les questions additionnelles proposées à l'examen: l'appel du CANADA à
reconnaître l'Arctique comme un écosystème de zone aride. Le PERU souhaita voir les
zones sub-humides prises en considération. La CE déclara que les zones hyper-arides
doivent être examinées. Le BRESIL souligna l'importance des écosystèmes de savane. Le
délégué des PAYS-BAS ajouta l'utilisation de la faune et de la flore sauvages et appuya
la proposition du BRESIL d'inclure la considération du contrôle et de la gestion des
incendies. Le BURKINA FASO attira l'attention sur le problème de la sécheresse.
L'ARGENTINE suggéra de traiter du partage des avantages dans le cadre de ce thème.
L'INDE mit l'accent sur le renforcement des capacités et l'échange d'information.
L'INDONESIE déclara que l'une et l'autre des conservations in situ et ex situ sont aussi
importantes. Le SAINT SIEGE apporta son appui à différentes interventions appelant à se
focaliser sur les aspects socioéconomiques et à accorder une priorité aux communautés
locales et aux peuplades indigènes. Le ZIMBABWE attira l'attention sur les liens entre la
dégradation de la biodiversité et la pauvreté. Le KENYA suggéra d'identifier l'impact
des guerres civiles et des flux de réfugiés. La CHINE et le CENTRE ARABE DES ETUDES DE
ZONES ARIDES ET DE TERRES SECHES proposèrent respectivement, une région en Chine et le
Moyen-orient, pour les études de cas. Plusieurs orateurs, dont le CANADA, la SUISSE, la
SUEDE, l'ALLEMAGNE, le MALI et le BRESIL, mirent en relief la nécessité de compléter et
non de reproduire le travail accompli par d'autres conventions et organisations.
Concernant les étapes à venir, l'AFRIQUE DU SUD, ANTIGUA ET BARBUDA, l'ALGERIE et
d'autres appuyèrent l'élaboration d'un programme de travail séparé pour la question
des zones arides. Le JAPON appela à clairement identifier les résultats attendus.
L'ETHIOPIE appuya l'établissement d'un groupe d'experts techniques. Le CANADA, appuyé
par le COSTA RICA, le ROYAUME-UNI, la SUISSE et d'autres, suggéra l'établissement d'un
groupe de liaison pour aider à l'élaboration des recommandations sur le programme de
travail. L'AUSTRALIE déclara que le groupe de liaison devrait être chargé de
l'identification des priorités et des lacunes. La NORVEGE déclara qu'il doit avoir des
termes de référence clairs pour éviter l'établissement d'un pseudo groupe d'experts.
LES ESPECES INTRUSES: Harold Mooney, au nom du 'Global Invasive Species
Programme (GISP)', ouvrit le débat par une présentation des activités du GISP.
L'orateur parla de la situation dans les Iles Galapagos pour illustrer les problèmes
écologiques et les coûts du contrôle des espèces intruses, et souligna l'importance du
renforcement des capacités. Les délégués examinèrent ensuite le papier du Secrétaire
Exécutif sur l'élaboration des principes devant régir la prévention des effets des
espèces intruses et la poursuite du développement du GISP (UNEP/CBD/SBSTTA/4/8).
Plusieurs intervenants devaient appuyer la mise en place d'une base de données sur les
stratégies de contrôle et de prévention, et sa mise à disposition à travers le MEI.
Le délégué des ETATS-UNIS déclara que le programme de travail doit se focaliser sur
les domaines où la CDB peut ajouter de la valeur et sur la standardisation de la
terminologie et le développement des ressources techniques et financières pour un
réseau d'information distributif. L'ALLEMAGNE requit du Secrétariat la compilation
davantage d'études de cas sur les espèces intruses et leur mise à disposition à
travers le MEI. Le Royaume-Uni, l'AFRIQUE DU SUD et d'autres apportèrent leur soutien au
papier informel de la Nouvelle Zélande sur les principes préventifs de l'introduction
des espèces intruses, et notèrent la difficulté de prédire la probabilité d'intrusion
d'une espèce donnée. La MICRONESIE souligna l'importance de cette question pour les pays
insulaires du Pacifique et suggéra d'utiliser sa région comme site d'essai pour la mise
en uvre des recommandations.
L'AFRIQUE DU SUD et le PORTUGAL notèrent la nécessité d'un contrôle
transfrontières. La HONGRIE, l'AUSTRALIE et la NAMIBIE déclarèrent que les initiatives
régionales doivent être examinées. L'AFRIQUE DU SUD, les ETATS-UNIS, le TOGO et
l'INDONESIE soulignèrent l'impératif de mettre en place des programmes de
sensibilisation du public. La FRANCE, la REPUBLIQUE DE COREE et d'autres soutinrent
plaidèrent pour l'utilisation du principe de précaution.
Plusieurs intervenant notèrent relevant les travaux pertinents en cours menés par
d'autres conventions et organisations. Le CANADA appuya le travail accompli par le GISP et
mit en relief le travail mené dans le cadre de la CITES. La CE, la FAO et l'INTERNATIONAL
CENTER OF INSECT PHYSIOLOGY AND ECOLOGY notèrent les domaines de coopération avec la
Convention Internationale sur la Protection des Végétaux. L'UICN attira l'attention sur
ses directives pour la réduction des pertes biologiques causées par les invasions
d'espèces intruses, qui seront parachevées l'année prochaine. La CONVENTION de RAMSAR
nota que la CdP-7 a adopté une résolution spécifiant que le Groupe d'Evaluation
Scientifique et Technique de Ramsar doit collaborer avec le SBSTTA, le GISP et l'UICN sur
la question des espèces intruses.
Concernant le point de savoir s'il faut établir un groupe d'experts, le JAPON déclara
que les implications budgétaires doivent être clarifiées avant de décider de son
établissement. L'INDE déclara qu'un nouveau groupe d'experts viendrait dupliquer les
efforts. La SUEDE s'opposa à l'établissement d'un nouveau groupe. La NOUVELLE ZELANDE,
appuyée par l'AFRIQUE DU SUD, les PAYS-BAS, la COTE D'IVOIRE et d'autres, recommanda de
demander au GISP d'élaborer les principes et de les soumettre à la considération de la
CdP-5. Plusieurs intervenants, dont la SUISSE et la NORVEGE, appuyèrent l'établissement
d'un groupe de liaison chargé de coordonner l'action sur cette recommandation.
LE GROUPE DE TRAVAIL II
CONSEQUENCES DES NOUVELLES TECHNOLOGIES VEGETALES: Richard Jefferson, de
l'Université Nationale Australienne, présenta un exposé sur l'utilisation des
technologies génétiques restrictives (GURTs), y compris celles variétales ou V-GURTs et
celles basées sur des traits spécifiques ou T-GURTs. L'orateur suggéra que les V-GURTs
commercialement viables pourraient avoir quelques mérites dans la baisse de la fréquence
des propagations trans-géniques, précisant toutefois qu'un certain nombre de questions
restaient en suspens, telles que: la toxicité des composantes induites et des toxines
cellulaires; la propagation des V-GURTs dans l'environnement; et les brevets en tant que
moyens de contrôle des V-GURTs. L'intervenant nota que la technologie GURT ne sera pas
commercialisée avant 5 ans.
La BOLIVIE s'enquit de la recherche en matière d'évitement de la propagation des
traits inconnus dans les organismes sauvages. Jefferson indiqua qu'il n'y avait pas
d'essais sur terrain des GURTs. Le délégué des PAYS-BAS souhaita en savoir davantage
sur l'étendue de l'application de cette technologie sur les gènes des animaux et des
humains. Jefferson répondit ne pas être au courant d'un quelconque intérêt pour une
recherche dans ce domaine. Le SALVADORE demanda si les flux génétiques GURT risquaient
d'aggraver le déclin des parents sauvages. Jefferson indiqua que des transferts de pollen
pouvaient arriver et que cela nécessitait la mise en place de politiques régissant la
plantation. La HONGRIE demanda si les GURTs pouvaient être utilisées pour stopper la
propagation des organismes génétiquement modifiés (OGM). Jefferson répondit que les
contraintes commerciales sont telles que cela sera improbable. Le PEROU souhaita
connaître les effets potentiels sur les variétés de pommes de terre. Jefferson suggéra
que les agriculteurs pourraient préférer les GURTs. La NORVEGE demanda si les problèmes
découlaient de la localisation imprécise des génomes. Jefferson indiqua que la culture
classique des végétaux posait des problèmes similaires. L'INDE demanda comment la
technologie pourrait affecter la sécurité alimentaire.
Le Secrétariat introduisit la documentation sur les conséquences de l'utilisation des
nouvelles technologies de contrôle de l'expression génétique des végétaux sur la
biodiversité (UNEP/CBD/SBSTTA/4/9/Rev.1 et UNEP/CBD/ SBSTTA/4/9/Inf.3). L'ALLEMAGNE et
d'autres requirent des études sur les effets des nouvelles technologies végétales.
Plusieurs délégations désapprouvèrent les parallèles entres les hybrides et les
GURTs. La NOUVELLE ZELANDE et le CANADA recommandèrent la conduite d'une étude sur les
facteurs affectant l'érosion génétique. La REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, avec
d'autres, mit en exergue l'importance du Protocole de Biosécurité. La Rural Advancement
Foundation International (RAFI) fit objection à la recommandation du CANADA de confier la
question des nouvelles technologies végétales à la Commission de la FAO sur les
Ressources Phyto-génétiques pour l'Alimentation et l'Agriculture. Le délégué des
PAYS-BAS indiqua que le PNUE pourrait être chargé de la coordination des futures
évaluations scientifiques. Le PNUE déclara qu'il prêtera main forte aux futures
évaluations.
La BOLIVIE fit part de ses réserves concernant le fait que les GURTs ne seraient pas
utilisées pour arrêter la propagation des OGM dans la nature. Le délégué des PAYS-BAS
exprima ses préoccupations quant aux effets négatifs des GURTs sur les plantations
végétales traditionnelles. L'INDONESIE, appuyée par la CE et le CAMEROUN, mit l'accent
sur le renforcement des capacités dans les pays en développement. Le SURINAM plaida pour
le transfert de la biotechnologie. Le délégué des ETATS-UNIS déclara que le SBSTTA
doit se focaliser sur d'autres menaces pénétrantes posées à la biodiversité. Appuyé
par la RUSSIE et les Organisations Mondiales de l'Industrie des Semences, il mit en
exergue leurs aspects positifs. Le CANADA souligna que les régulations nationales doivent
se focaliser sur les produits. L'INTERNATIONAL CENTER FOR GENETIC ENGINEERING
BIOTECHNOLOGY déclara qu'on ne disposait pas actuellement de connaissances sur la fuite
des gènes sauvages. L'INDE appuya la prévention des flux de GURT. La NORVEGE et la RAFI
recommandèrent un moratoire en attendant que leur utilisation soit garantie comme étant
sans risques. La HONGRIE, avec le MEXIQUE, le TOGO, la CE et l'Autriche, appela à
l'utilisation du principe de précaution.
UTILISATION VIABLE/TOURISME: Le Secrétariat introduisit la débat sur
l'élaboration d'approches et de pratiques d'utilisation viable de la diversité
biologique, y compris dans le tourisme (UNEP/ CBD/SBSTTA/4/11). La CE souligna
l'importance d'une approche intégrée pour maximiser les avantages pour l'ensemble des
parties concernées. Le représentant ajouta que les populations locales doivent
bénéficier d'une part des avantages à la fois financiers et sociaux offerts par le
tourisme. Le délégué des PAYS-BAS, avec le ROYAUME-UNI, les ETATS-UNIS, la NOUVELLE
ZELANDE et la SUISSE, mit en relief les interconnections entre le tourisme et
l'utilisation viable de la biodiversité, et suggéra d'inclure une grande partie du
rapport du Secrétaire Exécutif dans une annexe pour adoption par la CdP et de la
transmettre � la CDD. La CE d�clara que les propositions � transmettre � la CDD
doivent �maner de la CdP et non du SBSTTA. L'INDE d�clara que le SBSTTA doit collaborer
avec la CDD. Le CANADA souligna l'importance des liens avec d'autres fora pour �viter les
duplications. Le d�l�gu� des PAYS-BAS, avec le CANADA, le ZIMBABWE, le SURINAM, TONGA,
la COTE D'IVOIRE et le Royaume-Uni, mit l'accent sur les implications au niveau des
communaut�s locales et indig�nes. Le PEROU appela � l'utilisation du terme
�co-tourisme viable et encouragea la gestion locale � travers le renforcement des
capacit�s. L'ALLEMAGNE nota l'importance de l'implication de l'ensemble des concern�s,
de la sensibilisation du public et de l'application d'outils de planification, tels que
l'�valuation de l'impact environnemental (EIAs), les incitations �conomiques, et l'audit
environnemental. La FRANCE mit en exergue les EIAs, les indicateurs de l'adoption des
processus touristiques et l'utilisation des bonnes pratiques en mati�re de gestion des
espaces ouverts.
Le GROUPE NATIONAL DE SOUTIEN DU TOURISME VIABLE appela � la mise en place de
l�gislations rendant obligatoire les EIA pour les projets touristiques. La GUYANE,
appuy�e par la BOLIVIE, appela � l'�laboration de lignes directrices, de protocoles et
de codes de conduite pour le tourisme viable. L'AUSTRALIE appela � une planification
r�gionale et nota que des directives internationales concernant le tourisme viable
existait d�j�. Le MEXIQUE sugg�ra la prise en compte la gestion de l'utilisation des
terres. CUBA souligna le besoin d'une r�gulation stricte du tourisme aux fins de
s'assurer de la gestion durable des ressources. L'EQUATEUR d�clara que le tourisme
pourrait �tre un outil efficace au service de la conservation de la biodiversit�. Le
PORTUGAL appela � viser l'�quilibre entre la conservation et le revenu �conomique. La
SUISSE d�clara que les prix, dans le tourisme, doivent refl�ter les co�ts des
pr�judices environnementaux et sugg�ra d'accorder une attention particuli�re � la
biodiversit� du milieu montagneux.
La NORVEGE, avec CUBA, l'AUSTRALIE, la BOLIVIE, l'ARGENTINE, le PEROU, la COLOMBIE, la
NOUVELLE ZELANDE et la CE, exprima des r�serves concernant l'absence de toute r�f�rence
aux autres aspects de l'utilisation viable dans le papier du Secr�tariat. Les Pays-Bas
pr�sideront le groupe de contact charg� de l'�laboration des recommandations.
DANS LES COULOIRS
Plusieurs d�l�gu�s ont accueilli favorablement la d�cision d'inviter des experts �
introduire certains th�mes du SBSTTA par des expos�s scientifiques mais quelques
participants du GTII se sont d�clar�s d��us par la pr�sentation sur les GURTs,
estimant qu'elle a �t� plut�t impartiale. Le d�bat sur les th�mes d'utilisation
viable et de tourisme a donn� lieu �galement � une grande anxi�t� chez certains
d'entre eux. Ces derniers devaient faire part de leur pr�occupation de voir la domination
excessive du th�me du tourisme lors de la derni�re CdP de la CDB, s'�tendre au SBSTTA.
Quelques d�l�gu�s ont sugg�r� que cela �tait d� � l'intervention directe d'un pays
pro�minent du Nord qui croit avoir beaucoup � donner sur ce sujet. Les r�serves notent
que dans l'intervalle, les autres aspects de l'utilisation viable attendent dans la cour
arri�re.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GROUPE DE TRAVAIL I: Le GTI se penchera probablement sur l'Initiative Mondiale
de Taxonomie au cours de la s�ance du matin. Les projets de texte du Pr�sident sur les
zones arides et sur les esp�ces intruses seront distribu�s le matin et examin�s dans le
courant de l'apr�s-midi.
GROUPE DE TRAVAIL II: Le GTII proc�dera probablement � l'examen des
�valuations de l'impact environnemental, le matin, et poursuivra son d�bat sur les
nouvelles technologies v�g�tales, l'apr�s-midi. |