Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 09 No. 117 vendredi 26 février 1999
COMPTE RENDU DE LA SIXIEME SESSION DU GROUPE DE TRAVAIL SPECIAL
DE COMPOSITION NON LIMITEE SUR LA BIO-SECURITE ET PREMIERE
SESSION EXTRAORDINAIRE DE LA CONFERENCE DES PARTIES DE LA CDB
14-23 FEVRIER 1999
La sixième session du Groupe de Travail Spécial de Composition
Non Limitée sur la Bio-sécurité (GTSB-6) s'est déroulée du
Samedi 14 février au lundi matin 22 février 1999 à Carthagène en
Colombie. La première Réunion Extraordinaire de la Conférence
des Parties (CdP-Ex) de la Convention sur la Diversité
Biologique s'est déroulée les 22 et 23 février 1999. Plus de 600
participants représentant 138 gouvernements, ONG
environnementales et du monde des affaires et de la communauté
scientifique devaient tenter de finaliser un Traité sur la bio-
sécurité durant le GTSB pour le soumettre à l'adoption de la
CdP-Ex. En dépit des dix jours de débat continu, y compris le
week-end et des séances nocturnes qui duraient jusqu'au petit
jour, les délégués ne parvinrent pas à s'accorder sur un Traité.
Les principaux points de désaccord devaient intéresser les
questions touchant au commerce, au traitement des matières
premières et aux régimes réglementaires domestiques et
internationaux. La CdP-Ex devait ainsi se contenter d'adopter la
décision de suspendre la réunion et de requérir du Président de
la CdP-Ex et du Bureau de la CdP-4 de fixer les dates et lieu de
la session de reprise qui doit avoir lieu d'ici la cinquième
Réunion de la Conférence des Parties. Les délégués devaient
également décider que le Traité portera l'appellation de Traité
de Carthagène sur la Bio-sécurité de la Convention sur la
Diversité Biologique. Le texte du projet de Traité, figurant
dans l'Appendice I attaché au Rapport du GTSB-6, ainsi que les
déclarations des gouvernements concernant le projet de texte du
Traité incluses dans ce même rapport, seront transmis à la
session de reprise de la CdP-Ex, pour poursuite des débats.
BREF HISTORIQUE DU GROUPE DE TRAVAIL SPECIAL SUR LA BIOSECURITE
La Convention sur la Diversité Biologique (CDB), négociée sous
l'égide du PNUE, fut adoptée le 22 mai 1992 et entra en vigueur
le 29 décembre 1993. A la date d'août 1998, le nombre des
Parties de la Convention atteint 174. L'Article 19.3 de la CDB
prévoit pour les Parties de procéder à la considération du
besoin et des modalités d'un Protocole établissant des
procédures pour les bonnes conditions du transfert, manutention
et utilisation des OVM susceptibles d'avoir un effet adverse sur
la biodiversité et ses composantes.
La CdP-1: La première Conférence des Parties (CdP-1) de la CDB
qui se tint à Nassau, Bahamas, du 28 novembre au 9 décembre
1994, établit le Groupe d'Experts Spécial sur la Biodiversité.
Ce groupe devait tenir sa première réunion à Madrid, du 24 au 28
juillet 1995. D'après le rapport de la réunion
(UNEP/CBD/COP.2/7), la plupart des délégations ont été
favorables à l'élaboration d'un accord international sur la
biodiversité inscrit dans le cadre de la CDB. Les délégués
devaient identifier le niveau de soutien aux différents éléments
proposés pour ce cadre. Les éléments ayant bénéficié d'une
faveur unanime englobent, entre autres: l'ensemble des activités
liées aux OMV susceptibles d'avoir des effets nocifs sur la
biodiversité; le transit trans-frontière des OMV, y compris les
mouvements accidentels; la mise en circulation des OMV dans les
centres d'origine ou de diversité génétique; les mécanismes
d'évaluation et de gestion des risques (RAM); les procédures de
l'accord informé préalable; la facilitation des échanges
d'informations; le renforcement des capacités et la mise en
uvre; et, la définition des termes. Le paragraphe 18(b) dresse
la liste de la deuxième catégorie d'éléments qui englobe: les
considérations socio-économiques; les questions de
responsabilité et de réparation; et les questions financières.
La CdP-2: Lors de la seconde réunion de la Conférence des
Parties (CdP-2) qui eut lieu à Jakarta, Indonésie, du 6 au 17
novembre 1995, les délégués procédèrent à l'examen de
l'opportunité d'un protocole de bio-sécurité et des modalités
qui s'y rapportent. Au cours du débat sur la portée du
protocole, la CdP devait adopter un texte de compromis (Décision
II/5) appelant à: "un processus de négociation permettant
l'élaboration, dans le domaine de la sécurité des transferts,
manipulation et utilisation des organismes modifiés vivants,
d'un protocole de bio-sécurité focalisé, en particulier, sur le
mouvement transfrontalier des OMV susceptibles d'avoir un effet
nocif sur la diversité biologique". La CdP-2 établit également le
Groupe de Travail Ouvert Spécial de la Bio-sécurité (BSWG) chargé
"d'élaborer les modalités sur la base des éléments figurant dans
le rapport de Madrid. Les autres termes de référence du BSWG
stipulent que ce dernier doit: procéder à l'élaboration des
termes et concepts clés; examiner les procédures de l'accord
informé préalable; identifier les catégories d'OMV pertinentes;
et, élaborer un traité dont le fonctionnement effectif exigerait
des Parties la mise en place de mesures nationales.
Le GTSB-1: Lors de sa première réunion tenue à Aarhus,
Danemark,
du 22 au 26 juillet 1996, le BSWG entama l'élaboration d'un
protocole international sur la sécurité dans le domaine de la
biotechnologie. Bien que la réunion ait produit peu de résultats
écrits, elle représenta un forum pour la définition des
problèmes et l'articulation des caractéristiques des positions
exprimées dans le processus de pré négociation. Les
gouvernements dressèrent une liste d'éléments pour le futur
protocole et tracèrent les contours de l'information requise
pour guider leurs travaux futurs.
La CdP-3: Lors de la CdP-3, les délégués adoptèrent les
décisions III/5 (lignes directrices additionnelles aux
mécanismes de financement) et III/20 (questions relatives à la
bio-sécurité). Ce faisant, la CdP affirma son appui à une
approche à deux volets à travers laquelle la promotion de
l'application des Lignes Directrices du PNUE pourrait contribuer
au développement et à la mise en uvre d'un protocole de bio-
sécurité.
Le GTSB-2: Lors de la seconde réunion du BSWG qui s'est
déroulée
du 12 au 16 mai 1997 à Montréal, les délégués devaient débattre
d'un ensemble de sujets englobant entre autres: les objectifs;
l'accord informé préalable; les procédures de notification liées
aux transferts d'OMV; les autorités compétentes; les points
focaux (correspondants nationaux); les échanges d'informations
et le mécanisme de déploiement des données; le renforcement des
capacités; la participation et la conscientisation du public;
l'évaluation et la gestion des risques des mouvements trans-
frontières accidentels; le suivi et de la mise en conformité. Le
BSWG-2 établit aussi un groupe de contact chargé de l'examen des
propositions avancées pour les définitions des termes clés et
chargea le Secrétariat de la compilation d'une liste
alphabétique des termes nécessitant une définition et de la
soumettre à leur considération durant le GTSB-3.
Le GTSB-3: La troisième session du BSWG se tint du 13 au 17
octobre 1997 à Montréal. Les délégués devaient produire un
projet de texte consolidé qui servira de plate-forme à la
négociation d'un protocole de bio-sécurité. La réunion établit
deux Sous-Groupes de Travail pour traiter des principaux
articles du protocole, ainsi qu'un groupe de contact sur les
thèmes institutionnels et les clauses finales. On y étendit par
ailleurs le mandat du groupe de contact sur les définitions pour
le charger aussi du traitement des annexes. Les délégués
traitèrent également en Plénière d'un certain nombre de
questions en suspens, telles que: les considérations socio-
économiques; la responsabilité et la réparation; le trafic
illicite; la non-discrimination; le commerce avec les Parties
non visées à l'accord; ainsi que des objectifs, des obligations
générales, de l'intitulé et du préambule du protocole.
Le GTSB-4: A l'ouverture du GTSB-4 qui se déroula à Montréal du
5 au 13 février 1998, le Président KOESTER (Danemark) souligna
que le GTSB entrait dans la phase de négociation et que les
participants devaient essayer de réduire, à travers un consensus
négocié, le nombre d'options existantes pour chacun des
articles. Le GTSB-4 adopta la même structure que celle du GTSB-
3, utilisant deux Sous-Groupes de Travail ouverts pour le
traitement des articles centraux du protocole et deux Groupes de
Contact sur les définitions et les annexes et sur les questions
institutionnelles et les clauses finales. Les délégués devaient
y commencer l'examen d'un certain nombre d'articles qui avaient
été discutés de manière préliminaire au cours du GTSB-3, tels
que ceux sur: les principes/objectifs, les obligations
générales, la non-discrimination, les considérations socio-
économiques, et la responsabilité et la compensation. Les
délégués devaient également y poursuivre leur travail sur
d'autres questions abordées auparavant et notamment: les
questions touchant à l'AIA, l'évaluation et la gestion des
risques, les normes minimales nationales, les mesures d'urgence
et le renforcement des capacités.
La CdP-4: La Quatrième Réunion de la Conférence des Parties se
déroula du 4 au 15 mai 1998 à Bratislava, Slovaquie. En vertu de
la Décision IV/3, la CdP décida la tenue de deux réunions
supplémentaires pour la finalisation du protocole de bio-
sécurité, la première, du 17 au 18 août 1998 et la seconde,
début 1999, suivies par une réunion extraordinaire de la CdP
pour l'adoption du protocole. Par ailleurs, la décision: énonça
que le Bureau du GTSB devait être maintenu sous la présidence de
Veit KOESTER (Danemark) jusqu'à l'adoption du protocole; établit
l'agenda de la réunion extraordinaire de la CdP; et, fixa la
date limite du 1er juillet 1998 pour les soumissions
gouvernementales concernant les dispositions du protocole.
Le GTSB-5: La Cinquième Session du Groupe de Travail Spécial
sur
la Bio-sécurité se réunit du 17 au 28 août 1998 à Montréal,
Canada. Les délégués y procédèrent à la consolidation des
options relatives aux 45 articles du projet de texte révisé les
réduisant à 40 articles dans les conclusions des sous-groupes de
travail et les groupes de contact. Les délégués parvinrent
ainsi à réaliser l'objectif fixé par le Président KOESTER au
début de la réunion, à savoir, la consolidation du texte de
manière à ne garder qu'une seule option pour chaque article.
Trente articles demeurent cependant entre crochets, ce qui
indique que les délégués ne sont pas encore parvenus à
s'accorder sur un certain nombre d'éléments du protocole.
Certains observateurs devaient commenter que le GTSB n'a pas
encore commencé les négociations et que cette session a été
encore un exercice de consolidation de texte. Des positions
polarisées ont continué à émerger au cours des discussions sur
les points de savoir si le champ d'application du Protocole
incluait ou pas "les produits dérivés", si le Protocole devait
traiter des questions de responsabilité et de réparation et si
le Protocole devait faciliter l'échange d'informations en
matière de commerce d'organismes vivants modifiés ou refléter
une approche plus précautionneuse. Néanmoins, les thèmes à
négocier ont été clarifiés et cela devrait rendre plus aisé le
travail des délégués au GTSB-6.
COMPTE RENDU DU GTSB-6
Le Président Veit KOESTER ouvrit le GTSB-6 dimanche 14 février
1999, introduisit le Bureau et fit état des décisions de la
Réunion du Bureau Etendu, tenu les 21 et 22 Octobre 1998 pour
discuter d'un certain nombre d'articles et pour former un comité
de rédaction juridique, dans l'objectif de faciliter
l'élaboration du texte du Traité. Le Bureau était composé des
membres suivants: Elsa KELLY (Argentine) (en remplacement de
Diego MALPEDE); Lynn HOLOWESKO (Bahamas); Behren Gebre EGZIAHBER
TEWOLDE (Ethiopie); Ervin BALAZS (Hongrie); R. H. KHWAJA (Inde)
(en remplacement de A. K. AHUJA); Mohamed Mahmoud OULD EL GAOUTH
(Mauritanie); Darryl DUNN (Nouvelle Zélande); Alexander GOLIKOV
(Fédération de Russie); et I.A.U.N. GUNATILLAKE (Sri Lanka).
Dans ses remarques d'ouverture, Hamdallah ZEDAN, Secrétaire
Exécutif en exercice de la Convention sur la Diversité
Biologique (CDB), présenta des commentaires sur le protocole et
sur les grandes tendances de l'heure, tels que la
mondialisation, la régionalisation et l'avènement de l'ère de
l'information. Intervenant au nom du PNUE, Sipi JAAKOLA transmit
les meilleurs vux de réussite du Directeur Exécutif du PNUE,
Klaus TÖPFER, dont l'arrivée était prévue plus tard dans la
semaine.
ORGANISATION DES TRAVAUX
Le Président KOESTER se référa aux 30 articles non encore
résolus figurant dans le projet de texte de négociation
(UNEP/CBD/BSWG/6/2) et encouragea les délégués qui avaient
soumis des propositions pour de nouvelles annexes à les retirer.
Il identifia par ailleurs les concepts clés à résoudre et
notamment ceux: des "produits dérivés"; de l'utilisation des OVM
en milieu confiné; des considérations socio-économiques; du
principe de précaution; de la responsabilité et de la
réparation; et, du commerce avec les Parties non signataires.
L'orateur recommanda de confier la négociation de chacune de ces
questions à un groupe spécifique et de discuter les articles en
ensemble indivisible. Il décrivit les éléments du mécanisme
comité des "Amis du Président" formé de personnes désignées par
les différents groupes impliqués, aux fins de faciliter le
processus de négociation.
Les délégués devaient ensuite se répartir en deux Sous-Groupes
de Travail, deux Groupes de Contact et nombre de groupes
informels, pour procéder à l'examen du projet de texte des
négociations du Traité de Bio-sécurité, tel que figurant dans le
document UNEP/CBD/BSWG/6/2. La structuration des travaux garda
le format du GTSB-5. Le Sous-Groupe de Travail I (SGT-I),
coprésidé par Eric SCHOONEJANS (France) et Sandra WINT
(Jamaïque) devait aborder les Articles 4-16 et 37. Le Sous-
Groupe de Travail II (SGT-II), coprésidé par John HERITY
(Canada) et R.H.KHWAJA (Inde), se pencha sur les Articles
1,2,17-27 et 34. Le Groupe de Contact I (GC-I) coprésidé par
Piet Van Der MEER (Pays-Bas) et Osama El-TAYEB (Egypte) se vit
confier l'Article 3 et les annexes. Le Groupe de Contact II (GC-
II), coprésidé par John ASHE (Antigua et Barbuda) et Katarina
KUMMER (Suisse), examina le Préambule, les Articles 28-33, 35,
36 et 38-42. Le Comité de Rédaction Juridique était présidé par
Lynn HOLOWESKO (Bahamas).
Dès le départ, le SGT-I fut sollicité de parvenir à un accord
sur "les matières premières et les OVM destinés à la mise en
circulation délibérée dans l'environnement" et sur les "produits
dérivés", et le SGT-II sur "les questions socio-économiques" et
sur "le principe de précaution", avant lundi 15 février à 18h.
Le Président du GTSB demanda à tous les groupes de terminer
leurs travaux avant minuit, mercredi 17 février pour permettre
l'identification des questions en suspens, le jeudi et le
parachèvement des travaux, le vendredi. Le SGT-I constitua des
groupes informels pour traiter des deux questions qui lui
étaient confiés. Le groupe informel sur les "produits dérivés"
devait présenter lundi soir au SGT-I son rapport disant qu'il
n'était pas parvenu à un consensus. Le Président du GTSB demanda
au groupe de continuer les travaux et de présenter un rapport
directement au Comité des "Amis du Président". Le groupe
informel sur "les matières premières et les OVM destinés à la
mise en circulation délibérée dans l'environnement" présenta
lundi au SGT-I les résultats de ses délibérations et après un
débat au sein du SGT-I, trois options furent présentées au
Président du GTSB. De son côté, le SGT-II convoqua un groupe
restreint pour débattre des "considérations socio-économiques"
et mena des consultations informelles sur "le principe de
précaution". Comme aucun consensus ne put être réalisé sur les
deux questions le lundi soir, elles furent transférées au Comité
des Amis du Président pour un nouvel examen.
Lors de la Plénière réunie le mercredi 17 février, les
Coprésidents des Sous-Groupes de Travail et des groupes de
Contact présentèrent leurs rapports sur l'avancement des travaux
au sein de leurs groupes et toutes les questions en suspens
furent transférées au Comité des "Amis du Président" (CAP).
Après de longues consultations avec le CAP, le Président du
GTSB, KOESTER, produisit le texte du Président
(UNEP/CBD/BSWG/6/L.2), le jeudi suivi par un corrigendum
reprenant les erreurs faites dans le premier texte
(UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Corr.1). Tout au long de la journée du
vendredi et jusqu'aux premières heures du samedi matin, le
Comité des "Amis du Président" travailla à la revue du texte du
Président. Lors de la Plénière du samedi matin, le Président
KOESTER annonça que les questions en suspens seront examinées
par un Comité des "Amis du Ministre" convoqué à l'initiative du
Ministre Colombien de l'Environnement, Juan MAYR, Président de
la CdP-Ex et qui inclura une sélection de pays. Les
délibérations se poursuivirent tout au long du week-end.
Le dimanche 21 février, une révision du texte du Président fut
distribuée (UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.1) puis un nouveau texte fut
émis (UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.2), en résultat du travail
effectué par le Comité de rédaction Juridique. Ce texte assurait
la cohérence juridique dans le texte du Président sans en
altérer le fond.
Le lundi 22 février, le GTSB adopta le texte du Président qui
devait être transmis à la CdP-Ex. Plus de 50 pays devaient
ensuite faire part de leurs réserves concernant le texte,
soulignant qu'il ne reflétait pas un compromis équilibré.
Plusieurs intervenants devaient également faire objection à la
manière dont le texte a été élaboré et adopté.
A l'ouverture de la CdP-Ex, le Président nouvellement élu de la
CdP-Ex, Juan MAYR, prit l'initiative d'établir un groupe de
travail informel, le "Groupe des 10" comprenant les
représentants des groupes d'intérêts communs. L'orateur déclara
que ce groupe tentera de résoudre les questions en suspens en
vue de réaliser un consensus. Les différents groupes d'intérêts
étaient: l'UE, le Groupe de "Miami" formé par l'Argentine,
l'Australie, le Canada, le Chili, les Etats-Unis et l'Uruguay,
et le "Groupe de Même Esprit (le G-77/Chine moins les pays en
développement membres du Groupe de "Miami")". Tout au long de la
journée et de la nuit du mardi 23 février et jusqu'aux premières
heures du mercredi, les délégués débattirent du texte du
Président, au sein du groupe informel de MAYR, sans toutefois
parvenir à un consensus. Une proposition en "paquet" sur les
questions en suspens fut présentée par l'UE, et après
discussion, soutenue par le Groupe de "Même Esprit", les pays
d'Europe Centrale et de l'Est et un troisième Groupe de
"Compromis", constitué par le Japon, le Mexique, la Norvège, la
République de Corée et la Suisse. Le Groupe de "Miami" déclara
ne pas pouvoir accepter le paquet, notant qu'il n'y avait pas de
consensus. Le Groupe de "Miami" proposa de suspendre cette
session de la CdP-Ex et de reporter les discussions à une date
ultérieure. Lors de la Plénière finale qui commença vers 3h30 du
mercredi matin, les délégués adoptèrent une décision sur la
continuation de la CdP-Ex. Le projet de texte du Traité de
Carthagène (UNEP/CBD/ExCOP/1/2) sera transmis à la session de
reprise pour nouvel examen.
NEGOCIATION DU TRAITE DE BIOSECURITE
Voici ci-après une synthèse du projet de texte du Traité de
Carthagène sur la Bio-sécurité. Un certain nombre de questions
sont traitées de manière séparée, compte tenu de leur caractère
transversal et du fait qu'elles aient été discutées comme telles
dans les Sous-Groupes de Travail et les Groupes de Contact. Tous
les autres sujets sont présentés dans le cadre de l'article
pertinent du projet de texte du Traité.
NDLR: Pour des raisons de sensibilité politique, le Bulletin
des
Négociations de la Terre ne fait pas d'attribution directe aux
déclarations faites par les gouvernements dans les négociations
informelles, lorsque requis par le Président. Compte tenu de la
présence de participants non gouvernementaux en qualité
d'observateurs dans ces négociations, ce rapport ne fait pas
d'attributions aux déclarations faites dans les Sous-Groupes de
Travail et dans les Groupes de Contact.
Les "Produits Dérivés": Le terme "produits dérivés" examiné
précédemment dans le contexte du champ d'application du Traité
et des processus qui en relèvent, est référencé dans le projet
de texte du Traité, dans l'Article 17 (Echange d'Informations et
le Centre d'Echange de Données sur la Bio-sécurité) et les
Annexes I ((Information Requise dans les notifications) et II
(Evaluation des Risques), mais est exclu dans les Articles 4
(Champ d'application) et 5 (Application de la Procédure d'Accord
Préalable en Connaissance de Cause (APCC)).
Les débats du SGT-I devraient se concentrer au début sur la
note
informelle concernant les discussions tenues au GTSB-5 et qui
proposait qu'un certain nombre de produits dérivés d'OVM soient
inclus dans le Traité, dans la mesure où une disposition existe
dans le Traité stipulant que les données pertinentes (Evaluation
des risques posés à l'environnement et à la santé) concernant
les OVM utilisés dans le processus de transformation sont mises
à disposition à travers les mécanismes d'échanges
d'informations. Un délégué déclara que la proposition pouvait
servir de plate-forme à la négociation, mais plusieurs autres
firent part de leur désapprobation. Un pays suggéra que le
Traité définisse les catégories d'OVM pouvant faire l'objet de
dispositions différentes. Une autre délégation proposa que la
question pouvait être traitée dans le cadre des dispositions
portant sur l'évaluation des risques. Le SGT-I constitua un
groupe informel et le chargea d'examiner la manière dont il
fallait traiter la question des "produits dérivés". Le groupe
informel fit circuler un papier renfermant une variété
d'options: la pleine intégration, l'exécution totale et une
proposition de compromis des Coprésidents. Les Coprésidents des
SGT-I distribuèrent par la suite un papier additionnel
renfermant des propositions pour le traitement des "produits
dérivés". Plusieurs délégations devaient appuyer une proposition
contenue dans ce papier et stipulant que "les produits dérivés
purifiés et ne contenant pas de matériaux génétiques (ADN et
ARN) ne nécessitent pas d'être abordés dans le Traité". Certains
approuvèrent également la proposition des Coprésidents du SGT-I
qui stipulait que, compte tenu du fait qu'un accord semblait
irréalisable d'ici la fin de la réunion, la CdP pourrait adopter
la décision de mener de nouveaux travaux sur ce sujet. D'autres
se déclarèrent défavorables à cette option. Aucun consensus ne
put être réalisé et la question fut transmise au Comité des
"Amis du Présidents".
L'Approche de Précaution: L'approche de précaution contenue
dans
le Principe 15 de la Déclaration de Rio sur l'Environnement et
le Développement est référencé explicitement dans le Préambule
et dans l'Article 1 (Objectif) et implicitement dans l'Article 8
(Procédure Décisionnelle) et dans l'Annexe II (Evaluation des
Risques) du projet de Traité. L'approche de précaution fut
abordée précédemment dans les négociations sous l'appellation de
principe de précaution.
Des références crochetées au principe de précaution dans le
projet de texte de négociation (UNEP/CBD/BSWG/6/2) figuraient
entre autres dans le Préambule, l'Article 1 (Objectif),
l'Article 8 (Procédure Décisionnelle), l'Article 9 (Revue des
Décisions) et l'Article 12 (Evaluation des Risques). Les
délégués exprimèrent un large éventail de points de vue sur la
question de savoir s'il fallait inclure ce principe dans le
Traité. Plusieurs délégués soulignèrent l'importance de se
référer au principe de précaution dans les articles
opérationnels 8, 9 et 14 (portant respectivement sur la
procédure décisionnelle, la revue des décisions et l'évaluation
des risques), ainsi que dans les objectifs du Traité. Certains
soulignèrent en particulier l'Article sur l'évaluation des
risques. D'autres déclarèrent que l'insertion du principe dans
les Articles 8, 9 et 14 est le minimum requis pour limiter les
risques de la biotechnologie. D'autres encore souhaitèrent voir
la question abordée dans le Préambule. Un délégué indiqua que le
principe de précaution n'est pas défini dans le droit
international et qu'il est par conséquent difficile de
l'appliquer sans une définition approuvée par tous. Un certain
nombre de délégués déclarèrent que le projet de Traité était en
soi une expression du principe de précaution. Un délégué suggéra
que l'approche scientifique devait être prioritaire et que quand
celle-ci n'est pas disponible, l'approche de précaution pourrait
être appliquée, mettant en garde qu'une interprétation
suggestive du principe pouvait aboutir à des restrictions non
intentionnelles et avoir des effets économiques préjudiciables.
Un groupe restreint fut formé par le SGT-II pour débattre du
sujet, mais aucun consensus ne put être réalisé, certains
participants s'étant opposés fortement à l'insertion de toute
référence au principe dans les articles opérationnels.
La Santé Humaine: Les références "en tenant compte des risques
posés à la santé humaine" figurent dans l'objectif et tout au
long des articles où les effets adverses sur la bio-sécurité
sont mentionnés, et notamment dans les Articles 2 (Dispositions
Générales), 4 (Champ d'Application) et 12 (Evaluation des
Risques). Une disposition figurant dans l'Article 2 appelle
également les Parties à tenir compte du travail spécialisé
entrepris dans les fora internationaux sur les risques posés à
la santé humaine.
Les pays industrialisés arguèrent que le thème de la santé
humaine était en dehors du champ d'application du Traité et que
des initiatives internationales spécialisées étaient déjà mises
en place pour traiter ces questions. Les pays en développement
rétorquèrent que les mouvements trans-frontières d'OVM pouvaient
avoir des effets adverses sur la santé humaine, que les
considérations de santé humaine et de biodiversité étaient
inséparables et que le premier objectif du Traité devait, par
conséquent, être la promotion de la santé humaine. Un groupe
informel coprésidé par l'Autriche et le Botswana fut constitué
pour examiner le sujet et élaborer des options. Deux de ces
options, à savoir insérer la référence "en tenant compte des
risques posés à la santé humaine", tout au long du texte du
Traité, et insérer des références aux dispositions portant sur
la santé humaine retenues par la Commission Codex de l'OMS/FAO
et d'autres instruments internationaux furent reflétées dans le
texte du Président et restèrent inchangées dans le projet de
Traité.
PREAMBULE: Le Préambule renferme des références, entre autres:
aux Articles 8(g) (Gestion des Risques posés par les OVM), 17
(Echange d'Informations) et 19 (Manipulation de la
Biotechnologie et Répartition de ses Avantages) de la CDB; à la
Décision II/5 de la CdP de la CDB (Considération des besoins et
des Modalités d'un Traité sur le Transfert, la Manipulation et
l'Utilisation des OVM); à l'approche de précaution figurant dans
la Déclaration de Rio sur l'Environnement et le Développement);
à l'expansion de la biotechnologie et aux préoccupations
grandissantes du public concernant ses effets potentiels sur la
biodiversité et sur la santé humaine; aux potentialités de la
biotechnologie pour le bien-être des êtres humains; à
l'importance des centres d'origine et de la diversité génétique;
et, aux capacités limitées dans plusieurs pays pour faire face
aux risques associés aux OVM.
Le GC-II examina deux options pour le Traité, une option
concise
et une option extensive. Les délégués commencèrent à délibérer à
partir de la version courte en y ajoutant des libellés tirés de
la version longue. Parmi les éléments spécifiques soulevés,
l'expansion de la biotechnologie et les préoccupations du
public, ainsi que l'importance des centres d'origine et de la
diversité génétique. Quelques délégués apportèrent leur soutien
à l'idée d'insérer des références au principe de précaution, aux
considérations socio-économiques et à la responsabilité et
réparation, mais s'accordèrent pour laisser les sous-commissions
chargées de l'examen de ces questions particulières décider de
leur insertion dans le Préambule. Le projet de texte du Traité
inclut l'approche de précaution, mais pas les références aux
considérations socio-économiques et à la responsabilité et
réparation.
ARTICLE 1 (Objectif): L'objectif du Traité est de contribuer à
la garantie d'un niveau de protection adéquat dans le domaine du
transfert de la manipulation et de l'utilisation sans risque des
OVM résultant de la biotechnologie moderne, susceptibles d'avoir
des effets adverses sur la conservation et l'utilisation durable
de la biodiversité. Des références y sont faites à l'approche de
précaution et aux risques posés à la santé humaine et l'Article
se focalise sur les mouvements trans-frontières. L'Article
exclue les références aux impératifs socio-économiques et aux
produits dérivés.
Les débats du SGT-II devaient se focaliser sur la nécessité
d'insérer dans l'Article diverses références, entre autres, aux
"produits dérivés", au principe de précaution, à la santé
humaine et aux impératifs socio-économiques. Plusieurs pays en
développement apportèrent leur appui au maintien de ces
références, mais certains pays industrialisés y firent
objection. De nombreux pays déclarèrent que les objectifs du
Traité doivent rester focalisés sur les mouvements trans-
frontières d'OVM. Un délégué souligna la nécessité d'être en
harmonie avec l'Article 8(g) de la CDB concernant le thème de la
santé humaine. Aucun consensus n'ayant pu être réalisé au sein
du SGT-II, la question fut transférée au Comité des "Amis du
Président".
ARTICLE 2 (Dispositions Générales): Cet Article décrit les
obligations générales auxquelles doivent se soumettre les
Parties signataires du Traité pour ce qui concerne l'APCC et le
développement, la manipulation, le transport, l'utilisation, le
transfert et la mise en circulation des OVM. L'Article cherche
également à établir la primauté du Droit de la Mer et reconnaît
aux Parties le droit de prendre des mesures plus protectrices de
conservation et d'utilisation durable de la biodiversité, à
condition que ces mesures soient compatibles avec les autres
obligations relevant du droit international et en harmonie avec
les objectifs et les dispositions du Traité. Les Parties y sont
également encouragées à prendre en ligne de compte les
instruments et le travail entrepris dans les fora
internationaux, dans le domaine de la santé humaine.
ARTICLE 3 (Utilisation des Termes): Cet Article renferme les
définitions de la Conférence des Parties, de l'utilisation en
milieu confiné, de l'export, de l'exportateur, de l'import, de
l'importateur, des organismes vivants modifiés, de l'organisme
vivant, de l'organisation d'intégration économique régionale et
du mouvement trans-frontières. Les définitions des Parties
d'export et d'import furent supprimées. Le GC-I procéda à
l'examen de l'utilisation en milieu confiné de l'OVM, de
l'organisme vivant et de la biotechnologie moderne. Les délégués
ajoutèrent une définition de "l'utilisation en milieu confiné"
se référant à toute opération exécutée à l'intérieur d'une
structure physique et impliquant des OVM dont le contact avec
l'environnement est limité. Ils modifièrent également la
définition de l'OVM comme suit: "tout organisme vivant possédant
une nouvelle combinaison de matériaux génétiques obtenus à
travers l'utilisation de la biotechnologie moderne". Les
discussions autour de la définition de la biotechnologie moderne
aboutirent à la simplification du texte et à sa réduction à
l'application des techniques nucléiques in vitro et de la fusion
cellulaire au-delà de la famille taxinomique. Le GC-II examine
les définitions des termes export, exportateurs, import,
importateurs, organisation d'intégration trans-frontières. Les
délégués exprimèrent des avis différents sur la nécessité
d'insérer une formulation excluant le transit des définitions
portant sur le mouvement trans-frontières, l'export et l'import.
Notant la pertinence de discuter de cette question dans le cadre
des Articles 4 (Champ d'Application) et 5 (Application de la
Procédure de l'APCC), celle-ci fut renvoyée au SGT-I. Concernant
les termes export, exportateurs, import, importateurs, les
délégués optèrent pour faire référence au terme Parties par
opposition au terme Etats et s'accordèrent pour dire qu'une
définition du trafic illicite n'était pas nécessaire. Dans le
projet de texte du Traité, la définition du terme transit
n'était pas incluse, contrairement aux définitions des termes
Conférence des Parties et organisation d'intégration économique
régionale.
ARTICLE 4 (Champ d'Application): Cet Article décrit les
domaines
d'applicabilité et de non applicabilité du Traité. Le Traité
s'applique aux mouvements trans-frontières des OVM susceptibles
d'avoir des effets adverses sur la conservation et l'utilisation
durable de la biodiversité, en tenant également compte des
risques posés à la santé humaine. Le Traité ne s'applique pas
aux mouvements trans-frontières: qui ne sont pas susceptibles
d'avoir des effets adverses sur la conservation et l'utilisation
durable de la biodiversité; qui sont destinés à une utilisation
en milieu confiné (assujettis à certaines exceptions); et, qui
sont utilisés dans les produits pharmaceutiques à l'usage des
humains. En outre, à l'exception des Articles 2 (Dispositions
Générales), 14 (Mouvements Trans-frontières Non Intentionnels et
Mesures d'Urgence) et 15 (Manipulation, Transport, Emballage et
Identification), le Traité ne s'applique pas au transit d'OVM.
L'examen de cet Article par le SGT-I fut informé par les
discussions spécifiques sur "la santé humaine", les "produits
dérivés", et l'utilisation en milieu confiné. La question de
l'"utilisation en milieu confiné" donna lieu à un certain débat.
Quelques délégations souhaitèrent voir les OVM destinés à une
utilisation en milieu confiné assujettis aux mêmes dispositions
que les autres OVM. D'autres déclarèrent que ces OVM ne devaient
pas être assujettis aux procédures de l'APCC. Une délégation
suggéra que les OVM destinés à une utilisation en milieu confiné
soient exclus du champ d'application du Traité. Un groupe
informel fut constitué par le SGT-I pour débattre du sujet et
les résultats de ces délibérations furent transmises au
Président du GTSB. Des groupes informels devaient être également
convoqués pour se pencher sur les questions de "produits
dérivés" et de santé humaine.
Le premier projet de texte du Président inclut une troisième
annexe vide sur les OVM qui ne sont pas susceptibles d'avoir des
effets adverses sur la conservation et l'utilisation durable de
la biodiversité, en tenant compte des risques posés à la santé
humaine. L'annexe fut supprimée sur recommandation du Comité de
Rédaction Juridique, et une référence fut introduite à la
possibilité d'inclure une telle annexe dans le futur, dans le
cadre de l'Article 4.
ARTICLE 5 (Application de la Procédure de l'Accord Préalable en
Connaissance de Cause): Cet Article établit l'application de la
procédure de l'APCC. Le projet de texte du Traité stipule qu'en
fonction de ce qui n'est pas inclus dans le champ d'application,
la procédure de l'APCC, tel que figurant dans les Articles 6-9,
s'appliquera avant les premiers mouvements trans-frontières
d'OVM destinés à une introduction intentionnelle dans
l'environnement de la Partie importatrice. Il stipule également
que le terme introduction intentionnelle ne se réfère pas aux
OVM destinés à une utilisation directe dans l'alimentation ou
dans la nourriture des animaux ou encore dans les processus de
transformation et que les Parties peuvent, dans le cadre de
leurs législations respectives requérir des procédures
compatibles avec l'APCC pour des OVM autres que ceux exclus du
champ d'application du Traité. Il y est également stipulé que,
selon la disposition relative aux législations intérieures,
l'APCC ne s'appliquera pas aux mouvements trans-frontières des
OVM qui seront identifiés par décision de la CdP agissant en
Réunion des Parties signataires du Traité comme n'étant pas
susceptibles d'avoir des effets adverses sur la biodiversité, en
tenant compte des risques posés à la santé humaine.
L'un des principaux points contentieux soulevés dans le cadre
de
l'Article 5 fut reflété dans une discussion séparée sur les
matières premières et les OVM destinés à une mise en circulation
délibérée dans l'environnement et sur le point de savoir s'ils
doivent ou pas être soumis à la procédure de l'APCC. Plusieurs
pays industrialisés déclarèrent que seuls les OVM destinés à une
mise en circulation délibérée dans l'environnement doivent être
assujettis aux procédures de l'APCC et que les OVM destinés à la
consommation humaine ou animale ne posaient pas de menace
significative à la biodiversité et qu'ils pouvaient être traités
dans le cadre d'autres dispositions. Certains délégués
soulignèrent que les pays avaient le droit de prendre des
mesures plus strictes. Plusieurs pays en développement
déclarèrent que tous les OVM doivent être assujettis à la
procédure de l'APCC, quel que soit l'usage auquel ils seraient
destinés, car n'importe quel OVM peut être lâché de manière
accidentelle durant le transfert ou la manipulation. Un groupe
informel se réunit pour approfondir le débat sur les matières
premières et présenta au SGT-I un rapport disant que les
discussions ont été axées sur les obligations des Parties
exportatrices sur le format des informations et sur les méthodes
de sa mise à disposition. Concernant la proposition présentée
par les Coprésidents du SGT-II, plusieurs pays en développement
firent objection aux éléments suggérant la différenciation
potentielle dans les niveaux de risques entre les OVM destinés à
une introduction délibérée dans l'environnement et ceux destinés
à l'alimentation, à la nourriture des animaux et à la
transformation, et apportèrent leur soutien à la proposition
d'assujettir tous les OVM à la procédure de l'APCC. D'autres
appuyèrent l'idée d'établir une différenciation.
ARTICLE 6 (Notification): Cet Article stipule que les Parties
exportatrices doivent notifier ou requérir de l'exportateur de
s'assurer d'une notification écrite à l'adresse de l'autorité
nationale compétente de l'importateur avant le mouvement
transfrontalier intentionnel d'un OVM couvert par la procédure
de l'APCC dans l'Article 5 (Application de la Procédure de
l'APCC). La notification doit, au minimum, contenir
l'information spécifiée dans l'Annexe I (Information Requise
dans la Notification). Le débat au sujet de la notification
tourna autour du point de savoir si les Parties de transit
doivent ou pas être notifiées. Un délégué proposa que les
Parties peuvent requérir une notification de l'intention de
transit, mais d'autres délégations y firent objection. La
notification du transit fut supprimée de l'Article. Il y eut
également débat sur la question de savoir si le Centre d'Echange
d'Informations de Bio-sécurité devait être notifié, mais cette
proposition fut également exclue. Les discussions sur la
responsabilité juridique de l'exactitude des données transmises
aboutirent à deux propositions. En dépit des préoccupations
exprimées sur le point de savoir s'il devait y avoir une
obligation juridique de fournir une information exacte, le
projet de texte du Traité stipule que l'exportateur doit
s'assurer de l'existence d'une exigence juridique de fournir une
information exacte.
ARTICLE 7 (Accusé de Réception de la Notification pour l'APCC):
Cet Article stipule que la Partie importatrice doit accuser
réception de la notification par écrit dans un délai de 90 jours
après sa réception. Le contenu de l'accusé doit inclure: la date
de réception; si la notification contient l'information en
référence dans l'Article 6 (Notification) et s'il faut procéder
selon le cadre régulatoire intérieur de la Partie importatrice,
à condition qu'il soit compatible avec le Traité ou en accord
avec l'Article 8 (Procédure Décisionnelle pour l'APCC).
L'Article précise que le manquement à l'accusé de réception
n'implique pas un consentement pour le mouvement
transfrontalier.
L'Article 7 fut examiné dans le SGT-I et les questions de délai
furent confiées à un groupe informel. Le débat fut axé sur les
délais et sur l'application des cadres régulatoires domestiques.
Le délai de 90 jours pour l'accusé de réception émergea en tant
que compromis entre ceux qui souhaitaient avoir 30 jours et ceux
qui voulaient "une période de temps raisonnable" non spécifiée.
Certains délégués appelèrent à des dispositions sur la question
des cadres régulatoires domestiques qu'ils souhaitaient voir
incluse dans un article séparé, mais cette proposition ne fut
pas acceptée.
ARTICLE 8 (Procédure Décisionnelle): L'Article 8 requiert des
Parties importatrices d'informer l'auteur de la notification
dans le délai de 90 jours accordé à l'accusé de réception que le
mouvement transfrontalier peut s'effectuer sans consentement
écrit subséquent ou qu'il ne peut s'effectuer qu'après le
consentement par écrit. Les Parties sont requises de communiquer
leur décision dans un délai de 270 jours après réception de la
notification. L'Article présente ensuite quatre décisions
possibles que les Parties peuvent prendre: l'approbation, y
compris la manière dont la décision doit s'appliquer aux
importations suivantes; l'interdiction; la requête d'un
complément d'information; ou, l'information que le délai de 70
jours a été prolongé d'une "période déterminée". L'Article
spécifie que si une Partie donnée ne communique pas sa décision
dans un délai de 270 jours, cela n'impliquera pas le
consentement. Les Parties doivent donner les raisons de leur
décision, sauf pour les approbations inconditionnelles. Un
libellé très controversé permet aux Parties importatrices
d'invoquer l'approche de précaution en stipulant que l'absence
de certitudes scientifiques ou de consensus ne les empêchera pas
d'interdire l'importation des OVM. Au sujet de l'action future,
l'Article prévoit des circonstances qui restent à définir dans
lesquelles les mouvements trans-frontières peuvent avoir lieu
sans consentement écrit et donne à la première CdP servant de
Réunion des Parties la latitude de prendre des mesures
permettant de "faciliter la prise d'une décision par une Partie
importatrice donnée".
Les débats au sein du SGT-I furent centrés sur les projets de
disposition permettant aux Parties importatrices d'informer le
consignateur de la notification que le mouvement trans-
frontières peut être effectué sans nouveau consentement écrit.
Plusieurs pays en développement se déclarèrent concernés par le
risque de voir, au cas où le consentement explicite n'est pas
requis, une erreur bureaucratique donner lieu à des mouvements
trans-frontières indésirables. La question des délais provoqua
également un certain débat et le SGT-I ne parvint pas à
s'accorder sur l'une des trois options: 180 ou 270 jours ou une
"période de temps raisonnable". Cette dernière option souleva
des réserves quant à l'incertitude qu'elle introduit. Le libellé
autorisant l'exportateur à procéder aux mouvements trans-
frontières au cas où la réponse n'était pas reçue, en temps
utile, fut supprimé.
ARTICLE 9 (Revue des Décisions dans le cadre de l'APCC): Cet
Article permet à une Partie importatrice de revoir et de changer
à tout moment sa décision concernant le mouvement trans-
frontières d'un OVM. La Partie importatrice doit fonder sa
décision sur de nouvelles données scientifiques en tenant compte
des risques posés à la santé humaine. La Partie doit alors
informer le consignateur de la notification et le Centre
d'Echange d'Information de Bio-sécurité, dans un délai de 30
jours, en donnant les raisons de sa décision. L'Article 9
établit également les conditions sous lesquelles la Partie
exportatrice ou le consignateur de la notification peuvent
requérir une révision, soit lorsqu'ils considèrent qu'un
changement de circonstances a eu lieu ou que des données
scientifiques ou techniques additionnelles sont devenues
disponibles. Les Parties importatrices sont requises de répondre
aux requêtes de révision dans un délai de 90 jours en justifiant
leur réponse. Enfin, l'Article prévoit pour la Partie
importatrice de requérir des évaluations de risque pour les
importations d'OVM suivantes comme elle l'entend.
Le SGT-I ne parvint pas à un accord sur l'Article et ce dernier
fut transmis sans amendement au Président. Le débat se focalisa
sur le point de savoir si c'est la Partie exportatrice ou le
consignateur de la notification qui doivent pouvoir requérir de
la Partie importatrice de réviser sa décision concernant le
mouvement trans-frontières d'un OVM. Dans le projet de texte du
Traité, on supprima la référence à l'utilisation du principe de
précaution comme base pour la prise d'une décision de révision
et on supprima également la condition selon laquelle la Partie
exportatrice ou le consignateur de notification peuvent requérir
une révision s'il existe une preuve raisonnable que la décision
originale n'est pas basée sur des principes et des preuves
scientifiques. Le libellé définissant les conditions sous
lesquelles les évaluations de risques concernant les
importations subséquentes peuvent être menées, fut également
supprimé.
ARTICLE 10 (Procédure Simplifiée): Cet Article permet à la
Partie importatrice de spécifier à l'avance au Centre d'Echange
d'Information de Bio-sécurité, les OVM à exempter de l'APCC,
ainsi que les situations où les mouvements trans-frontières
peuvent s'effectuer en simultané avec la notification et auquel
cas ces notifications pourraient s'appliquer aux mouvements
subséquents destinés à la même Partie. Le SGT-I discuta
brièvement de cet Article et un certain nombre de délégués
appelèrent à sa suppression. Certains affirmant qu'il était
inutile, d'autres arguant que tous les OVM doivent être
assujettis à l'APCC. Le SGT-I transmit l'Article inchangé au
Président. Le projet de texte du Traité maintint la majeure
partie des libellés contenus dans le projet de texte des
négociations.
ARTICLE 11 (Accords et Arrangements Multilatéraux, Bilatéraux
et
Régionaux): Cet Article établit les dispositions qui
s'appliquent aux Parties qui adhèrent à des accords et des
arrangements multilatéraux, bilatéraux et régionaux avec
d'autres Parties ou Non-Parties concernant les procédures
relatives aux mouvements trans-frontières des OVM. L'Article fut
examiné par le SGT-I, mais aucun progrès ne put être réalisé,
certaines Parties appelant à la suppression de l'Article. Selon
l'Article 11, les accords ou arrangements conclus par les
Parties doivent être compatibles avec les objectifs du Traité et
ne pas aboutir à un niveau de protection moins élevé que celui
prévu par le Traité. Les Parties doivent informer le Centre
d'Information de Bio-sécurité de tout accord ou arrangement
auxquels elles auraient adhéré avant ou après l'entrée en
vigueur du traité et que les dispositions du Traité
n'affecteront pas les mouvements trans-frontières qui auront
lieu à leur suite. L'Article prévoit également pour la Partie
importatrice la possibilité de déterminer que ses régulations
domestiques s'appliqueront à ses importations, à condition
qu'elle envoie une notification dans ce sens, au Centre
d'Information de Bio-sécurité. Les dispositions permettant à une
organisation d'intégration économique régionale de déclarer que
le Traité ne s'applique pas aux mouvements effectués à
l'intérieur de ses territoires furent supprimées.
ARTICLE 12 (Evaluation des Risques): Cet Article établit les
dispositions qui doivent régir la conduite de l'évaluation des
risques. Il stipule que l'évaluation des risques doit être menée
conformément aux dispositions énoncées dans l'Annexe II et doit
se baser au minimum sur l'information fournie conformément à la
procédure de ratification et sur d'autres preuves scientifiques
disponibles aux fins d'identifier et d'évaluer les possibles
effets adverses des OVM sur la conservation et l'utilisation
durable de la biodiversité, en tenant également compte des
risques posés à la santé humaine. Le texte stipule par ailleurs
que l'importateur doit s'assurer que l'évaluation des risques
est menée conformément à la procédure de l'APCC, mais que
l'importateur peut requérir de l'exportateur de mener
l'évaluation des risques. Enfin, le consignateur de la
notification y est requis d'assumer la responsabilité financière
de l'évaluation des risques.
Le SGT-I convoqua un groupe de contact et le chargea d'intégrer
les propositions d'amendement dans le texte révisé. La
proposition appelant à l'élaboration de l'évaluation des risques
par des organisations internationales pertinentes fut réarrangée
par le remplacement de techniques "appropriées" par techniques
"reconnues". Les délégués débattirent de la question de savoir
si la responsabilité incombait exclusivement à l'importateur, ou
si le libellé devait refléter que l'importateur pouvait demander
à l'exportateur de mener l'évaluation des risques. Quelques pays
industrialisés firent objection au libellé spécifiant la
responsabilité financière. D'autres estimèrent que cette
responsabilité devait incomber exclusivement à l'exportateur.
Certains qualifièrent d'ambigu le terme "notificateur".
ARTICLE 13 (Gestion des Ressources): Cet Article stipule que
les
Parties doivent établir et maintenir des mécanismes, des mesures
et des stratégies appropriées pour réguler, gérer et contrôler
les risques identifiés dans le cadre des dispositions de
l'évaluation des risques et élabore sur les mesures et les
contrôles. Les mesures seront imposées en fonction des
nécessités pour prévenir les effets adverses sur la biodiversité
et les Parties peuvent requérir, le cas échéant, des évaluations
de risque avant la première introduction d'un OVM. L'Article
stipule également que chaque Partie doit, aux fins de s'assurer
de la stabilité génomique et des traits, faire en sorte de
s'assurer que tout OVM subisse une période d'observation
proportionnelle à son cycle de vie ou avant d'être remis pour
l'usage auquel il est destiné. Enfin, l'Article prévoit que les
Parties doivent coopérer dans l'identification des OVM ou des
traits spécifiques des OVM susceptibles d'avoir des effets
adverses sur la biodiversité, en tenant compte des risques posés
à la santé humaine, aux fins de prendre les mesures appropriées
nécessaires au traitement de tels OVM.
Un certain nombre de délégué devaient s'opposer à la
suppression
du paragraphe portant sur la prise de mesures sans certitude
scientifique, apporter leur soutien au maintien du paragraphe
appelant à la prise de mesures appropriées pour prévenir les
mouvements trans-frontières non intentionnels et proposer de
déplacer la disposition intéressant l'assistance technique et
financière vers l'Article 19 qui porte sur le renforcement des
capacités. Plusieurs délégués apportèrent leur appui à une
proposition d'insérer un paragraphe sur la suppression
progressive ou l'interdiction de certains OVM, avec une
référence spécifique aux gènes marqueurs de la résistance aux
antibiotiques. D'autres s'opposèrent à l'insertion de ce
paragraphe. Le projet de texte du traité n'inclut pas les
références: à l'assistance financière et technique en faveur des
importateurs, à la prise de mesures sans certitude scientifique,
à la suppression progressive ou à l'interdiction d'OVM
spécifiques pouvant avoir des effets adverses; aux gènes
marqueurs de la résistance aux antibiotiques.
ARTICLE 14 (Mouvements Trans-Frontières Non Intentionnels et
Mesures d'Urgence): Cet Article étaye les mesures que les
Parties doivent prendre en cas de mouvements trans-frontières
non intentionnels d'OVM et notamment celles de la notification
de fourniture d'informations et de consultation. Quelques
délégués déclarèrent qu'il n'était pas réaliste de prétendre à
la prévention des mouvements trans-frontières d'OVM. D'autres
notèrent les liens entre cet Article et ceux portant sur
l'évaluation des risques, les OVM et l'information
confidentielle. Un délégué souligna la nécessité d'identifier la
Partie à qui doit incomber la responsabilité d'enclencher les
mesures de réponse permettant de minimiser les effets négatifs.
Une autre délégation proposa de remplacer l'intitulé du titre
par "les mesures à prendre en cas d'urgence" et de supprimer le
paragraphe appelant à des mesures de minimisation des mouvements
trans-frontières non intentionnels d'OVM. De nombreux pays en
développement y firent objection. Concernant le processus de
consultation, les points de vue des délégations divergèrent sur
la nécessité d'une requête de la part de la Partie touchée ou
potentiellement affectée et sur l'entité à consulter. Certains
préférèrent l'introduction de références aux considérations
socio-économiques et à la santé humaine. Le paragraphe consacré
à la confidentialité de l'information fut supprimé et inséré
dans l'Article 18 (Information Confidentielle).
ARTICLE 15 (Manipulation, Transport, Emballage et
Identification): Cet Article cherche à assurer que les OVM
destinés à un mouvement trans-frontière intentionnel soient
manipulés, transportés et emballés dans de bonnes conditions de
sécurité et qu'ils soient clairement identifiés, notamment dans
la documentation d'accompagnement. L'Article appelle également à
la considération du besoin et des modalités d'élaborer des
normes d'identification, de manutention, d'emballage et de
transport. Les discussions du SGT-II portèrent sur l'étiquetage/
l'identification, les règles et les normes internationales
pertinentes, et l'élaboration de nouveaux standards dans le
cadre du Traité. La plupart des délégations des pays en
développement appuyèrent l'insertion d'une disposition
contraignante concernant la manipulation, le transport,
l'emballage et l'étiquetage. Certains plaidèrent pour
l'apposition d'un label clairement défini sur le colis ou le
container, en plus du pli cartable. Un délégué nota que les
travailleurs manipulant le colis doivent être informés de la
nécessité d'un entreposage approprié et des risques associés à
la manipulation des OVM. Plusieurs pays industrialisés
souhaitèrent l'exclusion de l'étiquetage mentionnant la
suffisance de l'identification. Certains n'apportèrent pas leur
soutien aux exigences en matière de documentation, en déclarant
que ces exigences, à l'instar de l'étiquetage destiné aux
consommateurs, relèvent de la politique intérieure. Quelques
délégations proposèrent de retenir soit l'identification par pli
cartable, soit l'identification par étiquetage. Plusieurs pays
industrialisés apportèrent leur appui à des références aux
règles et normes internationales pertinentes, faisant état de
standards disponibles à prendre en considération et s'opposant à
l'élaboration de nouvelles normes. La plupart des pays en
développement s'opposèrent à toute référence de cet ordre,
affirmant que ces normes ne seyaient pas au Traité et
souhaitèrent l'élaboration de nouvelles normes. Par ailleurs,
les délégués furent en désaccord sur les références aux thèmes
transversaux, notamment celles aux "produits dérivés" et aux
"risques posés à la santé humaine". Il y eut également désaccord
sur le point de savoir si l'Article devait s'appliquer à tous
les OVM inscrit dans le champ d'application du Protocole ou
uniquement à ceux assujettis à la procédure de l'APCC.
En guise de compromis, le projet de texte du Traité se réfère à
"l'identification" et à la documentation d'accompagnement, au
lieu de "l'étiquetage". Un paragraphe séparé fut inséré, pour
requérir des réunions des Parties signataires du Traité de
considérer l'opportunité et les modalités d'élaborer des normes
d'identification, de manipulation, d'emballage et de transport.
ARTICLE 16 (Autorité Nationale Compétente et Correspondant
National): Cet Article requiert des gouvernements de désigner
les correspondants nationaux et les autorités nationales
compétentes devant être en liaison avec le Secrétariat et
assumer les fonctions administratives relevant du Traité.
L'Article n'engendra aucun débat et fut provisoirement adopté
par la Plénière le mercredi 17 février 1999.
ARTICLE 17 (Echange d'Information et Centre d'Echange des
Données de Bio-sécurité): Cet Article établit un Centre
d'Echange d'information de Bio-sécurité (CEI) et décrit ses
objectifs et les types d'information qui doit lui être fourni.
Les modalités d'opération du CEI doivent être examinées par la
première réunion des Parties signataires du Traité.
Les discussions se focalisèrent ici sur le caractère que doit
revêtir le CEI. Certaines délégations préférèrent avoir une base
de données, plutôt qu'un mécanisme CEI. Ceux qui préféraient un
mécanisme CEI n'étaient pas du même avis sur le point de savoir
s'il devait être un CEI autonome, ou s'il devait faire partie
intégrante du CEI de la CDB. Bon nombre de pays estimèrent qu'un
CEI de Bio-sécurité indépendant ne serait pas rentable et que
deux CEI constitueraient une charge trop lourde pour les pays.
D'autres mirent en garde que l'intégration de deux mécanismes
risquaient de surcharger le CEI de la CDB et évoquèrent les
différentes focalisations des deux CEI. Le Secrétariat indiqua
que d'un point de vue technique, le CEI de la CDB était capable
de faire face aux demandes d'informations liées au Traité. En
discutant de l'information devant être fournie au CEI, les
délégués exprimèrent des avis divergents sur un certain nombre
de références, notamment celles aux "produits dérivés" et à
"l'information confidentielle". Plusieurs délégations évoquèrent
également les liens entre cet Article et ceux traitant de
l'évaluation des risques et de la procédure de l'APCC. Sur la
base du débat mené par le SGT-II, les délégués approuvèrent le
projet de proposition des Coprésidents figurant dans le texte du
Président du GTSB, dans lequel le CEI de Bio-sécurité était
défini comme partie intégrante du CEI de la CDB. Dans le projet
de texte du Traité, la référence aux "produits dérivés" est
supprimée, alors que la référence à "l'information
confidentielle" est maintenue.
ARTICLE 18 (Information Confidentielle): Cet Article prévoit
pour la Partie d'importation de permettre au consignateur de la
notification d'identifier les données qui doivent être traitées
de manière confidentielle. L'information confidentielle doit
être protégée par la législation nationale.
L'Article identifie par ailleurs les données qui "peuvent ne
pas" être considérées confidentielles, telles que la description
générale des OVM, le nom et l'adresse du consignateur de la
notification, un rapport de synthèse de l'évaluation des risques
entreprise et les plans de la réponse aux situations d'urgence.
Les discussions se focalisèrent sur la nécessité de cette
disposition. La plupart des pays en développement souhaitèrent
son exclusion, indiquant que l'information confidentielle était
déjà couverte par les législations domestiques et par
différentes lois internationales. Un délégué déclara que le
Traité avait pour objet la bio-sécurité et non le bio-commerce,
et que par conséquent une disposition sur l'information
confidentielle était impertinente. Un autre suggéra de la
présenter plutôt dans le Préambule ou dans l'Article 17
(l'Echange d'Informations et le Centre d'Echanges des Données de
Bio-sécurité). La plupart des pays industrialisés devaient
apporter leur appui à son insertion, arguant que la protection
de l'information confidentielle encourageait la fourniture d'une
information complète. Aucun consensus ne put être réalisé sur
cet Article au sein du SGT-II et il fut transmis au Comité des
"Amis du Président".
ARTICLE 19 (Renforcement des Capacités): Cet Article stipule
que
les Parties doivent coopérer dans le développement et le
renforcement des ressources humaines et des capacités
institutionnelles, à travers notamment: la formation en matière
de gestion de la biotechnologie sans risque, l'évaluation et la
gestion des risques; les capacités technologiques et
institutionnelles et la biotechnologie dans la mesure de ce qui
est requis pour la bio-sécurité. L'Article fait référence aux
besoins des Parties pays en développement, et en particulier des
pays les moins avancés et des Petits Etats Insulaires en
Développement, ainsi que des pays en transition économique. Les
débats furent menés par le SGT-II, une sous-commission du SGT-II
et enfin le GC-II. L'Article fut examiné en conjonction avec
l'Article 26 (Ressources Financières et Mécanisme de
Financement), beaucoup ayant souligné que le traitement du thème
du renforcement des capacités serait inadéquat sans référence
aux ressources financières. Quelques pays industrialisés
plaidèrent pour une limitation du champ d'application de
l'Article aux seules questions touchant aux mouvements
transfrontaliers et non à la biotechnologie et à la bio-
sécurité, de manière plus générale, lesquelles dépassent le
mandat du Traité. Les délégués devaient diverger également sur
le libellé appelant à faciliter l'implication du secteur privé,
certains soulignant son caractère domestique, d'autres mettant
l'accent sur son importance dans le domaine de la
biotechnologie. La référence fut retenue dans le projet de texte
du Traité.
ARTICLE 20 (Sensibilisation et Participation du Public): Cet
article requiert des Parties de promouvoir et de faciliter la
prise de conscience, la sensibilisation et la participation du
public dans la mise en uvre du Traité. Il requiert la
consultation du public dans les processus décisionnels et la
fourniture des résultats au public dans le respect de
l'information confidentielle. Il appelle chacune des Parties à
informer son public quant à la manière d'accéder au CEI de bio-
sécurité. Plusieurs pays en développement suggérèrent de faire
référence aux produits dérivés et à la santé humaine et de
supprimer les libellés portant sur l'information confidentielle.
Plusieurs pays industrialisés proposèrent de supprimer les
libellés portant sur les produits dérivés, et l'un d'entre eux
suggéra la suppression de la référence à la santé humaine.
Quelques délégués exprimèrent des avis contradictoires sur le
point de savoir s'il devait être obligatoire ou discrétionnaire
pour les Parties de fournir à leur public l'information et les
opportunités de participation. Les Coprésidents du SGT-II
produisirent pour la discussion une révision de texte qui
engendra un nouveau débat. La plupart des délégations
indiquèrent que la révision de texte ne reflétait pas l'élément
de participation. Les délégués divergèrent, entre autres, sur le
point de savoir si l'information confidentielle nécessitait une
protection; si l'information complète ou seulement une
information appropriée devaient être mises à la disposition du
public; et si l'information devait porter uniquement sur "la
mise en circulation, le transfert, la manipulation et
l'utilisation des OVM" ou également sur les résultats du
processus de prise de décision concernant ces activités. Le
groupe restreint formé pour traiter ce sujet produisit un texte
incluant des références crochetées à la santé humaine, aux
produits dérivés et à "la mise en circulation, transfert,
manipulation et utilisation". La question fut transférée au
Comité des "Amis du Président". Le projet de texte du Traité
comprend des références à la santé humaine et exclue de
l'information à fournir au public les données concernant "la
mise en circulation" des OVM.
ARTICLE 21 (les Non-Parties): Cet Article stipule que les
mouvements trans-frontières d'OVM entre les Parties et les Non-
Parties doivent s'effectuer de manière compatible avec les
objectifs et les principes du Traité. Les Parties doivent
encourager les Non-Parties à adhérer au Traité et à apporter
leurs contributions au Centre d'Echange d'Information de Bio-
sécurité. En outre, l'Article fait référence à l'Article 11
(Accords et Arrangements Multilatéraux, Bilatéraux et Régionaux)
pour ce qui concerne les mouvements trans-frontières effectués
dans le cadre de ces accords et de ces arrangements. Le SGT-II
et une sous-commissions devaient procéder à l'examen de cette
question dans un ensemble comprenant également les Articles 22
(Non-Discrimination) et 31 (Relations avec d'Autres Accords
Internationaux). Plusieurs pays en développement apportèrent
leur appui à la proposition d'insérer un paragraphe interdisant
le commerce avec les Non-Parties, en soulignant que cela
encouragerait les pays à signer le Traité. D'autres affirmèrent
que l'interdiction du commerce avec les Non-Parties
découragerait les ratifications ou indiquèrent que
l'interdiction du commerce n'était pas réaliste. Certains
préférèrent que les Parties pratiquent leur commerce en matière
d'OVM avec les Non-Parties de manière compatible avec les
objectifs du Protocole. Après considération des questions liées
à l'aspect pratique d'une interdiction commerciale et aux
difficultés juridiques éventuelles en rapport avec l'OMC, le
libellé sur l'interdiction fut retiré. Les délégués devaient
également soulever des questions sur les normes que les Non-
Parties auront à respecter (exemple: les objectifs du Traité,
les dispositions de fond ou la compatibilité avec la
conservation et l'utilisation durable de la biodiversité). Le
projet de texte du traité retint la référence à la compatibilité
avec les objectifs et les principes du Traité.
ARTICLE 22 (Non-Discrimination): Cet Article stipule que les
Parties doivent s'assurer que les mesures prises pour la mise en
uvre du Traité ne fassent pas de discrimination de manière
injustifiée entre les OVM produits localement et les OVM
importés et ne créent pas d'obstacles non nécessaires au
commerce international. Le GTS-II et une sous-commission
procédèrent à l'examen de l'Article dans un ensemble englobant
les Articles 21 (Non-Parties) et 31 (Relations avec d'Autres
Accords Internationaux). Plusieurs délégués plaidèrent pour la
suppression de cette disposition crochetée, certains souhaitant
éviter l'implication des concepts du commerce, et d'autres
évoquant la difficulté de synthétiser de manière appropriée les
régulations de l'OMC. Un groupe régional préféra le maintien de
l'Article, soulignant la nécessité des concepts de non-
discrimination pour la clarification des relations avec ceux qui
ne sont pas membres de l'OMC.
ARTICLE 23 (Mouvements Trans-Frontières Illicites): Cet Article
qui est intitulé "trafic illicite" dans le projet de texte de
négociation oblige les Parties à adopter des mesures domestiques
appropriées de prévention et de pénalisation des mouvements
trans-frontières d'OVM effectués en contrevenant au Traité. Il
confère à la Partie le pouvoir de requérir de la Partie
d'origine de disposer des OVM incriminés, à ses propres frais.
L'Article requiert également des Parties de mettre à disposition
du CEI de Bio-sécurité les données concernant les cas de
mouvements trans-frontières illicites.
Les discussions devaient se focaliser sur la nécessité de cet
Article. La plupart des pays en développement plaidèrent en
faveur de son maintien, évoquant le besoin d'harmoniser les
mesures prises pour le traitement du trafic illicite. Plusieurs
pays industrialisés s'opposèrent à son maintien, arguant que les
Parties avaient la possibilité de mettre en place des régimes
domestiques pour le traitement du trafic illicite. Ils firent
objection, en particulier, à la disposition exigeant de la
Partie d'origine, en cas de trafic illicite, de disposer des OVM
à ses propres frais. Le GC-II ayant recommandé la suppression de
la définition du trafic illicite, un pays en développement
introduisit dans la disposition un libellé définissant le trafic
illicite de "mouvement trans-frontières d'OVM effectué en
contravention avec les dispositions pertinentes du Traité".
Plusieurs pays en développement apportèrent leur soutien à cette
formulation, laquelle fut insérée dans le projet de texte du
Traité. Quelques pays industrialisés soulignèrent que les
réserves concernant la promulgation de lois pour la protection
de la confidentialité demandaient que seules les données
appropriées soient transmises. Cette question fut transférée au
Comité des "Amis du Président" pour examen approfondi et les
résultats furent inclus dans le projet de texte du Traité.
ARTICLE 24 (Considérations Socio-économiques): Cet Article
permet aux Parties de tenir compte des considérations socio-
économiques découlant de l'impact des OVM sur la conservation et
l'utilisation durable de la biodiversité dans leurs prises de
décisions concernant les importations d'OVM. Ces décisions
doivent être compatibles avec les obligations internationales
incombant aux différentes Parties. L'Article encourage par
ailleurs les Parties à coopérer dans la recherche et l'échange
d'informations sur les effets socio-économiques.
Le débat se focalisa sur la nécessité de l'Article. Plusieurs
pays en développement préférèrent leur inclusion, mais les
délégations des pays industrialisés qualifièrent le sujet comme
étant difficile à quantifier, débordant le mandat du GTSB,
variant d'un pays à l'autre et plus approprié pour une action
dans le cadre intérieur. Parmi ceux qui souhaitaient ne pas
avoir un article opérationnel séparé, quelques uns suggérèrent
son inclusion dans le Préambule. D'autres proposèrent de le
traiter dans les chapitres consacrés au renforcement des
capacités, à l'assistance financière ou à la responsabilité et
réparation. Un groupe restreint fut convoqué par le SGT-II pour
débattre du sujet, mais ne parvint à réaliser aucun consensus.
ARTICLE 25 (Responsabilité et Réparation): Cet Article stipule
que la première CdP servant de Réunion des Parties adoptera un
processus pour l'élaboration appropriée de règles et procédures
internationales dans le domaine de la responsabilité et de la
réparation des préjudices découlant des mouvements trans-
frontières d'OVM. La CdP tiendra compte de tous les processus en
cours sur ces questions, au niveau du droit international et
s'efforcera de compléter ce processus, en l'espace de quatre
ans.
Le Président de la Sous-Commission qui a mené la première
discussion sur ce sujet essaya d'élaborer un terrain d'entente
entre les positions polarisées, lesquelles demandaient une
formulation forte pour l'Article ou carrément sa suppression.
Après de longues discussions, plusieurs délégués s'accordèrent
pour dire que cette question complexe ne pouvait pas être
entièrement élaborée dans l'espace de cette réunion et
appuyèrent la proposition d'insérer un article donnant la
possibilité de travailler sur ce sujet dans le futur. Le débat
devait ensuite se focaliser sur le niveau d'engagement
nécessaire à ce travail et sur les délai possibles de l'action.
Tout au long du débat, plusieurs pays en développement devaient
faire objection à des propositions de texte appelant uniquement
à la poursuite de l'examen pour une action éventuelle, arguant
que cela était de nature à retarder indéfiniment l'action.
D'autres délégués cherchèrent à insérer un article, mais
finirent par inclure un libellé moins spécifique pour ce qui est
de l'action. Ils notèrent que des régimes de responsabilité
civile existaient déjà partout dans le monde, et qu'en faire
omission dans le Traité n'empêchera pas les réparations
juridiques.
La Sous-Commission discuta du sujet dans trois séances, avant
de
le transférer au Comité des "Amis du Président". Concernant
l'action, le projet de texte qui émergea de chacune des sessions
renferma des libellés appelant à "l'examen des modalités" de
l'établissement de règles et d'une étude approfondie, puis à
l'"adoption d'un processus" d'élaboration appropriée de règles
et de procédures internationales. Les délais suggérés pour
l'achèvement de ces actions variaient et allaient de la position
appelant à ne pas fixer de calendrier spécifique à celles
appelant à un délai de six ans et de quatre ans. Certains
délégués insistèrent également pour que le processus tienne
compte des régimes existants.
ARTICLE 26 (Ressources Financières et Mécanisme de
Financement):
Cet Article établit le mécanisme de financement de la CDB comme
étant celui du Traité et, concernant les directives à fournir au
mécanisme, mentionne la nécessité du renforcement des capacités
et des ressources financières pour les pays en développement. La
CdP servant de Réunion des Parties signataires du Traité
fournira ses directives à la Conférence des Parties de la CDB
pour examen et transmission au mécanisme de financement.
L'Article 26 fut examiné par le GTS-II et le GC-II, en
association avec l'Article 19 (Renforcement des Capacités),
compte tenu de leurs liens étroits et du souhait de nombreux
pays en développement de s'assurer de l'inclusion des éléments
spécifiques du renforcement des capacités (par exemple, les
domaines de l'évaluation et de la gestion des risques), dans
l'Article 19, avant d'accepter leur suppression dans l'Article
26. Les délégués devaient également débattre des bases
procédurières pour la fourniture des directives, certains
affirmant que la transmission directe des directives au
mécanisme financier serait en violation avec le règlement
intérieur de la CDB et celui du Fonds pour l'Environnement
Mondial.
ARTICLE 27 (La CdP Servant de Réunion des Parties): Cet Article
provisoirement adopté par la GTSB-5 ne fut pas abordé au GTSB-6.
ARTICLE 28 (Organes et Mécanismes Subsidiaires): Cet Article,
provisoirement adopté au GTSB-5, ne fut pas discuté au GTSB-6.
ARTICLE 29 (Secrétariat): Cet Article qui avait été
provisoirement adopté au GTSB-5 ne fut pas débattu au GTSB-6.
ARTICLE 30 (Relations avec la Convention): Cet Article fut
provisoirement adopté au GTSB-5 et ne fut pas abordé au GTSB-6.
ARTICLE 31 (Relations avec d'Autres Accords Internationaux):
Cet
Article stipule que les dispositions du Traité n'affecteront pas
les droits et les obligations des Parties relevant de tout
accord international existant auquel elles auraient adhéré.
L'Article prévoit une réserve, à savoir, "à l'exception des cas
où l'exercice de ces droits et obligations causerait de sérieux
préjudices ou menace à la diversité biologique". Cet Article fut
examiné par le SGT-II et par une sous-commission dans le cadre
d'un ensemble englobant l'Article 21 (Non-Parties) et 22 (Non-
Discrimination), compte tenu de leur aspect commun touchant au
commerce. Les délégués divergèrent quant à la nécessité de
maintenir l'Article dans le Traité. Quelques délégations de pays
industrialisés souhaitèrent sa suppression, car il risquait
d'isoler le Traité en l'écartant du contexte du droit
international. Plusieurs délégations de pays en développement
souhaitèrent également la suppression de l'Article pour raisons
de conflit avec certains accords internationaux et de
chevauchement avec l'Article 22 de la CDB (Relations avec
d'Autres Conventions Internationales). D'autres délégués
devaient, à l'opposé, apporter leur soutien à l'insertion de
l'Article, mais pas à la référence à l'exception prévue pour les
cas de menace à la biodiversité. Le projet de texte du Traité
retint l'Article avec sa réserve.
ARTICLE 32 (le Suivi et l'Evaluation des Rapports): Cet
Article,
provisoirement adopté au GTSB-5, ne fut pas abordé au GTSB-6.
ARTICLE 33 (Respect des Obligations): Cet Article stipule que
la
première CdP servant de réunion des Parties signataires du
Traité procédera à l'examen et à l'approbation des procédures de
coopération et des mécanismes institutionnels visant à
promouvoir la conformité aux obligations et à traiter les cas de
violation. Les crochets entourant l'Article furent enlevés,
lorsque le GC-II s'entendit pour spécifier que les mesures de
conformité aux obligations doivent avoir un caractère coopératif
et non punitif.
ARTICLE 34 (Evaluation et Révision): Cet Article prévoit que la
CdP servant de Réunion des Parties signataires du Traité doit
procéder à l'évaluation de l'efficacité du Traité, y compris de
ses procédures et de ses annexes, cinq ans après son entrée en
vigueur et à partir de là, de manière périodique tous les cinq
ans. Le SGT-I s'accorda pour enlever les crochets qui
entouraient la période de cinq ans, et l'Article fut
provisoirement adopté par la Plénière du GTSB, le 17 février.
ARTICLE 35 (Signatures): Cet Article, provisoirement adopté au
GTSB-5, ne fut pas abordé au GTSB-6.
ARTICLE 38 (Entrée en vigueur): Cet Article, provisoirement
adopté au GTSB-5, ne fut pas abordé au GTSB-6.
ARTICLE 37 (Réserves): Cet Article stipule qu'aucune réserve ne
peut être faite au traité. Le GC-II s'entendit pour enlever les
crochets entourant l'Article.
ARTICLE 38 (Retraits): cet Article adopté provisoirement au
GTSB-5, ne fut pas abordé au GTSB-6.
ARTICLE 39 (Textes Authentiques): Cet Article adopté
provisoirement au GTSB-5 ne fut pas abordé au GTSB-6.
ANNEXE I (l'Information Requise dans la Notification): cette
Annexe dresse la liste des données touchant à la bio-sécurité
requises dans la notification, et notamment: les coordonnées de
l'importateur et de l'exportateur; les classifications de bio-
sécurité domestiques de l'OVM dans le pays exportateur; les
dates prévues du mouvement trans-frontières; les
caractéristiques de l'organisme récipiendaire ou parental; ses
centres d'origine et sa diversité génétique; les
caractéristiques de l'organisme donateur; le descriptif de la
modification de la technique utilisée et des nouvelles
caractéristiques de l'OVM; l'utilisation prévue de l'OVM ou du
produit dérivé; la quantité ou le volume; le rapport
d'évaluation des risques; les méthodes de manutention,
entreposage, transport et mise en décharges; le statut
réglementaire de l'OVM dans le pays exportateur; l'information
concernant les notifications envoyées par l'exportateur à
d'autres pays; et, une déclaration attestant que les
renseignements fournis sont factuels et exacts.
Le GC-I débattit des détails scientifiques, techniques et
linguistiques des éléments à inclure, mais la discussion
concernant l'insertion des "produits dérivés" furent déférées à
d'autres groupes pour examen. Le projet de texte du Traité
inclut les "produits dérivés".
ANNEXE II (Evaluation des Risques): Cette Annexe renferme des
détails plus spécifiques sur l'évaluation des risques et porte
sur: l'objectif, l'utilisation, les principes généraux, la
méthodologie et les points à considérer (par exemple,
l'organisme récipient ou parental, l'organisme donateur, le
vecteur les caractéristiques de la modification, l'OVM, la
détection et l'identification, les données concernant
l'utilisation prévue, et l'environnement récepteur). Le débat au
sein du GC-I se focalisa en général sur le libellé portant sur
les principes généraux et faisant référence à l'approche de
précaution et au manque de connaissances scientifiques. Les
délégués devaient également insérer un libellé concernant la
requête des compléments d'information ou l'application des
techniques de gestion des risques appropriées permettant de
traiter les incertitudes ou de faire face à l'augmentation des
niveaux de risque. L'information concernant les considérations
de sécurité pour la santé humaine et concernant les impératifs
socio-économiques, ainsi que les références aux "produits
dérivés" et à l'approche de précaution furent référées à
différentes sous-commissions pour examen.
En résultat de ces discussions, le chapitre consacré aux
principes généraux dans l'Annexe renferme une référence
explicite aux "produits dérivés" et une référence implicite à
l'approche de précaution.
COMPTE RENDU DE LA CdP EXTRAORDINAIRE
Le Président de la CdP-4, Laszlo MIKLÖS (République Slovaque)
ouvrit la première Réunion Extraordinaire de la Conférence des
Parties (CdP-Ex) de la Convention sur la Diversité Biologique,
le lundi matin 22 février 1999.
Le Président Colombien Andres PASTRANA se félicita de
l'amélioration de la prise de conscience de la communauté
internationale concernant à la fois l'immense progrès
technologique réalisé par l'humanité et ses menaces
potentielles. Il souligna l'interconnexion, à l'échelle
mondiale, entre la quête de la paix, la justice sociale et la
protection environnementale, évoquant la richesse de la
biodiversité dans bon nombre de pays en développement, il appela
à l'établissement d'une coopération internationale pour
permettre à ces pays d'utiliser au mieux ces ressources. Le
Président PASTRANA exhorta les délégués à se mettre d'accord sur
un traité de bio-sécurité capable de promouvoir la sécurité
alimentaire, la santé et l'équité.
Le Président de la CdP-4, Laszlo MIKLÖS, souligna les
différentes compréhensions des questions de biodiversité et de
bio-sécurité parmi les délégations. Il les encouragea à
considérer parmi les options en négociation celles capables de
promouvoir la biodiversité de la manière la plus efficace.
Le Ministre Colombien de l'Environnement, Juan MAYR, fut élu
Président de la CdP-Ex. Il appela les délégués à le soutenir
dans ses efforts visant à réaliser le consensus.
Hamdallah ZEDAN, Secrétaire Exécutif en exercice de la CDB,
nota
que même si le texte du Traité n'était pas encore finalisé, les
négociations n'étaient plus très loin du consensus. Il mit en
relief le sens que revêtent ces négociations pour la CDB et pour
le développement durable. Faisant remarquer que les accords
environnementaux et commerciaux se chevauchaient dans certains
aspects, il déclara que le défi à relever consistait à rendre
ces accords capables de s'apporter un soutien mutuel.
Le Directeur Exécutif du PNUE, Klaus TÖPFER, souligna que la
réalisation d'un compromis sur le traité ne doit pas aboutir à
des gagnants et à des perdants, mais plutôt à jeter une base
solide pour le traitement des problèmes de bio-sécurité. Il
indiqua par ailleurs que le Traité ne pourra pas résoudre tous
les problèmes, mais qu'il doit démontrer que la communauté
internationale est capable d'utiliser la biotechnologie moderne,
tout en assumant la responsabilité de ses répercussions.
Après une pause, la Plénière de la CdP-Ex procéda à l'adoption
de son ordre du jour provisoire (UNEP/CBD/ExCOP/1/1/Rev.1). Le
Président de la CdP-Ex, Juan MAYR, invita les pays et les
groupes régionaux à présenter leurs déclarations. Le PEROU, au
nom du Groupe Amérique Latine et Caraïbes, la POLOGNE, au nom
des pays d'Europe Centrale et de l'Est (ECE) et la SUISSE, au
nom du Groupe JUSSCANZ, exprimèrent l'espoir de parvenir à un
traité équilibré à la fin de la réunion. La GUYANE, au nom du G-
77/CHINE, fit part de sa déception concernant le texte actuel
et, avec le MEXIQUE, le KENYA, le BRESIL et LE SALVADOR, au nom
des pays d'Amérique Centrale, appela à davantage de transparence
dans le processus. L'ALLEMAGNE, au nom de l'UE, souligna que le
Traité doit viser un soutien mutuel avec les règles du commerce
international et que les dispositions de l'OMC doivent rendre
compte d'un niveau élevé de protection environnementale. La
CHINE suggéra que les profits commerciaux ne doivent pas être
poursuivis au détriment de la biosécurité, mais mit en garde
contre la création de barrières au commerce international. La
ZAMBIE déclara qu'on avait besoin d'un traité sur la bio-
sécurité et pas sur le commerce, et, avec le BENIN, l'EQUATEUR
et le TOGO, fit part de ses réserves quant à la prédominance
accordée aux questions économiques et financières.
Le BRESIL, l'EQUATEUR, le MEXIQUE, le VENEZUELA et la ZAMBIE
plaidèrent pour un traité couvrant l'ensemble des OVM. L'UE, le
KENYA, le TOGO, le VENEZUELA et la ZAMBIE soulignèrent
l'importance du principe de précaution. Le MEXIQUE, le TOGO et
la ZAMBIE requirent l'insertion d'un article sur la
responsabilité et la réparation. Le SALVADOR, l'UE, le TOGO et
la ZAMBIE mirent en relief la nécessité de prendre en
considération les effets sur la santé humaine. L'EQUATEUR appela
à la mise en place d'un cadre suffisamment fort pour permettre
la poursuite des discussions scientifiques, techniques et
politiques dans les années à venir. La ZAMBIE déclara que le
Traité devait au minimum protéger les pays les plus faibles.
PLENIERE FINALE DU GTSB-6
Vers 15h, le Président du GTSB, Veit KOESTER, appela à l'ordre
la Plénière Finale. Il regretta que les consultations
informelles tenues ces derniers jours n'aient pas abouti à un
consensus, mais exhorta tous les membres à adopter le traité
pour le présenter à la CdP-Ex, tel que contenu dans le document
UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.1 et avec les modifications du Comité de
Rédaction Juridique, dans le document UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.2.
Il appela les délégués à considérer le texte dans son ensemble
et non par article, notant que le paquet reflétait un compromis
et que les futures Parties signataires du Traité pouvaient
corriger les insuffisances sur la base de l'Article 34
(Evaluation et Révision du Présent Traité). Il appela aussi à
son acceptation, sachant que les Parties pouvaient enregistrer
leurs réserves concernant ce texte dans le procès-verbal du
GTSB-6 et nota qu'elles avaient la possibilité de soulever les
mêmes préoccupations, à la CdP-Ex. Le GTSB procéda à l'adoption
du texte devant être transmis à la CdP-Ex, et la parole fut
donnée pour les commentaires.
Le BRESIL, le ZIMBABWE, le MEXIQUE, le PEROU, la NORVEGE, la
JAMAIQUE, le VENEZUELA, l'ETHIOPIE, le CANADA, l'INDE, la
TURQUIE, la BARBADE, le BOTSWANA, le CHILI, la CHINE, HAÏTI, le
MALI, la FEDERATION DE RUSSIE, les SEYCHELLES, CUBA, l'ILE
MAURICE, le JAPON, le SALVADOR, la GAMBIE, le MALAWI, le TOGO,
PANAMA, l'OUGANDA, le BENGLADESH, la MALAISIE, la TUNISIE,
l'EQUATEUR, le PARAGUAY, le CAMEROUN, la COMMUNAUTE EUROPENNE,
MADAGASCAR, l'IRAN, la LETTONIE, l'EGYPTE, la BOLIVIE, le
SENEGAL, le GUATEMALA, la REPUBLIQUE DE COREE, la GUYANE,
l'ALGERIE, le KENYA, l'INDONESIE, le MAROC et St KITTS et St
NEVIS firent part de leurs réserves concernant le texte, et
beaucoup critiquèrent le manque de transparence qui a prévalu
dans le processus de négociation. Plusieurs délégués affirmèrent
que le texte ne reflétait pas de manière adéquate certaines
préoccupations fondamentales exprimées par les délégations.
Quelques intervenants mirent l'accent sur des articles
spécifiques, notamment les Articles 4 (Champ d'Application du
Traité), 5 (Application de la Procédure de l'APCC) et 25
(Responsabilités et Réparations) et attirèrent l'attention sur
les lacunes qui risquent de miner l'efficacité du Traité.
L'ILE MAURICE se déclara choquée par le manque de transparence
et déclara que le texte avait été sans discussion. Un certain
nombre de délégués qualifièrent le texte de traité de "bio-
commerce", plus à même de faciliter le commerce d'OVM que
d'assurer la conservation de la biodiversité. D'autres notèrent
par contre que le texte n'était pas acceptable pour le moment,
mais qu'il offrait une bonne plate-forme pour les futures
négociations. Le délégué des SEYCHELLES plaida pour la poursuite
des négociations, à condition qu'elles soient menées de manière
transparente. Le CANADA exhorta les participants à fournir de
nouveaux efforts pour parvenir à un compromis sur les questions
en suspens. L'IRAN déclara qu'il était ouvert à la continuation
du travail dans n'importe quelle forme de consultation
officieuse pour la réalisation du consensus. Le MALI exprima
l'espoir de parvenir à une conclusion probante dans un futur
proche.
Le Président KOESTER confirma que les points de vue exprimés
seront enregistrés dans son rapport à la CdP-Ex et souligna qu'à
son avis les négociations avaient été transparentes et que le
texte du Président représentait un compromis. Il mit en relief
la nécessité d'établir un équilibre entre les préoccupations
commerciales et environnementales, aux fins de conclure un
traité efficace.
Le Président KOESTER devait ensuite introduire le rapport du
GTSB (UNEP/CBD/BSWG/6/L.1). Les premiers chapitres furent
adoptés sans commentaires. Les paragraphes portant sur
l'adoption du Traité furent mis de côté, et un mot de
remerciement à l'endroit de la Colombie fut ajouté. Le Président
KOESTER remercia tous ceux qui l'avaient aidé durant le
processus du GTSB. Après avoir exhorté les délégués à poursuivre
leurs efforts pour la conclusion d'un accord en affirmant qu'un
traité, même de base, serait mieux que pas de traité du tout.
Le Président KOESTER clôtura la Plénière finale du GTSB.
PLENIERE DE LA CdP-Ex
Le Président MAYR ouvrit la Plénière de la CdP-Ex le lundi
après-midi après la Plénière de clôture du GTSB. Il demanda au
Président KOESTER de présenter le rapport du GTSB. KOESTER
retraça l'historique du processus du GTSB et présenta les
conclusions de ses travaux (UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.1 et Rev.2).
Le Président MAYR invita la CdP-Ex à adopter le rapport du
Président du GTSB. Les délégués débattirent du point de savoir
si en adoptant ce rapport, ils adoptaient en même temps le texte
du Traité. Le VENEZUELA suggéra que le rapport soit noté, plutôt
qu'adopté. Le Secrétariat clarifia que le rapport du Président
du GTSB figurait dans le document UNEP/CBD/BSWG/6/L.1 et que le
texte du Président pour le Traité était consigné dans les
documents UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.1 et Rev.2.
Le délégué des PHILIPPINES, au nom du Bureau de la CdP-4,
présenta un projet de décision sur l'adoption du projet de
Carthagène et sur les arrangements intérimaires
(UNEP/CBD/ExCOP/1/CRP.1). Le Président MAYR suggéra le report de
l'examen du projet de décision et du rapport du Président
restreint composé des "voix légitimes" des différents groupes
avec quatre à six porte-parole et leurs conseillers, pour la
revue et la révision du projet de texte du projet. De nombreux
pays applaudirent l'initiative. L'EQUATEUR, la NORVEGE,
l'ETHIOPIE, le SALVADOR et autres déclarèrent que ce nombre de
porte-parole était inadéquat. Le MEXIQUE, la CHINE et d'autres
proposèrent que la représentation au sein de ce groupe restreint
s'effectue en fonction des groupements régionaux reconnus aux
Nations Unies. Plusieurs délégations, y compris celles de
l'IRAN, de la CHINE, de l'ILE MAURICE, de l'ETHIOPIE et du
CAMEROUN suggérèrent que la suite des discussions se focalise
exclusivement sur les Articles 4 (Champ d'Application du Traité)
et 5 (Application de la Procédure de l'APCC). D'autres, y
compris celles des ETATS-UNIS, de l'URUGUAY et de l'AUSTRALIE
suggérèrent de discuter du "paquet entier". Le Président MAYR
proposa que le groupe de travail soit composé de 10 porte-parole
de groupes de pays (et que chacun soit accompagné des groupes de
l'ECE, de l'UE, de l'Amérique Centrale et des Caraïbes; deux
représentants pour le Groupe de Miami, issus l'un du Nord,
l'autre du Sud), et quatre représentants pour le Groupe de Même
Esprit. Un dernier représentant fut ajouté sur proposition de la
Suisse, pour inclure le "Groupe de Compromis".
LE GROUPE DES 10
Le groupe de négociation informel du Président de la CdP-Ex,
MAYR, commença ses discussions le lundi soir. Il reprit ses
travaux le mardi matin et travailla tout au long de la journée
et de la nuit jusqu'aux premières heures du mercredi matin, dans
l'espoir de parvenir à un consensus. Le groupe revisita les
questions en suspens identifiés par les divers groupes, sans
parvenir à un consensus. A ce stade, le Président MAYR demanda
aux divers groupes de fournir, sous forme de propositions, leurs
orientations concernant la manière de procéder. Les propositions
allèrent de la suspension immédiate de la CdP-Ex et la poursuite
des travaux durant la période intérimaire, à l'essai d'une
dernière tentative de conclure un accord sur le Traité à
Carthagène, avec la possibilité de laisser un certain nombre de
points centraux, objet d'une discussion après l'entrée en
vigueur. L'UE proposa un paquet qui tentait de forger un terrain
d'entente de juste milieu sur les questions centrales, et
notamment celles concernant les matières premières et les
relations avec les autres accords internationaux. Bien que la
plupart des délégations l'aient soutenu moyennant un amendement,
le paquet ne put être accepté par tous les groupes. Aucun
consensus n'ayant pu être réalisé, il fut recommandé que les
propositions soumises dans le groupe officieux soient renvoyées
à la Plénière pour examen. Le groupe de travail officieux
conclut ses délibérations le mercredi 24 février à 2h30 du
matin.
PLENIERE FINALE DE LA CdP EXTRAORDINAIRE
Le Président MAYR ouvrit la Plénière finale de la CdP-Ex, le
mercredi 24 février à 3h15 du matin. Le Secrétariat introduisit
le rapport du GTSB-6 (UNEP/CBD/ExCOP/1/2), notant qu'il incluait
le projet de texte du Traité, tel que figurant dans le document
UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.2, accompagné des points de vue exprimés
par les délégations, au cours de la Plénière finale du GTSB.
Le Président MAYR présenta un rapport sur les résultats du
groupe de travail, mettant en exergue les efforts considérables
qu'il avait fournis, ces dernières 48 heures. Il indiqua qu'en
dépit de l'accord réalisé sur bon nombre de points, le consensus
n'a pu être conclu sur un certain nombre de questions clés. Le
Président MAYR rapporta que l'UE et le groupe de Miami ont
présenté des propositions pour faire avancer le processus et que
le groupe de travail a recommandé de les soumettre à la
Plénière. Le Président MAYR invita l'UE et le Groupe de Miami à
exposer leurs propositions.
L'ALLEMAGNE, au nom de l'UE, introduisit le paquet proposé dans
le groupe de travail officieux. La proposition accepte le texte
du Président, tel que figurant dans le document
UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.2, en y ajoutant le paquet qui englobait
les points suivants:
l'ajout d'un nouvel Article 5 (3) bis stipulant que, sans
préjudice pour les alinéas 2 et 3 portant respectivement sur les
dispositions concernant les matières premières et les
législations domestiques de l'Article 5 (Application de la
Procédure de l'APCC), la première CdP servant de réunion des
Parties décidera de la manière dont les dispositions de l'APCC
doivent s'appliquer aux mouvements trans-frontières des OVM
destinés à être utilisés directement dans l'alimentation, la
nourriture animale ou la transformation;
la modification de la proposition faite précédemment dans
le groupe de travail informel concernant l'Article 15
(Manipulation, Transport, Emballage et Identification);
maintien d'une référence à l'Article 15 dans l'Article 4
(Champ d'Application dans le cadre de la Disposition concernant
le Transit);
suppression des Articles 31 (Relations avec d'Autres
Accords Internationaux) et 22 (Non-Discrimination), mais
insertion dans le Préambule d'un paragraphe reconnaissant que
les Parties signataires du Traité doivent appliquer le Traité et
leurs autres obligations internationales, de manière à ce que
les deux se soutiennent mutuellement;
modification de la formulation du paragraphe 1 de
l'Article
21 (Non-Parties) pour y refléter que les mouvements trans-
frontières d'OVM entre des Parties et des Non-Parties doivent
être compatibles avec les objectifs de ce Traité et non "avec
l'objectif et les principes" comme le stipule le projet de texte
du Traité;
maintien d'une référence aux Non-Parties dans l'Article 11
(Accords et Arrangements Multilatéraux, Bilatéraux et Régionaux)
stipulant que la conclusion d'accords avec des Non-Parties dans
le domaine du mouvement trans-frontière intentionnel d'OVM doit
être compatible avec les objectifs du Traité et ne pas donner
lieu à un niveau de protection moins élevé que celui prévu par
le Traité;
suppression de la référence à l'Article 11 dans la
définition du "mouvement trans-frontière" figurant dans
l'Article 3 (Utilisation des Termes);
maintien de l'Article 1 (Objectif) tel quel, mais
suppression du paragraphe 7 de l'Article 8 (Procédure
Décisionnelle) où il est spécifié que les importateurs peuvent
interdire l'importation d'un OVM, sans certitude scientifique,
ni consensus;
acceptation dans le paragraphe de l'Article 23 (Mouvements
Trans-Frontières Illicites) d'une référence à l'application de
mesures domestiques;
suppression dans l'Article 23 du paragraphe stipulant que
la Partie affectée peut requérir de la Partie d'origine
d'assurer la responsabilité financière de la mise en décharge de
l'OVM en question; et,
la reformulation du paragraphe 5 de l'Article 18
(Information Confidentielle) pour stipuler que "dans les cas où
le consignateur de la notification retire ou a retiré la
notification, la Partie doit respecter la confidentialité des
données soumises".
Le CANADA , au nom du Groupe de Miami, parla des réserves
émises
par le Groupe concernant un certain nombre de dispositions: à
savoir les Articles 15 (Manipulation, Transport, Emballage et
Identification); 21 (Non-Parties); 31 (Relations avec d'Autres
Accords Internationaux); 2.2 (Sous-Dispositions Générales); 1
(Objectif); et, 5.3 (Application de Cadres Régulatoires
Domestiques Compatibles avec la Procédure de l'APC pour les
Autres OVM Non Soumis à l'APCC). L'orateur annonça que les
réserves du Groupe seront communiquées par écrit au Secrétariat
et demanda de les mentionner dans le rapport de la CdP-Ex, en
même temps que le projet de texte du Traité
(UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.2), les Articles adoptés provisoirement
et une déclaration stipulant qu'un consensus n'a pu être
réalisé, ni sur le projet de texte du projet, ni sur la
proposition de l'UE. Le CANADA proposa ensuite de suspendre la
CdP-Ex et de mener des travaux intérimaires avant sa reprise
pour rapprocher les points de vue des délégations.
Le Président de la CdP-4, Laszlo MIKLÖS, exprima son regret
qu'un consensus n'a pu être réalisé et déclara que pour que le
Traité de Carthagène puisse être adopté, la seule possibilité
qui restait était de suspendre la CdP-Ex. Le Président MIKLÖS
introduisit un projet de décision sur la continuation de la
première CdP-Ex de la CDB (UNEP/ExCOP/1/L.4) et en souligna les
éléments clés dont:
suspendre la première CdP-Ex, sa reprise ne devant pas
avoir lieu, plus tard que la cinquième réunion de la CdP (mai
2000), et les dates et lieu devant être décidées par la CdP-Ex
et le Bureau de la CdP-4;
donner au Traité l'appellation de "Traité de Carthagène
sur
la Bio-sécurité relevant de la Convention sur la Diversité
Biologique";
transmettre le projet de texte du Traité figurant en
appendice du rapport du GTSB-6, ainsi que les déclarations sur
ce texte, à la session de reprise de la CdP-Ex; et,
approuver US$ 48.000 pour la session de reprise de la CdP-
Ex, à prélever sur l'épargne et les économies du budget de la
CDB, et demander aux délégations de fournir des contributions
volontaires pour financer la participation des pays en
développement et des pays en transition économique.
Des déclarations furent ensuite présentée par la SUISSE, le
SALVADOR (au nom des pays d'Amérique Centrale), la BARBADE, la
POLOGNE, le MEXIQUE, l'ALLEMAGNE (au nom de l'UE), les BAHAMAS,
le PEROU, l'ETHIOPIE, le CANADA, le CAMEROUN, le BRESIL, le
GUATEMALA, le BOTSWANA, CUBA, la CHINE, la MALAISIE, l'INDE, les
ILES SALOMON, le KENYA, l'ESPAGNE et la BOLIVIE. Dans leurs
déclarations, les délégations exprimèrent leur gratitude à la
Colombie pour sa généreuse hospitalité et rendirent hommage au
Président Juan MAYR pour son dynamisme, son engagement et son
leadership. Plusieurs délégations adressèrent leurs
félicitations au Président MAYR pour la manière transparente
dont il a conduit les négociations. Plusieurs délégués firent
part de leurs regrets concernant l'échec de l'adoption du
Traité, beaucoup d'entre eux devaient toutefois faire part de
leur optimisme que le Traité sera complété à la session de
reprise de la CdP-Ex. L'ETHIOPIE, intervenant au nom du Groupe
Africain et du Groupe de Même Esprit, proposa d'amender
l'Article 5 (Application de la procédure de l'APCC) pour y
inclure des dispositions pour l'application de l'APCC, avant le
premier mouvement trans-frontières de tous les OVM, et
permettant à la Partie importatrice de décider de ne pas
appliquer la procédure d'APCC pour les OVM destinés
exclusivement à l'alimentation, à la nourriture des animaux et à
la transformation. L'ETHIOPIE donna la liste des autres
préoccupations du Groupe et demanda de les noter dans le rapport
de la CdP-Ex. Ces derniers intéressent: le traitement des
"produits dérivés", le principe de précaution, l'évaluation des
risques, la responsabilité et la réparation, les considérations
socio-économiques, l'utilisation en milieu confiné et le
transmit; une requête de supprimer les paragraphes 3 et 4 de
l'Article 11 (Accords et Arrangements Multilatéraux, Bilatéraux
et Régionaux) et l'Article 18 (Information Confidentielles); et
d'étendre l'Annexe II.
Le RESEAU TIERS-MONDE, au nom de 13 ONG, déclara que l'échec
des
résultats était de mauvais augure pour la planète. Il exhorta
les délégués dans les futures négociations à ne pas envoyer un
signal disant que les OVM sont toujours sans risque et de ne pas
poursuivre leurs préoccupations commerciales dans leur effort
d'élaborer un traité, et enfin de ne pas toujours se soumettre à
la volonté du petit nombre.
Le projet de décision concernant la continuation de la première
CdP-Ex et l'hommage rendu au Gouvernement Colombien furent
adoptés sans commentaire.
Le Directeur Exécutif du PNUE, Klaus TÖPFER, déclara que le
leadership habile du Président MAYR et l'excellente organisation
de la réunion ont grandement préparé le terrain pour les futures
négociations.
Le Rapporteur, Maria Feliciana ORTIGAO De SAMPAIO, introduisit
le projet de texte de la CdP-Ex (UNEP/CBD/ExCOP/1/L.2). Elle
déclara que le document ne sera pas adopté maintenant, mais
qu'il sera révisé et présenté à la session de reprise.
Le Président Juan MAYR remercia tous les participants,
soulignant qu'il a beaucoup appris durant le cours de cette
réunion et s'engagea à faire de son mieux pour assurer un avenir
au Traité. La Réunion fut ajournée vers 5h30 du matin.
BREVE ANALYSE DU GTSB-6 ET DE LA CdP-Ex
En tant que site choisi pour la négociation du Traité de Bio-
sécurité, la Colombie a été un choix prophétique. Attablé à la
terrasse d'un café de la Place Santo Domingo par un après-midi
tropical humide, d'aucuns est capable de comprendre le pays
magique dépeint par le Prix Nobel Gabriel Garcia Márquez dont
les écrits estompent les frontières entre vérité et fiction,
réalité et imaginaire, le monde des rêves et celui de la
conscience éveillée. Déambuler dans les couloirs durant les
négociations du GTSB-6 et de la CdP-Ex qui a suivi a fait naître
une sensation similaire concernant la traversée des frontières
traditionnelles et néanmoins artificielles qui séparent les
considérations de commerce, d'environnement, de science et
d'agriculture. A défaut de séparations catégoriques claires, les
gouvernements, de même que les journalistes ne savaient plus
quels spécialistes envoyer. Travailler jusqu'aux premières
heures du matin, flottant d'une réunion à l'autre en passant par
la file d'attente devant le café, les délégués avaient du mal à
maintenir leur emprise sur les différents sujets, en vue
d'élaborer le cadre juridique nécessaire au traitement des
implications de la biotechnologie et des organismes vivants
modifiés (OVM). En dépit du langage émotionnel des dernières
heures, la Réunion se termina sur un accord disant qu'il n'y a
pas encore d'accord sur le Traité de Carthagène. Cette analyse,
avec un peu l'aide de Senõr Garcia Marquez, tentera d'examiner
le contexte qui entoure les négociations du GTSB-6, les
principales questions débattues et l'avenir du processus.
PELERINS ETRANGES
Les délégués de 138 pays, ainsi que les représentants de
l'industrie, de la communauté scientifique et des ONG
environnementales ont débarqué à Carthagène avec leurs opinions
profondément ancrées et parfois radicalement opposées pour ce
qu'ils pensaient être le dernier chapitre des négociations sur
la bio-sécurité. Pendant des siècles, les hommes ont greffé des
plantes et croisé des animaux pour satisfaire leurs propres
besoins. Mais les avancées scientifiques réalisées à la fin du
20ème siècle permettent désormais ces manipulations, au niveau
génétique, un progrès qui a suscité des réactions différentes,
allant de l'optimisme curieux à la prudence extrême, voire à un
dégoût philosophique.
L'Europe assiste à de fortes clameurs publiques indignées, en
particulier concernant les produits alimentaires transgéniques.
Parmi les accusations formulées contre les apprentis sorciers et
les "Franken récoltes", une bonne partie de la récente fureur
tourne autour de la révocation d'un chercheur qui affirme que
les cerveaux et les systèmes immunitaires de rats nourris aux
pommes de terre transgéniques ont subi des dommages. Le Premier
Ministre Britannique, Tony BLAIR, déclara que les produits
britanniques étaient parfaitement sains et qu'il n'avait aucune
objection à leur consommation, tandis que le Prince Charles
assurait, pour sa part, qu'aucun produit alimentaire
transgénique ne traversera jamais ses lèvres. Les fermiers
français de la Confédération des Paysans ont détruit des tonnes
de maïs transgénique et le Danemark a même appela à un moratoire
d'un an sur les produits agricoles transgéniques. Ailleurs, une
cour indienne a récemment jugé Monsato coupable de tests
illicites pour la production de coton transgénique. Même durant
les présentes négociations, Greenpeace a protesté contre
l'arrivée d'un cargo américain au port de Santa Marta en
Colombie transportant du maïs transgénique.
Les journaux, ailleurs, ont raconté une histoire différente.
Aux
Etats-Unis et au Canada, certains sont focalisés sur de
possibles restrictions commerciales sur les exportations
agricoles et sur les pertes de profit qui en découleraient. Les
représentants de l'industrie répondent aux préoccupations de
sécurité et de santé en notant que les produits alimentaires
contenant des OVM sont consommés depuis des années sans
répercussion socio-économique ou sanitaire. Jimmy CARTER, Nelson
MANDELA et d'autres figures de proue ont souligné les
potentialités énormes offertes par la biotechnologie pour la
nutrition des populations qui poussent dans le monde en
développement. Cette panoplie de pressions intérieures et les
intérêts spécifiques qu'elles représentent ont suscité une
rétrogradation dans les discussions et exerceront très
probablement une influence durant la période intérieure, avant
la prochaine et présumée dernière session de négociation.
CENT ANS D'IMPASSE
A Carthagène, les délégués se sont engagés dans des débats qui
paraissaient sans fin, revisitant les mêmes questions
importantes récurrentes, comme ils l'ont toujours fait depuis le
début du processus en 1996. Le champ d'application du Traité,
sans doute la question la plus fondamentale a engendré tellement
de confusion dans les esprits et de dissidence dans les
positions qu'un accord devait s'avérer impossible. Fallait-il
inclure tous les OVM dans le Traité ou devait-il y avoir des
exceptions? Le Traité devait-il couvrir, et la procédure de
l'APCC devait-elle s'appliquer aux produits pharmaceutiques et
autres matières premières, telles que les lainages, les
détergents, l'alimentation et autres graines manufacturées ou
produits à base d'OVM? Quelles sont les implications
commerciales de la procédure de l'APCC pour l'approvisionnement
alimentaire dans le monde et pour les multi-milliards de dollars
de l'agro-business? Quelles en sont les conséquences pour la
communauté de la recherche scientifique, pour les petits
agriculteurs traditionnels pour les communautés locales et pour
le citoyen moyen? Et la question la plus importante, comment
concilier des points de vue diamétralement opposés sur autant de
questions critiques dans un traité sur lequel tout le monde
serait d'accord?
Plusieurs participants ont mentionné que le débat "tournait
entièrement autour du commerce" et que les considérations
économiques et financières étaient au cur de toutes les
questions traitées. Beaucoup étaient prompts à noter que les
négociations ont achoppé sur ces mêmes considérations, certains
ajoutant "sans doute de manière justifiée". Cela ne surprit
personne, qu'une "clause d'épargne" privilégiant les obligations
contractées dans le cadre des précédents accords internationaux,
tels que celui de l'OMC, ait provoqué de sérieuses fissures dans
les rangs des pays industrialisés. Certains étaient motivés par
le fait que le Traité pouvait être utilisé comme dispositif de
protectionnisme et d'autres disaient qu'une disposition
privilégiant des accords internationaux clairs risquait
d'handicaper les gouvernements dans leurs efforts de protéger
l'environnement et le consommateur des méfaits des OVM
équivoques. Les efforts visant à inclure un article sur la non-
discrimination risquent d'engager effectivement même les Non-
Parties et de les soumettre au principe de non-discrimination de
l'OMC. Même les discussions autour du principe de précaution
devaient susciter des préoccupations quant aux risques de le
voir "légitimer arbitrairement la création de barrières
commerciales", en raison du "feu vert" pour la restriction des
importations sans pleine certitude scientifique.
Un autre terrain contesté fut celui de la disposition consacrée
aux impératifs socio-économiques. Craignant de voir certains
pays user arbitrairement de "considérations socio-économiques"
ambiguës pour créer des barrières commerciales, certains ont
tenu à ce que les décisions en matière d'importation soient
compatibles avec les autres obligations internationales des
Parties.
Tout au long de la Réunion, l'Article sur les Non-Parties
devait
peser de tout son sens sur ce sujet. L'attention s'est focalisée
sur la position des Etats-Unis, pays de la plus grande industrie
biotechnologique du monde, mais les implications plus larges de
la ratification et de l'entrée en vigueur du Traité étaient
également objet de préoccupation. Deux groupes y ont des
intérêts spécifiques: d'une part les membres du Groupe de Miami
qui en leur qualité d'exportateurs de graines pourraient trouver
les dispositions du Traité trop restrictives et d'autre part,
ceux qui ne disposent pas encore de capacités pour l'application
de ses dispositions.
A Carthagène, les liens économiques et financiers qui retient
tous ces éléments ont pris avec éclat le devant de la scène,
donnant à bon nombre de participants l'impression d'assister à
une bataille entre le commerce et l'environnement. Le traité
peut s'avérer être la grâce venue sauver la CDB ou au contraire
un clou dans son cercueil, car la résolution des questions
touchant au commerce sera décisive pour son rôle final. Les
implications commerciales de tous les AEM ne tarderont pas à se
faire sentir. Dans le cadre de la Convention-Cadre sur les
Changements Climatiques, les Japonais ont récemment proposé
d'interdire la vente de voitures européennes émettrices de gaz
carbonique, sous le prétexte que leurs lourdes émissions de gaz
carbonique entraveraient leurs capacités de réaliser les
objectifs de Kyoto. Le refus d'examiner les préoccupations
touchant à l'emploi et à l'environnement a fait capoter les
pourparlers de l'AMI.
LE PRESIDENT DANS SON LABYRINTHE
Le Président Veit KOESTER avait devant lui la tâche peu
enviable
de concilier toutes ces positions apparemment inconciliables et
d'accommoder des pays puissants et discordants, accoutumés à
arriver à leurs fins. Nonobstant une réunion d'experts, six
réunions du groupe de travail, d'innombrables réunions
informelles et des discussions dans les capitales et entre elles
avant la tenue de la session, les délégués devaient débarquer à
Carthagène pour se trouver confrontés à des centaines de
crochets et à des divergences fondamentales sur les principales
dispositions du Traité. En résultat, une myriade de groupes de
contact et de groupes informels devaient sortir des sous-groupes
de travail pour plancher sur des articles ou des questions
individuelles.
L'introduction du texte du Président, jeudi, marqua un
tournant,
en raison du peu de soutien qu'il a reçu. Certains ont reproché
au Président d'avoir "essayé d'imposer" un "compromis non
équilibré". En rétrospective, certains délégués se demandèrent
pourquoi le texte du Président n'avait pas été soumis plus tôt,
au lieu de la veille de la date buttoir, prévue pour la fin des
négociations. Néanmoins, la suppression d'éléments crochetés
retenus dans le texte durant les trois dernières réunions du
groupe de travail a forcé les délégués à focaliser toute leur
attention sur les principaux points de discorde. Certains ont
estimé que le Président a été trop conciliant en traitant avec
certains. D'autres défendent son approche comme étant réaliste
et tout à fait consciente du fait que de nombreux acteurs ou
groupes d'acteurs clés dans les négociations étaient venus à
Carthagène avec l'idée que ne pas conclure de traité était une
option viable.
Plusieurs délégués devaient par ailleurs s'interroger sur
l'efficacité de discussions séparées sur des sujets
interconnectés, mais beaucoup aussi se sont plaints lorsque le
Président décida de consolider les discussions au sein du seul
Comité des "Amis du Présidents". En outre, les délibérations sur
le texte menées au sein du Comité des "Amis du Ministre" qui
comprenait le Ministre Colombien de l'Environnement et quelques
rares élus, devaient mettre bon nombre de pays hors du coup.
Cela donna lieu à des ressentiments, et beaucoup de délégués ont
déploré ouvertement "l'absence de transparence et de
démocratie".
Même les négociateurs modérés ont qualifié le "processus
tortueux" des négociations de "bizarre" et "surréaliste". Peu de
délégués avaient pris au sérieux la date buttoir officielle du
vendredi, et la plupart s'attendaient à ce que les négociations
se poursuivent le week-end et même jusqu'à mardi. Il y avait par
ailleurs confusion sur le statut du texte en négociation, avec
au total cinq différentes versions distribuées au cours de la
réunion. Certains ont désigné du doigt les fondations encore
bancales du Secrétariat de la CDB, en particulier après le
départ de son Secrétaire Exécutif, voilà quelques mois. D'autres
ont estimé qu'une partie du problème résidait dans cette
concentration plus importante d'experts scientifiques et
techniques, au lieu de négociateurs professionnels rompus aux
procédures des Nations Unies.
Juste avant l'ouverture de la CdP-Ex, beaucoup avaient menacé
de
quitter la salle et le processus de négociation était carrément
bloqué. L'humeur générale changea, lorsque le Président de la
CdP-Ex, Juan MAYR, vint réinjecter un nouvel optimisme dans le
processus en formant le "Groupe de 10". Les délégués
applaudirent le caractère représentatif du Groupe et le fait
qu'il comprenait également des conseillers. La transparence
s'accrut lorsque, malgré le fait qu'il n'y avait que dix
négociateurs autour de la table, un nombre tellement important
de délégations s'était agglutiné dans la salle pour assister aux
négociations dans les dernières heures qu'il n'y avait plus que
des "places debout".
Malgré la suspension de la CdP-Ex et le fait de ne pas avoir
réussi à conclure le Traité à Carthagène, un certain optimisme
régnait, suscité en particulier par le niveau de transparence
atteint dans le processus. Certains négociateurs étaient
carrément "transportés de joie" que le processus ait été si
ouvert dans les derniers jours. L'un d'eux devait confier que
même si le Traité avait été conclu, la non-transparence aurait
laissé une trace négative sur le processus. "Au moins, nous
avons tous vu par nous-mêmes les efforts fournis par chacun",
devait déclarer un autre délégué.
L'AMOUR AU TEMPS DE LA MONDIALISATION
Alors que les salles étaient d'une manière générale attristées
par la perspective de l'échec, les dernières déclarations en
Plénière affirmaient un soutien en faveur d'un Traité pratique
dont l'objectif de protéger les préoccupations de tous.
Exprimant un certain optimisme, certains ont estimé que la
période intérimaire pouvait donner l'occasion d'élaborer des
solutions de compromis, au lieu de vouloir à tout prix conclure
à Carthagène un Traité peu pratique.
"Où va la CDB?" était une autre question qui hantait l'esprit
des délégués, à l'heure de quitter Carthagène. Ayant déféré les
questions touchant aux forêts au Groupe Intergouvernemental sur
les Forêts, et avec les risques maintenant de confier les
considérations de bio-sécurité au secteur du commerce, certaines
ONG participantes s'interrogent sur les capacités de la CDB à se
maintenir en tant que traité environnemental multilatéral
crédible. Plusieurs participants espèrent que la décision
imminente concernant la nomination du nouveau Secrétaire
Exécutif apportera plus de stabilité et de dynamisme pour
renforcer la CDB en tant qu'institution.
Traiter de l'état actuel des connaissances en matière de
biotechnologie et des OVM, tout en essayant d'instiller un
certain dynamisme dans le texte du Traité de manière à tenter de
couvrir l'éventail des futures permutations qui, par définition,
sont imprévisibles, est extrêmement difficile et requiert
perspicacité et souplesse. A l'opposé des traités de Kyoto et de
Montréal, et contrairement aux négociations en cours sur les
polluants organiques persistants, l'objectif fondamentale du
Traité de Carthagène n'est pas de réduire ou d'éliminer certains
produits. Son ambition consiste à assurer le suivi et à réguler
l'expansion d'une quantité et d'une variété d'organismes
manipulés technologiquement, en vue de protéger l'environnement.
Pour cette raison et compte tenu des différentes dimensions de
la mondialisation, les discussions autour du Traité de
Carthagène nécessitent l'intégration de la flexibilité pour
pouvoir traiter des futurs développements sans créer d'entraves
ou de barrières.
Les articles de presse, les communiqués gouvernementaux et les
comptes-rendus de la Réunion trouveront probablement plusieurs
boucs émissaires pour expliquer les événements de Carthagène
le processus éparpillé, les intérêts des divers groupes de
pression, un ou plusieurs blocs de négociation. Cependant, force
est de constater que toutes ces choses sont directement ou
indirectement liées au fait qu'il existe désormais un consensus
international suffisant autour du fait que les OVM posent un
problème et autour de ce qui doit être fait en ce qui les
concerne. Certains estiment que les OVM sont potentiellement
dangereux, à la fois pour l'environnement et pour la santé
humaine, mais d'autres y voient des potentialités d'une
amélioration miraculeuse des récoltes et des médicaments.
Certains anticipent avec enthousiasme les avantages dont
bénéficiera l'humanité d'une maîtrise accrue des processus
naturels, mais d'autres s'interrogent sur les mains qui les
manipuleront, qui en seront les bénéficiaires et qui blâmer en
cas de catastrophe. Rapprocher ces points de vue, nécessitera un
consensus scientifique plus clair, la sensibilisation du public
sur les risques encourus et une meilleure compréhension des
implications écologiques économiques et sociales de la
biotechnologie.
A SUIVRE
CONFERENCE DE LA FAO SUR LA GESTION DES RESSOURCES BIOLOGIQUES:
organisée par la Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture
et de la Pêche, cette conférence se déroulera du 29 au 31 mars
1999 à Paris. Pour plus d'informations, contacter: Nicole Le
Vourch, tel: +33-1-45-24-80-88; e-mail:
Nicole.LeVourch@oedc.org. Internet:
http://www.oecd.org/news_and_events/upcoming htm.
HUITIEME SESSION ORDINAIRE DE LA COMMISSION SUR LES RESSOURCES
GENETIQUES POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE: La huitième
session ordinaire de la Commission sur les Ressources Génétiques
pour l'Alimentation et l'Agriculture, laquelle englobe dans son
ordre du jour la poursuite des négociations pour la révision de
l'Accord International, se tiendra à Rome du 19 au 23 avril
1999. Le Président est également en train de considérer
l'opportunité de convoquer une réunion extraordinaire de la
Commission, si des fonds extrabudgétaires étaient mis à
disposition, du 12 au 16 avril 1999. Une décision concernant la
tenue de cette 6éme réunion extraordinaire sera probablement
prise vers la fin du mois courant. Pour de plus amples
renseignements contacter: David Cooper, Plant Genetic Resources
Officer, e-mail: david.cooper@fao.org ; Internet:
http://www.icppgr.fao.org.
CONVENTION DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE: La quatrième réunion de
l'Organe Subsidiaire de la CDB chargé de fournir un Avis
Scientifique, Technique et Technologique (SBSTTA) est prévue du
21 au 25 juin 1999 à Montréal. Une Réunion Intersessions sur les
Opérations de la Convention aura lieu du 28 au 30 juin 1999. Une
Réunion d'Experts sur l'Accès et le Partage des Avantages se
tiendra du 4 au 8 octobre 1999 dans un lieu qui reste à
déterminer. Le Groupe de Travail Spécial sur l'Article 8(j) se
réunira du 24 au 28 Janvier 2000. La Cinquième Réunion du SBSTTA
se déroulera à Montréal du 31 janvier au 4 février 2000. La
Cinquième Réunion de la Conférence des Parties se tiendra à
Nairobi en mai 2000. Pour plus de détails, contacter: CBD
Secretariat; World Trade Center, 393 St. Jacques Street, Suite
300, Montreal, Quebec, Canada H2Y 1N9; tel: +1-514-288-2220;
fax: +1-514-288-6588; e-mail: chm@biodiv.org; Internet:
http://www.biodiv.org.
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