Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 09 No. 116 mardi 23 février 1999
LES FAITS MARQUANTS DU GTSB-6 DE LA PREMIERE CdP EXTRAORDINAIRE
DE LA CDB
LUNDI 22 FEVRIER 1999
Les délégués près de la sixième session du Groupe de Travail
Spécial de Composition Non Limité sur la Biosécurité (GTSB-6)
se sont réunis, tôt dans la matinée, au sein des groupes
régionaux et en séance plénière du GTSB. Suivit ensuite la
cérémonie d'ouverture de la Session de la Première Conférence
des Parties (CdPEx) signataires de la Convention sur la
Diversité Biologique. Lors de la plénière finale du GTSB, tenue
dans l'après-midi, le Président requit des délégués l'adoption
du texte du Président en précisant que leurs commentaires seront
enregistrés dans procès-verbal de la réunion. Plusieurs
délégations devaient faire part de leur insatisfaction
concernant le texte déclarant qu'ils ne pouvaient l'accepter.
Immédiatement après, la CdPEx se réunit en séance plénière. Les
délégués se mirent d'accord sur la poursuite de leurs travaux à
travers un groupe de travail restreint présidé par le Président
de la CdPEx et Ministre de l'Environnement de Colombie, Juan
Mayr, pour continuer l'examen du projet de texte du Président.
Les discussions devaient se poursuivre jusqu'à une heure tardive
de la nuit.
PLENIERE DU GTSB
Le Président Koester ouvrit à 8h30 du matin, une plénière
consacrée à la communication d'information et nota qu'elle qu'il
ne s'agissait pas de la plénière finale du GTSB. Il annonça aux
délégués que la cérémonie d'ouverture de la CdPEx commencera à
10h en présence du Président de la République de Colombie mais
que la CdPEx ne démarrera ses travaux qu'à l'issue de la
plénière finale du GTSB. Le Ministre Mayr poursuivra ses
consultations officieuses sur les points en suspens en vue de
réaliser un consensus. Plusieurs intervenants exprimèrent leurs
réserves quant au manque de transparence qui a marqué les
procédures durant les trois dernières journées. Un orateur
appela à une décision sur le processus et un second fit
enregistrer une réclamation officielle pour avoir été sollicité
de ne pas assister à l'une des réunions conduites par le
Ministre Mayr. Un autre délégué, tout en appelant à un degré de
transparence des plus élevés possibles, se déclara en faveur de
la poursuite des négociations.
CEREMONIE D'OUVERTURE DE LA CdPEx
Lors de la cérémonie d'ouverture de la CdPEx, le Président de
la
CdP-4, Laszlo Miklös, (République Slovaque) appela à une minute
de silence à la mémoire des victimes du tremblement de terre qui
a frappé récemment la Colombie.
Dans son allocution, le Président Colombien, Andres Pastrana,
commenta sur la prise de conscience de plus en plus élevé de la
communauté internationale concernant à la fois l'immense progrès
technologique accompli par l'humanité et ses menaces
potentielles. Il mit en relief les interconnections entre la
quête de la paix, la justice sociale et la protection de
l'environnemental. Mentionnant la richesse de la biodiversité
dans nombre de pays en développement, il appela à l'instauration
d'une coopération internationale pour permettre à ces pays
d'être en mesure d'utiliser au mieux ces ressources. Le
Président Pastrana encouragea les délégués a conclure un accord
sur le traité de biosécurité permettant de promouvoir la
sécurité alimentaire, la santé et l'équité.
Le Président de la CdP-4, Laszlo Miklös, souligna les
différents
entendements dans les rangs des délégations sur les questions de
biodiversité et de biosécurité. Il les exhorta à choisir parmi
les options en négociation celles qui permettraient le mieux de
promouvoir la biodiversité.
Juan Mayr, Ministre Colombien de Environnement, fut élu à la
présidence de la CdPEx. Il appela, pour sa part, au soutien de
ses efforts visant à forger un consensus.
Hamdallah Zedan, Secrétaire Exécutif en exercice de la CDB,
devait noter qu'en dépit du fait qu'aucun texte du traité n'ait
été encore finalisé, les négociations n'étaient plus très loin
d'un consensus. Il mit en relief la signification que revêtent
ces négociations pour la CDB et pour le développement durable.
Commentant que les accords relatifs à l'environnement et au
commerce avaient des mandats qui se chevauchent, il affirma que
le challenge à relever consistait à faire en sorte que ses
accords puissent s'apporter un soutien mutuel.
Le Directeur Exécutif du PNUE, Klaus Töpfer, souligna que la
réalisation d'un compromis sur un traité ne devait pas donner
lieu à des vainqueurs et des vaincus, mais plutôt servir à
étendre une base sûre pour le traitement des questions de
biosécurité. Il affirma que le traité ne pourrait pas résoudre
tous les problèmes touchant à la biosécurité, mais qu'il doit
démontrer que la communauté internationale peut utiliser la
biotechnologie moderne tout en assumant les responsabilités de
ses répercussions.
Après une pause, la Plénière de la CdPEx procéda à l'adoption
de son ordre du jour provisoire (UNEP/CBD/ExCOP/1/1/Rev.1). Le
Président de la CdPEx, Juan Mayr, invita ensuite les pays et les
groupes régionaux à présenter leurs déclarations. Le PEROU, au
nom du GRULAC, la POLOGNE au nom des pays d'Europe Centrale et
de l'Est (ECE), et la SUISSE, au nom du groupe JUSSCANZ, exprima
son espoir de voir, d'ici la fin de la réunion, un traité
équilibré être conclu. La GUYANE, au nom des G-77/CHINE, exprima
sa déception par le texte actuel, et avec le MEXIQUE, le KENYA,
le BRESIL et le SALVADOR, au nom des pays d'Amérique Centrale,
appela à une plus grande transparence dans le processus.
L'ALLEMAGNE, au non de l'UE, souligna que le traité doit
s'assurer du soutien mutuel avec les règles du commerce
international et que les dispositions de l'OMC doivent être
l'aval d'un haut niveau de protection environnementale. La CHINE
suggéra que les profits commerciaux ne doivent pas être perçus
au détriment de la biosécurité, mais mit en garde contre la
création de barrières entravant le commerce international. La
ZAMBIE affirma la nécessité d'un traité sur la biosécurité, non
sur le commerce, et avec le BENIN, l'EQUATEUR et le TOGO, fit
part de ses réserves concernant la prédominance des
préoccupations économiques et financières.
Le BRESIL, l'EQUATEUR, Le MEXIQUE, le VENEZUELA et la ZAMBIE
appuyèrent l'idée de conclure un traité couvrant tous des OVM.
Le ROYAUME-UNI, l'EU, le KENYA, le TOGO, le VENEZUELA et la
ZAMBIE soulignèrent l'importance du principe de précaution. Le
MEXIQUE, le TOGO et la ZAMBIE requirent l'insertion d'un
chapitre sur la responsabilité et la réparation. Le SALVADOR,
l'EU, le TOGO et la ZAMBIE mirent l'accent sur la nécessité de
prendre en considération l'impact sur la santé humaine.
L'EQUATEUR appela à la prévision d'un cadre assez fort pour
permettre la poursuite des discussions scientifiques, techniques
et politiques dans le contexte du u traité au cours des années à
venir. Le SALVADOR mis en exergue le besoin d'un soutien
financier et technique au profit des pays en développement et
nota la menace de l'évolution climatique. La ZAMBIE déclara que
le traité devait au minimum protéger les pays les plus faibles.
PLENIERE FINALE DU GTSB-6
Vers 15h, Le Président du GTSB, Veit Koester, entama la
dernière
plénière. Hi regretta que les consultations officieuses des
quelques derniers jours n'ait pas abouti à un consensus, mais
appela l'ensemble des membres à adopter la traité à présenter à
la CdPEx tel que figurant dans UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.1 et,
avec les modifications introduites par le Comité de Rédaction
Juridique, dans UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.2. Il appela les
délégués à considérer le texte dans son ensemble, et non pas par
article, notant que le paquet reflétait un compromise, et
affirma que les futures parties du traité pouvaient corriger les
insuffisances figurant dans le texte sur la base de l'Article 34
(Evaluation et Revue de ce Traité). Il appela aussi à
l'acceptation d'un entendu que les parties avaient la latitude
d'inscrire dans le procès verbal du GTSB-6, leurs réserves
concernant le texte ou quelque article particulier et nota
qu'elles pouvaient soulever les mêmes réserves au sein de la
CdPEx. Le GTSB devait ensuite adopter le texte devant être
transmis à la CdPEx et on donna la parole pour les commentaires.
Le BRESIL, Le ZIMBABWE, Le MEXIUE, le PEROU, la NORVEGE, la
JAMAIQUE, le VENEZUELA, l'ETHIOPIE, le CANADA, l'INDE, la
TURQUIE, les BARBADES, le BOTSWANA, le CHILI, la CHINE, HAITI,
le MALI, la FEDERATION de RUSSIE, les SEYCHELLES, CUBA, l'ILE
MAURICE, le JAPON, le SALVADOR, la GAMBIE, le MALAWI, le TOGO,
le PANAMA, l'OUGANDA, le BANGLADESH, la MALAYSIE, la TUNISIE,
l'EQUATEUR, le PARAGUAY, le CAMEROUN, la COMMISSION EUROPEENNE,
MADAGASCAR, l'IRAN, la LETTONIE, l'EGYPTE, la BOLIVIE, le
SENEGAL, le GUATEMALA, la REPUBLIQUE de COREE, la GUYANE,
l'ALGERIE, le KENYA, l'INDONESIE, le MOROC et ST. KITTS ET ST.
NEVIS exprimèrent leurs réserves concernant le texte et bon
nombre devaient critiquer le manque de transparence dans le
processus de négociation. Plusieurs intervenants déclarèrent que
le texte ne reflétait pas de manière adéquate certaines
préoccupations de base exprimées par les délégations, quelques-
uns mirent l'accent sur des articles précis, dont les Articles 4
(Champ d'application du traité), 5 (Application de la procédure
d'APCC) et 25 (Responsabilité et Réparation), et montrèrent les
écarts risquant de miner l'efficacité du traité.
L'ILE MAURICE fit part de son choc concernant le manque de
transparence et déclara que texte a été ingurgité de force par
les délégués, sans discussion aucune. Nombre de délégués
qualifièrent le texte actuel de celui d'un traité sur le "bio-
commerce" qui pourrait servir à faciliter the commerce des OVM
mais certainement pas à assurer la conservation de la
biodiversité. D'autres notèrent qu'en dépit du fait qu'il
n'était pas acceptable, pour le moment, le texte constituait une
bonne plate-forme pour de négociations futures. Les SEYCHELLES
appuyèrent la poursuite des négociations à la condition qu'elles
soient menées dans la transparence. Le CANADA encouragea la
fourniture de nouveaux efforts pour parvenir à un compromis sur
les points en suspens. L'IRAN déclara qu'il était ouvert à la
poursuite des travaux de quelque manière de consultations
informelles que ce fut pour parvenir à un consensus. Le MALI
exprima son espoir de parvenir à une conclusion dans le futur
proche.
Le Président Koester confirma que les points de vue exprimés
seront portés dans son rapport à la CdPEx, et souligna son
opinion que les négociations avaient été transparentes et que le
texte du Président représentait un compromis. Il mit en relief
l'impératif d'établir un équilibre en le commerce et
l'environnement pour que soit conclu un traité efficace.
Le Président Koester devait ensuite introduire le rapport du
GTSB (UNEP/CBD/BSWG/6/L.1). Les premiers chapitres furent
adoptés sans commentaires, les paragraphes consacrés à
l'adoption du traité furent laissés de côté, et un mot de
gratitude à l'endroit de la Colombie fut ajouté. Le Président
Koester remercia tous ceux qui l'avaient assister durant le
processus du GTSB. Après avoir exhorté les Parties à continuer
de chercher un accord, affirmant qu'un traité même élémentaire
serait mieux que pas de traité du tout, le Président Koester
déclara la plénière finale du GTSB close.
PLENIERE DE LA CdPEx
Le Président Mayr ouvrit la plénière de l'après-midi en
demandant au Président Koester de présenter le rapport du GTSB.
Le Président Koester retraça l'historique du processus du GTSB
et présenta les résultats des travaux du GTSB
(UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.1 et Rev.2). Le Président Mayr invita
la CdPEx à adopter le rapport du Président du GTSB. Les délégués
débattirent du point de savoir si, l'adoption de ce rapport
impliquait celle du traité. Le VENEZUELA suggéra que le rapport
soit pris en note plutôt qu'adopté. Le Secrétariat clarifia que
le rapport du Président du GTSB figurait dans le document
UNEP/CBD/BSWG/6/L.1 et que le Texte de traité du Président
figurait dans le document UNEP/CBD/BSWG/6/L.2/Rev.1 et Rev.2.
Le délégué des PHILIPPINES, au nom du Bureau de la CdP-4,
présenta un projet de décision sur l'adoption du traité de
Carthagène et sur les arrangements intérimaires
(UNEP/CBD/ExCOP/1/CRP.1). Le Président Mayr suggéra de reporter
l'examen du projet de décision et du rapport du Président du
GTSB. Il proposa d'établir un petit groupe de travail comprenant
des voix légitimes issues des différents groups avec quatre à
six porte-parole et leurs conseillers, pour l'examen et la
révision du projet de texte du traité. Plusieurs pays
applaudirent l'initiative. L'EQUATEUR, la NORVEGE, l'ETHIOPIE,
le SALVADOR et d'autres suggérèrent que le nombre de porte-
parole était inadéquat. Le MEXIQUE, la CHINE et d'autres
proposèrent que la représentation au sein du petit groupe de
travail soit établie selon les groupements régionaux des Nations
Unies. Un certain nombre de délégations, dont l'IRAN, la CHINE,
l'ILE MAURICE, l'ETHIOPIE et le CAMEROUN, suggérèrent que les
discussions à venir se focalisent exclusivement sur les Articles
4 (Champ d'application du Traitée) et 5 (Application de la
Procédure de l'APCC). D'autres, comme les ETATS-UNIS, l'URUGUAY
et l'AUSTRALIE suggérèrent d'examiner le paquer entier. Le
Président Mayr proposa que le groupe de travail comprenne 10
porte-parole pour les groupes de pays (chacun avec deux
conseillers): un représentant issu de chacun de l'ECE, l'UE,
l'Amérique Centrale et les Caraïbes; deux, issus du Groupe de
Miami (un pour le Nord un pour le Sud); et quatre du Groupe de
M�me Esprit. A dernier repr�sentant fut ajout� suite � la
suggestion de la Suisse d'inclure le groupe de compromis.
DANS LES COULOIRS
Contrastant avec les cieux d�gag�s � l'ext�rieur, le temps �
l'int�rieur du "Centro de Convenci�nes", �tait tout sauf
ensoleill� et les pr�visions m�t�o �taient plut�t maussades.
Apr�s le d�luge des insatisfactions exprim�es dans la Pl�ni�re,
certains d�l�gu�s, hier inquiets, ont sembl� presque soulag�s,
acceptant la situation sans trait� un peu comme un fait
accompli. Mais, comme l'a fait remarquer l'un des participants,
l'ouverture de la CdP a �t� le signal du d�compte final venu
rappeler � tous les participants le peu de temps qui reste. On a
pu remarquer de loin plus d'un t�te � t�te informel entre des
officiels de la conf�rence et les chefs des d�l�gations
importantes dans les couloirs discutant probablement des �tapes
� venir. Le groupe officieux propos� par le Pr�sident de la
CdPEx, Mayr, un n�gociateur de la paix, accoutum� � apaiser les
factions en guerre, a sembl� rendre l'optimisme � bon nombre de
d�l�gu�s ardent � s'engager dans un dernier essaie. Plusieurs
pays en d�veloppement ont estim� que la composition qu'il a
propos�e pour le groupe de travail a rectifi� le d�s�quilibre
des repr�sentations des consultations pr�c�dentes.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE DE LA CdPEx: La Pl�ni�re de la CdPEx se r�unit ce
matin
� 9h.
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