Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 09 No. 113 jeudi 18 février 1999
LES FAITS MARQUANTS DU GTSB-6
MERCREDI 17 FEVRIER 1999
Les délégués près de la sixième session du Groupe de Travail
Spécial de Composition Illimité sur la Biodiversité (GTSB-6)
devaient, tout au long de la journée et une partie de la nuit,
se réunir dans les sous-commissions I et II, ainsi que dans un
certain nombre de groupe de contact as in contact groups et de
consultations officieuses. Le comité des Amis du Président s'est
réuni dans la soirée pour évaluer les progrès réalisés. Au cours
d'une Plénière de mise au point qui s'est terminée à 0h15, les
délégués ont entendu les rapports des Coprésidents des sous-
commissions et des groupes de contact, et le Président devait
annoncer que tous les points en suspens seront traités par le
comité des Amis du Président.
SGT-I
Le Sous-groupe de Travail I se pencha sur la révision de texte
de l'Article 14 (Evaluation des risques). Un délégué proposa que
les évaluations de risques soient élaborées par des
organisations internationales pertinentes, et accepta le
remplacement du qualificatif "appropriées" par le qualificatif
"reconnues" après le mot "techniques". Les délégués approuvèrent
l'insertion d'un libellé reflétant que l'évaluation doit être
basée sur l'information fournie conformément à l'Article 6
(Notification) et sur les différentes données scientifiques
disponibles, mais restèrent divisés sur le point de savoir si la
responsabilité doit incomber exclusivement à l'importer ou si
l'importateur peut demander à l'exportateur de mener
l'évaluation des risques. Certains appuyèrent l'idée d'insérer
une disposition sur la responsabilité financière relative à
l'évaluation des risques, d'autres estimèrent qu'il n'était pas
approprié que le protocole dicte à qui la responsabilité
financière doit incomber. Les Coprésidents décidèrent de
produire un nouveau texte pour examen.
Le Coprésident du groupe officieux sur la santé humaine
présenta
trois options. Plusieurs délégations apportèrent leur soutien à
la troisième qui stipulait que la phrase "en tenant compte des
risques posés à la santé humaine" doit suivre, dans le
protocole, toutes les références aux effets adverses sur la
conservation et l'utilisation durable de la diversité
biologique," mais un certain nombre de délégués s'opposèrent au
libellé stipulant que le principal point focal du protocole est
la biodiversité. Certaines délégations apportèrent leur soutien
à la première option stipulant que les dispositions relatives à
la santé humaine seront référées à la Commission Codex de la
OMS/FAO et à d'autres instruments internationaux pertinents. Les
délégués appuyèrent une proposition d'amalgamer les deux options
ci-dessus mentionnées. Le Coprésident Schoonejans (France)
demanda au groupe officieux d'élaborer une révision de texte
dans ce sens à soumettre au Président du GTSB. Une délégation
réitéra son point de vue selon lequel le thème de la santé
humaine débordait le champ d'application du protocole.
S'agissant des échéanciers, le SGT-I se mit d'accord sur un
délai de 90 jours pour l'accusé de réception (Article 7.1), mais
ne pu s'entendre sur le point de savoir si la décision doit être
communiquée au consignateur de la notification dans un délai
maximum de 180 ou de 270 jours ou encore dans simplement un
délai raisonnable (Article 8.3).
Concernant l'Article 7 (Accusé de réception de la
notification),
plusieurs délégations apportèrent leur soutien au paragraphe
prévoyant que les mouvements transfrontières doivent s'effectuer
conformément au cadre réglementaire du pays de l'importateur.
Une délégation s'interrogea, toutefois, sur la pertinence du
paragraphe. On proposa un libellé alternatif permettant
l'invocation des cadres réglementaires domestiques avant la
notification, mais aucun consensus ne put être réalisé.
Dans l'Article 37 (Evaluation et révision du protocole), Le
SGT-
I s'entendit que le protocole subisse une évaluation cinq ans
après son entrée en vigueur et à partir de là, des évaluations
périodiques tous les cinq ans. Dans l'Article 6 (Notification),
les délégués acceptèrent de retenir le libellé consacré à
l'autorité nationale compétente mais divergèrent sur le point de
savoir s'il fallait ou non retenir la référence au Centre
d'échange d'information de bio sécurité (CEI). Les délégués ne
parvinrent pas à s'entendre non plus sur le maintien du libellé
consacré à la notification des Parties de transit et un délégué
suggéra que ces Parties puissent, par le biais de leur autorité
nationale compétente, exiger une notification écrite quant à
l'intention de faire transiter un OVM à travers leurs
territoires. Les délégués se mirent d'accord, par contre, sur
l'insertion d'un paragraphe consacré à l'exactitude de
l'information, mais ne réalisèrent pas de consensus sur la
formulation précise à insérer.
Concernant l'Article 8 (Procédure de prise de décision dans le
cadre de l'accord préalable en connaissance de cause), plusieurs
délégations s'opposèrent aux dispositions permettant aux parties
importatrices d'informer le consignateur de la notification que
le mouvement transfrontière peut s'effectuer sans accord
préalable écrit. D'autres apportèrent leur soutien à ces
dispositions. Le Coprésident Schoonejans invita les délégations
à tenir des consultations sur un compromis. Le paragraphe
portant sur la facilitation de la prise de décision par la
Partie importatrice fut déplacé vers l'Article 22 (Création des
capacités).
Les délégués décidèrent d'intituler l'Article 9 "Examen des
décisions prises dans le cadre de l'accord préalable en
connaissance de cause." Ils ne parvinrent pas à s'entendre
cependant sur le point de savoir si "la partie exportatrice" ou
"le consignateur de la notification" doivent demander à
l'importateur d'examiner la décision, ou si ce paragraphe devait
être supprimé. Les délégués acceptèrent de retenir le libellé
stipulant que des évaluations de risques pour les importations
ultérieures peuvent avoir lieu en fonction du souhait de
l'importateur. Les délégués ne parvinrent pas à réaliser de
consensus sur le besoin d'insérer l'Article 11 (Procédure
simplifiée) dans le protocole, mais s'accordèrent sur la
suppression de tous les crochets intérieurs en attendant la
décision.
Le SGT-I discuta également de l'Article 13 (Accords
multilatéraux, bilatéraux et régionaux), sans marquer le moindre
progrès. Quelques délégations proposèrent sa suppression. Dans
l'Article 4 (Champ d'application du protocole), les délégués
s'entendirent sur la suppression de la référence aux exigences
des opérations de transport.
Dans l'Article 5 (Application de la procédure d'accord
préalable
en connaissance de cause), les délégués appuyèrent une
proposition appelant à spécifier que dans les Articles 6, 7, 8
et 9, cette procédure s'appliquera au premier mouvement
transfrontière d'OVM.
SGT-II
La plupart des pays en développement favorisèrent le maintien
de
l'Article 26 (Trafic illicite), en évoquant la nécessité
d'harmoniser les mesures prises en la matière. Plusieurs pays
industrialisés s'opposèrent à son maintien, compte tenu du fait
que les Parties sont en mesure de développer des régimes
domestiques pour faire face au trafic illicite. Ils firent
objection, en particulier, à la disposition requérant de la
Partie d'origine, dans le cas d'espèce, de disposer des OVM, à
son compte, le GC-II ayant recommandé de supprimer la définition
du trafic illicite. Un pays en développement introduisit un
libellé définissant le trafic illicite comme étant un mouvement
transfrontière d'OVM mené en contravention des dispositions
pertinentes du protocole. Plusieurs autres délégués apportèrent
leur soutien à cette formulation. Concernant l'exigence de
transmettre l'information au CEI de la biosécurité, un groupe de
pays industrialisés proposa que l'information soit limitée aux
cas de trafic illicite en provenance ou à destination de la
Partie, au lieu de chez la Partie. Quelques pays
industrialisés devaient souligner que leurs réserves concernant
la mise en application des lois et la confidentialité exigent
seulement que l'information appropriée soit transmise.
Dans l'Article 17 (Mouvements transfrontières et Mesures
d'urgence), le Coprésident Herity introduisit la proposition des
Coprésidents, notant qu'un paragraphe portant sur la
confidentialité de l'information en avait été ôté et inséré dans
l'Article 21 (Information confidentielle). Une délégation
proposa de changer l'intitulé de l'Article par Mesures à
prendre en cas d'urgence, et de supprimer le paragraphe sur les
mesures de minimisation des mouvements transfrontières non-
intentionnels d'OVM. Plusieurs pays en développement y firent
objection. S'agissant du processus de consultation, lés
délégations divergèrent sur la nécessité d'une requête de la
part de la Partie potentiellement touchée et sur l'entité à
consulter. Les délégations divergèrent également sur les termes
imprévisibles et non-intentionnels et sur le besoin de
garder le qualificatif importants après effets adverses. Les
délégations s'accordèrent par contre sur l'information à inclure
dans les notifications des mouvements transfrontières non-
intentionnels.
Dans l'Article 23 (Sensibilisation et participation du public),
les délégués procédèrent à l'examen d'un nouveau texte des
Coprésidents. La plupart déclarèrent que ce nouveau texte ne
reflétait pas la participation. Les avis divergèrent, entre
autres, sur les points de savoir: si l'information à fournir au
public devait être "complète" ou "appropriée"; si l'information
confidentielle doit être protégée; et si l'information doit
porter sur la mise en circulation, les bonnes conditions de
transfert et de manipulation et l'utilisation des OVM ou sur
les résultats du processus de prise de décision.
Dans l'Article 20 (Echange d'information / Centre d'échange
d'information de la biosécurité), les délégués divergèrent,
entre autres: sur les relations entre le CEI de la Biosécurité
et le CEI de la CDB; sur les références à l'information
confidentielle et aux produits dérivés; et sur les liens avec
l'Article 14 (Evaluation des risques) et les procédures d'accord
préalable en connaissance de cause. Plusieurs pays devaient
noter qu'un CEI de Biosécurité indépendant ne sera pas efficace
du point de vue coût et que deux CEI alourdirait la charge des
pays. D'autres mirent en garde qu'une intégration des deux
mécanismes risquait de surcharger le CEI de la CDB et évoquèrent
les focalisations différentes des deux CEI. Le Secrétariat
indiqua que d'un point de vue technique, le CEI de la CDB était
en mesure de répondre aux nouvelles demandes d'information
dérivées de ce protocole. Les modalités de l'opération du CEI de
la Biosécurité seront décidées par la première Réunion des
Parties du Protocole.
Dans l'Article 21 (Information confidentielle), les discussions
tournèrent autour du texte des Coprésidents. Certains pays
industrialisés préférèrent que les données concernant le
descriptif des OVM et l'évaluation des risques ne doivent pas,
en général, être" considérées comme étant confidentielles, au
lieu de "ne doivent en aucun cas, être considérées comme tel.
Un groupe de pays industrialisés, se référant à une directive
interne, appuya la formule ne sauraient, en aucun cas et
déclara qu'il voulait bien tenir des consultations pour
déterminer les raisons du désaccord. Plusieurs pays en
développement réitérèrent leur requête de supprimer l'Article.
Le Coprésident Herity introduisit ensuite l'Article 1
(Objectifs) au débat, en notant que les références à la santé
humaine, aux produits dérivés, au principe de précaution et
aux impératifs socio-économiques attendaient les résultats des
discussions menées dans d'autres groupes. Plusieurs pays en
développement souhaitèrent le maintien de ces références.
Certains pays industrialisés se déclarèrent opposés à leur
maintien. De nombreux pays indiquèrent que les objectifs du
protocole doivent être inscrits dans le cadre des mouvements
transfrontières des OVM. Sagissant du respect de la santé
humaine, un délégué insista sur la compatibilité avec l'Article 8 (g) de
la CDB.
Les délégués devaient procéder ensuite à la consolidation de
l'Article 2 (Obligations générales). Plusieurs suggestions
furent avancées, sans toutefois obtenir d'accord, notamment: la
suppression du paragraphe l'interdiction du commerce sans AIA;
et la suppression de la référence appelant à une harmonisation
avec les obligations du droit international.
GROUPES DE CONTACT
Le GC-I, coprésidé par Piet van der Meer (Pays-Bas) et Osama
El-
Tayeb (Egypte), se pencha sur la définition de l'utilisation en
milieu confiné et sur les Annexes. Le GC-II conclut les
discussions sur l'utilisation en milieu confiné, en attendant la
résolution des discussions menées ailleurs sur les produits
pharmaceutiques et la portée de l'accord préalable en
connaissance de cause. S'agissant de l'Annexe I (Information
requise dans la notification), les délégués approuvèrent un
texte prévoyant la validité d'un rapport d'évaluation des
risques précédent compatible avec l'Annexe II (Evaluation des
risques). Dans l'Annexe II, les délégués examinèrent: les
caractéristiques des données techniques et scientifiques de
détection et d'identification de l'OVM; l'utilisation prévue; et
l'environnement r�cipiendaire. L'information concernant les
consid�rations de s�curit� pour la sant� humaine et les
consid�rations socio-�conomiques attends la r�solution des
discussions en cours dans diff�rentes sous-commissions.
Le GC-II, copr�sid� par John Ashe (Antigua et Barbuda), discuta
les libell�s des Articles 22 (Cr�ation des capacit�s) et 29
(Ressources financi�res et M�canisme de financement). Dans
l'Article 22, les d�l�gu�s diverg�rent principalement sur le
point de savoir si la cr�ation des capacit�s en mati�re de
biotechnologie devait, oui ou non, avoir un rapport direct �
la bios�curit�. Les pays en d�veloppement s'interrog�rent sur
l'entit� qui sera responsable de la d�termination de ce qui est
direct. Plusieurs pays industrialis�s argu�rent que la
biotechnologie, m�me lorsqu'elle touche de loin la bios�curit�,
peut �tre couverte. Les d�l�gu�s s'accord�rent finalement sur la
formule "la biotechnologie, en fonction des exigences de la
bios�curit�... Dans l'Article 29, les d�l�gu�s d�battirent des
m�canismes de fourniture des directives au m�canisme de
financement. Le GC-II accepta que la R�union des Parties du
protocole fournissent des orientations � la Conf�rence of the
Parties de la CDB pour examen et transmission aux m�canismes de
financement. Les d�l�gu�s �t�rent �galement les crochets qui
entouraient la disposition tenant compte de l'Article 20 de la
CDB (Ressources financi�res).
PLENIERE: Le GTSB-6 se r�unit en Pl�ni�re � 22h pour entendre
les rapports �manent des Copr�sidents des SGT-I, SGT-II, GC-I et
GC-II et proc�da � l'adoption provisoire: des d�finitions de
l'OVM, de la biotechnologie moderne, de l'organisme vivant, de
l'exportateur, de l'importateur et de l'Organisation r�gionale
d'int�gration �conomique; de l'Article 19 (Autorit� nationale
comp�tente / Correspondant national); de l'Article 29
(Ressources financi�res et M�canisme de financement); de
l'Article 36 (Respect des obligations); et de l'Article 37
(Evaluation et Examen de ce Protocole). Tous les points en
suspens furent transf�r� au comit� des Amis du Pr�sident. Le
Pr�sident Koester s'engagea � produire une r�vision de texte du
protocole renfermant les compromis, jeudi � 10h du matin. Le GC-
I, le Comit� de r�daction juridique et les groupes de contact
restreints convoqu�s par le pr�sident poursuivront leurs
travaux jeudi et vendredi.
DANS LES COULOIRS
Certains d�l�gu�s ont comment� que le Pr�sident avait,
apparemment, plus d'amis qu'il ne croyait, car les r�unions du
comit� des Amis du Pr�sident ont drain� un nombre inattendu de
d�l�gu�s peu satisfaits de la repr�sentation r�gionale. D'autre
ont d�plor� que le manque de temps ait justifi� le recours � des
"raccourcis" dans le processus, tels que permettre que certains
textes passent directement d'un groupe de contact, au comit� des
Amis puis � la Pl�ni�re. Beaucoup devaient admettre, non sans
r�ticence, que le comit� des Amis du Pr�sident restait sans
doute le seul forum pour la conclusion du protocole, dans la
mesure o� les n�gociateurs y seront amen�s enfin � r�soudre, en
un seul paquet, leurs divergences sur toutes ces questions
interconnect�es.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
REVISION DE TEXTE: Une r�vision de texte sera disponible �
partir de 10h.
AMIS DU PRESIDENTS: Le comit� des Amis du Pr�sident se r�unira
�
partir de 13h.
GC-I: Le GC-I se r�unira � partir de 10h15 pour examiner les
Annexes I et II.
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