Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 09 No. 111 mardi 16 février 1999
LES FAITS MARQUANTS DU GTSB-6
LUNDI 15 FEBRIER 1999
Les délégués près de la sixième session du Groupe de Travail
Spécial à Composition Illimité sur la biosécurité (GTSB-6)
devaient se réunir en une série de commissions tout au long de
la journée. Les Sous-groupes de Travail I et II se sont
également réunis pour considérer les résultats des diverses
commissions et d'autres questions en suspens. Les Groupes de
Contact devaient être convoqués de nouveau dans la soirée et se
sont poursuivis jusqu'à une heure tardive de la nuit.
SGT-I
Le Sous-groupe de Travail I se réunit brièvement le matin pour
entendre les rapports de l'état d'avancement des travaux des
groupes officieux sur les thèmes marchandises et produits
dérivés. Le Coprésident Schoonejans (France) demanda aux
groupes officieux de poursuivre leurs travaux et de présenter
leurs rapports au SGT-I dans l'après-midi.
Le SGT-I se réunit de nouveau à 15h40 pour entendre les
rapports
des groupes officieux. Les Coprésidents du groupe officieux sur
les produits dérivés (Allemagne et Iran) firent circuler un
papier renfermant les options offertes pour le traitement de la
question des produits dérivés: inclusion intégrale, exclusion
totale et proposition de compromis des coprésidents. Les
Coprésidents du SGT-I firent distribuer un papier additionnel.
Plusieurs délégations apportèrent leur soutien à une proposition
figurant dans ce papier et stipulant que les produits dérivés
purifiés, ne contenant pas de matériaux génétiques (AND et ARN),
doivent être traités dans le protocole. Certains se déclarèrent
d'accord avec la proposition du Coprésident du SGT-I de laisser
à la CdP le soin d'adopter une décision sur la conduite à suivre
sur ce sujet, compte tenu du fait qu'un accord semble
irréalisable d'ici vendredi. D'autres firent objection à cette
option. Le SGT-I décida de transmettre au Président du GTSB les
deux papiers pour servir ensemble de plate-forme à la suite des
débats. Au cours de la séance nocturne, le Coprésident
Schoonejans informa les délégués que le Comité des Amis du
Président (CAP) avait invité le groupe officieux à poursuivre
ses travaux sur le traitement des produits dérivés, et de
présenter un rapport directement au CAP, mardi matin.
Le Coprésident (Suisse) du groupe sur les marchandises fit
référence aux points soulevés dans les groupes, dont:
l'obligation de la partie exportatrice; le format de
l'information; et la méthode à utiliser dans la mise à
disposition de l'information. Il évoqua le papier officieux
soumis par le Canada recommandant pour les parties l'obligation
de partager l'information relative aux approbations domestiques
des OVM destinés à la consommation ou à la transformation. Il
proposa de retenir le papier officieux canadien avec les thèmes
évoqués, comme plate-forme pour la suite des discussions. Les
Coprésidents du SGT-I présentèrent une proposition
additionnelle. Plusieurs pays en développement firent objection
aux éléments figurant dans la proposition des Coprésidents et
suggérant une différenciation potentielle dans les niveaux du
risque encouru, entre OVM destinés à une mise en circulation
délibérée et OVM destinés à l'alimentation, à la nourriture
animale et à la transformation. Ils appuyèrent l'idée
d'assujettir tous les OVM à la procédure d'acceptation en
connaissance de cause. Quelques pays en développement et
plusieurs pays industrialisés apportèrent leur soutien à la
différentiation. Quelques pays industrialisés préférèrent la
proposition du groupe officieux à celle des Coprésidents. Le
SGT-I décida de présenter au Président du GTSB, trois
propositions: l'exclusion des OVM destinés à l'alimentation, à
la nourriture animale et à la transformation, de la procédure de
l'accord en connaissance de cause; la proposition des
Coprésidents du SGT-I; et la proposition du groupe officieux.
Les Coprésidents du SGT-I présentèrent un papier de travail
contenant leurs suggestions pour le serrage du texte. S'agissant
de l'Article 4 (Champ d'action), un groupe de délégations
proposa d'ajouter un libellé excluant du champ d'action du
protocole les "OVM qui forment des produits pharmaceutiques,
étant donné que la note de bas de page élaborée à cet effet
avait été précédemment supprimée. Le papier de travail fut
accepté avec la modification suggérée.
Le SGT-I se pencha sur l'Article 15 (Gestion des risques) dans
la soirée. Plusieurs délégations proposèrent la suppression
sinon de l'ensemble des paragraphes 2 à 9 du moins de quelques-
uns d'entre eux, déclarant que les détails de la gestion des
risques relevaient de la législation nationale. D'autres
délégations appuyèrent leur maintien, car les enjeux dépassent
le cadre de la législation nationale. Quelques délégations
déclarèrent que le SGT-I doit d'abord décider si oui ou non
l'Article 15 doit être inclue dans le protocole. Le Coprésident
Wint (Jamaïque) chargea un groupe officieux coprésidé par le
Chili et les Seychelles, de poursuivre les travaux sur la
gestion des risques et de présenter un rapport au SGT-I mardi à
10h.
SGT-II
Lors de la séance matinale du SGT-II, le Coprésident Herity
(Canada) proposa d'établir deux comités restreints pour l'examen
des Articles 22 (Création des capacités) et 27 (Considérations
Socio-économiques). Le Coprésident Herity devait tenir par
ailleurs avec les délégations des consultations officieuses sur
le principe de précaution. Le SGT-II reprit ses travaux à 12h
pour entendre les rapports des comités. La Suisse, au nom du
comité chargé de Article 22, nota qu'un accord est intervenu sur
la suppression du paragraphe qui se réfère aux besoins des pays
en développement, ces préoccupations étant déjà couvertes
ailleurs dans le texte. Il n'y a pas eu d'accord sur le reste de
l'Article. La Nouvelle Zélande, au nom du groupe chargé de
l'Article 27, rapporta que la discussion s'était focalisée, sans
toutefois parvenir à un consensus, sur la considération des
effets socio-économique dans la gestion des risques. Il y eut
accord général pour retenir le libellé appelant à la recherche
des considérations socio-économiques et pour supprimer la
référence à l'aide en faveur des parties affectées sur le compte
des importations de substitution. Le Coprésident Herity déclara
que les consultations officieuses sur le principe de précaution
ont reflété un certain nombre de réserves quant à l'incertitude
scientifique des effets adverses des OVM sur la biodiversité.
Les discussions devaient se poursuivre dans des comités
restreints jusqu'en fin d'après-midi.
Le SGT-II se réunit de nouveau brièvement l'après-midi pour
entendre les conclusions des groupes officieux. Le Coprésident
Herity déclara que ses consultations officieuses n'ont pas
abouti à un accord sur le principe de précaution et que pour
certains participants, la principale difficulté était la
référence à ce principe dans les articles opérationnels. Il
indiqua qu'il recommanderait un libellé formulé de manière à ce
que la mention du principe ne soit assortie d'aucune référence
spécifique. Concernant l'Article 22 (Création des capacités), le
Président du groupe officieux nota que des problèmes étaient
encore posés en raison de la référence à la biosécurité dans
l'un des paragraphes et aux ressources financières dans le
chapeau introductif. Concernant l'Article 27 (Considérations
socio-économiques), le président du groupe officieux rapporta
que le groupe a débattu du point de savoir s'il n'était pas plus
approprié d'insérer le paragraphe consacré à la notification
plutôt dans l'Article 20 (Echange d'information / Centre
d'échange des données de biosécurité).
Le Coprésident Herity re-convoqua le SGT-II dans la soirée,
informant le groupe que la réunion des Coprésidents a transféré
les sujets de considérations socio-économiques et de principe de
précaution au CAP pour examen complémentaire. Il réitéra son
intention de convoquer un groupe chargé spécifiquement des
questions touchant au commerce impliquant les Articles 24 (Non-
Parties), 25 (Non-discrimination) et 34 (Relations avec d'autres
accords internationaux).
Au cours de l'examen de l'Article 18 (Manipulation, Transport,
Emballage [et Etiquetage]), lés délégués débattirent des options
permettant de supprimer un certain nombre de phrases et
d'enlever les crochets, mais ne parvinrent à aucun consensus.
Plusieurs délégations de pays en développement appuyèrent l'idée
d'avoir une disposition contraignante. Une délégation de pays
industrialisé requit la suppression d'un paragraphe, soulignant
que les exigences en matière de documentation qui s'y trouvent
listées doivent être définies dans le cadre des politiques
nationales. Les délégués devaient débattre ensuite des
références aux règles et standards internationaux pertinents.
Plusieurs pays industrialisés y apportèrent leur appui, notant
les normes disponibles à prendre en considération. La plupart
des pays en développement se déclarèrent opposés à toute
référence à ces règles et normes, affirmant qu'elles ne cadrent
pas bien avec le protocole.
Le Coprésident Herity demanda aux délégués d'établir une
distinction entre l'étiquetage et la documentation
d'accompagnement, s'agissant des OVM objet de mouvements
tranfrontières. Quelques délégués appuyèrent l'idée d'avoir un
label clairement défini sur le colis ou le container, outre la
documentation d'accompagnement, signalant que les ouvriers
chargés de la manipulation du colis doivent être informé, entre
autres, de la nécessité de bonnes conditions d'entreposage et
des risques associés à la manipulation des OVM. Un certain
nombre de délégués proposèrent soit la documentation soit
l'étiquetage au lieu des deux à la fois. D'autre préférèrent
avoir uniquement la documentation d'accompagnement. Le
Coprésident Herity indiqua qu'il produira une version du
Président de l'Article pour la poursuite du débat.
Concernant l'Article 24 (Non-Parties), plusieurs délégués
apportèrent leur soutien au paragraphe interdisant le commerce
avec les non-parties, notant que cette interdiction
encouragerait les pays à signer le protocole. Un délégué affirma
que le commerce avec les non-parties mettrait en péril la
validité du protocole. D'autres déclarèrent à l'opposé que
l'interdiction des échanges avec les non-parties découragerait
les pays à signer. Un délégué nota qu'il était peu réaliste de
vouloir interdire le commerce avec les non-parties. Certains
préférèrent avoir plutôt un paragraphe stipulant que les parties
se doivent de conduire leurs échanges, en matière d'OVM avec les
non-parties, de manière compatible avec les objectifs du
protocole. Les délégués devaient diverger sur l'insertion de
l'Article 34 (Relations avec d'autres accords internationaux)
dans le protocole. Certains délégations de pays industrialisés
ne voyaient pas l'utilité d'un tel article, notant qu'il
risquait de placer le protocole hors du cadre du droit
international. Plusieurs autres apportèrent leur soutien à
l'article, mais pas à la référence à l'exception où l'exercice
des droits et obligations dans le cadre d'autres accords
internationaux causerait de grave préjudices à la biodiversité.
Plusieurs délégations de pays en développement préférèrent la
suppression de l'article, en raison des conflits entre les
accords internationaux et le chevauchement avec l'Article 22 de
la CDB (Relations avec d'autres conventions internationales).
GC-I: Le Groupe de Contact I, coprésidé par Piet van der Meer
(Pays-Bas) et Osama El-Tayeb (Egypte), examina les définitions
des termes OVM, organisme vivant et biotechnologie
moderne. Les résultats de ses travaux seront soumis au SGT-I.
Plusieurs délégations indiquèrent que l'accord sur la définition
de l'OVM et sa référence à la fusion cellulaire dépendait de la
résolution de l'insertion du membre de phrase utilisations en
milieu confiné et / ou pharmaceutiques. Le groupe devait
ensuite entamer l'examen de l'Annexe I (Information requise dans
la notification), cet examen sera poursuivi demain.
CG-II: Le Groupe de Contact II, coprésidé par Katarina Kummer
(Suisse), discuta des définitions du mouvement transfrontière,
de l'export, de l'import, de l'exportateur, de l'importateur, et
des parties de l'export et de l'import. Les délégués firent part
d'avis divergents quant à l'insertion du libellé excluant le
transit des définitions. Notant le lien entre ce sujet et le
champ d'action du protocole et les procédures d'acceptation en
connaissance de cause, le GC-II décida de ne pas modifier les
formulations existantes et de transmettre la question au SGT-I
pour considération dans le cadre des Articles 4 (Champ d'action)
et 5 (AIA). Les délégués procédèrent ensuite à l'affinement du
texte, enlevant la majeure partie des crochets qui s'y
trouvaient, lequel sera produit sous forme de papier interne. Le
GC-II s'accorda par ailleurs qu'une définition du trafic
illicite n'était pas nécessaire ici, étant donné que le sujet
pouvait être couvert dans l'Article 26 (Trafic illicite).
S'agissant de l'Article 36 (Respect des obligations), le GC-II
ajouta un libellé soulignant le caractère coopératif et non-
punitif des procédures de respect des obligations et ôta les
crochets qui entouraient l'Article. Le Coprésident Ashe (Antigua
et Barbuda) mena le débat sur le Préambule au cours duquel on
ajouta un libellé sur l'expansion rapide de la biotechnologie
moderne et les préoccupations grandissante du public à la
formulation existante couvrant les articles pertinents de la
CDB, la d�cision II/ 5 de la CdP, les potentialit�s de la
biotechnologie et les capacit�s limit�es de bon nombre de pays.
Dans l'examen de l'Article 29 (M�canisme de financement),
plusieurs d�l�gu�s firent objection au libell� fournissant au
m�canisme de financement des directives concernant la cr�ation
des capacit�s, affirmant que cela ne pouvait �tre fait que par
la CdP de la CDB. Certains firent part de leurs r�serves quant �
la suppression des r�f�rences aux �l�ments sp�cifiques relatifs
� la cr�ation des capacit�s sans qu'on ne soit assur� de leur
insertion dans l'Article 22 (Cr�ation des capacit�s). Le
Copr�sident Ashe nota que la r�solution de l'Article 29
d�pendait du r�sultat de l'examen de l'Article 22.
SOUS-COMMISSION DU GC-II SUR LA RESPONSABILITE ET LA
REPARATION:
Les d�l�gu�s proc�d�rent � l'examen du papier officieux du
Pr�sident Cook (Royaume-Uni) dressant la liste des �l�ments
possibles � consid�rer dans le traitement du chapitre
responsabilit� et r�paration. Le papier posait un certain nombre
de questions, telles que: quels sont les pr�judices devant �tre
pris en compte dans le r�gime de responsabilit�; � partir de
quel seuil le pr�judice doit-il �tre consid�r� comme tel; et
quelles sont les normes sous-jacentes � la responsabilit�.
Quelques d�l�gations r�it�r�rent leurs positions de toujours,
certains appelant � la non-insertion de dispositions de
responsabilit� et d'autres qualifiant d'inacceptable l'id�e d'un
degr� "z�ro" en mati�re de responsabilit�. Les d�l�gu�s
examin�rent �galement des positions plus centristes. Le groupe
se r�unira de nouveau mardi matin.
DANS LES COULOIRS
Si plusieurs d�l�gu�s ont suivi le conseil du Ministre
Colombien
de l'Environnement de rel�cher le nud de leur cravate, la
plupart d'entre eux sont all�s un peu plus loin et ont
retrouss� leurs manches pour mieux s'attaquer aux choses
s�rieuses. Comme la date butoir du mercredi fix� par le
Pr�sident Koester continue � s'approcher, plus de neuf groupes
de contact, ainsi que des sous-commissions, des groupes
r�gionaux et autres comit�s officieux ont �t� r�uni en continu,
certains travaillant jusqu'� une heure tardive de la nuit. Mais
en d�pit de cet effort, les d�l�gu�s on n'a pas encore
enregistr� de perc�e majeure dans les points de d�saccord
polaris�s depuis longtemps. Des voix se sont laiss�s entendre
r�it�rant leur pr�f�rence pour plut�t une situation sans
protocole qu'une situation avec un mauvais protocole. D'autres
ont rappel� toutefois que dans les n�gations, les positions
�voluent, en particulier, quand il s'agit d'accords juridiques
contraignants, tout arrive souvent le dernier quart d'heure.
Certains croit savoir que la r�union du comit� des Amis du
Pr�sident tenue dans la soir�e ne manquera pas d'impulser les
efforts de parvenir � un accord.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SGT-I: Le SGT-I se r�unira � partir de 10h pour entendre le
rapport du groupe officieux sur la gestion des risques.
SGT-II: Le SGT-II se r�unira bri�vement � 10h puis se r�partira
en diverses commissions.
GC-I: Le GC-I se r�unira � partir de 10h15 pour examiner les
Annexes I et II.
GC-II: La sous-commission du GC-II se r�unira � 11h pour
examiner le chapitre responsabilit� et r�paration. Consultez le
programme de l'apr�s-midi pour les autres d�bats du GC-II.
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