Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 09 No. 110 lundi 15 février 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA SIXIEME SESSION DU GROUPE DE TRAVAIL
SPECIAL SUR LA BIOSECURITE (GTSB-6)
14 FEVRIER 1999
Les délégués près de la Sixième Session du Groupe de Travail
Spécial à Composition Non Limité sur la Biosécurité (GTSB-6) se
sont réunis en plénière d'ouverture dans le courant de l'après-
midi et ont entendu des déclarations sur les questions
d'organisation et sur les positions régionales. Dans la soirée,
les Sous-groupes de Travail I (SGT-I), le Sous-groupe de Travail
II (SGT-II) et le comité de rédaction sur chapitre
Responsabilité et Réparation devaient entamer leurs débats de
fond. Deux Groupes de Contact (GC-I et GC-II) se sont réunis
pour débattre de questions d'organisation.
PLENIERE
Le Président Veit Koester (Danemark) exprima ses condoléances
aux victimes des séismes qui ont frappé la Colombie et appela à
une minute de silence. Koester devait ensuite rappeler la
composition du Bureau du GTSB: Elsa Kelly (Argentine) (en
remplacement de Diego Malpede); Lynn Holowesko (Bahamas); Behren
Gebre Egziahber Tewolde (Ethiopie); Ervin Balazs (Hongrie); R.
H. Khwaja (Inde) (en remplacement de A. K. Ahuja); Mohamed
Mahmoud Ould el Gaouth (Mauritanie); Darryl Dunn (Nouvelle
Zélande); Alexander Golikov (Fédération de Russie); et I.A.U.N.
Gunatillake (Sri Lanka). Koester déclara qu'en dépit des
frustrations qui ont pu marquer les cinq dernières réunions,
l'esprit de coopération qui continu à prévaloir était
encourageant.
Le Ministre Colombien de l'environnement, Juan Mayr, mit en
garde que les pays les plus riches en biodiversité seraient les
plus vulnérables aux effets adverses pouvant découler des
organismes vivants modifiés (OVM). Il exhorta les délégués à
s'assurer que le protocole ne permettra le trafic transfrontière
d'OMV que dans des bonnes conditions de sécurité.
Intervenant au nom du PNUE, Sipi Jaakola transmit les meilleurs
vux de réussite exprimés par le Directeur Exécutif du PNUE,
Klaus Töpfer, à l'adresse de la réunion et annonça que le Dr
Töpfer est attendu lundi. Hamdallah Zedan, Secrétaire Exécutif
en exercice de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB),
présenta des commentaires sur le protocole et sur les grandes
tendances de l'heure, tels que la mondialisation, la
régionalisation et l'avènement de l'ère de l'information.
Le Président Koester souligna les décisions issues de la
Réunion
du Bureau Etendu tenue les 21 et 22 octobre 1998, de poursuivre
le débat sur les articles sous forme d'ensembles et de former un
comité de rédaction juridique pour faciliter l'élaboration du
texte du protocole. Il identifia par ailleurs les concepts clés
à résoudre, notamment, les produits dérivés; l'utilisation en
milieu confiné; les considérations socio-économiques; le
principe de précaution; la responsabilité et la réparation; et
l'échange avec les parties non-signataires.
L'orateur devait également préciser que la structure de travail
utilisée dans les réunions précédentes s'appliquera au GTSB-6.
Le SGT-I, coprésidé par Eric Schoonejans (France) et Sandra Wint
(Jamaïque), examinera les Articles 4-16 et 37; le SGT-II,
coprésidé par John Herity (Canada) et R. H. Khwaja (Inde),
examinera les Articles 1, 2, 17-27 et 34; le GC-I, coprésidé par
Piet van der Meer (Pays-Bas) et Osama El-Tayeb (Egypte)
examinera l'Article 3 et les Annexes; et le GC-II, coprésidé par
l'Ambassadeur John Ashe (Antigua et Barbuda) et Katarina Kummer
(Suisse) examinera le Préambule, les Articles 28-33, 35, 36, et
38-42. Le nouveau Comité de Rédaction Juridique sera présidé par
l'Ambassadeur Lynn Holowesko (Bahamas).
Le Président Koester devait ensuite rappeler aux délégués que
l'objectif de la réunion était de réaliser un consensus sur le
texte du protocole sur la biosécurité. Il indiqua que 30
articles, les Annexes et le Préambule restaient à négocier. Il
encouragea les délégations ayant soumis des propositions pour
d'autres annexes, à les retirer, compte tenu du fait qu'il
serait impossible de négocier davantage d'annexes en raison de
la contrainte temps. Il recommanda de négocier les thèmes dans
un seul groupe et de débattre des articles par ensembles.
Il décrivit les éléments du mécanisme 'Amis du Président'
composé de personnes désignées par le G-77/CHINE, le JUSSCANZ,
l'UE et l'ECE pour aider le processus. Fixant les dates butoirs,
il indiqua que le SGT-I devait terminer ses travaux sur les
marchandises et les OVM destinés à une mise en circulation
délibérée dans l'environnement et sur les produits dérivés,
et le SWG-II, ses travaux sur les considérations socio-
économiques et sur le principe de précaution d'ici lundi,
18h. Tous les groupes doivent avoir fini leurs travaux d'ici
mercredi, minuit, pour permettre l'identification des points en
suspens, jeudi, et l'achèvement du travail, vendredi. Les
groupes Régionaux, GRULAC, Group Asiatique et Groupe Europe de
l'Ouest et Autres désignèrent les membres devant les représenter
au sein du Comité de Rédaction Juridique. The Groupe Africain et
celui de l'ECE procéderont à la nomination de leurs
représentants lundi.
La NORVEGE retira sa proposition concertant l'établissement
d'une annexe sur l'utilisation en milieu confiné. La GUYANE, au
nom du G-77/CHINE, mit en exergue le principe de responsabilités
communes mais différenciées et souligna la nécessité de parvenir
à des résolutions sur les considérations socio-économiques, la
création de capacités et sur les ressources financières et
mécanismes de financement. L'ALLEMAGNE, au non de l'EU, souligna
le besoin d'aboutir à un protocole capable de protéger la
biodiversité tout en prévenant les barrières commerciales
inutiles. L'ETHIOPIE, au nom du Groupe Africain, fit part de ses
préoccupations de voir ces travaux aboutir à une conclusion
inefficace en raison des contraintes de temps. La représentante
d'une ONG déclara que les préoccupations de la société civile
doivent être prises en considération. L'oratrice devait, par
ailleurs, indiquer que le principe de précaution restait
central, appuyer l'inclusion de la responsabilité dans le
protocole, souligner la prise en considération des effets socio-
économiques dans les processus décisionnels, mettre en garde
contre la subordination aux règles de OMC, et s'opposer à
l'exclusion des cultures trans-géniques du protocole. Au non de
l'industrie, la Global Industry Coalition appuya l'idée d'avoir
un protocole pratique et mit en relief les avantages offerts par
biotechnologie.
SGT-I: La Coprésidente Sandra Wint (Jamaïque) proposa que le
SGT-I charge le Secrétariat de préparer un texte débarrassé de
toutes les notes de bas de page et des Articles 10 (Notification
de Transit), 12 (Importations Ultérieures) et 16 (Normes
Nationales Minimales), sachant que leur contenu était déjà
couvert ailleurs dans le texte. Cette proposition fut acceptée.
Elle invita ensuite les délégués à faire des propositions quant
aux voies et moyens de supprimer les doubles emplois et les
inconsistances figurant dans le texte de négociation, sans enter
dans la négociation de fond. Plusieurs délégués évoquèrent la
difficulté à séparer points de fond et points de rédaction. Les
Coprésidents s'accordèrent sur la production d'un document
identifiant les parties du texte où des améliorations éditoriale
pourraient être apportées.
Le Coprésident Eric Schoonejans (France) introduisit le thème
des produits dérivés et fit circuler une note officieuse sur
les discussions tenues au GTSB-5 incluant la proposition de
texte suivante: les produits réalisés à partir d'OVM et
contenant des organismes morts modifiés et/ou des composantes
inertes d'OVM, tels que des produits d'ADN ou génétiques sont
traités dans le protocole dans la mesure où une clause y
stipulant que l'information pertinente (évaluation des risques
posés à l'environnement et aux questions de santé) concernant
les OVM utilisés dans les processus est mise à disposition à
travers le Mécanisme d'Echange d'Information (MEI). Un délégué
déclara que cette proposition pouvait servir de plate-forme à
une négociation, mais plusieurs autres y firent objection. Un
autre délégué suggéra que le protocole définissent diverses
catégories d'OVM, par exemple, les OVM contenant de l'AND et
ceux qui n'en contiennent pas, lesquelles seraient ensuite
assujetties à des dispositions différentes. Le Coprésident
Schoonejans convoqua un groupe officieux pour débattre de la
manière de traiter du thème des "produits dérivés et demanda au
groupe de présenter, lundi matin, au SGT-I, un rapport assorti
d'une synthèse des options retenues.
SGT-II: Le Coprésident John Herity (Canada) ouvrit les travaux
du SGT-II en déclarant que la discussion sur l'Article 19
(Autorité Compétente Nationale/ Représentation Nationale) est
terminée, tous les crochets et les libellés qu'ils entouraient
ayant été supprimés. Le SGT-II devait ensuite entamer ses
débats, sans toutefois parvenir à des conclusions, sur les
chapitres: principe de précaution, considérations socio-
économiques et création des capacités.
Concernant le principe de précaution, les délégués exprimèrent
un large éventail de points de vue quant à son insertion dans le
protocole. Le Coprésident Herity rappela aux délégués que les
références au principe de précaution étaient encore crochetées,
notamment, dans le Préambule, dans l'Article 1 (Objectifs), dans
l'Article 8 (Procédure de décision), Article 9 (Examen des
décisions) et dans l'Article 14 (Evaluation des risques).
Plusieurs délégués soulignèrent l'importance de se référer au
principe de précaution dans les Articles 8, 9 et 14, et dans
l'Article 1. Certains mirent l'accent sur l'Article 14 qui porte
sur l'évaluation des risques, d'autres affirmèrent que
l'inclusion du principe dans les Articles 8, 9 et 14 constituait
le minimum nécessaire à la limitation des risques associés à la
biotechnologie. Quelques délégués déclarèrent que les objectifs
du protocole doivent être en harmonie avec le principe de
précaution, d'autres notèrent que ce principe est un moyen
permettant la réalisation des objectifs et s'opposèrent à son
insertion dans l'article sur les objectifs. Certains
souhaitèrent le voir traité dans le Préambule. Un délégué
indiqua que le principe de précaution, qui n'est pas défini dans
le droit international, est difficile à mettre en application
sans une définition convenue. Plusieurs délégués déclarèrent que
le projet de protocole était en soi une expression du principe
de précaution. Un délégué suggéra que l'approche scientifique
doive être la priorité, et que là où elle ne serait pas
disponible, l'approche de précaution peut être appliquée, et mit
en garde que l'interprétation subjective du principe risquait de
donner lieu à des restrictions non intentionnelles et à des
effets économiques néfastes.
S'agissant de l'Article 27 (Considérations Socio-économiques),
plusieurs pays en développement préférèrent l'insertion de
l'Article. Certains suggérèrent la suppression du libellé
appelant à un soutien financier en faveur des pays en
développement touchés, de la part des Parties substituant une
marchandise importation par un OVM. Quelques délégations de pays
industrialisés qualifièrent la question comme étant: difficile à
quantifier; débordant la mission du GTSB; se posant différemment
d'un pays à l'autre; et plus approprié à faire partie des
mesures intérieures. Parmi ceux qui ne souhaitaient pas avoir un
article séparé, certains devaient suggérer de l'insérer dans le
Préambule. D'autres proposèrent de le traiter dans les chapitres
consacrés à la création des capacités, à l'assistance financière
ou à la responsabilité et réparation. Faisant part de ses
réserves quant au manque de clarté de terme socio-économique,
le Coprésident Herity indiqua qu'il considérera la possibilité
d'établir un comité de rédaction pour la réécriture de
l'Article.
Concernant l'Article 22 (Création des Capacités), le
Coprésident
Herity conseilla aux délégués de considérer la connexion de
l'Article 22 et l'Article 29 (Ressources financières et
Mécanisme de financement). Les délégués apportèrent, en général,
leur appui à l'Article, avec quelques divergences sur certains
éléments spécifiques. Quelques pays en développement
soulignèrent le fait qu'il soit inadéquat de traiter le thème de
la création des capacités sans référence ressources financières.
La plupart des pays en développement se déclarèrent en faveur
d'une série de paragraphes traitant de l'accès aux ressources
financières, à la technologie et au savoir-faire; de la
coopération pour l'amélioration des capacités technologiques et
institutionnelles; et de l'assistance dans les domaines de
l'évaluation des risques et de la gestion des techniques.
Certains notèrent quelques redondances constatées dans les
paragraphes, et un groupe régional recommanda de simplifier ces
dispositions en utilisant les libellés existants. Quelques pays
industrialisés plaidèrent pour une réduction du champ
d'application de l'Article aux questions touchant aux mouvements
transfrontières et non à celles plus générales de la
biotechnologie et de la biosécurité qui dépassent le mandat du
protocole. Les délégués divergèrent sur le libellé consacré à la
facilitation de l'implication du secteur privé, certains notant
son caractère domestique, d'autres insistant sur son importance
dans le domaine de la biotechnologie. Les délégués conclurent
les premières discussions sur l'Article et doivent passer
ensuite à l'examen des moyens de progresser.
GROUPES DE CONTACT: Le GC-I discuta des questions
d'organisation
au cours d'une br�ve r�union. Le Copr�sident Piet van der Meer
(Pays-Bas) introduisit le Copr�sident El Tayeb (Egypte) d�sign�
par le Groupe Africain en remplacement du Copr�sident Gert
Willemse (Afrique du Sud). Les d�l�gu�s s'accord�rent sur un
programme de travail pr�liminaire sur les d�finitions et les
annexes et se r�uniront tout au long des trois prochains jours
dans l'objectif d'achever le travail d'ici le mercredi 17
f�vrier � 18h. Le GC-II s'est r�unit bri�vement pour examiner un
certain nombre d'autres questions d'organisation et doit se
r�unir de nouveau lundi.
COMITE DE REDACTION SUR LA RESPONSABILITE ET LA REPARATION:
Pr�sid� par Kate Cook (Royaume-Uni), le comit� de r�daction
devait entendre un certain nombre d'opinions sur la condensation
ou la fusion des libell�s existants et identifiant des �l�ments
utiles tir�s des accords internationaux disponibles. Un
participant proposa d'inclusion un article sur la responsabilit�
et de produire une recommandation � l'adresse de la CdP
l'appelant � prendre une d�cision sur le d�veloppement de
l'article. La d�cision pourrait �tablir un groupe charg�
d'aborder la question en d�tail en fonction d'un calendrier
pr�cis. Soulignant que les libell�s consacr�s � l'habilitation
doivent avoir des param�tres, un participant nota que ce point
serait sujet � discussion dans le cadre du protocole et qu'il
doit �tre trait� par la r�union des parties signataires. Le
groupe se r�unira de nouveau lundi.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SGT-I: Le SGT-I se r�unira � 10h pour entendre les d�clarations
des Copr�sidents des groupes officieux sur les produits
d�riv�s et les marchandises.
SGT-II: Le SGT-II se r�unira � partir de 10h pour poursuivre
les
discussions sur le principe de pr�caution, les consid�rations
socio-�conomiques et la cr�ation des capacit�s.
COMITE DE REDACTION SUR LA RESPONSABILITE: Ce group se r�unira
�
partir de 13h30 dans la Salle 308.
COMITE DE REDACTION JURIDIQUE: Ce groupe se r�unira � partir de
15h dans la Salle 308.
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