Publié par L'Institut International du Développement Durable (IIDD) Vol. 09 No. 108 lundi 31 août 1998
COMPTE-RENDU DE LA CINQUIEME SESSION DU GROUPE DE TRAVAIL
SPECIAL SUR LA BIOSECURITE
17-28 AOUT 1998
La Cinquième session du Groupe de Travail Spécial sur la
Biosécurité (GTSB-5) s'est déroulée du 17 au 28 août, à
Montréal au Canada. Les délégués devaient y consolider les
options offertes pour les 45 articles figurant dans le
projet de texte révisé (UNEP/CBD/BSWG/5/Inf.1), à 40
articles dans le texte de conclusions des Sous-Groupes de
Travail et les Groupes de Contact
(UNEP/CBD/BSWG/5/L.1/Add.1). Les délégués devaient ainsi
parvenir à réaliser l'objectif que le Président du GTSB,
Veit KOESTER (Danemark) avait établi à l'ouverture de la
réunion, à savoir: la consolidation du texte de manière à
ne garder qu'une seule option pour chaque article. Treize
articles devaient toutefois rester entièrement crochetés
indiquant que les délégués n'ont pas encore conclu un
accord sur les éléments du protocole, sans parler du
contenu des articles en question. Plusieurs participants
devaient commenter que le GTSB n'a pas encore entamé les
vraies négociations et que cette session n'a été qu'un
exercice pour la suite de la consolidation du texte.
Des positions polarisées ont continué à émerger durant
les discussions sur les questions de savoir si la portée du
protocole devait inclure "les produits dérivés", si le
protocole devait traiter des questions de responsabilité et
de redressement et si le protocole devait se limiter à la
facilitation des échanges d'informations sur le commerce
des organismes vivants modifiés ou refléter une approche
plus précautionneuse. Néanmoins, les questions devant être
négociées ont été clarifiées et cela devrait faciliter le
travail des délégués lorsqu'ils recevront leurs
instructions sur la marche à suivre lors du GTSB final qui
se réunira à Carthagène, Colombie, en février 1999.
BREF HISTORIQUE DU GROUPE DE TRAVAIL SPECIAL SUR LA
BIOSECURITE
La Convention sur la Diversité Biologique (CDB),
négociée sous l'égide du PNUE, fut adoptée le 22 mai 1992
et entra en vigueur le 29 décembre 1993. A la date d'août
1998, le nombre des Parties de la Convention atteint 174.
L'Article 19.3 de la CDB prévoit pour les Parties de
procéder à la considération du besoin et des modalités d'un
Protocole établissant des procédures pour les bonnes
conditions du transfert, manutention et utilisation des OVM
susceptibles d'avoir un effet adverse sur la biodiversité
et ses composantes.
La CdP-1: la première Conférence des Parties (CdP-1) de
la CDB qui se tint à Nassau, Bahamas, du 28 novembre au 9
décembre 1994, établit le Groupe d'Experts Ouvert Spécial
de la Biodiversité. Ce groupe devait tenir sa première
réunion à Madrid, du 24 au 28 juillet 1995. D'après le
rapport de la réunion (UNEP/CBD/COP.2/7), la plupart des
délégations ont été favorables à l'élaboration d'un accord
international sur la biodiversité inscrit dans le cadre de
la CDB. Les délégués devaient identifier le niveau de
soutien aux différents éléments proposés pour ce cadre. Les
éléments ayant bénéficié d'une faveur unanime englobent,
entre autres: l'ensemble des activités liées aux OMV
susceptibles d'avoir des effets nocifs sur la biodiversité;
le transit transfrontalier des OMV, y compris les
mouvements accidentels; le lâcher des OMV dans les centres
d'origine ou de diversité génétique; les mécanismes
d'évaluation et de gestion des risques (RAM); les
procédures de l'accord informé préalable; la facilitation
des échanges d'informations; le renforcement des capacités
et la mise en uvre; et, la définition des termes. Le
paragraphe 18(b) dresse la liste de la deuxième catégorie
d'éléments qui englobe: les considérations socio-
économiques; les questions de responsabilité et de
compensation; et les questions financières.
La CdP-2: Lors de la seconde réunion de la Conférence
des Parties (CdP-2) qui eut lieu à Jakarta, Indonésie, du 6
au 17 novembre 1995, les délégués procédèrent à l'examen de
l'opportunité d'un protocole de biosécurité et des
modalités qui s'y rapportent. Au cours du débat sur la
portée du protocole, la CdP devait adopter un texte de
compromis (Décision II/5) appelant à: "un processus de
négociation permettant l'élaboration, dans le domaine de la
sécurité des transfert, manipulation et utilisation des
organismes modifiés vivants, d'un protocole de biosécurité
focalisé, en particulier, sur le mouvement transfrontalier
des OMV susceptibles d'avoir un effet nocif sur...la
diversité biologique..." La CdP-2 établit également le
Groupe de Travail Ouvert Spécial de la Biosécurité (BSWG)
chargé "d'élaborer les modalités sur la base des éléments
figurant dans le rapport de Madrid. Les autres termes de
référence du BSWG stipulent que ce dernier doit: procéder à
l'élaboration des termes et concepts clés; examiner les
procédures de l'accord informé préalable; identifier les
catégories d'OMV pertinentes; et, élaborer un protocole
dont le fonctionnement effectif exigerait des Parties la
mise en place de mesures nationales et tiendrait compte du
principe préventif.
Le GTSB-1: Lors de sa première réunion tenue à Aarhus,
Danemark, du 22 au 26 juillet 1996, le BSWG entama
l'élaboration d'un protocole international sur la sécurité
dans le domaine de la biotechnologie. Bien que la réunion
ait produit peu de résultats écrits, elle représenta un
forum pour la définition des problèmes et l'articulation
des caractéristiques des positions exprimées dans le
processus de prénégociation. Les gouvernements dressèrent
une liste d'éléments pour le futur protocole et tracèrent
les contours de l'information requise pour guider leurs
travaux futurs.
La CdP-3: Lors de la CdP-3, les délégués adoptèrent les
décisions III/5 (lignes directrices additionnelles aux
mécanismes de financement) et III/20 (questions relatives à
la biosécurités). Ce faisant, la CdP affirma son appui à
une approche à deux volets à travers laquelle la promotion
de l'application des Lignes Directrices du PNUE pourrait
contribuer au développement et à la mise en uvre d'un
protocole de biosécurité.
Le GTSB-2: Lors de la seconde réunion du BSWG qui s'est
déroulée du 12 au 16 mai 1997 à Montréal, les délégués
devaient débattre d'un ensemble de sujets englobant entre
autres: les objectifs; l'accord informé préalable; les
procédures de notification liées aux transferts d'OMV; les
autorités compétentes; les points focaux; les échanges
d'informations et le mécanisme de déploiement des données;
le renforcement des capacités; de la participation et de la
conscientisation publique; de l'évaluation et de la gestion
des risques; des mouvements transfrontaliers accidentels;
du suivi et de la mise en conformité. Le BSWG-2 établit
aussi un groupe de contact chargé de l'examen des
propositions avancées pour les définitions des termes clés
et chargea le Secrétariat de la compilation d'une liste
alphabétique des termes nécessitant une définition et de la
soumettre à leur considération durant le GTSB-3.
Le GTSB-3: La troisième session du BSWG se tint du 13 au
17 octobre 1997 à Montréal. Les délégués devaient produire
un projet de texte consolidé qui servira de plate-forme à
la négociation d'un protocole de biosécurité. La réunion
établit deux Sous-groupes de Travail pour traiter des
principaux articles du protocole, ainsi qu'un groupe de
contact sur les thèmes institutionnels et les clauses
finales. On y étendit par ailleurs le mandat du groupe de
contact sur les définitions pour le charger aussi du
traitement des annexes. Les délégués traitèrent également
en Plénière d'un certain nombre de questions en suspens,
telles que: les considérations socio-économiques; la
responsabilité et la compensation; le trafic illicite; la
non-discrimination; le commerce avec les Parties non visées
à l'accord; ainsi que des objectifs, des obligations
générales, de l'intitulé et du préambule du protocole.
Le GTSB-4: A l'ouverture du GTSB-4 qui se déroula à
Montréal du 5 au 13 février 1998, le Président Koester
(Danemark) souligna que le GTSB entrait dans la phase de
négociation et que les participants devaient essayer de
réduire, à travers un consensus négocié, le nombre
d'options existantes pour chacun des articles. Le GTSB-4
adopta la même structure que celle du GTSB-3, utilisant
deux Sous-groupes de Travail ouverts pour le traitement des
articles centraux du protocole et deux Groupes de Contact
sur les définitions et les annexes et sur les questions
institutionnelles et les clauses finales. Les délégués
devaient y commencer l'examen d'un certain nombre
d'articles qui avaient été discutés de manière préliminaire
au cours du GTSB-3, tels que ceux sur: les
principes/objectifs, les obligations générales, la non-
discrimination, les considérations socio-économiques, et la
responsabilité et la compensation. Les délégués devaient
également y poursuivre leur travail sur d'autres questions
abordées auparavant et notamment: les questions touchant à
l'AIA, l'évaluation et la gestion des risques, les normes
minimales nationales, les mesures d'urgence et le
renforcement des capacités.
La CdP-4: La Quatrième Réunion de la Conférence des
Parties se déroula du 4 au 15 mai 1998 à Bratislava,
Slovaquie. En vertu de la Décision IV/3, la CdP décida la
tenue de deux réunions supplémentaires pour la finalisation
du protocole de biosécurité, la première, du 17 au 18 août
1998 et la seconde, début 1999, suivies par une réunion
extraordinaire de la CdP pour l'adoption du protocole. Par
ailleurs, la décision: énonça que le Bureau du GTSB devait
être maintenu, sous la présidence de Veit Koester
(Danemark), jusqu'à l'adoption du protocole; établit
l'agenda de la réunion extraordinaire de la CdP; et, fixa
la date limite du 1er juillet 1998 pour les soumissions
gouvernementales concernant les dispositions du protocole.
COMPTE-RENDU DU GTSB-5
Le Président Veit KOESTER ouvrit le GTSB-5 le lundi 17
août 1998, introduisit le Bureau et nota les décisions de
la CdP-4 acceptant les recommandations du GTSB-4, en
particulier celle de convoquer une réunion extraordinaire
de la CdP en février 1999 pour l'adoption du protocole.
Comme approuvé dans la Décision IV/3 de la CdP-4, le Bureau
du GTSB-5 comprend: Tewolde Berhan Gebre EGZIABHER
(Ethiopie); Mohammed Mahmoud Ould EL GHAOUTH (Mauritanie);
Diego MALPEDE (Argentine); Lynn HOLOWESKO (Bahamas); Ervin
BALAZS (Hongrie); Alexander GOLIKOV (Fédération de Russie);
Amarjeet AHUJA (Inde); I.A.U.N GUNATILLAKE (Sri Lanka); et,
Darryl DUNN (Nouvelle Zélande). Alexander GOLIKOV servira
également de Rapporteur. Mary Fosi MBANTENKHU (Cameroun)
devait assister aux réunions du Bureau à titre
d'observateur à la demande du Groupe Africain, en l'absence
de Mohammed Mahmoud Ould EL GHAOUTH qui n'a pu assister aux
travaux de cette réunion.
Dans sa déclaration d'ouverture, le Secrétaire Exécutif
de la CDB, Calestous JUMA déclara que l'urgence de
l'achèvement du protocole ne doit pas empêcher
l'élaboration d'un instrument efficace et bénéficiant du
soutien international. JUMA devait annoncer par ailleurs sa
décision de ne pas renouveler son contrat en tant que
Secrétaire Exécutif, et ce pour des raisons personnelles.
Il remercia le PNUE, Montréal, le Québec, le Canada et le
personnel du Secrétariat. KOESTER déclara que l'intendance
de JUMA manquera beaucoup et suggéra aux délégués de
reporter leurs commentaires à la clôture de la session.
Au nom du Directeur Exécutif du PNUE, Klaus TÖPFER,
Hamdallah ZEDAN souligna la nécessité de conclure les
négociations dans les délais prévus. ZEDAN déclara que la
présence du Secrétaire Exécutif manquera. La Colombie lança
une invitation officielle pour l'accueil du GTSB-6 et de la
réunion extraordinaire en février 1999.
ORGANISATION DES TRAVAUX: Les délégués adoptèrent
l'ordre du jour provisoire (UNEP/CBD/BSWG/5/1), à la suite
de quoi le Président KOESTER décrivit les objectifs et le
programme de travail de la session. L'orateur fit part de
son espoir de voir le GTSB-5 parvenir à une seule
proposition pour chaque article, quitte à ce que quelques
crochets demeurent dans le texte. Il déclara que les sujets
d'importance cruciale doivent être traités en priorité.
Concernant l'implication des ONG, KOESTER indiqua qu'elles
n'étaient ni autorisées à initier des interactions directes
avec les délégations, ni à leur passer des matériaux écrits
au cours de la session, et que n'importe quelle Partie
pouvait demander aux Coprésidents de restreindre l'accès
aux réunions. Il exhorta l'ensemble des délégations à
assurer autant de transparence que possible. Notant que
"les produits dérivés" avaient des implications sur la
question plus large de la portée du protocole, tout comme
la définition des OVM pertinents et de leurs catégories,
KOESTER souligna qu'aucun progrès ne saurait être réalisé
avant la résolution de ces questions centrales.
Les délégués devaient ensuite se subdiviser en deux
sous-groupes de travail, deux groupes de contact et
plusieurs comités de rédaction et groupes informels pour
l'examen de la révision du texte consolidé du projet de
protocole de biosécurité tel que figurant dans le document
UNEP/CBD/BSWG/5/Inf.1. Les Coprésidents et les mandats
assignés aux sous-groupes de travail et aux groupes de
contact furent maintenus tel que durant le GTSB-4: Sandra
WINT (Jamaïque) et Eric SCHOONEJANS (France), Coprésidents
du Sous-Groupe de Travail I, chargé des Articles 3 et 4-14.
Amerjeet AHUJA (Inde) et John HERITY (Canada), Coprésidents
du Groupe de Travail II qui discutera des Articles 1, 1
bis, 15-27 et 34. Le Sous-Groupe de Travail I (SGT-I)
utilisa de petits comités de rédaction et le Sous-Groupe de
Travail II (SGT-II) des projets de texte révisé des
Coprésidents, ainsi que de petits comités de rédaction ou
de "réflexion" pour la consolidation des commentaires
introduits par les délégués et la facilitation de la
progression au niveau du texte. Le Groupe de Contact I (GC-
I), coprésidé par Piet VAN DER MEER (Pays-Bas) et Gert
WILLEMSE (Afrique du Sud), présenta ses rapports au SGT-I
et discuta de la définition des OVM, de la portée du
protocole et des annexes. Le mardi 18 août, le Bureau
étendit le mandat de ce groupe pour lui conférer des
prérogatives de négociation. Le Groupe de Contact II (GC-
II), coprésidé par Katharina KUMMER (Suisse) et John ASHE
(Antigua et Barboude) servit en qualité de comité de
rédaction juridique. Les sous-groupes de travail devaient
également référer les questions juridiques au GC-II, tel
que la définition du transport illicite et la manière dont
les différents accords internationaux disponibles ont
traité de la question de notification et du point de savoir
à quelle Partie elle doit incomber. Le GC-II passa
également en revue les clauses finales (Articles 29-33, 35-
40 et 42-43), lesquelles devaient être provisoirement
adoptées par la Plénière le mercredi 19 août.
Le compte-rendu ci-après résume les points discutés et
l'état de l'accord réalisé pour chacun des articles du
protocole. Il met également en relief les discussions du
GTSB-5 sur les "produits dérivés" et les annexes.
Note de l'Editeur: Dans le cadre de sa politique, le
Bulletin des Négociations de la Terre ne fait pas
d'attributions directes aux déclarations présentées par les
Gouvernements dans les négociations informelles, lorsque le
Président le requiert. Compte tenu des sensibilités
concernant la présence de participants non gouvernementaux
en qualité d'observateurs dans ces négociations, ce compte-
rendu ne fera pas non plus d'attributions par pays pour les
travaux des sous-groupes de travail et des groupes de
contact.
NEGOCIATION DU PROTOCOLE DE BIOSECURITE
PREAMBULE: Deux options figurent dans le Préambule: La
première reconnaît les potentialités de la biotechnologie
moderne à contribuer au bien-être de l'humanité si utilisée
avec les mesures de sécurité adéquates, ainsi que les
capacités limitées des pays en développement de faire face
à la nature et à l'échelle des risques aux OVM. La seconde
fait référence entre autres, au Plan d'Action 21 et au
principe de précaution, aux importantes lacunes au niveau
des connaissances scientifiques et à la prise en
considération des effets socio-économiques dans les
évaluations de risques et d'impact, à la prévision de
mesures de compensation adéquates, à la promotion de la
participation publique, au développement des ressources
humaines et au renforcement des capacités institutionnelles
au niveau de la manutention, du transfert et de
l'utilisation des OVM.
Le Préambule fut examiné par le GC-II où les délégués
préférèrent reporter sa discussion en attendant la
clarification des éléments clés du protocole. Un certain
nombre de gouvernements devaient toutefois présenter leurs
soumissions concernant le Préambule, lesquelles devaient
être intégrées dans la version révisée devant être
considérée par le GTSB-6.
ARTICLE 1 (OBJECTIFS): Cet Article tente de définir les
objectifs du protocole. Le SGT-II supprima la phrase
portant sur les procédures de l'AIA, ainsi que d'autres
dispositions du protocole. Quelques délégués proposèrent
d'insérer des libellés tirés des Articles 19.3 (modalités
du Protocole) et 8(g) (risques associés à l'utilisation et
à la mise en circulation des OVM) de la CDB et du mandat du
GTSB. D'autres soulignèrent que les objectifs du Protocole
doivent se focaliser spécifiquement sur les mouvements
transfrontières des OVM. Un pays industrialisé proposa de
faire référence au principe de précaution. Quelque pays y
firent objection. Plusieurs pays en développement requirent
des libellés sur "les considérations socio-économiques",
les "produits dérivés" et les "risques posés à la santé de
l'être humain".
Le texte adopté par le GTSB-5 comporte de nombreux
crochets reflétant les points de divergence clés restant à
négocier et notamment: la question de savoir si la portée
du Protocole doit inclure les "considérations socio-
économiques et si le Protocole doit traiter des activités
touchant aux OVM, séparément des questions touchant aux
mouvements transfrontières.
ARTICLE 1 BIS (OBLIGATIONS GENERALES): L'Article 1 bis
cherche à décrire les obligations incombant aux Parties du
Protocole, au niveau de l'AIA et du développement de la
manutention, du transport, de l'utilisation, du transfert
et de la mise en circulation des OVM. Il cherche également
à établir la primauté du Droit de la Mer et accepte le
droit des Parties à prendre des mesures plus protectrices
en matière de conservation et d'utilisation durables de la
biodiversité. Le SGT-II débattit de la nécessité d'une
disposition à ce sujet et du niveau de détail requis pour
cet article. Plusieurs délégations suggérèrent une
simplification de l'Article mentionnant l'existence
d'obligations spécifiques ailleurs dans le Protocole et la
duplication avec les articles de la CDB. Elles apportèrent
leur soutien à un appel général adressé aux Parties pour la
prise de toutes les mesures nécessaires à leur mise en
conformité aux dispositions du Protocole. Dans ce même
esprit, le SGT-II supprima les références au commerce
international, à l'intégration des dispositions du
Protocole dans les stratégies nationales et à la
coopération dans les mesures de prévention avec le
Protocole.
A la demande du SGT-I, le SGT-II examina également les
possibilités d'intégrer un certains nombre d'éléments tirés
des Articles 4 (Notification), 13 (Gestion des Risques) et
14 (Normes Minimales Nationales). La majeure partie des
intervenants se déclarèrent peu favorables à leur
intégration dans l'Article 1 bis, en raison de leur
caractère trop spécifique, l'un des délégués précisant: "la
disposition concernant des obligations générales doit être
aussi générale que possible". Quelques pays en
développement suggérèrent d'inclure une référence au
principe de précaution et de retenir les références à la
santé humaine et aux "produits dérivés".
Le texte adopté par le GTSG-5 comporte des références
crochetées concernant: les obligations des Parties au
niveau de l'AIA, du développement, de la manipulation, de
l'utilisation, du transfert et de la mise en circulation
des OVM, les "produits dérivés" et la santé humaine; la
primauté du Droit de la Mer; et, la coopération
internationale pour la facilitation de l'application du
Protocole. Le SGT-II se mit par ailleurs d'accord sur le
principe de base stipulant que les Parties doivent prendre
toutes les Parties nécessaires et appropriées pour la mise
en uvre de leurs obligations dans le cadre du Protocole
et qu'elles sont habilitées à entreprendre des actions plus
protectrices pour la conservation et l'utilisation durable
de la biosécurité que prévu dans le Protocole.
ARTICLE 2 (UTILISATION DES TERMES): Cet Article définit
plusieurs termes utilisés dans le Protocole, tels que les
OVM, le mouvement transfrontières, la Partie de
l'exportation et la Partie de l'importation. Durant le
GTSB-2, le GC-I se focalisa sur la définition de l'OVM,
utilsant un certain nombre d'éléments de la définition
lourdement crochetée figurant dans le document
(UNEP/CBD/GTSB/5Inf.1), comme plate-forme de discussion. Le
GC-I parvint à élaborer des définitions pour l'OVM,
l'organisme vivant et la biologie moderne. Le SGT-I discuta
ces définitions, lesquelles devaient servir ensuite comme
l'une des plates-formes de la discussion informelle sur les
"produits dérivés" (résumées ci-dessous). Le GC-I procéda
par la suite à l'affinement de ces définitions. La seule
question non encore résolue porte sur le point de savoir si
la biotechnologie moderne couvre les techniques de la
fusion cellulaire.
Le libellé stipule que:
OVM signifie organisme vivant contenant une nouvelle
combinaison de matériaux génétiques réalisée à travers un
recours à la biotechnologie moderne;
organisme vivant signifie entité biologique capable
de transférer ou de reproduire un matériau génétique, y
compris les organismes stériles, les virus et les
"viroïdes"; et,
biotechnologie moderne signifie l'application des
techniques in vitro à base d'acide nucléïque [et les
techniques de fusion cellulaire] qui outrepassent les
barrières de reproduction ou recombinaison physiologique
naturelles autres que celles utilisées dans l'élevage et la
sélection traditionnelles.
Le GTSB-5 devait par ailleurs transmettre au GTSB-6 les
définitions du mouvement transfrontières, de l'exportation,
de l'importation, de l'exportateur, de l'importateur, de la
Partie exportatrice et de la Partie importatrice, telles
qu'approuvées lors du GTSB-4. Au cours de la Plénière
finale, l'un des délégués déclara que les définitions
pouvaient ouvrir la voie au traitement de la question des
"produits dérivés" et proposa de les crocheter. D'autres
déclarèrent que les crochets risquaient de suggérer que le
contenu scientifique des définitions était encore en débat
et proposèrent d'ajouter plutôt des notes de bas de page ou
d'intituler la section "définitions de travail" pour mieux
convoyer la préoccupation concernant les "produits
dérivés". Le libellé fut placé entre crochets.
"Produits Dérivés": Le débat informel du GTSB-5 sur les
OMV et les "produits dérivés" aida à éclairer l'examen des
définitions (Article 2) et de la portée du Protocole
(Article 3 A). Le Secrétariat avait élaboré un document
d'information basé sur les soumissions gouvernementales
pour permettre une discussion éclairée sur les OVM et les
"produits dérivés" (UNEP/CBD/BSWG/5/Inf.3). Le Président
KOESTER introduisit la discussion le mercredi 19 août, en
suggérant aux délégués de traiter de la signification de
"produits dérivés", des préoccupations qu'ils soulèvent et
des voies et moyens de les aborder dans le cadre du
Protocole. Certains délégués notèrent que les "produits
dérivés" pouvaient se reproduire ou vivre de plein droit.
L'un d'eux déclara qu'un OVM doit être capable de se
propager ou de se multiplier sans intervention humaine, que
les "produits dérivés" ne sont pas capables de se propager
et que le Protocole doit être limité aux OVM. Plusieurs
intervenants déclarèrent que les organismes non vivants ou
non viables ne constituaient pas une menace pour la
biodiversité. Un autre nota que les vecteurs pouvaient
propager des traits d'organismes modifiés non vivants.
Plusieurs pays industrialisés soulignèrent que la porté
du Protocole ne devait pas être élargie aux produits
dérivés des OVM. Un délégué déclara que si un processus de
purification ou de vérification pouvait permettre de
s'assurer qu'un produit ne comporte pas de trait nouveau ou
auto-reproducteur dérivé d'un OVM, la considération des
"produits dérivés" ne serait pas alors nécessaire. Un pays
en développement déclara ne pas comprendre comment des
produits d'OVM peuvent être ignorés, quand il s'agit
d'examiner les OVM. Le GTSB-5 décida que la discussion de
la définition de l'OVM doit être combinée à la question des
"produits dérivés" et rattachée aux articles consacrés à
l'utilisation des termes, à la portée, à l'évaluation des
risques (Article 12) et à la gestion des risques (Article
13) et demanda au GC-I d'examiner la question dans ce
cadre.
Le GC-I commença par se focaliser sur l'élaboration
d'une matrice permettant de comparer les portées du
Protocole, de l'AIA, de la gestion des risques et des
régulations nationales pour permettre l'identification des
endroits où il serait approprié de faire référence aux
"produits dérivés". Les délégués discutèrent ensuite des
types de mouvements transfrontières d'OVM et parvinrent à
en déterminer quatre: le mouvement transfrontières
intentionnel d'OVM; le mouvement transfrontières non
intentionnel d'OVM; le mouvement de produits transformés
contenant des organismes modifiés, et/ou des composantes
non vivantes d'OVM; et, le mouvement des produits purifiés
tirés d'OVM. Les délégués s'accordèrent pour dire que le
Protocole doit couvrir les deux premiers types de
mouvements, mais pas le quatrième. Ils ne parvinrent pas à
s'entendre sur le point de savoir si le Protocole doit oui
ou non couvrir le troisième type. Puis la discussion se
focalisa sur les effets directs et indirectes sur la santé
humaine. Une proposition concernant la manière de traiter
du troisième type de mouvements note qu'en dépit du fait
que ce dernier ne relève pas de la portée du Protocole, le
GC-I recommande la prévision d'une disposition sur la mise
à disposition de l'information pertinente qui s'y rapporte,
à travers le Centre d'Echanges d'Informations sur la
Biosécurité. Le GC-I reprendra cette discussion durant la
GTSB-6.
ARTICLE 3 A (PORTEE DU PROTOCOLE): Cet Article décrit
les domaines d'application et de non application du
Protocole. Le SGT-I supprima les options appelant à ne pas
prévoir d'article et à faire coïncider la portée du
Protocole et celle de l'AIA. Les délégués se focalisèrent
ainsi sur l'option stipulant que le Protocole s'applique
aux mouvements transfrontières, [à la manipulation et à
l'utilisation] des OVM résultant de la biotechnologie
moderne, susceptibles d'avoir un effet adverse sur la
conservation et l'utilisation durables de la diversité
biologique, en tenant également compte des risques posés à
la santé humaine, et ne s'appliquera pas aux OVM
susceptibles de ne pas exercer d'effet adverse sur la
conservation et l'utilisation durables de la diversité
biologique, en tenant compte également des risques posés à
la santé humaine, aux conditions exigées dans les
opérations de transport et au transit et aux mouvements
transfrontières des OVM destinés à une utilisation
contrôlée.
Plusieurs délégations déclarèrent que la portée du
Protocole doit être en conformité avec les Articles 19.3
(nécessité et modalités du Protocole) et 8(g) (risques
associés à l'utilisation et à la mise en circulation des
OVM, en tenant compte des risques posés à la santé humaine)
et de la Décision II/5 (d'élaborer pour le transfert, la
manipulation et l'utilisation des OVM, un protocole
focalisé sur le mouvement tranfrontières de tout OVM
susceptible d'avoir un effet adverse sur la biodiversité)
de la CDB. Les délégués devaient débattre et placer entre
crochets les références à la manutention et à l'utilisation
des OVM, aux risques posés à la santé humaine, aux effets
négatifs sur le bien-être socio-économique, aux "produits
dérivés" et aux OVM résultant de la biotechnologie moderne.
Une note de bas de page dans la section délimitant la
portée propose l'élaboration d'une annexe sur les OVM "qui
présentent des applications pharmaceutiques pour les
humains". Le libellé entier demeure entre crochets.
ARTICLE 3 B (APPLICATION DE LA PROCEDURE AIA): Cet
Article spécifie ce qui est assujetti et ce qui est exempté
de la procédure AIA. Un comité de rédaction issu du SGT-I
procéda à la restructuration des deux paragraphes de
l'Article pour indiquer les frontières extérieures pour les
OVM assujettis à la procédure AIA et pour dresser la liste
des OVM qui en sont exemptés. Quelques délégués déclarèrent
que ces paragraphes présentaient des approches
contradictoires quant à l'identification des OVM assujettis
à la procédure AIA et suggérèrent d'en choisir une et de
consolider les éléments figurant dans les deux paragraphes.
Les intervenants devaient toutefois faire part de
préférences divergentes quant au point de savoir s'il
fallait se fixer sur une liste positive ou négative et les
deux furent incluses.
La liste positive stipule que [tous] [les premiers]
mouvements transfrontières d'un OVM [spécifique] sont
assujettis à l'AIA. Les options crochetées précisant les
OVM qualifiés englobent les OVM destinés aux tests sur
terrain ou à une première mise en circulation dans le pays
importateur, ceux interdits dans le pays exportateur et
ceux destinés à une production à grande échelle dans les
espaces d'utilisation contrôlée. Une note de bas de page
prévoit que les Parties doivent être autorisées à imposer
des conditions de notification plus strictes ou plus
exhaustives aux fins de protéger leur biodiversité, lorsque
ces dernières: sont fondées sur [un rationnel scientifique]
[et le principe de précaution], ne sont pas
discriminatoires, et sont communiquées à toutes les
Parties.
S'agissant de la liste négative, alors qu'aucune
délégation n'était opposée au concept d'exemption, elles
firent part de points de vue divergents sur ceux qui
devaient bénéficier de cette exemption et le paragraphe
entier fut placé entre crochets. Quelques délégués
appelèrent à l'exemption des OVM destinés à une utilisation
contrôlée et présentant des risques faibles. Les
déclarations étaient mitigées concernant le point de savoir
si l'AIA devait s'appliquer au transit des OVM. Les
délégués notèrent les liens entre les Articles 3B, 9
(Procédure Simplifiée) et 11 (Accords Multilatéraux,
Bilatéraux et Régionaux), en particulier en référence aux
OVM exemptés de la procédure AIA, et suggérèrent de placer
le libellé ailleurs. Plusieurs délégués étaient d'avis que
la référence à l'exemption des OVM assujettis à quelque
autre accord international touchant au transfert
transfrontières des OVM était trop vague. Les options
crochetées retenues pour l'exemption dans le texte révisé
englobent: les OVM exemptés dans le cadre de la
réglementation extérieure de la Partie importatrice, les
OVM exemptés en vertu d'accords bilatéraux, multilatéraux
ou régionaux, les OVM destinés à la recherche dans des
espaces d'utilisation contrôlée; les OVM identifiés dans le
cadre d'une décision de la Réunion des Parties (RdP) comme
n'étant pas susceptibles d'avoir des effets adverses sur la
conservation et l'utilisation durable de la diversité
biologique; et, les OVM destinés au marché de la Partie
importatrice, à condition qu'ils aient obtenu précédemment
la procédure AIA à cette fin. Les délégués devaient
crocheter également l'appel lancé par l'un des intervenants
pour faire en sorte que les OVM exemptés, en vertu de la
législation intérieure de la Partie importatrice ou de
quelque accord bilatéral, multilatéral ou régional soient
compatibles avec les objectifs du Protocole "et les
obligations du droit international". Une note de bas de
page stipule que de telles exemptions: ne doivent pas
donner lieu à des niveaux de protection moins élevés que
ceux que permettrait le processus AIA du Protocole; être
fondées sur [un rationnel scientifique] [et le principe de
précaution]; ne pas être discriminatoires; et, être
communiquées à toutes les Parties.
ARTICLE 4 (NOTIFICATION): Cet Article requiert la
notification, première étape de la procédure AIA avant tout
mouvement tranfrontalier intentionnel d'un OVM relevant de
la portée de l'Article 3 B (Application de la Procédure
AIA). Plusieurs pays en développement dans le SGT-I
préférèrent voir la responsabilité de la notification
incomber aux Parties ou aux Gouvernements. Quelques pays
industrialisés suggérèrent que ce soit à l'exportateur
d'enclencher la procédure AIA. Un délégué proposa que
l'exportateur fournisse l'information à l'autorité
compétente nationale et au Centre d'Echanges
d'Informations.
Un comité des Amis du Président fut chargé de faciliter
les pourparlers informels sur ce sujet. On parvint à
identifier des "concepts" possibles: le notificateur est
l'importateur; la notification à l'exportation; et, la
Partie importatrice décide de la question de savoir qui de
l'importateur ou de l'exportateur doit notifier. Ces
propositions laissèrent entendre que l'exportateur et
l'importateur devront très probablement coopérer dans la
mise à disposition de l'information requise. Le SGT-I ne
parvint cependant pas à trancher. Le texte révisé stipule
que la Partie de [l'importation] [l'exportation]
[notifierait] [notifiera] [ou] [demanderait] [demandera] à
[l'importateur] [ou] [l'exportateur] de notifier par écrit
la Partie de l'importation, avant le mouvement
transfrontalier intentionnel d'un OVM.
Les délégués s'accordèrent pour stipuler que la
notification doit inclure "au minimum" l'information
spécifiée dans l'Annexe I. Concernant l'exactitude de
l'information, un pays industrialisé suggéra que la
responsabilité en incombe à l'exportateur. Un autre déclara
que la Partie de l'exportation doit faire en sorte que
l'exportateur en soit responsable. Un troisième déclara que
l'importateur est mieux placé pour fournir l'information
exacte aux autorités du pays importateur, même si l'échange
d'informations avec l'exportateur, et éventuellement avec
la Partie de l'exportation, peut s'avérer nécessaire. Le
texte révisé, placé entièrement entre crochets, stipule que
la Partie de [l'exportation], [l'importation fera en sorte
que son [exportateur][importateur] soit juridiquement
responsable quant à l'exactitude de l'information fournie.
ARTICLE 5 (ACCUSE DE RECEPTION DE LA NOTIFICATION
[AIA]): Cet Article décrit les exigences de l'accusé de
réception de la notification, seconde étape de la procédure
AIA, par la Partie de l'importation. Quelques délégués
souhaitèrent que l'accusé de réception ne soit pas requis,
clarifiant toutefois que l'absence d'accusé de réception ne
signifie pas le consentement. D'autres délégués préférèrent
requérir l'accusé de réception de diverses manières et le
SGT-I supprima l'option appelant à ce qu'il n'y ait pas
d'Article. Les délégués remplacèrent l'intitulé "Réponse à"
par "Accusé de réception de" la notification pour refléter
la préférence de nombreuses délégations de voir l'Article
limité à l'accusé de réception. Plusieurs délégués devaient
préciser par ailleurs que l'accusé de réception doit être
transmis dans un délai spécifique, suggérant trente jours.
D'autres déclarèrent qu'un délai raisonnable suffirait. Le
SGT-I plaça des crochets doubles autour d'une option de
compromis fixant le délai à quatre-vingt dix jours.
Il y eut un soutien mitigé pour un libellé requérant que
l'accusé de réception mentionne la date de réception de la
notification et renferme bien l'information spécifiée dans
l'Article 4, ainsi que pour le déplacement du libellé
concernant le point de savoir s'il fallait procéder selon
le cadre réglementaire intérieur de la Partie importatrice,
vers l'Article 6. Le SGT-I retint les trois dispositions en
plaçant la troisième entre crochets. Le SGT-I déplaça vers
l'Article 6 le libellé concernant le point de savoir si le
mouvement transfrontalier intentionnel peut avoir lieu
sans, ou seulement avec le consentement écrit de la Partie
importatrice après une période donnée. Concernant le
manquement à l'accusé de réception, un délégué déclara que
le consentement doit être explicite. Un autre proposa
d'inclure un libellé tiré de l'Article 6 stipulant que si
la Partie importatrice ne communique pas sa réponse après
une période de temps particulière, la transaction n'est
plus régie par les procédures AIA relevant du Protocole.
Plusieurs délégués s'accordèrent pour dire que le
manquement à l'accusé de réception de la notification de la
part de la Partie importatrice n'impliquera pas son
consentement. Le SGT-I approuva cette proposition.
ARTICLE 6 (PROCEDURE DECISIONNELLE DE L'AIA): Cet
Article fournit des directives concernant la communication
de la décision, dernière étape de la procédure AIA, par la
Partie importatrice. Les délégués du SGT-I débattirent du
point de savoir si les décisions doivent être basées sur
l'évaluation des risques, les principes scientifiques, le
principe de précaution, la détermination des effets
négatifs sur la conservation et l'utilisation durables de
la diversité biologique, les risques posés à la santé
humaine et les critères sociaux, économiques et culturels.
Toutes ces options restèrent crochetées. Les délégués
débattirent également du délai durant lequel la
notification doit avoir lieu, avec des propositions allant
de 90 à 180 jours, ou encore "une période de temps
raisonnable", auquel cas, devaient affirmer certains, on
pourrait supprimer la clause portant sur les possibilités
d'étendre cette période. Le SGT-I plaça chacune des trois
propositions entre crochets.
L'Article note qu'après avoir accusé réception de la
notification, la Partie de l'importation communiquera sa
décision par écrit à l'envoyeur de la notification et au
Centre d'Echanges d'Informations, pour faire part de son
approbation pour l'importation, en indiquant: la manière
dont la décision s'applique aux importations subséquentes
des mêmes OVM; l'interdiction de l'importation; ou, la
requête d'un complément d'information ou l'extension de la
période d'évaluation. Le SGT-I plaça les deux dernières
dispositions entre crochets. Le libellé stipule par
ailleurs que les décisions doivent inclure leurs
justificatifs. Le SGT-I plaça ente crochets le libellé
prévoyant que le défaut [d'informations suffisantes] [ou]
de certitudes scientifiques complètes ou de consensus
permettant de déterminer les effets négatifs potentiels
d'un OVM ne peut pas empêcher la Partie importatrice
d'interdire l'importation de l'OVM. Le SGT-I plaça
également entre crochets le libellé portant sur le point de
savoir si l'exportateur peut procéder à l'exportation si la
Partie importatrice ne répond pas dans une période de temps
spécifiée. Le SGT-I plaça enfin entre crochets le libellé
stipulant que la manquement de la Partie importatrice à
communiquer sa décision ou sa progression vers une décision
dans un délai de [90] jours après l'accusé de réception de
la notification, n'impliquera pas son consentement pour le
mouvement.
ARTICLE 7 (REVUE DES DECISIONS [RELEVANT DE L'AIA]): Cet
Article décrit les lignes directrices de la revue des
décisions prises dans le cadre des procédures AIA par la
Partie importatrice. Plusieurs délégués du SGT-I
déclarèrent que le libellé stipulant que la Partie qui
prend la décision doit avoir le droit de la revoir, en
particulier à la lueur des nouvelles données scientifiques,
était un élément central dans l'Article. Un comité de
rédaction procéda à la consolidation de ce texte,
spécifiant la Partie importatrice comme étant celle à qui
revient la décision.
Les délégués débattirent des références portant sur le
principe de précaution et sur les risques posés à la santé
humaine, toutes deux crochetées. Ils devaient, par
ailleurs, exprimer des points de vue divergents, sur le
point de savoir si quiconque affecté par la décision aurait
le droit de la revoir, lorsque: un changement intervient au
niveau des circonstances pouvant avoir une influence sur le
résultat de l'évaluation des risques sur laquelle la
décision était fondée; de nouvelles données scientifiques
ou techniques pertinentes additionnelles deviennent
disponibles; ou, lorsqu'il existe une évidence raisonnable
que la décision n'était pas fondée sur des principes
scientifiques [socio-économiques, culturels ou de
précaution] ou appuyée par les meilleures preuves
scientifiques disponibles. Le SGT-I plaça le libellé entre
crochets.
Des débats additionnels devaient se focaliser sur le
délai de la réponse écrite de la Partie importatrice et sur
le libellé concernant l'évaluation des risques. Le SGT-I
crocheta les options "dans une période de temps
raisonnable" et "dans un délai de 90 jours". Le SGT-I
crocheta et transféra de l'Article 12 (Evaluation des
Risques) vers l'Article 7 le libellé portant sur
l'évaluation des risques. Le libellé stipule que pour les
importations subséquentes d'un OVM dans la même Partie
d'importation, l'évaluation des risques peut être
entreprise à la discrétion de la Partie importatrice ou
peut être seulement requise si: l'usage auquel est destiné
l'OVM change; une variation intervient dans l'environnement
récipiendaire; le volume d'importation change de sorte que
le risque d'effets négatifs sur la biodiversité s'en trouve
accru; ou, s'il s'agit d'une condition de la première
importation de l'OVM, dans le cadre de l'Article 6.
ARTICLE 8 (NOTIFICATION DE TRANSIT): Cet Article fut
élaboré pour décrire les procédures de notification à
exécuter par l'exportateur lorsqu'il fait transiter un OVM
à travers le territoire d'un Etat tiers. Au cours des
discussions du SGT-I, plusieurs délégués suggérèrent de
supprimer l'Article, son propos étant traité ailleurs dans
le texte du Protocole. Plusieurs pays en développement
souhaitèrent le maintien du libellé, l'un d'eux proposant
que la notification de transit pourrait indiquer de manière
optionnelle que les Parties "peuvent" requérir une
notification au lieu de "requerront" une notification. Les
délégués devaient s'accorder finalement sur la suppression
de l'Article 8, les éléments dont il traite étant déjà
couverts dans les Articles 4 (Notification), 5 (Accusé de
Réception de la Notification "AIA"), 6 (Procédure
Décisionnelle de l'AIA), 17 (Manipulation, Transport,
Emballage [et Etiquetage]) et 27 (Responsabilités et
Compensations).
ARTICLE 9 (PROCEDURE SIMPLIFIEE): Cet Article prévoit la
notification par avance des situations où le mouvement peut
avoir lieu de manière simultanée avec sa notification et
identifie les OVM exemptés de la procédure AIA. Plusieurs
intervenants recommandèrent l'intégration des éléments de
cet Article dans d'autres Articles, et en particulier dans
les Articles 3 B (Application de la Procédure AIA), 6
(Procédure Décisionnelle de l'AIA) et 11 (Accords
Multilatéraux, Bilatéraux et Régionaux), et n'appuyèrent
pas l'idée d'avoir un article à part. D'autres préférèrent
retenir l'article en attendant que les délégués s'entendent
sur les parties du texte où doivent être transférés les
éléments de l'Article. Un pays plaida pour un libellé
appelant à une procédure simplifiée pour les importations
subséquentes du même OVM, si la notification est maintenue.
Le texte approuvé stipule que la Partie importatrice peut
préciser par avance au Centre d'Echanges d'Informations sur
la Biosécurité: les cas dans lesquels le mouvement
transfrontières peut avoir lieu, en même temps que sa
notification, et que ces notifications peuvent s'appliquer
aux mouvements similaires subséquents destinés à la même
Partie; et, les OVM devant être exemptés de la procédure
AIA. Les deux dispositions furent placées entre crochets.
L'Annexe I fut désignée pour renfermer l'information
touchant au mouvement transfrontière devant être fournie
dans la notification.
ARTICLE 10 (IMPORTATIONS SUBSEQUENTES): Tel qu'élaboré à
l'origine, cet Article renfermait cinq options allant de la
suppression à l'élaboration sur les cas où la notification
des importations subséquentes est ou n'est pas requise et
les procédures à suivre selon le cas. Quelques délégués du
SGT-I déclarèrent que la décision d'importation initiale,
traitée dans l'Article 6 (Procédure Décisionnelle de
l'AIA), pourrait indiquer la procédure à suivre pour les
importations subséquentes, ce qui rendrait cet Article
inutile. Certains délégués appuyèrent l'Article et
notamment l'option exigeant une notification écrite pour
chacune des notifications subséquentes dont l'accusé de
réception peut indiquer qu'une nouvelle procédure
d'évaluation des risques sera entreprise. Les délégués
devaient finalement s'accorder sur la suppression de cet
Article, ces éléments étant déjà couverts dans les Articles
6, 9 (Procédure Simplifiée) et 12 (Evaluation des Risques).
ARTICLE 11 (ACCORDS OU [ARRANGEMENTS] MULTILATERAUX,
BILATERAUX OU REGIONAUX [AUTRES QUE LE PROTOCOLE]): Cet
Article énonce que les Parties peuvent entrer dans d'autres
accords [ou arrangements] concernant le mouvement
transfrontière d'OVM. La plupart des délégués se
déclarèrent en faveur de l'établissement de tels accords, à
condition qu'ils n'éliminent pas l'exigence AIA. Plusieurs
délégués déclarèrent que l'Article n'était pas nécessaire,
mais qu'une référence en rapport avec le sujet pouvait être
insérée ailleurs dans le texte du Protocole. Les délégués
placèrent entre crochets les références appelant à ce que
ces accords soient "compatibles avec les objectifs du
Protocole" et "les obligations relevant du droit
international". Le libellé crocheté stipule également que
les décisions prises en vertu de ces accords seront fondées
sur l'évaluation des risques, élaborées sur la base de
principes scientifiques, et que le Protocole n'affectera
pas les mouvements transfrontières entrant dans le cadre de
ces accords.
Concernant les droits d'une organisation d'intégration
économique régionale (OIER), l'Article prévoit qu'une OIER
bénéficiant d'un statut de Partie du Protocole et disposant
d'un cadre juridique spécifique pour la biosécurité peut
déclarer que le Protocole ne s'appliquera pas aux
mouvements effectués à l'intérieur de son territoire.
Plusieurs pays déclarèrent que ce libellé tentait de
circonvenir les obligations. Le SGT-I fut assuré que cela
n'était pas le cas et que le libellé essayait plutôt de
traiter des situations où l'OIER dispose déjà d'un régime
de biosécurité.
ARTICLE 12 ( EVALUATION DES RISQUES): Cet Article
indique que l'évaluation des risques sera entreprise
conformément à l'Annexe II, en tenant compte des
informations et des principes spécifiques. Le SGT-I requit
du GC-I d'élaborer l'Annexe II qui identifie les principes
et les procédures de l'évaluation des risques. Le SGT-I
s'accorda pour dire que les principes de base scientifiques
doivent être considérés comme partie intégrante de
l'évaluation des risques. Un certain nombre de délégués
suggérèrent la prise en considération des autres principes
restés crochetés dont celui du cas par cas, le principe de
précaution, les préoccupations et l'expérience socio-
économique et culturelle et les considérations agricoles et
de santé animale. La plupart des intervenants déclarèrent
que la composante autorité nationale de la Partie
importatrice est responsable de l'évaluation des risques,
sur la base des données fournies par l'exportateur, et doit
décider de l'opportunité et de la manière d'effectuer
l'évaluation des risques. Le libellé pertinent reste
entièrement crocheté et englobe des options crochetées
spécifiant qui doit entreprendre l'évaluation des risques.
Plusieurs intervenants estimèrent que la question de
responsabilité financière ne devait pas être abordée.
D'autres déclarèrent qu'elle devait incomber à
l'exportateur. Le paragraphe pertinent placé entièrement
entre crochets identifie cinq options quant à la question
de savoir qui doit assumer la responsabilité financière de
l'évaluation des risques: la Partie de l'importation; la
Partie de l'exportation; l'importateur; l'exportateur; ou
l'auteur de la notification. Les délégués exprimèrent par
ailleurs des points de vue divergents sur le point de
savoir s'il fallait traiter du sujet des micro organismes.
Le paragraphe crocheté final note que les Parties
s'assureront que les processus d'évaluation et de gestion
des risques des micro-organismes soient menés dans des
conditions contrôlées.
ARTICLE 13 (GESTION DES RISQUES): Cet Article appelle
les Parties à établir et à entretenir les mécanismes,
mesures et stratégies appropriés permettant de réguler et
de gérer les risques et élabore sur les mécanismes et les
risques. Quelques délégués souhaitèrent la suppression de
cet Article, affirmant qu'il traitait d'une affaire
intérieure. Un délégué, favorable au maintien du libellé,
déclara que les dispositions internes des Etats voisins
peuvent ne pas être adéquates pour la protection d'un pays.
Certains indiquèrent que le premier paragraphe juxtaposait
de manière impropre les obligations nationales (Article
8(g) de la CDB) et celles internationales (les Parties
établiront et entretiendront des mécanismes de gestion des
risques. Les délégués devaient débattre, par ailleurs, de
la question de savoir si le libellé stipulant que si la
Partie de l'importation manque de capacités financières et
techniques, l'autre doit offrir son assistance technique et
financière, doit se trouver dans cet Article ou être inséré
dans l'article 21 (Renforcement des Capacités). Un délégué
suggéra de modifier le libellé concernant l'assistance
technique, de manière à permettre à la Partie de
l'importation dotée de capacités inadéquates de demander à
la Partie de l'exportation une assistance technique et
financière.
Le libellé consacré à l'assistance technique resta
crocheté, tout comme les paragraphes appelant à
l'interdiction ou à la suppression progressive de certains
OVM et stipulant que chaque Partie s'assurera que l'OVM
soit soumis à une période d'observation proportionnelle à
son cycle de vie ou tant de générations, avant
l'utilisation à laquelle il est destiné. Les autres
libellés crochetés traitant du point de savoir: si les
mesures doivent réguler à la fois les usages contrôlés et
les mises en circulation délibérées; si des mesures fondées
sur l'évaluation des risques peuvent être imposées pour
prévenir les effets adverses de l'OVM; et, le type de
gestion des risques approprié aux OVM et aux activités en
question. Le SGT-I plaça l'article entier entre crochets.
ARTICLE 14 (NORMES MINIMALES NATIONALES): Cet Article
contient une option appelant à la suppression de l'Article
et une autre appelant les Parties à assurer des mesures
juridiques institutionnelles et administratives pour la
recherche et le développement, la manufacture, le
transfert, la manipulation et l'utilisation des OVM dans de
bonnes conditions. Les délégués du SGT-I exprimèrent des
points de vue divergents sur le point de savoir s'il
fallait retenir le libellé. Plusieurs parmi ceux qui
étaient en faveur s'accordèrent pour dire qu'il pouvait
être placé ailleurs dans le Protocole, et en particulier
dans l'Article 1 bis (Obligations Générales). Les délégués
procédèrent à la révision de l'option opérationnelle et
décidèrent de la transmettre verbatim au SGT-II pour examen
lors de ses délibérations sur l'Article 1 bis. La version
révisée stipule que chaque Partie prendra [au minimum] les
mesures administratives et juridiques appropriées et autres
pour la mise en uvre et l'application de ces obligations
relevant du Protocole. Le libellé crocheté note: que les
Parties peuvent imposer des exigences plus strictes basées
sur [le principe de précaution] [des considérations
scientifiques]; que rien dans le Protocole ne viendra
empêcher une Partie d'entreprendre une action plus
protectrice que celles auxquelles appelle le Protocole; et,
que de telles mesures serviront à réguler à la fois l'usage
contrôlé et la mise en circulation délibérée. Le SGT-II
décida que cela n'était pas approprié à l'Article 1 bis. Au
cours de la Plénière de clôture, un délégué nota les
délibérations du SGT-II et plaida pour le maintien du
libellé dans l'Article 14. Le libellé fut retenu entre
crochets.
ARTICLES 15/16 COMBINES (MOUVEMENTS TRANSFRONTIERES NON
INTENTIONNELS ET MESURES D'URGENCE): Cet Article combiné
détaille les mesures que les Parties prendront à l'occasion
des mouvements transfrontières non intentionnels d'OVM,
dont la notification, la fourniture d'informations et la
consultation. Dans le SGT-II, plusieurs pays appuyèrent
l'idée d'établir une distinction entre les accidents qui
interviendraient durant les mouvements transfrontaliers et
ceux qui interviendraient à l'intérieur du territoire
national, mais avec des risques d'impacts tranfrontières.
Un débat important fut axé sur l'étendue de l'information
requise en cas d'accident, y compris concernant la capacité
de réagir avec promptitude, et l'envergure, la pertinence
et la possession réelle des informations. La plupart des
délégués appuyèrent l'idée de supprimer le libellé portant
sur la protection de l'information confidentielle, arguant
que ce sujet était déjà couvert dans le cadre de l'Article
20 (Confidentialité de l'information) ou qu'il était peu
pertinent pour le Protocole. Quelques pays industrialisés
plaidèrent pour la mise à disposition de quatre catégories
d'informations: les circonstances du mouvement, les dates,
la quantité et l'usage auquel l'OVM est destiné; les
données nécessaires à l'évaluation des risques et aux
mesures de gestion; les méthodes appropriées pour le suivi
et les mesures d'urgence/mitigations et de contrôle; et, le
point de contact pour le complément d'information. Les
délégués discutèrent de la personne appropriée à contacter
(e.g., autorité nationale compétente, point focal national)
et s'accordèrent pour retenir "point de contact",
permettant ainsi aux Parties de spécifier les individus en
fonction de leurs priorités/systèmes nationaux. Les
délégués discutèrent également de la communication des
données au Centre d'Echanges d'Informations sur la
Biosécurité.
Le Coprésident fit état des difficultés rencontrées dans
l'établissement des difficultés et posa la question
suivante: si une Partie A importait un OVM en provenance
d'une Partie B, et, transporté à bord d'un navire
appartenant à une Partie C qui viendrait s'écraser sur les
côtes d'une Partie D, qui est responsable? Certains
déclarèrent que c'est la Partie d'origine qui doit être
responsable car elle disposerait des informations
techniques concernant l'OVM. D'autres notèrent que la
délégation des responsabilités risquait de retarder la
notification des accidents. Certains pays apportèrent leur
appui au libellé appelant à la création d'un fonds
d'urgence ou à la fourniture d'une assistance, y compris
financière par la Partie responsable. Quelques pays
exigèrent que les liens entre responsabilité et
redevabilité de comptes soient traités dans le cadre de
l'Article 27 (Responsabilité et Redressement).
Des libellés crochetés restent dans le texte de
l'Article sur les points concernant la requête à l'adresse
des Parties de prendre des mesures préventives, la
protection de l'information confidentielle et la
désignation des Parties à consulter pour la détermination
de l'action appropriée. La Partie, sous la juridiction de
laquelle la mise en circulation a eu lieu est obligée de
notifier et de consulter les différentes Parties affectées,
et il n'y a aucune référence à l'assistance financière. Les
types de renseignements à fournir restent crochetés et
englobent: les estimations quantitatives et les
caractéristiques de l'OVM; le point de contact; les
circonstances de la mise en circulation et l'utilisation à
laquelle l'OVM est destinée; les effets adverses possibles
sur la biodiversité et les éventuelles mesures d'évaluation
et de gestion des risques; et, toute autre information
pertinente.
ARTICLE 17 (MANUTENTION, TRANSPORT, EMBALLAGE [ET
ETIQUETAGE]): Cet Article cherche à s'assurer que les OVM
sont manipulés, transportés, emballés et étiquetés dans de
bonnes conditions de sécurité, en tenant compte des normes
et des règles internationales pertinentes. Quelques
délégués du SGT-II proposèrent la suppression de la
disposition arguant qu'elle pouvait constituer une barrière
technique au commerce. Quelques délégués suggérèrent
d'exclure l'étiquetage du champ de l'Article, compte tenu
du fait que les procédures douanières sont de simples
exercices de paperasserie et que l'étiquetage des OVM ne
contribuerait pas à la sécurité. Les délégués exprimèrent
différents points de vue sur la portée de la disposition,
certains appuyant l'idée d'avoir des dispositions seulement
pour les OVM assujettis aux procédures AIA, d'autres
souhaitant les voir englober tous les OVM. Il y eut un
grand désaccord sur la nature des règles et des normes
internationales à appliquer. Alors que certains notèrent
les lacunes potentielles au niveau des normes
internationales existantes et souhaitèrent la création de
normes dans le cadre du Protocole, d'autres apportèrent
leur soutien à l'idée, sinon de recourir aux règles et aux
normes internationales disponibles, du moins de les prendre
en ligne de compte. Une délégation souligna le fait que les
normes utilisées par les Parties exportatrices ne devaient
pas être moins strictes que celles appliquées à l'intérieur
du pays. La plupart des pays en développement appuyèrent
l'idée de retenir la référence à la santé humaine, alors
que la plupart des pays industrialisés apportèrent leur
soutien à l'idée de la supprimer. La référence au commerce
international fut supprimée, les pays en développement
ayant affirmé qu'il n'était pas approprié de traiter du
commerce dans un protocole sur la sécurité et les pays
industrialisés ayant affirmé que la référence était
impertinente dans le présent contexte. Les autres libellés
crochetés traitent de la portée, de la nécessité de
l'identification et du développement des normes. L'Article
entier fut crocheté.
ARTICLE 18 (AUTORITE NATIONALE COMPETENTE/POINT FOCAL
NATIONAL): Cet Article demande aux Gouvernements de
désigner un [ou plus] point focal national et une ou
plusieurs autorités nationales compétentes pour la liaison
entre le Secrétariat et l'exercice des fonctions
administratives. Les discussions se focalisèrent sur les
points de savoir si une Partie pouvait désigner plus d'un
point focal, si le Secrétariat et le Centre d'Echanges
d'Informations sur la Biosécurité devaient être impliqués
dans les échanges d'informations concernant les autorités
nationales compétentes et les points focaux nationaux et le
cadre temporel de la désignation. Le SGT-II s'accorda sur
le cadre temporel fixé au plus tard à la date d'entrée en
vigueur du Protocole. Les délégations s'accordèrent pour
dire que le Secrétariat doit informer les Parties de la
notification et mettre à disposition les informations qui
s'y rapportent, à travers le Centre d'Echanges
d'Informations sur la Biosécurité. Les délégations devaient
affirmer par ailleurs que les Parties doivent fournir
l'information pertinente sur les responsabilités
respectives de leurs autorités nationales compétentes et,
le cas échéant, de préciser quelle autorité nationale
compétente est responsable de quel type d'OVM. La seule
question qui reste à examiner au GTSB-6 est celle de savoir
si une Partie peut désigner plus d'un point focal.
ARTICLE 19 (ECHANGE D'INFORMATIONS / CENTRE D'ECHANGES
D'INFORMATIONS SUR LA BIOSECURITE): Cet Article établit un
Centre d'Echanges d'Informations sur la Biosécurité (CEI),
ses objectifs et les types d'informations qui lui seront
fournis. Les délégués du SGT-II discutèrent de ce que
devrait être le concept fondamental du CEI, exprimant des
points de vue divergents sur le point de savoir s'il doit
s'agir d'une base de données ou d'un centre d'échanges
d'informations. Plusieurs pays industrialisés préférèrent
la mise en place d'un simple mécanisme de base de données
électroniques. Plusieurs pays en développement appuyèrent
l'idée d'avoir un CEI séparé du Mécanisme d'Echanges
d'Informations de la CDB, en notant les obstacles au niveau
de l'accès à l'Internet. Citant des raisons de rentabilité
et d'efficience quelques délégués apportèrent leur appui au
libellé appelant à l'utilisation du Mécanisme d'Echanges
d'Informations qui reste entre crochets. Un groupe de
réflexion devait décider que le CEI est un moyen à travers
lequel l'information est mise à disposition, fournissant
l'accès aux données fournies par les Parties. Les délégués
s'accordèrent sur l'utilisation de "Centre d'Echanges
d'Informations" plutôt que "base de données".
Concernant l'information à fournir, les délégués
discutèrent des questions de disponibilité publique et de
la protection des informations commerciales confidentielles
retenant finalement une clause sur la confidentialité de
l'information. Quelques pays industrialisés requirent une
identification claire des renseignements à fournir au CEI.
Quelques délégués proposèrent de crocheter ou de déplacer
les libellés concernant les évaluations des risques / les
revues environnementales, les déclarations unilatérales
concernant les exemptions, les essais sur terrain, l'usage
commercial et l'élaboration des rapports sur l'application
des procédures de l'AIA. Les délégués devaient s'accorder
pour dire que l'information requise engloberait les
directives et les législations nationales liées à la mise
en uvre du Protocole, y compris l'information sur les
procédures de l'AIA; les accords bilatéraux, régionaux et
multilatéraux; et, les décisions finales concernant
l'importation ou la mise en circulation des OVM. Les
dispositions concernant l'information sur l'évaluation des
risques pour l'élaboration des synthèses et des rapports
requis dans le cadre de l'Article 35 (Suivi et Conformité)
demeurent crochetées. Les délégués s'accordèrent sur
l'insertion d'une référence aux mécanismes d'échanges
d'informations internationaux disponibles en matière de
biosécurité. Ils décidèrent par ailleurs que les décisions
concernant les modalités du CEI, y compris les rapports
d'avancement de ces opérations seraient examinées à la
première RdP et maintenues sous évaluation à partir de là.
ARTICLE 20 (CONFIDENTIALITE DE L'INFORMATION): Cet
Article demande à la Partie de l'importation de permettre à
l'auteur de la notification d'identifier les données
confidentielles qui doivent être proprement protégées et ne
pas être utilisées à des fins commerciales par la Partie
récipiendaire. L'Article requiert par ailleurs de la Partie
de l'importation de consulter l'auteur de la notification
sur le statut confidentiel de l'information et précise les
données qui ne doivent pas être considérées comme
confidentielles.
Le débat se focalisa sur la nécessité de la disposition.
La plupart des pays en développement préférèrent ne pas
avoir des dispositions pour s'assurer de la fonctionnalité
et de la transparence du Protocole. Ils soulignèrent que ce
sujet, suffisamment traité par d'autres régimes et accords
internationaux était lié à la question du commerce et
n'avait pas de pertinence à la biosécurité. Quelques pays
en développement et la majeure partie des pays
industrialisés favorisaient l'insertion d'une disposition
sur la confidentialité de l'information pour sauvegarder
l'information et le secteur privé, pour mieux s'assurer de
son implication. Les délégations exprimèrent des points de
vue divergents sur le point de savoir si une Partie doit
développer des procédures pour la protection d'une telle
information. Les avis différèrent aussi sur bon nombre de
sujets, y compris sur les références à la santé humaine et
au niveau du libellé sur l'étendue de l'application sur les
exceptions. S'agissant des données qui ne doivent pas être
considérées comme confidentielles, certaines délégations
apportèrent leur appui à la formule "ne doivent pas être
généralement", alors que d'autres appuyèrent la formule "ne
doivent en aucun cas s'appliquer". Quelques pays mirent en
relief la référence à la santé humaine. D'autres y firent
objection. Les délégations s'exprimèrent de manière
divergente sur le point de savoir si l'information dont la
confidentialité est sujet de désaccord entre l'autorité
compétente et l'auteur de la notification devait être
considérée comme confidentielle par les autres Parties et
respectée comme telle. A la requête de nombreux pays
industrialisés, l'Article entier fut crocheté.
ARTICLE 21 (RENFORCEMENT DES CAPACITES): L'Article
traite de la nécessité de développer les ressources
humaines et institutionnelles dans les pays en
développement et les formes que doit prendre ce travail.
Tous les intervenants du SGT-II notèrent le besoin d'avoir
un tel Article, et plusieurs pays en développement mirent
en exergue son caractère crucial pour l'efficacité du
Protocole. Plusieurs délégués appuyèrent l'insertion d'un
libellé concernant l'inclusion des pays en transition
économique et des petits Etats insulaires en développement.
Les délégués devaient également débattre de la question de
savoir si la portée de l'Article devait couvrir la
biotechnologie, ainsi que la biosécurité. Plusieurs pays
industrialisés firent objection à l'insertion de références
à la biosécurité et la biotechnologie dans le renforcement
des capacités et demandèrent au cas où la biosécurité
serait incluse de l'accompagner d'une définition. Le
libellé concernant les deux resta crocheté. Les délégués
soulignèrent l'importance de maximiser l'utilisation des
ressources et institutions disponibles, y compris la
coopération régionale, dans le renforcement des capacités.
A la suggestion de certains pays, le libellé concernant les
questions du GC-II sur l'Article 28 (Mécanisme et
Ressources Financières). Les pays en développement
requirent encore des différences aux ressources
financières, ainsi que des références à l'assistance
scientifique et technique et au transfert des technologies.
Toutes sont restées entre crochets. Plusieurs pays
industrialisés proposèrent l'insertion d'un libellé sur la
facilitation de l'implication du secteur privé. Ce libellé
fut crocheté car les pays en développement préférèrent sa
suppression déclarant qu'il s'agit d'une question interne
et qu'elle pouvait être traitée ailleurs dans le Protocole.
Les délégués supprimèrent le libellé portant sur les
obligations du Secrétariat concernant le renforcement des
capacités. Les délégués discutèrent par ailleurs des
recommandations du SGT-I appelant à l'inclusion de libellés
tirés des Articles 11 (Accords Multilatéraux, Bilatéraux et
Régionaux), 12 (Evaluation des Risques), 13 (Gestion des
Risques), et 14 (Normes Minimales Nationales) et
déclarèrent que ces références étaient trop détaillées, peu
appropriées ou déjà couvertes par les libellés disponibles.
Des paragraphes crochetés demeurent sur l'implication du
secteur privé et les types de renforcement de capacités, y
compris les ressources financières, l'assistance
scientifique et technique, le transfert des technologies,
la coopération et l'information scientifiques et
l'expertise et la formation dans l'utilisation des
techniques d'évaluation et de gestion des risques.
ARTICLE 22 (PRISE DE CONSCIENCE ET PARTICIPATION
PUBLIQUES): Cet Article requiert des Parties d'encourager
la prise de conscience du public et la participation dans
la mise en uvre du Protocole, à travers: la facilitation
des programmes de sensibilisation et d'éducation publiques;
la fourniture au public de l'accès aux / résultats du
processus décisionnel; et, l'information du public sur le
CEI de biosécurité. Le SGT-II débattit de la nature du rôle
du public dans le processus décisionnel. Certains pays
souhaitèrent fournir au public "l'opportunité de
s'impliquer dans les processus décisionnels. D'autres
préférèrent "dans les résultats des processus
décisionnels". Une délégation exprima des réserves
concernant l'application d'une telle disposition, au niveau
national et proposa d'ajouter "là où il serait approprié"
dans les deux options. Les délégations exprimèrent des
points de vue différents sur la référence aux lois
nationales et aux mesures administratives et régulatoires.
Certains délégués appuyèrent la suppression de la référence
à la participation publique dans l'intitulé, étant donné
qu'elle n'est pas traitée. La plupart des pays en
développement suggérèrent de prendre la santé humaine en
ligne de compte lors de l'élaboration et de la mise en
uvre des programmes de prise de conscience publique sur
les bonnes conditions des transfert, manipulation et
utilisation des "produits dérivés" et suggérèrent de
supprimer la référence appelant au respect de l'information
confidentielle. Un pays industrialisé proposa de
restreindre les obligations des Parties en matière de
facilitation de la participation publique, aux mouvements
transfrontières "intentionnels" d'OVM. D'autres suggérèrent
d'utiliser "la mise en circulation des OVM" pour simplifier
les formulations ayant trait aux OVM. La plupart des
délégations appuyèrent l'Article et les dispositions
appelant à la coopération internationale pour
l'encouragement et le développement des programmes
d'éducation et de conscientisation publiques.
ARTICLE 23 (LES NON-PARTIES): Cet Article détaille les
relations des Parties du Protocole avec les non-Parties.
Les délégués débattirent de la nécessité de l'Article et du
point de savoir si le commerce avec les non-Parties doit
être interdit ou restreint. Quelques délégations
souhaitèrent ne pas avoir d'Article, citant les
complications qu'il pourrait engendrer dans les étapes
préliminaires du Protocole, l'importance de ne pas affecter
le commerce avec les non-Parties et les risques de
découragement à la signature du Protocole. Plusieurs
délégations de pays en développement requirent l'insertion
d'un paragraphe stipulant que les Parties ne doivent ni
exporter ni importer des OVM ou "produits dérivés" vers ou
en provenance de non-Parties. Quelques pays industrialisés
y firent objection. Les pays industrialisés arguèrent que
le commerce avec les non-Parties pouvait être conduit sous
certaines conditions, y compris sur une base compatible
avec les objectifs et les dispositions du Protocole, mais
l'un deux s'opposa à la référence aux objectifs du
Protocole. Un autre pays en développement souligna
l'importance des arrangements et des accords bilatéraux,
régionaux et multilatéraux pour le commerce avec les non-
Parties et de leur mise à disposition à travers le CEI de
biosécurité. L'Article entier a été crocheté.
ARTICLE 24 (LA NON-DISCRIMINATION): Cet Article stipule
que les Parties n'exerceront pas de discrimination entre
les OVM étrangers et ceux domestiques dans l'application du
Protocole, y compris dans les procédures d'évaluation des
risques, ni créer d'obstacles inutiles au commerce
international. Le débat du SGT-II fut centré sur la
nécessité d'un tel Article. Plusieurs pays en développement
appuyèrent l'idée de ne pas prévoir de disposition,
soulignant le caractère environnemental et non commercial
des discussions et la suffisance des cadres internationaux
disponibles, tels que celui de l'Organisation Mondiale du
Commerce (OMC). La plupart des pays industrialisés
apportèrent leur soutien à l'insertion d'une disposition
notant que le transport international d'OVM est lié avec le
commerce. Quelques pays en développement citèrent la
pertinence de la disposition pour les Parties qui ne sont
membres de l'OMC. Faisant état de leur interconnexion, les
délégués discutèrent de l'Article 24 dans ses rapports aux
Articles 23 (Non-Parties) et 34 (Liens avec d'Autres
Accords Internationaux), dans les SGT-II et GC-II, même si
les positions n'ont pas changé. Les délégués discutèrent
par ailleurs des libellés portant sur le traitement à
l'échelle nationale, le statut de la nation la plus
favorisée, le GATT pour ce qui concerne les restrictions
inutiles au commerce et sur la nécessité de s'assurer de la
non-discrimination entre les OVM étrangers et les OVM
d'origine domestique. L'Article entier qui contient deux
paragraphes sur la non-discrimination entre les OVM et la
prévention des obstacles ou des restrictions au commerce
international fut placé entre crochets.
ARTICLE 25 (TRANSPORT ILLICITE): Cet Article oblige les
Parties à adopter des mesures intérieures appropriées pour
prévenir et pénaliser le transport illicite d'OVM et à
fournir l'information concernant les cas de transport
illicite au CEI de la Biosécurité. Dans le SGT-II, les
délégués débattirent de la nécessité de la disposition. La
majeure partie des pays industrialisés se déclara pour la
suppression de la disposition, compte tenu du fait qu'une
référence générale aux obligations des Parties existe dans
l'Article 1 bis (Obligations Générales) et que le transport
illicite est une affaire de législation intérieure. Un
délégué nota que dès lors qu'un système d'importation basé
sur les procédures AIA est adopté, la disposition n'aurait
plus de raison d'être. Les pays en développement pour leur
part se déclarèrent en faveur de l'Article, notant que sa
portée doit s'étendre aux "produits dérivés" et qu'il doit
inclure des références à la nécessité d'informer le
Secrétariat et le CEI, de développer des législations
nationales et d'établir une coopération entre les Parties.
Les pays en développement introduisirent un libellé
concernant le droit de la Partie affectée à requérir de la
Partie d'origine de disposer des OVM en question à ses
propres frais. Plusieurs pays industrialisés s'opposèrent
au libellé. Un délégué déclara que l'Etat ne saurait être
tenu pour responsable des activités illicites et un autre
affirma que la procédure normale de mise en quarantaine
suffirait. Le libellé fut placé entre crochets.
A la requête du SGT-II, le GC-II élabora une définition
du trafic illicite aux fins de faciliter les discussions
autour de cet Article. Quelques pays industrialisés
suggérèrent la suppression de la définition. Un pays en
développement déclara qu'il ne serait pas logique d'inclure
un délit sans le définir. La définition fut transférée pour
considération dans le cadre de l'Article 2 (Utilisation des
Termes). L'Article fut crocheté, de même que les références
aux "produits dérivés" et à la nature de l'information à
transmettre au CEI de Biosécurité.
ARTICLE 26 (CONSIDERATIONS SOCIO-ECONOMIQUES): Cet
Article cherche à s'assurer que les effets socio-
économiques découlant de l'introduction, le transfert, la
manipulation ou l'utilisation des OVM [et des "produits
dérivés"] sur la Partie importatrice, sont pris en
considération de manière appropriée. Un certain nombre de
pays en développement soulignèrent l'importance de cette
disposition, compte tenu de leur situations économiques et
sociales particulières, et notèrent qu'un protocole sans
considération socio-économique serait inacceptable. Ils
apportèrent leur appui au libellé demandant aux Parties: de
prendre en considération les effets socio-économiques dans
les évaluations des risques; d'intégrer des stratégies
visant à prévenir les effets socio-économiques adverses; de
notifier le pays exportateur des substitutions au niveau de
l'importation; de protéger le public contre les monopoles
biotechnologiques; et de protéger la morale publique et les
intérêts socio-économiques. Quelques pays s'opposèrent à
l'idée d'aborder les question des monopoles et du libre-
échange et firent part de leurs réserves quant au
protectionnisme commercial. Plusieurs pays industrialisés
souhaitèrent, soit exprimer l'Article, soit avoir une
référence préambulaire. Un pays industrialisé nota les
divergences au niveau de la compréhension des
considérations socio-économiques et accorda son soutien à
l'option invitant à la conduite d'une recherche sur ces
considérations, au lieu de débattre des obligations. Un
autre suggéra de traiter la question dans le cadre de
l'Article 13 (Gestion des Risques).
Concernant les substitutions au niveau de l'importation,
les pays en développement souhaitèrent avoir un libellé
garantissant l'assistance financière et technique à la
Partie affectée; les pays industrialisés y firent
objection. Les délégations exprimèrent également des points
de vue divergents sur le point de savoir si ces
considérations devaient être étendues à "l'érosion
génétique et à la perte de revenus et à la dislocation des
systèmes et produits agricoles traditionnels qui en
découlent". Les délégations apportèrent leur appui au
paragraphe encourageant la recherche sur les considérations
socio-économiques et l'échange des résultats de ces
recherches, aux fins de clarifier le sujet. Différentes
questions, comme celle des "produits dérivés" attendent les
discussions sur les articles pertinents. L'Article entier
fut placé entre crochets.
ARTICLE 27 (RESPONSABILITES ET REDRESSEMENT): Cet
Article renferme quatre options: l'option zéro, la clause
qui renvoie la discussion à la première RdP ou "à aussitôt
que pratique"; la disposition de responsabilité imposant
différentes obligations sur l'opérateur et le pays
d'origine et établissant un fonds de compensation
d'urgence; et, la disposition imposant la responsabilité
sur la Partie d'origine si l'opérateur/exportateur s'avère
incapable de s'en décharger.
Plusieurs pays industrialisés proposèrent la suppression
de l'Article, surtout que des discussions similaires menées
dans d'autres fora durent depuis des décennies. Un
intervenant nota le caractère théorique du débat car les
risques posés par les OVM ne sont pas comparables aux
accidents pétroliers et aux catastrophes nucléaires.
L'orateur nota que les OVM ne seront pas imposés aux
importateurs et que les législations nationales
s'appliqueront après les procédures AIA appropriées et
l'évaluation des risques. Un autre délégué souhaita la
suppression de l'Article en raison du double emploi avec
l'Article 14.2 de la CDB (Evaluation d'Impact et
Minimisation des Effets Adverses). Certains estimèrent
qu'il pouvait être traité au plan intérieur. D'autres
souhaitèrent le voir apparaître dans le cadre des
"principes généraux".
La plupart des pays en développement apportèrent leur
soutien à la disposition sur la responsabilité refusant les
arguments évoqués. Un délégué nota l'absurdité de
discussions étendues sur des questions de régulation pour
s'assurer de la sécurité si l'on ne prend pas en
considération les conséquences des accidents. Les délégués
appuyèrent l'insertion de la responsabilité de l'Etat, de
la responsabilité civile, d'une caisse de compensation, et
de la prescription. Un délégué déclara que dans l'absence
d'une loi internationale générale sur la responsabilité,
cette dernière doit être façonnée sur mesure. Un autre nota
que l'existence d'une mesure de responsabilité permettra de
s'assurer de l'attention de l'exportateur au procédure de
l'AIA et de l'exportation.
Le SGT-II demanda au GC-II de débattre du sujet. Le GC-
II établit un comité restreint pour clarifier les positions
et parvenir à un accord sur le libellé. Après une série de
délibérations, un texte consolidé fut présenté au GC-II et
transmis à la Plénière. L'Article est placé entre crochets,
ainsi que les libellés portant sur l'objet de la
responsabilité, la nature de la responsabilité, l'étendue
de la responsabilité et sur la nécessité d'une Caisse
d'Urgence de Compensation.
ARTICLE 28 (MECANISME DE FINANCEMENT ET RESSOURCES
FINANCIERES): Cet Article cherche à établir le mécanisme de
financement de la CDB comme mécanisme de financement du
Protocole et se réfère à l'Article 20 de la CDB (Ressources
Financières) dans l'examen des ressources financières
entrant dans le cadre de la Convention. L'Article note les
besoins particuliers des Parties pays en développement, et
en particulier les pays les moins avancés et les petits
états insulaires en développement dans le domaine du
renforcement des capacités. Les délégués du GC-II
exprimèrent des avis divergents sur la nécessité pour le
mécanisme financier de tenir compte des besoins en matière
des besoins des pays en développement en matière de
ressources financières pour le renforcement des capacités,
la promotion de l'utilisation de la biotechnologie dans de
bonnes conditions de sécurité et le développement et
l'application des programmes dans les domaines de
l'évaluation et de la gestion des risques. Cette
disposition fut placée entre crochets. La référence à
l'Article 20 de la CDB fut également crochetée.
ARTICLE 29 (CONFERENCE DES PARTIES): Cet Article stipule
que la Conférence des Parties (CdP) de la Convention
servira de Réunion des Parties (RdP) pour le Protocole. Les
Parties du Protocole peuvent y participer en qualité
d'observateur et les membres du Bureau de la CdP qui ne
seraient pas Parties du Protocole seront remplacés par des
membres élus par les Parties du Protocole. Le GC-II procéda
à la révision de ce projet, et le texte fut adopté par la
Plénière.
ARTICLE 30 (ORGANES ET MECANISMES SUBSIDIAIRES): Cet
Article stipule que les organes subsidiaires établis dans
le cadre de la Convention peuvent servir le Protocole; que
les Parties de la Convention qui ne sont pas Parties du
Protocole peuvent participer en qualité d'observateurs dans
ces organes subsidiaires; et, que tout membre du Bureau de
l'Organe Subsidiaire qui n'est pas Partie du Protocole sera
remplacé. Le GC-II procéda à l'examen du projet de texte,
lequel fut plus tard adopté par la Plénière.
ARTICLE 31 (SECRETARIAT): Cet Article stipule que
Secrétariat de la CDB servira en tant que Secrétariat du
Protocole; que les fonctions du Secrétariat définies dans
l'Article 24.1 de la CDB (Fonctions du Secrétariat)
s'appliqueront mutatis mutandis au Protocole; et, que les
coûts financiers des services de Secrétariat pour le
Protocole seront couverts par les Parties du Protocole. La
première RdP décidera des arrangements budgétaires
nécessaires. Le GC-II supprima les crochets entourant le
libellé consacré aux arrangements financiers et la Plénière
procéda à son adoption.
ARTICLE 32 (PORTEE JURIDICTIONNELLE): Le projet de texte
UNEP/CBD/BSWG/5/Inf.1 transmis au GTSB-5 notait que cet
Article était supprimé et le GC-II réitéra cette
recommandation. Le GTSB-5 décida sa suppression.
ARTICLE 33 (LIENS AVEC LA CONVENTION): Cet Article
stipule que les dispositions de la CDB relatives au
Protocole seront appliquées, à moins qu'il ne soit noté
autrement. Une note de bas de page stipule que les délégués
peuvent souhaiter revisiter l'Article au terme des
discussions touchant aux question en rapport, telles que
celles du règlement des différends, de l'adoption et de
l'amendement des annexes. Le GC-II renvoya cet Article tel
quel à la Plénière qui procéda à son adoption.
ARTICLE 34 (LIENS AVEC D'AUTRES CONVENTIONS
INTERNATIONALES): Cet Article assure que le Protocole
n'affectera pas les obligations que les Parties pourraient
avoir prises dans le cadre des accords internationaux
existants où elles sont également Parties. Examiné
initialement par le GC-II, cet Article fut discuté par un
comité de rédaction du SGT-II, dans ses rapports avec les
Articles 23 (Non-Parties) et 24 (Non-Discrimination). Les
délégués exprimèrent des avis divergents sur la nécessité
de cette disposition. Plusieurs pays industrialisés
apportèrent leur appui à l'Article en vue de ne pas
compromettre les obligations prises dans d'autres fora.
Plusieurs pays en développement firent objection à son
insertion. Certains parmi ces derniers déclarèrent qu'au
cas où l'Article serait retenu, il devrait contenir une
exemption pour les cas "où l'exercice de ces droits et
obligations provoquerait de sérieux préjudices ou menaces à
la diversité biologique", conformément à l'Article 22 de la
CDB (Liens avec d'Autres Conventions Internationales). Une
délégation proposa de remplacer "provoquerait" par
"pourrait raisonnablement être considéré comme pouvant
provoquer" mais plusieurs délégations y firent objection,
notant une incompatibilité avec le libellé de la CDB.
Plusieurs pays en développement requirent la suppression de
l'exemption, mais celle-ci fut finalement retenue entre
crochets avec utilisation de la formule de la CDB. Les
délégués supprimèrent le libellé concernant la date
d'entrée en vigueur de cette disposition. Les délégués
devaient examiner par ailleurs l'Article 11 (Accords [ou
Arrangements] Bilatéraux, Multilatéraux et Régionaux
[Autres que le Protocole]) transmis par le SGT-I. La
plupart des délégués notèrent que l'Article 11 traitait des
accords en vue de faciliter l'application du Protocole et
que le contenu était plus pertinent à l'Article 23 (Non-
Parties) qu'à la présente clause. L'Article entier resta
entre crochets ainsi que l'intégralité du libellé sur
l'exemption.
ARTICLE 35 (SUIVI ET RAPPORTS): Cet Article demande à
chaque Partie d'assurer le suivi de la mise en uvre de ses
obligations et de soumettre des rapports à la RdP, à des
intervalles qui restent à déterminer par cette dernière. Le
GC-II ôta les crochets et supprima le libellé sur la mise
en place des systèmes nécessaires à l'élaboration des
rapports. L'Article fut adopté et il ne reste aucun point
en suspens.
ARTICLE 35 BIS (CONFORMITE): Cet Article prévoit pour la
première réunion des Parties de procéder à l'examen et à
l'approbation des procédures et des mécanismes
institutionnels permettant de promouvoir la conformité et
de traiter les cas de non conformité, de manière séparée,
mais sans préjudice pour l'Article 27 de la CDB (Règlement
des Différends). Les délégués du GC-II exprimèrent des vues
divergentes sur la pertinence de l'Article. Ce dernier fut
placé entre crochets.
ARTICLE 36 (EVALUATION ET REVUE DE CE PROTOCOLE): Cet
Article prévoit la conduite d'une évaluation de
l'efficacité du Protocole par la RdP. La plupart des
délégués apportèrent leur appui à l'Article, et en
particulier à l'option prévoyant que l'évaluation sera
menée par la RdP. Quelques pays souhaitèrent voir
l'évaluation par la RdP intervenir trois ans après l'entrée
en vigueur du Protocole et à partir de là au moins une fois
tous les six ans. D'autres préférèrent des périodes de cinq
ans pour les deux. Quelques intervenants apportèrent leur
appui à l'option appelant à une évaluation des procédures
et des annexes du Protocole par les Parties sur la base des
informations scientifiques, techniques et environnementales
disponibles et à des conclusions établies par un groupe
d'experts, pourvu que ce dernier ne soit pas complètement
en charge de toute l'évaluation. Un pays appuya l'option, à
condition que la référence y soit retenue. Quelques pays se
déclarèrent en faveur de l'une ou l'autre de ces options.
Plusieurs délégués notèrent que l'Article complétait
l'Article 29 (CdP), en cela qu'il établit un calendrier
précis pour la revue. Un comité de rédaction procéda à la
combinaison des deux options.
Plusieurs intervenants apportèrent leur soutien à une
évaluation par la RdP, trois ou cinq ans après l'entrée en
vigueur. Le chiffre "cinq" resta entre crochets. Des
crochets furent placés autour du membre de phrase "et à
partir de là, au moins une fois tous les cinq ans". Les
délégués s'accordèrent sur une évaluation de l'efficacité
du Protocole, incluant une revue des procédures et des
annexes.
ARTICLE 37 (SIGNATURE): Cet Article établit les dates et
lieux de l'ouverture du Protocole à la signature. Les dates
et le lieu initiaux restent encore à inclure. Le GC-II
transmit l'Article à la Plénière sans procéder à des
changements. L'Article fut adopté.
ARTICLE 38 (RATIFICATION, ACCEPTATION OU APPROBATION):
Le projet de texte (UNEP/CBD/BSWG/5/Inf.1) transmis au
GTSB-5 notait que cet Article est supprimé et le GC-II
réitéra cette recommandation. Les délégués donnèrent leur
appui pour sa suppression.
ARTICLE 39 (ACCESSION): Le projet de texte
UNEP/CBD/BSWG/5/Inf.1 transmis au GTSB-5 notait que cet
Article est supprimé et le GC-II réitéra cette
recommandation. Les délégués décidèrent de la suppression.
ARTICLE 40 (ENTREE EN VIGUEUR): Cet Article indique le
moment où le Protocole entrera en vigueur sur la base d'un
nombre spécifique d'instruments de ratification,
d'acceptation, d'approbation ou d'accession. Ainsi, le
Protocole entrera en vigueur pour la Partie qui procède à
la ratification, l'acceptation ou l'approbation de ce
Protocole après son entrée en vigueur ou 90 jours après le
dépôt de sa ratification. Cet Article renferme une section
crochetée portant sur le nombre de ratifications,
acceptations, approbations ou accessions nécessaire avant
l'entrée en vigueur du Protocole. Les délégués adoptèrent
le libellé crocheté tel que transmis par le GTSB-4 et
recommandé par le GC-II.
ARTICLE 41 (RESERVE): Cet Article stipule qu'aucune
réserve ne doit être faite dans le cadre du Protocole. Les
délégués placèrent l'Article entre crochets, indiquant par
la même la divergence des points de vue sur la nécessité de
la disposition.
ARTICLE 42 (RETRAIT): Cet Article note qu'une Partie
peut se retirer du Protocole à n'importe quel moment deux
ans après la date d'entrée en vigueur du Protocole et qu'un
tel retrait sera effectif une année après réception de la
notification ou plus tard, si précisé. Les délégués
adoptèrent cet Article.
ARTICLE 43 (TEXTES AUTHENTIQUES): Cet Article stipule
que l'original du Protocole dont les versions arabe,
chinoise, anglaise, française, russe et espagnole sont
également authentiques, sera déposé auprès du Secrétaire
Général des Nations Unies. Les délégués adoptèrent
l'Article.
LES ANNEXES: Le GC-I élabora deux annexes. La première,
intitulée "Information Requise dans la Notification de
l'AIA" et la seconde "Evaluation des Risques". L'examen des
annexes commença par une évaluation des dix-neuf annexes
transmises par le GTSB-4 dans le document
(UNEP/CBD/BSWG/5/Inf.1) pour dégager celles susceptibles
d'être incluses dans le Protocole. Les délégués apportèrent
massivement leur soutien aux Annexes I (Information Requise
dans la Notification de l'AIA) et II (Evaluation des
risques). Sept autres annexes proposées devaient bénéficier
d'un certain soutien. Il s'agit de celles intitulées:
informations requises dans la notification du
mouvement/transfert transfrontalier; les OVM susceptibles
de ne pas avoir d'effet adverse sur la conservation et
l'utilisation durable de la diversité biologique, tenant
également compte des risques posés à la santé humaine;
gestion des risques; utilisation contrôlée d'un OVM;
information requise pour la mise en circulation / mouvement
transfrontières non intentionnels; cas de consentement
explicite; et, les OVM exemptés de la procédure de l'AIA.
Plusieurs délégués déclarèrent que les annexes proposées
pour "les OVM susceptibles de ne pas avoir d'effets
adverses", "les OVM exemptés de la procédure de l'AIA"
et/ou "les cas de consentement explicite" n'étaient pas
appropriées au Protocole. Le SGT-I demanda au GC-I
d'élaborer les Annexes I et II pour en dégager un texte des
plus clairs possibles. La liste des dix-neuf annexes sera
envoyée au GTSB-6. Le GC-I peut élaborer des annexes
additionnelles traitant de l'information nécessaire à la
notification de transit de l'utilisation contrôlée et des
OVM exemptés de l'AIA. La liste finale des annexes ne
dépassera probablement pas quatre.
L'Annexe I renferme 15 sous-paragraphes spécifiant
chacun un élément différent de l'information à fournir dans
la notification dont:
nom et identité de l'OVM;
nom, adresse et coordonnées détaillées de
[l'exportateur], du requérant et de [l'importateur] [de la
compagnie / institution / individu récipiendaires];
date prévue du mouvement transfrontière;
statut taxonomique, nom commun, point de collecte et
caractéristiques de l'organisme donneur;
centre d'origine de l'organisme récipiendaire et/ou
parental;
descriptif de l'acide nucléique ou de la
modification introduite, de la technique utilisée et des
nouvelles caractéristiques de l'OVM;
l'usage prévu et la quantité ou le volume d'OVM;
[un rapport d'évaluation des risques connu et
disponible];
les méthodes suggérées pour [les bonnes conditions
de la manipulation, du stockage, du transport et de
l'utilisation, y compris l'emballage, l'étiquetage, la
documentation, la mise en décharge et les procédures
d'urgence];
le statut réglementaire dans le pays d'exportation;
[le résultat d'une notification quelconque envoyée à
d'autres gouvernements par [l'exportateur] [le requérant]
concernant l'OVM]; et,
une [déclaration] attestant que l'information est
factuelle et correcte.
Telle qu'élaborée par le GC-I, l'Annexe II renferme une
structure cadre décrivant l'objectif, l'utilisation, les
principes généraux et la méthode d'évaluation des risques.
Les discussions sont prévues de se poursuivre au GTSB-6, en
particulier sur l'élaboration des détails scientifiques et
techniques à prendre en ligne de compte dans l'évaluation
des risques. Ces détails se focalisent sur: les
caractéristiques de l'organisme ou des organismes
parentaux, de l'organisme ou des organismes donneurs, du
vecteur, des éléments insérés et de l'OVM; l'information
concernant l'usage auquel l'OVM est destiné;
l'environnement récipiendaire; l'organisme ressuscité, les
considérations de sécurité pour la santé humaine et
animale; et, les considérations socio-économiques. La
poursuite du débat sera basée sur les documents
UNEP/CBD/BSWG/5/Inf.1 et UNEP/CBD/BSWG/5/2.
PLENIERE DE CLOTURE
Les délégués se réunirent dans la soirée du jeudi 27
août pour procéder à l'adoption de certains éléments du
rapport final et pour entendre la déclaration de la
Colombie, hôte du GTSB-6. Le Président du GTSB, Veit
KOESTER, invita les délégués à procéder à l'examen du
document UNEP/CBD/BSWG/5/L.1 (Projet de Rapport du GTSB-5)
pour adoption. Les délégués supprimèrent le libellé
indiquant qu'ils ont décidé de discuter "et de négocier"
les OVM et les produits dérivés, en raison du fait qu'ils
présument de l'accord à négocier l'inclusion des "produits
dérivés".
La Colombie, en sa qualité de Gouvernement hôte du GTSB-
6, souligna dans son intervention l'importance du principe
de précaution et fit part de ses préoccupations concernant
le peu de connaissances sur les effets des OVM sur la
biodiversité dans les pays riches, en particulier lorsque
la science s'est focalisée principalement sur leurs effets
exercés dans des conditions agricoles plus homogènes.
L'oratrice déclara que ce serait une erreur d'appeler ceci
un protocole de biosécurité s'il doit simplement servir de
mécanisme d'échanges d'informations et s'il doit
injustement surcharger la responsabilité des pays
importateurs par rapport à celle des pays exportateurs.
Elle exprima l'engagement de la Colombie et son attachement
à aboutir à un Protocole efficace et établissant un
équilibre entre les objectifs de la CDB et le Mandat de la
CdP.
Le Président KOESTER ouvrit la Plénière finale le
vendredi 28 août à 12h30. Il invita les délégués à
considérer les conclusions des travaux des sous-groupes de
travail et des groupes de contact, telles que consignées
dans le document UNEP/CBD/BSWG/5/L.1Add.1. Il demanda aux
Coprésidents des groupes d'introduire leurs travaux
respectifs.
Les Coprésidents du SGT-I, Sandra WINT et Eric
SCHOONEJANS, présentèrent les Articles examinés par le
Sous-Groupe de Travail et soulignèrent les questions
restées en suspens. Concernant la portée du Protocole, de
nouvelles discussions sont requises au sujet des "produits
dérivés", des effets socio-économiques, de la question des
exemptions et de la manipulation et de l'utilisation des
OVM. Les questions à résoudre au niveau de la notification
englobent les points de savoir qui doit enclencher la
notification et à quel niveau doit se trouver la
responsabilité de l'information fournie. Les questions
touchant à l'absence d'accusé de réception et aux liens
entre la procédure décisionnelle de l'AIA et l'évaluation
des risques doivent être clarifiées sur les points de
savoir s'il faut retenir l'Article portant sur les accords
multilatéraux, bilatéraux et régionaux, la question du type
de renseignements nécessaires, des responsabilités quant à
la conduite des évaluations de risques et le problème de la
suppression progressive de certains OVM. Les délégués
devaient introduire quelques amendements reflétant les
délibérations du SGT-I et le rapport sur ces Articles fut
adopté.
Les Coprésidents du GC-I, Piet Van Der MEER et Gert
WILLEMSE, devaient ensuite introduire les résultats des
délibérations du groupe sur la définition des OVM, les
"produits dérivés" et annexes. Le groupe parvint à élaborer
des définitions pour l'OVM, l'organisme vivant et la
biotechnologie moderne. La question des techniques de
fusion cellulaire abordée dans le cadre de la définition de
la biotechnologie moderne, reste en discussion. Concernant
les "produits dérivés", le GC-I a identifié quatre types de
mouvements transfrontières d'OVM et a discuté du point de
savoir lesquels doivent être couverts par le Protocole.
Leurs discussions se sont focalisées sur les effets sur la
santé humaine. VAN DER MEER indiqua qu'une proposition
Norvégienne était susceptible de servir de plate-forme à la
poursuite des débats durant le GTSB-6. Cette proposition
stipule que bien que le mouvement transfrontières de
produits transformés contenant des organismes modifiés
inertes et /ou de composantes inertes d'OVM n'entre pas
sous la portée du Protocole, le GC-I recommande la
prévision d'une disposition appelant à la mise à
disposition des informations pertinentes à travers le CEI
de biosécurité.
Le GC-I a également discuté des deux annexes, la
première portant sur l'information requise dans la
notification de l'AIA et la deuxième, sur l'évaluation des
risques. Le Coprésident WILLEMSE précisa que la seconde
était une structure cadre et que les discussions allaient
continuer à Carthagène, en particulier pour l'élaboration
des détails scientifiques et techniques devant être pris en
ligne de compte dans l'évaluation des risques. Les autres
annexes susceptibles d'être élaborées traitent de
l'information nécessaire à la notification de transit, des
OVM destinés à un usage contrôlé et des OVM qui ne doivent
pas être inclus dans les procédures de l'AIA.
Au cours de la discussion du travail du GC-I, l'Ethiopie
déclara que la résolution finale de la question des
"produits dérivés" doit être rattachée à l'Article consacré
aux définitions (Article 2) et crocheta les définitions
pour laisser cette option ouverte. L'Australie déclara que
les définitions représentaient un accomplissement majeur du
GTSB-5 et suggéra d'utiliser une note de bas de page pour
rendre compte des préoccupations de l'Ethiopie. Le
Coprésident VAN DER MEER déclara que les crochets
suggéreraient que le contenu scientifique des définitions
est en débat et appuya la proposition de KOESTER de les
intituler "définitions de travail". L'Ethiopie insista sur
le placement du libellé entre crochets. KOESTER déclara
qu'il a eu grand plaisir à assister aux travaux du GC-I et
"à regarder l'engagement de gens comprenant ce dont ils
traitaient". La Plénière procéda à l'adoption du travail du
GC.
Le Coprésident Amarjeet AHUJA introduisit le travail du
SGT-II concernant les Articles 1, 1 bis, 15-27 et 34.
L'oratrice devait mettre en exergue les points clés
suivants qui nécessitent d'être résolus au GTSB-6: la
notification des mouvements transfrontières non
intentionnels; l'étiquetage; les normes nationales pour la
manipulation, le transport, l'emballage et l'étiquetage;
l'information confidentielle; les liens du Protocole avec
différents accords internationaux; la souveraineté des
Etats sur leurs mers territoriales; le commerce avec les
non-Parties; le transport illicite; et, les considérations
socio-économiques. Le Canada proposa d'ajouter à l'Article
17 (Manipulation, Transport, Emballage [et Etiquetage]) une
note de bas de page indiquant les liens entre les données
concernant les OVM et la procédure AIA. Le délégué devait
plus tard retirer sa proposition en demandant toutefois
qu'elle soit reflétée dans le rapport.
Le Coprésident du GC-II, John ASHE, présenta les
Articles discutés par ce Groupe de Contact. Il rappela aux
délégués qu'une Plénière précédente avait déjà adopté
plusieurs articles. Il mit également en relief les articles
et les questions qui restaient encore à résoudre. Les
Parties ont estimé qu'il était prématuré de débattre du
Préambule sans avoir une idée claire sur l'ensemble du
Protocole. L'orateur indiqua que les soumissions faites par
divers gouvernements seront incluses dans le texte révisé
du Préambule qui sera examiné au GTSB-6. Concernant
l'Article 27 (Responsabilité et Redressement), après
plusieurs délibérations, un groupe restreint a produit un
texte consolidé préservant toutes les options précédentes
et en créant une nouvelle. S'agissant de l'Article 27
(Mécanisme de Financement et Ressources Financières),
l'orateur nota qu'un texte consolidé a été produit en
attendant la discussion de l'un des paragraphes et le droit
d'en rouvrir un autre. A la requête de l'Ile Maurice, ce
denier paragraphe a été placé entre crochets. Concernant
les Articles 35 bis (Conformité) et 41 (Réserve), le
Coprésident rapporta qu'il n'y avait pas eu de désaccord
fondamental sur le contenu, mais que les délégués n'étaient
pas parvenus à s'accorder sur le point de savoir s'il
fallait les supprimer ou les garder.
KOESTER évoqua ensuite les préparatifs du GTSB-6. Il
exhorta les délégués à ne pas ouvrir les discussions sur
les libellés crochetés. Il indiqua que tous les Articles
allaient être renumérotés et que les Articles
provisoirement adoptés et non revisités par la Plénière
seront identifiés en tant que tels dans les documents. Il
rappela aux délégués que le travail ne finit pas avec
l'adoption du Protocole. Les délégués auront à considérer
les recommandations devant être adressées à la session
extraordinaire de la CdP. L'orateur devait ajouter par
ailleurs que la session extraordinaire de la CdP doit
considérer "des arrangements intérimaires" pour lesquels le
Secrétariat aura préparé des propositions. Il décrivit le
type de questions que le Groupe de Travail aura à examiner,
y compris l'adoption d'une décision opérationnelle jusqu'au
1er mars, la mise en place d'un comité intergouvernemental,
l'élection des Présidents du Bureau, l'adoption du
programme de travail et la prévision du budget
supplémentaire.
KOESTER devait ensuite discuter de l'organisation
anticipée du GTSB-6. Les sous-groupes de travail et les
groupes de contact, les Coprésidents et les mandats
resteront les mêmes. La session démarrera très probablement
par une séance plénière le samedi 14 février 1999, après
laquelle le GTSB-6 poursuivra ses travaux dans une série de
séances. La session extraordinaire de la CdP est prévue
pour les 22 et 23 février. KOESTER nota que le GTSB-5 a
réduit de 50% la taille du document, mais qu'il n'avait
aucune raison d'être plus optimiste qu'il n'en faut. Il
déclara que ces deux dernières semaines pouvaient être
considérées comme des vacances en comparaison du travail
qui doit être fait en Colombie. Il fit part de son opinion
personnelle que les délégués ne pourraient que regretter de
ne pas utiliser cette dernière chance de compléter le
Protocole sur la biosécurité et encouragea les délégations
à assurer au GTSB-6 un mandat aussi souple que possible.
L'Autriche, au nom de l'UE, déclara que les discussions
du GTSB-5 ont aidé à identifier les questions clés à
débattre et à approfondir la compréhension de ces sujets
par les délégués. L'orateur déclara par ailleurs que la
dernière réunion doit attirer la plus large participation
possible. L'Argentine, au nom du Groupe Amérique Latine et
Caraïbes, déclara que les membres du Groupe ont contribué
et continueront à contribuer aux efforts visant
l'élaboration du Protocole. Comme cela semblait être la
dernière réunion du GTSB au Canada, il remercia le Canada,
le Québec et Montréal. Il remercia aussi le Secrétaire
Exécutif sortant, Calestous JUMA. Le Japon rendit hommage
au Président KOESTER et exprima ses souhaits concernant la
conclusion d'une entente sur la question de biosécurité.
Le Réseau Tiers-Monde, au nom d'un certain nombre d'ONG,
nota que ce processus a été au niveau du système
international, le processus plus ouvert à la participation
de la société civile. L'orateur déclara en outre que le
principal objectif du Protocole doit être la sécurité et
non le commerce et mit en exergue le principe de
précaution. Il réitéra l'appel pour un moratoire mondial
sur les mouvements transfrontières des OVM, en attendant la
mise en place du Protocole.
BioteCanada, au nom d'un consortium industriel
international, nota le soutien de l'industrie à la mise en
place d'un protocole permettant de s'assurer que les
mouvements transfrontières d'OVM n'aboutissent pas à des
effets adverses sur la conservation de la diversité
biologique. Le représentant déclara que les énergies
doivent se focaliser sur le domaine ou la recherche
scientifique démontrent des risques d'effets négatifs sur
la biodiversité. Il nota également le soutien de
l'industrie à l'aspect du renforcement des capacités. Il
ajouta que l'industrie attendait avec impatience la
poursuite du dialogue sur la biosécurité et qu'elle se
tenait prête à fournir l'information concernant le
développement des produits, les questions techniques et les
questions commerciales.
A la fin de la Plénière, un certain nombre de
délégations retracèrent leur travail avec le Secrétaire
Exécutif Calestous JUMA, et lui firent leurs adieux. Les
orateurs inclurent le Président du GTSB, KOESTER,
l'Autriche, au nom de l'UE, Antigua et Barboude,
l'Ethiopie, le Canada, les Philippines, l'Inde, la Zambie,
la Norvège, le Kenya, et Hamdallah ZIDANE du PNUE.
L'Ethiopie fit part de sa tristesse pour son départ mais se
félicita de son retour en Afrique. La Zambie, au nom du
Groupe Africain, fit part de sa préoccupation de voir sa
région perdre une autre voie dans les fora internationaux
de développement durable, compte tenu du récent départ de
Ruben OLEMBO, ancien Directeur Exécutif Adjoint du PNUE. Le
Secrétaire Exécutif, JUMA, déclara qu'il continuera à
contribuer au processus de la CDB et que le meilleur cadeau
d'adieu que les délégués du GTSB pouvaient lui offrir,
était de réussir l'achèvement du Protocole.
Le GTSB-5 clôtura ses travaux à 15h45.
BREVE ANALYSE DU GTSB-5
Au début de la réunion, le Président, Veit KOESTER,
décrivit l'objectif fondamental du GTSB-5: réduire chacun
des Articles à une seule option. A en juger par les
décisions finales, d'aucuns pourraient dire que cette
réunion est un succès; le texte est en effet 50% plus court
et semble renfermer une option unique pour chaque Article.
Mais, une évaluation plus rapprochée révèle que les options
sont encore là, sous forme de crochets. D'aucuns pourraient
critiquer ce trompe-l'il, mais le fait que les délégués
soient parvenus à condenser la multitude d'options et à
clarifier ainsi les choix qu'ils doivent faire, représente
un pas important dans le processus de négociation et
facilitera certainement les discussions dans les capitales,
d'ici février 1999. Il va sans dire que la procédure
culminera à Carthagène où les délégués ne disposeront ni
d'espace, ni de temps pour reformuler les options ou jouer
avec les crochets. Ils auront à faire des concessions
politiques sur les questions d'intérêt national et
régional, ayant des implications à la fois sur la
biodiversité et sur le commerce. Les tractations ont
commencé à faire surface au GTSB-5 et celles qu'on a vues
jusque là ne sont qu'un petit aperçu de ce qui les attend.
La Route Longue et Sinueuse: Les dynamiques au sein du
Groupe de Travail sur la Biosécurité ont donné lieu à une
gamme de groupes régionaux et d'intérêts et tout un
éventail de tactiques de négociations. Parmi ceux-ci, Miami
Plus, Valdivia, Cairns, G-77/Chine, GRULAC, GEOA, le Groupe
Africain, le Groupe Asiatique, les Pays d'Europe Centrale
et de l'Est, JUSCANZ, et l'industrie, ainsi qu'un nombre
croissant de spécialistes juridiques et de spécialistes du
commerce. L'avènement de ces groupes était en partie dû à
la poursuite des discussions au sein de certains groupes de
négociations traditionnels. Les divisions au sein du G-
77/Chine apparues dès le GTSB-3 ont continué jusqu'au GTSB-
5, tout comme les divergences entre le GRULAC et certains
pays du G-77/Chine et au sein du GRULAC, lui-même. Ces
divisions dans les rangs du monde en développement avec ses
différents niveaux de développement économique et de
capacité biotechnologique ne sont pas toujours très
nettement tracées et tendent à changer en fonction du sujet
examiné (e.g, renforcement des capacités, responsabilités,
informations confidentielles...). Les négociations à
Carthagène ne seront pas un simple échange entre deux
bords; une panoplie d'intérêts et d'exigences complique le
tableau des marchandages et l'analyse des concessions
mutuelles éventuelles.
Lors de cette réunion davantage de délégués ont exprimé
des positions absolutistes, du genre "mon Gouvernement ne
peut pas accepter...". Bien qu'étant certainement l'un des
éléments de positionnement, de telles formulations menacent
le niveau convenable de la négociation, comme reflété lors
de la dernière session Plénière où les délégués eurent à
débattre du point de savoir s'ils avaient "discuté" ou
"négocié" le sujet des "produits dérivés". Des rumeurs ont
circulé tout au long de la deuxième semaine concernant la
possibilité de retenir un certain nombre d'aspects des
pourparlers. Ces signes indiquent qu'on commence à enlever
les gants et que les fortes balles politiques commencent.
On ne sait pas encore cependant si les groupes sont
parvenus à se convaincre les uns les autres de leurs
intérêts mutuels à aboutir à une conclusion probante. Avec
certains affichant sur leurs boutons de revers "Pas de
Responsabilité, Pas de Protocole", et d'autres parlant
comme s'ils n'allaient pas être bénéficiaires majeurs du
Protocole, il est évident que le débat n'a pas été cadré en
termes de retombées bénéfiques mutuelles, sans parler des
solutions saillantes. Certains ont commencé à dire que le
document final sera en définitive un exercice de sauve-face
reflétant le plus petit dénominateur commun. Les nombreuses
réunions bilatérales tenues entre les groupes régionaux
ont, présume-t-on, permis aux délégués de parvenir à une
meilleure compréhension des besoins des uns et des autres
et du chemin qui reste à parcourir, mais les échanges au
sein des sous-groupes de travail n'ont pas donné
l'impression que les Parties en présence étaient prêtes à
bouger de leurs positions fermement déclarées.
Plusieurs délégués ont essayé de comparer le rythme des
délibérations à celles d'autres processus tels que la
négociation de la CDB et du Protocole de Kyoto. De cette
perspective, beaucoup affirment que le tempo et le taux de
libellés crochetés semblent être les mêmes. Une question
fondamentale reste toutefois posée, à savoir quelle
différence y aura-t-il entre une réunion finale d'une
semaine et une réunion finale de deux semaines. Beaucoup
devaient commenter les inconsistances et les irrégularités
que renferme le texte final du Protocole de Kyoto qui n'est
pas sans allusion à la tension entre achever le Protocole
dans les délais impartis et négocier un accord consistant
et cohérent. Le marchandage devra commencer dès le
démarrage, surtout que comme l'ont fait observer certains
délégués, les discussions superficielles ont toujours
tendance à s'étendre et à occuper la majeure partie du
temps alloué, avant qu'on en arrive aux concessions
cruciales. En dépit des affirmations de KOESTER au GTSB-4
que les négociations ont commencé, certains participants
affirment que le GTSB-5 n'a pas procédé à des négociations,
mais plutôt à une clarification des positions.
Destination Carthagène: Des progrès plus importants ont
été réalisés au GTSB-5 sur les procédures du Protocole que
sur les questions plus basiques de portée, responsabilité,
considérations socio-économiques et questions commerciales.
Avec l'avancement des discussions sur l'AIA et la
notification, des questions centrales ont émergé concernant
la répartition du fardeau et des responsabilités entre
importateurs et exportateurs. Mais l'envergure et les
implications d'un tel mécanisme constituent des sujets
centraux qui restent encore à définir. Les débats sur la
portée et sur les produits dérivés ont mis en lumière que
les délégués ont des points de vue largement différents sur
ce qu'ils doivent négocier. Alors que certains délégués ont
continué à affirmer que le Protocole n'avait pas de lien
avec la question du commerce international, ses
implications sur le transport des produits commerciaux et
sur la mise à disposition des informations ne sauraient
être ignorées. Bien que les discussions aient
principalement tourné autour de s'il fallait retenir ou
supprimer les articles relatifs à l'information non
confidentielle, au commerce avec les non-Parties et aux
liens avec d'autres accords, des questions plus larges
restent posées, comme par exemple la manière dont le
Protocole sera lié à l'OMC. Même les questions de
responsabilité, redressement et considérations socio-
économiques ont rapport avec les questions de commerce et
d'intérêts / pénalités économiques.
La disposition concernant la responsabilité et le
redressement a sans doute été la question la plus
chaudement débattue au GTSB-5. La responsabilité n'a pas
été jusque là un trait central de la plupart des accords
environnementaux multilatéraux et les Parties se sont
toujours appuyées sur la persuasion morale et la publicité
pour mettre en application les obligations. En dépit de
l'absence d'un précédent, la plupart des pays en
développement ont dès le début des négociations appuyé
l'insertion d'une telle disposition et au GTSB-5, leur
position se rapprocha du militantisme. Les délibérations
ont simplement aidé les pays industrialisés et les pays en
développement à consolider et à renforcer leurs positions
polarisées respectives. Bien qu'il y eût de pleines
discussions autour de ce sujet, les négociations ont été
minimales. Les deux bords avaient des raisons claires pour
justifier leur position. Les pays en développement mirent
en avant les incertitudes au niveau des risques et le
principe pollueur-payeur et le principe de précaution. Les
pays industrialisés ramenèrent leurs réticences à
l'encontre de la disposition de responsabilité à
l'incertitude posée par les risques, à l'importance
potentielle des préjudices et au manque de prévisibilité au
niveau des préjudices, et aux ambiguïtés qui entourent les
méthodes d'évaluation et de preuve des préjudices. L'une
des raisons pas toujours exprimées du caractère contentieux
de cette question pourrait être ses liens avec la question
du commerce international. Certains pays en développement
pensent qu'avec la prolifération des règles commerciales,
la possibilité pour les pays disposant de capacités
scientifiques et techniques limitées de refuser
l'importation de nouvelles technologies ou de nouveaux
produits, ne peut être que limitée. La prévision de
dispositions de responsabilité offrira une certaine
assurance qu'un redressement sera disponible au cas où la
technologie importée occasionnait des préjudices.
L'interconnexion entre le commerce et l'environnement
dans le Protocole fut un autre sujet polémique. Les
questions de commerce ont refait surface dans les
discussions sur divers Articles autres que ceux évidents,
entre autres l'Article 17 (Manipulation, Transport,
Emballage [et Etiquetage]) et l'Article 1 bis (Obligations
Générales). L'Article opportun publié par l'ex-Président
américain, Jimmy CARTER dans le New York Times (26 août
1998) souleva également le profil des questions de commerce
et parvint à créer dans les capitales nationales un nouvel
intérêt pour le GTSB. Comme pour la question de
Responsabilité, il y eut une négociation réelle minimale
sur la question du commerce. Des positions fermes furent
prises et une fissure claire apparut entre les pays
industrialisés et les pays en développement. Certains
délégués de pays en développement pensent que l'intérêt
porté au commerce international et le souhait d'ouvrir un
accès total aux marchés des économies en développement
constituent les seules motivations pouvant amener les pays
industrialisés à négocier ce Protocole. Quelques uns ont
même déclaré suspecter les pays industrialisés de tenter ce
Protocole pour ramener les non-Parties de l'OMC dans le
giron du régime du commerce international.
Les délégués devaient tout au long de la session
soulever des questions concernant le rôle du Protocole en
tant que mécanisme d'échanges d'informations permettant de
faciliter le biocommerce ou en tant qu'instrument visant à
réguler la sécurité au niveau du transport et à assurer une
application compatible avec le principe de précaution. Un
délégué s'est interrogé sur le point de savoir si le
Protocole devait simplement refléter le niveau actuel des
connaissances et les pratiques en matière de droit
international, ou s'il doit être un instrument plus
innovant capable de résoudre les inconnues futures et de
traiter toute une gamme de préoccupations économiques et
sociales. Ces différences fondamentales soulèvent la
question de savoir quelles motivations et quels leviers
peuvent être actionnés par les différents groupes. De
nombreux pays en développement ont intérêt à s'assurer du
renforcement des capacités et de ressources financières,
ainsi que de garanties de compensation à travers la
responsabilité et les considérations socio-économiques.
Pour plusieurs pays industrialisés, le point clé est de
forme négative. La nécessité que le mécanisme a créée ne
pose aucune contrainte indue sur le commerce, et que dans
certains cas le Protocole puisse même faciliter le
commerce, à travers un regain de confiance et la sécurité
dans le commerce des OVM. Rappelant les circonstances qui
entourent l'introduction du Protocole et son association
initiale avec la disposition de la CDB sur le partage des
avantages, d'aucuns se demandent de quel côté penche la
balance quant aux besoins et à l'intérêt d'avoir un
protocole.
La Biodiversité et Après: Tous les participants
reconnaissent que la réunion de Carthagène ne sera pas une
réunion facile et beaucoup se sont lancés dans des
conjectures quant à savoir quels seront les points de
compromis, que ce soit au niveau du Protocole lui-même ou à
travers d'éventuelles concessions dans la CDB ou d'autres
fora. Compte tenu de l'éventail des acteurs et de la gamme
des sujets, les contreparties ne sont pas aussi évidentes
qu'elles ne l'étaient à Kyoto où des pourcentages de points
de réduction d'émissions étaient à l'évidence l'objet des
marchandages.
Quelques délégués devaient noter qu'avec le texte
consolidé sorti du GTS-5, il sera plus facile pour les
capitales de digérer et d'assimiler pleinement les
implications du Protocole. En outre, dans la dernière
réunion, le niveau d'intérêt et d'autorité politique au
sein des délégations sera plus élevé et beaucoup
s'attendent à une présence accrue de ministères jusque là
pas très actifs. Considérant l'après-Protocole, certains
ont fait part de leur méditation quant à la manière dont
ils pourraient en tant qu'instrument exercer un impact
négatif sur la CDB. Un Protocole avec des dispositions
fortes peut accroître les coûts, en termes de temps et
d'argent, de la mise en uvre d'un régime juridique et peut
avoir un impact sur le nombre de pays disposés à le
ratifier. Un Protocole avec des dispositions plus faibles
et plus ambiguës risque de ne pas susciter l'intérêt pour
sa signature, mais pourrait ne pas gonfler l'enveloppe de
la conservation et de l'utilisation durables de la
biodiversité. Trouver un équilibre entre deux extrêmes sera
essentiel pour garantir un Protocole de Carthagène
convenant et engageant la majeure partie de la communauté
internationale.
A SUIVRE D'ICI LE GTSB-6
46ème CONFERENCE ANNUELLE DE L'ASSOCIATION DE LA
RECHERCHE EN PLANTES MEDICINALES: Cette réunion se tiendra
du 31 août au 3 septembre 1998 à Vienne en Autriche. Pour
plus d'informations, contacter: Dr. W. Kubelka, Institute
of Pharmacognosy, University of Vienna, Center of Pharmacy
14, A-1090 Vienna, Austria; tel: +43-1-31336-8067; fax:
+43-1-31336-772; e-mail: Pharmacognosy@univie.ac.at
XVème CONGRES GENERAL DE L'EUCARPIA: La réunion
"Genetics and Breeding for Crop Quality and Resistance" se
tiendra du 21 au 25 septembre 1998, à Viterbe, Italie. Pour
plus d'informations, contacter: Dr. Mario A. Pagnotta, XV
Eucarpia Congress, University of Tuscia, Via S.C. de
Lellis, 01100, Viterbo, Italy; fax: +39-761-357256; e-mail:
eucarpia@unitus.it; Internet:
http://www.unitus.it/confsem/eucarpia/eu.html
CONFERENCE SUR LES ORGANISMES GENETIQUEMENT MODIFIES
DANS LES HABITATS NORDIQUES - UTILISATION DURABLE OU PERTE
DE LA DIVERSITE: Cette conférence aura lieu les 1er et 2
octobre 1998, à Helsinki, Finlande. Pour plus
d'informations, contacter: Marja Ruohonen-Lehto; tel: +358-
9-4030-0541; e-mail: marja.ruohonen-lehto@vyh.fi
SECONDE CONFERENCE ANNUELLE DE LA BIOTECHNOLOGIE
EUROPEENNE: Cette conf�rence se tiendra du 27 au 30 octobre
1998 � Bruxelles, Belgique. Pour plus d'information,
contacter: EuropaBio, Avenue de l'Armee 6, B-1040 Brussels,
Belgium; tel: +32-2-735-0313; fax: +32-2-735-4960; e-mail:
mail@europa-bio.be; Internet: http://www.europa-bio.be
REUNION DU GROUPE D'EXPERTS SUR L'AGRO-BIODIVERSITE:
Cette r�union, sous l'�gide de la CDB, est provisoirement
programm�e pour octobre / novembre 1998. Pour plus
d'information, contacter:CBD Secretariat, World Trade Center, 393 St. Jacques
Street, Montreal, Quebec, Canada H2Y 1N9; tel: +1-514-288-
2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail: chm@biodiv.org;
Internet: http://www.biodiv.org
STRATEGIES ET TECHNOLOGIES DE CONSERVATION ET
D'UTILISATION DURABLES DE LA BIODIVERSITE DANS LES PAYSAGES
DE L'ASIE DE L'OUEST ET D'AFRIQUE DU NORD: Cette r�union se
tiendra du 7 au 12 novembre 1998 � Marsa Matrouh, Egypte.
Cet atelier international se focalisera sur les strat�gies
et les technologies de conservation et d'utilisation
durables de la diversit� biologique au Moyen Orient. Pour
plus d'informations, contacter: IPGRI-WANA/CA; Regional
Office, c/o ICARDA, P.O. Box 5466; Aleppo, Syria; e-mail:
g.ayad@cgnet.com
CHALLENGE DE LA BIO-INDUSTRIE: Cette r�union se
d�roulera du 10 au 12 novembre 1998, � Lyon en France. Pour
plus d'informations, contacter: Anthony Artuso; BIOTRADE
Initiative, University of Charleston, 66 George Street, Charleston, SC 29424 USA; tel: +1-843-
953-5825; fax: +1-843-953-8140; e-mail: artusoa@cofc.edu
SECONDE CONFERENCE ASIE-PACIFIQUE SUR LA BIOTECHNOLOGIE:
Cette r�union se tiendra du 23 au 27 novembre 1998 � Perth,
Australie occidentale. Cette conf�rence discutera de
l'application des nouvelles biotechnologies au domaine
scientifique de base et � la conservation. Pour plus
d'information, contacter: Biodiversity, Biotechnology &
Biobusiness, Congress West Pty. Ltd. PO Box 1248, West
Perth WA 6872, Australia; fax: +61-8-9322-17341; e-
mail:biodiversity@science.murdoch.edu.au
SIXIEME SESSION EXTRAORDINAIRE DE LA COMMISSION CHARGEE
DES RESSOURCES GENETIQUES POUR L'ALIMENTATION ET
L'AGRICULTURE: La Sixi�me Session Extraordinaire qui sera
consacr�e � la r�vision de l'Engagement International se
tiendra vers la fin de 1998 au si�ge de la FAO � Rome. Pour
plus d'information, contacter: FAO, Viale delle Terme di
Caracalla, 00100 Rome, Italy; tel: +39-6-52251; fax: +39-6-
52253152; Internet: http://www.fao.org ou
http://web.icppgr.fao.org
SIXIEME SESSION DU GROUPE DE TRAVAIL SPECIAL SUR LA
BIOSECURITE: Cette r�union est pr�vue du 14 au 19 f�vrier
1999 � Carthag�ne, Colombie. Pour plus d'information,
contacter: CBD Secretariat; World Trade Center, 393 St.
Jacques Street, Suite 300, Montreal, Quebec, Canada H2Y
1N9; tel: +1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail:
chm@biodiv.org; Internet: http://www.biodiv.org
REUNION EXTRAORDINAIRE DE LA CONFERENCE DES PARTIES DE
LA CONVENTION SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE: Cette r�union se
tiendra les 22 et 23 f�vrier 1999, � Carthag�ne, Colombie.
Pour plus d'informations, contacter le Secr�tariat de la
CDB.
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