Bulletin des Négociations de la Terre

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 Un service d'information sur les négociations en matière d'environnement et de développement

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Publié par L'Institut International du Développement Durable (IIDD)

Vol. 8 No. 34
Mercredi 28 Janvier 2004

LES FAITS MARQUANTS DE LA REUNION INTERREGIONALE DES PEID:

MARDI 27 JANVIER 2004

Le matin, les délégués se sont réunis en Plénière pour entendre les déclarations de ministres, chefs de délégation, Etats observateurs et chefs d'organisations. L'après-midi, les participants ont tenu deux groupes de discussions sur le thème de l'amélioration de la compétitivité et celui de la promotion de la diversité culturelle, du développement des industries culturelles et de l'habilitation des jeunes. Le comité de rédaction s'est réuni tout le long de la journée pour poursuivre ses délibérations autour du projet de texte de la Stratégie pour la Suite de la Mise en Œuvre du Plan d'action de la Barbade (PAB).

PLENIERE

Dans leur déclarations, plusieurs PEID ont réaffirmé leur engagement en faveur de la poursuite des efforts pour le développement durable, dans le cadre du BAB. Plusieurs délégués ont également souligné la nécessité, dans le domaine du développement durable, d'une approche intégrée englobant l'essor économique et social, engageant la société civile et établissant des plates-formes favorisant les partenariats. SAINTE LUCIE a fait part de son appui à l'idée du traitement des questions des PEID, dans le cadre du DAES. CUBA a souligné l'importance de l'intégration et de la coopération entre les PEID, et a appelé la Réunion Internationale à prendre des mesures concrètes, à cet égard.

Plusieurs intervenants ont traité de la vulnérabilité des PEID, dont la FAO, qui a fait état de la question de la sécurité alimentaire, appelant à l'insertion d'une référence explicite aux questions ayant trait à l'agriculture, dans les documents qui seront produits par la réunion. La FEDERATION INTERNATIONALE DES ASSOCIATIONS DE LA CROIX ROUGE ET DU CROISSANT ROUGE a souligné le besoin de traiter les causes sous-jacentes de la vulnérabilité et d'inclure des stratégies de réduction des risques dans les cadres de la planification du développement national.

Au sujet des questions environnementales, la BARBADE a appelé à la ratification du Protocole de Kyoto. La REPUBLIQUE DOMINICAINE a souligné la nécessité d'interdire le transit des navires transportant des substances toxiques ou radioactives, à travers les eaux territoriales des PEID. Le FORUM DES NATIONS UNIES SUR LES FORETS (FNUF) a plaidé pour la mise en application des programmes forestiers nationaux, et a encouragé la participation des PEID dans l'évaluation de l'arrangement international sur les forêts, qui sera entreprise par le FNUF en 2005. MADAGASCAR a souligné l'importance de la gestion rationnelle des ressources marines, de la protection de la biodiversité, et de l'amélioration de l'infrastructure des transports.

Au sujet du tourisme durable, le délégué des BAHAMAS a souligné l'importance de l'élaboration et de la mise en application de lois protégeant les ressources marines, du développement et de la mise en œuvre d'une gestion durable des terres et des ressources stratégiques, et de l'octroi d'une priorité à la planification de la gestion des littoraux.

Au sujet des SNND, la JAMAIQUE a mis en exergue l'importante contribution que ces stratégies ont apporté à l'éradication de la pauvreté, et a souligné que les PEID doivent poursuivre leurs échanges d'expériences et doivent élaborer des mécanismes appropriés pour le renforcement des partenariats à tous les niveaux. Le délégué des ILES SALOMON a déclaré que sa stratégie nationale de réforme économique, formulée avec les donateurs, a aidé à l'établissement de l'ordre civil et au traitement des objectifs du PAB.

Au sujet de la mise en œuvre régionale, la BARBADE a appelé à l'établissement d'une organisation des PEID des Caraïbes, chargée de la mise en œuvre régionale. Reconnaissant le fardeau que les obligations internationales font peser sur les ressources limitées des PEID, le CANADA a recommandé aux PEID, d'accroître les pools intra-régionaux de capacités techniques pour la mise en œuvre des initiatives régionales de gestion et de développement et d'établir des centres régionaux. Le délégué a suggéré également aux organisations autochtones régionales de s'approprier le PAB et d'agir en guise d'agence d'exécution.

Au sujet du développement humain, plusieurs pays ont souligné la nécessité de créer des opportunités pour les jeunes. L'UNESCO a donné un aperçu sur ses activités ayant rapport avec les PEID, qui englobent le renforcement de la participation des jeunes. SAINTE LUCIE a souligné que l'équité, la sécurité, la liberté et les droits humains sont des composantes indispensables au développement humain. MADAGASCAR a souligné la nécessité d'établir des universités et des centres d'excellence, et de la formation dans le domaine des technologies de l'information et des outils de communication.

Au sujet des thèmes émergeants, FIDJI, la GUYANE et d'autres ont déclaré qu'ils accordent une priorité au traitement du problème de VIH/SIDA. Le délégué de SAINT KITTS ET NEVIS a expliqué la manière dont le VIH/SIDA entrave le développement durable, précisant: que les femmes en sont affectées de manière disproportionnée; que les personnes infectées se trouvent souvent aux périodes les plus productives de leur vie; et que des ressources limitées sont allouées au traitement du VIH.

Au sujet du commerce international et de la mondialisation, plusieurs PEID ont mis l'accent sur le besoin d'un traitement particulier différencié. La GUYANE a affirmé que la mondialisation a accru les difficultés auxquelles les PEID se trouvent confrontés et, avec la REPUBLIQUE DOMINICAINE, a appelé à l'élimination des subventions agricoles et des barrières entravant l'exportation des produits des PEID. La BARBADE a appelé à l'évaluation des capacités des PEID à faire face aux défis de la mondialisation. Exprimant son appui à l'idée d'un traitement préférentiel en faveur des PEID, la CNUCED a parlé de son rôle dans l'encouragement de la Banque Mondiale à appliquer des conditions d'exception au profit des PEID, en matière de prêts. Le CAP-VERT a appelé à un traitement des défis posés au développement des PEID les moins avancés, et à l'utilisation de l'indice de vulnérabilité économique pour la détermination du statut de PMA des PEID. Le délégué des ETATS-UNIS a souligné l'importance d'une progression avec l'agenda de Doha, et la valeur des partenariats avec le secteur privé pour l'avancement du développement durable.

Au sujet de l'aide financière, plusieurs PEID ont fait état du déclin des niveaux de l'aide publique au développement (APD) et ont encouragé la fourniture de ressources nouvelles et supplémentaires. La BARBADE a souligné la nécessité pour les PEID de développer des manières de résistance nouvelles et innovantes. Le FNUF a indiqué que les pays ont besoin doivent être soutenus dans la concrétisation des ODM.

GROUPES DE DISCUSSIONS

AMELIORATION DE LA COMPETITIVITE: LE COMMERCE, LES FINANCES, L'ENTREPRENARIAT ET LE PARTENARIAT: Le modérateur, Dennis Pantin, de l'Université de West Indies, a parlé des effets économiques et sociaux dramatiques découlant de la perte de l'accès aux marchés à des conditions préférentielles, et a encouragé les panélistes à traiter des manières dont les PEID pourraient s'adapter à la libéralisation du commerce international.

Achad Bhuglah, Ile Maurice, a souligné que le manque de ressources humaines et financières empêche les PEID de participer efficacement dans les négociations sur le commerce international. Il a suggéré que les PEID propose à l'OMC de leur accorder, compte tenu de la "petite taille de leurs économies," un statut spécial et un traitement préférentiel, et de les exempter de la réglementation appliquée aux subventions.

Ha’aunga Petelo, Tonga, a recommandé une amélioration des capacités de résistance des PEID, à la libéralisation du commerce mondial, à travers la diversification de leurs productions et la création de créneaux spécialisés.

Luis Fonseca, Cap Vert, a parlé de la graduation utilisée dans la désignation des PEID les moins avancés, soulignant que les caractéristiques économiques intrinsèques et la vulnérabilité environnementales doivent être prise en considération de manière plus importante.

Bishnodat Persaud, de la Caribbean Regional Negotiating Machinery, a souligné la nécessité de se focaliser davantage sur le commerce et l'investissement et moins sur l'environnement, de raviver les négociations du Round de Doha et de l'Accord des Amériques sur le Libre Echange, de chercher à obtenir un traitement spécial et des conditions préférentielles pour les PEID, et d'accroître les flux de l'investissement.

Pierre Encontre, CNUCED, a souligné que les PEID ne parviendraient à obtenir un traitement spécial que si la crédibilité de leur statut de PEID moins avancés, est soutenu par des critères précis. Il a indiqué que les PEID devraient chercher à obtenir un traitement spécial, entre autres, dans les domaines de l'accès aux marchés à des conditions préférentielles, des incitations financières, et de la règle de graduation. Il a mis en garde, toutefois, contre la prolifération des catégories et des requêtes.

Jocelyn Dow, une représentante de la société civile, a déclaré que les PEID devraient passer par les partenariats, pour attirer l'APD. Elle a recommandé l'établissement de centres d'excellence et de recherche et développement, et a mis en exergue le rôle fondamental de la réforme institutionnelle.

Discussion: Les participants ont débattu, entre autres: des conclusions de l'étude menée par le Secrétariat du Commonwealth et la CNUCED, sur les coûts de l'entreprise dans les petits Etats; de l'importance du d�veloppement du secteur priv�; de la n�cessit� d'un traitement pr�f�rentiel des PEID au sein de l'OMC; du besoin d'�laborer une strat�gie pour la lev�e des barri�res commerciales; de la n�cessit�, pour les diverses organisations multilat�rales, de suivre l'exemple de la Banque Mondiale dans ses politiques de pr�t � concession au profit des PEID; et, de la valeur de la mention du classement des PEID dans les d�clarations politiques.

DIVERSITE CULTURELLE, DEVELOPPEMENT DES INDUSTRIES CULTURELLES ET HABILITATION DES JEUNES: La mod�ratrice Hilary Brown, du CARIFORUM Cultural Support Fund, a mis en relief le r�le de la culture dans le d�veloppement durable et l'imp�ratif d'int�grer cette dimension dans la mise en application du PAB. Elle a �galement mis en exergue le r�le important des gouvernements dans la protection de la diversit� culturelle, en particulier, face � la mondialisation, � la lib�ralisation et � l'�volution technologique.

Michael Witter, de l'Universit� de West Indies, a d�clar� que les industries culturelles offrent aux PEID une chance d'�largir leurs sources de revenus ext�rieurs et leurs march�s, et a soulign� l'imp�ratif, pour les gouvernements, de promouvoir les industries culturelles et la coop�ration PEID-PEID.

Patricia Ramsey, de l'Universit� Technologique de la Jama�que, a soulign� le besoin de renforcer le capital social des PEID, de montrer la cr�ativit� du savoir local, et d'int�grer les avantages socio�conomiques tir�s du d�veloppement culturel. Elle a appel� � l'�tablissement de centres culturels r�gionaux, � la formation et � l'assistance technique, et � une collaboration avec les communaut�s locales.

Verna Barnett, de l'UNESCO, a d�crit les projets de l'UNESCO en cours dans cinq pays des Cara�bes, ax�s sur l'habilitation des jeunes et sur la protection de la diversit� culturelle. Elle a indiqu� que les PEID doivent reconna�tre le r�le des jeunes, leur habilitation et leur d�veloppement, dans les conclusions de la R�union Internationale.

Moelagi Jackson, Samoa, a mis l'accent sur la n�cessit� d'approches holistes pour la promotion de la diversit� culturelle et des industries qui s'y rapportent, incluant: le financement du suivi, de la recherche et des recommandations portant sur la culture; l'�dification de capacit� de r�sistance dans les domaines de la sant�, de la jeunesse, des finances, et de la culture; la promotion des femmes et des jeunes; et la promotion de l'�cotourisme culturel.

Le D�bat: Les participants ont d�battu de plusieurs questions et, notamment: de l'utilisation des �v�nements sportifs et des personnalit�s du monde des sports pour la promotion du d�veloppement durable; de l'�laboration d'un m�canisme pour aider les populations des PEID � payer les droits d'auteurs pour la protection de leur patrimoine culturel; et de l'utilisation de la culture, en guise d'outil de d�veloppement � long terme.

COMITE DE REDACTION

Dans le comit� de r�daction, les d�l�gu�s se sont r�unis tout le long de la journ�e pour poursuivre leurs travaux sur le projet de texte de la Strat�gie pour la Suite de la Mise en �uvre du PAB. Le projet de texte de la Strat�gie suit l'ordre des chapitres figurant dans le PAB, mais n'expose de nouveau les probl�mes pos�s � l'�valuation du d�veloppement durable des PEID. En revanche, il identifie des th�mes nouveaux et �mergeants qui ont fait surface depuis 1994 et qui continuent � entraver la mise en application du PAB. Les d�l�gu�s ont rapport� que le comit� est en train d'accomplir des progr�s importants et ont soulign� l'esprit de coop�ration qui anime les diverses d�l�gations qui visent � produire un document fort, tourn� vers l'action, et � le soumettre � la Pl�ni�re, pour consid�ration, jeudi et vendredi. D�s le mardi soir, un accord a �t� atteint sur l'introduction et sur les libell�s consacr�s aux questions des changements climatiques, des catastrophes naturelles, de la gestion des d�chets, des ressources c�ti�res et marines, de l'eau douce, des ressources en terre et de l'�nergie.

DANS LES COULOIRS

Le Pr�sident Bethel a ouvert les groupes de discussions en faisant remarquer qu'au cours de la journ�e pr�c�dente les pan�listes �taient "trop �loign�s" des participants. Bien qu'il ait voulu dire que les pan�listes �taient physiquement plac�s trop loin des participants du parterre, plusieurs d�l�gu�s ont signal� que les d�bats des groupes de discussions sont d�tach�s des conclusions politiques de fond qui devraient, � leur sens, �tre envoy�es � r�union pr�paratoire internationale. Nombre de participants ont indiqu� que si les groupes de discussions ont soulev� des questions importantes, ils n'ont pas encore servi � identifier et � distiller les principales pr�occupations des PEID. Avec nombre d'ambassadeurs, de ministres et de responsables de haut rang, plusieurs d�l�gu�s ont d�plor� l'absence d'opportunit� pour ces hauts repr�sentants, de se r�unir dans un cadre interactif officiel, pour s'accorder sur les besoins et les priorit�s des PEID. Dans l'intervalle, plusieurs d�l�gu�s se disent satisfaits des progr�s accomplis par les comit�s de r�daction, qui ont, d�s mardi soir, achev� l'examen de sept chapitres du PAB.

A SUIVRE AUJOURD'HUI

PLENIERE: Les d�l�gu�s se r�uniront en Pl�ni�re, de 9h � 11h, pour entendre les d�clarations des ministres, chefs de d�l�gation des PEID, Etats observateurs et autres chefs d'organisations.

GROUPE DE DISCUSSIONS: Le groupe de discussion sur le th�me "Vers des soci�t�s bas�es sur l'information: renforcement des capacit�s pour une application plus efficace des sciences et technologies des PEID," aura lieu � partir de 11h. Le Groupe de discussion sur le th�me "Edification des capacit�s de r�sistance: strat�gies pour le d�passement des risques, des incertitudes et de la vuln�rabilit� des PEID" se tiendra � partir de 14h, et sera suivi par une session consacr�e � la synth�se des discussions.

COMITE DE REDACTION: Le Comit� de r�daction se r�unira tout au long de la journ�e pour poursuivre les d�lib�rations autour du projet de texte de la Strat�gie.

ATELIERS-SEMINAIRES: Organis�s par le PNUD et la Smithsonian Institution, l'atelier sur le th�me "Comment identifier et d�velopper des aptitudes en mati�re d'entreprise" se tiendra de 10h � 13h, et l'atelier sur le th�me "Comment renforcer des capacit�s pour la r�alisation des ODM," aura lieu de 15h � 18h. Les deux ateliers se d�rouleront dans la Salle Arawak B.  

Ce num�ro du Bulletin des N�gociations de la Terre � enb@iisd.org a �t� r�dig� par Alice Bisiaux alice@iisd.org; Lauren Flejzor lauren@iisd.org; Prisna Nuengsigkapian prisna@iisd.org; Richard Sherman rsherman@iisd.org et Hugh Wilkins hugh@iisd.org. Edition num�rique: Leila Mead leila@iisd.org. Version fran�aise: Mongi Gadhoum mongi@iisd.org. Editrice en chef: Pamela S. Chasek, Ph.D. pam@iisd.org. Directeur du Service Information: Langston James Goree VI kimo@iisd.org. Les principaux bailleurs de fonds du Bulletin sont: Le gouvernement des Etats-Unis (� travers le Bureau des oc�ans et des affaires environnementales et scientifiques internationales du d�partement d'Etat am�ricain), le gouvernement du Canada (� travers l'ACDI, DFAIT et Environnement Canada), l'agence suisse de l'environnement, des for�ts et des paysage (SAEFL), le Royaume-Uni (� travers le DFID et DEFRA), le minist�re danois des affaires �trang�res, et le gouvernement allemand (� travers les minist�res de l'environnement (BMU) et de la coop�ration pour le d�veloppement (BMZ)). Un soutien g�n�ral a �t� accord� au Bulletin, au titre de l'exercice 2004, par: le PNUE, le gouvernement australien, le minist�re f�d�ral autrichien de l'agriculture, des for�ts, de l'environnement et de la gestion des eaux, les minist�res su�dois de l'environnement et des affaires �trang�res, le minist�re danois des affaires �trang�res, Swan International, le minist�re nippon de l'environnement (� travers l'IGES), le Minist�re nippon de l'�conomie, du commerce et de l'industrie (� travers GISPRI). La version fran�aise est financ�e par le minist�re fran�ais des affaires �trang�res et l'IEPF/OIF. Les opinions exprim�es dans le Bulletin appartiennent � leurs auteurs et ne refl�tent pas n�cessairement les vues de l'IIDD et des bailleurs de fonds. Des extraits du Bulletin peuvent �tre utilis�s uniquement dans des publications non commerciales moyennant une citation appropri�e. Pour tous renseignement, y compris les demandes de couverture d'�v�nements par nos services, contacter le Directeur du Service d'Information de l'IIDD, � kimo@iisd.org, +1-212-644-0217 or 212 East 47th St. #21F, New York, NY 10017, USA.

Cette page a �t� t�l�charg�e le 01/29/2004