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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 05 No. 193
Lundi 12 Mai 2003
RESUME DE LA ONZIEME SESSION DE LA
COMMISSION DU DEVELOPPEMENT DURABLE:
28 AVRIL – 9 MAI 2003
La onzième session de la Commission du
Développement Durable (CDD-11) s'est déroulée du 28 avril au 9
mai 2003, au siège des Nations Unies, à New York. Se
réunissant pour sa première session de fond depuis le Sommet
Mondial pour le Développement Durable (SMDD), tenu à
Johannesburg en 2002, la Commission devait entamer ses travaux
par une réunion de haut niveau, étalée sur trois jours, au
cours desquels plus de 40 représentants de haut rang au niveau
ministériel ont traité des modalités et du programme de
travail, futurs de la CDD, et ont tenu des tables rondes
ministérielles interactives, avec la participation des
Principaux Groupes Sociaux, sur le thème "des engagements
d'action prioritaires pour la mise en œuvre des résultats du
SMDD." Des forums Régionaux consacrés au thème de la mise en
application devaient également être organisés pour édifier les
délégués sur des démarches initiales entreprises par chacune
des régions des Nations Unies dans le domaine de la mise en
œuvre des conclusions du SMDD.
A la fin de la première semaine, le
Président de la CDD-11, Mohammed Valli Moosa, Ministre
Sud-Africain des Affaires Environnementales et du Tourisme, a
présenté un projet de décision du Président concernant
l'organisation, le programme et les méthodes de travail,
futurs de la Commission, qui devait être négocié durant la
deuxième semaine. Les Principaux Groupes Sociaux ont également
présenté leurs points de vue au sujet du programme de travail
futur de la CDD, au cours de la séance consacrée au dialogue
avec l'ensemble des parties prenantes tenues à la fin de la
première semaine. Au cours de la deuxième semaine, les
délégués devaient procéder à l'examen puis à l'adoption de
décisions concernant l'accréditation des ONG, le Bureau, et
les préparatifs de la réunion internationale consacrée à
l'évaluation de la mise en œuvre du Programme d'Action de la
Barbade pour le développement durable des Petits Etats
Insulaires en Développement (PEID). Une Foire aux Partenariats
et des cours prodigués par un Centre d'Apprentissage, ont été
organisés en concomitance avec la session.
La CDD-11 conclut ses travaux par
l'adoption du Programme de Travail pluriannuel de la CDD
couvrant la période 2004-2017, qui sera organisé en une série
de Cycles biennaux de Mise en Œuvre orientés vers l'action,
chacun d'entre eux étant assorti d'une Session d'Evaluation et
d'une Session consacrée à la Revue des Politiques mis en
place. Chacun de ces cycles biennaux est sensé procéder à un
ensemble de sujets thématiques, et à une suite de thèmes
transversaux. Le premier d'entre eux, celui retenu pour
l'exercice biennal 2004/ 2005, sera axé sur les questions de
l'eau, de l'assainissement et des établissements humains. La
CDD a également adopté des décisions concernant les modalités
devant encadrer l'élaboration des rapports, la mise en place
des partenariats, et l'amélioration de la coordination au sein
du système des Nations Unis et de la contribution des
Principaux Groupes Sociaux. La CDD-11 approchant la fin de ses
travaux, la majeure partie des délégués a estimé que
l'occasion offerte pour la revitalisation de la CDD n'a pas
été perdue. Dans le cadre de son mandat quelque peu modeste,
la CDD-11 s'est acquittée de ses tâches. Reste à voir,
cependant, comment la nouvelle structure se prendra pour
l'exécution et l'inspiration de la mise en œuvre du
développement durable.
BREF HISTORIQUE DE LA CDD
La Commission du Développement Durable (CDD)
a émergé du Plan d'Action 21, le programme d'action adopté par
la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le
Développement (CNUED), en juin 1992. Le Plan d'Action 21
appela à la création de la CDD en vue de s'assurer du suivi
efficace de la CNUED, d'améliorer la coopération
internationale, et d'examiner les progrès réalisés dans la
mise en application du Plan d'Action 21 aux niveaux, local,
national, régional et international. En 1992, la 47ème session
de l'Assemblée Générale des Nations Unies (AGNU) établit, dans
la résolution 47/ 191, le champ d'exercice de la CDD et sa
composition, les lignes directrices devant encadrer la
participation des Principaux Groupes Sociaux, l'organisation
des travaux, ses liens avec les autres organes des Nations
Unies, et les arrangements régissant le Secrétariat. La CDD
tint sa première session de fond en juin 1993 et continua,
depuis, de se réunir une fois tous les ans.
LA SE/AGNU-19: En juin 1997, cinq ans
après la CNUED, la dix-neuvième session extraordinaire de
l'Assemblée Générale de l'ONU (SE/AGNU-19) se tint pour
l'évaluation de la mise en œuvre du Plan d'Action 21. Les
négociations produisirent le Programme de la Suite de la Mise
en Œuvre du Plan d'action 21. Parmi les décisions adoptées à
la SE/AGNU: un programme de travail quinquennal de la CDD qui
identifiait les thèmes sectoriels et intersectoriels et ceux
relatifs au secteur économique et aux principaux groupes
sociaux, fixés pour les quatre sessions à venir de la CDD.
L'AGNU-55: Le 20 décembre 2000,
l'Assemblée Générale adopta la résolution 55/199 concernant la
revue décennale des progrès accomplis dans la mise en
application des conclusions de la CNUED. Dans sa résolution,
l'Assemblée Générale décide d'organiser une revue décennale de
la CNUED, en 2002, au niveau du sommet, dans l'objectif de
revigorer l'engagement mondial en faveur du développement
durable. L'Assemblée Générale accepta l'offre de l'Afrique du
Sud d'accueillir le Sommet, qui fut baptisé Sommet Monial pour
le Développement Durable (SMDD). La résolution décidait, entre
autres, que la CDD-10 devait servir de Comité Préparatoire à
composition non-limitée (PrepCom) du Sommet.
LE PROCESSUS PREPARATOIRE DU SMDD:
Quatre sessions de la CDD-10 furent tenues entre avril 2001 et
juin 2002. Présidé par Emil Salim (Indonésie), le PrepCom mena
une étude d'évaluation exhaustive des progrès réalisés dans la
mise en application du Plan d'Action 21. Au PrepCom IV, tenu à
Bali, en Indonésie, du 27 mai au 7 juin 2002, un projet de
Plan de Mise en Œuvre était négocié et transmis au Sommet pour
y poursuivre sa négociation. Le PrepCom de Bali produisit
également un document non-négocié contenant les lignes
directrices, connues sous l'appellation de 'Principes
Directeurs de Bali', devant encadrer la mise en place des
partenariats volontaires – ou les résultats de "Type II".
LE SMDD: Le Sommet Mondial pour le
Développement Durable se réunit du 26 août au 4 septembre
2002, à Johannesburg, en Afrique du Sud, mettant en présence
plus de 21.000 participants issus de 191 organisations
gouvernementales, intergouvernementales et non
gouvernementales, du secteur privé, de la société civile, et
des communautés académique et scientifique. Le SMDD procéda à
la négociation et à l'adoption de deux documents principaux:
le Plan de Mise en Application de Johannesburg (PMAJ) et la
Déclaration de Johannesburg consacrée au Développement
Durable. Plus de 200 partenariats/ initiatives de
développement durable visant la mise en œuvre du Plan d'Action
21 furent lancés, en complément des engagements agréés par les
gouvernements à travers le processus intergouvernemental.
D'autres partenariats ont été lancés depuis le SMDD.
Le PMAJ est conçu comme étant un
cadre d'action devant servir à la mise en application des
engagements de la CNUED et englobe, à ce titre, nombre de
nouveaux accords. Il contient des chapitres consacrés aux
problématiques de l'éradication de la pauvreté, des modes de
consommation et de production, des ressources naturelles de
base, de la mondialisation, de la santé, des PEID, de
l'Afrique, de différentes initiatives régionales, des moyens
d'exécution et du cadre institutionnel.
Le Chapitre XI consacré au thème du Cadre
Institutionnel du Développement Durable comprend une section
décrivant le rôle et la fonction de la CDD. Elle appelle à
l'amélioration du rôle de la CDD et stipule que la Commission
se doit de procéder à l'évaluation des progrès réalisés et à
la promotion de la mise en application du Plan d'Action 21; de
traiter des nouveaux défis; de se focaliser sur les actions
ayant rapport avec la mise en œuvre du Plan d'Action 21; et de
servir de point focal pour la discussion des partenariats.
Elle donne à la Commission la directive de traiter des
modalités pratiques devant régir son programme de travail, à
sa prochaine session.
L'AGNU-57: En février 2003, l'AGNU
adopta la résolution 57/ 253 avalisant la Déclaration de
Johannesburg pour le Développement Durable et le Plan de Mise
en Application de Johannesburg, et entérinant le développement
durable comme étant l'élément clé du cadre global des
activités des Nations Unies, en particulier, pour la
concrétisation des objectifs de développement approuvés à
l'échelle internationale, y compris ceux figurant dans la
Déclaration du Millénaire des Nations Unies. La résolution
demandait à l'ECOSOC de s'assurer que la CDD tiendra une
réunion organisationnelle en janvier 2003 et sa session de
fond, en avril/mai 2003. Elle requérait également du
Secrétaire Général, l'élaboration d'un rapport comprenant les
propositions concernant les modalités devant encadrer les
travaux futurs de la Commission, en tenant compte des
décisions figurant dans le PMAJ.
LA SESSION ORGANISATIONNELLE DE LA CDD-11:
La CDD-11 tint sa session organisationnelle le 27 janvier
2003, au siège des Nations Unies, pour y procéder à l'élection
du nouveau Bureau. Le Ministre Sud-Africain des Affaires
Environnementales et du Tourisme, Mohammed Valli Moosa, fut
élu Président de la CDD-11, et, Nadine Gouzée (Belgique),
Bruno Stagno (Costa Rica), Irena Zubcevic (Croatie) et Hossein
Moeini (Iran) furent élus Vice-Présidents.
LES CONSULTATIONS OFFICIEUSES DE LA CDD-11:
Des concertations officieuses entrant dans le cadre des
préparatifs de la CSD-11 eurent lieu les 24 et 25 février et
du 24 au 26 mais 2003, au siège des Nations Unies. L'objectif
de ses consultations était d'entendre les points de vue
initiaux des délégations concernant le programme de travail
futur de la CDD, et de permettre la conduite de discussions
informelles autour du rapport du Secrétaire Général concernant
le Suivi de Johannesburg et le Rôle Futur de la CDD – Voie de
la Mise en Œuvre (E/CN.17/2003/2). Le rapport contient une
gamme de propositions couvrant divers aspects des futurs
travaux de la Commission, y compris le programme de travail
pluriannuel de la CDD; la sélection des thèmes devant être
abordés dans les futures sessions de la CDD; l'engagement
politique de haut niveau dans le processus de la CDD; et la
transformation des Groupes de Travail Spéciaux Intérimaires de
la CDD. Il suggère également des voies permettant l'engagement
des Principaux Groupes Sociaux, et des moyens d'améliorer les
contributions des communautés scientifique et éducationnelle,
et recommande la mise en place d'arrangements permettant à la
Commission de servir de point focal pour la question des
partenariats.
COMPTE RENDU DE LA CDD-11
Le Président de la CDD-11, Mohammed Valli
Moosa, Ministre Sud-Africain des Affaires Environnementales et
du Tourisme, ouvrit la CDD-11 dans la matinée du lundi 28
avril, en rappelant aux délégués que leur tâche consistait à
décider des modalités et du programme de travail futur de la
Commission. Attirant l'attention sur les promesses faites lors
du Sommet Mondial pour le Développement Durable (SMDD),
l'orateur affirma que les problèmes tels que ceux du
réchauffement de la planète, de la faim et des fléaux doivent
être traités avec la "même vigueur dont certains ont récemment
fait montre sur le front militaire.". Il mit en exergue, à cet
égard, l'approche multilatérale comme étant "la seule solution
réelle" pour la réalisation du développement durable.
Le Sous-secrétaire Général de l'ONU, chargé
des Affaires Economiques et Sociales, Nitin Desai, déclara que
les participants se devaient de se pencher sur la manière
d'apporter un soutien concret à la mise en application des
engagements pris au SMDD. Faisant état de la présence, à la
CSD-11, de nombre de ministres et autres représentants de haut
niveau des gouvernements et des Principaux Groupes Sociaux, il
indiqua que cette réunion offrait l'occasion idéale d'ouvrir
une voie claire pour la mise en œuvre des objectifs de
développement durable, précédemment approuvés.
Le Directeur Exécutif du PNUE, Klaus Töpfer,
mit en relief la coordination du travail du PNUE avec celui
des autres organes des Nations Unies, comme étant une
considération cruciale pour le PNUE, et attira l'attention sur
les décisions prises à la 22ème session du Conseil
d'Administration du PNUE, tenue en février 2003, pour
l'intégration des résultats du SMDD dans le programme de
travail du PNUE.
Après les déclarations d'ouverture, les
délégués adoptèrent l'ordre du jour et approuvèrent le
calendrier des travaux de la session (E/ CN.17/ 2003/1).
LA REUNION DE HAUT NIVEAU
La CDD-11 commença par une réunion
ministérielle de haut niveau de trois jours (du 28 au 30 avril),
au cours de laquelle les ministres devaient procéder à
l'examen des modalités et du programme de travail, futurs de
la CDD, et engager une série de tables rondes ministérielles
interactives, avec la participation des Principaux Groupes
Sociaux, sur le thème des "actions et des engagements
prioritaires pour la mise en œuvre des résultats du SMDD." Des
forums consacrés à la mise en œuvre au niveau régional eurent
également lieu les mardi 29 et mercredi 30 avril, pour
informer les délégués des mesures initiales prises par chacune
des régions en vue de la mise en application des conclusions
du SMDD, et des arrangements mis en place pour la coopération
régionale ou sous-régionale.
LES DECLARATIONS MINISTERIELLES:
Plusieurs orateurs plaidèrent pour un programme de travail
pratique et souple pour la CDD, et soulignèrent la nécessité
pour son travail de se focaliser sur la mise en application.
Plusieurs délégués devaient souligner également l'importance
de la coordination inter-agences, et du suivi des progrès
réalisés dans la mise en application des engagements.
Soulignant que le programme de travail doit se focaliser sur
la mise en œuvre des conclusions du SMDD, le Maroc,
intervenant au nom du G-77/Chine, souhaita voir le cycle
biennal proposé dans le rapport du Secrétaire Général
(E/CN.17/2003/2) être structuré d'une manière simple, efficace
et efficiente, et éviter la prolifération des réunions.
L'orateur indiqua que la première année devait être consacrée
à l'évaluation de l'état d'avancement de la mise en exécution
des engagements, en vue d'identifier les contraintes et les
obstacles.
La Grèce, au nom de l'UE, souhaita voir la
structure du cycle de travail biennal, simplifiée. La
représentante encouragea par ailleurs l'adoption d'un
programme de travail souple, permettant le traitement des
thèmes émergeants, et nota le fait que l'UE ait une préférence
pour la troisième option présentée dans le rapport du
Secrétaire Général. Cette option propose que la CDD-11
sélectionne un ou deux larges domaines pour chacun des quatre
ou cinq prochains cycles biennaux, et qu'un domaine
supplémentaire pour le prochain cycle soit déterminé au cours
des sessions futures. Nombre de délégations se déclarèrent
aussi en faveur de cette option, affirmant qu'elle offrait
tout à la fois, prédictibilité et souplesse.
Au sujet de l'étendue de la planification
nécessaire au programme de travail, le Sénégal indiqua que le
programme pouvait porter sur les trois cycles à venir (soit
sur six ans). Le Luxembourg préféra le voir établi pour les
six prochains cycles Plusieurs ministres apportèrent leur
appui à l'idée d'avoir un programme de travail souple, et
s'accordèrent pour dire que le nombre de thèmes devant être
traités dans chaque cycle devait être limité.
Au sujet de la sélection des thèmes devant
être soumis à la considération de la Commission, de nombreux
délégués mirent en garde contre le risque de surcharger le
programme de travail futur de sujets à examiner. L'Australie,
le Canada, la Suisse et les Etats-Unis suggérèrent de se
focaliser sur un thème pendant le cycle biennal. Plusieurs
délégués plaidèrent pour la sélection de thèmes ne disposant
pas de foyer institutionnel clair au sein du système des
Nations Unies. La Fédération de Russie déclara que la
Commission pouvait envisager aussi des thèmes non abordés
récemment par la CDD. Le Japon et plusieurs autres orateurs
apportèrent leur appui au thème de l'eau douce, présenté comme
étant une priorité pour le programme de travail futur. L'UE,
avec d'autres pays, identifia aussi l'énergie comme étant un
autre thème méritant une prise en considération prioritaire.
La Norvège mentionna les modes durables de consommation et de
production comme étant un autre thème important, et le
Danemark proposa de traiter chacun des sujets à travers les
thèmes transversaux de l'éradication de la pauvreté, de
l'égalité des sexes, et des modes durables de consommation et
de production. Le Portugal proposa d'accorder une priorité à
l'eau et l'assainissement et aux océans. L'Ile Maurice, au nom
de l'Alliance des Petits Etats Insulaires (AOSIS), souhaita
voir une attention particulière être accordée aux PEID. Le
délégué des Iles Marshall, au nom des PEID, encouragea
l'octroi d'une haute priorité à la question des changements
climatiques.
L'Inde suggéra que les 22 secteurs abordés
dans le Plan d'Action 21 soient regroupés en cinq cycles
biennaux, et, avec l'Indonésie, indiqua que le dernier de ces
cycles devait être consacré à l'évaluation de la mise en
application générale. La Suisse et le Gabon mirent en exergue
le thème de la santé, et la Finlande mentionna
l'assainissement. Le Sénégal, le Malawi et les Pays-Bas
indiquèrent que la CDD se devait d'accorder une attention
particulière aux problèmes africains, et la Libye mit en
relief le besoin de traiter des priorités du Nouveau
Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD).
L'Egypte exhorta la CDD à accorder une priorité aux pays en
développement, et la Syrie et le Malawi mirent l'accent sur
les ressources financières, le renforcement des capacités et
le transfert des technologies. L'Allemagne souligna le rôle de
l'énergie renouvelable dans la réduction de la pauvreté.
Au sujet des futurs arrangements
organisationnels de la CDD, plusieurs pays soulignèrent
l'importance de la mise en application régionale. Le
Tadjikistan appuya la tenue de forums consacrés à la mise en
œuvre régionale et à l'amélioration de la coopération
sous-régionale. La Chine et la République Tchèque mirent en
exergue l'utilisation des avantages relatifs offerts par les
institutions disponibles, telles que les Commissions
Régionales des Nations Unies. La Fédération de Russie indiqua
que le processus régional d'évaluation devait être uniforme,
et suivre des critères communs pour s'assurer de la
compatibilité et de la cohérence des résultats. La Belgique et
les Pays-Bas soulignèrent l'importance des stratégies
nationales de développement durable (SNDD). La France plaida
pour la mise en place de mécanismes de revue par les pairs. La
Côte-d’Ivoire affirma que le NEPAD constituait un cadre
approprié pour la mise en œuvre régionale, et l'Islande
décrivit la manière dont le Conseil de l'Arctique pouvait
apporter une contribution à la mise en application des
résultats du SMDD. La Suède appela à l'intégration d'une
perspective féminine et appuya l'idée de procéder à des
échanges d'expériences à travers les commissions ou sous-commissions
de la CDD.
La République de Corée et le Royaume-Uni
mirent l'accent sur le rôle de la CDD dans le suivi des
partenariats et de la mise en œuvre des résultats du SMDD. La
Norvège parla de l'importance de l'utilisation des procédures
existantes dans l'établissement des rapports, et la Croatie
souligna la nécessité d'un mécanisme uniforme d'élaboration
des rapports. Le Chili proposa que la CDD mette en place un
centre d'échange d'information pour l'enregistrement et le
suivi des partenariats. Le G-77/Chine encouragea la CDD à
définir des paramètres aptes à orienter et à régir les
partenariats. Le Lesotho encouragea l'élaboration
d'indicateurs de développement durable reconnus à l'échelle
mondiale. L'Italie souligna l'importance d'une implication du
secteur privé, et l'Australie mit en garde contre une
politisation des négociations de la CDD, et mit en exergue le
rôle de la CDD dans l'échange d'informations.
TABLE-RONDE MINISTERIELLE INTERACTIVE:
Cette partie du segment de haut niveau s'est déroulée du 28 au
30 avril. La table-ronde avait pour motif de permettre aux
ministres et aux représentants des Principaux Groupes
d'engager un dialogue autour des principales questions ayant
trait à la mise en œuvre des conclusions du SMDD. Parmi les
sujets débattus: l'éradication de la pauvreté, les modes de
consommation et de production, la protection des ressources
naturelles de base, la santé et le développement durable, et
les moyens d'exécution.Un certain nombre d'orateurs appelèrent
à une participation plus importante des Principaux Groupes
Sociaux et autres parties prenantes dans le processus de la
CDD, le Kenya suggérant que les éducateurs et les
scientifiques soient impliqués dans les discussions de groupes,
et que le dialogue avec l'ensemble des parties prenantes
s'effectue à travers toute la session de la CDD, et non en
quelques séances limitées et détachées. L'Iran déclara que les
pays industrialisés doivent soumettre des rapports sur la mise
en œuvre des engagements techniques et financiers, et la
République Dominicaine appela à un accroissement de l'aide
publique au développement (APD). La Mongolie recommanda que
les sessions de la CDD englobent des échanges sur les bonnes
pratiques, la dissémination d'informations et les activités de
renforcement des capacités, et les Etats-Unis déclarèrent que
des moyens "innovants" de renforcement des capacités doivent
être envisagés à travers l'ensemble du système des Nations
Unies.
L'éradication de la pauvreté: Dans le
dialogue sur l'éradication de la pauvreté, tenu l'après-midi
du lundi 28 avril, plusieurs participants mirent l'accent sur
les objectifs retenus dans la Déclaration du Millénaire des
Nations Unies, consistant à réduire de moitié, d'ici 2015, la
proportion des populations du monde vivant avec moins d'un
dollar par jour, de la proportion qui souffre de la faim, et
de la proportion de ceux qui n'ont pas accès à une eau potable
salubre. De nombreux orateurs évoquèrent les liens entre les
problématiques de la pauvreté et de l'eau, plusieurs d'entre
eux appelant à un accroissement de l'aide et de
l'investissement des pays donateurs dans le secteur de l'eau.
Un porte-parole du Forum du Tiers-Monde sur l'Eau nota
l'accord ministériel obtenu lors du Forum pour un "redoublement
des efforts collectifs" pour la réalisation des objectifs
ayant trait à l'eau, approuvés à l'échelle internationale. La
Norvège suggéra l'élaboration d'un programme d'action mondial
pour l'eau. Le représentant des Peuples Indigènes souligna le
besoin d'atteindre les objectifs retenus dans le domaine de
l'eau, de manière sensible culturellement acceptable.
L'Afrique du Sud et les Syndicats firent part de leurs
réserves concernant la privatisation de l'eau. L'Australie
établit un lien entre l'accès aux ressources en eau et la
bonne gouvernance et suggéra le recours à une approche basée
sur la captation dans le partage de ces ressources.
Au sujet de la question des subventions
agricoles, les Agriculteurs mirent l'accent sur les
distorsions existant dans le secteur privé et la main-mise sur
le commerce des produits alimentaires par un petit nombre de
chaînes de vente au détail. La Suède fit référence aux
difficultés rencontrées par l'UE dans la mise en place des
réformes, et suggéra de procéder à l'examen de la question
agricole tôt dans le processus de la CDD. Au sujet des
questions ayant trait à l'égalité des sexes, la Grèce et le
Brésil soulignèrent le besoin d'améliorer le statut des femmes
dans le développement durable.
Le Kenya mit en relief la nécessité de
traiter la question des modes de consommation et de production
dans les stratégies de réduction de la pauvreté, les ONG
suggérèrent que cette question doive être traitée dans le
cadre des SNDD, et l'Indonésie proposa leur intégration dans
les plans du secteur du commerce et de l'industrie. Soulignant
l'importance de l'implication de l'ensemble des Principaux
Groupes, la Suède mit en exergue le rôle des femmes et de la
communauté du commerce et de l'industrie dans les modes
durables de consommation et de production, et la Finlande
indiqua que la question devait être examinée au cours du
premier cycle du programme de travail de la CDD.
Le Changement des modes non-durables de
consommation et de production: Dans la séance consacrée au
dialogue autour de ce thème, tenue l'après-midi du lundi 28
avril, le Maroc parla de ses plans d'accueillir, en juin 2003,
une réunion d'experts internationale, consacrée à
l'élaboration d'un cadre décennal de programmes axés sur des
modes durables de production et de consommation. La Suède nota
que ce sujet est, depuis longtemps, à l'ordre du jour du
développement durable, et souligna la nécessité de la mise en
œuvre. Le Venezuela déclara que les pays industrialisés
avaient une grande responsabilité quant au changement de leurs
modes de consommation et de production, et souligna
l'importance d'une approche éthique pour la réalisation du
développement durable. Le Canada déclara que les modes de
consommation et de production sont universels et ne
constituent pas un problème Nord-Sud. Il souligna la nécessité
de concevoir un produit à cycle de vie complet, d'une
meilleure information des consommateurs, et d'un traitement
des attitudes des influents en matière de consommation. Le
Japon exhorta la communauté internationale à considérer
l'établissement d'un objectif de recyclage commun, et à
s'engager dans la recherche internationale dans ce domaine.
L'Indonésie souligna la nécessité d'un investissement dans la
production propre. Le porte-parole des Jeunes appela à une
focalisation accrue sur l'éducation en matière de consommation
et de production durable.
Plusieurs orateurs notèrent l'importance de
l'énergie. Le Brésil évoqua sa proposition appelant à la mise
en route d'une initiative mondiale ayant pour objectif
l'intégration de 10% d'énergie renouvelable, d'ici 2010. La
Norvège souligna le besoin de fixer des objectifs dans le
domaine de l'utilisation de l'énergie renouvelable et de tenir
compte des considérations environnementales dans l'utilisation
de l'hydroélectricité. Le Pakistan souligna l'impératif
d'accroître l'utilisation de l"énergie renouvelable et les
mesures d'efficience énergétique.
L'Irlande mit l'accent sur le besoin de
ressources financières adéquates, et appela les pays
industrialisés à honorer leurs engagements dans le domaine de
l'APD. La Suisse et les Syndicats appelèrent à la ratification
et à la mise en application des Conventions de Stockholm et de
Rotterdam (portant respectivement sur les polluants organiques
persistants (POPs) et sur le consentement préalable éclairé (PIC).)
La Protection et la gestion des ressources
naturelles de base pour le développement économique et social:
Les intervenants soulevèrent une variété de questions au
cours de la table-ronde consacrée à ce thème, tenue mardi 29
avril, notamment celles ayant trait à la biodiversité et à la
Convention sur la Diversité Biologique (CDB), à l'eau, à la
gestion des produits chimiques, et à la sensibilisation et la
conscientisation du public.
Le Président de la CdP de la CDB, Hans
Hoogeveen (Pays-Bas) suggéra que les ministres traitent de la
manière dont la CDB et d'autres conventions pouvaient
contribuer au processus de mise en œuvre et proposa que la
CDD-11 fournisse un mécanisme clair quant à la manière dont
les conventions pouvaient lui soumettre leurs rapports. Le
Kenya souligna le besoin d'un soutien financier pour la mise
en œuvre des plans et des stratégies nationales en matière de
biodiversité, dans les pays en développement. Le porte-parole
des ONG déclara que la CDD se devait d'aider les gouvernements
dans la valorisation des ressources naturelles. Etablissant un
lien entre biodiversité et pauvreté, la Norvège indiqua que la
question des pertes subies par la biodiversité ne pouvait pas
être traitée par la CDB, à elle seule, et exigeait une
approche plus large. Le délégué ajouta que la CDD doit suivre
la concrétisation des engagements pris au SMDD.
Au sujet des questions ayant trait à la
problématique de l'eau, la FAO souligna l'importance d'établir
un lien entre les ressources en eau, l'agriculture durable et
la sécurité alimentaire. Notant le caractère transfrontalier
de l'eau et des écosystèmes, la Croatie proposa l"élaboration
de stratégies régionales de développement durable. L'Afrique
du Sud attira l'attention sur l'horizon 2005 fixé pour
l'établissement de plans nationaux de gestion intégrée des
ressources en eau et d'efficience, et indiqua que les Nations
Unies et la CDD doivent contribuer à atteindre cet objectif.
Le Venezuela nota que l'utilisation inconsidérée de pesticides
et de produits agrochimiques exerçait un impact majeur sur la
contamination des ressources en eau et sur la santé humaine.
Au sujet de la sensibilisation et de
l'amélioration de la prise de conscience, le porte-parole des
Jeunes maintint que leur implication était cruciale à la mise
en application du PMAJ, et souligna l'importance de
l'éducation dans le soutien d'une telle implication. Le
Portugal appela à des politiques cohérentes, soulignant qu'une
protection efficace des ressources naturelles doit se
concrétiser dans un contexte de connaissances accrues et
d'information répandue. Le porte-parole des Syndicats mit
l'accent sur les avantages apportés par la sensibilisation et
la conscientisation sur les lieux de travail, et nota la
valeur des évaluations effectuées sur les lieux de travail. Au
sujet du renforcement des capacités, le Lesotho et le Pakistan
soulignèrent l'importance du renforcement des capacités des
populations rurales dans le domaine de la gestion des
ressources naturelles.
La Santé et le Développement Durable:
Dans le débat autour de ce thème, qui eut lieu mardi 29 avril,
le Kenya affirma que le développement durable ne pouvait pas
être concrétisé sans le traitement des causes de la mauvaise
santé, telles que la pollution, la surpopulation, et
l'inadéquation de l'approvisionnement en eau et de
l'assainissement. Cuba nota q'un quelconque progrès dans
l'engagement de la SMDD en faveur de la santé, ne peut
survenir que si une volonté politique et des efforts intégrés
sont assurés. Le porte-parole du Commerce et de l'Industrie
déclara que les engagements pris dans le domaine de la santé
ont besoin d'être concrétisés, en partie, par le marché, avec
en accompagnement, bonne gouvernance, transparence et
imputabilité. La porte-parole des Femmes, souligna que les
questions d'égalité des sexes sont cruciales dans le
traitement de la problématique santé humaine, et fit part de
ses réserves concernant l'inégalité dans l'accès aux services
sanitaires. Le FMI appela à des augmentations substantielles
dans la partie de l'APD consacrée au secteur de la santé. Le
porte-parole des Peuples Indigènes mit en exergue les
problèmes ayant rapport avec les POPs et le VIH/SIDA dans leur
communauté, et appela la CDD à s'assurer, entre autres, de la
protection des systèmes de guérison traditionnelle, indiquant
que les évaluations d'impact sont un préalable pour les
opérations minières.
Les Moyens d'Exécution et le cadre
Institutionnel du Développement Durable: Les intervenants
devaient soulever une variété de questions au cours de la
séance du dialogue autour de ce thème, tenu mercredi 30 avril,
ayant trait notamment: à l'APD, à l'investissement du secteur
privé, aux partenariats et à la collaboration, aux SNDD, à la
gouvernance, et au transfert des technologies.
Au sujet de l'APD, plusieurs intervenants
notèrent que 50 milliards de dollars additionnels étaient
requis pour la concrétisation des Objectifs de Développement
du Millénaire (ODM). Le PNUD confirma le "saut quantitatif"
requis dans le domaine de l'APD, ajoutant que "nous ne pouvons
prétendre que le secteur privé peut s'y substituer." Il
présenta un rapport sur le Fonds Mondial de Solidarité, qui
cherche actuellement à s'assurer des sources de financement,
et attira l'attention sur la proposition du Royaume-Uni, de
contracter des empreints pour la concrétisation des objectifs
fixés, empreints qui pourraient être remboursés après 2015.
L'UE réaffirma son engagement à accroître son APD. Le délégué
des Etats-Unis déclara que les ressources ne pouvaient pas
provenir des seules sources gouvernementales, et plaida pour
l'établissement d'un cadre encourageant l'investissement du
privé. Il appela aussi à mettre fin aux subventions qui
faussent le commerce international dans le secteur agricole.
Le Japon et l'Allemagne soulignèrent le besoin d'accroître
l'investissement extérieur direct (IED).
Au sujet de la collaboration et de la
coordination, nombre d'intervenants plaidèrent pour
l'amélioration de la coopération au sein du système des
Nations-Unies et entre les Nations Unies et d'autres
organisations. Le DAES indiqua qu'il était nécessaire de
déterminer la manière dont les instruments et les mécanismes
disponibles peuvent être utilisés dans la réalisation des
objectifs fixés dans le PMAJ. Le représentant de la CEALC
déclara que les commissions régionales des Nations Unies
pouvaient être mises à contribution à travers l'emploi de
l'architecture régionale et sous-régionale disponible, et la
facilitation de la coopération inter-régionale.
Au sujet des actions devant être menées à
l'échelon national, plusieurs orateurs soulignèrent
l'importance des SNDD intégrées. La Banque Mondiale plaida
pour une conduite de la mise en œuvre par les pays eux-mêmes,
pour que chaque pays s'en sente propriétaire, et le Fonds pour
l'Environnement Mondial (FEM) attira l'attention sur le
soutien qu'il apporte aux auto-évaluations nationales dans le
domaine du renforcement des capacités.
LES FORUMS REGIONAUX CONSACRES A LA MISE EN
ŒUVRE: Des forums régionaux consacrés au thème de la mise
en œuvre furent organisés les 29 et 30 avril. Les participants
s'y penchèrent sur les mesures initiales prises dans les
Commissions Economiques pour l'Europe (CEE), l'Amérique Latine
et les Caraïbes (CEALC), et l'Afrique (CEA), et dans les
Commissions Economiques et Sociales pour les régions de l'Asie
de l'Ouest (CESAO) et de l'Asie pacifique (CESAP), pour la
mise en application PMAJ.
LA CEE: Dans sa déclaration d'ouverture,
Kaj Barlund, Directeur Exécutif de la CEE, décrivit le travail
de la Commission sur le suivi du SMDD, y compris son intention
d'établir un forum ouvert, sur le développement durable, pour
des échanges entre l'ensemble des partenaires de la CEE, avec
un accent fort placé sur la société civile. Julio Garcia
Burgues, de la CE, mit en exergue le travail entrepris au sein
de l'UE dans la mise en place de stratégies de développement
durable. Lynne Brennan van Dyke, du Bureau Régional du PNUE
pour l'Amérique du Nord, donna un aperçu sur les activités du
bureau en soutien aux pays de la région, y compris la
collaboration avec différentes organisations. Dafna Gorchava,
du PNUD, présenta un rapport sur les progrès réalisés dans la
mise en œuvre de l'initiative Capacité 2015, et sur les
nouvelles mesures visant à aider les pays en transition
économique. Claude Fussler, du Conseil Mondial du Commerce
pour le Développement Durable, encouragea les parties
prenantes du partenariat à se réunir de manière régulière pour
s'assurer que les engagements sont honorés. Marec Maciejovski,
de Baltic 21, présenta l'expérience de son organisation en
guise d'exemple illustrant une collaboration sous-régionale
probante dans la mise en œuvre des objectifs du développement
durable.
Au cours du débat qui suivit, la Suisse
appuya l'idée d'établir un forum d'échange pour la CEE, et
appela à l'établissement d'un lien fort entre les processus
régionaux et celui international. Soulignant l'importance du
travail à l'échelon sous-régional, la Suède présenta
l'expérience du Conseil des pays Nordiques. Le délégués des
Etats-Unis, appuyé par le Canada, se demanda si le
regroupement des forums régionaux sur la mise en œuvre autour
des Commissions Régionales des Nations Unies était un moyen
efficace de concrétiser la réalisation des objectifs du SMDD
dans le cadre de la CDD.
LA CEALC: Dans sa déclaration
d'ouverture, Reynaldo Bajraj, Secrétaire Exécutif de la CEALC,
proposa l'établissement d'un Comité Sessionnel, comme partie
intégrante de la session biennale de la CEALC, pour intégrer
les résultats du SMDD dans son programme de travail. Michael
Gucovsky, du PNUD, identifia les priorités régionales décrites
dans l'Initiative de l'ALC pour le Développement Durable,
adoptée au SMDD. Cristina Montenegro, du Bureau Régional du
PNUE pour l'Amérique Latine et les Caraïbes, souligna le
besoin de promouvoir la coopération régionale à travers
l'Initiative. Bruno Stagno, Représentant Permanent du Costa
Rica, décrivit l'expérience institutionnelle et opérationnelle
de la région, indiquant qu'elle forme une base solide pour la
mise en œuvre du développement durable. John Forgach, du Fonds
A2-R pour l'Environnement, mit en exergue le rôle des banques
régionales de développement et celui des petites et moyennes
entreprises dans le développement durable. Marina Da Silva,
Ministre de l'Environnement du Brésil, souligna l'importance
de l'établissement d'un lien entre les objectifs
environnementaux et le développement économique et social.
Au cours du débat qui suivit, l'Argentine
attira l'attention sur la réunion régionale tenue récemment
sur le thème des modes non-durables de consommation et de
production. La Guyane souligna le besoin d'un suivi des
progrès, et suggéra d'explorer la manière dont un mécanisme de
revue par les pairs, pouvait fonctionner dans la région. Le
Mexique identifia la coordination inter-agences et
l'élaboration d'indicateurs de développement durable comme
étant des thèmes prioritaires. Le Chili affirma que les
agences des Nations Unies sont essentielles pour la
concrétisation du développement durable dans la région et,
avec d'autres pays, apporta son appui à la proposition
appelant à la tenue d'un Comité Sessionnel du CEALC. Le Costa
Rica appela à la mise en place d'instruments financiers.
Déclarant que la proposition du Secrétariat d'organiser des
forums régionaux sur le thème de la mise en œuvre, autour des
Commissions Régionales, n'était pas assez focalisée sur les
résultats souhaités, le délégué des Etats-Unis suggéra des
groupements non-fondés sur l'appartenance géographique. Le
Canada indiqua également que la mise en œuvre régionale ne
devait pas être limitée aux Commissions Régionales et fit part
de son souhait de travailler avec les pays de la région ALC,
en particulier, dans le domaine de la santé et de
l'environnement, et celui du transfert des connaissances.
LA CEA: dans sa déclaration d'ouverture,
Wiseman Nkhulu, du NEPAD, déclara que le NEPAD est le véhicule
de l'Afrique pour la mise en application des résultats du SMDD.
Josue Dione, de la CEA, mit en exergue les programmes traitant
de la gestion intégrée des ressources en eau, des politiques
foncières, de la science et de la technologie au service du
développement agricole, et du suivi des progrès réalisés dans
le développement durable. Bakary Kante, du PNUE, rapporta que
le PNUE est actuellement penché sur la mise en œuvre du
chapitre du PMAJ, consacré à l'Afrique, avec une focalisation
sur les institutions, les thèmes prioritaires, et les
partenariats. Fatou Ndoye, du Réseau pour l'Environnement et
le Développement Durable en Afrique, a mis en relief
l'établissement du Forum sur le thème de la Société Civile
Africaine, qui vise à soutenir la société civile dans le suivi
des résultats du SMDD et les ODM.
Dans le débat qui suivit, le Sénégal mit en
exergue l'initiative environnementale du NEPAD et sa
focalisation sur les actions traitant des problématiques de la
sécheresse et de la désertification, des terres humides, des
espèces aliènes, des ressources côtières et marines, des
changements climatiques, et des ressources en eau. L'Afrique
du Sud souligna la nécessité de s'assurer de l'intégration et
de l'établissement de liens entre la CDD, le NEPAD et de
l'Union Africaine. Le délégué mit en relief l'importance de la
coordination avec l'agence internationale et les donateurs
dans le suivi du SMDD. Le Kenya appela les pays industrialisés
à améliorer les flux de l'aide vers l'Afrique. Le Zimbabwe
souligna le besoin d'une intégration sectorielle et
institutionnelle. Le Nigeria, le Soudan et l'Algérie parlèrent
de la relation entre le Secrétariat du NEPAD et le Conseiller
Spécial des Nations Unies sur l'Afrique.
LA CESAO: Dans ses remarques
d'ouverture, Hosny Khordagni, de la CESAO, donna un aperçu sur
les mesures prises dans la région pour la mise en œuvre du
PMAJ, et présenta un rapport sur la restructuration au sein de
la CESAO, qui vise à renforcer son rôle dans le soutien de la
mise en œuvre. Imad Moustapha, du Collège des Etudes
Informatiques, en Syrie, nota les difficultés entravant la
mise en œuvre du développement durable, souligna le problème
des guerres et conflits qui perturbent la région depuis des
décennies. L'orateur se référa, en particulier, aux
"conditions sous-humaines" endurées par bon nombre de
Palestiniens, et à la situation en Iraq. Mohammed Hamel, de
l'OPEP, expliqua le rôle l'organisation dans la promotion du
développement durable dans le secteur de l'énergie. Lynne van
Dyke, du PNUE, informa les participants du Secrétariat
conjoint établi par le PNUE, le PNUD et le Conseil des
Ministres Arabes Chargés de Environnement, pour la mise en
application de l'initiative arabe présentée au SMDD.
L'oratrice souligna également le besoin de coordonner
l'initiative avec le NEPAD.
LA CESAP: Dans sa déclaration
d'ouverture, Ravi Sawhney, de la CESAP, présenta un rapport
sur les actions concrètes entreprises par la CESAP, dans le
domaine du développement durable, depuis le SMDD. Russell
Howorth, de la Commission de la Région Sud-Pacifique sur les
Sciences Géographiques Appliquées, nota que les PEID ne
faisaient partie d'aucun groupement régional des Nations Unies,
mais qu'ils étaient coordonnés à travers l'AOSIS. Il souligna
que la communauté internationale se devait d'utiliser les
structures disponibles, et de ne pas exiger des PEID de
soumettre des rapports aux commissions régionales des Nations
Unies. Anita Nirody, du PNUD, décrivit l'initiative Capacité
2015, et donna un aperçu sur les activités en cours dans la
région. Jai Ok Kim, de l'Alliance Citoyenne Coréenne pour la
Protection des Consommateurs, mit l'accent sur le rôle de la
société civile dans la mise en œuvre du PMAJ, en particulier,
dans les domaines des modes durables de production et de
consommation, et du travail de sensibilisation. Elle indiqua
aussi que des forums sur la mise en œuvre régionale devaient
se tenir dans les diverses régions. Dans le débat qui suivit,
l'Egypte suggéra que la CDD apporte son aide dans la mise en
application du Principe 23 de Rio, concernant la protection de
l'environnement et des ressources naturelles des peuples sous
oppression, domination et occupation. La Jordanie souligna la
nécessité d'une cohérence dans les politiques nationales, et
le Liban annonça qu'il entendait accueillir la Journée
Mondiale de l'Environnement, de cette année.
Dans le débat qui suivit, la République de
Corée mit en exergue le rôle des conseils nationaux sur le
développement durable. Réfléchissant sur la manière dont la
mise en œuvre régionale pouvait être intégrée avec le
processus de la CDD, l'Australie, appuyée par Fidji, la
Nouvelle Zélande, la Papouasie Nouvelle Guinée et Tuvalu,
souligna le besoin de reconnaître les groupements
sous-régionaux et trans-régionaux, Samoa, ajoutant que les
PEID ne devaient pas être subsumés dans les Commissions
Régionales des Nations Unies. La CESAP nota son rôle dans la
promotion de la coopération inter-régionale et sous-régionale.
RESUME DE LA REUNION DE HAUT-NIVEAU:
L'après-midi du mercredi 30 avril, le Président Moosa
présenta son rapport de synthèse sur le segment de haut-niveau
de la CDD-11. Il nota l'endossement, par les délégués, du rôle
de la CDD dans le soutien de la coordination et de la mise en
application des objectifs de développement durable, et de
l'engagement en faveur d'une CDD revitalisée, dotée d'un
programme de travail orienté vers l'action. Il fit référence à
nombre de déclarations soulignant l'importance des SNDD, et
attira l'attention sur la date butoir de 2005, retenue pour
leur parachèvement.
Le Président Moosa nota l'approbation, par
les délégués, du cycle de travail biennal, consacré à
l'Evaluation et aux Politiques, assorti d'un thème général
pour chacun des cycles. Il mentionna le soutien exprimé en
faveur du traitement des questions ayant trait au thème de
l'eau, durant le premier cycle, et de l'énergie, durant le
deuxième. Chaque cycle devant avoir un thème principal, il
reconnut aussi que chaque cycle devait permettre une
évaluation des progrès réalisés dans tous les domaines du PMAJ,
et que la CDD devait être en mesure d'examiner toute question
urgente susceptible d'émerger. Il mit en exergue l'accord
conclu selon lequel le thème de développement durable pour
l'éradication de la pauvreté, du SMDD, devait continuer à
guider la CDD dans ses travaux futurs, tenant compte également
des divers thèmes transversaux. Une attention particulière
serait accordée à l'Afrique, aux PEID et aux PMA, dans chacun
des cycles.
Le Président Moosa mit également en relief
l'engagement politique continu des participants en faveur du
processus de la CDD, et leur appui à une implication multi-sectorielle
soutenue et renforcée, et à une focalisation sur la prise en
compte du rôle des femmes. Il mentionna le soutien fort
exprimé en faveur de la tenue de forums consacrés à la mise en
œuvre régionale, et prit note des réserves dont ont fait part
certains pays concernant le fait que les régions des Nations
Unies existantes risquaient de ne pas être adaptées de manière
idéale, à ce travail. Il mit également en relief les
déclarations avalisant le rôle de la CDD en tant que point de
ralliement pour les initiatives dans le domaine du partenariat,
et appelant à une meilleure coordination au sein du système
des Nations Unies. Remerciant les participants pour leurs
contributions constructives, focalisées et orientées vers
l'action, il indiqua que la réunion de haut niveau a fourni
une orientation politique précieuse à la CDD.
LE DIALOGUE AVEC LES DIVERSES PARTIES
PRENANTES
Jeudi 1er mai, les Principaux
Groupes présentèrent leurs points de vue sur le programme de
travail futur de la CDD au cours d'une séance consacrée au
dialogue avec les diverses parties prenantes, qui commença par
des déclarations d'ouverture des Principaux Groupes, suivies
d'un débat avec les délégations. Le représentant du Commerce
et Industrie souligna le besoin de s'assurer de l'accès aux
marchés et de mettre à la disposition des consommateurs des
produits de choix. Le porte-parole des Agriculteurs appela la
CDD à inviter le groupes des pays consommateurs à participer
dans les sessions à venir. Le représentant des Peuples
Indigènes mit l'accent sur la protection, la restauration et
le renouvellement des terres ancestrales, et sur la nécessité
de processus participatifs fondés sur le respect des droits,
et sensibles aux valeurs sociales et culturelles. Le porte-parole
des Collectivités Locales nota le besoin de législations
pertinentes, de lignes directrices adéquates et d'une bonne
gouvernance à l'échelon national, et d'une amélioration des
capacités humaines et financières. Le représentant des ONG
déclara que dans le domaine du développement durable, une
approche fondée sur le respect des droits, doivent passer à
travers les travaux de la CDD, de la décennie à venir, et
souligna la nécessité de répartir les responsabilités dans la
mise en œuvre du PMAJ, à travers l'ensemble du cadre
institutionnel des Nations Unies. Le porte-parole de la
Communauté Scientifique et Technologique souligna le rôle de
l'éducation, et identifia les modes durables de consommation
et de production comme étant une priorité pour la CDD. Le
délégué des Syndicats affirma que le rapport du Secrétaire
Général mettait un accent exagéré sur la dimension
environnementale du développement durable, et mit en relief
l'importance de l'essor social. La porte-parole des Femmes
appela à une analyse des dispositions du PMAJ, concernant
l'égalité des sexes et à la soumission de rapports sur leur
mise en œuvre, d'ici 2005.
Plusieurs orateurs apportèrent leur appui à
un renforcement de l'implication des Principaux Groupes et
autres parties prenantes, et à un élargissement de leur
participation. La Hongrie et l'Inde soulignèrent le rôle des
media et, avec le Canada, identifièrent les éducateurs comme
étant un groupe clé, méritant un rôle plus important à la CDD.
Le Président Moosa attira l'attention sur les représentants
des diverses croyances, la Hongrie ajouta les consommateurs,
et le délégué des Etats-Unis suggéra le rattachement des
réseaux scientifiques nationaux et internationaux. Le Sénégal
souhaita une participation accrue des parlementaires. La
Finlande appela à l'implication des personnes âgées et,
appuyée par nombre de Principaux Groupes, ainsi que par la
Jordanie et par l'Egypte, suggéra l'insertion des handicapés.
Le représentant des Jeunes déclara que davantage de pays se
devaient d'inclure des représentants de Jeunes dans leurs
délégations, et plaida pour l'intégration des Jeunes dans les
processus décisionnels, à l'échelon local et celui national, à
travers des initiatives telles que celles de la mise en place
de conseils des jeunes. Les Syndicats, les Femmes et les
Jeunes appelèrent à un mécanisme permettant de s'assurer d'une
plus grande implication des Principaux Groupes dans
l'élaboration des politiques. Le porte-parole des Peuples
Indigènes attira l'attention sur leur contribution dans les
processus des POP et de la CDB, et appela à leur implication,
de manière plus importante, dans la CDD.
Au sujet des questions organisationnelles,
la Suède et les Etats-Unis mirent en relief le potentiel de
comités et de sous-comités constitués pour le renforcement de
la contribution des Principaux Groupes. Le Canada déclara que
les opportunités offertes aux parties prenantes d'apporter
leurs contributions tout au long des cycles de travail de la
CDD, devaient être optimisées. Un certain nombre
d'intervenants notèrent l'impératif d'une représentativité
géographique équitable des Principaux Groupes. Le Brésil
retraça son expérience dans le domaine de la mobilisation de
la société civile, à tous les niveaux, en particulier, à
l'échelon local, et l'Autriche souligna l'importance de la
participation des parties prenante dans les prises de
décisions, aux échelons local et national. L'UICN offrit de
mettre l'assistance de ses réseaux de scientifiques, au
service de la CDD pour le travail de mise en œuvre, et
souligna le besoin d'organiser des forums régionaux consacrés
à la mise en œuvre, dans les régions. La Barbade proposa
l'établissement de conseils de coordination régionaux d'ONG,
et mit en relief leurs potentialités en tant que catalyseurs
de la mise en œuvre, et l'importance des partenariats et de la
mobilisation des ressources. La Belgique décrivit la manière
dont ses conseils chargés du développement durable avaient
réussi à promouvoir la participation des diverses parties
prenantes, et le représentant des ONG encouragea tous les
gouvernements à mettre en place de tels conseils.
Répondant aux commentaires faits par le
Président Moosa, disant qu'un accord semblait être conclu sur
la suppression des subventions agricoles qui faussent le
marché, la Communauté Européenne précisa que cela ne voulait
pas dire qu'il y avait consensus autour de la suppression de
toutes les subventions accordées dans le secteur agricole.
Soulignant la complexité de ce sujet, le Japon attira
l'attention sur les "négociations délicates" en cours au sein
de l'OMC. Un certain nombre d'intervenants suggérèrent que les
représentants des Principaux Groupes prenant part aux sessions
de la CDD doivent plutôt mettre à contribution l'expérience
pratique acquise sur le terrain, dans le domaine des
politiques de mise en œuvre, que leur seule expertise dans le
domaine de l'élaboration des politiques. L'Australie ajouta
que cela pouvait s'appliquer également aux délégations des
divers pays, compte tenu du fait que l'objectif est de
revitaliser la CSD de manière à la rendre orientée davantage
vers l'action. La Grèce indiqua que la distinction entre ONG
axées sur "le travail politique" et ONG axées sur "la mise en
œuvre" risquait de donner lieu à des divisions inutiles. Les
représentants de la République de Corée, du Commerce et de
l'Industrie et plusieurs autres intervenants, plaidèrent pour
une sélection des représentants par les Principaux Groupes
eux-mêmes.
LE PROGRAMME, L'ORGANISATION ET LES
METHODES DES TRAVAUX FUTURS DE LA COMMISSION
Jeudi 1er mai, le Président de la CDD-11,
Moosa, présenta le projet de décision du Président concernant
le programme, l'organisation et les méthodes des travaux
futurs de la Commission. Le projet de décision traite
spécifiquement: de l'organisation future des travaux; du
programme de travail pluriannuel; des exigences en matière
d'établissement des rapports; de l'amélioration des
contributions des fonds, du programme, des agences et autres
organismes des Nations Unies; des contributions des Principaux
Groupes; et du rôle de la CDD en tant que point de référence
pour les partenariats. Il contient également une annexe
comportant une matrice présentant la liste des thèmes devant
être traités par la Commission au cours de ses prochains
cycles. Le porte-parole des Principaux Groupes présenta leurs
commentaires concernant le projet de décision du vendredi 2
mai. Les Négociations autour de cette décision se déroulèrent
tout au long de la deuxième semaine de la session, avec deux
groupes de travail et divers sous-comités et groupes de
contact, établis pour le traitement de divers éléments du
projet de décision. Le Groupe de Travail I était présidé par
les Vice-présidents du Bureau, Nadine Gouzée (Belgique) et
Hossein Moeini (Iran), tandis que le Groupe de Travail II
était présidé par les Vice-présidents du Bureau, Bruno Stagno
(Costa Rica) et Irena Zubcevic (Croatie). Les discussions
menées dans ces groupes aboutirent à un projet de résolution,
qui doit être transmis par la Commission, à l'ECOSOC, pour
adoption. La résolution, telle que figurant dans le Rapport de
la onzième session de la CDD (E/CN.17/ 2003/L.1), traite: du
programme, organisation et des méthodes des travaux futurs de
la Commission; du Bureau; et du Statut des ONG et autres
Principaux Groupes accrédités auprès du SMDD.
Ce chapitre décrit les discussions et les
conclusions relatives à chacun des principaux domaines abordés
dans le texte du Président.
LE PREAMBULE: Modérées par Ngurah
Swajaya (Indonésie), les consultations officieuses sur la
question du préambule de la décision, se déroulèrent les
mercredi 7 et jeudi 8 mai. Les délégués y débattirent de
plusieurs questions soulevées dans le texte, y compris du
point de savoir si, oui ou non, il fallait insérer des
références à la gouvernance et au principe des responsabilités
communes mais différenciées. Le texte fut adopté en Plénière,
le vendredi 9 mai, après une explication donnée par
l'Indonésie, sur le paquet de compromis agréé. Le compromis
proposait de mentionner le principe de responsabilités
communes mais différenciées, à travers l'insertion dans le
préambule, de la formulation retenue dans le paragraphe 2 du
PMAJ, qui se réfère à ce principe de Rio. Le paquet de
compromis englobait aussi un libellé portant sur les
contributions régionales et sous-régionales tout au long du
cycle de la mise en œuvre, invitant l'Assemblée Générale à
considérer l'utilisation des ressources destinées auparavant
aux Groupes de Travail Spéciaux Intersessions, de la CDD, pour
le soutien de la participation des Etats membres dans les
réunions régionales. Après l'adoption du premier texte, lors
de la Plénière finale, l'Australie a fait part de sa déception
quant à l'insertion sélective du paragraphe 2 du PMAJ.
Le Libellé Final: Le préambule
rappelle les conclusions des Sommets de Rio et de
Johannesburg, et réaffirme les engagements en faveur de la
réalisation des objectifs de développement durable, approuvés
à l'échelle internationale. Il réaffirme également que
l'éradication de la pauvreté, le changement des modes
non-durables des modes de production et de consommation, et la
protection et la gestion des ressources naturelles de base,
pour le développement économique et social, constituaient des
objectifs cadres et des exigences essentielles pour le
développement durable.
LA FUTURE ORGANISATION DES TRAVAUX: Les
négociations autour de la future organisation des travaux de
la CDD furent menées dans le Groupe de Travail I, du lundi 5
au mercredi 7 mai. Au cours de la matinée du jeudi 8 mai, un
groupe de contact, présidé par Richard Ballhorn (Canada), fut
établi, et mena des négociations jusqu'à une heure avancée de
la nuit. Le vendredi 9 mai, le groupe de contact renvoya, à la
plénière, un texte comportant plusieurs points non résolus,
pour examen final, où il fut adopté, moyennant quelques
amendements mineurs.
Les négociations portèrent également sur la
tenue d'une Session d'Evaluation, axée sur ses résultats, sur
le besoin d'une réunion de haut niveau, et sur la durée de la
session. S'agissant des résultats de la session, la Grèce, au
nom de l'UE, et appuyée par la Norvège, proposa l'élaboration
d'une synthèse du Président, des délibérations et d'une
compilation des approches éventuelles et des bonnes pratiques.
Le Maroc, au nom du G-77/Chine, et le Mexique préférèrent un
rapport du président, identifiant les contraintes et les
obstacles rencontrés dans le processus de la mise en œuvre du
Plan d'Action 21 et du PMAJ. Le Japon et la République Corée
s'opposèrent à la prévision d'une réunion de haut niveau
durant cette session et proposèrent que cette session s'étale
sur une semaine seulement.
Les négociations sur la Session Politique
portèrent sur ses principaux résultats attendus. L'Australie
préféra voir cette session s'accorder sur des politiques et
des mesures pratiques susceptibles d'accélérer la mise en
œuvre des préoccupations prioritaires identifiées par la
Session d'Evaluation. Le G-77/Chine proposa que la session
prenne des décisions politiques en faveur de mesures pratiques
aptes à aplanir les contraintes et les obstacles posés dans le
processus de mise en œuvre. L'UE suggéra l'identification des
approches éventuelles et des modèles de bonnes pratiques pour
la mise en œuvre.
Au sujet du rôle des forums régionaux
consacrés à la mise en œuvre, proposés, les délégués
négocièrent l'opportunité d'utiliser les Commissions
Régionales des Nations Unies comme plate-formes pour ces
réunions, et de leur programmation. Les Etats-Unis, le Canada
et d'autres pays firent part de leurs réserves concernant les
propositions d'organiser ces forums autour des Commissions
Régionales des Nations Unies, et suggérèrent, plutôt, la tenue
de discussions non-fondées sur l'appartenance géographique, au
siège des Nations Unies, avant les sessions de la CDD. La
Suisse et le Canada proposèrent que ces forums aient lieu
avant la Session Politique, tandis que la République de Corée
et l'UE plaidèrent pour leur conduite avant la Session
d'Evaluation.
Les délégués débattirent longuement aussi
de la relation entre l'ECOSOC et la CDD. Le délégué des
Etats-Unis, appuyé par plusieurs autres Etats, exprima des
réserves concernant le libellé proposé et encouragea
l'utilisation de la formulation retenue dans le PMAJ. La
Suisse proposa que l'ECOSOC traite du sujet de développement
durable dans sa session de fond, au lieu du son segment
ministériel.
Au cours de la Plénière finale, les
délégués s'accordèrent sur une nouvelle proposition disant que
le Bureau de la CDD se doit de spécifier les modalités
organisationnelles devant encadrer les futures réunions de la
CDD, sur la base de consultations à composition non limitées,
transparentes, et que les réunions et autres activités de la
CDD doivent prévoir une implication équilibrée de participants
issus de toutes les régions, et doivent s'assurer de
l'équilibre des genres féminin et masculin. Ils s'accordèrent
également sur l'insertion des libellés négociés et approuvés
dans d'autres groupes, portant sur les ensembles de thèmes,
ainsi que de références aux parties prenantes, telles que
décrites dans les paragraphes 139(g), 149(c) et (d) du PMAJ.
Ils décidèrent, en outre, de programmer des réunions de haut-niveau
durant les deux sessions.
Le Libellé Final: La décision note
que la CDD sera organisée en une série de Cycles biennaux de
mise en œuvre, orientés vers l'action, qui incluront une
Session d'Evaluation et une Session Politique, et que les deux
sessions doivent mobiliser de nouvelles actions par les tous
les acteurs, pour l'aplanissement des obstacles et des défis
posés à la mise en œuvre, et doivent traiter des nouveaux
challenges à relever et des nouvelles opportunités à saisir.
Toutes les sessions de la CDD doivent
inclure des réunions de haut-niveau, pour bénéficier des
leadership, supervision et orientation ministériels, dans les
prises de décision concernant leurs résultats, et ces segments
de haut- niveau doivent englober un échange focalisé, avec la
participation active du système des Nations Unies, des
institutions financières et commerciales internationales, et
des Principaux Groupes. La décision stipule que les résultats
du travail de la CDD pourrait inclure un partage des bonnes
pratiques et des leçons apprises, un échange d'expériences,
des activités de renforcement des capacités, et des
initiatives de partenariat dans le domaine du développement
durable. Elle invite, par ailleurs, les gouvernements et les
Principaux Groupes à entreprendre des initiatives axées sur
les résultats, et des activités conçues pour le soutien du
travail de la CDD, ainsi que de la mise en œuvre du
développement durable.
Sur la base du produit de la session
d'Evaluation, la décision stipule qu'une Réunion Préparatoire
Intergouvernementale sera tenue avant la Session Politique,
qui englobera un débat autour des options politiques et des
actions susceptibles de permettre le traitement des
contraintes et des obstacles identifiés au cours de l'année
d'évaluation. Le résultat de la Réunion Préparatoire englobera
un projet de document de négociation, soumis à examen à la
Session Politique. La décision note que les
Sessions d'Evaluation auront lieu en avril/mai de la première
année du cycle, et qu'elles entreprendront une évaluation des
progrès accomplis dans la mise en œuvre du Plan d'action 21,
du Programme de la Suite de la Mise en Œuvre du Plan d'Action
21, et du PMAJ. Cette session se focalisera sur
l'identification des contraintes et des obstacles posés au
processus de mise en œuvre par rapport à l'ensemble thématique
devant être abordé dans chacun des cycles. L'évaluation de la
mise en œuvre sera entreprise sur la base de l'Etat
d'Avancement de la Mise en Œuvre du Secrétaire Général, et des
rapports émanant des pays, des organisations des Nations Unies
et des régions. La décision prévoit l'examen de l'opportunité
de procéder à l'évaluation des contributions du FEM, des
institutions financières et commerciales internationales et
les Principaux Groupes, et la revue des résultats des réunions
régionales et sous-régionales. Le produit de la session sera
une synthèse du Président, contenant les contraintes et les
obstacles identifiés et les approches éventuelles et les
bonnes pratiques constatées dans la mise en œuvre du
développement durable.
La décision note, par ailleurs, que les
Sessions Politiques de la CDD seront tenue en avril/mai de la
deuxième année du cycle, et qu'elles auront à prendre des
décisions politiques concernant les mesures et les options
pratiques susceptibles d'accélérer le développement durable.
Au sujet des forums régionaux consacrés à
la mise en œuvre, la décision invite les Commissions
Régionales à envisager l'organisation de ces forums, de
préférence, avant la Session d'Evaluation, dans l'objectif: de
contribuer à la mise en œuvre du développement durable à
l'échelon régional; de se focaliser sur l'ensemble de sujets
thématiques; et l'apport de contributions aux rapports du
Secrétaire Général, notamment, l'identification des obstacles
et des contraintes, des nouveaux défis posés et des nouvelles
opportunités offertes, à la mise en œuvre.
La décision invite la CDD à soumettre des
recommandations à l'ECOSOC concernant les thèmes devant faire
l'objet d'un examen périodique au sein du Conseil.
LE PROGRAMME DE TRAVAIL PLURIANNUEL DE LA
COMMISSION POUR LA PERIODE DE l'APRES-2003: Ce sujet fut
abordé par le Groupe de Travail I et dans un groupe de
contact, présidé par Hossein Moeini, qui se réunit en continu,
tout au long de la deuxième semaine. Les délégués procédèrent
à l'examen:
-
de l'approche générale retenue pour le
programme de travail;
-
du nombre de thèmes prévu pour chacun des
cycles;
-
des critères de sélection des thèmes;
-
de l'équilibre entre aspect focalisé et
aspect exhaustif dans la sélection des thèmes;
-
des liens entre les thèmes;
-
des thèmes particuliers des deux premiers
cycles; et
-
du cycle spécial consacrée à l'évaluation.
Ils engagèrent également des discussions
étendues sur la question de l'annexe attachée au projet de
décision, qui renferme une matrice dressant la liste des
cycles et des questions devant être traitées par la Commission
durant son programme de travail pluriannuel. Le groupe de
contact acheva ses négociations le vendredi 9 mai, à 16h30, et
transmit son produit à la Plénière, qui approuva le libellé
final sans aucun amendement.
Le G-77/Chine proposa un modèle de
regroupement thématique pour le programme de travail,
permettant la considération de l'ensemble des questions
identifiées dans le Plan d'Action 21 et du PMAJ, le premier
cycle devant couvrir l'eau et l'assainissement, les
établissements humains, les sols, l'agriculture, le
développement rural, la sécheresse et la désertification. Ils
notèrent des divergences fondamentales entre les positions des
pays au sujet de l'annexe, et appelèrent à une approche
"exhaustive" fondée sur le groupement thématique, embrassant
tous les thèmes, au lieu d'une focalisation sur une liste
limitée de thèmes. Ils arguèrent également pour l'obtention
d'un cycle d'évaluation exhaustive, la dixième année, les
Etats-Unis et le Japon faisant part de leur réserves sur ce
point. Après un long débat, les délégués parvinrent à un
compromis, en ajoutant à la liste, un autre cycle, consacré à
l'évaluation générale.
L'UE souligna que le programme de travail
doit couvrir les principaux thèmes et les objectifs-cadres du
SMDD, nommément l'éradication de la pauvreté, les modes non
durables de la consommation et de la production, et la
protection des ressources naturelles de base, et doit inclure
la responsabilité sociale des entreprises. On suggéra
l'établissement d'un meilleur équilibre entre les thèmes
agréés et la préférences exprimée en faveur de trois sujets
devant être traités, dans chaque cycle. Les Etats-Unis, la
République de Corée et la Suisse apportèrent leur appui à la
proposition du Président appelant au traitement d'un seul
thème par cycle. Le Japon suggéra l'adjonction de l'eau et des
catastrophes naturelles, aux thèmes transversaux retenus pour
le premier cycle de travail proposé sur la problématique de
l'eau.
L'UE et plusieurs autres pays
industrialisés indiquèrent qu'ils seraient prêts à donner leur
accord à une liste indicative de thèmes pour la période au-delà
des trois premiers cycles de travail, mais soulignèrent
l'importance de s'assurer d'un équilibre convenable "entre
l'approche exhaustive et l'approche focalisée." L'UE suggéra
aussi plusieurs critères à appliquer dans la sélection des
thèmes, tels que ceux de cohérence et de gérabilité, de valeur
ajoutée, d'absence de foyer institutionnel pour tel ou tel
thème particulier, et la compatibilité avec les récentes
directives ministérielles.
Au sujet du libellé consacré aux
considérations qui doivent guider la mise en application du
programme de travail de la CDD, le G-77/ Chine suggéra de le
remplacer par sa propre proposition de texte. Le porte-parole
proposa, soit de supprimer le paragraphe introductif traitant
des thèmes de pauvreté, de consommation et de production, et
des ressources naturelles de base, soit de le reformuler, en
utilisant le libellé exact retenu dans le PMAJ. La suppression
fut appuyée par de nombreuses délégations, entendu que si
celle-ci venait à être retenue, l'idée générale en serait
reflétée dans le préambule. Le jeudi 8 mai, le groupe de
contact examina une révision du papier du Président, dans
laquelle l'ensemble des considérations furent rationalisées.
Réagissant à la nouvelle version de
l'annexe, produite par le Président du groupe de contact, le
G-77/Chine proposa de fusionner les colonnes réservées aux "sujets
de focalisation" et aux "ensembles de thèmes" en une seule
colonne baptisée "ensemble thématique." Après un certain débat,
le délégué des Etats-Unis produisit un papier, pas loin de
cette approche. Le groupe de contact commença ensuite la
négociation du descriptif exact des thèmes de chaque cycle, le
porte-parole des G-77/Chine, insistant sur l'utilisation de
leur formulation d'origine. Les délégués s'accordèrent sur le
besoin d'une deuxième colonne, pour la description des thèmes
transversaux, qui s'étaleront tout au long des cycles de
travail. L'étape finale des négociations se concentra sur la
combinaison d'un assortiment de thèmes, acceptable, dans
chacun des ensembles thématiques. Avec les thèmes de l'eau et
de l'énergie demeurant en tête de liste, pour les deux
premiers cycles, davantage de thèmes furent ajoutés pour
chacun des cycles consécutifs. Le libellé final, y compris
l'annexe, fut adopté au cours de la matinée du vendredi 9 mai.
Le Libellé Final: La décision
établit les considérations devant guider la mise en œuvre et
une annexe comportant une matrice, attachée au programme de
travail de la Commission.
La décision établit un certain nombre de
considérations devant guider la mise en œuvre du programme de
travail de la CDD, y compris le fait que:
-
l'étude d'évaluation de la mise
en œuvre doit être traitée en harmonie avec les dispositions
pertinentes du Plan d'Action 21, avec le Programme de la
Suite de la Mise en Application du Plan d'Action 21, avec le
PMAJ et avec les décisions de la CDD;
-
les ensembles thématiques
seront traités de manière intégrée, en tenant compte des
dimensions économiques, sociales et environnementales du
développement durable; et
-
la sélection des thèmes durant
un cycle donné, ne diminue en rien l'importance des
engagements pris pour les cycles futurs.
Parmi d'autres considérations
établies:
-
les moyens d'exécution, divers
thèmes transversaux, ainsi que l'Afrique, diverses
initiatives régionales, les PEID et les PMA, seront
considérés dans chaque cycle;
-
la CDD doit se focaliser sur
les thèmes dans lesquels elle pourrait ajouter une valeur
aux délibérations intergouvernementales, conformément à la
résolution 47/191 de l'Assemblée Générale et au paragraphe
139(f) du PMAJ;
-
la CDD doit tenir compte du
produit du Groupe de Travail Spécial de l'Assemblée Générale,
sur le suivi des résultats des principales conférences des
Etats-Unis; et
-
La Commission pourrait intégrer
dans son programme de travail, les nouveaux challenges et
les nouvelles opportunités, liés à la mise en œuvre.
La décision contient une annexe
comportant une matrice du programme de travail de la
Commission, applicable aux deux cycles biennaux suivants:
-
2004/2005 – l'eau,
l'assainissement, les établissements humains;
-
2006/2007 – l'énergie pour le
développement durable, l'essor industriel, la pollution de
l'air ambiant/l'atmosphère, les changements climatiques;
-
2008/2009 – l'agriculture, le
développement rural, les sols, la sécheresse, la
désertification, l'Afrique;
-
2010/2011 – les transports, les
substances chimiques, la gestion des déchets, l'activité
minière, le cadre décennal des programmes axés sur les modes
durables de consommation et de production;
-
2012/2013 – les forêts, la
biodiversité, la biotechnologie, le tourisme, les zones
montagneuses;
-
2014/2015 – les océans et les
mers, les ressources marines, les PEID, la gestion des
catastrophes et de la vulnérabilité;
-
2016/2017 – l'évaluation
générale de la mise en œuvre du Plan d'Action 21, le
Programme de la Suite de la Mise en Application du Plan
d'Action 21, et le PMAJ.
L'annexe explique que les cycles couvrant
la période 2010-2015 (cycles 4 à 6) demeureront partie
intégrante du programme de travail, à moins que la Commission
n'en décide autrement. La décision stipule que les thèmes
transversaux suivants seront abordés dans chaque cycle:
-
l'éradication de la pauvreté;
-
le changement des modes non
durables de consommation et de production;
-
la protection et la gestion des
ressources naturelles de base du développement économique et
social;
-
le développement durable dans
un monde en cours de globalisation;
-
la santé et le développement
durable;
-
le développement durable des
PEID;
-
le développement durable de
l'Afrique;
-
autres initiatives régionales;
-
les moyen d'exécution;
-
le cadre institutionnel du
développement durable;
-
l'égalité des sexes; et
-
le travail de sensibilisation.
L'ETABLISSEMENT DES RAPPORTS: La
question de l'établissement des rapports à la CDD fut d'abord
abordée dans le Groupe de Travail II, le lundi 5 mai. Ce thème
fut l'objet de longues négociations tout au long de la semaine,
avant qu'une décision sur ce sujet, put être adoptée en
Plénière, le vendredi 9 mai.
Après un premier échange de points de vue
et la présentation, lundi, des amendements suggérés par les
délégations, un certain nombre de points de désaccord
commencèrent à émerger autour des libellés faisant référence à
des sujets tels que ceux du suivi, des indicateurs, aux forums
régionaux consacrés à la mise en œuvre, des contributions
locales et départementales, des mécanismes nouveaux et
innovants de soumission des rapports, et du rôle des parties
prenantes.
L'un des points polémiques précoces, fut la
proposition de l'UE qui souligne le besoin d'un système
efficace pour l'établissement des rapports " et le suivi," au
lieu du seul établissement des rapports. Cette proposition et
une suggestion avancée par la Norvège, de se référer à "l'élaboration
d'indicateurs," comme étant essentielle à l'évaluation des
progrès réalisés dans les objectifs de développement durable,
trouvèrent l'opposition du G-77/Chine. Au terme de longues
discussions, une formule de compromis fut trouvée pour les
deux questions du suivi et des indicateurs. S'agissant du
suivi, les délégués acceptèrent un libellé soulignant qu'un
système efficace d'établissement des rapports est "essentiel à
la revue, à l'évaluation, et au suivi des progrès." Au sujet
des indicateurs, le libellé avancé par la Norvège soulignant
que leur élaboration est "essentielle" à l'évaluation des
progrès, fut supprimé et remplacé par un libellé reflétant la
formulation retenue dans le paragraphe 130 du PMAJ, qui
encourage la poursuite du travail sur les indicateurs par les
pays, à l'échelon national, sur une base volontaire.
Le libellé soulignant l'importance de
l'élaboration des états d'avancement de la mise en œuvre, pour
les forums régionaux proposés, consacrés à ce sujet, donna
lieu également à un certain débat. L'UE et la Suisse
appuyèrent cette référence, mais le G-77/Chine, l'Australie,
le Canada, le Japon, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis
insistèrent sur sa suppression, arguant qu'il étant
susceptible de donner lieu à un double système d'élaboration
des rapports. Les délégués rejetèrent aussi une proposition
avancée par la Suisse appelant à donner à la CDD l'instruction
d'envisager des mécanismes d'établissement des rapports,
nouveaux et innovants, tels que les revues par les pairs.
Alors que l'UE, le Canada et d'autres Etats apportèrent leur
soutien à cette proposition, sur le motif qu'elle encourage
l'innovation, le G-77/Chine, les Etats-Unis et l'Australie
arguèrent qu'il était prématuré d'envisager de nouveaux
mécanismes, et qu'elle était en contradiction avec l'objectif
agréé consistant à rationaliser les systèmes d'élaboration des
rapports.
Le caractère que doivent revêtir les
"contributions" apportées dans l'élaboration des rapports
destinés à la CDD, requit également une longue négociation.
L'opposition du G-77/Chine à une proposition de l'UE de faire
référence aux contributions "locales" et "sous-nationales,"
aboutit à une formule de compromis stipulant que
l'établissement des rapports doit intégrer les contributions
provenant "de tous les niveaux, tel qu'approprié, y compris
des échelons national, sous-régional, régional et
international."
Le libellé Final: la décision
souligne qu'un système efficace d'élaboration des rapports est
essentiel à la revue, à l'évaluation et au suivi de l'état
d'avancement de la mise en œuvre, pour le partage des leçons
apprises et des bonnes pratiques, et pour l'identification des
actions entreprises, ainsi que des opportunités offertes et
des obstacles posés dans la mise en œuvre. Tout en notant que
cela devait revêtir un caractère volontaire, la décision
encourage les pays à présenter des rapports nationaux
focalisés sur les progrès concrets réalisés dans la mise en
œuvre. Elle soutient la poursuite du travail sur les
indicateurs au niveau national, tout en notant que cela devait
également s'effectuer sur une base volontaire et en harmonie
avec les conditions et les priorités nationales. Elle requiert,
par ailleurs, du Secrétaire Général, la considération, dans
son rapport à la CDD, des progrès accomplis sur cette
question. La proposition de l'UE appelant à inviter le
Secrétariat à consulter le Bureau, les gouvernements, diverses
parties prenantes et les organisations des Nations Unies, dans
la poursuite de l'élaboration des lignes directrices, reçut le
soutien du Canada, de la Suisse, de l'Australie et des
Etats-Unis. Toutefois, la référence aux parties prenantes fut
rejetée par le G-77/Chine. Une proposition de compromis
appelant à faire référence plutôt aux "Principaux Groupes, le
cas échéant," fut également rejetée en Plénière, durant la
matinée du vendredi 9 mai, lorsque le G-77/China insista sur
sa suppression. Les questions en suspens étant toutes résolues,
les délégués approuvèrent finalement cette partie de la
décision.
La décision établit diverses considérations
pour guider l'élaboration des rapports destinés à la CDD, y
compris le besoin de voir ces rapports:
-
refléter les progrès généraux réalisés
dans le domaine des trois piliers du développement durable,
et inclure les contributions provenant de tous les niveaux,
tel qu'approprié;
-
utiliser, autant que possible, les
systèmes d'élaboration des rapports disponibles;
-
se focaliser sur les progrès concrets
réalisés dans la mise en œuvre, y compris les actions
entreprises, les contraintes posées, les défis à relever et
les opportunités offertes; et
-
utiliser les indicateurs de manière
efficace.
La décision requiert aussi du Secrétariat
de la CDD, en coopération avec d'autres organisations des
Nations Unies, la prise de mesures pour la simplification de
l'établissement des rapports, et la mise à disposition d'une
assistance technique dans ce domaine, aux pays qui la
réclament, en utilisant à la fois les sources régulières et
celles extra-budgétaires.
LA COORDINATION DU SYSTEME DES NATIONS
UNIES: les délégués abordèrent ce sujet dans le Groupe de
Travail II, les lundi 5 et mardi 6 mai, achevant leurs
négociations autour de ce point, le jeudi 8 mai.
Le groupe de travail examina les trois
paragraphes portant sur l'amélioration des contributions aux
fonds, programmes, agences spécialisées et autres organes des
Nations Unies dans la mise en œuvre du développement durable.
Le délégués des Etats-Unis, appuyé par l'Australie et le
Canada, proposèrent la suppression le chapitre entier, sur le
motif qu'il n'ajoute rien de nouveau et qu'il ne fait que
simplement paraphraser le PMAJ. Toutefois, l'UE et le
G-77/Chine insistèrent sur son maintien. Dans le paragraphe
appelant toutes les organisations pertinentes à s'impliquer
activement dans les travaux de la CDD portant sur le PMAJ, le
délégué des Etats-Unis proposa d'y faire référence au
paragraphe 140(a) du PMAJ, qui traite de questions similaires.
Il proposa aussi la suppression de la liste spécifiant les
nouvelles mesures nécessaires à la mise en œuvre du PMAJ. L'UE
suggéra d'y faire référence plutôt à l'ensemble des Clauses
140, qu'à 140(a) uniquement.
Les délégués débattirent également du
libellé demandant au Secrétaire Général de soumettre un
rapport décrivant la réponse apportée par le système des
Nations Unies, au PMAJ. Le G-77/Chine et les Etats-Unis ne
parvinrent pas à accepter la proposition de l'UE, d'insérer un
libellé décrivant la réponse des Nations Unies aux domaines
qui ne correspondent pas aux prérogatives d'une agence, chef
de file, claire, tels que ceux de l'eau, de l'énergie et des
modes de consommation et de production. Au sujet des
propositions décrivant la réponse du système des Nations Unies,
au développement durable, les délégués apportèrent leur appui
à la proposition suisse, de prendre en ligne de compte le
travail du groupe de travail spécial sur le suivi des
principales conférences des Nations Unies. Les négociations
prirent fin, jeudi après-midi, et le texte fut adopté par le
Plénière, vendredi.
Le Libellé Final: La décision
invite les agences, les programmes et fonds pertinents des
Nations Unies, le FEM et les institutions financières et
commerciales internationales et régionales, dans le cadre de
leurs mandats, à participer activement dans les travaux de la
CDD et à informer la Commission de leurs activités dans le
domaine de la mise en œuvre du développement durable. Elle
contient une liste spécifiant qu'il est essentiel
d'entreprendre de nouvelles mesures visant, entre autres: à
promouvoir des liens plus forts entre les mesures de mise en
œuvre mondiale, régionale et nationale; à renforcer la
cohérence et la collaboration au sein et entre les
organisations; et, à mobiliser et à accroître l'utilisation
efficace des ressources. La décision requiert également du
Secrétaire Général de l'ONU, de poursuivre la promotion de la
coopération et de la coordination entre les agences et à
travers tout le système des Nations Unies, pour impulser la
mise en œuvre du développement durable, en tenant compte du
processus en cours de la réforme de l'ONU, et en utilisant les
pouvoirs du Comité Directeur, et de présenter un rapport sur
ses activités, à l'ECOSOC et à la CDD. Elle demande aussi au
Secrétaire Général, d'inclure dans son rapport, des
propositions rendant compte d'une réponse intégrée et
exhaustive du système des Nations Unies en matière de
développement durable, en prenant en ligne de compte les
résultats du groupe de travail spécial sur le suivi des
conclusions des principales conférences des Nations Unies.
Durant les discussions du groupe de
travail, un certain nombre de points de divergence furent
soulevés. Ils portaient sur une variété de questions, et
notamment sur les références aux parties prenantes et autres
corps constitués, et au "niveau" de participation des
Principaux Groupes Sociaux dans la réunion de haut niveau. Les
références proposées aux "parties prenantes," à la "société
civile" et autres corps constitués, tels que les scientifiques
et les éducateurs, donnèrent lieu à de longues tractations, et
ne furent finalement résolues qu'au cours de la Plénière de
clôture. Dans le groupe de travail, l'UE, les Etats-Unis et
nombre d'autres pays firent part de leur préférence pour un
libellé permettant l'engagement de contributions plus
importantes dans le processus de la CDD. Le G-77/Chine argua,
toutefois, qu'il était inapproprié, dans certains cas, d'aller
au-delà de la formulation d'origine qui, de manière générale,
se référait juste au Principaux Groupes.
LES PRINCIPAUX GROUPES: La question
de l'amélioration de la contribution apportée par les
Principaux Groupes Sociaux fut abordée par le Groupe de
Travail II, le lundi 5 mai. Au terme de longues tractations,
le Groupe parvint à résoudre la plupart des points de
divergence, à temps, pour la Plénière de clôture, qui eut lieu
vendredi 9 mai, au cours de laquelle les deux dernières
parties litigieuses du texte furent enfin approuvées.
Jeudi soir, après de longues discussions,
le sous-paragraphe consacré à la promotion d'une participation
améliorée de la "société civile et autres parties prenantes
pertinentes" dans la mise en œuvre, fut approuvé. Cependant,
dans le cadre de l'accord conclu sur le texte, l'UE, les
Etats-Unis, l'Australie et d'autres Etats, acceptèrent en
retour, la requête du G-77/Chine de supprimer le paragraphe
dressant la liste des divers(es) corps constitués/parties
prenantes, tels que les handicapés, les groupes de
consommateurs, les éducateurs, les parlementaires, les media,
et les personnes âgées. La référence à la communauté
scientifique et aux éducateurs fut, toutefois, insérée
ailleurs dans le texte. En dépit de longues négociations, le
groupe de travail ne parvint pas au consensus sur les deux
références additionnelles à "autres parties prenantes
pertinentes" proposées ailleurs dans le chapitre. Ces
dernières furent référées à la Plénière qui approuva le
compromis négocié par l'intermédiaire du Canada, consistant à
remplacer cette référence particulière par une formulation
notant le chapitre pertinent du PMAJ.
Un autre point de divergence fut celui de
la question de savoir comment le texte devait guider les
Principaux Groupes dans la détermination de leur
représentation dans la réunion de haut niveau. Le G-77/Chine,
le Brésil et l'Arabie Saoudite encouragèrent l'insertion d'une
référence à la participation de représentants de "haut rang"
des Principaux Groupes, arguant que cela était approprié pour
l'interaction avec des ministres. Toutefois, le Canada, le
Mexique, la Suisse et plusieurs autres pays, préférèrent une
formulation moins normative, notant que, dans certains cas,
les représentants les plus haut-placés des Principaux Groupes
ne sont pas ceux, de l'échange avec lesquels, les ministres
bénéficieraient le plus. La discussion aboutit à une
formulation de compromis, appelant à une participation "au
niveau approprié."
Le Libellé Final: La décision
stipule que les contributions à la CDD provenant des
Principaux Groupes, y compris la communauté scientifique et
les éducateurs, doivent être améliorées à travers des mesures
telles que celles consistant à:
-
renforcer la participation des
Principaux Groupes dans les activités, de la CDD, notamment,
à travers le dialogue interactif durant le segment de haut
niveau;
-
faire en sorte que le dialogue
avec diverses parties prenantes soit plus axé sur l'action
et sur la mise en œuvre;
-
améliorer la participation et
l'implication effective de la société civile et autres
parties prenantes pertinentes dans la mise en œuvre, et
promouvoir la transparence et la participation, plus
générale, du public;
-
s'efforcer d'établir un
meilleur équilibre dans la représentation des Principaux
Groupes et dans la représentativité de toutes les régions;
et
-
soutenir l'implication active
dans les partenariats en rapport et dans les activités de
renforcement des capacités, à tous les niveaux, y compris
les Foires aux Partenariats et les Centres d'Apprentissage.
LES PARTENARIATS: Les discussions
autour de la question des partenariats se déroulèrent dans le
Groupe de Travail II, le lundi 5 et le mercredi 7 mai, puis
dans un groupe de contact présidé par Irena Zubcevic, le jeudi
8 mai.
Les discussions s'y focalisèrent sur le
rôle de la CDD en tant que point de référence pour les
partenariats, les critères et les lignes directrices, et les
exigences en matière d'élaboration des rapports concernant les
partenariats. L'Australie, l'UE et les Etats-Unis plaidèrent
pour un rôle pour la CDD, dans le domaine de la mobilisation
de nouveaux partenariats, outre le suivi de ceux existants.
Les délégués débattirent d'une proposition du G-77/Chine,
clarifiant que les partenariats ne sont pas conçus pour se
substituer aux engagements pris par les gouvernements. Le
délégué des Etats-Unis préféra "aux accords
intergouvernementaux" à la place et lieu de "aux engagements."
L'UE proposa "aux divers engagements intergouvernementaux." Ce
point fut résolu dans une consultation officieuse, le mercredi
soir, les délégués s'étant accordés sur une référence aux
"engagements intergouvernementaux pris dans le cadre de la
mise en œuvre du Plan d'Action 21, du Programme de la Suite de
la Mise en Application du Plan d'Action 21, et du PMAJ."
Au sujet des lignes directrices, la Suisse
et les Etats-Unis, contrés par le G-77/Chine, proposèrent
d'avaliser les Principes Directeurs de Bali comme cadre
général pour l'établissement des partenariats. L'UE indiqua
que les lignes directrices présentées dans le projet de texte,
ne sont pas suffisamment exhaustives, et appuya l'idée de "prendre
en ligne de compte" les Principes Directeurs de Bali et la
résolution 56/ 76 de l'Assemblée Générale. Cela trouva
l'opposition du G-77/China, et les délégués s'accordèrent sur
une formule de compromis qui "prend note" de la résolution et
du travail sur les partenariats entrepris dans le cadre du
processus préparatoire. Les délégués débattirent d'un libellé
stipulant que les partenariats doivent être en harmonie avec
les législations nationales, le G-77/Chine insistant pour
qu'ils soient également en harmonie avec les priorités
nationales, et l'UE, appuyée par le Japon et la Suisse,
suggéra qu'ils soient en phase avec les priorités du
développement durable. Le groupe s'accorda finalement pour
dire que les partenariats doivent être en harmonie avec les
législations nationales, les SNDD, et les priorités des pays
dans lesquels la mise en œuvre a lieu. Les délégués
examinèrent puis approuvèrent une proposition de la Suisse
stipulant que la conception et la mise en œuvre des
partenariats doivent être transparentes, outre le fait
qu'elles doivent être redevables de comptes.
Au sujet de la soumission des rapports,
l'UE plaida pour des rapports biennaux. La Nouvelle Zélande et
les Etats-Unis s'y opposèrent, indiquant que la soumission de
rapports doit être volontaire. Les négociations autour des
priorités nationales et des exigences en matière d'élaboration
des rapports, prirent fin, jeudi, à une heure tardive de la
soirée, et le texte consacré aux partenariats fut adopté le
vendredi 9 mai, en Plénière.
Le libellé Final: La décision
comporte quatre paragraphes décrivant le rôle des partenariats,
des critères et lignes directrices, des rapports, et des
activités visant à renforcer les partenariats. Elle réitère
l'importance des partenariats, en tant qu'initiatives
appartenant aux parties prenantes, contribuent aux engagements
intergouvernementaux de la mise en œuvre du développement
durable, et note qu'ils viennent compléter, et non se
substituer à ces engagements. La décision prend note de la
résolution A/RES/56/76 de l'Assemblée Générale et des
Principes Directeurs de Bali, et prévoit une série de critères
et de lignes directrices, stipulant que les partenariats sont
volontaires et doivent contribuer au développement durable.
Ils doivent être aussi, entre autres:
-
nouveaux et dotés d'une valeur ajoutée
palpable, pour le processus de mise en œuvre;
-
fondés sur des ressources prévisibles et
soutenues consacrées à leur mise en application, et aptes à
intégrer la mobilisation des ressources nouvelles et, le cas
échéant, aptes à donner lieu à un transfert de technologies
et un renforcement des capacités, vers et dans les pays en
développement;
-
conçus et mis en œuvre de manière
transparente et imputable;
-
annoncés publiquement dans l'intention de
partager la contribution spécifique apportée à la mise en
œuvre du développement durable; et
-
en harmonie avec les législations
nationales, les SNDD, et les priorités des pays dans
lesquels la mise en œuvre a lieu.
L'élaboration des rapports par les
partenariats doit être transparente, participative, et
crédible, et doit tenir compte du fait que l'enregistrement
des partenariats devra être volontaire, et du fait que les
partenariats doivent soumettre des rapports réguliers, de
préférence, à une fréquence au moins biennale. La décision
requiert du Secrétariat de mettre à disposition les
renseignements disponibles concernant les partenariats et de
produire un rapport de synthèse, à soumettre à la Commission,
pour considération. Elle stipule aussi que la Commission doit
examiner la contribution des partenariats dans la mise en
œuvre du développement durable, à son Année d'Evaluation, en
vue de partager les leçons apprises et les bonnes pratiques,
d'identifier et de traiter les problèmes, les lacunes et les
contraintes, et de fournir des orientations durant l'Année
Politique.
LE BUREAU DE LA CDD
Les délégués procédèrent à l'examen du
paragraphe consacré au Bureau, dans le Groupe de Travail II,
les mercredi 7 et jeudi 8 mai. Le G-77/Chine préféra un Bureau
tournant sur une année, le Canada, avec d'autres pays,
souhaita un Bureau doté d'un mandat biennal. Les commentaires
se focalisèrent sur le risque de voir un terme biennal donner
lieu à des complications d'ordre juridique et autres, par
rapport au terme de trois ans de la validité de l'adhésion à
la CDD. Les délégués acceptèrent une proposition des
Etats-Unis de transmettre une décision séparée, à l'ECOSOC,
pour considération, et le libellé de cette décision fut adopté
en Plénière, le vendredi 9 mai.
La Décision Finale: La décision
finale concernant le Bureau figure dans le rapport de la
CDD-11 (E/CN.17/2003/L.1). La décision requiert de l'ECOSOC,
de considérer le terme du mandat du Bureau de la CDD, dans les
sessions futures, en tenant compte du cycle de travail biennal
retenu pour la CDD.
L'ACCREDITATION DES ONG
Ce sujet fut abordé dans le Groupe de
Travail II, l'après-midi du jeudi 8 mai, lorsque les délégués
se penchèrent sur le projet de décision concernant le statut
des ONG et autres Principaux Groupes accrédités auprès du SMDD.
Le délégué des Etats-Unis suggéra un libellé alternatif,
notant qu'il souhaitait s'assurer que ce sujet sera traité
avec la Commission de l'ECOSOC, chargée des ONG, et non dans
le cadre d'un quelconque nouveau processus. Le Royaume-Unis,
intervenant au nom de l'UE, mit en relief le retard accumulé
dans le traitement de la question de l'accréditation des ONG
et le besoin de la régler de manière rapide. Après de longues
discussions, les délégués s'accordèrent sur un libellé forgé
pour accommoder les deux positions exprimées.
La Décision Finale: La décision
finale est contenue dans le rapport de la CDD-11
(E/CN.17/2003/L.1). La décision prend en ligne de compte, la
résolution 1996/31 de l'ECOSOC et reconnaît le besoin de
prendre une décision en faveur de la manière la plus efficace
et la plus expéditive pour l'accréditation des ONG. Elle
recommande que l'ECOSOC procède, conformément au règlement
intérieur des Nations Unies et en prenant note du travail en
cours de la Commission chargée des ONG, à l'examen du statut
des ONG accréditées auprès du SMDD, de manière à permettre à
la CDD de bénéficier de leurs contributions dans les meilleurs
délais possibles.
LE ROLE DE LA COMMISSION DANS LE PROCESSUS
PREPARATOIRE DE L'EVALUATION EXHAUSTIVE DU PROGRAMME D'ACTION
POUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE DES PETITS ETATS INSULAIRES EN
DEVELOPPEMENT
Cette évaluation exhaustive du programme
d'action de la Barbade (PAB) pour le Développement Durable des
Petits Etats Insulaires en Développement fut brièvement abordé
dans la Plénière, le lundi 5 mai, puis dans des consultations
informelles, facilitées par John Ashe (Antigua et Barbuda),
les mardi et mercredi 6 et 7 mai. Les délégués se déclarèrent,
d'une manière générale, satisfaits du projet de décision, qui
avait été présenté par Fidji, au nom du G-77/Chine. En vue de
garantir une grande visibilité aux questions ayant trait au
PEID, le G-77/Chine mit l'accent sur son souhait de voir une
réunion préparatoire de trois jours incluse dans le programme
de travail de la CDD-12. L'UE souhaita avoir des
éclaircissements sur l'objectif d'une telle réunion, et les
Etats-Unis et le Japon mirent en garde contre toute prise de
décision concernant la portée et l'ordre du jour de la CDD-12
qui risquerait de prédéterminer le résultat des négociations
menées dans les groupes de travail. Les délégués souhaitèrent
avoir des clarifications sur des questions budgétaires, et le
Secrétariat signala qu'il n'y avait pas assez de fonds dans
les économies du budget pour la couverture des réunions
préparatoires, indiquant qu'il entendait appeler à des
contributions volontaires pour la couverture du déficit.
Après confirmation des dates et lieux des
réunions préparatoires régionales, les délégués approuvèrent
le projet de décision, lequel, fut transmis au Groupe de
travail II, et approuvé, le jeudi 8 mai. Les délégués
adoptèrent la décision en Plénière, le vendredi 9 mai.
La Décision Finale: La décision
concernant les PEID, attachée au Rapport de la session
(E/CN.17/2003/L.1), stipule que la Commission tiendra une
réunion préparatoire de trois jours, de la réunion
internationale, durant la CDD-12. Cette réunion de trois jours,
finalisera les préparatifs de la réunion internationale, y
compris son ordre du jour. Elle examinera aussi le rapport de
synthèse du Secrétaire Général qui sera fondé sur les
recommandations figurant dans les rapports d'évaluation
nationaux des PEID, les rapports des ateliers thématiques
d'experts, et les rapports des réunions préparatoires
régionales et inter-régionales. La décision invite, en outre,
les donateurs internationaux et la communauté du développement,
et les organisations internationales à fournir l'information
concernant leurs activités menées pour le soutien de la mise
en œuvre du PAB, et requiert du rapport de synthèse du
Secrétaire Général de procéder à la considération de cette
information. La décision appelle la communauté internationale,
les agences des Nations Unies et les OIG, à apporter leur
soutien aux efforts des PEID dans la préparation des rapports
d'évaluation nationaux, qui doivent être achevés d'ici juillet
2003. Elle fixe également les dates et lieux des réunions
préparatoires régionales et inter-régionales:
-
les PEID du Pacifique: Apia, Samoa, du 4
au 8 août 2003;
-
les PEID des Caraïbes: Port d'Espagne, à
Trinité et Tobago, du 18 au 22 août 2003;
-
les PEID de l'Atlantique, de l'Océan
Indien, de la Méditerranée et des Mers du Sud de la Chine
(AIMS): Praia, Cap-Vert, du 1er au 5 septembre
2003; et
-
une réunion préparatoire Inter-régionale,
avec participation ministérielle, pour tous les PEID,
Nassau, Bahamas, du 26 au 30 janvier 2004.
La décision termine par une requête au
Secrétaire Général, de travailler dans le cadre des ressources
disponibles, et d'utiliser les économies budgétaires et les
contributions volontaires, en fonction des besoins, pour le
processus préparatoire.
POINTS DIVERS
Sous ce point de l'ordre du jour, la
Commission approuva, sans discussion, deux documents:
Révisions proposées pour le sous-programme 4, le développement
durable du programme 7, les affaires économiques et sociales,
du plan à moyen terme pour la période 2002-2005
(E/CN.17/2003/4); et le projet de programme de travail de la
biennale 2004-2005 pour la Division du Développement Durable,
du Département des Affaires Economiques et Sociales
(E/CN.17/2003/5).
L'ORDRE DU JOUR PROVISOIRE DE LA CDD-12
L'ordre du jour provisoire de CDD-12
(E/CN.17/2003/L.1) fut examiné par la Plénière de clôture, le
vendredi 9 mai. L'ordre du jour adopté moyennant quelques
amendements mineurs introduits par l'Ile Maurice, au nom de
l'AOSIS, stipulant que l'ordre du jour rend compte de la
décision de la CdD-11, concernant les PEID, d'inclure une
réunion préparatoire de la réunion internationale, étalée sur
trois jours et consacrée à l'évaluation de la mise en
application du PAB. Outre le traitement des questions de
procédure, la CDD-12 examinera l'ensemble thématique retenu
pour le cycle 2004/2005.
LA PLENIERE DE CLOTURE
Au cours de la Plénière de clôture de la
CDD-11, vendredi 9 mai, Le Président Moosa présenta la
décision concernant la Voie de la Mise en Œuvre du Plan
d'Action 21 et le PMAJ: le Programme, l'Organisation et les
Méthodes des travaux Futurs de la Commission. Après un dernier
débat et l'introduction d'un certain nombre d'amendements dans
le texte, la décision fut adoptée par acclamation. Les
délégués adoptèrent également le projet de rapport de la
session (E/CN.17/ 2003/L.1).
Dans ses remarques de clôture, le Président
Moosa attira l'attention sur la présence d'un nombre important
de ministres, de chefs d'agences des Nations Unies, et de
représentants des Principaux Groupes, et affirma que la CDD-11
venait d'envoyer au monde "un message clair, en ces temps
troubles, pour dire que la plupart des pays continuent à
s'investir dans la recherche de solutions multilatérales pour
nos problèmes." Il a également noté que les délégués ont conçu
un programme de travail axé sur l'action, pour la mise en
œuvre à tous les niveaux, qui englobe une intégration réussie
du Plan d'action 21, du Programme de la Suite de la Mise en
Œuvre du Plan d'Action 21, du PMAJ et des ODM. Il remercia
aussi le Sous-secrétaire Général chargé des Affaires
Economiques et Sociales sortant, Nitin Desai, pour sa
contribution au développement durable, dans le système des
Nations Unies.
Dans une brève déclaration, Desai remercia
les participants et mit en exergue la CDD, comme étant
centrale pour la tâche de mise en œuvre du développement
durable. Le Président Moosa clôtura les travaux de la Plénière
finale à 13h25.
COMPTE RENDIU DE LA CDD-12
Après l'ajournement de la CDD-11, Le
Président Moosa déclara ouverte la première réunion de la
CDD-12 pour l'élection de son Président et Bureau. Borge
Brende, Ministre Norvégien de l'Environnement, fut élu
Président de la CDD-12, par acclamation. La Commission élit
également l'Ambassadeur Bruno Stagno (Costa Rica), Vice-président,
au nom de la Région Amérique Latine et Caraïbe. Le Président
Moosa indiqua que les membres du Bureau seront élus à une date
ultérieure. La réunion fut ajournée à 13h30.
BREVE ANALYSE DE LA CDD-11
"A Johannesburg nous sommes entrés dans un
pacte solennel, avec des générations futures qui n'ont encore
pas vu le jour, en nous engageant à ne pas détruire notre
planète terre bien aimée. Nous y avons également conclu un
accord, avec les pauvres et les affamés, de nous assurer du
développement économique et social. A présent, les pauvres
regardent et attendent de voir si la faim, la maladie et le
réchauffement de la planète seront affrontés avec la même
vigueur dont certains ont fait montre sur le front militaire."
Ces sentiments fermement à l'esprit, les
délégués ont commencé leurs négociations post-Johannesburg,
dans l'objectif de mettre en place un modus operandi
pour la CCD, quant à la fourniture des orientations
pratiques nécessaire à la mise en application des conclusions
du SMDD. Le principal défi dressé devant les négociateurs
consistait en la traduction du "mandat de Johannesburg" de
revitaliser la CDD, en un programme de travail pratique
susceptible de lui permettre d'influer réellement sur les
réponses devant être apportées au développement durable à
l'échelle internationale et aux échelons régional et national.
Avec ces mots, le Président de la CDD-11, Valli Moosa, devait
établir le ton de la première session de la Commission après
le Sommet Mondial sur le Développement durable. Tout au long
de la session, le Président Moosa est retourné sans cesse à ce
thème, rappelant aux délégués, le rôle de la session dans le
renforcement du multilatéralisme, et les exhortant à "envoyer
au monde un message disant que ce sur quoi on s'est mis
d'accord au SMDD est en train d'avancer et que les délégués
ont établi le programme du travail à faire, avec enthousiasme."
Pour Moosa, la CDD-11 est l'occasion, non seulement de
revitaliser la CDD, mais de le faire d'une manière qui
démontre clairement que le multilatéralisme, et l'ONU
elle-même, ont un rôle central à jouer dans le traitement des
problèmes posés au monde.
En dépit de l'engagement général en faveur
de la mise en application du PMAJ, plusieurs délégations ont
appréhendé le programme de travail futur de la CDD avec des
notions différentes, voire contradictoires avec ce que "le
mandat de Johannesburg" de la CDD comportait en réalité. Ces
approches contradictoires étaient particulièrement apparentes
dans les discussions autour du calendrier des sessions de la
CDD et des réunions de haut niveau, du nombre de thèmes à
aborder dans chacun des cycles biennaux, et le rôle des
Principaux Groupes et autres parties prenantes pertinentes,
non identifiés à l'origine dans le Plan d'Action 21. Cette
analyse examine les points probants et les points de
convergence émergeants, ainsi que les points de divergence et
les imperfections, constatés dans le contexte du rôle que doit
jouer la CDD quant à l'approche multilatérale dans le domaine
du développement durable.
PARTAGER L'AVENIR
LES PRIORITES DE QUI? L'un des points
importants inscrits à l'ordre du jour de la CDD-11 était la
question de l'ordre prioritaire à donner aux thèmes et
questions, appelés à être traités dans les cycles de travail
futurs de la CDD. Plusieurs pays en développement ont déclaré
clairement souhaiter voir tous les thèmes identifiés dans le
Plan d'Action 21, bénéficier d'une attention égale, mais
nombre de pays industrialisés ont pris, ce qu'un observateur a
décrit comme étant une approche où "certains thèmes sont plus
égaux que d'autres." A signaler, en particulier, que les
délégués des pays en développement et les représentants des
Principaux Groupes ont relevé, dans les rangs de certains pays
industrialisés, comme une réticence à se concentrer sur les
questions ayant trait aux modes de consommation et de
production, thème qui, pour reprendre l'expression d'un
participant, "touche à l'os." Pour leur part, les délégués des
pays industrialisés ont argué que l'approche focalisée est
l'unique voie logique à prendre.
Ces différentes perspectives ont été
reflétées dans les négociations menées autour de nombre de
sujets devant être considérés dans chacun des cycles de
travail futurs de la CDD: L'UE souhaitait l'examen de trois
thèmes par cycle, le G-77/Chine en voulait six, et la majeure
partie des pays membres du groupe JUSCANZ n'en désirait qu'un
seul. En réaction à l'approche d'un thème unique par cycle, le
porte-parole du G-77/Chine a commenté, non sans sarcasme, "qu'à
un tel rythme, cela prendra 50 ans" pour traiter l'ensemble
des thèmes. Pour leur défense, les délégués des pays
industrialisés ont fait remarquer que la limitation des sujets
à examiner, à un par cycle, est un moyen d'accroître la
vraisemblance d'une plus grande participation de ministres
autres que ceux de l'environnement. Comme l'a indiqué l'un des
négociateurs, "vous ne saurez raisonnablement vous attendre à
ce que la moitié de votre gouvernement assiste à la session de
la CDD."
Au terme de négociations et de tractations
qui se sont étalées parfois jusqu'à une heure tardive de la
nuit, les participants sont parvenus à une solution de
compromis, établissant que le programme de travail de la CDD,
concentré sur trois à six sujets par ensemble thématique,
s'effectuerait à travers un prisme de thèmes transversaux,
fondés principalement sur l'intitulé des chapitres du PMAJ.
Le consensus autour des thèmes qui seront
réellement abordés au cours des deux ou trois premiers cycles
a été atteint, en quelque sorte, de manière plus rapide. L'eau
et l'énergie, ne disposant pas, pour ainsi dire, de foyer
institutionnel particulier clairement défini au sein du
système des Nations Unies, la CDD devrait, par voie de
conséquence, être en mesure d'y jouer un rôle important. Les
deux thèmes ont été retenus pour les deux premiers cycles.
Certains participants ont accueilli cet
accord sur les thèmes clés proposés pour les cycles de
travail, avec enthousiasme; pour eux, le "pacte de
Johannesburg", mentionné par le Président Moosa, venait de
franchir son premier obstacle, et pouvait désormais aller de
l'avant pour tenir ses promesses de mise en œuvre. Reste que
les participants n'ont pas, tous, perçu le débat autour des
principaux thèmes, du même angle. En fait, nombre de vétérans
du processus, éprouvant apparemment un sentiment de déjà vu,
ont fait remarquer qu'il n'y a rien eu de nouveau dans ce
débat, qui, ont-ils affirmé, a reflété de manière étroite le
débat mené et le programme de travail adopté à la première
réunion de la Commission tenue en 1993, après le Sommet de
Rio. Cette réunion, ont-il noté, partage un fardeau similaire
dans l'élaboration du programme de travail devant guider les
premiers pas de la communauté internationale vers la mise en
application du Plan d'Action 21.
LES DESENGAGER? Un autre sujet qui a
posé difficulté au "pacte" de Moosa, a été la proposition
appelant à ce que les thèmes-cadres futurs de la CDD soient le
développement durable et l'éradication de la pauvreté. Cette
proposition a été, d'une manière générale, bien accueillie par
les pays en développement, ainsi que par les Etats-Unis et un
certain nombre d'autres pays industrialisés. Cependant, les
représentants des Principaux Groupes se sont déclarés peu à
l'aise avec cette approche, craignant de la voir "rééditer le
cycle des 30 ans" qui nous ramène à 1972. Ces observateurs
estiment que l'ordre du jour international établi à Stockholm,
était conçu principalement, pour le traitement des
préoccupations environnementales des pays de l'OCDE. Il est
évident que l'évolution vers la prise en considération des
préoccupations des pays en développement est la bienvenue,
mais on craint qu'elle permette, en réalité, aux pays
industrialisés de rester "désengagés," une focalisation sur la
problématique de la pauvreté dans les pays du Sud risquant de
détourner l'attention loin de celle des modes non durables de
consommation et de production dans les pays du Nord – sujet,
ont-ils fait remarquer à juste-titre, crucial pour la
concrétisation du développement durable.
ELARGIR LA PARTICIPATION: Une autre
problématique pérenne, posée à CDD, non résolue à cette
session, est celle de savoir comment stimuler l'implication et
susciter l'intérêt des ministres autres que ceux chargés du
porte-feuille de l'environnemental, dans le programme de
travail de la CDD. A ce jour, la CDD n'a pas réussi à attirer
la participation de haut niveau des ministres du commerce, des
finances et autres homologues pertinents. Ceci est également
vrai pour la représentation des ONG, qui sont issues presque
exclusivement du secteur du développement durable et de
l'environnement. A signaler aussi le peu d'implication des
organisations et autres groupes opérant dans les autres
domaines du développement. La CDD n'est pas encore le foyer
commun de la "cause de l'humanité."
Cependant, les tentatives de l'UE, des
Etats-Unis et d'autres pays, d'insérer des libellés appelant à
l'implication de la société civile, par delà les Principaux
Groupes établis, n'ont pas été bien accueillies par certains
pays dans les rangs du G-77/Chine, qui ont argué que cela
constituait en réalité une tentative de renégocier le Plan
d'Action 21 et le PMAJ. Défendant leur volonté de parvenir à
une plus grande inclusion, certains intervenants ont argué que
les résistances dans les rangs du G-77/Chine sont dues à la
sensibilité de certains pays à l'égard de l'ouverture du
processus multilatéral à davantage d'ONG et autres groupes qui
risquent de se servir du forum pour critiquer les politiques
de leurs gouvernements respectifs. Cela, affirment-ils, est un
problème qui risque de déstabiliser l'ensemble du système des
Nations Unies, et pas seulement la CDD. Quelle que soit la
validité de cette critique, les tentatives d'identification de
nouveaux groupes, tels que ceux des éducateurs, des media, des
parlementaires et des personnes âgées, n'ont pas été, dans la
décision finale de la CDD-11, avalisées au-delà de ce qui
avait été approuvé dans le PMAJ.
LES REPONSES REGIONALES: Bien que le
SMDD ait endossé le besoin de renforcer la cohérence des
réponses régionales à la mise en œuvre du développement
durable, ce sujet a mené à des divergences sérieuses dans les
discussions de la CDD sur le rôle des nouveaux forums
régionaux sur la mise en œuvre. Les Etats-Unis et certains
autres pays ont déploré la proposition appelant à tenir ces
forums hors du siège des Nations Unies à New York, estimant
que cela risquait de donner lieu à un processus de la CDD
difficile à manier, et ne leur permettrait sans doute pas,
ainsi qu'à d'autres donateurs, de contribuer aisément au
travaux des diverses régions. Cependant, plusieurs pays ont
estimé qu'une vraie contribution régionale dans le processus
ne pourrait se concrétiser que si ces réunions se tenaient
dans les régions elles-mêmes, étant donné que cela permettrait
une présence élargie, et mettrait à contribution une expertise
locale et régionale plus conséquente, dans le processus de la
CDD. Enfin, le libellé de la décision est favorable à ceux qui
souhaitaient voir quelques-unes des réunions se tenir loin de
l'espace new-yorkais, par trop sous la main mise des
bureaucrates.
L'INNOVATION: L'une des "innovations" à
la CDD-11, a été la décision de démarrer la réunion de haut
niveau le premier jour de la session. Alors que les vues
exprimées sur son efficacité sont mitigées, certains délégués
ont suggéré que cela a, réellement, offert aux ministres, une
bonne occasion d'avoir un dialogue direct sur les questions de
fond et de forme, sans avoir à superviser, au jour le jour,
les négociations autour du projet de décision. En outre, ils
ont réussi à fournir des orientations et des directives
politiques, au lieu de simplement suivre la tendance établie
de la CDD, dans les travaux de laquelle les ministres ont,
jusque là, pris l'habitude de participer en exerçant un impact
minimal. Reste à voir, si cet exercice sera réédité dans les
sessions à venir.
LA COOPERATION MULTILATERALE: L'un des
domaines qui ont des chances de tirer profit de davantage
d'innovation, est celui du travail en cours visant à accroître
la coopération et la collaboration au sein du système des
Nations Unies, en vue d'une réponse plus cohérente aux besoins
de la mise en œuvre identifiés dans le PMAJ. La nécessité
d'une approche plus intégrée a été largement commentée durant
la réunion de haut niveau, et a certainement semblé être prise
à bord par des personnages clés au sein des Nations Unies. A
la fois les représentants des pays et des Principaux Groupes
ont affirmé que cela est un domaine où de nouvelles
améliorations pourraient avoir un impact significatif sur les
efforts fournis en faveur du développement durable.
La quatrième réunion ministérielle de l'OMC
étant prévue plus tard cette année, plusieurs Principaux
Groupes ont déclaré estimer que la CDD n'a pas réussi, de
quelque manière que ce soit, à traiter certaines
préoccupations importantes ayant trait au lien entre l'agenda
du développement durable et celui du commerce international.
Les représentants des Principaux Groupes ont commenté que
l'absence de la moindre allusion au rôle de la CDD quant à
l'intégration de la question du commerce international dans le
programme de travail constitue "une omission majeure qui
viendra hanter les travaux de la CDD sur la mise en œuvre, et
mettre en péril ses chances de réussir," en minant ainsi son
propre mandat.
LES PARTENARIATS: Avant la CDD-11, la
question des partenariats – ou initiatives de Type II – était
considérée comme étant un sujet de litige probable, durant la
session. De la manière dont les choses se sont finalement
présentées, cette question s'est avéré moins litigieuse que
prévu. Quelques pays en développement craignaient, d'avance,
de voir la focalisation sur le thème des partenariats servir
d'excuse pour mettre fin à la focalisation sur les obligations
des pays donateurs. Cette réserve ne semble pas, toutefois,
avoir affecté les discussions de la CDD-11, l'un des délégués
réalisant qu'il y avait assez de marge pour les deux à la fois,
et que la CDD pouvait apporter une valeur ajoutée, en tant que
lieu de référence pour l'encouragement et l'évaluation des
partenariats. En dépit de l'absence de controverse sur ce
sujet, durant la CDD-11, certains participants se sont
déclarés peu à l'aise par rapport à l'absence d'une
orientation claire sur les questions d'imputabilité et de
transparence, à la CDD-11. Les Principaux Groupes ne sont pas
satisfaits de l'idée que l'établissement des rapports doive
revêtir un caractère volontaire, arguant qu'au lieu de cela,
et en retour de la reconnaissance des Nations Unies, les
partenariats devraient, au moins, présenter "des rapports
factuels au système multilatéral" qui pourrait être scrutés,
étudiés et évalués.
LA PROCHAINE ETAPE
La CDD-11 était une transition. Il a été
aussi une transition pour le Sous-secrétaire Général, Nitin
Desai, qui a fait ses adieux à l'ONU, après des années de
travail de soutien à la cause du développement durable au sein
du système. Dans son adresse finale à la Commission, Desai a
rappelé aux délégués que la CDD est l'unique foyer du
développement durable au sein des Nations Unies; pour certains,
elle est le seul endroit où la voie et les préoccupations des
petits pays, peuvent être entendues par-delà "le tintement des
cymbales" de la mondialisation rapide de l'économie et du
recours de plus en plus fréquent, à des réponses unilatérales
au détriment des approches multilatérales.
La CDD-11 approchant de la clôture de ses
travaux, une majorité de délégués ont déclaré estimer que
l'occasion offerte de revitaliser la CDD, n'a pas été
gaspillée. Dans le cadre de son mandat quelque peu modeste, la
CDD-11 a plutôt bien rempli sa tâche. En parvenant à un accord
sur le programme de travail, la CDD a franchi son premier
obstacle, et le "pacte de Johannesburg" avec les pauvres, avec
les privés de droits, et avec l'environnement n'a pas été
rompu. Compte tenu des profonds bouleversements géopolitiques
qui ont lieu dans les centres de pouvoir et de la manière dont
certains agissent et pensent du multilatéralisme, la session
peut être considérée comme un accomplissent politique. Elle
pourrait également être considérée comme une réussite
personnelle du Président Moosa, reflétant le rôle émergeant de
l'Afrique du Sud dans les négociations multilatérales axées
sur le développement durable.
Méditant sur les onze premières années de
la CDD, le délégué d'un pays en développement a noté que "la
faillite des 10 premières années de la CDD à répondre aux
attentes, n'est pas due à quelque aspect organisationnel, mais
à l'échec de la communauté internationale à honorer les
engagements pris à l'échelle intergouvernementale." Reste à
voir comment la nouvelle structure fonctionnera dans le réel
et de quelle manière elle viendra inspirer la mise en œuvre.
Le Président Moosa espère, à l'évidence, voir la CDD être
désormais en mesure de traiter la problématique de la mise en
œuvre, de manière plus sensée. Si les questions pérennes,
telles que celle de l'absence de volonté politique et de
l'inadéquation des financements pouvaient être dépassées, elle
peut avoir une chance de réussir précisément cela.
A SUIVRE D'ICI LA CDD-12
REUNION DU CONSEIL DU FEM: Le Conseil
du Fonds pour l'Environnement (FEM) se réunira du 14 au 16 mai
2003, à Washington, DC. La réunion sera précédée par une
consultation avec les ONG, le 13 mai. Pour de plus amples
renseignements, contacter: le Secrétariat du FEM; tel:
+1-202-473-0508; fax: +1-202-522-3240; e-mail:
secretariatofgef@worldbank.org; Internet:
http://www.gefweb.org
CINQUIEME CONFERENCE MINISTERIELLE
ENVIRONNEMENT POUR l'EUROPE: Prévue du 21 au 23 mai 2003,
à Kiev, en Ukraine, cette conférence ministérielle, parrainée
par l'UNECE, traitera des politiques environnementales en
transition; du suivi environnemental; du troisième rapport
d'évaluation environnementale pan-européenne; de la stratégie
environnementale des pays de l'Europe de l'Est, du Caucase et
de l'Asie Centrale (EECAC); de l'environnement, de l'eau et de
la sécurité en Asie Centrale; des initiatives des zones
montagneuses; de l'éducation environnementale; et de l'énergie.
Pour plus d'informations, contacter: Ella Behlyarova; tel:
+41-22-917-2376; fax: +41-22-917-0630; e-mail:
Ella.Behlyarova@unece.org; Internet:
http://www.unece.org/env/wgso/index_kyivconf.htm
DEUXIEME REUNION SUR LA BIODIVERSITE APRES
JOHANNESBURG - 2010: LE DEFI DE LA BIODIVERSITE: Cette
réunion aura lieu du 21 au 23 mai 2003, à Londres, au
Royaume-Uni. Organisée par la CDB, la CMPM du PNUE, et le PNUD,
elle vise à ouvrir la voie à une meilleure compréhension de la
signification, en termes réels, de l'objectif du PMAJ,
consistant à réduire les pertes de biodiversité d'ici 2010.
Pour davantage de détails, contacter: Jerry Harrison,
UNEP-WCMC; tel: +44-1223-277314; fax: +44-1223-277136; e-mail:
Jerry.Harrison@unep-wcmc.org; Internet:
http://www.unep-wcmc.org
CONFERENCE DE LA C.E. SUR LA GOUVERNANCE
ENVIRONNEMENTALE: Cette conférence se tiendra les 26 et 27
mai 2003, à Volos, en Grèce. Elle se focalisera sur le
tourisme durable, dans l'objectif d'améliorer la coopération
entre l'ensemble des parties prenantes, à l'échelon local,
régional, national, et à l'échelle de l'Europe. Pour plus de
détails, contacter: Edward Cameron, DG Environment; tel:
+32-2-230-5310; e-mail:
edward@cameronsds.com; Internet:
http://europa.eu.int/comm/environment/governance/03052627secondannouncement_en.doc
SOMMET DU G8: Le Sommet du G8 est prévu
du 1er au 3 juin 2003, à Evian-les-Bains, en France. Les
délégués y discuteront des questions ayant trait à la
mondialisation. Parmi les principaux thèmes proposés, il y a
lieu de citer la solidarité, avec un accent particulier sur le
NEPAD, et l'accès à l'eau pour tous. Pour plus d'informations,
visitez:
http://www.g8.fr/evian/english/home.html
PROCESSUS CONSULTATIF INFORMEL DES NATIONS
UNIES SUR LES OCEANS ET LE DROIT DE LA MER: Cette réunion
se déroulera du 2 au 6 juin 2003, à New York. Elle est
organisée par la Division des Nations Unies chargée des
Affaires Océaniques et du Droit de la Mer et la DDD/DAES. La
réunion englobera un groupe de discussion sur la sécurité de
la navigation et la protection des écosystèmes marins
vulnérables, outre les débats de la Plénière. Pour d'autres
renseignements, contacter: Secretary of the UN Open-ended
Informal Consultative Process on Oceans and the Law of the
Sea; tel: +1-212-963-3962; fax: +1-212-963-2811; e-mail:
doalos@un.org; Internet:
http://www.un.org/Depts/los/consultative_process/consultative_process.htm
SB-18 DE LA CCCC: Les Organes
Subsidiaires de la Convention-Cadre sur les Changements
Climatiques se réuniront du 4 au 13 juin 2003, à Bonn, en
Allemagne, pour poursuivre les négociations sur les aspects
institutionnels de la mise en œuvre de la CCCC et du Traité de
Kyoto. Pour plus de renseignements, contacter: UNFCCC
Secretariat; tel: +49-228-815-1000; fax: +49-228-815-1999;
e-mail:
secretariat@unfccc.int;
Internet:
http://www.unfccc.int
CONFERENCE 2003 DE DUBROVNIK SUR
LE DEVELOPPEMENT DURABLE DES SYSTEMES DE L'ENERGIE, DE L'EAU
ET DE L'ENVIRONNEMENT: Cette conférence est prévue du 15
au 20 juin 2003, à Dubrovnik, en Croatie. Parrainée par
l'UNESCO, la réunion se focalisera sur le développement
durable des systèmes de l'énergie, de l'eau et de
l'environnement. Pour plus d'information, contacter the
Secretariat: fax: +385-1-6156940; e-mail:
dubrovnik2003@fsb.hr;
Internet:
http://www.dubrovnik2003.fsb.hr
SEPTIEME SESSION DU COMITE DE
NEGOCIATION INTERGOUVERNEMENTAL DE LA CONVENTION DE STOCKHOLM
SUR LES POLLUANTS ORGANIQUES PERSISTANTS: Cette session
sur le CNI est prévue du 14 au 18 juillet 2003, à Genève, en
Suisse. Pour plus d'information, contacter: Interim
Secretariat for the Stockholm Convention, UNEP Chemicals Unit;
tel: +41-22-917-8191; fax: +41-22-797-3460; e-mail:
ssc@chemicals.unep.ch;
Internet: http://www.pops.int
REUNION INTERNATIONALE DES EXPERTS SUR LES
MODES DE CONSOMMATION ET DE PRODUCTION: Cette réunion aura
lieu du 16 au 19 juin 2003, à Marrakech, au Maroc. Elle est
organisée par la DDD/DAES, du PNUE, et le Gouvernement du
Maroc. Pour plus d'information, contacter: Ralph Chipman, DESA/
DSD; tel: +1-212-963-3170; fax: + 1-212-963-4260; e-mail:
chipman@un.org; Internet:
http://www.un.org/esa/sustdev
PROCESSUS PREPARATOIRE DE LA REUNION
INTERNATIONALE POUR L'EVALUATION DE LA MISE EN ŒUVRE DU
PROGRAMME D'ACTION DE LA BARBADE: Trois réunions
régionales et une réunion inter-régionale auront lieu dans le
cadre des préparatifs de la réunion internationale pour
l'évaluation de la mise en œuvre du PAB pour le développement
durable des PEID. Les PEID du Pacifique: à Apia, sur l'Ile de
Samoa, du 4 au 8 août 2003; les PEID des Caraïbes: à Port
d'Espagne, Trinité et Tobago, du 18 au 22 août 2003; les PEID
de l'Atlantique, de l'Océan Indien, de la Méditerranée et des
Mers du Sud de Chine (AIMS): à Praia, au Cap-Vert, du 1er
au 5 septembre 2003; et une réunion préparatoire Inter-régionale,
avec participation ministérielle, pour tous les PEID, à
Nassau, aux Bahamas, du 26 au 30 janvier 2004. La CDD-12
contribuera probablement aussi aux préparatifs de la réunion
internationale, prévue à l'Ile Maurice en août/septembre 2004.
Pour plus de renseignements, contacter: UN Division on
Sustainable Development, SIDS Unit; tel: +1-212-963-2803; fax:
+1-212-963-4260; e-mail:
dsd@un.org; Internet:
http://www.un.org/esa/sustdev/sids/sids.htm
CONFERENCE MINISTERIELLE INTERNATIONALE SUR
LES PAYS ENCLAVES: Cette conférence, commandée par
l'Assemblée Générale des Nations Unies en 2002, aura lieu à
Almaty, au Kazakhstan, les 28 et 29 août 2003. Pour d'autres
détails, contacter: Sandagdorj Erdenebileg, Office of the High
Representative for the Least Developed Countries, Landlocked
Developing Countries and Small Island Developing States; tel:
+1-212-963-7703; fax: +1-917-367-3415; e-mail:
erdenebileg@un.org;
Internet:
http://www.un.org/special-rep/ohrlls/imc/default.htm
CDP-6 DE LA CCD: La sixième
Conférence des Parties de la Convention sur la Lutte contre la
Désertification est prévue à La Havane, à Cuba, du 25 août au
5 septembre 2003. Pour plus de renseignement, contactez: UNCCD
Secretariat; tel: +49-228-815-2802; fax: +49-228-815-2898/99;
e-mail:
secretariat@unccd.int; Internet:
http://www.unccd.int/
EDITION 2003 DE LA TABLE-RONDE MONDIALE
UNEP-FI: LA VALEUR DU SOUTIEN – UNE REUNION SUR LES FINANCES
ET LA DURABILITE: Prévue les 20 et 21 octobre 2003, à
Tokyo, au Japon, cette réunion se focalisera sur l'émergence
des nouveaux cadres de gouvernance et sur les opportunités
offertes pour l'amélioration de la durabilité financière. Elle
inclura des représentants des secteurs des finances et des
affaires, du secteur gouvernemental et de la société civile.
Pour plus de renseignements, contacter: Trevor Bowden, UNEP
Finance Initiatives; tel: +44-20-7249-2154; e-mail:
trevor.bowden@unep.ch;
Internet:
http://www.unepfi.net/tokyo
CONFERENCE INTERNATIONALE SUR
L'EDUCATION POUR UN AVENIR VIABLE: ROLE PRATIQUE DE
L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DANS LE DEVELOPPEMENT DURABLE:
Cette conférence se tiendra les 10 et 11 septembre 2003, à
Prague, en République Tchèque. La conférence se focalisera sur
les quatre thèmes qui encadrent le débat international actuel
sur le développement durable, au sein des agences
multilatérales du système des Nations Unies. Pour en savoir
davantage, contacter: Yvette Saunders, International
Association of Universities; tel: +33-1-45-684-800; fax:
+33-1-47-347-605; e-mail:
iau@unesco.org; Internet:
http://www.unesco.org/iau
CONFERENCE SUR L'EAU POUR LES PLUS PAUVRES:
Cette conférence se tiendra les 4 et 5 novembre 2003, à
Stavanger, en Norvège. Organisée par l'Académie Internationale
de l'Eau et parrainée par le Ministère Norvégien des Affaires
Etrangères, cette conférence vise à produire un programme
d'actions, et de le soumettre à la considération des
gouvernements, des donateurs et des organisations de secours,
sur l'approvisionnement durable en eau et l'assainissement
pour les plus pauvres. Pour d'autres renseignements, contacter:
IWA; tel: +47-22-42-81-00; fax: +47-22-42-81-06; e-mail:
thewateracademy@thewateracademy.org; Internet:
http://www.thewateracademy.org/stavanger/inforpage.html
CNI-10 SUR LE PIC: La dixième session
du CNI de la Convention de Rotterdam se tiendra du 17 au 21
novembre 2003, à Genève, en Suisse. Pour plus d'information,
contacter: Interim Secretariat for the Rotterdam Convention,
UNEP Chemicals Unit; tel: +41-22-917-8183; fax:
+41-22-797-3460; e-mail:
pic@unep.ch; Internet:
http://www.pic.int/
CDP-9 DE LA CCCC: La neuvième Conférence
des Parties de la CCCC aura lieu du 1er au 12
décembre 2003, à Milan, en Italie. Pour plus de renseignements,
contacter: UNFCCC Secretariat; tel: +49-228-815-1000; fax:
+49-228-815-1999; e-mail:
secretariat@unfccc.int;
Internet:
http://www.unfccc.int/
CDD-12: La douzième session
de la Commission sur le Développement Durable est prévue en
avril/mai 2004, au siège des Nations Unies à New York. Elle
sera la première réunion de la CDD à utiliser le programme de
travail adopté à la CDD-11. Les thèmes inscrits à l'ordre du
jour du premier cycle de travail englobent l'eau,
l'assainissement et les établissements humains. Pour de plus
amples informations, contacter: DESA/DSD; tel:
+1-212-963-3170; fax: +1-212-963-4260; e-mail:
dsd@un.org; Internet:
http://www.un.org/esa/sustdev/ |