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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 05 No. 182
Vendredi, 27 Avril 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
CDD-9:
JEUDI 26 AVRIL 2001
Un jour avant leur clôture,
les travaux de la CDD ont été menés principalement dans un
cadre de consultations informelles. Les brèves séances de
travail des Comités de Rédaction chargés des thèmes du
transport et de la coopération internationale au service de
l'instauration d'un environnement habilitant, qui ont eu lieu
dans la matinée, ont été suivies, l'après-midi, par une
consultation "informelle - informelle" autour de la
question des technologies de l'énergie nucléaire. Pour sa
part, le Comité de Rédaction chargé du thème de
l'atmosphère s'est réuni en fin d'après-midi, et le Comité
chargé du thème des Transports s'est réuni, de nouveau, en
séance nocturne.
LE COMITE DE REDACTION I
La séance nocturne prévue
à 22h30 fut annulée, après qu'un certain nombre de
délégations eût indiqué officieusement qu'elles n'étaient
pas préparées à la négociation en raison d'un malentendu
sur ce qui avait été conclu dans certaines consultations
informelles parmi celles tenues plus tôt dans la journée.
LE COMITE DE REDACTION II
COOPERATION INTERNATIONALE
AU SERVICE DE L'INSTAURATION D'UN ENVIRONNEMENT HABILITANT:
Présidé par Alison Drayton (Guyane), le Comité procéda à
l'examen du chapitre consacré aux recommandations destinées
au niveau national dans le projet de décision concernant le
thème de la coopération internationale au service de
l'instauration d'un environnement habilitant. Les délégués
s'y accordèrent sur le remplacement du libellé appelant à
la mise en place d'un environnement habilitant à travers, entre
autres, "des règles de droit" et un
renforcement des capacités, en acceptant un libellé proposé
par le MEXIQUE appelant à des "politiques
macro-économiques, sociales et environnementales
appropriées." Le délégué des ETATS-UNIS fit part de
sa volonté d'abandonner les références aux règles de
droit, à condition que le Comité accepte l'insertion d'un
sous-paragraphe recommandant l'instauration et la mise en
oeuvre de cadres juridiques, de régulation et de mise en
application. L'orateur ajouta également des références à
la "propriété intellectuelle" et à la
"protection environnementale." Le G-77/CHINE réagit
en proposant un nouveau libellé pour le sous-paragraphe
portant sur la coopération internationale, appelant les
politiques de développement durables adoptées aux niveaux
international, régional et national, à soutenir
l'éradication de la pauvreté, et un autre sous-paragraphe
suggérant que la collaboration entre l'OMC et les
différentes institutions internationales pertinentes soit
conduite "de manière conforme à leurs mandats
respectifs."
Le chapeau consacré à
l'action nationale "qui prend en ligne de compte les
circonstances particulières des pays," fut laissé entre
crochets, après les déclarations des ETATS-UNIS et de la
SUISSE appelant à faire en sorte que le libellé soit
compatible avec celui du chapeau consacré à l'action
internationale. La proposition stipulant que les
"programmes" ou "stratégies" du
développement durable doivent être formulés et mis en
oeuvre à travers des processus consultatifs nationaux, fut
également laissée entre crochets. Au sujet de la
gouvernance, le G-77/CHINE préféra une formulation tirée du
texte de la Déclaration du Millénaire. La Présidente
Drayton proposa, pour sa part, un libellé de compromis tiré
de la CDD-8. La proposition fut maintenue crochetée. L'accord
sur ce point viendra déterminer les références devant être
faites à "l'amélioration de la transparence des
gouvernements." Le libellé qui requiert l'élaboration
de politiques intégrant les objectifs des trois piliers du
développement durable dans les politiques sectorielles fut
également placé entre crochets, en attendant l'acceptation,
ailleurs dans le texte de la décision, le fait que la
"croissance" économique est l'un des piliers.
LE COMITE DE REDACTION III
Présidé par David Stuart
(Australie), ce Comité se réunit dans la matinée puis, de
nouveau, dans la soirée pour poursuivre la discussion du
texte révisé du projet de décision concernant le thème des
transports, et en fin d'après-midi, pour reprendre ses
délibérations autour du thème de l'atmosphère.
LES TRANSPORTS:
Au sujet de la coopération internationale, le délégué des
ETATS-UNIS apporta son appui au libellé appelant à assurer
le développement durable à travers les transports. Le G-77/
CHINE suggéra l'insertion d'une référence exigeant un
"financement suffisant." Le G-77/CHINE déclara, par
ailleurs, qu'il manquait à la CDD le mandat consistant à
encourager les institutions financières internationales à
accorder une priorité aux projets du secteur des transports.
Les délégués ne parvinrent pas à s'entendre sur les
actions et les technologies devant être transférées pour
"la suppression progressives" de l'utilisation du
plomb dans l'essence. Des divergences demeurent également sur
les actions devant être entreprises par l'Organisation
Internationale de l'Aviation Civile dans le domaine du
changement climatique.
Au sujet de la coopération
régionale, le G-77/CHINE insista sur l'insertion d'une
référence à l'échange "des pratiques et expériences
probantes" plutôt qu'à l'échange des "bonnes
pratiques." L'UE, appuyée par l'AUSTRALIE, requit le
maintien du libellé portant sur les accords concernant la
pollution transfrontalière. Le G-77/CHINE y fit objection, se
référant aux implications sur la santé et sur
l'environnement. Le G-77/CHINE, avec le CANADA, mit en exergue
la nécessité d'une approche coordonnée dans les domaines de
l'infrastructure et de l'aménagement des territoires.
Au sujet des recommandations
destinées au niveau national, le G-77/CHINE s'opposa aux
propositions avancées par l'UE concernant le principe
pollueurs payeurs passant par l'élimination des subventions
écologiquement néfastes, et concernant la promotion de la
durabilité dans le secteur des transports. Le G-77/CHINE
proposa la fusion du libellé préconisant la promotion de
l'efficience des combustibles avec celui appelant à
l'implication du secteur privé. Le CANADA y ajouta une
référence appelant à la promotion de véhicules non
polluants. La promotion de l'accès à des systèmes de
transports publics efficaces, sûrs, abordables et
écologiquement rationnels fut soutenue par l'UE et
l'AUSTRALIE, mais le G-77/CHINE fit opposition aux
références appelant à la mise en place de services de
transports domestiques ferroviaires et fluviaux urbains et
interurbains. Les ETATS-UNIS et l'AUSTRALIE suggérèrent
d'insertion de références aux moyens de transport non
motorisés.
Au cours de la séance
nocturne, les délégués acceptèrent, dans le chapitre
consacré aux considérations générales, un libellé
proposé par le G-77/CHINE stipulant que les décisions ayant
trait aux questions touchant au secteur des transports doivent
refléter le fait que la croissance économique, l'essor
social et la protection environnementale sont
interdépendantes et des composantes, d'appui mutuel, du
développement durable. Les délégués acceptèrent
également un libellé stipulant que le dialogue avec les
principaux groupes sociaux est encouragé, et s'accordèrent
sur la suppression des références aux transports
"viables" dans le libellé portant sur les effets du
transport sur la santé des femmes, et sur l'accessibilité et
la disponibilité au femmes en matière de facilitation du
progrès économique et social.
L'ATMOSPHERE:
Le Président Stuart fit circuler une révision de texte
tenant compte du résultat des discussions de la journée
précédente. Il informa les délégués que des négociations
informelles avaient eu lieu autour des libellés portant sur:
les considérations générales; la coopération
internationale, notamment le chapeau et les références
appelant à l'implication du secteur privé dans le transfert
des technologies et aux émissions et polluants
atmosphériques; et les instruments juridiques internationaux.
L'orateur indiqua que le texte amendé sur la base de ces
négociations informelles sera rapporté au Comité le
vendredi 27 avril.
Le Président Stuart demanda
ensuite aux délégués de se pencher sur les autres libellés
crochetés dans le texte. L'AUSTRALIE introduisit un libellé
de compromis sur le suivi de la protection atmosphérique de
la planète dans le chapitre consacré à la coopération
internationale. Le représentant indiqua que le libellé se
référait au: renforcement des systèmes d'observation par
l'amélioration des stations de suivi sur le terrain et
l'augmentation de l'utilisation des satellites; à la
poursuite du programme de mesure des soutiens apportés à la
protection de l'ozone; à l'appui de programmes tels que celui
du Système Mondial d'Observation du Climat; et à
l'encouragement de la planification et de la mise en oeuvre
conjointes pour la mise en place d'une stratégie
d'observation mondiale intégrée. Le JAPON se déclara en
faveur du libellé. Le G-77/ CHINE donna une première
réponse favorable, en attendant la tenue de nouvelles
consultations internes.
Au sujet de la coopération
régionale, l'UE et les ETATS-UNIS déclarèrent qu'ils
pouvaient faire montre d'une certaine souplesse quant à la
formulation concernant l'amélioration la complémentarité et
la cohérence des mesures visant l'atténuation du problème
atmosph�rique � l'�chelle locale, r�gionale et mondiale.
Le G-77/CHINE s'interrogea sur l'opportunit� d'une telle
r�f�rence. Au sujet des recommandations destin�es aux
niveau national, l'UE r�pondit aux pr�occupations exprim�es
par un certain nombre de d�l�gu�s concernant la r�f�rence
� l'adoption de "plans � court terme dans les zones
urbaines" en proposant une formulation alternative
pr�conisant d'accorder "une attention prioritaire aux
programmes et aux politiques encadrant les implantations
humaines dans l'objectif d'y veiller � la r�duction de la
pollution atmosph�rique urbaine." Le G-77/CHINE sugg�ra
que les r�f�rences aux implantations humaines et aux
logements risquaient de d�tourner la focalisation qui doit
rester principalement sur la question atmosph�rique. Le
porte-parole proposa la suppression du libell� portant sur
les substances nocives � l'ozone, figurant dans le chapitre.
LES CONSULTATIONS
INFORMELLES - INFORMELLES SUR L'ENERGIE NUCLEAIRE
Une consultation informelle
- informelle, mod�r�e par Gustavo Ainchil (Argentine), s'est
tenue pour la discussion du texte portant sur l'�nergie
nucl�aire figurant dans le projet de d�cisions sur le th�me
de l'�nergie et des transports.
Au sujet
des challenges associ�s � l'�nergie nucl�aire, le G-77/
CHINE, le JAPON, la NOUVELLE ZELANDE et d'autres Etats,
propos�rent l'utilisation du texte d'origine du Pr�sident.
La POLOGNE et la REPUBLIQUE DE COREE apport�rent leur appui
� la version propos�e par l'UE. L'ARABIE SAOUDITE pr�f�ra
la suppression du chapitre entier. Utilisant le texte
d'origine, les d�l�gu�s d�cid�rent de placer entre
crochets les r�f�rences portant, entre autres sur:
la prolif�ration nucl�aire; "les cons�quences
transfrontali�res" de l'�nergie nucl�aire; et la
proposition du G-77/CHINE appelant � la promotion de la
coop�ration internationale dans l'utilisation pacifique de
l'�nergie nucl�aire, ainsi que sur leur suggestion stipulant
que les pays qui ont recours � l'�nergie nucl�aire estiment
que son utilisation devrait s'accro�tre. La FEDERATION DE
RUSSIE proposa un libell� soulignant un certain nombre
d'avantages offerts par l'�nergie nucl�aire.
Au sujet des recommandations
concernant l'�nergie nucl�aire, le G-77/CHINE, contr� par
l'UE, d�clara que les gouvernements se devaient d'�tre
encourag�s � "consid�rer" les activit�s
list�es. Au sujet de la promotion de normes de s�curit�
nucl�aire de haut niveau � l'�chelle "mondiale,"
le G-77/CHINE d�clara que ce travail doit �tre fait "by
l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (IAEA). "
L'UE souhaita que celui-ci se fasse de mani�re conforme aux
conventions internationales pertinentes et aux normes de
l'IAEA. Le G-77/ CHINE fit objection au terme
"mondial." Au sujet de l'am�lioration de la
transparence des d�cisions ayant trait � la s�curit�
nucl�aire, le G-77/CHINE proposa que cela se fasse "tel
qu'appropri�." L'UE encouragea l'insertion d'une
r�f�rence � la participation du public. Les d�l�gu�s ne
parvinrent pas � s'accorder sur le libell� se r�f�rant �
la prolif�ration des mat�riaux fissiles.
Au sujet des transits
transfrontaliers des d�chets nucl�aires, la NOUVELLE ZELANDE
proposa la formulation retenue par l'IAEA concernant le haut
risque li� au transport des mat�riaux radioactifs et � la
n�cessit� d'am�liorer les r�gulations et les m�canismes
des responsabilit�s. Apportant son appui � cette
proposition, la NORVEGE y ajouta une r�f�rence � la
notification pr�alable. Le JAPON, soutenu par la FEDERATION
DE RUSSIE et contr� par la BARBADE, pr�senta une proposition
alternative supprimant la r�f�rence aux termes " haut
risque, m�canismes des responsabilit�s et notification
pr�alable." Toutes les options furent plac�es entre
crochets. Les d�l�gu�s ne r�ussirent pas non plus � �ter
les crochets figurant dans le projet de d�cision concernant
le th�me des transports et entourant la r�f�rence �
l'�nergie nucl�aire comme source susceptible de permettre la
satisfaction des besoins galopant en mati�re de services
�nerg�tiques, et la r�f�rence au transit transfrontalier
des d�chets nucl�aires.
DANS LES COULOIRS
Col�re et frustration face
� la lenteur de la progression des pourparlers ont envahi la
salle des n�gociations, jeudi soir, les d�l�gu�s
s'engageant dans des explications visant � montrer du doigt
ceux qui �taient � bl�mer pour le blocage des
n�gociations. Hors de l'enceinte officielle, un certain
nombre de participants ont d�plor� le manque de bonne foi
constat� dans les rangs de certains groupes de n�gociation.
Plusieurs d�l�gu�s des pays en d�veloppement ont fait
objection � de nombreuses propositions textuelles de
derni�re minute qu'ils ont estim� �tre trop prescriptives
et venant compliquer le cours des d�lib�rations. Par
ailleurs, les pays industrialis�s ont fait part de leur
frustration en raison du refus du G-77/Chine de s'engager dans
des n�gociations sur l'�nergie, certains d'entre eux
sugg�rant que cela �tait, sans doute, l'oeuvre de certains
membres de l'OPEP. On a sp�cul� aussi que certaines forces
ayant l'intention de saboter le Sommet de Johannesburg
�taient � l'oeuvre, visant � entraver un d�marrage positif
de la session de la CDD-10.
Avant les �v�nements qui
se sont d�roul�s dans la soir�e, nombre d'observateurs
avaient sembl� confiants de voir un accord survenir sur le
reste des libell�s crochet�s. Compte tenu de l'absence
d'avanc�es dans le Comit� de R�daction sur le th�me des
transports, et de l'incapacit� du Comit� de R�daction sur
le th�me de l'�nergie de tenir sa r�union, certains
participants s sont carr�ment interrog� sur le point de
savoir si de quelconques d�cisions seront finalement prises.
D'autres ont sugg�r� que le manque d'enthousiasme affich�
� l'endroit des n�gociations dans cette r�union ne fait
qu'ajouter aux questions qui sont pos�es au sujet de l'avenir
de la CDD, quelques-uns allant m�me jusqu'� pr�dire qu'un
s'agit l� du "commencement de la fin."
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE:
La Pl�ni�re de la CDD se r�unira � 10h dans la Salle de
Conf�rence 3 pour faire le point des progr�s r�alis�s dans
les Comit� de R�daction et examiner le calendrier des
travaux de la journ�e. Elle s'ajournerait ensuite pour
permettre la tenue de consultations informelles autour des
libell�s crochet�s restants. La Pl�ni�re de cl�ture est
pr�vue � 16h dans la Salle de Conf�rence 3.
COMITE DE REDACTION III:
Le Comit� charg� du th�me de la protection atmosph�rique
se r�unirait � l'issue de la Pl�ni�re � 10h30 dans la
Salle de Conf�rence 3, pour conclure ses n�gociations. On
s'y pencherait sur les questions ayant trait au th�me des
transports, � partir de 14h, dans la m�me salle. |