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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 05 No. 178
Lundi, 23 Avril 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
CDD-9:
VENDREDI 20 AVRIL 2001
Les délégués ont
poursuivi, le matin, leurs travaux dans le Segment de Haut
Niveau, en commençant par une brève séance de dialogue
interactif consacrée au thème de l'intégration probante du
développement durable dans les politiques nationales. Cela
devait être suivi, dans l'après-midi, par une séance
consacrée a un débat d'ordre général.
LE DIALOGUE INTERACTIF
Le Président de la CDD-9,
Bedrich Moldan (République Tchèque) ouvrit le dialogue
interactif qui devait traiter des questions suivantes: Dans
quelle mesure avons- nous réussi l'intégration du
développement durable dans nos politiques? Quelles
expériences pouvons-nous partager dans ce domaine? Quelle
voie devons-nous suivre à l'avenir?
Mettant en exergue les
initiatives entreprises dans le cadre du développement
durable: la THAILANDE parla de l'électrification rurale, de
l'amélioration de la prise de conscience et de programmes de
promotion de l'énergie renouvelables; la REPUBLIQUE DE COREE
évoqua ses projets d'efficience écologique, la commission
chargée de la durabilité du développement, mise en place
auprès de la Présidence, et les travaux sur les indicateurs
du développement durable; le délégué des ETATS-UNIS se
référa au plan d'action intéressant les gaz à effet de
serre, mis en place au niveau des Etats; la REPUBLIQUE TCHEQUE
parla des évaluations environnementales stratégiques
opérées dans divers secteurs politiques ainsi que de
l'intégration des considérations de développement durables
dans les plans de développement nationaux; et le MAROC
décrivit ses programmes d'électrification rurale. Le MEXIQUE
fit référence à ses récents efforts visant à réduire la
consommation d'énergie à travers la mise en norme des
équipements; et la FINLANDE nota que sa commission nationale
chargée du développement durable comprenait des
représentants du gouvernement, des ONG, des syndicats et de
l'industrie.
Le FONDS INTERNATIONAL POUR
LE DEVELOPPEMENT AGRICOLE (FIDA) parla de la version 2001 de
son Rapport sur la Pauvreté Rurale et appela à une
re-focalisation des stratégies d'éradication de la pauvreté
sur le développement rural. Le représentant du SECRETARIAT
DE LA CONVENTION SUR LA LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION
affirma que le traitement de l'impact des sécheresses
constituait l'un des moyens permettant de promouvoir la
sécurité alimentaire et l'éradication de la pauvreté. Le
COMITE DES PEUPLES INDIGENES appela, entre autres: à
une compensation en faveur des populations indigènes qui ont
subi des injustices du fait des projets liés à l'énergie;
à l'adoption, par les gouvernements, du Projet de
Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples
Indigènes; et à un moratoire sur les activités de forages
pétroliers et d'exploitation des mines d'uranium sur les
territoires des peuples indigènes. Le représentant du WORLD
CIRCLE OF THE CONSENSUS souligna qu'il ne peut pas y avoir de
développement durable sans énergie durable, et appela à une
utilisation accrue des sources d'énergie renouvelables
disponibles localement.
LE DEBAT GENERAL
Au cours du débat
général, la plupart des pays donnèrent un bref aperçu sur
leurs initiatives respectives dans le domaine des politiques
énergétiques. Le BURKINA FASO mit l'accent sur les défis à
relever et les stratégies à adopter en vue de satisfaire la
demande nationale en matière d'énergie, sur les liens entre
les transports et l'énergie et, notant le manque
d'investissement provenant du secteur privé dans le domaine
de l'approvisionnement énergétique, dû à l'insuffisance
des profits, appela à une coopération internationale dans
les domaines du renforcement des capacités, du transfert des
technologies et de l'approvisionnement des ressources.
L'ANGOLA mit en exergue les problèmes découlant du manque de
capitaux destinés à l'investissement, le caractère
inadéquat des aptitudes en matière de gestion, le manque
d'accès aux sources d'énergie et aux technologies
améliorées, et souligna le rôle des femmes dans les zones
rurales.
Le NIGERIA évoqua les
initiatives entreprises dans les domaines de l'énergie et des
transports, exprima son appui en faveur du recours aux
indicateurs volontaires testés par l'ensemble des pays, et
appela au soutien de l'utilisation de l'Internet, du transfert
des technologies, du renforcement des capacités building et
du financement. Le représentant souhaita voir l'ensemble des
questions appelées à être discutées au Sommet Mondial pour
le Développement Durable, être abordées par le comité
préparatoire de la CDD. La TUNISIE mit en relief ses
initiatives visant à satisfaire la demande nationale en
matière d'énergie et à réduire la pollution, et appela au
recyclage de la dette des pays en développement en projets
environnementaux.
Notant la récente Réunion
Régionale Africaine de Haut Niveau sur l'Energie et le
Développement Durable, le KENYA souligna: l'accès à
l'énergie, le développement des technologies d'énergie
renouvelables (TER) et des technologies avancées applicables
dans le domaine des combustibles fossiles, et l'adoption d'une
approche intégrée dans le développement durable. L'orateur
mit en exergue le Programme d'Action des Ministres Africains
de l'Energie qui englobe: la promotion de la conservation et
de l'efficience énergétique; le développement des TER;
l'établissement d'une base de donnée régionale;
l'harmonisation des normes et des procédures appliquées dans
le domaine de l'énergie; l'amélioration de la coopération
sous-régionale; l'intensification de l'exploration et de
l'essor du gaz naturel; et la mise en place d'un cadre de
régulation pour régir le processus de privatisation du
secteur de l'énergie.
Le PEROU parla des obstacles
et des problèmes auxquels il se trouve confronté dans les
domaines de l'énergie et des transports, notamment, au niveau
des ressources, des écarts technologiques et de la dispersion
géographique, et souligna l'importance du rôle des marchés
pour le traitement du coût initial élevé qui entrave
l'acquisition des technologies. Le BENIN parla des stratégies
adoptées en matière de développement durable, notamment,
les initiatives d'électrification rurale et
d'électrification solaire photovoltaïque des centres de
santé à travers le territoire national, ainsi que du cadre
environnemental mis en place à l'échelle du pays. Le
représentant appela au soutien des pays les moins avancés
dans la mise en exécution des accords environnementaux
multilatéraux. Le VENEZUELA décrivit nombre d'initiatives
entreprises en vue de concrétiser le développement durable,
en particulier, l'adoption d'une nouvelle constitution au sein
de laquelle le développement durable occupe la place d'un
droit fondamental, et en vertu de laquelle l'étude des effets
environnementaux et sociaux est rendu obligatoire pour tous
les projets.
La LITUANIE plaida en
faveur: d'une évaluation de l'ensemble des coûts
environnementaux et sociaux de la production de l'énergie;
d'une stimulation des sources d'énergie renouvelables; et de
l'instauration de conditions économiques et juridiques
favorables aux investissements du secteur privé. CUBA mit en
relief les inégalités de plus en plus profondes dans la
répartition des ressources, la dégradation accrue de
l'environnement et les "modes de consommation absurdes
qui nous sont imposés." L'orateur plaida pour le
développement des technologies applicables aux combustibles
fossiles, et rejeta la position des Etats-Unis concernant le
Protocole de Kyoto, qui, affirma-t-il " montre
l'imprévoyance et l'arrogance pour lesquelles ils sont
connus."
L'ITALIE affirma que le
modèle de développement actuel n'est pas viable, appela à
un passage vers les technologies de l'énergie renouvelable,
et indiqua que l'énergie nucléaire est incompatible avec la
notion de durabilité. La FRANCE nota la nécessité de revoir
le modèle de développement, mit en relief le défi à long
terme consistant à réaliser une croissance équitable, et
indiqua que l'une des préoccupations majeure est celle de
savoir comment asseoir une évolution des styles de vie, dans
le quotidien des gens. L'oratrice argua, par ailleurs, que
bien que n'étant pas parfait, le Protocole de Kyoto est le
seul accord disponible pour la lutte contre le changement
climatique change et les catastrophe qui lui sont associées,
et que par conséquent, " nous ne pouvons nous permettre
de nous laisser déstabiliser ou de laisser notre attention
détournée par la position unilatérale d'un pays grand
consommateurs d'hydrocarbures."
Mettant en relief la
vulnérabilité de son pays aux effets du changement
climatique, le délégué du MAROC appela, entre autres:
à une mise en application immédiate des obligations
internationales en matière de transfert de ressources
financières et des technologies; à des programmes de
promotions des sources d'énergie renouvelables; et à une
meilleure coordination de la gouvernance environnementale
internationale, accueillant favorablement les actions
amorcées par le PNUE dans ce domaine. Décrivant les
récentes initiatives lancées dans son pays, dont celle de
l'introduction d'une taxe sur le dioxyde de carbone, le
délégué de la SLOVENIE mit en exergue: l'intégration des
considérations environnementales dans les différents
domaines politiques; la substitution des combustibles fossiles
par l'énergie renouvelable; et la promotion de l'efficience
énergétique et des partenariats élargies.
Rappelant le rapport du
Secrétaire Général sur l'impact des embargos économiques
imposés sur l'approvisionnement en matière d'énergie,
l'IRAK demanda s'il n'était pas temps pour la CDD de prendre
des mesures concernant de telles actions qui sont en train
"de tuer le développement." Attirant l'attention
sur la crise financière survenue récemment dans le sud-est
asiatique, la MALAISIE: mit en relief les défis posés par la
mondialisation au pays en développement et nota la
nécessité d'un nouveau ressort en faveur des pays en
développement dans le processus d'intégration au sein des
marchés mondiaux; appela à la considération de la
mondialisation en tant que thème transversal au cours de
cette session et lors du Sommet de 2002; et déclara que la
CDD doit devancer les développements à l'intérieur et à
l'extérieur des Nations Unies pour ne pas risquer d'être une
institution moribonde. La REPUBLIQUE POPULAIRE DEMOCRATIQUE DE
COREE fit part de ses réserves concernant les effets
négatifs de la mondialisation et recommanda: un accroissement
des investissements destinés au développement durable; la
promotion de la recherche et développement sur les TER et
technologies applicables aux combustibles fossiles; et la mise
à disposition d'une aide financière et technique pour le
développement des sources d'énergie renouvelables et les
projets rationnels d'énergie nucléaire.
S'agissant du thème de
l'information au service de la prise des décisions, le
délégué des PHILIPPINES nota les asymétries en matière
d'accès à l'information et l'adossement implicite des
institutions financières multilatérales et du secteur des
affaires sur le marché. Le GHANA déclara que le Sommet de
2002 risquait de ne pas être orienté vers l'action palpable
si les dirigeants mondiaux devaient s'y rendre avec des
discours préparés à l'avance, et exhorta les dirigeants
politiques de saisir l'occasion pour mener avec leurs
homologues un débat visant à la réalisation d'un consensus.
Le délégué souligna également le rôle des sources
d'énergie renouvelable, des transports de masse et des
indicateurs du développement durable.
Retraçant un certain nombre
d'engagements, le PAKISTAN affirma que ces derniers ont été
trahis et qu'ils étaient considérée principalement à
travers le "prisme environnemental." Le
représentant fit, par ailleurs, observer que le nombre de
pays endettés au-delà de la viabilité était en
augmentation, que les barrières du protectionnisme
continuaient à restreindre l'accès aux marchés des pays
industrialisés, et que l'APD, qui est la seule ressource dont
dispose la plupart des pays en développement, était en
baisse. L'orateur fit part de ses réserves concernant le fait
qu'au lieu de bénéficier d'une assistance financière, les
pays en développement reçoivent des inventaires de bonnes
pratiques et des directives et autres prescriptions imposant
de plus en plus de conditions. La MACEDOINE appela à des
interventions gouvernementales dans cinq directions:
stratégique, organisationnelle, économique, de régulation
et technologique. Le délégué souligna le besoin de
renforcer le rôle et les capacités de la CDD. Le NEPAL: mit
en exergue l'impératif de l'allégement de la pauvreté;
donna un aperçu sur les activités visant à promouvoir les
pratiques durables en matière d'énergie; souligna le besoin
de capitaux pour l'énergie propre et la sécurité en la
matière; et élabora sur l'importance de la préservation de
l'écologie dans les zones montagneuses.
Dans ses remarques de
clôture, le Président Moldan loua le caractère productif
des réunions ministérielles informelles des premières
heures de la matinée, et résuma les principaux points
soulevés durant le Segment de Haut Niveau, dont ceux
intéressant: l'identification de nouveaux mécanismes de
financement, tels que les partenariats entre les secteur
public et privé et à l'échelle microéconomique; la
promotion de l'éradication de la pauvreté, en tant que
principal objectif du développement durable; la nécessité
des technologies d'énergie renouvelable, en particulier pour
une électrification rurale décentralisées; le soutien
quasi-unanime en faveur du Protocole de Kyoto; l'impératif
d'une planification efficace dans le domaine de l'aménagement
des territoires, intégrant les exigences qui répondent aux
besoins des femmes en matière de transport; l'utilisation
d'une information basée sur les données scientifiques pour
une meilleure transparence des processus décisionnels; le
renforcement des capacités pour combler les écarts dans le
domaine informatique; et un engagement mondial renouvelé à
l'égard du développement durable au Sommet de 2002.
DANS LES COULOIRS
Un sentiment d'inertie et
d'absence de progrès a marqué les consultations informelles
de haut niveau tenues sur le thème du changement climatique,
dans la soirée du vendredi 20 et au cours de la journée du
samedi 21 avril, à l'Hôtel Waldorf Astoria de New York, et
auxquelles devaient prendre part une quarantaine de ministres
de l'environnement. La réunion était convoquée pour:
exprimer un soutien en faveur du Protocole de Kyoto en tant
que cadre pour les négociations internationales sur le
changement climatique; fournir des données sur la proposition
du Président de la CdP-6 de la CCCC, Jan Pronk, concernant
les voies et moyen de faire avancer les principales questions
politiques qui doivent être résolues à la CdP-6 bis;
et la délimitation de la marche à suivre, après les
récentes déclarations des Etats-Unis contre le Protocole.
Au cours des discussions,
les délégués ont remis en question la position des
Etats-Unis, fait état en particulier, de nouvelles
conclusions suggérant que les coûts de la mise en
application sont moins élevés que prévu et soulignant le
fait que les Etats-Unis sont les plus grands émetteurs de gaz
à effet de serre dans le monde. Les Etats-Unis sont
actuellement engagés, au niveau du Cabinet, dans un processus
de revue des politiques à suivre, dont les résultats seront
présentés à la CdP-6 bis qui se tiendra à Bonn,
juillet prochain. Ce processus de revue considère, croit-on
savoir, la possibilité de travailler à partir d'une
perspective autre que celle du Protocole, notamment pour ce
qui concerne la question des engagements devant être
assignés aux pays en développement et les conclusions
scientifiques du GIEC concernant, entre autres, la
durée et les lieux de la manifestation des conséquences du
changement climatique.
On croit savoir également
qu'un certain nombre de participants ont encouragé l'adoption
d'une attitude médiane au lieu d'une confrontation avec les
Etats-Unis et que des signes ont été émis indiquant qu'il
existe une volonté de faire montre d'une plus souplesse sur
la question de la prise en compte des puits d'absorption du
carbone dans le mécanisme de développement propre. Au sujet
de la proposition de Pronk, les pays en développement ont
apparemment fait part de leur insatisfaction quant au fait de
n'avoir pas été consultés et se seraient déclaré en
faveur de la première proposition de Pronk émise à l'issue
de la CdP-6 . Ils ont semble-t-il exhorté Pronk à convoquer
une réunion pour discuter des mesures d'adaptation et de la
proposition, avant la CdP-6 bis. De nouvelles
consultations sont prévues à Stockholm, en Suède, en marge
de la conférence diplomatique consacrée à la signature de
la Convention sur les POP, en mai 2001.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
COMITE DE REDACTION I:
Le Comité de Rédaction I se réunira, pour effectuer la
première lecture des éléments préliminaires devant figurer
dans la décision concernant l'énergie, de 10h à 13h, dans
la Salle de Conférence 2. Si nécessaire, la première
lecture se poursuivra de 15h à 16h30 dans la même salle.
COMITE DE REDACTION 2:
Le Comité de Rédaction 2 se réunira, pour effectuer une
première lecture des éléments préliminaires devant figurer
dans la décision concernant la coopération internationale au
service de l'instauration d'un environnement incitateur, de
15h à 18h dans la Salle de Conférence 3. Le Comité se
réunira, de nouveau, de 19h à 21h dans la Salle de
Conférence 3 pour effectuer la première lecture des
éléments préliminaires devant figurer dans la décision
concernant l'information au service de la prise des décisions
et de la participation.
COMITE DE REDACTION 3:
Le Comité de Rédaction 3 se réunira pour effectuer une
première lecture des éléments préliminaires devant figurer
dans la décision concernant la protection de l'atmosphère,
de 10h à 13h dans la Salle de Conférence 3. Le Comité se
réunira, de nouveau, de 16h30 à 18h dans la Salle de
Conférence 2 pour mener une première lecture des éléments
préliminaires devant figurer dans la décision concernant le
thème des transports. |