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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 05 No. 177
Vendredi, 20 Avril 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
CDD-9:
JEUDI 19 AVRIL 2001
Les délégués se sont
réunis dans le Segment de Haut Niveau pour procéder à
l'examen du thème Energie et Transport. Après un certain
nombre de déclarations d'ouverture, un débat général a eu
lieu tout au long du reste de la matinée. Il devait être
suivi, en début d'après-midi, par une séance consacrée au
dialogue interactif. Le débat général devait reprendre en
fin d'après-midi pour finir à 20h.
LE SEGMENT DE HAUT NIVEAU
LES DECLARATIONS
D'OUVERTURE: Dans ses remarques
introductives, le Sous-secrétaire Général chargé des
Affaires Economiques et Sociales, Nitin Desai, souligna qu'il
s'agissait là du premier débat de niveau politique sur le
thème de l'énergie, au sein des Nations Unies. Le Directeur
Exécutif du PNUE, Klaus Töpfer, énuméra les réalisations
du PNUE, dont: l'élaboration du Troisième rapport sur l'Etat
de l'Environnement Mondial; le lancement d'un nouveau portail
d'information environnementale; la mise en place d'un réseau
consacré aux Alternatives Viables; et l'impulsion du soutien
en faveur du Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution
Climatique. Le Président du Conseil d'Administration du PNUE,
David Anderson, décrivit l'établissement du Groupe
Intergouvernemental des Ministres ou leurs Représentants sur
la Gouvernance Environnementale Internationale, notant que ses
travaux devaient aboutir à la production d'une contribution
au processus préparatoire du Sommet Mondial sur le
Développement Durable. L'Administrateur Associé du PNUD,
Zéphirin Diabré, donna un aperçu sur les activités menées
par le Programme en matière d'environnement et d'énergie et
souligna l'engagement du PNUD en faveur du Sommet de 2002.
Le G-77/CHINE signala que
les éléments préliminaires susceptibles de figurer dans la
décision intéressant l'énergie constituaient une bonne
plate-forme de négociation, et fit part de son espoir de voir
des dispositions être prises pour répondre aux réserves
exprimées dans le Groupe concernant la question des
indicateurs du développement durable. L'UE et les pays
associées: appelèrent, la CDD, à reconnaître que quelques
pays opteront pour l'énergie nucléaire; encouragèrent les
institutions financières internationales à accorder une
priorité à la question de transport durable; et,
soulignèrent l'impératif de soutenir les travaux de la CDD
sur les indicateurs du développement durable.
LE DEBAT GENERAL:
L'IRLANDE nota que certaines organisations étaient en train
d'utiliser les préoccupations concernant le réchauffement de
la planète pour relancer l'énergie nucléaire, précisant,
avec la NEW ZELANDE, que l'énergie nucléaire n'est pas une
solution viable. SAMOA, au nom de l'AOSIS, s'opposa à toute
utilisation du mécanisme de développement propre en faveur
de l'énergie nucléaire. L'ALLEMAGNE appela à la suppression
progressive des centrales nucléaires, et mit en relief
l'option consistant à transformer le PNUE en une Organisation
Mondiale pour l'Environnement. L'INDE déclara que les pays
doivent pouvoir décider de leurs propres politiques
énergétiques, pour peu que les mesures de sécurité soient
assurées, et ajouta que les subventions sont inévitables là
où l'accès à l'énergie se trouve soumis à des
contraintes. Le délégué des ETATS-UNIS nota l'importance de
l'évaluation permanente des politiques énergétiques
nationales et indiqua que les circonstances particulières des
pays doivent être prises en ligne de compte dans la
détermination des choix à opérer parmi les options
offertes. NAURU et le DANEMARK affirmèrent que l'énergie
nucléaire n'est pas compatible avec le développement
durable, et avec MONACO, CHYPRE et le BANGLADESH, appuyèrent
l'idée d'un recours plus important aux sources d'énergie
renouvelables.
Le DANEMARK nota ses
accomplissements dans la séparation des utilisations
énergétiques de la croissance économique tout en augmentant
les opportunités d'emploi, et exhorta les gouvernements à
assurer des résultats tangibles au Sommet de 2002. L'AUTRICHE
déclara que l'accès des zones rurales des pays en
développement à une énergie abordable constitue un
préalable pour le développement durable. La SUISSE appela à
des ressources d'énergie renouvelables disponibles au plan
local, à des formes de mobilité viables et à la vérité
des prix dans le secteur des transports, et encouragea la
CDD-9 à élaborer une déclaration politique forte pour la
conclusion de la CdP-6 de la CCCC. La REPUBLIQUE TCHEQUE mit
l'accent sur l'intégration des coûts externes, sur
l'importance du rôle des femmes dans la prise de décisions
et sur les indicateurs devant être utilisés dans
l'évaluation des émissions. L'ALGERIE souligna l'importance
du gaz naturel, du gaz liquide, de l'essence sans plomb et de
l'énergie solaire.
Un soutien vigoureux en
faveur du Protocole de Kyoto fut exprimé, entre autres, par
le BRESIL, la CHINE, l'UE, l'ILE MAURICE, le MOZAMBIQUE, la
NOUVELLE ZELANDE, la NORVEGE et plusieurs autres pays encore.
La CHINE déclara que la position des Etats-Unis concernant le
Protocole de Kyoto témoignait d'un "mépris ouvert à
l'égard de la communauté international". La NOUVELLE
ZELANDE affirma qu'il s'agissait là d'un
"développement, très, très grave." Le CHILI nota
le caractère peu satisfaisant de l'application des
obligations de la CCCC par les pays industrialisés, et au nom
du GROUPE DE RIO, invita les Etats-Unis à reconsidérer sa
position concernant le Protocole de Kyoto. L'orateur fit part
de ses préoccupations quant à la dimension, sans
précédent, atteinte par le trou d'ozone au-dessus des pays
de l'hémisphère sud. Exprimant d'abord sa surprise quant à
la déclaration chilienne sur le Protocole de Kyoto,
l'AUSTRALIE élabora ensuite sur ses programmes de réduction
des émissions de gaz à effet de serre (GHG), et nota la
répartition inéquitable de la croissance de la richesse
mondiale.
Faisant remarquer que
"la nature ne négocie pas," le représentant de la
FINLANDE déclara qu'une politique environnementale ambitieuse
stimule l'innovation technologique et que son pays a atteint
ses objectifs de réduction des émissions de gaz carbonique.
La NORVEGE plaida, entre autres, pour un accord
international sur l'imposition d'une taxe sur les carburants
utilisés par l'aviation et pour la suppression progressive
des substances néfastes à l'ozone, non réglementées. La
BARBADE, au nom de la Communauté des Caraïbes, avec la
NORVEGE et le GROUPE DE RIO, souligna, de nouveau, les
préoccupations quant aux menaces posées par le mouvement des
cargaisons de déchets nucléaires près de leurs côtes. La
NORVEGE appela à une régulation internationale plus ferme et
à des règles de responsabilité plus rigoureuses dans le
domaine du transport maritime des matériaux radioactifs, et
à la conclusion d'un accord sur les normes internationales
devant régir les préavis nécessaires. La NOUVELLE ZELANDE
déclara que les accords en vigueur sur les questions ayant
trait au transport des déchets nucléaire ne doivent pas
être sapés par des décisions de la CDD-9.
La POLOGNE apporta son appui
aux lignes directrices élaborées par l'OCDE pour un
transport écologiquement rationnel. La MONGOLIE mit en
exergue les besoins particuliers des pays sans débouchés
maritimes. La COREE mit l'accent sur la conservation de la
biodiversité dans les zones démilitarisées et sur les
incitations favorisant l'accroissement de la demande en
matière de transport de masse. L'ESPAGNE souligna la
nécessité de mettre en place des systèmes de transport
"efficaces, sûrs, écologiquement rationnels et
socialement équitables". L'ILE MAURICE nota les coûts
environnementaux et sanitaires découlant de la congestion de
la circulation et des mesures visant à résoudre ce
problème. Le ROYAUME-UNI encouragea les dirigeants de la
planète à s'engager à prendre part au Sommet de 2002 et
appela à un redoublement des efforts pour la réalisation
d'une avancée dans les pourparlers à venir sur le changement
climatique.
Le CANADA, le GROUPE DE RIO
et la NORVEGE apportèrent leur appui au travail de la CDD sur
les indicateurs devant encadrer le développement durable. La
NORVEGE appela à la mise en application de la version
globalisée de la Convention d'Aarhus. KIRIBATI encouragea le
traitement du décalage informatique à travers le transfert
des technologies.
L'AFRIQUE DU SUD appela à
une focalisation sur l'évaluation, entre autres, des
conclusions des décisions de Rio, de l'impact de la
mondialisation sur le développement durable et sur
l'environnement, et de polarisation de la richesse. Notant les
défis à relever dans le cadre des efforts visant
l'éradication de la pauvreté et la satisfaction des besoins
élémentaires de l'être humain, le SRI LANKA encouragea un
suivi effectif de la CNUED.
Le délégué du GUATEMALA
donna un aperçu sur les initiatives menées dans le cadre du
développement durable dans son pays. Le JAPON mit en relief
l'importance de la participation et du soutien de l'industrie
et du public dans la promotion de l'essor technologique et de
l'aide au pays en développement. La FEDERATION DE RUSSIE
appela à une reconnaissance des Etats fournissant des
services environnementaux à la planète. L'EGYPTE souligna le
besoin d'instaurer un environnement favorable à travers
l'APD. Le MEXIQUE décrivit ses efforts visant à réduire des
émissions de gaz à effet de serre et à intégrer les
considérations environnementales dans les processus
décisionnels. L'INDONESIE et la CHINE mirent en exergue
l'importance du transfert des technologies et du renforcement
des capacités. Le MOZAMBIQUE nota le lien entre la
mondialisation, les asymétries économiques accrues et les
effets environnementaux adverses associ�s, et
l'interconnexion entre le manque de disponibilit� de
l'�nergie et l'absence de services sociaux. La BOLIVIE et le
BRESIL d�clar�rent que la mondialisation risquait de
marginaliser davantage les pays pauvres.
LE DIALOGUE INTERACTIF:
La s�ance de l'apr�s-midi consacr�e au dialogue interactif
se focalisa sur les d�fis pos�s par les besoins accrus en
mati�re d'investissement priv� et public pour les domaines
de l'�nergie et des transports.
L'AGENCE INTERNATIONALE DE
L'ENERGIE ATOMIQUE plaida en faveur de l'utilisation de
l'�nergie nucl�aire pour l'accroissement du capital humain
et technologique. En r�ponse, la BELGIQUE appela � une bonne
gestion de la demande et mit en relief le probl�me non
r�solu des d�chets radioactifs. La POLOGNE plaida pour
l'�limination des barri�res entravant la d�centralisation
des syst�mes de g�n�ration �nerg�tiques, et s'opposa �
la construction de nouvelles centrales nucl�aires. L' ARABIE
SAOUDITE sugg�ra la suppression des libell�s consacr�s �
l'�nergie nucl�aire dans la documentation de la CDD et fit
objection � toute discussion sur les questions touchant au
changement climatique dans la CDD.
L'ISLANDE appela � une
utilisation accrue des technologies d'�nergie renouvelable
(TER). Le JAPON parla de l'importance de la mise en place de
politiques gouvernementales transparentes et portant sur le
long terme en mati�re d'investissement, et recommanda la
privatisation du secteur de l'�nergie. La FINLANDE d�clara
que l'imposition de taxes impos�es sur l'�nergie et le
dioxyde de carbone constitue l'un des moyens les plus
efficaces pour le contr�le des �missions. D�crivant les
modes rev�tus par la demande en mati�re d'�nergie, la SUEDE
encouragea l'implication des institutions internationales dans
le financement dans la mise en oeuvre des TER. Le d�l�gu�
des ETATS-UNIS donna un aper�u sur les modes de financement
appliqu�s dans les programmes f�d�raux de transport.
Le repr�sentant du COMITE
DES JEUNES demanda pourquoi le dialogue de la CDD-9 sur
l'�nergie s'est essentiellement focalis� sur les
voies et moyen d'augmenter l'approvisionnement et non sur les
voies et moyens de r�duire la demande. Le repr�sentant des
ONG appela � la cr�ation d'une agence internationale pour
l'�nergie durable, qui se chargerait, entre autres, de
compenser les pays en d�veloppement de la dette �cologique
que leur doivent les pays industrialis�s. Le repr�sentant
des SYNDICATS mit l'accent sur la promotion des partenariats
pour d'emploi et sur l'importance des indicateurs et de
l'�ducation. Le repr�sentant de la COMMUNAUTE SCIENTIFIQUE
ET TECHNOLOGIQUE mit en exergue l'�tablissement de syst�mes
d'observations mondiaux. L'ORGANISATION INTERNATIONALE DU
TRAVAIL nota que l'emploi durable et la r�duction de la
pauvret� passent par l'investissement et le dialogue social.
DANS LES COULOIRS I
"Une pause-caf�
compl�tement dingue!" Voil� comment une participante,
assistant � sa premi�re r�union de la CDD, d�crivit le
Segment de Haut Niveau du jeudi, en faisant part de sa
surprise concernant la faiblesse du niveau de repr�sentation
des n�gociateurs de la semaine prochaine et le d�sint�r�t
g�n�ral affich� par une bonne partie des participants �
l'endroit des d�clarations minist�rielles. Quelques
participants chevronn�s ont fait montre d'un peu plus
d'optimisme et ont soulign� la valeur de l'occasion que le
Segment vient offrir aux ministres, de s'exprimer librement et
d'identifier les priorit�s qui leur semblent cruciales. Ils
ont cit� pour preuve l'exemple des d�clarations vigoureuses
de certains membres du groupe JUSCANZ sur la position des
Etats-Unis sur le Protocole de Kyoto, et ont fait �tat
�galement de la position de divers pays concernant les
questions touchant � l'�nergie nucl�aire et au transport
maritime des mat�riaux radioactifs, m�me si certains sont
d��us par le silence de certains pays de l'UE � ce sujet.
Nombre de d�l�gu�s ont fait part de leurs r�serves
concernant, � la fois, la faiblesse du niveau de la
contribution des ministres des pays en d�veloppement dans le
dialogue interactif, et la tendance, affich�s par plusieurs
d'entre eux, � se contenter de lire simplement des
d�clarations pr�par�es � l'avance. Certains observateurs
ont rappel� les efforts actifs fournis par Simon Upton,
Pr�sident de la CDD-7, pour la promotion d'un dialogue
cens�, d�plorant le fait que rien n'est fait par l'ensemble
des parties en pr�sence, pour la stimulation d'un �change
plus fructueux.
DANS LES COULOIRS II
La r�union minist�rielle
informelle du jeudi matin consacr�e � une concertation
autour du th�me du Sommet Mondial sur le D�veloppement
Durable s'est focalis�e, croit-on savoir, sur un ensemble de
questions d'organisation, de proc�dure et de fond. Les
propositions avanc�es incluerait la n�cessit� de mettre
l'accent sur les probl�mes touchant � la mondialisation, aux
in�galit�s constatables au niveau des revenus, au d�clin
des ressources naturelles et aux �carts enregistr�s au
niveau de la mise en oeuvre des obligations. Un accord s'est
d�gag�, semble-t-il, sur le th�me de la mondialisation,
assorti d'une recommandation appelant � ce qu'aucun nouvel
accord n'intervienne dans ce cadre. Certains critiques ont
fait part de leur d�ception de voir le r�sultat �tre sous
forme de simples recommandations, mais anticipent toutefois
s'attendre � un dialogue interactif plus fructueux, au cours
de la s�ance de vendredi. Des r�serves ont �t� par
ailleurs exprim�es quant � l'absence d'une orientation
politique claire concernant le caract�re pr�cis que
devraient rev�tir les conclusions du Sommet ou la mani�re
dont la question de la mondialisation devrait �tre pos�e
concr�tement. Quelques participants n'ont pas manqu�
d'�voquer la r�solution de l'AG parrain�e par le Groupe des
Pays de l'Europe de l'Ouest et Autres pays, appelant � la
soumission de candidatures de repr�sentants au sein du Bureau
avant d�cembre 2000, faisant remarquer que c'est aujourd'hui
la seule r�gion � ne pas avoir soumis de candidatures.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SEGMENT DE HAUT NIVEAU:
Le Segment de Haut Niveau se r�unit, de nouveau, de 11h �
13h dans la Salle de Conf�rence 3 pour un dialogue interactif
sur l'int�gration des consid�rations de d�veloppement
durable dans les politiques nationales. Un d�bat d'ordre
g�n�ral est pr�vu lors de la s�ance de l'apr�s-midi, de
15h � 17h, �galement dans la Salle de Conf�rence 3, et la
s�ance de cl�ture est pr�vue de 17h � 18h.
EVENEMENT EN MARGE DE LA
CONFERENCE: Une r�union informelle
des ministres et chefs de d�l�gations se tiendra de 8h30 �
10h30 dans la Salle de Conf�rence 5. Plusieurs autres
manifestations, dont des r�unions de comit�s des ONG, sont
�galement pr�vues. Consultez le tableau d'affichage pour le
programme pr�cis. |