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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 05 No. 176
Jeudi, 19 Avril 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
CDD-9:
MERCREDI 18 AVRIL 2001
Les délégués ont
poursuivi, tout au long de la matinée, les séances de
Dialogue avec les Détenteurs des Enjeux sur l'Energie et le
Transport Durables, consacrées au thème de la planification
du transport durable – choix et modèles pour la conception
des implantations humaines et des moyens de transport
alternatifs. Le Segment de Haut Niveau, qui a englobé un
groupe de discussion sur le financement de l'énergie et des
transports mis au service d'un développement durable, a
entamé ses travaux dans l'après-midi.
DIALOGUE AVEC LES DETENTEURS
DES ENJEUX: PLANIFICATION DU TRANSPORT DURABLE
LES DECLARATIONS
D'OUVERTURE: L'Union Internationale
des Transporteurs Routiers, au nom du COMMERCE ET DE
L'INDUSTRIE, mit en relief: l'innovation et les améliorations
devant intervenir, entre autres, dans les carburants et
les technologies utilisés dans les moyens de transport;
l'infrastructure; et les incitations nécessaires à la mise
en oeuvre des bonnes pratiques dans le secteur des transports.
L'UICN, au nom des SCIENTIFIQUES, encouragea la conciliation
de la durabilité avec la nécessité des services de
transport. L'orateur décrivit les barrières entravant la
réussite des systèmes de transport et suggéra l'adoption
d'approches novatrices pour leur levée.
L'Union des Syndicats
Autonomes de Croatie, au nom des SYNDICATS, demanda à la CDD
et à différentes agences internationales, de procéder à
une évaluation des effets de la libéralisation sur les
services des secteurs de l'énergie et des transports dans les
pays en transition économique, et souligna que les femmes
sont les principales utilisatrices des services et des
ressources énergétiques consommées par les foyers.
Une conseillère municipale
de la ville de Chicago, au nom des COLLECTIVITES LOCALES,
recommanda que les autorités locales puissent jouir du
pouvoir de mettre en application des politiques territoriales
susceptibles de réduire la demande, en matière de
déplacement, et d'améliorer la planification urbaine. Le
maire de la ville d'Abuja nota que le rythme de la croissance
des communautés dans les pays en développement exigeait un
aménagement territorial intégrant la notion d'efficience
énergétique.
Intervenant au nom des ONG,
le Réseau d'Action pour des Transports Durables dans la
région Asie - Pacifique souleva la question du soutien devant
être apporté aux moyens alternatifs de mobilité, tels que
la marche, recommandant l'apport d'une réponse aux besoins
d'accessibilité à travers la prévision de réseaux de
sentiers et de ponts praticables et de véhicules propulsés
par l'homme, et non d'aéroports et de grandes routes. Le
Conseil Oecuménique Mondial appela à un transport
socialement équitable et écologiquement rationnel, ainsi
qu'à une réduction de la dépendance des voitures,
soulignant que la santé publique ne doit en aucune manière
être mise à mal par les politiques poursuivies en matière
de transport.
LE DIALOGUE OUVERT: La
POLOGNE appela à une planification intégrée couvrant le
lieu de travail et l'infrastructure récréationnelle et à
l'utilisation des lignes directrices de l'OCDE concernant le
transport durable. Le JAPON cita des exemples de réussites
locales en matière d'amélioration de l'efficience des
carburants et recommanda le développement de véhicules moins
polluants, une infrastructure permettant la réduction de la
congestion du trafic, et un recours plus important aux
transports ferroviaire et maritime. La SUEDE déclara que le
public et le monde des affaires doivent être conscients des
implications de leurs choix en matière de transports.
L'oratrice mit en relief l'exploration des potentialités
offertes, entre autres, par la planification
territoriale intégrèe et par l'ouverture d'un accès
équitable pour les femmes.
LES RECOMMANDATIONS DES
CONCERNES: Les représentants des
SYNDICATS, soulignèrent, entre autres, la nécessité
d'un accès aux "biens de consommation globaux" et
décrivirent l'Accord Mondial conclu dans ce domaine. Ils
recommandèrent une focalisation sur la re-modélisation des
implantations humaines; des processus décisionnels
participatifs impliquant les travailleurs dans la
planification des transports et l'intégration d'une
composante éducationnelle dans toutes les initiatives.
Les représentants des ONG:
déclarèrent que l'analyse du rapport coût - bénéfice ne
tient pas compte des coûts environnementaux et sociaux;
décrivirent les inégalités constatables au niveau de
l'accès des femmes; et indiquèrent les points d'accord
consensuel, tels que celui de la nécessité de supprimer le
plomb de l'essence partout dans le monde. Ils recommandèrent,
entre autres: la réduction des déplacements pour des
activités routinières; l'examen de la centralisation des
services par l'Etat; le renforcement de la production et de la
distribution locales; l'examen des rejets, de la sécurité et
autres normes des véhicules; la démocratisation des
décisions ayant trait à l'investissement; la clarification
des liens entre l'accessibilité et la pauvreté; la
reconnaissance des technologies disponibles en matière de
véhicules non motorisés; l'élaboration d'un plan directeur
pour l'utilisation des bicyclettes; une planification
participative, en matière de transport, focalisée sur la
mobilité des personnes et non des véhicules; et le
traitement de la sécurité routière comme une question de
santé publique.
Les représentants du
COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE mirent en exergue les initiatives
lancées dans les raffineries d'Afrique du Sud pour la
réduction des émissions du diesel. Ils recommandèrent la
promotion d'instruments efficaces au service des objectifs
économiques, sociaux et environnementaux; la consolidation
des chargements dans tous les modes de transport; la
prévention des mouvements de véhicules vides; et une action
gouvernementale dans le domaine des règles de droit et de
justice, l'intégrité de l'administration, la transparence et
la responsabilité, des politiques économiques solides et une
autorité légitime prompte à agir.
Les représentants des
COLLECTIVITES LOCALES notèrent que les plans d'aménagement
territorial étaient focalisés sur la réduction de
l'utilisation des voitures et sur la promotion de l'énergie
renouvelable, et recommandèrent: un contrôle local sur les
investissements en matière de transport; la mise en place
d'une autorité locale chargée de la promulgation et de
l'application des politiques de planification territoriale;
l'élaboration de stratégies régionales pour l'intégration
du transport dans l'aménagement territorial; l'utilisation
des denrées alimentaires produites localement; et une
modification des styles de vie.
Les représentants de la
COMMUNAUTE SCIENTIFIQUE ET TECHNOLOGIQUE mirent l'accent sur
les défis à relever dans le secteur des transports au
Pakistan et sur les avancées réalisées dans le domaine des
techniques d'information et de communication visant à
apporter les avantages urbains aux populations rurales. Ils
notèrent que la planification en matière de transport doit
reconnaître les évolutions démographiques et établir une
tarification, des régulations, des pratiques et des normes
appropriées. Ils recommandèrent: un renforcement de la
recherche et du développement des apports techniques pour
faciliter la transition vers une énergie plus durable;
l'intégration des différents types de technologies; la
décentralisation de la production; la mise en place de
partenariats mondiaux incluant les Nations Unies et les
constructeurs d'automobiles; et l'intégration de la
planification des ressources, de modes de vie durables, de
l'aménagement territorial et des technologies et des
systèmes de transport. Le Vice-président David Stuart
(Australie) indiqua que ce début était de bonne augure pour
l'implication des scientifiques dans le travail de la CDD.
LE SEGMENT DE HAUT NIVEAU
Le Président de la CDD-9,
Bedrich Moldan (République Tchèque) ouvrit la session, qui
débuta par un groupe de discussion spécial sur le thème du
financement de l'énergie et des transports mis au service du
développement durable, modéré par le Sous-secrétaire
Général chargé des Affaires Economiques et Sociales, Nitin
Desai.
GROUPE DE DISCUSSION SUR LE
FINANCEMENT DE L'ENERGIE ET DES TRANSPORTS: Dans
ses remarques d'ouverture, Desai indiqua que la session était
programmée de manière à permettre au débat des détenteurs
des enjeux d'exercer une influence sur le Segment de Haut
Niveau, et structurée de manière à encourager l'examen du
financement actuellement disponible, de ce qui doit y être
renforcé et des voies et moyens d'y faire participer le
secteur de l'industrie.
Les Chefs des Institutions
Financières: Le Vice-président de
la BANQUE MONDIALE, pour un Développement Ecologiquement et
Socialement Durable: expliqua l'évolution intervenue dans le
financement accordé par la Banque en faveur des secteurs de
l'énergie et des transports et le nouveau soutien destiné à
l'entretien et à la réhabilitation des réseaux routiers;
énuméra les raisons du déclin des emprunts destinés au
secteur de l'énergie; affirma que le développement de
l'infrastructure rurale est le domaine de la croissance à
venir; et nota que les financements sont accordés sur la base
des évaluations des besoins et des stratégies de réduction
de la pauvreté mises en place par les pays.
Le Directeur Exécutif du
FONDS POUR L'ENVIRONNEMENT MONDIAL (FEM) mit l'accent sur cinq
des 155 projets que le fonds soutient dans le cadre du
programme 'Energie Propre', et qui englobent l'établissement
de fonds commerciaux, de crédits aux banques rurales et un
appui au développement des bus propulsés par l'énergie des
cellules voltaïques.
Le Directeur Général de la
BANQUE GRAMEEN du Bangladesh, mit en relief la synergie des
techniques d'information, de l'énergie renouvelable et des
micro-crédits, et donna un aperçu sur l'utilisation des
micro-crédits pour le financement des projets d'énergie
solaire et de téléphonie mobile basée sur l'énergie
solaire. IL souligna la nécessité d'une recherche et d'un
développement, à coûts modérés, des technologies solaires
et des technologies éoliennes. En réponse à une question du
délégué d'ANTIGUA ET BARBUDA, le représentant de la Banque
Mondiale précisa que la réduction des prêts pour les
projets énergétique de grande échelle était, en partie,
dû à la disponibilité accrue des prêts accordés par le
secteur privé.
Les Officiels
Gouvernementaux: Faisant état du
fardeau économique associé à la congestion de la
circulation routière, le Gouverneur de Jakarta, au nom de
l'INDONESIE, souligna l'importance des systèmes de transport
public et fit part de ses réserves quant à la nécessité de
garantir des mécanismes de financement appropriès. Le
Ministre de l'Energie de l'OUGANDA identifia diverses
barrières entravant le financement de l'énergie durable,
dont: les dures conditions imposées par les institutions
financières multilatérales; la peur des risques chez les
banques commerciales; les coûts élevés associés au
démarrage des sources d'énergie renouvelable; et les taux
d'intérêt élevés des micro-financiers. Le Ministre de
l'Environnement de la REPUBLIQUE TCHEQUE souligna l'impératif
de s'assurer de la durabilité des systèmes de transport, à
travers: la mise en place de mécanismes de financement
appropriés; l'amélioration des parcours piétonniers et
cyclables; l'établissement de partenariats public-privé;
l'application du principe pollueur payeur; l'élaboration
d'une planification appropriée dans le domaine de
l'aménagement territorial; et le recours à l'analyse du
rapport coût - bénéfice.
Au cours du débat,
l'AUTRICHE demanda au panel de l'édifier quant aux voies et
moyens de s'assurer d'un rattachement efficace des
considérations énergétiques aux objectifs fixés dans le
cadre de l'éradication de la pauvreté. Le Directeur
Général de la Banque Grameen souligna l'importance
d'étendre les services financiers aux pauvres et d'accroître
leurs capacités d'engendrer des revenus. L'Ouganda mit
l'accent sur les avantages de l'électrification rurale, et
des incitations en faveur des projets d'énergie renouvelable.
Le Directeur Exécutif du FEM invita les financiers des
secteurs public et privé à se joindre au FEM pour le
parrainage des projet d'énergie solaire en milieu rural
visant à combler les écarts en matière de technologie
numérique. Le représentant de Royal Dutch Shell affirma que
le meilleur moyen d'abaisser les coûts des technologies
énergétiques est d'en augmenter
le volume en élargissant les marchés des pays
industrialisés. Répondant à une question posée par la
CHINE, le représentant de la Banque Mondiale donna un bref
aperçu sur la politique suivie par la banque dans l'analyse
des effets environnementaux des projets.
L'Industrie Privée:
Le Président de la ROYAL DUTCH SHELL expliqua les critères
de choix et les types de projets financés par les associés,
les programmes de prêts, les crédits à l'export et sa
Fondation, et donna des exemples de projets susceptibles de
rencontrer des contraintes en matière de financement. Le
Directeur de SCANIA BUSES AND COACHES pour la région des
Amériques, décrivit les opérations de la firme, dans les
domaines de la maintenance, de la gestion et du soutien
financier apporté aux opérateurs des transports par bus,
ainsi que les conditions exigées de la clientèle.
Au cours du débat
général, la TUNISIE souligna le besoin d'un fonds de
solidarité nationale consacré à l'énergie rurale, d'un
fonds rotatif, et d'un transfert de technologie permettant de
répondre aux besoins urbains en matière d'énergie. Le
représentant de l'ILE MAURICE déclara que les technologies
d'information doivent également être soutenues. La
REPUBLIQUE TCHEQUE nota le coût peu élevé des parcours
cyclables par rapport à celui des routes, et le problème de
l'influence des subventions sur les prix. L'OUGANDA demanda
des éclaircissements sur les contrôles susceptibles
d'infléchir des influences. Le FEM souligna la nécessité
d'une planification proactive en matière d'aménagement
urbain dans les nouvelles villes, et fit état des projets de
démonstration financés par le Fonds dans quatre grandes
villes pour la mise en circulation de bus propulsés par des
cellules voltaïques. L'INDONESIE souhaita avoir des
éclaircissements sur les financements disponibles pour les
transports publics. Le délégué des ETATS-UNIS s'interrogea
sur la durabilité potentielle des transports urbains de masse
après le financement initial. En réponse, le représentant
de la Banque Mondiale indiqua que l'institution ne disposait
pas de politiques particulières aux transports de masse et
qu'elle ne finançait pas ce secteur, évoquant les
difficultés inhérentes à l'élaboration de tels instruments
de financements, compte tenu de la complexité des transports
urbains.
En conclusion, Desai indiqua
que la question des transports de masse nécessitait une
attention de la part des ministres, compte tenu du fait que
les politiques mondiales et nationales sont en leur faveur
alors que les instruments du financement public sont
actuellement orientés autrement. L'orateur souligna, pour
finir, l'importance des programmes d'électrification rurale,
de construction de routes, d'éducation, et d'éradication de
la pauvreté.
DANS LES COULOIRS
La présence à la séance
du Dialogue avec les Détenteurs des Enjeux a été à
l'évidence notablement affectée par la tenue en parallèle
de la réunion du Groupe Intergouvernemental des Ministres ou
leurs Représentants, sur la Gouvernance Environnementale
Internationale. Présidée par le Ministre Canadien de
l'Environnement, David Anderson, la réunion procéda à
l'examen du rapport du Directeur Exécutif du PNUE
(UNEP/IGM/I/2). Au cours de la discussion, un large accord a
pu être dégagé sur la nécessité: de renforcer le rôle du
PNUE et d'accroître son financement; d'améliorer la
coordination entre les accords environnementaux multilatéraux
existants; et de s'assurer de la participation de l'ensemble
des intervenants. Les délégués se sont également accordés
sur le besoin d'entreprendre le processus dans le cadre plus
large du développement durable, et d'utiliser les résultats
pour enrichir les préparatifs du Sommet Mondial sur le
Développement Durable attendu prochainement.
Au terme de la réunion,
certains observateurs ont présenté leurs commentaires sur la
contradiction entourant la préférence affichée par le
G-77/Chine de voir les travaux du Groupe Intergouvernemental
se dérouler en grande partie à New York, alors qu'un certain
nombre de ses membres souhaitent voir les réunions du Groupe
Intergouvernemental se tenir à Nairobi. D'autres ont affirmé
que le résultat de la session promet d'être favorable au
PNUE, mais met de l'ombre sur l'avenir de la CDD, et ont
déploré le fait de voir négligés les efforts fournis, ces
dernières années, par la CDD pour l'intégration des
questions ayant trait à l'éradication de la pauvreté et
autres considérations sociales.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SEGMENT DE HAUT NIVEAU:
La réunion de haut niveau poursuivra ses travaux de 10h30 à
13h dans la Salle de Conférence 3. Les délégués entendront
des déclarations introductives suivies d'un débat d'ordre
général. Un dialogue interactif sur l'énergie se tiendra de
15h à 16h30, également dans la Salle de Conférence 3. Le
débat général reprendra de 16h30 à 18h.
EVENEMENTS EN MARGE DE LA
CONFERENCE: Une réunion officieuse
des Ministres et autres Chefs de délégations aura lieu de
18h30 à 22h30. Diverses séances d'information y sont
prévues sur les thèmes de l'énergie nucléaire, du
Partenariat Stratégique Mondial en matière d'Observation
Intégrée, des approches régionale et de la participation du
public. Consultez le tableau d'affichage pour de plus amples
renseignements sur le calendrier de ces événements. |