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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 05 No. 175
Mercredi, 18 Avril 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
CDD-9:
MARDI 17 AVRIL 2001
Les délégués ont
poursuivi la session de dialogue avec les détenteurs des
enjeux consacrée au thème 'Energie et Transports Durables'.
La séance du matin s'est focalisée sur les options durables
en matière de production, distribution et consommation de
l'énergie. Celle de l'après-midi s'est focalisée sur la
question des partenariats entre les secteurs public et privé,
pour la réalisation d'une énergie durable, mise au service
du secteur des transports.
DIALOGUE AVEC LES DETENTEURS
DES ENJEUX: PRODUCTION, DISTRIBUTION ET CONSOMMATION DE
L'ENERGIE
LES DECLARATIONS
D'OUVERTURE: Le représentant du
WORLD BUSINESS COUNCIL ON SUSTAINABLE DEVELOPMENT, intervenant
au nom du secteur du commerce et de l'industrie, appuya
l'idée de réduire l'utilisation de l'énergie à travers des
législations et des normes, des programmes de labelisation,
des codes de conduite et des systèmes d'information.
Mettant en exergue le rôle
des Scientifiques dans la recherche en matière de
développement (R&D), le représentant de l'UNION MONDIALE
POUR LA CONSERVATION, au nom des scientifiques, souligna la
nécessité de fixer une tarification appropriée, à travers,
entre autres: la suppression progressive des
subventions accordées aux systèmes polluants et peu sûrs;
l'intégration des coûts externes et des coûts liés au
cycle de vie; l'élimination des entraves réglementaires; la
promotion de l'utilisation de l'hydrogène comme carburant; le
développement de la recherche en matière de fixation du
carbone; et l'accélération de la recherche dans le domaine
des technologies de l'énergie renouvelable (TER).
Affirmant que l'impasse dans
laquelle se trouve le Traité de Kyoto a pour origine
l'incapacité de déterminer "le moment et la
manière" de réduire l'utilisation des combustibles
fossiles, le représentant de la 'COMMUNICATIONS, ENERGY AND
PAPERWORKERS UNION' souligna le rôle central que les
syndicats pourraient jouer dans la résolution de l'impasse
pour peu qu'on veuille bien adopter une politique de
"Transition Juste", et appela la CDD à apporter son
soutien à la fourniture d'un effort conjoint en matière de
recherche sur l'emploi.
Le représentant du CONSEIL
DE MAROOCHY SHIRE présenta des exemples d'utilisation de
l'efficience énergétique, économiquement et techniquement
faisables et, au nom des collectivités locales, appela à la
mise en place de normes nationales favorisant la production de
l'énergie propre et un investissement prioritaire dans la
réduction de la demande et la réalisation de l'efficience
énergétique. Le représentant de la VILLE DE LEICESTER mit
en relief les activités menées par les autorités locales
dans des domaines tels que ceux de l'efficience énergétique,
de la conscientisation, des enquêtes sur la consommation des
ménages et des centres d'orientation en matière d'énergie.
Il exhorta les gouvernements à apporter leur soutien aux
initiatives ayant trait à la gestion de la demande, à la
mise en place d'un code de conduite, et à l'élaboration de
politiques rationnelles en matière d'approvisionnement. Le
RESEAU DES SERVICES POUR LE DEVELOPPEMENT RURAL, au nom des
ONG, recommanda, entre autres: la suppression
progressive de l'énergie nucléaire et des combustibles
fossiles, suivant un calendrier raisonnable; Une focalisation
accrue sur la conservation de l'énergie et les TER; la
promotion de la planification et de la construction de
l'énergie durable; et la dissémination de l'information
concernant les normes d'efficience minimum.
LE DIALOGUE OUVERT:
L'AUSTRALIE identifia quatre points politiques clés: la
promotion de l'amélioration de l'efficience dans la
génération, la transmission et l'utilisation de l'énergie;
l'amélioration des technologies actuelles basées sur les
combustibles conventionnels et l'accroissement de
l'utilisation des TER; l'attraction des investissements du
secteur privé et le renforcement des capacités. L'ARABIE
SAOUDITE affirma que l'énergie nucléaire n'a pas d'avenir.
La THAILANDE identifia les préoccupations inspirées par les
accidents et les déchets nucléaires. SAMOA déclara que pour
les petits Etats insulaires en développement, l'énergie
durable signifie que cette énergie sera accessible,
disponible et abordable, et proposa l'adoption d'une approche
nationale capable d'attirer l'investissement dans les TER, le
renforcement des capacités et la R&D.
LES RECOMMANDATIONS DES
DETENTEURS DES ENJEUX: Les
représentants des SYNDICATS recommandèrent: une suppression
progressive de l'énergie nucléaire; l'intensification de
l'efficience énergétique et de la dé-carbonisation;
l'amélioration de l'isolation dans les bâtiments; la
poursuite des opportunités de création d'emplois dans le
domaine de l'énergie renouvelable; promotion de la
collaboration avec les détenteurs des enjeux; et la mise en
place de systèmes de compensation, de recyclage et d'emploi
des travailleurs.
Faisant état de leurs
récentes actions visant à minimiser les effets
environnementaux, les représentants du COMMERCE ET DE
L'INDUSTRIE souhaitèrent voir l'ensemble des options
actuellement offertes dans le domaine de l'énergie, être
maintenues ouvertes et recommandèrent, entre autres:
le développement et l'amélioration de l'accès aux
technologies; la mise en place de conditions d'investissement
stables en faveur de l'accès à l'énergie durable; le
développement et la fourniture du gaz naturel aux pays en
développement; l'observation du "sérieux" dans
l'évaluation du changement climatique; et la conduite
d'études scientifiques consacrées aux effets exercés sur la
santé.
Les représentants des
COLLECTIVITES LOCALES élaborèrent sur le Programme 'la Ville
au service de la Lutte contre le Changement Climatique et
appelèrent à la mise en place de normes pour la production
de l'énergie propre et pour la qualité de l'air, à la
suppression des obstacles entravant la fourniture des
technologies de l'énergie propre, et à l'augmentation des
investissements dans la R&D.
Les représentants des ONG
présentèrent au Président de la CDD-9, Bedrich Moldan
(République Tchèque) une pétition stipulant que l'énergie
nucléaire n'est pas compatible avec l'esprit du Plan d'Action
21, et recommandèrent: l'utilisation d'une Charte Mondiale
sur l'Energie comme outil politique; la reconnaissance du
rôle de l'Organisation des Normes Internationales;
l'introduction d'un moratoire sur l'exploration du pétrole
dans les régions écologiquement sensibles; l'établissement
d'un centre d'échange d'informations, relevant des Nations
Unies, sur les technologies énergétiques; la promotion de
TER de petite échelle; le passage à une agriculture durable;
la mise en place d'une agence internationale pour la promotion
de l'énergie solaire; et une coopération internationale pour
l'élimination des caisses de compensation entravant le
domaine.
Les représentants de la
COMMUNAUTE SCIENTIFIQUE ET TECHNOLOGIQUE mirent en exergue
l'Etude Mondiale sur l'Energie et le Troisième Rapport
d'Evaluation du Groupe Intergouvernemental sur le Changement
Climatique, et recommandèrent: l'augmentation du financement
destiné à la recherche; l'élaboration de normes pour la
mesure et le suivi des activités de fixation du carbone; la
mise en place de normes uniformes pour les évaluations du
développement durable; et le traitement des effets de toutes
les sources d'énergie. Ils appelèrent également: à
l'intégration des coûts environnementaux dans le produit
intérieur brut; à une législation exigeant des entreprises
privées, des rapports triennaux incluant des évaluations de
performance; à l'établissement d'une nouvelle discipline, l'énergétique;
et à la mise en place d'un forum des principaux intervenant
dans le domaine. La FAO proposa la conclusion d'un traité
international sur l'énergie, similaire au code de conduite
établi pour des pêches responsables.
DIALOGUE AVEC LES DETENTEURS
DES ENJEUX: PARTENARIATS ENTRE LES SECTEURS PUBLIC ET PRIVE
POUR LA REALISATION DU DEVELOPPEMENT DURABLE
LES DECLARATIONS
D'OUVERTURE: Le représentant du
WORLD BUSINESS COUNCIL FOR SUSTAINABLE DEVELOPMENT, parlant au
nom du commerce et de l'industrie: décrivit les liens entre
l'énergie et les trois piliers du développement durable;
souligna l'usage répandu du pétrole dans le secteur des
transports; et nota que certains types de combustibles sont
plus appropriés pour certaines utilisations. L'orateur
indiqua également que la demande accrue enregistrée dans le
domaine des carburants destinés aux transports, dans les pays
en développement, exige la mise en place de marchés plus
durables et plus innovants.
Le représentant du CONSEIL
INTERNATIONAL DES SYNDICATS DES CORPS SCIENTIFIQUES, au nom
des communautés scientifiques et technologiques, affirma
qu'une mobilité abordable et écologiquement rationnelle est
essentielle au développement durable et appela à la mise en
place d'un système de transports à émission zéro, à
l'augmentation du soutien destiné à la recherche en matière
d'énergie durable, et à de nouvelles infrastructures et
technologies pour le secteur des transports.
Le représentant de la
FEDERATION INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS DU SECTEUR DES
TRANSPORTS, intervenant au nom des syndicats: fit part de ses
réserves concernant la privatisation des réseaux
ferroviaires et les aspects négatifs du système des
pavillons de complaisance utilisé dans l'industrie maritime;
présenta des exemples illustrant les mauvaises conditions de
travail dans lesquelles évoluent les travailleurs du secteur
des transports; souligna les liens étroits entre la
sécurité en matière de transport, les conditions de travail
dans ce domaine et les conditions environnementales; et appela
à la mise en place de normes internationales de sécurité,
de conditions de travail et de conditions environnementales.
Les représentants
respectifs de la VILLE DE MEXICO et du CONTE DE MIAMI-DADE,
appelèrent à des améliorations dans les technologies
utilisées dans les domaines des carburants et des transports
et à la promotion d'une consommation durable. Le
représentant de la FEDERATION EUROPEENNE DES TRANSPORTS ET DE
LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT, parlant au nom des ONG,
suggéra la mise en oeuvre de stratégies basées sur la
promotion de systèmes de transports tenant compte de
l'efficience énergétique et l'adoption de politiques visant
à réduire la demande dans ce domaine.
LE DIALOGUE OUVERT:
Le PAKISTAN déclara que la majorité des technologies
alternatives et celles des combustibles propres proviennent du
monde industrialisé et appela à une intensification du
transfert des technologies vers les pays en développement, à
des termes préférentiels. La SUEDE fit observer que les
problèmes rencontrés dans le secteur des transports dans le
Nord, sont focalisés autour de la congestion, de la
sécurité et des services, et mit en relief l'impact des
décisions du secteur privé sur les modes de production et de
consommation.
LES RECOMMANDATIONS DES
DETENTEURS DES ENJEUX: Les
représentants des SYNDICATS notèrent que le trafic
ferroviaire est plus efficient que le transport routier, et
soulignèrent: La nécessité d'une coopération entre les
secteurs du commerce et de l'industrie pour la mise en oeuvre
de programmes de transport des travailleurs; les questions
posées dans le domaine des transports et liées au mouvement
indirect, et par conséquent non efficient et non viable, des
produits du marché; les liens entre le HIV/SIDA et les
transports; et la participation de tous les concernés, y
compris des Populations Autochtones, dans la conception,
l'exécution et les programmes d'évaluation.
Les représentants du
COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE mirent l'accent sur: les actions
permettant d'accroître la durabilité des combustibles
disponibles; la formation d'une Cellule Internationale
d'Intervention en Aval; la nécessité d'augmenter le
financement réservé aux projets de transport durables; la
mise en oeuvre d'un programme de partenariat public/privé
pour la gestion des huiles utilisées, en Afrique du Sud;
l'impératif de ratifier les conventions internationales
pertinentes; l'analyse scientifique des risques; et le rôle
important joué par le gaz naturel et le gaz liquéfié du
pétrole dans les pays en développement et les pays
industrialisés et dans la transition vers des véhicules
fonctionnant à l'hydrogène. Ils recommandèrent: la mise en
place des conditions favorables ou d'un marché durable pour
les combustibles gazeux; l'ouverture d'un accès égalitaire
à la mobilité; et la promotion de progrès dans le secteur
de la mobilité, aux fins de contribuer au développement
durable et à la réduction de la pauvreté.
Les représentants des
COLLECTIVITES LOCALES mirent en exergue l'importance de la
marche, en tant que forme de transport et plaidèrent pour un
investissement dans des couloirs cyclables et des parcours de
marche à pied, dotés d'avantages esthétiques et offrant une
bonne sécurité. Ils recommandèrent: la mise en place de
normes nationales pour les émissions émanant des véhicules;
le recours au leadership public pour la promotion d'un
transport propre; et l'utilisation du pouvoir d'achat
étatique pour étendre les marchés de véhicules non
polluants.
Les représentants de la
COMMUNAUTE SCIENTIFIQUE ET TECHNOLOGIQUE mirent en relief:
l'élaboration de lignes directrices pour encadrer la
collaboration entre les différents secteurs et asseoir les
bonnes pratiques dans les domaines de l'analyse et de la
gestion des risques; l'intégration des coûts externes;
l'amélioration de l'efficacité des mesures de régulations
et des dispositions institutionnelles visant à réduire les
émissions émanant des véhicules et l'amélioration des
technologies utilisées dans le secteur des transports et de
leur efficience énergétique; le problème de l'accroissement
du nombre de voitures et des pratiques d'utilisation qui en
résultent, notamment en termes d'occupation des sols; le
problème de la congestion du trafic automobile et la
pollution dans la ville de Pékin; la nécessité de plus de
recherche, de développement, de démonstration et de
déploiement des alternatives; et la réduction des gaz à
effet de serre de manière à atteindre le niveau d'émission
zéro. Ils recommandèrent l'établissement de normes
internationales et d'une coordination mondiale dans la mise au
point de nouvelles technologies de motorisation et de
carburation.
Les représentants des ONG
mirent en exergue: l'influence des investissements publics sur
l'utilisation des transports; la nécessité de modifications
dans l'aménagement des territoires et dans les régulations
en faveur d'une réduction des émissions; l'adoption de
formes de transport non motorisées, qui nécessitent, entre
autres, des investissements et des programmes de
sécurité routière; les effets du trafic; et les efforts
gouvernementaux concernant la prochaine réunion de
l'Organisation Internationale de l'Aviation Civile consacrée
aux mesures de réduction des émissions, basées sur la loi
du marché.
DANS LES COULOIRS
Le dialogue avec les
détenteurs des enjeux suivant son cours, et compte tenu de
l'arrivée imminente des ministres, certains délégués ont
échangé des spéculations quant à l'impact éventuel que
divers événements organisés en marge de la conférence,
pourraient exercer sur les délibérations de la CDD. Il y a
d'abord le fait que des consultations intenses se sont tenues
sur le résultat et les implications possibles de la réunion
du Groupe Ministériel qui se tient aujourd'hui sur le thème
de la Gouvernance Environnementale Internationale. Il s'agit
là de la première réunion du Groupe, qui est chargé
d'étudier les conditions exigées pour la mise en place d'une
structure institutionnelle grandement renforcée dans le
domaine de la gouvernance environnementale à l'échelle
internationale. Les délégués établissent un lien entre ce
débat et l'éventuelle prétention au pouvoir institutionnel
qui met en concurrence le DAES et le PNUE, pour la gestion du
contenu du Sommet Mondial sur le Développement Durable, et du
rôle à long terme, de la CDD.
Ensuite, quelques
observateurs ont noté qu'un certain nombre de participants
réguliers aux travaux de la CDD étaient absents, mardi,
indiquant que ces derniers pouvaient avoir choisi d'assister
à la réunion organisée à Washington, DC, sur le changement
climatique. Avec à l'esprit les déclarations politiques
faites récemment au plus haut niveau, on a entendu
quelques-uns échanger leurs spéculations quant au degré
d'interférence des considérations politiques liées au
traité dans les débats du Segment de Haut Niveau.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
DIALOGUE AVEC LES DETENTEURS
DES ENJEUX: La dernière séance de
dialogue qui sera consacrée au thème de la planification du
transport durable, aura lieu de 10 à 13h dans la Salle de
Conférence 3. La liste des orateurs prévus comprend: Le
Syndicat International des Transports Routiers, l'UICN-Inde,
l'Union des Syndicats Autonomes de Croatie, les Maires d'Abuja
et de Chicago, le Réseau d'Action en faveur du Transport
Durable pour l'Asie et le Pacifique, avec la Pologne et le
Japon comme répondants.
SEGMENT DE HAUT NIVEAU:
Les travaux du Segment de Haut Niveau et du Groupe de
Discussion sur le financement de l'énergie et des transports
au service du développement durable, se dérouleront de 15h
à 18h dans la Salle de l'ECOSOC. La liste des orateurs est
composée de chefs d'institutions financières, de dirigeants
d'entreprises et d'officiels gouvernementaux.
EVENEMENTS EN MARGE DE LA
CONFERENCE: Le Groupe Ministériel
du PNUE ou de leurs représentants, sur le thème de la
gouvernance environnementale internationale, se déroulera de
10h à 13h dans la Salle de l'ECOSOC. Plusieurs comités et
réunions d'ONG sont également programmés. Consultez le
tableau d'affichage des manifestations de la journée, pour
les horaires et lieux précis. |