|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 05 No. 174
Mardi, 17 Avril 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
CDD-9:
LUNDI 16 AVRIL 2001
La neuvième session de la
Commission du Développement Durable (CDD-9) a ouvert
aujourd'hui ses travaux au siège des Nations Unies à New
York. Lors d'une brève séance du matin, les délégués
devaient élire les membres du Bureau, procéder à l'examen
de l'ordre du jour et du calendrier des travaux, et entendre
un certain nombre de déclarations d'ouverture et lecture des
rapports des réunions et autres activités intersessions de
la CDD-9. La première séance de dialogue avec l'ensemble des
détenteurs des enjeux consacré au thème de l'ouverture d'un
accès équitable au développement durable devait se
dérouler dans l'après-midi.
LA PLENIERE D'OUVERTURE
Ouvrant les travaux de la
CDD-9, le Président Bedrich Moldan (République Tchèque)
souligna le rôle de la CDD dans le suivi de l'état
d'avancement et des accomplissements réalisés dans la
perspective du développement durable, et déclara s'attendre
à ce que le Sommet Mondial sur le Développement Durable de
2002 fasse l'objet d'un échange durant le Segment de Haut
Niveau.
Souhaitant la bienvenue aux
participants, Nitin Desai, Sous-secrétaire Général chargé
des Affaires Economiques et Sociales, mit en relief le thème
de l'énergie, domaine où la CDD a apporté une plus-value au
travail des Nations Unies. L'orateur indiqua: que la CDD-9 est
la première réunion des Nations Unies où l'énergie est
abordée en tant que thème sectoriel; et que les besoins
énergétiques des populations et l'accès à l'énergie
doivent être traités comme des priorités, notamment par la
CDD; et, notant le fait que bon nombre des préoccupations
concernant la disponibilité de ressources pour le
développement durable se rapportent à l'énergie, il
souhaita voir une fusion s'opérer entre l'ordre du jour de la
CDD et concernant l'éradication de la pauvreté. Il déclara
aussi que les questions ayant trait aux effets exercés sur la
santé, au financement, au transfert des technologies, aux
thèmes institutionnels relatifs à la mise en application, à
l'implication des concernés et à l'éthique des
responsabilités mondiales, doivent être abordées, ce qui
signifie que la CDD-9 peut servir de gabarit pour le
traitement des différentes préoccupations mondiales
intéressant d'autres domaines.
LES QUESTIONS
D'ORGANISATION: Les délégués
élirent Madina Jarbussynova (Kazakhstan) en qualité de
Vice-présidente représentant les pays asiatiques et pour
servir de Rapporteur, et se mirent d'accord sur le report de
l'élection du Vice-président représentant le groupe
africain, à une date ultérieure.
Le Président Moldan
introduisit, et les délégués adoptèrent, l'ordre du jour
provisoire et autres questions d'organisation (E/CN.17/2001/
1), indiquant que le calendrier des travaux pouvait être
modifié en fonction de la progression du travail de la
Commission. L'orateur annonça que trois comités de
rédaction seront établis et que pas plus de deux réunions
pourront être tenues simultanément: le comité de rédaction
1, chargé du thème de l'énergie, sera présidé par Alison
Drayton (Guyane); le comité de rédaction 2, sur le thème de
l'information au service de la prise des décisions et de la
participation et celui de la coopération internationale au
service de l'instauration d'un environnement incitateur, sera
présidé par Madina Jarbussynova; et le comité de rédaction
3, sur les thèmes des transports et de la protection de
l'atmosphère, sera présidé par David Stuart (Australie). Il
précisa également que l'ordre des réunions sera décidé
plus tard. Les délégués approuvèrent ensuite
l'accréditation du Forum Intergouvernemental sur la
Sécurité Chimique avec statut d'observateur auprès de la
CDD.
Le Président Moldan nota,
par ailleurs, que le Segment de Haut Niveau se déroulera tout
au long de trois séances formelles, jeudi et vendredi. Il
indiqua que des déclarations introductives viendront
précéder les débats, et que ces allocutions seront
limitées à une durée de cinq minutes chacune, à
l'exception de celles devant être faites par l'Alliance des
Petits Etats Insulaires en Développement, l'UE et le
G-77/Chine, dont les portes-paroles auront dix minutes chacun.
Il invita les ministres à participer dans les échanges
officieux prévus jeudi et vendredi matin, et suggéra que
leurs interventions soient focalisées sur le Sommet Mondial
sur le Développement Durable, en vue de fournir une
orientation aux délibérations de la CDD-10. Au sujet du
dialogue interactif, l'orateur précisa que deux équipes ont
été proposées par le Bureau: la première est chargée de
traiter la question des défis à relever pour la satisfaction
des besoins accrus d'énergie dans le domaine des transports
et pour la promotion des investissements publics et privés;
et la deuxième est chargée de l'évaluation des degrés de
réussite atteints quant à l'intégration du développement
durable dans les politiques nationales. Il indiqua qu'une
synthèse des dialogues avec l'ensemble des détenteurs des
enjeux sera élaborée par le Président. Le SOUDAN fit part
de son espoir de voir le Bureau s'assurer que le groupe
africain recoive la part qui lui revient des responsabilités
de la Commission. Le Président Moldan encouragea le groupe
africain à désigner un candidat pour l'élection au poste de
Vice-président de la Commission.
RAPPORTS SUR LES ACTIVITES
INTERSESSIONS: Le Vice-président
David Stuart attira l'attention des délégués sur le
procès-verbal du Groupe de Travail Spécial Intersessions sur
les Transports et la Protection de l'Atmosphère (E/
CN.17/2001/16), soulignant les éléments retenus pour le
projet de décision concernant les deux thèmes. La
Vice-présidente Madina Jarbussynova mit en exergue le rapport
du Groupe de Travail Spécial Intersessions sur l'Information
au service de la Prise des Décisions et de la Participation
et sur la Coopération Internationale au service de
l'Instauration d'un Environnement Incitateur
(E/CN.17/2001/17). L'oratrice indiqua que le groupe n'est pas
parvenu à s'accorder sur tous les éléments et que des
réserves ont été exprimées à l'issue des délibérations,
notamment sur le libellé concernant les indicateurs du
développement durable.
Le rapport de la Seconde
Session du Groupe d'Experts Intergouvernemental Spécial sur
l'Energie et le Développement Durable (E/ CN.17/2001/15) fut
présenté par Irène Freudenschuss-Reichl (Autriche),
Coprésidente du Groupe. L'oratrice affirma qu'il n'y avait
aucun espoir de voir se réaliser les objectifs de
développement approuvés à l'échelle internationale si
aucun progrès n'est enregistré dans la question de l'accès
à l'énergie. Le Coprésident Mohammad Reza Salamat (Iran)
nota, de son coté, que si le groupe à réussi à s'entendre
sur bon nombre de paragraphes du texte négocié, les
délégués ne sont pas parvenus à s'accorder sur les
libellés consacrés aux questions ayant trait aux
technologies de l'énergie nucléaire, à la coopération
internationale, et à la fonction des marchés. Ces libellés
ont dû être transmis crochetés à la CDD-9.
DIALOGUE AVEC LES DETENTEURS
DES ENJEUX: DE l'ACCES EQUITABLE A L'ENERGIE DURABLE
Le Président Moldan ouvrit
la séance de dialogue avec l'ensemble des détenteurs des
enjeux consacrée au thème de l'accès équitable à
l'énergie durable.
LES DECLARATIONS
D'OUVERTURE: Le Président du
CONSEIL MONDIAL SUR L'ENERGIE, intervenant au nom de
l'industrie, souligna la nécessité d'un accès plus
important à l'énergie, d'une disponibilité et d'une
acceptabilité, et encouragea l'entreprise d'actions
favorisant, entre autres, la réforme des marchés, la
réduction des risques politiques et l'amélioration de
l'efficience énergétique. Le représentant de l'INSTITUT
TATA POUR L'ENERGIE, parlant au nom de la communauté
scientifique et technique, encouragea la suppression
progressive des subventions, mettant en relief la valeur de la
décentralisation dans ce domaine et l'impératif de s'appuyer
sur les capacités institutionnelles locales, et fit part de
ses préoccupations concernant le déclin du soutien destiné
à la recherche en matière de développement. Le
représentant de la CONFEDERATION INTERNATIONALE DES SYNDICATS
LIBRES, au nom des syndicats, mit en exergue le besoin d'une
participation plus importante des travailleurs dans les
décisions concernant la production de l'énergie, appela à
la ratification de la Convention 155 de l'OIT sur la santé
des travailleurs, souligna ses préoccupations concernant les
accidents liés aux transports, et encouragea un soutien plus
important en faveur de la recherche quant aux implications de
la transition vers l'énergie durable sur l'emploi. Les
représentants de la MUNICIPALITE DE JOHANNESBURG et de la
MUNICIPALITE DE RIO DE JANEIRO, parlant au nom des
collectivités locales, notèrent que les pauvres, souvent, ne
bénéficient d'aucun accès à l'énergie commercialisé, et
encouragèrent un investissement plus important dans
l'énergie renouvelable, dans l'énergie propre et dans les
programmes d'efficience énergétique.
La représentante de
l'organisation SECOURS CHRETIEN, intervenant au nom des ONG,
exhorta les gouvernements: à commencer immédiatement la
suppression progressive de l'énergie nucléaire; à voter un
moratoire sur l'extraction des combustibles fossiles dans les
régions écologiquement fragiles; à imposer une taxe sur les
combustibles à base de carbone; et à cesser la construction
de grands barrages. L'oratrice plaida pour la création d'une
nouvelle agence des Nations Unies chargée de la promotion de
l'énergie renouvelable et de l'�nergie durable.
LE DIALOGUE OUVERT:
Le PAKISTAN mit en garde contre la suppression de toutes les
subventions, nota ses r�serves concernant le co�t d'une
d�centralisation de l'�nergie, et souligna l'importance de
la transparence des d�cisions tarifaire du march�. L'ARABIE
SAOUDITE nota que l'�radication de la pauvret� est la
principale priorit� des pays en d�veloppement, alors que les
pays industrialis�s sont focalis�s sur les trois piliers du
d�veloppement durable. L'INDONESIE appela � l'instauration
d'une coop�ration r�gionale, nationale et internationale et
� des partenariats entre les secteurs public et priv�
favorisant l'acc�s � l'�nergie durable.
LES RECOMMANDATIONS DES
DETENTEURS DES ENJEUX: Les
repr�sentants des ONG recommand�rent: l'imposition de
restrictions sur les nouvelles subventions pour les sources
d'�nergie non durables; la promotion d'un acc�s plus
important � l'�nergie durable en faveur des femmes; l'arr�t
de l'extraction du p�trole et du gaz dans les Habitats
Naturels Nationaux de l'Arctique; la suppression progressive
de l'�nergie nucl�aire; la garantie que l'Accord de l'OMC
sur les Aspects li�s au Commerce, des Droits de Propri�t�
Intellectuelle n'exercera pas d'impact n�gatif sur le
tranfert de l'�nergie durable vers les pays en
d�veloppement; l'�tablissement de normes pour une
r�partition �quitable des profits; et l'appel � des
propositions sp�cifiques permettant de s'assurer que les prix
pratiqu�s refl�tent r�ellement les co�ts externes.
Les repr�sentants des
SYNDICATS offrirent des recommandations appelant: �
une plus grande participation des travailleurs dans les
d�cisions concernant les questions touchant � l'�nergie et
aux transports; � la promotion des liens entre la sant� des
travailleurs, la sant� de la communaut� et la sant� de
l'environnement; la conduite d'une recherche sur les
implications de la transition vers l'�nergie durable sur
l'emploi; et l'intensification du transfert des technologies
dans le sens Nord Sud.
Les repr�sentants de
COMMUNAUTE SCIENTIFIQUE ET TECHNOLOGIQUE soulign�rent:
l'utilisation disproportionn�e de l'�nergie par les pays
industrialis�s; les d�fis � relever pour la satisfaction de
la demande accrue des pays en d�veloppement, en mati�re
d'�nergie, tout en minimisant les risques environnementaux;
la n�cessit� de se focaliser sur les services associ�s au
domaine de l'�nergie; un recours plus important aux
�valuations du co�t li� au cycle de vie et � la pratique
de la v�rit� des prix; et une collaboration
interdisciplinaire, en particulier, dans les pays en
d�veloppement, pour le renforcement du r�le de la science
dans les processus d�cisionnels dans le domaine de
l'�nergie.
Les repr�sentants de
l'INDUSTRIE firent des recommandations sur: le r�le potentiel
du gaz liquide en tant que source d'�nergie propre; les
efforts devant �tre fournis par l'industrie du p�trole pour
minimiser leur impact dans les r�gions �cologiquement
fragiles; les avantages tir�s des �valuations de l'impact
social des activit�s de production d'�nergie; l'int�gration
des co�ts externes ainsi que des profits, y compris ceux
d�rivatifs; et la mise en place de m�canismes de march�
novateurs.
Les repr�sentants des
COLLECTIVITES LOCALES: donn�rent un aper�u sur leurs
campagnes de protection du climat; apport�rent leur appui �
l'utilisation de certaines subventions pour les sources
d'�nergie renouvelable et d'�nergie propre; et appel�rent
� la suppression progressive des caisses de compensation dans
le domaine de l'�nergie.
DANS LES COULOIRS
Le terme �nergie a �t�
beaucoup entendu aujourd'hui et promet d'�tre le mot clou de
la session, avec un int�r�t particulier plac� sur le
libell� consacr� aux technologies nucl�aires. Nonobstant
l'appui g�n�ral apport� � la proposition appelant � la
suppression de ce libell�, un petit nombre de pays sont en
train de faire pression pour son maintien. Certains
participants pensent que la motivation qui les anime
s'explique par l'int�r�t port� � l'exportation de ces
technologies nucl�aires vers les pays en d�veloppement, en
vue d'acqu�rir des cr�dits en mati�re de carbone. Ces
m�mes participants sont furieux � l'�gard de cette
perspective, faisant observer qu'elle est n'est pas viable et
qu'elle viendrait imposer de lourds investissements, avec peu
de profits, � des groupes d�j� marginalis�s. D'autres
pensent que les co�ts de la gestion des d�chets nucl�aires
sont trop �lev�s et que par les non-utilisateurs
n'adopteront pas ces technologies. Les positions des
d�l�gu�s durant les r�unions intersessions ont �t�,
croit-on savoir, bien perturb�es par les r�centes
d�clarations des Etats-Unis sur le Trait� de Kyoto.
Outre la question
�nerg�tique, les participants ont not� les autres d�fis
devant �tre relever par la session. La perte d'un poste de
Vice-pr�sident ne sera pas sans cons�quence sur les
performances du Bureau. Apr�s 12 semaines de diverses
n�gociations aux Nations Unies, bon nombre de d�l�gations
de pays en d�veloppement sont ext�nu�es et peu pr�par�es
aux imp�ratifs de cette session. Ajoutons � cela le fait que
les consultations officieuses sur le th�me de la gouvernance
environnementale internationale, programm�es plus tard dans
la semaine, et autour de la question du Sommet Mondial sur le
D�veloppement Durable promettent d'accaparer l'attention de
pas mal de monde.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
DIALOGUE AVEC LES DETENTEURS
DES ENJEUX: La deuxi�me s�ance du
dialogue avec les d�tenteurs des enjeux consacr�e aux
options durables en mati�re de production, distribution et
consommation d'�nergie, se d�roulera de 10h � 13h dans la
Salle de Conf�rence 3. La liste des orateurs englobera les
repr�sentants des organisations suivantes: le Conseil Mondial
pour l'Energie, l'UICN, le Maroochy Shire Council (Australie)
et l'ONG pour l'Energie Nouvelle (Ghana), avec l'Australie
comme d�fendeur.
La troisi�me s�ance de
dialogue consacr�e au th�me des partenariats entre les
secteurs priv� et public pour la r�alisation du
d�veloppement durable, aura lieu de 15h � 18h dans la Salle
de Conf�rence 3. La liste des orateurs pr�vus comprend les
repr�sentants: du World Business Council for Sustainable
Development, de la Ville le Leicester, et de la F�d�ration
Europ�enne des Transports et de l'Environnement, avec la
Su�de comme d�fendeur.
EVENEMENTS EN MARGE DE LA
CONFERENCE: Diverses s�ances
d'information sur les th�mes de l'�nergie, des transports,
du d�veloppement des zones montagneuses et de la consommation
sont programm�es dans divers endroits et diff�rentes
r�unions d'ONG. Consultez le tableau des manifestations pour
de plus amples d�tails concernant le programme de la
journ�e. |