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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 05 No. 163
Lundi 5 Mars 2001
RESUME DE LA SECONDE SESSION
DU GROUPE D’EXPERTS INTERGOUVERNEMENTAL SPECIAL SUR L’ENERGIE
ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE
26 FEVRIER – 2 MARS 2001
Le Groupe d’Experts
Intergouvernemental Spécial, de Composition Non Limitée, sur
l’Energie et le Développement Durable, s’est réuni à
New York du 26 février au 2 mars 2001. Ce Groupe d’Experts
avait été établi par l’Assemblée Générale des Nations
Unies pour l’élaboration d’une contribution à la
neuvième session de la Commission du Développement Durable
(CDD-9). Le Groupe d’Experts s’est focalisé sur les
thèmes centraux ayant trait au sujet de l’énergie au
service du développement durable, et notamment sur l’accessibilité
de l’énergie, l’efficience énergétique, les sources d’énergie
renouvelable, les technologies avancées en matière de
combustibles fossiles, les technologies de l’énergie
nucléaire, l’énergie rurale, les questions ayant trait à
l’énergie dans le secteur du transport, et la coopération
régionale et internationale dans le domaine de l’énergie.
Les délégués débattirent de ces sujets sur la base d’une
proposition des Coprésidents pour un projet de décision et d’un
texte de compilation renfermant les vues présentées par les
délégués par voie orale et écrite, durant la réunion. Les
délégués ne sont pas parvenus à un accord sur un certain
nombre de questions contentieuses, notamment celles concernant
l’énergie nucléaire et la coopération internationale. L’atmosphère
générale des négociations était tendue et les pourparlers
ont été freinés en milieu de semaine, mais ont finalement
gagné un certain élan dans la nuit du jeudi. Un projet de
proposition révisé du Coprésident contenant bon nombre de
crochets a ainsi pu être adopté et transmis à la CDD-9.
BREF HISTORIQUE DE LA CDD
La CDD émergea du Plan
d'action 21, le programme d'action adopté par la CNUED en
1992. Le Plan d'action 21 appela à la création de la CDD aux
fins: de s'assurer du suivi efficace de la CNUED; d'impulser
la coopération internationale et de rationaliser les
capacités intergouvernementales en matière de prise de
décisions; et d'évaluer l'état d'avancement de
l'application du Plan d'action 21 aux niveaux local, national,
régional et international. En 1992, la 47ème
session de l'Assemblée Générale de l'ONU établit, dans sa
Résolution 47/191, les termes de référence de la CDD, sa
composition, ses lignes directrices concernant la
participation des ONG, le calendrier de ses travaux, ses liens
avec d'autres organes des Nations Unies, et les arrangements
devant encadrer son Secrétariat. La CDD tint sa première
session de fond en juin en 1993 et s'est, depuis, réunie
régulièrement une fois par an.
En juin 1997, cinq ans
après la CNUED, l'Assemblée Générale de l'ONU tint une
session extraordinaire (SE/AGNU) consacrée à l'évaluation
de la mise en œuvre du Plan d'Action 21. Les négociations
menées au sein d'une Grande Commission et dans plusieurs
groupes ministériels produisirent le Programme de la Suite de
la Mise en Œuvre du Plan d'action 21. Parmi les décisions
adoptées à la SE/ AGNU: le programme de travail de la CDD
qui identifiait les thèmes sectoriels et intersectoriels et
ceux relatifs au secteur économique et aux principaux groupes
sociaux, auxquels seront consacrées les quatre sessions
suivantes de la CDD. Les principaux thèmes annuels retenus
étaient ceux de la pauvreté et des modes de consommation et
de production.
La CDD-6 se déroula du 20
avril au 1er mai 1998. Les participants y procédèrent à
l'examen du thème économique de l'industrie et du thème
sectoriel des approches stratégiques dans le domaine de la
gestion de l'eau. Ils devaient par ailleurs y procéder à la
revue de la mise en œuvre du Programme d'Action pour le Développement
Durable des Petits Etats Insulaires en Développement et
débattre des thèmes intersectoriels du transfert des
technologies, du renforcement des capacités, de l'éducation,
des sciences et de l'amélioration de la prise de conscience.
Trois comités de rédaction négocièrent les sept décisions
qui devaient être prises à la CDD-6.
La CDD-7 eut lieu du 19 au
30 avril 1999. Les participants y considérèrent le thème
économique du tourisme, le thème sectoriel des océans et
des mers et le thème intersectoriel des modes de consommation
et de production. Ils devaient se pencher également sur les
préparatifs de la Session Extraordinaire de l'Assemblée
Générale de l'ONU consacrée à la Revue du Programme
d'Action de la Barbade pour le Développement Durable des
Petits Etats Insulaires en Développement. Les délégués
devaient, au cours de la deuxième semaine, adopter 12
décisions portant, entre autres, sur la nécessité
d'inverser la tendance à la baisse enregistrée dans le
domaine de l'aide publique au développement (APD), des
préparatifs des travaux de la CDD-9 sur le thème de
l'énergie, et de l'amélioration de l'intégration du thème
des politiques de consommation et de production dans le
programme de travail de la CDD.
La CDD-8 se réunit du 24
avril au 5 mai 2000. Les participants y examinèrent le thème
économique d’agriculture durable et de gestion des sols, le
thème sectoriel de planification et de gestion intégrée des
ressources foncières et les thèmes transversaux des
ressources financières, du commerce et de l’investissement,
et de la croissance économique. Les conclusions et les
propositions figurant dans le rapport final furent également
examinées, tout comme les dispositions prises dans le cadre
des préparatifs de l’évaluation de la dixième année de
la CNUED. Les décisions adoptées par la CDD-8 devaient
englober le rapport de la première session du Groupe
d'Experts Intergouvernemental Spécial sur l’Energie et le
Développement Durable.
LA CDD ET L’ENERGIE:
Le programme de travail pluriannuel de la CDD adopté par la
SE/AGNU, en 1997, mandate la CDD-9 de procéder à l'examen du
thème sectoriel atmosphère/énergie. La Session
Extraordinaire reconnut les complexités et les
interdépendances inhérentes au traitement des questions
touchant à l'énergie dans le contexte du développement
durable et opta pour le recours à un groupe d'experts. A la
CDD-7, le Groupe d'Experts Intergouvernemental Spécial, de
Composition Non Limitée sur l'Energie et le Développement
Durable, fut officiellement établi pour l'élaboration des
contributions devant être apportées à la CDD-9. Les
gouvernements, la société civile et les différents
principaux groupes sociaux, y compris le secteur privé,
furent appelés à participer activement dans le processus
préparatoire.
La première session du
Groupe d'Experts se déroula à New York du 6 au 10 mars 2000.
Le Groupe d'experts y procéda à l'examen des rapports du
Secrétaire Général de l'ONU concernant "l'Energie et
le Développement Durable: les Thèmes Principaux" et
concernant "les Soumissions Nationales", et
produisit une synthèse des débats élaborée par les
Coprésidents. Les délégués s'accordèrent également sur
le programme de travail inter-sessions et sur l'ordre du jour
provisoire de la seconde session.
La synthèse des
Coprésidents mettait en exergue les domaines prioritaires
approuvés devant être soumis à la considération de la
CDD-9: l'accessibilité de l'énergie; l'efficience
énergétique; l'énergie renouvelable, les technologies
avancées en matière de combustibles fossiles; les
technologies en matière d'énergie nucléaire; l'énergie
rurale; et, l'énergie et le transport.
COMPTE RENDU DE LA REUNION
Le lundi 26 février, le
Coprésident Mohammad Reza Salamat (Iran) ouvrit la seconde
session du Groupe d'Experts Intergouvernemental Spécial sur
l'Energie et le Développement Durable. Les Délégués
adoptèrent l'ordre du jour de la réunion (E/CN.17/ESD/
2001/1) et le calendrier des travaux
(E/CN.17/ESD/2001/1/Add.1). Le Coprésident Salamat précisa
que le projet de texte de négociation qui servira de
plate-forme au travail du Groupe d'Experts tentait d'établir
un équilibre entre les considérations politiques et les
aspects techniques, entre les pays industrialisés et les pays
en développement, et entre les objectifs du développement et
les préoccupations environnementales. Il indiqua que le texte
appuyait une approche englobant un "menu d'options et de
politiques".
JoAnne DiSano, Directrice de
la Division Développement Durable, au Département des
Affaires Economiques et Sociales (DESA), introduisit le
rapport du Secrétaire Général, "Energie et
développement durables: options et stratégies d’action
concernant les questions clés" (E/CN.17/ESD/ 2001/2). L’oratrice
indiqua que le rapport identifiait les principaux domaines où
la communauté internationale est en mesure de promouvoir l’énergie
durable, et appelait à de nouvelles initiatives visant à
intensifier la coopération internationale et à une
mobilisation de l’investissement pour, entre autres,
édifier des partenariats efficaces entre les secteurs public
et privé.
La Coprésidente Irene
Freudenschuss Reichl (Autriche) décrivit la structure du
projet de texte de négociation (E/CN.17/ESD/2001/L.1) qui
comprend six chapitres: Les Considérations Générales; les
Principes Généraux de l’Action Politique; les Thèmes
Centraux; les Thèmes Permanents; la Coopération Régionale;
et la Coopération Internationale. Les délégués
présentèrent leurs déclarations générales sur le thème
énergie et développement durable et entamèrent l’examen
du texte des Coprésidents, se focalisant sur les deux
premiers chapitres. La réunion fut ensuite ajournée à la
demande du G-77/Chine pour permettre la tenue de consultations
et l’élaboration des positions pour la journée suivante.
Le mardi 27 février, le
Groupe d'experts se réunit matin et après-midi pour
débattre de l'ensemble des chapitres du projet de texte de
négociation des Coprésidents. Le mercredi, les délégués
reçurent un nouveau texte de compilation regroupant les
points de vue exprimés par les délégués sur le projet de
texte des Coprésidents jusqu'à mardi soir. Un certain nombre
de délégués firent part de leur insatisfaction concernant
le texte qui, affirmèrent-ils, n'était pas élaboré dans un
format conforme aux normes des Nations Unies. Ils
s'interrogèrent sur la manière de procéder dans la suite
des négociations, ce qui mena les Coprésidents à conduire
des consultations officieuses sur la manière de procéder
pour la poursuite des travaux. Le Groupe d'Experts se réunit
de nouveau en fin d'après-midi. Après un débat sur l'état
d'avancement du projet de texte de compilation et sur les
questions de procédure, la séance officielle fut ajournée.
Une réunion officieuse consacrée à l'examen du Chapitre F,
Coopération Internationale, suivit l'ajournement. Les
Coprésidents tinrent des consultations informelles avec un
certain nombre de groupes restreints.
Jeudi 1er mars,
les délégués reçurent une nouvelle version du texte de
compilation où des amendements ont été introduits pour
mieux refléter les vues de l'ensemble des délégations. Les
délégués se réunirent le matin, l'après-midi et en
soirée, en séances formelles et informelles pour débattre
des nouvelles versions des chapitres A et B et travaillèrent
jusque tard dans la nuit sur le chapitre C. Le vendredi 2
mars, le Groupe d'Experts tint des séances officieuses pour
achever l'examen du texte. Des consultations informelles
furent menées autour des questions contentieuses. Les
délégués achevèrent leurs discussions autour du texte de
compilation révisé, et le Coprésident Salamat clôtura les
travaux le samedi 3 mars, à 14h45 du matin.
LE PROJET DE DECISION DES
COPRESIDENTS SUR LE THEME ENERGIE ET DEVELOPPEMENT DURABLE
Voici ci-après un résumé
du projet de décision des Coprésidents concernant l'énergie
et le développement durable transmis à la CDD-9 avec un
accent placé sur les points contentieux laissés entre
crochets.
CHAPITRE A: CONSIDERATIONS
GENERALES: Ce chapitre note: que
l'énergie est centrale pour la réalisation des objectifs de
développement durable; la magnitude et l'échelle des besoins
en matière d'énergie; les challenges posés dans les
domaines de l'énergie et les conditions permettant de les
relever; l'action permettant aux systèmes énergétiques
d'apporter un soutien au développement durable; et, les
responsabilités communes mais différenciées des pays dans
le domaine des politiques et des stratégies visant à
réaliser l'énergie au service du développement durable.
Dans l'examen de ce
chapitre, plusieurs délégués soulignèrent l'importance de
mettre à la disposition des pays un menu d'options et
appelèrent à placer l'accent sur la diversité des
circonstances et des perspectives.
La Fédération de Russie
souligna que les technologies écologiquement rationnelles ne
sont pas disponibles gratuitement pour tous, et un libellé
affirmant ce fait fut inséré. La Norvège et l'Afrique du
Sud mirent en relief la différence entre énergie durable et
énergie au service du développement durable. Cette dernière
formule fut retenue par le Groupe d'Experts.
Différents points de vue
furent exprimés sur le libellé concernant la magnitude et
l'échelle du problème énergétique. L'UE rejeta la
formulation proposée par le G-77/Chine concernant le manque
d'accès "commercial" à l'énergie et au transport.
Le porte-parole préféra accès "moderne" à
l'énergie et au transport, terme, affirma-t-il, compatible
avec l'esprit et la lettre de l'Evaluation de l'Energie
Mondiale (WEA). Les délégués décidèrent de ne retenir ni
l'un, ni l'autre des deux termes. Le G-77/Chine, avec l'Arabie
Saoudite, fit objection à une suggestion avancée par l'UE
d'ajouter un libellé sur le caractère non durable des modes
actuels de production, distribution et utilisation d'énergie.
Le porte-parole souhaita voir ce problème être qualifié
comme étant de pertinence pour les pays industrialisés. L'UE
souligna la nécessité de reconnaître l'importance des
émissions liées à l'énergie sur la santé humaine et sur
l'environnement. Plusieurs pays en développement s'y
opposèrent et proposèrent de placer le libellé entre
crochets. L'UE accepta la suppression de cette référence,
mais demanda le maintien de la reconnaissance du fait que les
modes de consommation actuels ne sont pas soutenables, et le
paragraphe fut accepté.
Le G-77/Chine proposa
d'appeler les pays industrialisés à mettre à la disposition
des pays en développement des options technologiques
écologiquement rationnelles, notant que cela avait été
approuvé à Rio+5. La Fédération de Russie suggéra
d'étendre cela aux pays en transition économique (PTE).
L'Australie souligna que la technologie doit être fournie à
travers les activités des secteurs privé et public, à la
fois.
Les délégués acceptèrent
une requête du G-77/Chine d'insérer une référence au
principe de responsabilités communes mais différenciées.
Dans le texte final, la référence à des ressources
"adéquates" et "nouvelles et
supplémentaires" fut laissée entre crochets, suite à
l'opposition exprimée par l'UE les Etats-Unis et l'Australie,
quant à son inclusion. Le G-77/Chine suggéra la suppression
du libellé appelant aux investissements du secteur privé.
L'UE y fit objection et suggéra, à titre de compromis,
"l'implication de l'ensemble des concernés, et notamment
davantage d'investissements de la part des secteurs public et
privé". La formulation fut laissée entre crochets.
CHAPITRE B: LES PRINCIPES
GENERAUX DEVANT ENCADRER L'ACTION POLITIQUE:
Ce chapitre comprend un chapeau et neuf sous-sections portant
sur les principes généraux et les politiques approuvés par
les délégués. Le G-77/Chine suggéra de remplacer
l'intitulé par Options Politiques. La Norvège suggéra de le
modifier de manière à stipuler "Principes Généraux
devant Encadrer les Options Politiques". L'intitulé du
Chapitre fut laissé entre crochets pour considération à la
CDD-9.
Le chapeau se réfère aux
principes généraux et aux options politiques que les pays,
ainsi que les organisations régionales et internationales
pertinentes et autres concernés, sont invités à prendre en
considération dans le traitement de la question d'énergie,
en tenant compte des particularités et des circonstances
nationales et régionales, et en gardant à l'esprit le
principe de responsabilités communes mais différenciées.
L'Australie, la Nouvelle Zélande, la Fédération de Russie
et le G-77/Chine suggérèrent de reconnaître les
différentes situations des divers pays, leurs niveaux de
développement et leurs conditions régionales. L'UE réitéra
les principales responsabilités des gouvernements nationaux
et suggéra d'ajouter une référence appelant à la promotion
des partenariats entre les secteurs privé et public pour
l'avancement du développement durable, et, avec les
Etats-Unis et le Mexique, au renforcement du rôle de la
société civile, et en particulier celui des femmes. La
Norvège proposa des options politiques et des principes
"non prescriptifs". L'UE appuya le libellé appelant
à la réalisation du développement durable des activités de
production, distribution et consommation d'énergie. Le
G-77/Chine souhaita remplacer "gouvernements" par
"pays". Les deux options furent laissées entre
crochets. Les termes "non prescriptifs" et
"principes généraux et options politiques"
restèrent crochetés.
Le chapeau englobe
également pour les gouvernements le mandat de rechercher
l'assistance appropriée de la part des organisations
régionales et internationales pertinentes dans la formulation
et la mise en œuvre des politiques domestiques, comme proposé
par le G-77/ Chine. L'UE suggéra d'ajouter un paragraphe sur
la responsabilité des gouvernements dans l'élaboration et la
mise en œuvre de politiques énergétiques pour le
développement durable. Ce paragraphe ne fut pas approuvé et
resta entre crochets.
Dans le sous-paragraphe
appelant au recours à une combinaison de sources d'énergie
pour satisfaire la demande croissante, les délégués
débattirent du point de savoir s'il fallait oui ou non
inclure une référence à la technologie nucléaire. La
Fédération de Russie, les Etats-Unis et le Canada, contrés
par la Nouvelle Zélande et la Pologne proposèrent
l'inclusion d'une référence à la technologie nucléaire.
L'UE souhaita savoir si la locution "autres technologies
avancées" incluait la technologie nucléaire. Les
délégués décidèrent de placer entre crochets la
référence à la technologie nucléaire et acceptèrent le
paragraphe. L'Arabie Saoudite proposa un nouveau paragraphe se
référant à l'éradication de la pauvreté, comme étant une
haute condition indispensable au développement durable.
Les délégués
approuvèrent un libellé appelant à l'intégration des
considérations énergétiques dans les programmes
socio-économiques et en particulier dans les politiques des
principaux secteurs consommateurs d'énergie, y compris le
secteur public, comme suggéré par le G-77/Chine. Un
sous-paragraphe appelant à l'instauration d'un environnement
"favorable aux objectifs du développement durable"
fit adopté. Les délégués approuvèrent le libellé
appelant au développement des services appropriés, en
particulier dans les zones rurales.
Le sous-paragraphe appelant
à s'assurer de la sécurité de l'approvisionnement
énergétique et à gérer la sécurité de la demande de
manière à réaliser la stabilité du marché et une
meilleure accessibilité, fut longuement débattu. La Suisse,
le Japon et les Etats-Unis souhaitèrent des éclaircissements
sur le sens de la sécurité de l'approvisionnement et de la
demande en matière d'énergie". L'Arabie Saoudite
souhaita son maintien. L'UE, contrée par le G-77/Chine,
suggéra de remplacer le terme "sécurité" par le
terme "gestion". Le délégué des Etats-Unis
suggéra de remplacer le libellé par un libellé appelant au
"soutien du développement et de la stabilité des
marchés pour s'assurer de l'approvisionnement et de l'accès
du consommateur aux services". Les références à la
sécurité, à la gestion et au développement des marchés
furent laissées entre crochets.
Au sujet de la mise en place
de programmes d'efficience énergétique, le Canada déclara
que la référence aux "objectifs nationaux en matière
d'efficience énergétique" risquait de s'avérer
problématique pour les pays pourvus d'un système fédéral.
La Norvège, contrée par l'UE, suggéra de remplacer le terme
"objectifs" par "stratégies". Les
délégués adoptèrent le paragraphe après avoir placé
entre crochets les références au soutien financier
nécessaire, aux objectifs et au déploiement des technologies
d'efficience énergétique.
Les délégués
s'accordèrent sur l'insertion d'un paragraphe appuyant
l'utilisation accrue des sources d'énergie renouvelable, à
la fois dans les réseaux connectés et dans les systèmes
décentralisés. La Turquie, contrée par l'Alliance des
Petits Etats Insulaires (AOSIS), proposa la suppression de ce
libellé. L'Arabie Saoudite souligna que les objectifs de
l'éradication de la pauvreté et du développement
économique avaient priorité sur celui de la promotion des
sources d'énergie renouvelable. Le sous-paragraphe fut
accepté sans crochets.
Le libellé appelant à
l'optimisation de l'efficience dans l'utilisation des
combustibles fossiles, à travers un développement accru et
l'utilisation des technologies avancées applicables dans ce
domaine, fut approuvé par les délégués, même si les
références à leur caractère "plus propre" furent
placées entre crochets.
Les délégués acceptèrent
le libellé appelant à l'amélioration de la coopération
régionale et internationale dans le domaine de l'énergie au
service du développement durable. La référence appelant à
des mesures concrètes pour l'amélioration de la coopération
régionale et internationale reste entre crochets.
Les délégués
approuvèrent un libellé tiré de Rio+5 appelant à
l'adoption de modes de consommation durable. Ils acceptèrent
également des paragraphes additionnels appelant à
l'encouragement des partenariats public-privé, à la
facilitation de la diffusion des informations et au soutien
des programmes de conservation de l'énergie. S'agissant du
renforcement du rôle de la société civile, le G-77/Chine
préféra retenir plutôt "rôle des principaux groupes
sociaux". Le paragraphe reste entre crochets.
Les délégués
approuvèrent des libellés appelant: au soutien des
programmes de conservation de l'énergie dans tous les
secteurs économiques; au renforcement des institutions
nationales et locales disponibles qui développent, exécutent
et opèrent les programmes nationaux ayant rapport avec
l'énergie au service du développement durable; et inclurent
un paragraphe tiré du Plan d'Action 21 autorisant les pays en
développement à faire de l'essor économique leur plus haute
priorité. Le paragraphe portant sur l'application du principe
pollueurs- payeurs à travers l'intégration des coûts au
profit de l'environnement, reste crocheté.
Le sous-paragraphe consacré
à la recherche et développement fut accepté tel que
proposé par les Coprésidents, moyennant quelques changements
mineurs permettant d'élaborer sur la recherche dans le
domaine des activités inscrites dans le cadre de l'énergie
au service du développement durable, systèmes de transport
compris.
CHAPITRE C: LES THEMES
CENTRAUX: Ce chapitre contient les
recommandations concernant l'accessibilité de l'énergie,
l'efficience énergétique, les sources d'énergie
renouvelable, les technologies avancées en matière de
combustibles fossiles, les technologies de l'énergie
nucléaire, l'énergie rurale et, l'énergie et les
transports.
L'Arabie Saoudite, appuyée
par la Colombie, mais contrée par le Sri Lanka souhaita voir
les recommandations être adressées plutôt aux
"pays" qu'aux "gouvernements". La
Fédération de Russie suggéra d'inclure des mesures
permettant de rendre l'efficience énergétique, les
technologies avancées en matière de combustibles fossiles et
les technologies renouvelables, plus abordables. L'UE mit
l'accent sur l'inclusion des trois piliers du développement
durable, à savoir, la viabilité économique,
l'acceptabilité sociale et la rationalité environnementale,
dans nombre de paragraphes de ce chapitre.
L'Accessibilité de
l'Energie: Dans les débats sur ce
thème, l'UE proposa d'inclure l'objectif consistant à
accroître la fiabilité à travers la diversification de
l'approvisionnement. Le délégué des Etats-Unis suggéra,
entre autres, l'insertion d'une formule stipulant que les pays
choisissent les actions à entreprendre sur la base des
circonstances nationales. Le G-77/Chine proposa un paragraphe
appelant à rendre l'énergie plus accessible aux femmes
rurales et souhaita la prise en considération des pays dotés
d'un faible couvert forestier dans les références à la
biomasse et au bois de chauffe.
Les Challenges:
Présentant les challenges associés à l'accessibilité, le
texte final énonce que l'amélioration de l'accessibilité
implique la nécessité de trouver des voies et moyens de
livrer les services de manière plus fiable et plus abordable
et de manière plus viable du point de vue économique, plus
acceptable du point de vue social et plus rationnel du point
de vue environnemental.
Les Recommandations:
les recommandations stipulent que les gouvernements, en tenant
compte de leurs circonstances nationales, sont encouragés
entre autres: à améliorer l'accès aux technologies modernes
en matière de biomasse; à soutenir la transition vers
l'utilisation des combustibles fossiles liquides et gazeux;
et, à soutenir l'ouverture d'un accès égal aux technologies
durables et abordables, pour les femmes.
Des crochets demeurent
autour de la référence appelant à la promotion de
dispositions financières novatrices visant à réduire le
coût initial des équipements et des connexions.
L'Efficience Energétique: Dans
les discussions consacrées à ce thème, le G-77/Chine,
appuyé par le Pakistan, souligna l'importance du transfert
des technologies actuelles et des techniques de gestion de
l'énergie. Un certain nombre de délégués firent objection
aux références appelant à fixer des objectifs indicatifs
dans le domaine de l'efficience énergétique.
Durant les discussions
autour du texte de compilation révisé, le G-77/Chine fit
objection au terme "améliorer" dans la référence
portant sur les codes et les normes de l'efficience
énergétique, arguant que de nombreux pays n'en disposent pas
et qu'ils risquent de créer des barrières commerciales
artificielles. S'agissant des programmes nationaux
d'efficience énergétique, les délégués exprimèrent des
points de vue divergents sur la formulation, certains
souhaitant retenir le terme "stratégies" pour
permettre l'intégration des Etats fédéraux, d'autres
suggérant d'élargir le champ d'action au niveau régional et
d'inclure l'action politique.
Les Challenges:
Les délégués acceptèrent un texte de compromis suggéré
par les Coprésidents et notant que le principal défi
consistait à développer, à utiliser et à disséminer les
technologies renouvelables, solaires, éoliennes, océaniques,
géothermales, hydrauliques et de biomasse, à une échelle
suffisamment large pour contribuer de manière significative
à l'énergie au service du développement durable. Sur
requête du G-77/Chine, le paragraphe fut amendé de manière
à mentionner que ce défi est posé à la fois pour les pays
industrialisés et pour les pays en développement.
Les Recommandations: Parmi
les recommandations, les gouvernements, en tenant compte des
circonstances nationales, sont encouragés: à soutenir le
rôle du secteur privé; à développer et à utiliser les
sources d'énergie renouvelable autochtones; à renforcer le
soutien financier des pays en développement pour la promotion
de l'énergie renouvelable.
Des crochets demeurent
autour des références appelant à des stratégies nationales
visant à améliorer la contribution des sources d'énergie
renouvelable dans le total de la consommation d'énergie et au
transfert des technologies écologiquement rationnelles
"de pointe" ou "appropriées".
Les Technologies Avancées
en matière de Combustibles Fossiles:
Au cours de la semaine, le débat se focalisa sur l'inclusion
du thème de la fixation du carbone, dans le texte. Quelques
délégations plaidèrent pour sa suppression, arguant que de
telles stratégies n'avaient pas de perspectives à venir.
D'autres proposèrent la suppression ou la reformulation des
termes "sources sans carbone" et niveaux
d'émissions se rapprochant de zéro.
Les Challenges:
Au sujet des challenges associés aux technologies avancées
en matière de combustibles fossiles, les délégués
approuvèrent un libellé appelant au développement et à la
dissémination du déploiement et à l'utilisation de ces
technologies.
Les Recommandations:
Les délégués acceptèrent des recommandations encourageant
les gouvernements, en tenant compte des circonstances
nationales à:
-
développer et mettre en
application des centrales électriques à base de
combustibles fossiles, des constructions et des moyens de
transport plus efficaces incluant des technologies plus
propres;
-
procéder à des
recherches, à la mise au point et au transfert des
technologies de transformation des combustibles solides en
combustibles liquides ou gazeux;
-
à promouvoir la
coopération avec les industries dans le cadre d'un
programme volontaire de déploiement de technologies plus
propres; et,
-
élaborer et mettre en
oeuvre des mesures visant à rendre les technologies
avancées en matière de combustibles fossiles plus
accessibles et plus abordables.
Des crochets demeurent
autour des références appelant à: l'accroissement de
l'utilisation relative des combustibles à faible taux
carbonique; à la fixation du carbone; et, à la promotion de
la réduction des émissions de gaz carbonique.
Les Technologies de
l'Energie Nucléaire: Dans le débat
autour du texte de négociation initial, l'UE nota le
caractère sensible de la question et l'existence d'un certain
nombre de divergences entre les Etats. Certains pays
préféraient une formulation appelant à la suppression de
l'énergie nucléaire. D'autres étaient en faveur d'une
suppression progressive. Un certain nombre de pays en
développement proposèrent l'insertion d'un sous-paragraphe
appelant à la suppression des transits transfrontaliers des
déchets nucléaires, en particulier à travers les côtes des
pays qui ne sont pas membres de l'OCDE. La Barbade affirma que
les sources d'énergie nucléaire ne sont ni appropriées, ni
acceptables pour les PEID, ce à quoi l'Arabie Saoudite ajouta
"et pour l'ensemble des pays en développement".
Quelques délégations
présentèrent l'énergie nucléaire comme étant acceptable
et constituant une partie importante de la combinaison des
sources d'énergie, à condition que des efforts soient
fournis pour s'assurer de la sécurité. La Chine et l'Inde
mirent l'accent sur le droit de tous les pays à développer
l'énergie nucléaire. Le Belarus souligna les risques et le
peu de confiance accordé par le public aux technologies de
l'énergie nucléaire. Après des consultations informelles
prolongées menées vendredi, les Coprésidents introduisirent
un texte de compromis qui se réfère: aux niveaux actuels de
la consommation d'énergie nucléaire; aux préoccupations
associées, notamment à la sécurité nucléaire, aux
déversements dans l'environnement, et à la gestion des
déchets; à l'historique probant de l'utilisation de
l'énergie nucléaire; à l'absence de compatibilité entre
les technologies nucléaires et les objectifs du
développement durable; et au devoir de trouver des solutions
efficaces et rentables et de répondre aux exigences de la
sécurité nucléaire des déversements et de la gestion des
déchets, ainsi qu'aux préoccupations du public concernant
ces questions.
Les Challenges: Le
paragraphe consacré aux challenges stipule entre autres que
pour les pays qui optent pour l'énergie nucléaire, le
challenge consiste à trouver des solutions efficaces et
rentables et à répondre aux exigences de la sécurité, et
de la gestion des déversements et des déchets et aux
préoccupations du public concernant ces questions.
Les Recommandations: Dans
les recommandations, les gouvernements, tenant compte des
circonstances nationales sont encouragés entre autres à:
-
soutenir les efforts
nationaux dans les domaines de la recherche et de la
coopération internationale visant à traiter les
problèmes de sécurité nucléaire, de déversement et de
gestion des déchets;
-
renforcer les agences
indépendantes nationales de régulation;
-
promouvoir un niveau
élevé de sécurité nucléaire de part le monde, à
travers l'Agence Internationale de l'Energie Atomique
(IAEA);
-
améliorer la
transparence des décisions ayant trait à la sécurité
nucléaire;
-
prévenir la
prolifération des matériaux fissiles, à travers les
garde-fous établis par l'IAEA;
-
développer des
solutions technologiques pour les déchets radioactifs de
longue durée; et,
-
traiter le problème de
la légalité des transits transfrontaliers des déchets
nucléaires, de manière conforme aux instruments
internationaux pertinents, en tenant compte des risques
élevés posés à la santé humaine, à la sécurité et
à l'environnement.
Plusieurs délégations
souhaitèrent placer le paragraphe entre crochets et reporter
le débat sur l'énergie nucléaire à la CDD-9 en raison de
l'absence d'un avis expert. L'UE déclara que le texte
proposé établissait un équilibre judicieux entre les
différents intérêts et que ses Etats membres étaient
prêts à s'engager dans un "échange de vues
préliminaire". Certaines délégations déclarèrent que
le texte pouvait servir de plate-forme aux délégations.
L'Arabie Saoudite fit remarquer que le texte qu'elle a soumis
n'y a pas été inclus. Le texte fut crocheté et transmis à
la CDD-9.
L’Energie Rurale: Dans
le débat sur ce sujet, l'Australie déclara que les
difficultés rencontrées dans l'approvisionnement étaient en
rapport avec la structure des marchés de l'énergie dans les
zones rurales. La Pologne, avec l'Indonésie, mit l'accent sur
le renforcement des capacités locales et sur la promotion des
sources d'énergie renouvelables locales. Dans les discussions
autour du texte de compilation révisé le G-77/Chine: demanda
la suppression du libellé appelant à une compensation
appropriée en faveur des zones rurales dont les ressources
approvisionnent les besoins à l'échelle du pays; fit
objection à la référence aux "indicateurs
concernant" la situation de l'énergie rurale; et fit
objection au texte suggéré par l'Australie appelant à une
assistance dans les premiers investissements nécessaires aux
produits basés sur l'énergie renouvelable. La proposition
fut retirée.
Les Challenges:
Le paragraphe consacré aux challenges stipule entre autres
que les efforts visant à trouver la solution la plus
appropriée aux problèmes de l'énergie dans les zones
rurales sont entravés par l'énormité des problèmes
eux-mêmes, la limite des ressources disponibles et l'absence
de technologies appropriées, la hauteur des coûts
d'investissement et des droits de raccordement, ainsi que par
l'insuffisance de l'attention accordée au développement
rural, en général.
Les Recommandations: Les
gouvernements sont encouragés, entre autres, à:
-
mettre en place, là où
nécessaire, des structures de services de livraison
d'énergie spécifiques et ciblés, adaptées aux besoins
ruraux;
-
promouvoir des
entreprises locales dans le domaine de l'énergie pour les
opportunités d'emploi;
-
tenir compte des
préoccupations ayant trait à la santé et à la
sécurité des femmes et des enfants dans les programmes
d'énergie rurale;
-
établir des
arrangements financiers novateurs visant à rendre les
services abordables pour les pauvres; et,
-
développer et utiliser
les sources d'énergie autochtones.
Les délégués
approuvèrent également un texte de compromis appelant au
soutien des groupes locaux et, ou des ONG dans la promotion et
la livraison des technologies écologiquement rationnelles
nouvellement développées, y compris la technologie des fours
solaires. Des crochets demeurent autour de la référence aux
indicateurs.
Les Questions ayant trait à
l'Energie dans les Transports: Dans
le débat sur ce sujet, l'Arabie Saoudite s'interrogea sur la
signification des termes "systèmes de transport
durables" et préféra voir le texte se référer plutôt
à "systèmes de transport au service du développement
durable". Le Mexique suggéra l'intégration de critères
concernant la consommation d'énergie et les effets
environnementaux dans la mise en place de l'infrastructure des
transports en milieu urbain et rural.
Les Challenges: Le
paragraphe consacré aux challenges note que le secteur des
transports est un secteur majeur consommateur d'énergie avec
une consommation présentant une projection de croissance à
des taux les plus élevés, et stipule que la promotion d'une
approche intégrée dans le développement des systèmes de
transport au service du développement durable constituait un
défi. Une phrase énonçant que cet effort est entravé,
entre autres, par le manque de prise de conscience quant aux
options offertes et par l'inadéquation de l'infrastructure,
fut supprimée à la demande du G-77/Chine.
Les Recommandations: Les
gouvernements sont encouragés, entre autres: à assurer la
gestion de la demande en matière de transport; à accroître
l'efficience des carburants dans les différents modes de
transport; et, à intégrer les politiques appliquées au
transport dans les autres politiques ayant trait au
développement durable. La référence à l'élimination
progressive de l'essence au plomb, proposée par l'UE reste
entre crochets.
CHAPITRE D: LES THEMES
CADRES: Le chapitre contient sept
paragraphes dont trois ont été abordés dans des discussions
informelles, à savoir: le renforcement des capacités, la
mobilisation des ressources financières, et l'amélioration
du fonctionnement des marché. On parvint à un accord sur six
paragraphes, mais le paragraphe consacré aux marchés
s'avéra hautement polémique. Il resta entièrement
crocheté.
Recherche et Développement:
Les délégués acceptèrent une version de compromis proposé
pour ce paragraphe dans laquelle il est stipulé que:
l'amélioration de la recherche et développement des
technologies avancées plus propres et plus efficaces et des
technologies renouvelables est importante pour la réalisation
de l'énergie au service du développement durable; que les
gouvernements sont encouragés à mettre en place des
politiques et des incitations dans ce domaine; et, que des
recherches accrues doivent être effectuées à la fois par
les secteurs public et privé et à travers des efforts de
coopération.
Le Renforcement des
capacités: Le paragraphe retenu
dans le texte final souligne la nécessité de renforcer le
renforcement des capacités des institutions, de
l'infrastructure et des ressources humaines dans les pays en
développement et que les pays industrialisés et les
institutions multilatérales permanentes doivent se focaliser
sur le renforcement des capacités dans la coopération pour
le développement. Au cours des débats, des opinions
divergentes furent exprimées concernant les récipiendaires
des efforts fournis en matière de renforcement des capacités
et l'utilisation des subventions accordées par le Fonds pour
l'Environnement Mondial (FEM). Les délégués acceptèrent
également de mentionner les PTE parmi les récipiendaires et
d'accorder une attention particulière aux pays les moins
avancés et aux PEID. S'agissant du FEM, les délégués
approuvèrent l'insertion d'un libellé appelant à un
"réapprovisionnement substantiel" du FEM qui doit
continuer à apporter son soutien en faveur du renforcement
des capacités et du transfert des technologies. Le paragraphe
fut approuvé après avoir placé entre crochets la phrase
qualifiant le décalage entre les pays industrialisés et les
pays en développement, d'obstacle majeur entravant l'échange
d'informations, le transfert des technologies et le flux des
financements.
Le Transfert des
Technologies: Le paragraphe
consacré au sujet du transfert des technologies est basé sur
la formulation retenue dans le paragraphe 34.4 du Plan
d'Action 21, tel que proposé par le G-77/ Chine. Suite à une
requête introduite par l'UE, la phrase "en vue de
promouvoir l'énergie au service du développement
durable" fut insérée en début de texte pour préciser
que le paragraphe se réfère au transfert des technologies
ayant rapport avec l'énergie.
L'Echange d'Informations et
la Dissémination des Données: Ce
paragraphe note que l'échange d'informations facilite les
efforts visant à concrétiser l'énergie au service du
développement durable et, entre autres, que l'Internet
pouvait aider à la réalisation des échanges d'informations.
Dans les discussions, le délégué des Etats-Unis, appuyé
par le Canada et l'Australie, suggéra d'inclure les données
concernant les coûts et les profits associés aux
technologies environnementales, et proposa la mise en place
d'un centre d'échange d'informations sur Internet. Seule la
référence au Centre d'Echange sur l'Internet fut acceptée
par l'ensemble des délégués, même si le G-77/Chine, n'a
pas manqué de souligner que l'accès limité à l'Internet
dans les pays en développement ne permettant pas une
réalisation exhaustive de ce mécanisme. Un paragraphe de
compromis fut accepté avec le libellé appelant les pays
industrialisés à aider les pays en développement dans la
mise en place des technologies d'information, laissé entre
crochets, en attendant de trouver une formulation acceptable
par tous.
La Mobilisation des
Ressources Financières: Le
paragraphe consacré à la mobilisation des ressources
financières fut adopté après les consultations officieuses
menées vendredi. Il y est noté, entre autres, que:
-
les ressources
financières jouent un rôle central dans la mise en
application du Plan d'Action 21;
-
l'aide publique au
développement (APD) est une source de financement
extérieur importante dans les pays en développement;
-
des financements
nouveaux et supplémentaires pour le développement
durable, pour l'énergie au service du développement
durable et pour la mise en application du Plan d'Action 21
seront requis;
-
les engagements pris
dans le cadre du Plan d'Action 21 nécessitent d'être
honorés d'urgence, et un renouvellement des efforts est
crucial;
-
nombre de gouvernements
ont entamé des réformes des cadres de régulation et des
institutions pour attirer les financements du secteur
privé et sont en train d'introduire des politiques
spécifiques visant à induire l'investissement dans les
technologies énergétiques mises au service du
développement durable; et,
-
ces technologies
requièrent parfois des investissements initiaux élevés,
et une attention doit être accordée à la question du
financement, en particulier dans les pays en
développement.
Au cours des discussions,
plusieurs pays en développement mirent l'accent sur la
nécessité de ressources nouvelles et supplémentaires. L'UE
souligna l'importance de l'investissement dans
l'infrastructure dans les pays en développement. Le
délégué des Etats-Unis souligna l'importance de l'APD pour
le transfert des technologies.
L'Amélioration du
Fonctionnement des Marchés: Dans
les débats autour du paragraphe consacré à l'amélioration
du fonctionnement des marchés, l'UE proposa l'insertion de
libellés portant, entre autres, sur: la création de marchés
ouverts et compétitifs inscrits dans les cadres de
régulation, en soutien au développement durable; la mise en
place de politiques permettant de réduire les distorsions du
marché et la suppression des obstacles entravant le
développement des sources renouvelables; et, l'intégration
des coûts. La République Tchèque appela à la réduction
des subventions accordées dans le domaine de la production
d'énergie et à la promotion progressive de l'intégration
des coûts. L'UE, avec l'Australie suggéra la création de
marchés d'énergie ouverts et compétitifs inscrits dans un
cadre réglementaire. L'Arabie Saoudite y fit objection et
affirma que la structure de la fiscalité appliquée à
l'énergie dans les pays industrialisés doit refléter leurs
niveaux de pollution environnementale. La Norvège, appuyée
par la Fédération de Russie, proposa d'encourager les
gouvernements à améliorer le fonctionnement des marchés.
Malgré les consultations informelles menées autour de ce
paragraphe, ce dernier fut laissé entre crochets et sera
transmis crocheté à la CDD-9.
L'Approche basée sur la
Mise à Contribution de Tous les Concernés et sur la
Participation du Public: Le
paragraphe consacré à ce sujet note que les solutions
énergétiques compatibles avec le développement durable
nécessitent la participation des concernés et du public et
que les capacités des organisations pertinentes doivent être
renforcées pour faciliter l'adoption des approches
participatives. Au cours des discussions, le G-77/Chine
suggéra l'insertion d'une référence au renforcement des
capacités des organisations de base communautaire et au rôle
des femmes. Le délégué des Etats-Unis affirma que ces
groupes pouvaient jouer un rôle important dans
l'établissement de réseaux de régulation informels. L'UE
souligna, entre autres, l'importance du libre accès aux
données et de l'accès à la justice.
CHAPITRE E: LA COOPERATION
REGIONALE: Le texte des
Coprésidents note les efforts fournis au niveau régional
pour débattre des thèmes centraux et pour formuler les
positions régionales et les programmes d'action visant à
promouvoir l'énergie au service du développement durable. La
CDD y est appelée à recommander la mise en application de
ces efforts régionaux, à travers entre autres:
-
le renforcement et, le
cas échéant, l'établissement d'institutions ou
d'arrangements régionaux pour l'amélioration de la
coopération régionale et internationale en matière
d'énergie;
-
la promotion de projets
régionaux d'électrification rurale utilisant des sources
d'énergie durable notamment celles renouvelables.
-
le renforcement et, le
cas échéant, l'établissement d'arrangements régionaux
de coopération pour le commerce transfrontalier de
l'énergie;
-
la promotion de la
coopération entre les pays concernés de la région et
avec les organisations internationales pour améliorer le
développement et la production des champs d'hydrocarbure,
à travers l'intégration des coûts, l'amélioration de
l'efficience opérationnelle et l'application des
technologies avancées; et,
-
le renforcement de la
coopération régionale en matière de recherche et
développement dans les domaines de l'efficience
énergétique, des sources renouvelables et des
technologies avancées appliquées aux combustibles
fossiles.
La Nouvelle Zélande
souligna l'importance de la coopération régionale dans la
réalisation des économies d'échelle dans les projets. Le
délégué des Etats-Unis suggéra de remplacer la référence
aux "technologies avancées" par "technologies
écologiquement rationnelles". Le Japon plaida pour une
coopération sud-sud dans les programmes régionaux et
sous-régionaux consacrés au renforcement des capacités.
L'Algérie proposa la mise en place d'une banque de données
pour servir l'échange d'informations.
Au sujet des efforts
régionaux, la proposition du Nigeria appelant au renforcement
des institutions et des arrangements, "en particulier
pour aider les pays en développement dans leurs efforts
domestiques visant à fournir des services modernes à toutes
les franges de leurs populations, "fut adoptée. Les
délégués devaient adopter également un nouveau
sous-paragraphe suggéré par le Japon, encourageant la
coopération, et notamment la coopération sud-sud.
CHAPITRE F: LA COOPERATION
INTERNATIONALE: Le texte des
Coprésidents consacré à ce thème comporte trois
sous-chapitres portant sur: les messages adressés aux organes
intergouvernementaux; les options possibles pouvant figurer
dans les lignes directrices qui doivent encadrer le système
multilatéral; et, les efforts internationaux.
Les Messages Adressés aux
Différents Organes Intergouvernementaux:
La Commission souligne l'importance de réaliser des accords
concrets sur les modalités de la mise en application du
Protocole de Kyoto; exhorte le Sommet Mondial sur le
Développement Durable (Rio+10) à accorder une priorité aux
questions liées à l'énergie et à soutenir les
recommandations du Groupe d'Experts; et, invite la Troisième
Conférence des Nations Unies sur les Pays les Moins Avancés
à examiner et à apporter son appui aux recommandations
faites.
Les Options Possibles
Pouvant Figurer dans les Lignes Directrices qui doivent
Encadrer le Système Multilatéral:
Le libellé décrit les recommandations concernant les
améliorations pouvant être apportées dans le
fonctionnement, la cohérence et la coordination du système
des Nations Unies dans le domaine de l'énergie au service du
développement durable.
Les Efforts Internationaux:
Les efforts internationaux englobent:
-
de nouvelles actions et
des mesures d'intensification de la coopération
internationale, notamment la poursuite et l'amélioration
de la coopération en matière de développement, et de la
coopération sud-sud;
-
la consolidation du
dialogue entre les producteurs et les consommateurs
d'énergie en vue d'asseoir la stabilité des marchés;
-
l'inclusion de
l'énergie au service du développement durable dans les
programmes de coopération en vue d'accroître le soutien
financier à son profit; et,
-
la création d'un centre
d'information international ou d'un centre d'échange pour
le soutien et la promotion des activités de renforcement
des capacités dans le domaine de l'énergie au service du
développement durable.
Plusieurs délégués mirent
en garde contre le risque de porter préjudice aux conclusions
attendues des processus de la CDD-9 et de Rio+10 et contre la
duplication du travail mené dans d'autres fora. Le
G-77/Chine, avec la Colombie, la Fédération de Russie et
l'Arabie Saoudite, proposa la suppression du chapitre entier.
L'UE déclara que le secteur
de l'énergie doit se focaliser davantage sur les stratégies
de réduction de la pauvreté et appela à l'adoption d'une
approche commune au sein des Nations Unies, à l'égard de
l'énergie durable. Le porte-parole plaida pour une
coordination continue au sein des Nations Unies et mit en
relief les propositions et les arrangements visant à
l'amélioration de la coordination. Il plaida pour le
renforcement de la Cellule de Travail Inter-Agences sur
l'Energie et appela à l'insertion d'un paragraphe
encourageant les institutions financières internationales et
les organisations multilatérales à intégrer les
considérations d'énergie durable dans leurs stratégies de
développement. Le Groupe d'Experts décida de placer entre
crochets l'ensemble du chapitre et de le transmettre ainsi à
la CDD.
LA PLENIERE DE CLOTURE
Convoquant une brève
réunion formelle à 1h20 du matin, après une journée de
séances de travail informelles, le Coprésident Salamat
annonça qu'une synthèse concise des travaux de la réunion
sera publiée la semaine prochaine. La version finale du
projet de décision des Coprésidents comportant les
modifications introduites jusqu'à minuit trente et des
crochets autour d'un certain nombre de points en suspens, fut
distribuée aux délégués. Le Coprésident Salamat proposa
l'adoption d'une décision orale stipulant que le Groupe
d'Experts décide: de transmettre à la CDD-9 le texte annexé
à cette décision pour considération par la Commission, à
titre de contribution et pour suite appropriée; et, de
prendre note du rapport du Secrétaire Général. Ces
décisions furent approuvées. Les délégués adoptèrent
également le rapport préliminaire de la réunion
(E/CN.17/ESD/2001/L.2).
Mettant en relief le concept
d'entente et de compromis, le Coprésident Salamat déclara
qu'il attendra avec impatience de revoir les délégués à la
CDD-9 et remercia chacun pour ses efforts. La Coprésidente
Reich nota que la réunion a connu des moments difficiles,
mais également des moments productifs, et remercia à son
tour tout un chacun. Le Coprésident Salamat clôtura la
réunion à 1h45 du matin.
BREVE ANALYSE DE LA REUNION
"Frustrant",
"décevant", "une opportunité pratiquement
manquée"... comptent parmi les mots utilisés par les
participants pour décrire la seconde réunion du Groupe
d'Experts International sur l'Energie et le Développement
Durable. Dans une situation qui n'est pas sans rappeler celle
de la première réunion tenue en mars 2000, un temps
précieux a encore été perdu dans des palabres autour du
processus, détournant l'attention des questions de fond
importantes. L'atmosphère générale a connu un grand moment
de tension, certains délégués faisant ouvertement part de
leur insatisfaction à l'égard du processus et de la manière
dont les Coprésidents étaient en train de mener la réunion.
La complexité des questions abordées n'était une surprise
pour personne, mais de nombreux délégués estimaient que
davantage de progrès aurait pu être réalisé, n'eût été
cette combinaison de facteurs qui a causé tant de perte de
temps, à savoir, le conflit des intérêts à l'égard des
Coprésidents et l'ambiguïté qui a prévalu quant à la
manière d'accomplir le mandat assigné au Groupe.
Les choses devaient
toutefois évoluer vers le mieux lorsqu’un jour avant la fin
de la réunion, les délégués ont commencé à travailler
sur la base d'un texte de compilation révisé orienté par
des propositions verbales de formulations de compromis. Ils
sont parvenus à se frayer un chemin à travers les cinq
premiers chapitres du texte, y laissant uniquement un petit
nombre de références crochetées, et seul le sixième
chapitre est resté en suspens. En dépit des progrès
réalisés, il serait utile de noter que le Groupe d'Experts
n'a pas accompli son mandat, tel que défini par la SE/AGNU.
La principale question qui reste posée concerne l'utilisation
dont fera l'objet le document final, et la forme qu'il doit
revêtir, compte tenu du fait qu'en l'état actuel des choses,
il ne ressemble en rien au document produit précédemment par
la CDD et que sa structure n'est pas conforme au format
recommandé par le Bureau, lors de sa première réunion.
LE LONG CHEMIN TORTUEUX -
QUELLE PLATE-FORME POUR LES NEGOCIATIONS?
Depuis le début,
l'insatisfaction concernant le texte de négociation initial
élaboré par les Coprésidents qui devait servir de projet de
décision pour la CDD était apparente dans les interventions
de nombreux délégués du G-77. Le texte était en général
jugé peu équilibré par un certain nombre de participants
qui ont déclaré qu'il ne s'inspirait ni du rapport du
Secrétaire Général, ni des procès-verbaux des réunions
régionales. Ils ont affirmé que le document était focalisé
plus que de raison sur "les perceptions européennes
concernant la question énergétique". Ils étaient
également persuadés que la focalisation n'était pas
équilibrée et penchait plutôt vers l'assignation de
conditions aux pays en développement sans aucune prise en
compte de la réalité de leur situation et sans fournir
d'indicateurs quant aux actions réciproques incombant aux
pays industrialisés. En outre, certains ont affirmé que les
Coprésidents n'ont aucunement tenu compte des réserves
exprimées par bon nombre de délégations concernant
l'insertion dans la proposition du projet de décision, de
références concernant les directives devant être fournies
à différents processus et institutions intergouvernementaux,
qu'ils jugeaient inappropriées à être abordées pour le
Groupe d'Experts. Une autre faiblesse majeure relevée par
plusieurs participants concerne l'absence dans le document
d'une référence réaliste aux moyens d'exécution des
recommandations.
Le débat prolongé sur la
manière de procéder peut ainsi être directement lié à
l'insatisfaction suscitée par le premier texte de
négociation des Coprésidents. De nombreuses délégations
estimant que leurs questions concernant les contributions
pouvant être apportées ont insisté sur la nécessité
d'élaborer un texte de compilation retraçant les soumissions
qui forment le projet de texte de négociation. Au terme d'une
longue discussion sur ce sujet, un premier texte de
compilation dressant la liste des soumissions et des
commentaires présentés autour du texte d'origine a été
produit. Plusieurs délégués, et en particulier ceux
appartenant au G-77/Chine n'étaient toujours pas satisfaits
du document qui n'était pas présenté dans le format
standard des Nations Unies et ont requis un texte de
compilation reformaté. Plus encore, ils n'étaient pas tout
à fait à l'aise de voir l'élaboration de la seconde
révision du texte de leur projet de décision confiée aux
Coprésidents et ont souhaité travailler uniquement sur la
base d'un texte de compilation proprement formaté.
Tout le monde n'était pas
en faveur de cette option. Certains ont estimé que ceux qui
insistaient sur l'utilisation d'un texte de compilation comme
plate-forme de négociation plutôt que comme une référence
à utiliser de manière parallèle à la révision du texte
des Coprésidents, ne reconnaissaient pas les contraintes de
temps et les difficultés qu'une telle plate-forme risquait de
causer aux négociations. Beaucoup d'entre eux souhaitaient
voir le temps limité imparti être utilisé de manière
efficace, compte tenu du nombre important de questions restant
à résoudre. Même si les questions de fond devaient être la
principale considération, le point focal de la réunion a
été déplacé vers les questions procédurales à la
déception de nombreux délégués, et en particulier des
experts venus des capitales. Les préoccupations portaient sur
le risque de voir les discussions du Groupe d'Experts aboutir
à un impact négatif sur le travail de la CDD-9, et, par
conséquent, à l'obstruction des préparatifs du Sommet
Mondial sur le Développement Durable (SMDD), prévu en 2002
et à la déstabilisation de la foi à l'égard du système
multilatéral.
SOUS LA hSURFACE ...
Ce serait un peu trop simple
que d'attribuer les opportunités manquées uniquement aux
Coprésidents et au projet de texte d'origine. Selon certains
observateurs, le débat procédural a joué un certain rôle
dans les plans de ceux qui avaient des intérêts marqués et
qui souhaitaient imposer une limite à la progression dans le
texte. D'un côté, il y avait ceux qui avaient quelque
intérêt à s'assurer que les questions touchant à
l'énergie soient abordées dans un contexte périphérique au
développement durable, avec peu ou pas de mention de l'impact
économique, social et environnemental des modes de production
et d'utilisation non viable. De l'autre, il y avait ceux qui
voulaient voir les discussions être limitées aux domaines
les moins contentieux qui promettent un accord assez ample.
Dans les deux cas, cela voulait dire que moins on progressera,
plus on aura de chance d'aboutir à un texte tronqué et de
retarder la résolution sur ces questions jusqu'à arriver au
point où le manque de temps imposerait leur abandon ou
mènerait à la conclusion d'un accord hâtif sur un texte
faible.
QUI DIT QUI?
L'une des questions les plus
contentieuses dans le projet de texte concerne les messages
aux processus intergouvernementaux et les directives pour les
organisations multilatérales. Le texte des Coprésidents
recommandait de nouvelles directives pour les institutions
multilatérales concernant le traitement des questions
touchant à l'énergie. Quasiment toutes les délégations, à
l'exception de l'UE, ont souhaité la suppression de ce
chapitre qui ne répondait pas, ont-elles affirmé, aux
recommandations faites dans les chapitres précédents. Elles
ont également estimé que l'adoption de recommandations
faites dans les chapitres précédents. Elles ont également
estimé que l'adoption de recommandations appelant à des
directives risquait d'être préjudiciable aux conclusions
éventuelles du SMDD, concernant par exemple l'éventuelle
création d'une organisation mondiale chargée de gérer ces
questions, comme l'Organisation pour l'Environnement Mondial
proposée. Le scepticisme était exacerbé par la perte de
confiance dans les organes multilatéraux disponibles, jugés
par certains comme ayant échoué à tenir leurs promesses de
coopération mondiale. Il y avait également le sentiment, en
particulier dans les rangs des pays en développement que de
tels débats risquent de s'avérer futile compte tenu du
caractère non contraignant du processus de la CDD.
ATOMISER OU NE PAS ATOMISER
...
Un autre sujet majeur s'est
avéré difficile à résoudre, celui du rôle de l'énergie
nucléaire dans la réalisation du développement durable.
Selon certains participants, l'énergie nucléaire n'a pas de
place sur l'agenda du développement durable, compte tenu des
risques associés à son utilisation. Quelques ONG
observatrices ont noté par ailleurs que la déclaration de
l'UE sur la question de l'énergie nucléaire semblait plus
accommodante que la ligne dure qu'elle a adoptée dans les
négociations sur les changements climatiques qui se sont
déroulées à La Haye, en novembre dernier. A regarder,
cependant, de plus près, la déclaration n'était pas venue
rendre compte de la position du groupe sur ce sujet, mais
simplement reconnaître que des divergences existent encore.
La déclaration de l'UE s'est ainsi limitée aux
considérations de sécurité dans l'utilisation de l'énergie
nucléaire, dans les pays où elle existe déjà.
Certains pays ont souhaité
que la question ne fût pas abordée à la lueur du Traité
sur la Non-Prolifération, plaidant contre le rattachement de
l'énergie nucléaire à l'armement ou aux technologies
défensives. Ils ont estimé que les risques impliqués
n'étaient pas comparables et que la décision d'utiliser ou
de ne pas utiliser l'énergie nucléaire doit revenir aux pays
eux-mêmes. Des consultations informelles intenses qui se sont
poursuivies jusque tard dans la nuit de vendredi, ont produit
une proposition de texte considérée par certains délégués
comme ayant "considérablement réduit les divergences
des points de vue des pays. Il est regrettable toutefois qu'en
raison de l'introduction tardive de ce texte de compromis, les
délégués n'aient pas eu le temps de tenir des consultations
et aient été obligés de reporter l'examen de la question
nucléaire à la CDD-9.
QUELLE REPONSE APPORTER?
Contrairement à ce à quoi
s'attendaient certains observateurs, la question des sources
d'énergie renouvelables n'a pas bénéficié d'un large
soutien de la part de tous les pays en développement. Basant
leurs arguments sur les réalités présentes, bon nombre de
délégués ont estimé que les coûts de l'investissement
dans l'énergie renouvelable restaient extrêmement élevés
dans les pays en développement et que rien ne justifiait pas
par conséquent leur prescription dans les pays en
développement, à titre d’alternative aux sources d’énergie
traditionnelle, dès lors que les voies et moyens d’aplanir
les difficultés financières n’étaient pas suffisamment
traités. Les intérêts défendus par les pays en
développement producteurs de combustibles fossiles sont venus
ajouter également dans le débat un élément de prudence
supplémentaire à l’égard des sources renouvelables. A l’opposé,
les défenseurs de l’énergie renouvelable ont estimé que
les opportunités offertes aux pays en développement dans ce
domaine étaient immenses et qu’elles devaient par
conséquent être explorées dans un contexte garantissant que
les gouvernements travailleront à l’instauration et à la
promotion de l’environnement favorable nécessaire à l’attraction
des investissements.
Y AURA-T-IL UN CHEQUE A LA
CLE ?
Une autre question non
résolue, celle de la fourniture de ressources financières
"nouvelles et supplémentaires", référence placée
entre crochets, un peu partout dans le texte. Le G-77/Chine
préféra retenir la formulation approuvée tirée du Plan d’Action
21, car à l’évidence, les pays industrialisés n’étaient
pas prêts à débattre de ces questions. Un observateur a
fait remarquer que la tendance du G-77/Chine à se rabattre
sur les formulations retenues dans le Plan d’Action 21
manque de reconnaître que la dynamique du système
économique mondial a évolué et qu’une responsabilité
gouvernementale accrue est nécessaire pour s’assurer de l’amélioration
des marchés pour la mobilisation des ressources et leur
utilisation efficace. A l’opposé, d’autres ont argué que
laisser aux marchés la responsabilité de fournir des
ressources équivalait à ignorer la question. Cependant,
certains ont estimé que le Groupe d’Experts n’était pas
le forum adéquat pour l’ouverture d’un débat autour de
ces sujets, et ont plaidé pour leur transmission aux
pourparlers sur le Financement du Développement.
LION A L’ENTREE, MOUTON A
LA SORTIE ?
A la fin de la réunion du
Groupe d’Experts, les délégués étaient parvenus à
achever leur travail sur l’ensemble des chapitres, à l’exception
d’un seul. Les questions en suspens ont été réduites à
celles traitant de l’énergie nucléaire et de la
coopération internationale – spécifiquement celles
concernant les directives devant être adressées aux autres
institutions et processus intergouvernementaux – que
beaucoup pensent qu’elles n’auraient pas pu être
résolues, même si l’on avait eu plus de temps. Le texte
final qui sera transmis à la CDD est beaucoup plus propre qu’on
ne s’y attendait, et semble être largement approuvé.
Certains ont toutefois fait remarquer qu’il est encore
difficile d’avoir une idée claire sur les sujets estimés
centraux par les pays ou les groupes de pays, puisque les uns
et les autres n’ont fait que réagir à un texte de
négociation, jugé par certains comme étant peu équilibré,
plutôt que de mettre à contribution, de manière active
leurs propres idées.
Au moment où les
délégués s’apprêtaient à quitter la réunion, une
question est restée posée : Quel caractère revêtira
le document ? Selon les Coprésidents, ce sera un projet
de décision, même si pour beaucoup, il ne contient aucun
trait reconnu devant caractériser les textes décisionnels
standards. D’autres ont laissé entendre qu’il pouvait
servir de rapport ou d’annexe à une décision qui pourrait
être élaborée par la CDD. Le défi posé consiste à voir
si les progrès réalisés dans les dernières heures
contribueront à inverser l’atmosphère des négociations,
jugée déjà par certains comme étant empoisonnée, lors de
la CDD-9, où le sort réservé au texte sera enfin connu.
A SUIVRE D’ICI LA CDD-9
GAZ AFRICAIN 2001:
Cette conférence se tiendra les 5 et 6 mars 2001, à Londres.
Les thèmes qui y seront couverts incluront: le financement
des projets gaziers et les risques de l’investissement; et,
les stratégies, les marchés et les questions ayant trait aux
entreprises intervenant dans le secteur gazier. Pour de plus
amples renseignements, contactez : Global Pacific and
Partners; tel: +1-281-597-9578; fax: +1-281-597-9589; e-mail: babette@global.co.za;
Internet: www.glopac.com
SYMPOSIUM INTERNATIONAL SUR
LES OPERATIONS THERMALES ET LES CARBURANTS LOURDS:
Ce symposium se déroulera du 12 au 14 mars2001, à Margarita
Island, au Venezuela. Il comportera neuf séances de travail
technique couvrant un large éventail de sujets en rapport
avec la récupération du pétrole lourd et les opérations
thermales. Pour plus d’informations, contactez: Society of
Petroleum Engineers (SPE); tel: +1-972-952-9353; fax:
+1-972-952-9435; e-mail: bwright@spelink.spe.org;
Internet: www.spe.org/
FOIRE COMMERCIALE
INTERNATIONALE POUR L’ENERGIE ET LES TECHNOLOGIES
ENVIRONNEMENTALES: Cette foire aura
lieu du 13 au 16 mars 2001, à Leipzig, en Allemagne. Elle
sera focalisée sur des thèmes ayant rapport avec l’énergie,
tels que ceux de l’engineering, des services, du commerce et
de la gestion d’énergie. Pour d’autres détails,
contactez: Dr. Deliane Traeber, Leipziger Messe; tel: +49
0341-678-82-97; fax: +49 0341-678-82-92; e-mail: d.traeber@leipziger-messe.de;
Internet: http://www.leipziger-messe.de/
CONFERENCE ET EXPOSITION SUR
LE PETROLE DU MOYEN-ORIENT: Cette
conférence est prévue du 17 au 20 mars 2001, à Bahrein. Les
sessions planifiées couvriront des sujets tels que ceux de l’engineering,
de l’exploitation judicieuse, et des améliorations pouvant
être apportées dans la performance du forage. Pour de plus
amples détails, contactez: Society of Petroleum Engineers;
tel: +1-972-952-9353; fax: +1-972-952-9435; e-mail: bwright@spelink.spe.org;
Internet: www.spe.org/
SEPTIEME CONFERENCE DE LA
REGION AMERIQUE LATINE ET CARAIBES SUR L’ENGINEERING DU
PETROLE: Cette conférence se
tiendra du 25 au 28 mars 2001, à Buenos Aires, en Argentine.
Le thème en est "L’Amont et l’Aval: Les Deux Etapes
du Défi Pétrolier." Pour davantage d’informations,
contactez: Society of Petroleum Engineers; tel:
+1-972-952-9353; fax: +1-972-952-9435; e-mail: bwright@spelink.spe.org;
Internet: www.spe.org/
FORUM DU SECTEUR PRIVE SUR L’INITIATIVE
DE L’APEC POUR LE DEVELOPPEMENT DE L’ENERGIE RENOUVELABLE
AU 21EME SIECLE: Cette réunion se
déroulera les 26 et 27 mars 2001, à Portland, dans l’Oregon,
aux Etats-Unis. L’objectif en est de promouvoir l’implication
extensive du secteur privé dans l’identification et la mise
en œuvre de projets basés sur l’énergie renouvelable.
Pour d’autres renseignements, contactez: the Organizing
Committee and APEC Sustainable Development Network, Portland,
Oregon; tel: +1-503-279-9565; fax: +1-503-279-9381; Internet: http://www.apecnetwork.org/
CONFERENCE BIENNALE
INTERNATIONALE SUR LES DEVERSEMENTS DE PETROLE:
Cette conférence se tiendra à Tampa, en Florida, aux
Etats-Unis, du 26 au 29 mars 2001. Le point focal portera sur
la prévention et couvrira le cycle de vie du pétrole, et les
effets exercés sur l’environnement dans les zones marines
et terrestres. Pour de plus amples informations, contactez:
American Petroleum Institute; tel: +1-202-682-8000; fax:
+1-202-682-8223; e-mail: westp@api.org;
Internet: www.api.org
2EME EXPOSITION
INTERNATIONALE 2001 LES NOUVELLES SOURCES D’ENERGIE ET L’ENERGIE
PROPRE: Cette exposition est prévue
du 30 mars au 1er avril 2001, à Shanghai, en
Chine. Elle montrera: des équipements basés sur l’énergie
solaire; des outils et des accessoires basés sur l’énergie
éolienne; et des applications technologiques et des
équipements basés sur l’hydrogene. Pour d’autres
information, contactez: Sylvia Cheng, Coastal International
Exhibition; tel: +13 852-2827-6766; fax: +13 852-2827-6870;
e-mail: general@coastal.com.hk;
Internet: http://www.coastal.com.hk
10EME COURS INTERNATIONAL
SUR LA MISE EN APPLICATION DE L’ENERGIE EOLIENNE:
Ce cours aura lieu du 2 au 13 avril 2001, à Petten, aux
Pays-Bas. Il se focalisera sur la mise en application à
grande échelle des systèmes basés sur l’énergie
éolienne. Pour plus d’informations, contactez: Lucia
Bakker, Netherlands Energy Research Foundation; tel: +31
224-564949; fax: +31 224-563214; e-mail: l.bakker@ecn.nl;
Internet: www.ecn.nl
6EME
CONFERENCE INTERNATIONALE SUR L’ENERGIE SOLAIRE ET LA
PHOTOCHIMIE APPLIQUEE:
Cette réunion se déroulera du 3 au 8 avril, au Caire, en
Egypte, et portera sur les éléments de base de la
photochimie, de la photo-physique et de la photobiologie
appliquées, ainsi que sur leurs applications industrielles et
environnementales. Pour les détails, contactez: Sabry
Abdel-Mottaleb, Faculty of Science, Ain Shams University,
Cairo, Egypt; tel: +20 12-216-9584; fax: +20 2-244-7683;
e-mail: solar@photoenergy.org;
Internet: http://www.photoenergy.org/solar2001.html
22EME
SYMPOSIUM INTERNATIONAL SUR LES SOURCES D�ENERGIE
ELECTRIQUE: Ce
symposium se tiendra du 9 au 11 avril 2001, � Manchester, en
Angleterre. L�objectif en est l�avancement de la
sensibilisation du grand public � travers l�am�lioration
de la compr�hension et des connaissances dans le domaine de
la recherche et d�veloppement concernant l�utilisation des
sources d��nergie non m�caniques. Pour plus de
renseignements, contactez: Bob Baily, International Power
Sources Symposium, Limited; tel: +44 0-1892-652881; fax: +44
0-1892-653459; e-mail: secretary@ipss.org.uk
ou ipss@marketdevelopco.demon.co.uk;
Internet: http://www.ipss.org.uk/
LA CDD-9:
La neuvi�me session de la Commission du D�veloppement
Durable se tiendra � New York, du 16 au 27 avril 2001. Cette
session se focalisera sur: l�atmosph�re; l��nergie/les
transports; l�information au service des prises de
d�cisions et de la participation; et la coop�ration
international dans l�instauration d�un environnement
favorable. Le th�me de la r�union consacr�e au dialogue
avec les concern�s sera celui du rapport entre l��nergie
et les transports. Avant la CDD-9, des r�unions intersessions
se tiendront du 6 au 9 mars (Groupe de Travail sur les
transports et l�atmosph�re) et du 12 au 16 mars (Groupe de
Travail sur l�information au service des prises de d�cision
et de la participation et sur la coop�ration internationale
pour l�instauration d�un environnement favorable). Pour
plus de renseignements, contactez: Andrey Vasilyev, Division
for Sustainable Development; tel: +1-212-963-5949; fax:
+1-212-963-4260; e-mail: vasilyev@un.org;
Internet: http://www.un.org/esa/sustdev/csd9/csd9_2001.htm#.
For information Au sujet
des principaux groupes sociaux, contactez Zehra Aydin-Sipos,
Division for Sustainable Development; tel: +1-212-963-8811;
fax: +1-212-963-1267; e-mail: aydin@un.org. |