|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 05 No. 162
Vendredi 2 Mars 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
SECONDE SESSION DU GROUPE D’EXPERTS INTERGOUVERNEMENTAL
SPECIAL SUR L’ENERGIE ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE:
JEUDI 1er MARS 2001
Le Groupe d’Experts
Intergouvernemental Spécial sur l’Energie et le
Développement Durable a tenu des réunions formelles et des
réunions informelles au cours des séances du matin, de l’après-midi
et de la soirée, pour l’examen des nouvelles versions des
chapitres A, B et C du projet de texte des Coprésidents,
comprenant l’ensemble des soumissions faites par les
délégués. Le Groupe d’Experts devait travailler jusqu’à
une heure tardive de la soirée sur le chapitre C.
LA SEANCE DU MATIN
Au cours d’une brève
réunion formelle, les délégués reçurent la nouvelle
version des chapitres A, Considérations Générales, et B,
Principes Généraux devant encadrer l’Action Politique, du
texte de compilation. Le Coprésident Salamat ajourna ensuite
la réunion formelle et convoqua une réunion informelle
consacrée à l’examen des textes.
LES CONSULTATIONS
INFORMELLES
Les délégués
procédèrent informellement à l’examen des chapitres A et
B du texte de compilation, au cours des séances du matin et
de l’après-midi. Tard dans la soirée ils procédèrent à
l’examen du chapitre C dont la nouvelle version avait été
distribuée dans le courant de l’après-midi.
CHAPITRE A: CONSIDERATIONS
GENERALES: Au sujet du paragraphe portant sur le rôle central
de l’énergie pour la réalisation des objectifs
économiques, sociaux et environnementaux interconnectés du
développement durable, le délégué des ETATS-UNIS déclara
que la référence au "développement durable"
pouvait suffire. L’IRAN, au nom du G-77/CHINE, requit la
suppression du qualificatif "durable" tout en
gardant le libellé concernant les objectifs, soulignant que l’énergie
est centrale pour le développement et pas seulement pour le
développement durable. Le Coprésident Salamat indiqua que ce
débat était mené dans le contexte du développement
durable, et les délégués approuvèrent l’utilisation de
cette formulation.
Différents points de vue
furent exprimés sur le libellé consacré à la magnitude et
à l’échelle du problème de l’énergie. La SUEDE, au nom
de l’UE, rejeta la formulation proposée par le G-77/CHINE
concernant le manque d’accès "commercial" à l’énergie
et au transport et souhaita voir retenir le terme
"moderne," plus compatible, affirma-t-il, avec la
lettre et l’esprit du texte de l’Evaluation de l’Energie
Mondiale (WEA). Les délégués décidèrent de ne retenir ni
l’un ni l’autre des deux termes. Le délégué des
ETATS-UNIS, avec l’UE, rejeta la référence aux décalages,
"lorsque mesurés par habitant," constatés dans les
niveaux de consommation d’énergie, qui avait été
suggérée à titre de compromis, par le Coprésident Salamat.
La formulation fut supprimée. Le G-77/CHINE, avec l’ARABIE
SAOUDITE, fit objection à la proposition de l’UE d’insérer
un libellé sur le caractère non durable des modes actuels de
production, distribution et utilisation d’énergie. Le
G-77/CHINE souhaita voir spécifié que ce problème était de
pertinence pour les pays industrialisés.
SAMOA, appuyé par l’UE,
proposa la suppression de la référence aux
"larges" populations rurales de manière à laisser
la considération s’appliquer aux petits Etats insulaires. L’UE
souligna l’impératif de reconnaître l’impact des
émissions de l’énergie sur la santé humaine et sur l’environnement.
Plusieurs pays en développement s’y opposèrent et
proposèrent de crocheter le libellé. L’UE accepta la
suppression de la référence, mais requit le maintien de la
reconnaissance que les modes de consommation sont actuellement
non durables, et le paragraphe fut approuvé.
Le Coprésident Salamat
suggéra une formule de compromis pour le paragraphe consacré
aux défis à relever en matière d’énergie et aux
conditions permettant de les aplanir. Le G-77/CHINE et la
NORVEGE suggérèrent l’insertion d’une référence à
"l’énergie pour le développement durable" à la
place et lieu de "avenir énergétique durable." Le
G-77/CHINE réitéra sa requête concernant des ressources
financières "nouvelles et supplémentaires" comme
étant une exigence dans ce contexte. Le délégué des
ETATS-UNIS, appuyé par l’AUSTRALIE, déclara que la
question était abordée dans les chapitres suivants du
document et qu’elle ne devait être traitée qu’à l’examen
de ces chapitres. Le G-77/CHINE approuva et le sujet fut mis
en suspens en attendant d’être examiné ultérieurement.
Le G-77/CHINE proposa d’appeler
les pays industrialisés à mettre à la disposition des pays
en développement les options technologiques écologiquement
rationnelles, notant que cela avait déjà été approuvé à
Rio+5. La FEDERATION DE RUSSIE suggéra d’étendre cela aux
pays en transition économique. L’AUSTRALIE souligna que les
technologies doivent être fournies à travers à la fois les
secteurs privé et public, et suggéra d’énoncer que les
technologies "doivent être mises à disposition et/ou
facilitées par les pays industrialisés."
Le paragraphe fut adopté
avec la question des ressources financières nouvelles et
supplémentaires placée entre crochets.
Au sujet du paragraphe
consacré à l’action à mener par les concernés et à l’accès
à l’énergie, le Coprésident Salamat introduisit un
libellé de compromis se référant à: l’investissement du
secteur privé; une combinaison de ressources d’énergie
efficace du point de vue coût; un recours plus important aux
technologies avancées, y compris dans le domaine des
combustibles fossiles; et la promotion d’objectifs communs.
La NORVEGE fit objection au
terme objectifs "communs". Le G-77/CHINE suggéra la
suppression du libellé concernant l’investissement du
secteur privé. L’UE s’y opposa, et proposa "des
secteurs public et privé." Le paragraphe fut approuvé
avec ces références crochetées.
Au sujet du paragraphe traitant des politiques et stratégies
visant à réaliser l’énergie pour le développement
durable, le Coprésident Salamat introduisit une proposition
pour un texte de compromis. L’UE proposa de déplacer les
références aux responsabilités des gouvernements vers le
chapitre B du texte, notant que le rôle des gouvernements
était davantage un principe qu’une considération.
Le G-77/CHINE requit l’insertion
d’une référence au principe de responsabilités communes
mais différenciées. Au sujet des aspects financiers et de la
coopération financière internationale, le porte-parole
proposa l’insertion d’une formulation tirée du texte de
Rio+5, et qui stipule que l’APD est une source principale du
financement extérieur et qu’un financement nouveau et
supplémentaire substantiel pour le développement durable
sera nécessaire. Le délégué des ETATS-UNIS préféra
placer le libellé consacré aux questions financières entre
crochets en attendant la tenue de nouvelles consultations.
Au sujet des
inter-dépendances entre les pays, la SUISSE suggéra d’énoncer
que "la coopération internationale et régionale est
essentielle pour la promotion d’un échange d’information
fructueux." L’UE fit objection aux suggestions
stipulant que cela limitait le concept de coopération
internationale. Les délégués adoptèrent le paragraphe avec
les références aux questions financières, placées entre
crochets.
CHAPITRE B: PRINCIPES
GENERAUX DEVANT ENCADRER L’ACTION POLITIQUE : La
Coprésidente Reichl introduisit un texte de compromis pour le
chapeau du chapitre B, Principes Généraux devant encadrer l’Action
Politique, qui stipule que: les gouvernements et les
organisations régionales et internationales pertinentes sont
invités à prendre en considération ces principes, dans le
traitement des questions d’énergie, tout en tenant compte
des particularités nationales et régionales, et en gardant
à l’esprit le principe de responsabilités communes mais
différenciées.
Le G-77/CHINE, appuyé par
la FEDERATION DE RUSSIE mais contré par l’UE, suggéra de
remplacer les références aux "principes" par des
références aux "options politiques." La NORVEGE
proposa des principes et des options politiques
"non-prescriptifs". L’AUSTRALIE et la NORVEGE
réitérèrent l’importance des circonstances particulières
des pays. L’UE appuya la formulation portant sur la
réalisation du développement durable des activités de
production, distribution et consommation d’énergie. Le
G-77/CHINE souhaita le remplacement du terme
"gouvernements" par le terme"pays." Les
délégués décidèrent de placer le paragraphe entre
crochets.
Le G-77/CHINE proposa l’insertion
d’un libellé additionnel dans le chapeau, appelant à
apporter une assistance aux gouvernements dans leurs efforts
nationaux. L’UE proposa un libellé portant sur la
responsabilité des gouvernements dans l’élaboration et la
mise en application de politiques énergétiques tournées
vers le développement durable. Les délégués décidèrent
de reporter l’examen des paragraphes.
Au sujet du sous-paragraphe
consacré à la combinaison des sources pour répondre à la
demande en matière d’énergie, les délégués débattirent
du point de savoir si oui ou non il fallait inclure une
référence à la technologie nucléaire. La FEDERATION DE
RUSSIE, appuyée par le CANADA, mais contrée par la NOUVELLE
ZELANDE et la POLOGNE, proposa d�ins�rer une r�f�rence �
la technologie nucl�aire. Le G-77/CHINE, appuy� par l�UE,
pr�f�ra les propositions de compromis des Copr�sidents. Le
porte-parole requit un accroissement du nombre des
technologies list�es. L�UE souhaita avoir des
�claircissements sur le point de savoir si le terme
"autres technologies" englobait la technologie
nucl�aire. Les d�l�gu�s d�cid�rent de crocheter la
r�f�rence � la technologie nucl�aire et accept�rent le
paragraphe.
Une version de compromis du
sous-paragraphe appelant � l�int�gration des
consid�rations d��nergie dans les divers secteurs
�conomiques, fut accept�e, assortie d�une r�f�rence au
secteur public, tel que propos� par le G-77/CHINE.
La proposition des
Copr�sidents de texte de compromis pour le sous-paragraphe
appelant � l�instauration d�un environnement favorable
"apte � soutenir les objectifs du d�veloppement
durable" fut adopt�e. Le sous-paragraphe appelant � la
mise en place de services d��nergie appropri�s, en
particulier dans les zones rurales, fut adopt� tel que
propos� par les Copr�sidents.
Le sous-paragraphe consacr�
au th�me de la recherche et d�veloppement fut accept� tel
que propos� par les Copr�sidents, moyennant quelques
modifications mineures �laborant sur les activit�s de
recherche en mati�re d��nergie visant le d�veloppement
durable, notamment dans les syst�mes de transport.
Un repr�sentant du comit�
des ONG actives dans le domaine de l�Energie et des
Changements Climatiques pr�senta aux d�l�gu�s une
d�claration soulignant les pr�occupations des de ces
derni�res concernant le rythme de progression de la session,
encourageant l�utilisation des formes d��nergie
renouvelables et rejetant le recours � l��nergie
nucl�aire et aux technologies "avanc�es" de
combustibles fossiles.
Au sujet du paragraphe
consacr� � la s�curit� de l�offre et de la demande en
mati�re d��nergie, l�UE, contr�e par le G-77/CHINE,
sugg�ra de remplacer le terme "s�curit�" par
"gestion."
Le d�l�gu� des ETATS-UNIS
pr�f�ra d�placer la r�f�rence � la
"s�curit�" sugg�rant de la remplacer par le
libell� appelant au "soutien du d�veloppement et de la
stabilit� des march�s pour s�assurer de la disponibilit�
des approvisionnements et garantir l�acc�s des
consommateurs aux services d��nergie." Les d�l�gu�s
d�cid�rent de prendre en consid�ration les propositions et
de d�battre du paragraphe un peu plus tard.
Au sujet du paragraphe
consacr� au th�me de l�efficience �nerg�tique, le CANADA
signala que la r�f�rence aux "objectifs nationaux en
mati�re d�efficience �nerg�tique" risquait de s�av�rer
probl�matique pour les pays ayant des Etats f�d�raux. La
NORVEGE, contr�e par l�UE, sugg�ra de remplacer le terme
"objectifs" par "strat�gies." Les
d�l�gu�s adopt�rent le paragraphe avec les r�f�rences au
soutien financier n�cessaire et aux objectifs du d�ploiement
de l�efficience �nerg�tique, plac�es entre crochets.
Au sujet des sources d��nergie
renouvelables, les d�l�gu�s s�accord�rent sur un
libell� appelant � "soutenir une plus grande
utilisation de l��nergie renouvelable � la fois dans les
r�seaux de connexion et dans les syst�mes
d�centralis�s."
Les d�l�gu�s
approuv�rent les paragraphes portant sur: la diss�mination
de l�information; le soutien des programmes de conservation
de l��nergie; et l�encouragement des partenariats entre
les secteurs public et priv�. Les d�l�gu�s accept�rent la
formulation tir�e du texte de Rio+5 concernant la promotion
et la r�alisation de modes de consommation durables.
Le paragraphe se r�f�rant
� l�optimisation de l�utilisation efficace des
combustibles fossiles resta crochet�. Au sujet du
renforcement du r�le de la soci�t� civile, le G-77/CHINE
pr�f�ra le r�le des "principaux groupes sociaux."
Le paragraphe resta entre crochets. Au sujet de l�am�lioration
de la coop�ration r�gionale et internationale dans le
domaine de l��nergie pour le d�veloppement durable, le
G-77/CHINE appuya, tandis que l�UE y fit objection, la
r�f�rence � la disponibilit� de l��nergie. Le
paragraphe resta crochet�. A 22h les d�l�gu�s entam�rent
l�examen du chapitre C, les Th�mes Cl�s, et poursuivirent
leurs d�lib�rations jusque tard dans la nuit.
DANS LES COULOIRS
Certains observateurs ont
d�clar� que le point de vue des ONG selon lequel le Groupe d�Experts
n�est pas en train de progresser et qu�il est en train d�enregistrer
m�me un certain recul, vient signaler la perte de confiance
de certains pays � l�endroit du syst�me multilat�ral,
qui, ont-ils affirm�, a manqu� d�honorer les promesses
faites, � Rio, voil� neuf ans.
Cependant, le sursaut qui a
marqu�, jeudi, l�atmosph�re des n�gociations, a donn� �
plus d�un participant l�occasion d�afficher un certain
optimisme et d�affirmer que malgr� l�heure tardive,
quelques progr�s r�els seront r�alis�s. A l�oppos�,
certains ont estim� que m�me si finalement le document
prenait une bien meilleure forme qu�on ne s�y attendait,
on avait toutes les raisons d�avoir des pr�occupations
concernant la mani�re de proc�der lorsqu�il sera achev�,
en raison du fait qu�il n�est pas en conformit� avec les
textes d�cisionnels pr�c�dents de la CDD. Il semble
n�anmoins qu�il y a accord g�n�ral qu�il s�agit l� d�une
question pouvant �tre trait�e � la CDD-9, si le Groupe d�Experts
r�ussissait � transmettre un texte complet comportant un
nombre minimun de crochets.
A SUIVRE AUJOURD�HUI
PLENIERE:
Le Groupe d�Experts se r�unira � 10h dans la Salle de l�ECOSOC,
pour poursuivre l�examen du reste des chapitres du texte de
compilation, avant de cl�turer ses travaux. |