|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 05 No. 161
Jeudi 1er Mars 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
SECONDE SESSION DU GROUPE D’EXPERTS INTERGOUVERNEMENTAL
SPECIAL SUR L’ENERGIE ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE:
MERCREDI 28 FEVRIER 2001
Au cours de la séance du
matin du Groupe d’Experts Intergouvernemental Spécial sur l’Energie
et le Développement Durable, les délégués devaient
recevoir un nouveau texte comprenant les points de vue
exprimés jusqu’à mardi soir, sur le projet de texte des
Coprésidents. Un certain nombre d’entre eux ont fait part
de leur insatisfaction concernant le texte et le processus de
négociation, ce qui amena les Coprésidents à tenir, durant
la pause du déjeuner, des consultations informels autour de
la manière de poursuivre ce travail. Une brève séance de
travail organisée par la Cellule Inter-Agences Spéciale sur
l’Energie, s’est également tenue durant la pause du
déjeuner.
Le Groupe d’Experts s’est
réuni, de nouveau, en fin d’après-midi. Après un débat
sur l’état d’avancement du projet de texte de compilation
et sur les questions procédurales, la session formelle a
été ajournée. Des consultations officieuses autour du
chapitre F du texte, Coopération Internationale, devaient
suivre cet ajournement. Les Coprésidents ont également mené
d’autres consultations informelles avec des comités plus
restreints, au cours de la soirée.
SÉANCE DU MATIN
La Coprésidente Reichl
invita les délégués à examiner le nouveau texte compilant
les soumissions faites par les délégations. L’oratrice
indiqua que le texte ne présentait pas la liste des
soumissions dans un ordre particulier, compte tenu du fait qu’elles
n’avaient pas été discutées. Elle nota que certaines
soumissions pouvaient ne pas être adéquatement reflétées
dans le texte et demanda aux délégués de soulever les
questions au fur et à mesure de la progression de l’examen
du document. Elle précisa que toutes les références aux
déclarations faites par l’Iran et la Suède, dans le texte,
devaient être comprises comme étant respectivement celles du
G-77/Chine et de l’UE.
Le G-77/CHINE, appuyé par
ANTIGUA ET BARBUDA, l’ARGENTINE, la CHINE, CUBA, l’INDE,
le NIGERIA et l’ARABIE SAOUDITE, exprima sa déception à l’endroit
du texte et requit du Secrétariat, de l’élaborer selon le
format standard des Nations Unies.
L’ARABIE SAOUDITE déclara
qu’un accord avait été réalisé la veille selon lequel
les travaux devaient se poursuivre sur la base du texte de
compilation uniquement. L’UE indiqua que l’organisation
des travaux, adoptée lundi, stipulait que le texte de
négociation des Coprésidents servira de plate-forme aux
négociations et, appuyée par la NOUVELLE ZELANDE, l’AUSTRALIE,
le CANADA et SAMOA, suggéra de requérir des Coprésidents l’élaboration
d’un texte de négociation révisé. En réponse, l’INDE,
avec la TURQUIE et l’INDONESIE, nota que le programme de
travail ne mentionnait pas la discussion d’un texte de
négociation produit par les Coprésidents, mais plutôt par
le Groupe d’Experts.
La NOUVELLE ZELANDE déclara
que le chapitre F qui porte sur la coopération Internationale
semblait être le plus sujet à controverses et, avec les
ETATS-UNIS, la FEDERATION DE RUSSIE, la NORVEGE, l’AUSTRALIE
et la TURQUIE, suggéra de le supprimer et d’inviter les
délégués à re-soumettre un nouveau texte pour le chapitre.
L’UE y fit objection, signalant que ce chapitre n’avait
pas été discuté.
Notant les difficultés
rencontrées dans l’établissement d’un parallèle entre
le travail du Groupe d’Experts et le travail accompli dans d’autres
fora, tel que celui des négociations climatiques, le
Coprésident Salamat encouragea les délégués à prendre en
considération des pressions dues aux contraintes de temps et
autres, auxquelles le Groupe d’Experts est confronté.
EXPOSE SUR LE SEPTIEME FORUM
INTERNATIONAL SUR L’ENERGIE: Mohammad
Al Sabban (Arabie Saoudite) fit une brève présentation sur
le 7ème Forum International sur l’Energie, tenue
à Riyadh, en Arabie Saoudite, du 17 au 19 novembre 2000. L’orateur
indiqua que des ministres de l’énergie et des délégations
de 56 pays et organisations internationales avaient assisté
à l’événement. Les participants y ont débattu des
questions ayant trait, entre autres: à la
situation de l’énergie dans le monde; à l’énergie,
développement durable et technologie ; à l’industrie
de l’énergie et à la restructuration du marché; et aux
perspectives du dialogue producteurs - consommateurs. Il
souligna les principaux thèmes abordés, notamment: le rôle
des prix de l’énergie et sa disponibilité dans le cadre de
la prospérité économique mondiale; le rôle central du
pétrole et du gaz dans la consommation d’énergie; la
coopération internationale pour l’amélioration de l’accès
aux données concernant l’énergie; La nécessité d’établir
des rapports favorables entre l’énergie, la fiscalité, l’investissement
et l’environnement, en vue de soutenir l’expansion du
commerce pétrolier et gazier pour une croissance économique
mondiale durable; et le rôle des innovations technologiques
et leur dissémination pour une utilisation et une production
plus efficaces. Il ajouta que le Forum a accueilli
favorablement une proposition appelant à considérer l’établissement
d’un secrétariat permanent pour le Forum de l’Energie,
basé en Arabie Saoudite.
La réunion fut ensuite
suspendue pour permettre la tenue de consultations informelles
avec les délégations sur la question de savoir comment
procéder pour la suite des travaux.
SEANCE DE L’APRES-MIDI
Le Groupe d’Experts se
réunit de nouveau à 16h50. Le G-77/ CHINE réitéra sa
demande au Secrétariat concernant la production d’une
version reformatée du texte de compilation. Le porte-parole
suggéra que le chapitre A, Considérations Générales, et le
chapitre B, Principes Généraux devant encadrer l’Action
Politique, pouvaient être distribués et examinés en
premier, et que le reste des chapitres pouvaient suivre. L’EGYPTE
suggéra d’ajourner la réunion formelle immédiatement, le
temps de mener des négociations informelles sur le chapitre
F, Coopération Internationale. Les délégués approuvèrent
et la Coprésidente Reichl ajourna la réunion formelle.
LES CONSULTATIONS
INFORMELLES
Les délégués tinrent,
mercredi après-midi, des consultations officieuses sur le
chapitre F du texte de compilation.
CHAPITRE F: COOPERATION
INTERNATIONALE:
Message aux autres organes
intergouvernementaux: La
Coprésidente Reichl invita les participants à faire part de
leurs commentaires sur la première sous-section consacrée
aux messages aux autres organes intergouvernementaux. Un
groupe régional appuya le maintien de la référence au
message adressé à la Conférence des Parties (CdP) de la
CCCC, précisant toutefois que le groupe était souple sur la
formulation. Un pays en développement exprima ses réserves
concernant la transmission d’une vision équilibrée à la
CdP. Un autre pays en développement réitéra que de nombreux
pays n’étaient pas favorables à toute
"interférence" avec les travaux menés dans d’autres
fora. Un pays industrialisé mit en exergue la nécessité de
prendre en considération les procès verbaux du Groupe
Intergouvernemental sur l’Evolution Climatique.
Concernant la transmission d’un
message à Rio+10, plusieurs pays en développement firent
objection au paragraphe, affirmant qu’il préjugeait du
processus. Un pays en développement s’interrogea sur le
point de savoir s’il était approprié de débattre des
aspects institutionnels des Nations Unies dans le Groupe d’Experts.
Un groupe régional rappela
aux délégués que le mandat du Groupe d’Experts consistait
à traiter de la coopération internationale en faveur d’un
accès accru à l’énergie dans les pays en développement.
Les délégués n’avaient aucun commentaire sur les
paragraphes qui se réfèrent aux messages adressés au
Processus du Financement pour le Développement et à la
Troisième Conférence des Nations Unies sur les Pays les
Moins Avancés.
Options éventuelles pour
les lignes directrices devant encadrer le système
multilatéral: Un pays en
développement déclara qu’une coordination était
nécessaire au sein du système des Nations Unies, au minimum,
et signala que sa délégation proposera un paragraphe sur ce
sujet.
Un groupe régional appuya l’idée
de poursuivre la coordination au sein des Nations Unies et mit
l’accent sur les propositions et les arrangements visant l’amélioration
de cette coordination. S’agissant de la Cellule
Inter-Agences Spéciale sur l’Energie, l’orateur se
prononça en faveur de son renforcement, soulignant le besoin
de disposer d’un mécanisme de coopération et appelant à
préciser davantage ses activités futures. Il appela aussi à
l’insertion d’un paragraphe exhortant les institutions
financières internationales et les organisations
multilatérales à intégrer les questions ayant trait à l’énergie
durable dans leurs stratégies de développement.
Un groupe de négociation
fit remarquer que son soutien au renforcement de la Cellule
Inter-Agences dépendra de ce qu’on retiendra dans le cadre
du suivi. Un pays en développement déclara que la
coordination avait son importance mais que davantage de
consultations étaient nécessaires au sein des groupes de
n�gociation.
La Copr�sidente Reichl
sugg�ra que la sous-section portant sur les efforts
internationaux soit examin�e jeudi, puis ajourna la r�union.
BRIEFING DE LA CELLULE DE
TRAVAIL INTER-AGENCES SUR L�ENERGIE
Au cours de la pause du
d�jeuner, la Cellule Inter-Agences Sp�ciale sur l�Energie
pr�senta un aper�u g�n�ral sur ses activit�s. JoAnne
DiSano, Pr�sidente de la Cellule de Travail, indiqua qu�elle
apportait des contributions dans le processus de la CDD-9, et
qu�elle a �labor� des rapports sur les activit�s des
agences et programmes des Nations Unies dans le domaine de l��nergie,
ainsi que sur les �tudes de cas men�es par ces derniers.
Elle introduisit les repr�sentants des agences membres de la
Cellule de Travail, et ces derniers expos�rent leurs travaux
touchant � l��nergie durable.
Parlant au nom de l�ECOSOC,
JoAnne DiSano souligna sa focalisation sur l�assistance
technique et sur le renforcement des capacit�s dans son
partenariat avec les gouvernements.
Thomas Johansson, du
Programme Energie et Atmosph�re, au PNUD, mit en exergue le
r�le de l��nergie dans la lutte contre la pauvret� et
dans l�avancement du d�veloppement durable, qui restent les
principaux objectifs du Programme. Soulignant les �tudes de
cas ayant trait � la production propre et aux solutions
durables en mati�re d��nergie, Mark Radka, de la Division
Technologie, Industrie et Economie, du PNUE, affirma que les
efforts fournis �taient motiv�s par la volont� d�introduire
les consid�rations environnementales dans les processus
d�cisionnels � tous les niveaux.
Cahit G�rk�k, de la
Branche Efficience de l�Energie Industrielle, � l�ONUDI,
pr�senta des �tudes de cas sur les efforts consentis en
mati�re d��nergie durable, notamment le remplacement du
bois de chauffe, la micro et la mini-hydro �nergie, et le
transfert des technologies.
Alan McDonald, du Service
Planification et Etudes Economiques, D�partement de l�Energie
Nucl�aire, � l�Agence Internationale de l�Energie
Atomique, mit en relief les travaux sur les indicateurs du
d�veloppement de l��nergie durable, lesquels,
pr�cisa-t-il, ont consist� � regrouper et � �laborer
davantage les indicateurs utilis�s dans les diff�rentes
initiatives pertinentes.
Notant l�importance de l�efficience
�nerg�tique, de la tarification de l��nergie et de l�int�gration
des co�ts, Slav Slavov, de la Commission Economique des
Nations Unies pour l�Europe, � la Division du
D�veloppement Durable, mit l�accent sur la perspective
r�gionale de la Commission en mati�re d��nergie durable.
Pranesh Chandra Saha, de la Section des Ressources
Energ�tiques, Division de l�Environnement et du
D�veloppement des Ressources Naturelles, au sein de la
Commission Economique et Sociale des Nations Unies pour l�Asie
et le Pacifique, souligna la n�cessit� des ressources
financi�res et du transfert des technologies pour l�avancement
de l��nergie durable dans la r�gion.
William Faries, du Fonds
Mondial pour l�Environnement (FEM), pr�senta un certain
nombre d�exemples de projets touchant � l��nergie promus
par le FEM. L�orateur mit en relief le r�le des nouveaux
services et institutions de financement, ainsi que l�importance
d�engager le secteur priv� dans ce domaine. Luis Marques,
de la Commission Solaire Mondiale, � l�UNESCO, mit en
exergue le Programme Solaire Mondial et l�importance de sa
mise en application. Notant les liens entre l��nergie et
les moyens de subsistance durables, Gustavo Best, du Service
de l�Environnement et des Ressources Naturelles, au
D�partement du D�veloppement Durable, FAO, souligna les
efforts de l�organisation dans le domaine des applications
en mati�re d��nergie renouvelable.
Concluant la s�ance d�information,
JoAnne DiSano souligna l�option consistant � �tablir une
plate-forme plus officielle pour la Cellule Inter-Agences, qui
travaille � l�am�lioration de la coop�ration et de la
coordination des diff�rentes branches du syst�me des Nations
Unies sur les questions touchant � l��nergie durable.
DANS LES COULOIRS
Une certaine frustration a
pr�valu, mercredi, les d�l�gu�s ayant pass� la majeure
partie de la journ�e � d�battre de sujets ayant trait au
caract�re que doit rev�tir le document devant servir de
plate-forme aux n�gociations. Plusieurs participants ont fait
part de leur d�ception de voir � dans une situation qui n�est
pas sans rappeler celle de la premi�re r�union du Groupe, l�ann�e
derni�re � la focalisation sur les th�mes de fonds qui
sont cruciaux pour tous les pays et en particulier pour les
pays en d�veloppement, de nouveau perdue de vue et remplac�e
par des discussions autour du processus. Certains observateurs
ont indiqu� que, nonobstant le fait que la majorit� des
participants ont fait part de leur int�r�t � parvenir � un
accord, les d�l�gu�s ne sembent pas reconna�tre les
limites du temps qui sera � la disposition de la CDD pour
r�gler le probl�me.
A SUIVRE AUJOURD�HUI
PLENIERE:
Le Groupe d�Experts se r�unira � 10h dans la Salle de l�ECOSOC.
Les Copr�sidents feraient circuler une nouvelle version des
chapitres A, Consid�rations G�n�rale, et B, Principes
G�n�raux devant encadrer l�Action Politique, de leur texte
de compilation. Les discussions reprendraient sur la base de
ce texte, et une nouvelle version des derniers chapitres du
texte de compilation est attendue pour la fin de la journ�e. |