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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 05 No. 160
Mercredi 28 Février 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
SECONDE SESSION DU GROUPE D’EXPERTS
INTERGOUVERNEMENTAL SPECIAL SUR L’ENERGIE ET LE
DEVELOPPEMENT DURABLE
MARDI 27 FEVRIER
Le Groupe d’Experts
Intergouvernemental Spécial, de Composition Non Limitée, sur
l’Energie et le Développement Durable s’est réuni au
cours des séances du matin et de l’après-midi pour
procéder à l’examen de tous les chapitres du projet de
texte de négociation des Coprésidents.
EXAMEN DU TEXTE DES
COPRESIDENTS
Le Coprésident Mohammad
Reza Salamat (Iran) annonça que les Coprésidents produiront
à la fois une révision de texte de négociation et un texte
de compilation basé sur les soumissions des délégués, pour
distribution le mercredi matin. L’EGYPTE, avec l’ARGENTINE,
la COLOMBIE, l’IRAN au nom du G-77/CHINE, le NIGERIA et l’ARABIE
SAOUDITE, appuya l’idée de baser le débat sur le texte de
compilation uniquement. La SUISSE préféra voir utiliser
plutôt la révision de texte des Coprésidents. Un accord fut
réalisé, en fin de journée, sur la poursuite des travaux
sur la base du texte de compilation uniquement.
CHAPITRE A: CONSIDERATIONS
GENERALES: Présentant des commentaires additionnels sur ce
chapitre qui avait été examiné lundi, le G-77/CHINE proposa
l’insertion d’une référence portant, entre autres, sur
les nombreuses facettes des questions touchant à l’énergie
et sur leur interdépendance.
CHAPITRE B: LES PRINCIPES
GENERAUX DEVANT ENCADRER L’ACTION POLITIQUE: Le G-77/CHINE
suggéra l’inclusion de nouveaux paragraphes sur les
différentes situations des pays sur le principe des
responsabilités communes mais différentiées. L’ARABIE
SAOUDITE fit objection à la suppression de la référence à
la sécurité de la demande en matière d’énergie. La
FEDERATION DE RUSSIE, les ETATS-UNIS et le CANADA proposèrent
l’inclusion de la technologie nucléaire dans le nombre des
technologies énergétiques appelées à être accrues.
CHAPITRE C: LES THEMES
CENTRAUX: Au sujet des recommandations, l’ARABIE SAOUDITE,
appuyée par la COLOMBIE, mais contrée par le SRI LANKA,
déclara que ces dernières doivent être adressées plutôt
aux "pays" qu’aux "gouvernements." La
FEDERATION DE RUSSIE suggéra l’inclusion de mesures visant
à rendre l’efficacité énergétique, les combustibles
fossiles avancés et les technologies de l’énergie
renouvelables plus abordables.
L’accessibilité de l’énergie:
Le délégué des ETATS-UNIS suggéra, entre autres, l’insertion
d’un libellé stipulant que les pays choisiront les actions
à entreprendre en fonction des circonstances nationales qui
sont les leurs. Au sujet de la sécurité énergétique, la
POLOGNE et TONGA appuyèrent l’idée de placer un accent
particulier sur les sources d’énergie renouvelables. Le
G-77/CHINE proposa l’insertion d’un paragraphe appelant à
faire en sorte que l’énergie devienne plus accessible aux
femmes rurales, et souhaita voir les pays à faible couvert
forestier être pris en ligne de compte dans les référence
à la biomasse et au bois de chauffe.
L’efficacité
énergétique: Le G-77/CHINE, appuyé par le PAKISTAN,
souligna la nécessité de prendre en considération les
circonstances nationales, le transfert des technologies à des
tarifs préférentiels aux pays en développement, et l’égalité
de l’accès pour les femmes.
La SUEDE, au nom de l’UE,
mit l’accent sur le besoin d’améliorer les technologies
actuelles et les techniques de gestion en vigueur. L’AUSTRALIE,
avec le CANADA, la NORVEGE, le JAPON et la TURQUIE, récusa
les références aux objectifs présentés à titre indicatif
pour l’efficacité énergétique. L’ALGERIE suggéra l’adjonction
d’un paragraphe appelant à la coopération internationale
dans la mise en place des normes de l’efficacité. La
NORVEGE proposa une référence aux barrières entravant la
concrétisation de l’efficacité. La CHINE souhaita y
inclure les questions de renforcement des capacités et du
financement.
L’énergie renouvelable: L’UE,
avec le MEXIQUE et TONGA, proposa le renforcement de la prise
de conscience du public. Le G-77/ CHINE inséra une
référence à l’utilisation des ressources renouvelables
nationales, notamment l’énergie éolienne, solaire et
océanique. La COLOMBIE, appuyée par CUBA, l’ALGERIE et la
GUYANE, proposa l’inclusion d’une référence au Programme
Solaire Mondial -1996-2005. La SUISSE mit en exergue la
promotion des sources d’énergie renouvelables autochtones.
L’AUSTRALIE, soutenue par la POLOGNE et la GUYANE, suggéra
l’insertion d’une référence aux coûts en tant que
barrière entravant la réalisation des potentialités de l’énergie
renouvelable.
Les technologies avancées
en matière de combustibles fossiles: Le G-77/CHINE suggéra
la suppression de la référence à la fixation du carbone et
le terme "à grande échelle". L’AUSTRALIE
déclara que ce sous-alinéa doit être maintenu entier, ou
supprimé. La SUISSE plaida pour sa suppression, affirmant que
les stratégies qui y figurent ne regardent pas vers l’avenir.
L’ARABIE SAOUDITE, appuyée par l’AUSTRALIE, proposa la
suppression ou une re-formulation des termes "sources
sans carbone" et niveau d’émission "approchant du
zéro". Le délégué des ETATS-UNIS proposa "l’absence
de capacités" comme défi à relever dans le contexte
des technologies avancées en matière de combustibles
fossiles.
Les technologies de l’énergie
nucléaire: L’UE nota le caractère sensible de ce sujet
ainsi que les divergences existantes entre les Etats. L’EGYPTE,
le PAKISTAN et la CHINE soulignèrent la nécessité de
parvenir à une formulation consensuelle dans le projet de
texte.
L’ARABIE SAOUDITE suggéra
l’insertion d’un sous-alinéa appelant à la suppression
de l’énergie nucléaire. La POLOGNE plaida pour une
suppression progressive. La COLOMBIE, appuyée par la BARBADE
et la GUYANE, proposa l’insertion d’un sous-alinéa
appelant à la suppression des transits transfrontaliers des
déchets nucléaires, en particulier, ceux effectués à
travers les côtes des pays n’appartenant pas à l’OCDE.
La BARBADE affirma que les sources d’énergie nucléaire ne
sont ni appropriées ni acceptables pour une utilisation dans
les petits Etats insulaires en développement, ce à quoi l’ARABIE
SAOUDITE ajouta "et dans tous les pays en
développement."
Les ETATS-UNIS, la
FEDERATION DE RUSSIE et le JAPON mirent en exergue l’énergie
nucléaire en tant que partie acceptable et importante de la
combinaison des énergies à retenir, à condition que des
efforts soient fournis pour s’assurer de la sécurité. La
CHINE et l’INDE soulignèrent le droit de tous les pays au
développement de l’énergie nucléaire. Le BELARUS mit l’accent
sur les risques inhérents aux technologies de l’énergie
nucléaire et sur le manque de confiance qu’elles inspirent
au grand public.
L’énergie rurale: L’UE
souligna le rôle de la biomasse dans les énergies rurales et
nota que les coûts élevés de l’investissement et des
droits de raccordement entravaient la production et l’utilisation
des ressources renouvelables dans l’approvisionnement en
énergie rurale.
L’AUSTRALIE indiqua que
les difficultés posées dans la fourniture d’énergie sont
dues à la structure des marchés des zones rurales. La CHINE
déclara que la protection des forêts doit être prise en
ligne de compte dans l’action visant à promouvoir la
biomasse. La POLOGNE, appuyée par l’INDONESIE, mit en
relief le renforcement des capacités locales et la promotion
des sources d’énergie renouvelables locales.
Les questions touchant à l’énergie
dans le secteur des transports: L’ARABIE SAOUDITE s’interrogea
sur la signification des "systèmes de transport
durables" et préféra "systèmes de transport
compatibles avec le développement durable." Le MEXIQUE
suggéra l’intégration des critères devant régir la
consommation énergétique et des effets environnementaux dans
le développement de l’infrastructure des transports urbain
et rural. Au sujet de l’élimination des carburants
contenant du plomb, le délégué des ETATS-UNIS, avec l’AUSTRALIE,
proposa de reformuler la recommandation appelant à soutenir
les pays en développement et les pays en transition
économiques (PTE).
CHAPITRE D: LES THEMES
PERMANENTS: Recherche et développement: L’ALGERIE suggéra
que l’accroissement de l’investissement des secteurs
public et privé et le renforcement de la collaboration
internationale et régionale englobent la tenue de
conférences autour des problèmes spécifiques aux pays. Le
MEXIQUE proposa un libellé appelant à des politiques
gouvernementales encourageant les investissements du secteur
privé. L’AUSTRALIE affirma qu’un environnement favorable
adéquat amenuisant les risques pour les investisseurs
privés, pouvait constituer une incitation supplémentaire à
l’investissement. La FEDERATION DE RUSSIE, appuyée par la
NORVEGE, préféra remplacer "un avenir énergétique
mondial durable" par "un avenir énergétique
durable pour tous" pour rester en harmonie avec le texte
retenu par Rio+5.
L’échange d’informations
et la diffusion des données: Le JAPON proposa d’étendre ce
thème aux secteurs des affaires, de l’administration
publique et de l’éducation. Le G-77/CHINE suggéra le
remplacement de "l’avenir mondial durable" par
"l’énergie pour le développement durable." Le
délégué des ETATS-UNIS, appuyé par le CANADA et l’AUSTRALIE,
proposa l’inclusion des données concernant, entre autres,
les co�ts et les profits annexes associ�s aux technologies
environnementales et sugg�ra la cr�ation d�un centre d��change
d�informations sur l�internet.
Am�lioration du
fonctionnement des march�s: La REPUBLIQUE TCHEQUE appela �
une r�duction des subventions accord�es � la production d��nergie
et � une promotion progressive de l�int�gration des
co�ts. L�UE, avec l�AUSTRALIE, sugg�ra la cr�ation de
march�s ouverts et comp�titifs, inscrits dans un cadre
r�gulatoire. L�ARABIE SAOUDITE fit objection � l�UE et
d�clara que la structure de la fiscalit� en vigueur dans le
domaine de l��nergie dans les pays industrialis�s se doit
de refl�ter leurs niveaux de pollution environnementale. La
NORVEGE, avec la FEDERATION DE RUSSIE, proposa d�encourager
les gouvernements � am�liorer le fonctionnement des
march�s.
Le transfert des
technologies: Le MEXIQUE sugg�ra l�inclusion de la
conception, de la mise en oeuvre et de l�op�ration des
programmes d��pargne �nerg�tique et d�exploitation des
sources d��nergie renouvelables. Le BELARUS, appuy� par la
FEDERATION DE RUSSIE, appela � l�insertion d�une
r�f�rence sp�cifique aux besoins particuliers des PTE. La
TUNISIE sugg�ra la mise en place de centres d�acc�s � l�information
technologique. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS, appuy� par l�ALGERIE,
mais contr� par le NIGERIA, la GUYANE et l�ARABIE SAOUDITE,
d�clara que le transfert des technologies doit s�appliquer
� tous les pays ayant des besoins.
Le renforcement des
capacit�s: La FEDERATION DE RUSSIE proposa l�insertion d�une
r�f�rence aux PTE. Le MEXIQUE souligna l�importance des
besoins locaux. Le d�l�gu� d�ANTIGUA ET BARBUDA, avec le
CANADA, mit l�accent sur le r�le du FEM dans le soutien des
activit�s de renforcement des capacit�s. Le d�l�gu� des
ETATS-UNIS d�clara que les pays en d�veloppement se devaient
d�inclure des th�mes dans leurs strat�gies de
d�veloppement durable.
La mobilisation des
ressources financi�res: Le G-77/CHINE, appuy� par ANTIGUA ET
BARBUDA, l�ARABIE SAOUDITE, HAITI et le BRESIL, mit en
relief la n�cessit� de ressources nouvelles et
suppl�mentaires. L�UE mit en exergue l�investissement
dans l�infra-
structure financi�re dans les pays en d�veloppement. Le
d�l�gu� des ETATS-UNIS souligna l�importance du r�le de
l�APD dans le transfert des technologies. L�ALGERIE requit
l�adjonction d�une r�f�rence � l�imp�ratif d�instaurer
de nouveaux m�canismes de financement pour faciliter l�acc�s
au cr�dit. L�ARABIE SAOUDITE, appuy�e par la COLOMBIE,
souligna la n�cessit� du r�approvisionnement du FEM.
La mise � contribution des
concern�s et la participation du public: Le G- 77/CHINE
sugg�ra l�insertion d�une r�f�rence au renforcement des
capacit�s des organisations de base communautaires et au
r�le des femmes. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS affirma que ces
groupes pouvaient jouer un r�le important dans la mise en
place de r�seaux r�gulatoires informels. L�UE souligna,
entre autres, l�importance du libre acc�s � l�information
et � la justice.
CHAPITRE E: COOPERATION
REGIONALE: La NOUVELLE ZELANDE mit en relief l�importance de
la coop�ration r�gionale dans la r�alisation d��conomies
d��chelles dans les projets. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS
proposa de remplacer la r�f�rence aux "technologies
avanc�es" par une r�f�rence aux "technologies
�cologiquement rationnelles." Le JAPON mit l�accent
sur la coop�ration Sud-Sud dans les programmes
sous-r�gionaux et r�gionaux de renforcement des capacit�s.
L�ALGERIE proposa l��tablissement d�une banque de
donn�es pour l��change d�informations.
CHAPITRE F: COOPERATION
INTERNATIONALE: La NORVEGE et la NOUVELLE ZELANDE mirent en
garde contre la fragmentation de plans d�action du
d�veloppement durable.
Message aux autres organes
intergouvernementaux: La TURQUIE mit en garde contre le risque
de porter pr�judice aux processus de la CDD-9 et de Rio+10 et
de dupliquer le travail men� dans d�autres fora. L�AUSTRALIE
et la NORVEGE d�clar�rent que les paragraphes pouvaient
�tre simplifi�s. Le G-77/CHINE, avec la COLOMBIE, la
FEDERATION DE RUSSIE et l�ARABIE SAOUDITE, proposa la
suppression du chapitre entier.
Les options �ventuelles �
retenir dans les lignes directrices devant encadrer le
syst�me multilat�ral: La FEDERATION DE RUSSIE, avec la
NOUVELLE ZELANDE, sugg�ra une simplification du chapitre. Le
G-77/CHINE et l�ARABIE SAOUDITE appuy�rent l�id�e de sa
suppression. L�UE d�clara que le secteur de l ��nergie
doit se focaliser davantage sur les strat�gies de r�duction
de la pauvret� et appel�rent � l�adoption d�une
approche commune au sein des Nations Unies dans le domaine de
l��nergie durable. La NORVEGE proposa la suppression des
r�f�rences au renforcement du r�le des Nations Unies dans
le domaine de l��nergie pour le d�veloppement durable.
Les efforts internationaux:
L�AUSTRALIE indiqua que la r�f�rence au centre d��change
d�information n��tait pas li�e � la formulation
appelant � l�instauration d�un environnement favorable.
Avec l�ARABIE SAOUDITE et la FEDERATION DE RUSSIE, l�orateur
souhaita avoir des �claircissements sur les termes
"m�canismes appropri�s" dans la r�f�rence aux
initiatives d�exploration du gaz naturel. La NOUVELLE
ZELANDE affirma qu�il valait mieux laisser cette t�che au
secteur priv�. TONGA appela � des initiatives impliquant l��nergie
g�othermale. La NORVEGE, avec l�ARGENTINE, sugg�ra l�insertion
d�un libell� appelant � "une utilisation
am�lior�e" des m�canismes financiers disponibles.
DANS LES COULOIRS
Plusieurs observateurs ont
fait des commentaires sur ce qu�ils estiment �tre une
position plus accommodante prise par l�UE sur la question de
l��nergie nucl�aire dans leur d�claration faite mardi,
par rapport � celle affich�e durant les pourparlers sur les
changements climatiques, en novembre dernier. Certains
devaient noter toutefois que l�UE a clairement indiqu� que
des divergences demeuraient au sein du Groupe sur ce sujet et
qu�il n�existait pas actuellement de position commune.
Par ailleurs, plusieurs
d�l�gu�s ont fait part de leurs pr�occupations quant � la
lenteur du rythme de la progression des travaux du Groupe d�Experts,
attribuant cette lenteur au caract�re quelque peu flou du
processus. Nombre d�entre eux ont affirm� que l�absence d�une
compilation des propositions a limit� l�aptitude � cerner
les points de convergence. Reste � voir si le texte de
compilation sera � m�me d�am�liorer, � lui seul, le
rythme des d�bats.
A SUIVRE AUJOURD�HUI
PLENIERE:
Le Groupe d�Experts se r�unira � 10h dans la Salle de l�ECOSOC.
Les Copr�sidents feront circuler la seconde partie du texte
de compilation qui englobe l�ensemble des points de vue
pr�sent�s par les d�l�gu�s sous forme �crite et orale
jusque mardi soir. Les discussions reprendront sur la base de
ce texte, les Copr�sidents fournissant des suggestions quant
� la mani�re de r�soudre les divergences.
BRIEFING: La Cellule
de Travail Inter-Agences Sp�ciale sur l�Energie pr�sentera
un rapport sur l�avancement de ses travaux lors d�une
s�ance d�information pr�vue � l�heure de la pause du
d�jeuner. |