Les délégués près de la Commission du Développement
Durable se sont réunis en trois comités de rédaction,
procédant à l'examen de divers projets de décisions révisés
et d'un papier présenté par le G-77/ CHINE. Le Comité de
Rédaction I s'est réuni l'après-midi pour considérer le
premier projet de texte révisé concernant la Gestion Intégrée
des Sols. Le premier projet de texte révisé concernant
l'Agriculture fut également distribué. Le Comité de Rédaction
II s'est réuni l'après-midi pour plancher sur le premier projet
de texte révisé concernant le thème Finance, commerce,
Investissement et Croissance Economique. Le Comité de rédaction
III s'est réuni, le matin, pour examiner les propositions du
G-77/CHINE concernant les Préparatifs de la Revue Décennale du
Plan d'Action 21 prévue en l'an 2002. Les révisions de texte des
projets de décision concernant les préparatifs de Rio+10 et le
Rapport du Forum Intergouvernemental sur les Forêts furent
également distribuées.
COMITE DE REDACTION I
GESTION INTEGREE DES SOLS: Le Président du Comité de
Rédaction I, Patrick McDonnell (Irlande) ouvrit la réunion de
l'après-midi consacrée à l'examen de la première révision de
texte du projet de décision concernant la planification et la
gestion intégrées des ressources foncières.
Dans l'introduction, le G-77/CHINE proposa l'insertion d'un
libellé sur la nécessité, pour les pays, de garantir l'accès
à la terre, à l'eau et aux autres ressources naturelles. L'UE et
les Etats-Unis appuyèrent l'insertion d'un libellé sur
l'égalité de l'accès aux ressources foncières. Le G-77/CHINE
fit objection à un libellé exigeant l'instauration d'un
processus décisionnel participatif, transparent et responsable de
comptes, d'un mécanisme de résolution des différends, d'un
environnement favorable et d'une bonne gouvernance. L'UE nota
qu'il s'agissait là d'une formulation approuvée tirée du texte
de la Conférence Internationale sur la Population et le
Développement.
Au sujet des priorités à retenir pour les travaux futurs, le
délégué des ETATS-UNIS proposa de replacer les références aux
activités minières et à la réhabilitation, dans le chapitre
consacré à la dégradation des sols. Le G-77/CHINE proposa la
suppression de la référence aux zones arides et aux minerais et
métaux, et apporta son soutien à l'insertion d'une référence
aux thèmes importants et aux secteurs vitaux.
Au sujet de la prévention et/ou atténuation de la
dégradation des sols, le G-77/CHINE, avec le BRESIL, proposa de
remplacer le libellé encourageant l'entreprise d'efforts
concertés pour l'allégement de la pauvreté, par un nouveau
libellé reconnaissant les efforts concertés visant à éradiquer
la pauvreté dans les pays en développement. Le CANADA préféra
une référence aux efforts visant à la réduction de la
pauvreté. L'UE plaida pour une référence à l'éradication de
la pauvreté, ajoutant une référence à la nécessité de
dépasser les modes systémiques de production et de consommation.
Le G-77/CHINE, avec le BRESIL et l'EGYPTE, proposa la suppression
de la référence à la protection et à l'amélioration des puits
d'absorption des gaz à effet de serre. L'UE apporta son appui à
la référence et le délégué des ETATS-UNIS préféra "puits
d'absorption du gaz carbonique." Le JAPON plaida en faveur
d'une référence à la prévention des catastrophes naturelles.
Le G-77/CHINE, soutenu par le BRESIL et l'EGYPTE, mais contré par
l'UE, suggéra la suppression du paragraphe proposé pour les
ressources en eaux. La TURQUIE s'opposa à l'insertion d'une
référence à la "stabilité politique" dans le
contexte de la protection des ressources en eaux. Le délégué
des ETATS-UNIS, avec le CANADA, apporta son soutien à une
référence à la protection et à l'amélioration des
écosystèmes d'eau douce et des littoraux tels que discutée
durant la réunion de La Haye sur la Sécurité de l'Eau, au Cours
du 21ème Siècle. Le G-77/CHINE, appuyé par le BRESIL
et l'EGYPTE, mais contré par les ETATS-UNIS, proposa de supprimer
la référence à la désagrégation sexo-spécifique des rôles
dans le libellé encourageant les gouvernements à prendre en
considération le travail accompli par les différentes
organisations. L'UE proposa de déplacer le paragraphe vers le
chapitre consacré à la coopération internationale.
Au sujet de l'accès à la terre et de la sécurité des
régimes fonciers, le délégué des ETATS-UNIS approuva deux
propositions appelant à rebaptiser le chapitre: Egalité de
l'accès à la terre et Sécurité juridique des régimes fonciers,
et, avec l'UE et le CANADA, fit objection à une proposition du
G-77/CHINE d'établir un lien entre l'adoption des politiques et
les constitutions, les cultures et les traditions. Avec l'UE, le
délégué des ETATS-UNIS fit part de difficultés à comprendre
le paragraphe proposé par la COLOMBIE appelant la communauté
internationale et les agences des Nations Unies à soutenir
l'allégement des inconvénients socio-économiques qui entravent
l'action des gouvernements dans le domaine des régimes fonciers.
La COLOMBIE invita les délégués à analyser et à commenter sa
proposition. Le G-77/ CHINE s'opposa à l'introduction
d'amendements dans l'intitulé du chapitre. Dans le paragraphe
consacré à l'élaboration de systèmes d'administration des
ressources foncières, le délégué ajouta "là où
approprié". L'UE appuya l'amendement proposé pour
l'intitulé du chapitre, affirmant qu'il était en harmonie avec
l'Agenda de la Conférence sur l'Habitat, et appela à
l'amélioration "de l'égalité " de l'accès à la
terre et de la sécurité foncière.
Au sujet de la biodiversité, le G-77/CHINE, appuyé par les
ETATS-UNIS, mais contré par la NORVEGE, proposa la suppression du
libellé appelant les gouvernements et la communauté
internationale à explorer de manière exhaustive les effets des
produits de la biotechnologie sur la santé et sur l'environnement,
et encouragea les gouvernements à s'assurer de l'entrée en
vigueur du Traité de Carthagène. Le JAPON préféra le maintien
du libellé d'origine et appuya le point de vue selon lequel les
effets doivent être explorés de manière exhaustive avant que
les produits de la biotechnologie puissent pénétrer le marché.
Au sujet des forêts, le CANADA, appuyé par l'AUSTRALIE et les
ETATS-UNIS, apporta son soutien à l'insertion d'un amendement
encourageant la communauté internationale à mettre en œuvre les
propositions d'action issues du Groupe Intergouvernemental sur les
Forêts / Forum Intergouvernemental sur les Forêts et visant à
"promouvoir la gestion, conservation et développement
durables de tous les types de forêts." Le JAPON préféra
gestion "durable" et développement de tous les types de
forêts. Au sujet des terres humides et des littoraux, le
VENEZUELA appela à une référence au Plan d'Action Mondial pour
l'environnement marin tel que reconnu dans le Chapitre 17 du Plan
d'Action 21. Au sujet des catastrophes naturelles, le G-77/CHINE
apporta son soutien à l'appel adressé aux gouvernements les
invitant à formuler "et à mettre en œuvre" des stratégies
reconnaissant les "effets socioéconomiques. " L'orateur
appela par ailleurs à un soutien financier et technique en faveur
des pays en développement et des pays en transition économique
dans la mise en place de leurs systèmes d'alerte précoce.
COMITE DE REDACTION II
FINANCE, COMMERCE, INVESTISSEMENT ET CROISSANCE ECONOMIQUE:
L'après-midi, le Comité de Rédaction II procéda à l'examen du
texte distribué par le Président Seok-young concernant le thème
Finance, Commerce, Investissement et Croissance Economique.
L'AUSTRALIE requit un document plus équilibré et
reconnaissant les avantages environnementaux potentiels de la
croissance économique. L'UE souligna la nécessité de "rompre
le lien" supposé entre la croissance économique et la
dégradation environnementale. Les propositions de la NOUVELLE
ZELANDE et des ETATS-UNIS appelant à la nécessité de s'assurer
que la croissance économique n'aboutira pas à une dégradation
de l'environnement, furent crochetées.
Au sujet de la référence au principe de responsabilités
communes mais différenciées, l'UE, avec les ETATS-UNIS, proposa
de la supprimer ou de la placer ailleurs dans le texte ou alors,
d'en citer l'origine. L'EGYPTE, contrée par l'UE, recommanda le
libellé tiré du Chapitre 7 du Plan d'Action 21. Le libellé fut
laissé crocheté.
Au sujet de la mondialisation, le libellé avancé par le
G-77/CHINE concernant la nécessité de "réformer" le
système financier international et de gérer les crises "financières",
fut crocheté. Plusieurs délégations demandèrent à être
édifiées quant à la logique qui sous-tend le texte du
Président concernant le déclin de l'APD, et l'amendement
proposé par la NOUVELLE ZELANDE sur ce point fut crocheté.
Au sujet du financement de la mise en œuvre du Plan d'Action
21, le G-77/CHINE rappela sa soumission antérieure plaçant
l'accent sur les engagements financiers des pays industrialisés.
Les délégués acceptèrent d'insérer cette proposition à titre
d'alternative au texte révisé du Président. An réponse à la
demande formulée par le SOUDAN, le BRESIL et le KENYA, le
Président Seok-young produisit un texte de compilation devant
servir de référence. Au sujet des futures discussions sur les
ressources financières et les mécanismes de financement, l'UE
nota que ce sujet ne constituera pas un thème pivot à la CDD-9.
En réponse à la question formulée par le SOUDAN, de savoir
quand le sujet serait examiné à nouveau, le Secrétariat de la
CDD indiqua que les principaux thèmes de la CDD-9 étaient
référencés de manière transversale dans le Chapitre 33 du Plan
d'Action 21.
Au sujet des priorités à retenir pour les travaux futurs,
l'UE proposa un libellé sur la "poursuite" de la
promotion du financement international en faveur du développement
durable. Le délégué des ETATS-UNIS préféra une référence à
l'amélioration plutôt des "aspects" que des
"cadres" institutionnels. Le G-77/CHINE suggéra que le
renforcement des mécanismes financiers disponibles devait
intervenir avant l'exploration de nouveaux mécanismes, et requit
un éclaircissement du sens du terme "aspects institutionnels".
Le SOUDAN proposa d'utiliser le libellé retenu par la CNUED. Le
texte demeura crocheté.
Au sujet de l'instauration d'un environnement favorable à la
mobilisation des ressources, l'UE, appuyée par les ETATS-UNIS, la
NORVEGE et le JAPON, plaida pour le maintien de la référence à
la "bonne" gouvernance, plutôt qu'à une gouvernance
"transparente, efficace et responsable". Les deux
formulations demeurent crochetées. Le G-77/CHINE, avec les
ETATS-UNIS, souligna la nécessité d'un "processus"
participatif pour le développement. Au sujet du flux des capitaux,
le G-77/CHINE et les ETATS-UNIS suggérèrent la suppression du
libellé appelant au rapatriement des capitaux. La FEDERATION DE
RUSSIE et l'AFRIQUE DU SUD s'y oppos�rent. Le libell� demeure
crochet�. Les ETATS-UNIS et le G-77/CHINE requirent un
�claircissement du sens du terme "financement
environnemental." La formulation resta crochet�e.
L'UE, avec les ETATS-UNIS et la NOUVELLE ZELANDE, proposa de
placer le libell� appelant � des Strat�gies Nationales de
D�veloppement Durable dans un nouveau paragraphe. La NOUVELLE
ZELANDE, appuy�e par un certain nombre d'autres d�l�gations,
proposa une r�f�rence plut�t � "l'�limination,"
qu'� la "suppression progressive," des subventions
causant des distorsions du march� et des pr�judices �
l'environnement. Le JAPON proposa un libell� appelant � "traiter"
les subventions. Le libell� fut plac� entre crochets.
COMITE DE REDACTION III
PREPARATIFS DE L'EVALUATION DECENNALE DE LA CNUED: Au cours
de la s�ance du matin, le Comit� de R�daction III proc�da �
l'examen d'un papier distribu� par le G-77/CHINE comportant ses
recommandations pour Rio+10.
Au sujet de la limitation du point de mire de Rio+10 � la
seule mise en �uvre du Plan d'Action 21, le CANADA, avec le JAPON,
encouragea la consid�ration d'autres r�sultats. Le JAPON proposa
la couverture des r�sultats de la mondialisation et des progr�s
technologiques. Le G-77/CHINE sugg�ra que les th�mes �mergeants
soient examin�s dans le contexte de la mise en �uvre du Plan
d'Action 21. La SUISSE souligna que Rio+10 ne devait pas ren�gocier
le Plan d'Action 21, mais �valuer les �volutions enregistr�es
depuis la CNUED et traiter des d�fis qui restent � relever dans
la mise en application.
Au sujet des pr�paratifs internationaux pour Rio+10, la
COLOMBIE fit part de ses r�serves concernant la proposition de
commencer les pr�paratifs � partir de janvier 2001. Le CANADA,
avec la FEDERATION DE RUSSIE, d�clara que les pays et les ONG ne
devaient pas �tre contraints par une date pr�cise et, avec la
NOUVELLE ZELANDE, souligna l'importance des pr�paratifs au niveau
r�gional.
Le d�l�gu� des ETATS-UNIS fit part de ses r�serves �
l'endroit de la suggestion du G-77/CHINE de tenir Rio+10 dans un
pays en d�veloppement. Le G-77/CHINE r�it�ra son souhait de
voir Rio+10 se d�rouler dans un pays en d�veloppement. Le
CANADA, appuy� par un certain nombre de d�l�gations, sugg�ra
d'y consid�rer les r�sultats des conventions environnementales.
Le MEXIQUE proposa d'y traiter des synergies entre les
conventions. L'UE, soutenue par l'AUSTRALIE, le CANADA et les
ETATS-UNIS, mit en relief la participation des principaux groupes
sociaux. L'EGYPTE et CUBA not�rent qu'en d�pit de l'importance
des contributions qu'ils apportent, les principaux groupes sociaux
ne sauraient avoir un statut �quivalent � celui des
gouvernements. S'agissant du fonds fiduciaire permettant de
s'assurer de la participation des pays en d�veloppement, le
CANADA demanda si ce dernier �tait cens� financer les processus
r�gionaux et, appuy� par le KENYA, appela � la cr�ation d'un
fonds s�par� pour la couverture de la participation des
principaux groupes sociaux. Le JAPON demanda des pr�cisions
concernant les fonds fiduciaires �tablis dans le cadre de la
CNUED. Le Secr�tariat indiqua que deux fonds fiduciaires avaient
�t� �tablis avant la CNUED: un, pour les pays en d�veloppement
et l'autre, pour l'�laboration des questions de fond et la
participation des principaux groupes sociaux. Le MAROC nota le
manque de participation des pays en d�veloppement dans les
conf�rences internationales, attirant l'attention, en guise de
preuve, sur les si�ges vides � la CDD-8. Le BRESIL souligna que
l'AG est le forum appropri� pour d�battre de l'ordre du jour de
Rio+10 et de ses dates et lieu.
DANS LES COULOIRS
Les repr�sentants des principaux groupes sociaux ont �voqu�
les progr�s r�alis�s dans leurs efforts visant � susciter des
soutiens en faveur de l'id�e de constituer un groupe de travail
sp�cial sur l'�valuation des actions men�es dans le cadre de
l'ADDR. Avec leur proposition amend�e appelant � l'implication
les principaux groupes sociaux aux c�t�s des gouvernements et
des organisations internationales, dans le cadre des structures et
ressources institutionnelles disponibles, les ONG esp�rent faire
ainsi avancer les ant�c�dents acquis r�alis�s par le groupe de
travail sur les Initiatives Volontaires. Ce dernier continue ses
efforts visant � engager le secteur du commerce et de l'industrie
dans le dialogue des principaux acteurs, lanc� � la CDD-6 et
serait, apprend-t-on de source inform�e, sur le point de susciter
l'int�r�t du World Business Council for Sustainable Development
� y participer comme nouveau repr�sentant du secteur au sein du
comit� permanent.