Les délégués près de la Commission du Développement
Durable se sont réunis en trois Comités de Rédaction tout au
long de la journée. Le Comité de Rédaction I a abordé, le
matin, le thème de la gestion intégrée des sols, et dans la
soirée, celui de l'agriculture. Le Comité de Rédaction II a
traité, matin et après-midi, du thème finance, commerce,
investissement et croissance économique. Le Comité de Rédaction
III a planché sur les préparatifs de Rio+10, le projet de
décision concernant le Forum Intergouvernemental sur les Forêts
(FIF) et points divers. Un groupe de discussion sur la
participation et les populations autochtones s'est également
réunis dans la soirée.
LE COMITE DE REDACTION I
GESTION INTEGREE DES SOLS: Les délégués examinèrent un
projet de document sur la gestion intégrée des sols et de
l'agriculture (E/ CN.17/2000/11). Le JAPON fit part de ses
réserves concernant la définition des termes clefs figurant tout
au long du texte. Dans l'introduction, L'UE proposa l'insertion de
références: à l'égalité de l'accès et des droits à la terre,
aux stratégies locales et à la bonne gouvernance. Le G-77/CHINE,
avec l'ARGENTINE, suggéra une référence à l'extraction des
minerais et à la mise en valeur. Le délégué des ETATS-UNIS
proposa une référence à la gestion intégrée des lignes de
partage des eaux. Au sujet des priorités à retenir dans les
travaux futurs, le CANADA, avec le BRESIL, mit en relief le
développement durable des exploitations de minerais et de métaux.
Le G-77/CHINE proposa des références à la mise en valeur des
zones minières et des récifs coralliens. Au sujet de la
prévention et/ou de l'atténuation de la dégradation des sols,
l'AUSTRALIE suggéra une référence à la protection et à
l'amélioration des puits d'absorption des gaz à effet de serre.
Le délégué des ETATS-UNIS proposa l'insertion d'un libellé sur
les valeurs économiques, sociales, environnementales et
culturelles de l'eau dans les politiques et les programmes, et sur
l'attention devant être accordé à la désagrégation
sexo-spécifique des activités. Le G-77/CHINE proposa
l'adjonction d'un libellé sur le savoir traditionnel. La COLOMBIE
proposa une référence à la participation des ONG dans la mise
en application des programmes de développement durable.
S'agissant de l'accès à la terre et de la sécurité des
régimes fonciers, l'UE proposa l'insertion d'un nouveau chapitre
intitulé: Egalité de l'accès à la terre et Sécurité des
régimes fonciers. Appuyé par le CANADA, l'oratrice proposa la
suppression de la référence à la culture et aux traditions dans
le libellé concernant les politiques gouvernementales dans le
domaine des droits de propriété foncières. Au sujet des
secteurs et des thèmes sensibles, le CANADA proposa l'insertion
d'un paragraphe invitant les gouvernements à procéder à
l'examen des effets sociaux et environnementaux de l'industrie
minière. Le délégué des ETATS-UNIS suggéra un remplacement de
la référence au traité de Carthagène par un appel à la
promotion des applications de la biotechnologie qui ne comportent
pas d'effets adverses sur la santé ou sur l'environnement. Au
sujet des interactions des milieux ruraux et urbains, l'UE
introduisit un libellé demandant aux gouvernements d'adopter des
approches de planification stratégique dans la gestion de la
croissance urbaine. Le G-77/CHINE proposa une formulation
demandant aux gouvernements de poursuivre ou de renforcer le
processus de décentralisation.
AGRICULTURE: Dans la soirée, les délégués abordèrent le
chapitre de l'agriculture. Le G-77/CHINE, appuyé par les
ETATS-UNIS, l'AUSTRALIE et le CANADA, proposa la suppression du
paragraphe sur l'étude du rôle possible de l'aspect
multifonctionnel de l'agriculture. Le JAPON, avec la REPUBLIQUE DE
COREE, la POLOGNE et la NORVEGE, préféra le maintien du
paragraphe. L'UE proposa, et la COLOMBIE s'y opposa, l'insertion
d'une référence à l'achèvement des stratégies nationales de
développement durable, d'ici 2002. Au sujet de l'accès aux
ressources, La COMMISSION EUROPEENNE ajouta l'accès aux
ressources génétiques, aux résultats de la recherche appliquée,
à la formation et aux matériaux de propagation. L'orateur
proposa en outre l'insertion d'un paragraphe sur l'approche de la
gestion intégrée des ressources en eaux. Concernant le
financement de l'ADDR, la CE ajouta une référence aux
institutions financières internationales. La FEDERATION DE RUSSIE
inséra une référence aux pays en transition économique. Au
sujet de la biotechnologie, le G-77/CHINE proposa une référence
au traité de Carthagène et à la CDB. La CE appela les
gouvernements à introduire l'étiquetage des produits
génétiquement modifiés. Le délégué des ETATS-UNIS proposa la
suppression de la phrase encourageant la signature et la
ratification du traité de Carthagène et son remplacement par un
appel aux gouvernements à considérer l'opportunité de la
signature et de la ratification du traité. La COLOMBIE s'opposa
à l'amendement des paragraphes consacrés à la biotechnologie et
au principe de précaution, ainsi qu'à l'amendement du Protocole.
Le BRESIL fit objection au paragraphe proposé par les Etats-Unis
concernant les ressources en eaux, sur la base de la Déclaration
Ministérielle de La Haye. Au sujet du commerce agricole, le G-77/
CHINE proposa l'insertion d'un paragraphe sur les politiques et
stratégies en matière d'agriculture écologique.
Au sujet des activités menées par les Nations Unies et autres
institutions internationales, l'AUSTRALIE et le CANADA appelèrent
à un éclaircissement de la référence aux filets de sécurité
alimentaire. Le G-77/CHINE proposa la suppression de la
référence. Au sujet de la participation, le représentant du
SUSTAINABLE AGRICULTURE AND FOOD SYSTEMS CAUCUS et le délégué
de la FAO apportèrent leur appui au libellé appelant à
l'établissement d'un groupe de travail spécial sur l'ADDR. Le
G-77/CHINE s'y opposa.
LE COMITE DE REDACTION II
FINANCE, COMMERCE, INVESTISSEMENT ET CROISSANCE ECONOMIQUE:
Le Comité de Rédaction II, présidé par Choi Seok-young (République
de Corée), examina le Rapport du Groupe de Travail Spécial
Intersessions sur les Ressources Financières et les Mécanisme de
Financement et sur la Croissance Economique, le Commerce et
l'Investissement (E/CN.17/2000/10).
Au sujet des objectifs introductifs, le G-77/CHINE mit en
relief le principe des responsabilités communes mais
différenciées. L'UE souligna l'importance de l'équité sociale.
Au sujet des ressources du développement durable, le G-77/CHINE
nota que le FID se trouvait concentré dans un petit nombre de
pays en développement. Le délégué des ETATS-UNIS apporta son
appui au libellé appelant au renforcement des efforts de
coopération, à la prévention des crises futures éventuelles et
la prévision de la gestion des crises. Le G-77/CHINE identifia
l'APD comme source principale du financement extérieur, appela à
de nouvelles sources de financement et encouragea les pays
industrialisés à honorer leurs engagements. Concernant les
politiques de développement, le G-77/CHINE mit en exergue les
stratégies de partenariat entre les pays les pays industrialisés
et les pays en développement. L'UE, avec le JAPON et la COREE,
appuya la proposition de supprimer la référence à l'APD fournie
sous forme de subventions. La NORVEGE s'y opposa. L'UE proposa
l'insertion d'une référence au ciblage des ressources accordées
aux pays en développement avec des politiques rationnelles.
Le G-77/CHINE recommanda une "annulation" de la dette
contractée dans le cadre de l'aide bilatérale et mit en relief
l'accès des exportations des pays en développement aux marchés
mondiaux. La FEDERATION DE RUSSIE proposa une référence à la
conversion de la dette. Le délégué des ETATS-UNIS suggéra la
suppression du libellé demandant aux créanciers d'envisager des
méthodes d'identifications de la dette insolvable. L'UE et la
REPUBLIQUE DE COREE y proposèrent quelques amendements. Au sujet
de l'attraction de l'investissement étranger, le G-77/CHINE
proposa la suppression du libellé appelant à la mise en place de
politiques économiques de "marché" efficaces et
l'insertion d'une référence à la prévention de la
déstabilisation due aux flux des capitaux privés. Au sujet de la
mobilisation des ressources financières domestiques, le
G-77/CHINE suggéra la suppression du libellé appelant à
l'intégration des budgets environnementaux dans les finances
publiques. L'UE suggéra une référence à la "bonne"
gouvernance, à l'intégration des politiques des différents
ministères et à l'application du principe pollueur payeur.
Au sujet du Mécanisme pour un Développement Propre, le G-77/
CHINE proposa la suppression du paragraphe; le JAPON proposa d'y
insérer une référence à la mise en œuvre conjointe et à
l'échange des droits d'émission; La REPUBLIQUE DE COREE suggéra
la suppression de la référence aux financements du secteur
privé et la NORVEGE mit en exergue la ratification du traité de
Kyoto. Le G-77/ CHINE, contré par la POLOGNE, proposa la
suppression de la référence au FEM en tant que principal
mécanisme de financement. Le délégué des ETATS-UNIS proposa un
libellé alternatif notant le rôle utile du FEM.
CROISSANCE ECONOMIQUE, COMMERCE ET INVESTISSEMENT: Concernant
la promotion du développement durable à travers le commerce, le
délégué des ETATS-UNIS souhaita l'élimination des barrières
commerciales non tarifaires injustifiables. Le G-77/ CHINE
encouragea les pays industrialisés à améliorer l'accès des
exportations des pays en développement à leurs marchés. Au
sujet de la sécurité alimentaire, l'UE proposa une référence
interconnectée à celle du comité de rédaction sur
l'agriculture. Le SOUDAN mit en relief l'initiative entreprise en
faveur des Pays Pauvres Lourdement Endettés (PPLE). Concernant la
libéralisation du commerce, le G-77/ CHINE souhaita voir les
gouvernements procéder à une répartition équitable des profits
tirés du commerce. L'UE déclara que les profits doivent toucher
les couches vulnérables à travers l'amélioration des normes de
l'emploi. Au sujet du développement des TER autochtones,
l'AUSTRALIE proposa la suppression de la référence aux accords
"TRIP". Au sujet du commerce, le G-77/CHINE mit l'accent
sur les effets des exigences écologiques imposées aux
exportations des pays en développement. L'UE nota que les pays en
développement connaissent des pertes dans leurs exportations en
raisons des restreintes commerciales qui leur sont imposées et
suggéra que le transfert des technologies et le développement
des entreprises soient soutenus par le FEM.
S'agissant des synergies entre la libéralisation du commerce
et la protection environnementale, le JAPON, avec la REPUBLIQUE DE
COREE, suggéra l'insertion d'une référence aux politiques
"écologiquement nocives". Au sujet de la certification
et de l'étiquetage, le G-77/CHINE spécifia les schémas "volontaires".
La REPUBLIQUE DE COREE proposa que les accords environnementaux
multilatéraux (AEM) jouent un rôle dans la promotion et la
diffusion des TER. La NORVEGE proposa une r�f�rence � la
Convention sur la Diversit� Biologique et aux Accords
"TRIP". Le G-77/CHINE sugg�ra la suppression du
paragraphe appelant � des �valuations d'impact environnemental.
La NORVEGE proposa un libell� appelant � la mise � disposition
d'un soutien financier et technique pour les pays
entreprenant de telles �valuations. Au sujet de l'investissement,
le G-77/CHINE mit en relief le r�le des pays industrialis�s dans
le soutien de la mise en place de politiques appropri�es. L'UE
appuya l'insertion d'une r�f�rence au r�le du cadre
multilat�ral dans l'investissement et � la r�gulation des
"droits" des investisseurs. L'orateur proposa
l'insertion d'un libell� appelant � s'assurer que les normes
environnementales et sociales ne seraient pas r�duites pour
attirer l'investissement �tranger. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS
proposa la suppression de la r�f�rence aux subsidiaires des
"TNC". Le CANADA encouragea la mise en place de
m�canismes pour "l'�valuation" environnementale des
projets de cr�dit destin�s � l'export. Au sujet du renforcement
de la coop�ration institutionnelle, le G-77/CHINE proposa une
r�f�rence au renforcement des capacit�s. Au sujet de
application du principe des responsabilit�s communes mais
diff�renci�es � la recherche, la NORVEGE proposa l'adjonction
du principe de pollueur payeur et, avec l'UE, du principe de
pr�caution.
Concernant l'am�lioration du cadre institutionnel, l'UE
proposa un libell� appelant � la r�forme des institutions
financi�res internationales et, s'agissant du secteur priv�,
sugg�ra la suppression du libell� appelant � la concr�tisation
des engagements financiers pris dans le cadre du Plan d'action 21.
Le d�l�gu� des ETATS-UNIS, appuy� par l'UE, la SUISSE et le
JAPON, sugg�ra la suppression du libell� appelant � la
cr�ation d'un groupe de discussion sp�cial intergouvernemental
sur la concr�tisation des engagements financiers.
LE COMITE DE REDACTION III
PREPARATIFS DE LA REVUE DECENNALE DE LA CNUED: Le
G-77/CHINE mis en exergue sa vision concernant Rio+10. L'UE
identifia les consensus r�alis�s au cours des d�bats
ant�rieurs autours d'un certain nombre d'aspects, tels que la
n�cessit� d'une participation �largie et la tenue de la
r�union dans un pays en d�veloppement, et appela � la prise en
consid�ration des questions ayant trait � l'environnement et �
la s�curit�. Les d�l�gations proc�d�rent par ailleurs �
l'examen d'un projet de d�cision concernant les conclusions du
FIF. Le CANADA nota qu'il n'y avait pas mention de la mani�re
dont le FORUM des Nations Unies sur les For�ts (FNUF) propos�
sera connect� � l'ONU. Le BRESIL sugg�ra la tenue de
consultations officieuses sur le lieu de r�sidence du futur FNUF.
JOURNEE DES PEUPLES INDIGENES: GROUPE DE DISCUSSION SUR LES
MECANISMES PARTICIPATIFS
Au cours du groupe de discussion, le repr�sentant de l'INUIT
CIRCUMPOLAR CONFERENCE (Canada) donna un aper�u sur les
activit�s de l'Arctic Council, notant le travail accompli dans
les n�gociations internationales sur l'environnement; Le
d�l�gu� du BIORESOURCES DEVELOPMENT AND CONSERVATION PROGRAMME
(Nigeria) parla des activit�s inscrites dans le cadre du Plan
d'Evaluation Participatif Rural; le repr�sentant de
l'INTERNATIONAL INDIAN TREATY COUNCIL (Canada) souligna
l'importance du recours au savoir des peuples autochtones; et la
repr�sentante du FOUNDATION ASIAN INDIGENOUS WOMEN�S NETWORK
(Philippines) nota la mise en place d'un Forum Permanent sur les
Peuples Indig�nes au sein des Nations Unies.
DANS LES COULOIRS
On croit savoir que la Chambre Internationale du Commerce s'est
retir�e du comit� permanent charg� de la gestion du projet des
initiatives volontaires cr�� par la CDD-6. On dit que la raison
en serait l'existence au sein du comit� permanent, d'une
divergence de vue importante entre les repr�sentants de
l'industrie et ceux des ONG, concernant les m�canismes
appropri�s pour le suivi des initiatives.