Troisième journée de la huitième session de la Commission
sur le Développement Durable, les premières séances de la
Réunion de Haut Niveau se sont focalisées sur les thèmes des
ressources foncières et de l'agriculture, des préparatifs de la
revue décennale de la conférence des Nations Unies sur
l'Environnement et le Développement, prévue en 2002, et des
conclusions du Forum Intergouvernemental sur les Forêts (FIF). Un
groupe de discussion sur le thème des populations autochtones
s'est tenu dans la soirée.
REUNION DE HAUT NIVEAU: RESSOURCES FONCIERES ET AGRICULTURE
Le Président de la CDD-8, Juan Mayr, ouvrit la première
séance de la Réunion de Haut Niveau axée sur le thème des
ressources foncières et de l'agriculture.
INTRODUCTION: Le Sous-Secrétaire Général de l'ONU, Louise
Fréchette, retraça le Rapport du Millénaire du Secrétaire
Général de l'ONU, dans lequel "la liberté environnementale",
la liberté des générations à venir de disposer de moyens de
vivre, est mise en équation avec les autres libertés promues par
les Nations Unies. L'oratrice parla du pillage subi par
l'environnement mondial du fait des activités humaines, notant
que les mesures de réponse sont souvent relativement peu
importantes et qu'elles sont souvent prises trop tard. Elle
rappela l'appel du Secrétaire Général pour la tenue d'un débat
public de haut niveau consacré à l'évaluation de la
biotechnologie, et appela à la poursuite de la réflexion sur la
mondialisation, l'investissement, le commerce et le développement
durable.
LES DECLARATIONS DE HAUT NIVEAU: L'UNION EUROPEENNE appela,
entre autres: à une planification et à la gestion durable et
productive de l'utilisation des sols, au recours a des processus
décisionnels participatifs, transparents et responsables; à la
bonne gouvernance; à la primauté du financement domestique dans
le développement durable; et, à l'égalité de l'accès aux
ressources en terres et à la sécurité juridique des régimes
fonciers. S'agissant de l'agriculture durable et du Développement
rural (ADDR), l'UE fit part de son appui en faveur des objectifs
du Sommet Alimentaire Mondiale, de l'accès des petits
agriculteurs aux crédits, de l'amélioration de la coopération
entre les bâilleurs de fonds, et appela à une réduction
progressive des soutiens à l'export des produits agricoles.
Le porte-parole du G-77/CHINE appela à des mesures
d'atténuation de l'impact de la volatilité financière sur les
pays en développement, au transfert de technologies
écologiquement rationnelles (TER) et au soutien des technologies
autochtones, à l'annulation de la dette, à la concrétisation de
l'objectif 0,7 du PNB pour l'APD et, à un appui politique en
faveur des objectifs du Sommet Alimentaire Mondial. L'orateur fit
part des difficultés posées par les concepts de Caractère
Multi-fonctionnel de l'Agriculture et des Sols (CMFAS) et de
l'Evaluation de l'Impact sur la Durabilité, et appela les
délégations à se pencher sur la question de l'accès de la
femme rurale aux ressources foncières. L'IRLANDE mit l'accent sur
l'adoption d'une stratégie intégrée en matière de
développement rural et nota l'importance des efforts
internationaux visant à l'allégement de la pauvreté et à la
sécurité des régimes fonciers. L'AFRIQUE DU SUD déclara que le
Plan d'action 21 constituait un summum d'illumination dans un
siècle ou l'humanité a atteint ses niveaux les plus bas.
L'ARGENTINE s'opposa à toute référence au concept de multi-fonctionalité
dans les documents de la CDD. La CHINE appela à une augmentation
de l'APD et à l'éradication de la pauvreté, à des
législations de protection environnementale et à l'essai des
produits et des technologies biologiques agricoles avant leur
généralisation. Le délégué des ETATS-UNIS appela à la
mobilisation de la société civile et mit l'accent sur
l'importance de la sécurité des régimes fonciers, de
l'encouragement de la conservation et de la mise en valeur des
ressources naturelles, et du rôle de l'agriculture urbaine dans
la réalisation de la sécurité alimentaire. L'AUSTRALIE souligna
la nécessité d'habiliter, d'éduquer et de motiver les
gestionnaires locaux et, appuyé par l'URUGUAY, s'opposa au
concept de multi-fonctionalité.
SAMOA, intervenant au nom de l'ALLIANCE DES PETITS ETATS
INSULAIRES (AOSIS), mit en exergue la valeur des plans et schémas
de gestion durables, des Systèmes d'Information Géographiques,
et de la coopération régionale. L'ISLANDE mit en relief les
avantages de la suppression des subventions agricoles non viables,
affirma que la biotechnologie constituait une part importante de
la solution, et souligna le rôle de Convention sur la Lutte
contre la Désertification. Le SRI LANKA appela la communauté
internationale à fournir une assistance en matière de
technologie et d'experts. L'URUGUAY appela les pays
industrialisés à supprimer les subventions agricoles et à lever
les barrières techniques dressées devant les exportations des
pays en développement. TONGA, parlant au nom du Groupe du Forum
du Pacifique, appela à une application plus large de l'Index de
Vulnérabilité Environnementale, en tant qu'alternative au PNB et
fit part de ses réserves concernant le régime des droits de
propriété intellectuelle. L'EGYPTE souligna l'impératif
d'adopter des mesures pratiques. La HONGRIE mit l'accent sur le
caractère multi-fonctionnel de l'agriculture. La BOLIVIE souligna
la nécessité d'honorer les engagements pris en matière
d'assistance financière, de transfert des technologies et de
formation vis à vis des pays en développement. Le MEXIQUE appela
à une focalisation sur le Protocole de Biosécurité et sur le
problème de la déforestation. Le délégué des PAYS-BAS fit
part de ses réserves concernant le déclin de l'intérêt porté
à la sécurité alimentaire, dont témoigne la baisse des niveaux
de l'APD. Appuyé par l'Autriche, l'orateur indiqua en outre que
les attaques menées contre la notion de multi-fonctionalité
n'étaient pas de nature à établir la confiance. Le délégué
appela également à la tenue d'un forum consultatif sur l'ADDR.
La TUNISIE évoqua le rôle de l'agriculture rurale organique
traditionnelle.
LA CONTRIBUTION DES EXPERTS: Gordon Conway, Président de la
Fondation Rockefeller, déclara définir l'agriculture durable
comme étant une agriculture capable de résister aux tensions et
aux chocs et combinant productivité, stabilité et équité.
Miguel A. Altiere, de Université de Berkeley, Californie, mit
l'accent sur les accomplissements, les tendances et les effets de
l'agriculture moderne et des sciences agronomiques.
LE DIALOGUE: La REPUBLIQUE DE COREE et le JAPON mirent en
exergue le caractère multi-fonctionnel de l'agriculture.
L'INDONESIE souligna le besoin d'améliorer l'accès aux
ressources foncières et aux TER. La FRANCE appela à la poursuite
du débat avec l'ensembles des concernés. Le CANADA suggéra
d'éviter de dévier le débat sur la question de multi-fonctionalité.
L'EGYPTE appela à une focalisation sur les petits agriculteurs.
REUNION DE HAUT NIVEAU: PREPARATIFS DE LA REVUE DECENNALE DE
2002 DES PROGRES REALISES DEPUIS LA CNUED (RIO+10)
Le Président Mayr introduisit la Réunion de Haut Niveau
consacrée au thème des préparatifs de la revue de 2002 des
progrès réalisés depuis la CNUED. Nitin Desai, Sous-Secrétaire
Général chargé des Affaires Economiques et Sociales, souhaita
voir Rio+10 se focaliser sur l'analyse des entraves rencontrées
dans la mise en œuvre. Yolanda Kakabadse, Présidente de l'UICN,
recommanda l'examen des thèmes de l'énergie durable, des
finances, du commerce international, de l'économie et de la
conservation et la considération de la possibilité de créer un
contrepoids à l'OMC. Klaus Töpfer, Directeur Exécutif du PNUE,
appela au démarrage de l'évaluation des progrès avant Rio+10 et
suggéra la tenue de cette conférence dans un pays en
développement. L'orateur recommanda de se focaliser, entre autres,
sur l'éradication de la pauvreté et sur la sécurité
environnementale.
LES DECLARATIONS DE HAUT NIVEAU: Le NIGERIA, au nom du
G-77/CHINE, suggéra: que la CDD serve de Comité préparatoire (PrepCom)
pour Rio+10; qu'un fonds fiduciaire soit créé aux fins de
faciliter la participation des pays en développement; et que les
pays en développement décident du lieu de Rio+10. Le PORTUGAL,
au nom de l'UE, souhaita voir la CDD-10 servir de PrepCom pour
Rio+10 et appela à la cohérence entre Rio+10 et le suivi des
autres conférences des Nations Unies. Il encouragea la
ratification du Protocole de Kyoto d'ici 2002. Le JAPON proposa la
mise en place d'un groupe d'experts chargé d'apporter une
contribution au processus et la tenue de Rio+10 en Asie. La
FINLANDE apporta son appui: à une participation élargie; à des
stratégies sans risques; à des objectifs mesurables au plan de
l'éco-efficacité; et à la tenue de la conférence soit en Asie
soit en Afrique. Le CANADA appela: à ce que Rio+10 soit une
conférence au niveau des Chefs d'Etats ou de gouvernements; à ce
que la CDD y serve de comité préparatoire; à l'abandon de
l'idée de négociation d'un document de déclaration; et à
prévoir la tenue de Rio+10 dans un pays en développement. La
REPUBLIQUE TCHEQUE recommanda la mobilisation de la société
civile et la ratification du Protocole de Kyoto. L'ALLEMAGNE mit
l'accent sur l'élimination de la pauvreté, la participation des
Chefs d'Etats, et la ratification du Protocole de Kyoto. Le
délégué accueillit favorablement, par ailleurs, l'offre de
l'Afrique du Sud d'abriter Rio+10. CUBA mit en relief le transfert
des ressources financières et des TER. Le ROYAUME-UNI recommanda
d'intituler Rio+10 "Pauvreté, Développement et
Environnement", exprima son appui en faveur de l'offre de
l'Afrique du Sud d'accueillir la conférence et apporta son
soutien aux appels pour la ratification du Protocole de Kyoto et
pour le renforcement des institutions des Nations Unies. La
POLOGNE recommanda que la conférence Rio+10 soit consacrée au
traitement de la pauvreté, des modes de consommation et de
production, de l'efficacité énergétique, du renforcement des
capacités et du transfert des technologies. La SUISSE encouragea
la ratification du Protocole de Kyoto et le renforcement des
institutions des Nations Unies, et offrit une assistance
financière au pays en développement hôte de Rio+10. Le BRESIL
offrit d'accueillir Rio+10. Le KAZAKSTAN insista sur l'importance
d'avoir des indicateurs de développement durables spécifiques
aux régions (IDD). MONACO évoqua le rôle des organes régionaux
et des IDD. L'INDONESIE plaida pour des processus participatifs et
recommanda de tenir Rio+10 en Asie.
La REPUBLIQUE DE COREE offrit d'accueillir Rio+10 et proposa le
thème du développement durable à l'ère de la mondialisation.
La SUEDE appela à des démarches concrètes quant au financement
du Plan d'action 21 et qualifia l'Afrique du Sud d'excellent
candidat à l'accueil de la réunion. La FEDERATION DE RUSSI
appuya l'offre de la République de Corée d'abriter Rio+10.
LE DIALOGUE: Le MEXIQUE appela à la désignation d'un comité
de personnalités éminentes et d'experts pour aider � la
pr�paration de la conf�rence. L'ARGENTINE apporta son appui �
l'offre du Br�sil d'accueillir Rio+10 et souligna l'importance de
l'�ducation pour le d�veloppement durable. Le d�l�gu� des
PAYS-BAS d�clara que le monde devrait avoir honte de la
stagnation du programme de l'�radication de la pauvret� et
appela � l'adoption de l'approche retenue par la
Banque Mondiale et le FMI pour l'�laboration des textes finaux
apr�s les sommets. Le DANEMARK apporta son soutien au point de
vue selon lequel une �tude sur l'�tat des lieux doit pr�c�der
Rio+10 et approuva la suggestion de retenir la mondialisation
comme th�me central. La NOUVELLE ZELANDE souligna le caract�re
populaire du Plan d'action 21 et la n�cessit� de styles de
participation vari�s aux travaux de Rio+10. La FRANCE d�clara
que la mondialisation constituait un challenge pour les r�gles
internationales, et que Rio+10 devait traiter de l'architecture
institutionnelle mondiale, de l'�quit�, de la dette, de l'aide
et de l'investissement. La BOLIVIE proposa une focalisation sur la
mise en �uvre et appuya l'offre du Br�sil d'accueillir
l'�v�nement. Les ONG des JEUNES et des ETUDIANTS appel�rent les
gouvernements � soutenir la participation des jeunes aux travaux
de Rio+10 et � leurs pr�paratifs. L'EGYPTE appela � un
programme focalis� �labor� par le PNUE et la DAES. La GUYANE
souhaita voir une attention accord�e aux contraintes syst�miques
pos�es � la mise en �uvre, y compris l'examen de la question de
savoir si le processus de l'OMC comporte des mesures en
contradiction avec les objectifs �tablis � la CNUED. Le HONDURAS
souligna l'importance des strat�gies nationales.
Le d�l�gu� des ETATS-UNIS appela � une focalisation sur la
d�gradation environnementale, la question de la parit� homme /
femme et l'�valuation des arrangements institutionnels. La
BELGIQUE nota l'importance de la participation du grand public. Le
SOUDAN mit l'accent sur la facilitation de la participation des
pays en d�veloppement. Le porte-parole du COMITE D'ORIENTATION
DES ONG POUR LA CDD souhaita voir Rio+10 �tablir un calendrier
pr�cis pour la ratification des accords environnementaux
internationux.
REUNION DE HAUT NIVEAU: CONCLUSIONS DU FORUM
INTERGOUVERNEMENTAL SUR LES FORETS (FIF)
Les Copr�sidents du FIF, Ilkka Ristimaki (FINLANDE) et Bagher
Asadi (IRAN) donn�rent un aper�u sur le processus du FIF et ses
r�sultats, mettant en relief le consensus r�alis� autours des
propositions d'action et de l'id�e d'�tablir le Forum des
Nations Unies sur les For�ts (FNUF). Plusieurs d�l�gations
endoss�rent le rapport et les conclusions du FIF, notamment celle
concernant la cr�ation du FNUF. Plusieurs pays en d�veloppement
soulign�rent le besoin d'une assistance financi�re pour la mise
en �uvre des strat�gies nationales. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS
annon�a $800,000 pour la conversion du FIF en FNUF. Le PEROU
appela � la prise en consid�ration du savoir traditionnel li�
� la for�t. Diverses ONG soulign�rent l'importance du suivi et
de la participation.
JOURNEE DES PEUPLES INDIGENES: GROUPE DE DISCUSSION SUR LE
COMMERCE ET LES PEUPLADES AUTOCHTONES
Au cours de la soir�e, un groupe de discussion sur
l'exploration des liens entre le commerce, les populations
autochtones et les droits fonciers fut mod�r� par Vicky Tauli
Corpus du R�seau Asiatiques des Femmes Autochtones.
Le repr�sentants des populations MAORI donna un aper�u sur
l'�conomie politique indig�ne pr�-europ�enne en Nouvelle
Z�lande. La JUDICIAL COMMISSION FOR SELF-DEVELOPMENT nota, entre
autres, que les populations autochtones sont affect�es par les
pratiques environnementales nocives d�coulant de l'application
des accords �conomiques r�gionaux. DEFENSORIA MAYA parla du
d�s�quilibre actuel entre spiritualit�, humanisme et
mat�rialisme. L'AMERICAN INDIAN LAW ALLIANCE mit en relief les
probl�mes associ�s � la participation, pass�e et pr�sente,
des autochtones dans les syst�mes �conomiques actuels.
DANS LES COULOIRS
Les discussions minist�rielles officieuses se sont, croit-on
savoir, focalis�es sur la possibilit� de fixer la revue
d�cennale de la CNUED comme date limite pour la ratification du
Protocole de Kyoto. Une certaine dynamique s'�tait constitu�e
derri�re cette id�e depuis la r�union du G-8, o� le Japon et
la Russie se sont joints aux europ�ens pour retenir cette date
butoir.