Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 05 No. 131 vendredi 30 avril 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CDD-7
JEUDI 29 AVRIL 1999
A la CDD-7, les Comités de rédaction I et III ont achevé leurs
travaux sur les thèmes du tourisme et de la consommation et de
la production, l'établissement d'un groupe d'experts sur
l'énergie, et d'autres projets de décisions. Le Comité de
Rédaction II poursuivit jusqu'à une heure tardive de la soirée,
ses travaux sur le thème des océans et des mers. Les informelles
sur le thème des PEID ont résolu la plupart des questions en
suspens.
LE COMITE DE REDACTION I
LE TOURISM: Les délégués terminèrent les négociations autour de
la décision sur le tourisme. Deux paragraphes devaient être
élaborés sur le tourisme sexuel et les mécanismes
institutionnels de son traitement. Au sujet du premier point, le
libellé appèle à une action forte et appropriée, à travers
l'élaboration et la mise en application de législations /
mesures spécifiques contre toute activité touristique illicite,
abusive ou exploitatrice, y compris l'exploitation / l'abus
sexuel(le), et à travers la reconnaissance que de telles
activités exercent un impact particulièrement adverse et posent
d'importantes menaces d'ordre social, sanitaire et culturel, et
que tous les pays ont un rôle à jouer dans les efforts visant à
les endiguer. Concernant le voyage individuel vers les
destinations touristiques, le libellé appèle à la mise en place
de mesures appropriées permettant de mieux informer les
touristes sur les valeurs culturelles, écologiques et autres et
la mise à disposition d'une information précise concernant la
sûreté des destinations touristiques, pour permettre aux
consommateurs de choisir de manière éclairée. Les délégués
devaient adopter par ailleurs un nouveau paragraphe exhortant
les gouvernements: à participer dans des processus
internationaux et régionaux traitant de sujets pertinents au
développement touristique durable; à considérer la ratification
ou l'adoption et, le cas échéant, à promouvoir la mise en
application des normes ou des directives touchant à l'industrie
du voyage et du tourisme, telles que celles relatives aux
secteurs de l'emploi et de la santé; et à soutenir, notamment à
travers les organisations telles que l'OIT et l'OMS, les
initiatives susceptibles d'apporter une contribution positive au
développement touristique durable.
LA CONSOMMATION ET LA PRODUCTION: Les négociateurs se réunirent
à titre informel pour résoudre les questions en suspens dans le
texte de compilation sur le thème du changement des modes de
consommation et de production. Concernant l'attention
particulière devant être accordée aux modes de consommation non
viables, les négociateurs s'accordèrent sur une référence aux
"couches les plus aisées de tous les pays et en particulier des
pays industrialisés." Au sujet des effets de l'urbanisation, les
négociateurs s'entendirent sur la suppression de la phrase
portant sur le rôle de l'expérience et des ressources des pays
industrialisés. Au sujet de l'engagement des secteurs économique
et industriel public et privé, les négociateurs se sont mis
d'accord sur l'élaboration de stratégies et de programmes
d'optimisation incluant des objectifs clairs et des calendriers
précis. Concernant l'élaboration et l'application de politiques
efficaces, les négociateurs approuvèrent un nouveau sous-
paragraphe sur la nécessité de s'assurer que les mesures
tiennent compte des délibérations en cours dans les fora
pertinent. Les références aux Commissions de l'OMC furent
supprimées dans le sous-paragraphe portant sur l'information
concernant l'impact environnemental des produits et services et
encourageant le recours volontaire et transparent à l'éco-
étiquetage. Le Comité de Rédaction I devait se réunir de nouveau
pour adopter le texte sur le changement des modes de
consommation et de production avec les amendements introduits
durant les négociations informelles.
LE COMITE DE REDACTION II
Au sujet de la mise en place d'un mécanisme d'échange
d'information à l'appui du Plan d'Action Mondial (PAM) pour
mettre à la disposition des décideurs les données, l'expérience
et l'expertise technique, le porte-parole du G-77/CHINE suggéra
d'inclure le libellé approuvé par la SE/AGNU sur le transfert
des technologies écologiquement rationnelles. Des variations
furent introduites par l'ISLANDE, le CANADA, les ETATS-UNIS et
l'UE quant au libellé portant sur le rôle du PAM en tant que
moyen de revitalisation du programme des mers régionales du
PNUE. Au sujet de la compréhension scientifique de
l'environnement marin, y compris des ressources marines
vivantes, l'ISLANDE proposa d'inclure une "évaluation des effets
socio-économiques de la pollution marine." Concernant
l'encouragement du 'GESAMP' à entreprendre de nouvelles actions,
tel que recommandé par la décision 4/15 de la CDD, le délégué
des ETATS-UNIS nota le manque de suivi des décisions de la CDD
par le 'GESAMP'. S'agissant de la collecte de données
océanographiques fiables à travers les systèmes d'observation,
de suivi et d'évaluation, le G-77/CHINE, appuyé par la CHINE
mais contré par les ETATS-UNIS et l'AUSTRALIE, indiqua qu'il
n'était pas nécessaire de se référer de manière spécifique au
Réseau Mondial de Suivi des Récifs Coralliens.
Au sujet de l'invitation de la FAO à renforcer son suivi
mondial
des stocks halieutiques en coopération avec les organisations
régionales de pêche (ORP), le MEXIQUE nota que cela devait
s'effectuer en coopération avec les Etats membres et dans le
cadre des compétences des ORP. Concernant les risques
environnementaux et les préjudices potentiel associés au
transport maritime, en particulier dans les zones écologiquement
sensibles, le G-77/CHINE, appuyé par la RUSSIE et contrée par la
TURQUIE et le CANADA, indiqua que le Groupe ne voyait pas de
valeur ajoutée dans le libellé. La CHINE souhaita avoir une
clarification des termes "zones écologiquement sensibles." Les
délégués devaient par ailleurs s'accorder sur une recommandation
invitant tous les Etats à appliquer les régulations de l'OMI
pour la prévention des collisions en mer, aux fins de réduire
les risques environnementaux et les préjudices potentiels
associés au transport maritime, en particulier lors du transit
des zones écologiquement sensibles.
L'UE, le JAPON, le PANAMA, le MEXIQUE, l'ISLANDE, la REPUBLIQUE
DE COREE, l'ARGENTINE, le CANADA et les ETATS-UNIS appuyèrent un
libellé alternatif sur la lutte contre la pêche illicite, non
déclarée ou irrégulière, soutenant la priorité accordée par la
FAO à l'élaboration d'un plan d'action mondial permettant de
traiter efficacement toute forme de pêche illicite, non déclarée
ou irrégulière. Le PANAMA, appuyé par le MEXIQUE, les ETATS-
UNIS, l'ISLANDE, la REPUBLIQUE DE COREE et le CANADA mais contré
par l'AUSTRALIE et la NORVEGE, proposa de remplacer "navires de
pêche battant pavillons de complaisance" par "navires de pêche
opérant sous les pavillons des Etats qui n'assument pas leurs
responsabilités dans le domaine du droit international en
matière de flotte de pêche."
Au sujet des schémas d'amélioration de la mise à disposition
des
consommateurs, des données sur la viabilité des pêches et leur
impact sur les pays en développement sous la juridiction
desquels elles sont effectuées, l'AUSTRALIE, appuyée par l'UE et
le MEXIQUE, proposa de se focaliser sur l'amélioration de
l'information du consommateur et de sa disponibilité. Le G-77/
CHINE, la REPUBLIQUE DE COREE et la CHINE y firent objection et
suggérèrent de supprimer le paragraphe. Le Président suggéra de
noter dans la décision que la CDD a discuté du sujet dans
parvenir à un consensus. Le G-77/CHINE, appuyé par les ETATS-
UNIS, présenta une proposition appelant la communauté
internationale à soutenir les efforts nationaux en matière
d'accès à l'information sur les ressources et l'élaboration de
politiques appropriées à l'exploitation des ressources non
vivantes des zones économiques exclusives. Le MEXIQUE nota que
l'aide doit avoir lieu "sur requête de l'Etat concerné."
Au sujet des autres ressources marines vivantes, le G-77/CHINE
appela les ORP et les organisations régionales de la protection
environnementale des mers à coopérer dans l'intégration
effective de la gestion des pêches et dans les mesures de la
conservation de l'environnement. La CHINE supprima une référence
appelant les parties à accorder une attention au "développement
et de l'application de l'approche basée sur les écosystèmes."
La NORVEGE, le CANADA et l'AUSTRALIE appuyèrent "l'approche
basée sur les écosystèmes." L'UE déclara qu'il ferait part de
ses réserves sur le papier entier si la référence venait à être
supprimée. Le Président déclara que la décision notera que
plusieurs délégations ont souligné l'importance de l'approche
basée sur les écosystèmes dans ce contexte et que plusieurs
autres ont fait part de leur incapacité d'accepter ce lien.
Le JAPON et la RUSSIE firent objection au libellé portant sur
le
trafic des déchets dangereux. L'UE appuya l'idée d'inclure un
libellé sur la Convention de Bâle. Les ETATS-UNIS proposèrent
des références additionnelles à la Convention sur la Sécurité et
la Gestion des Combustibles Liquides et au Code des Comestibles
Irradiants. Les délégués se mirent d'accord pour appeler les
Etats à adhérer à la Convention de Bâle et à appliquer les
instruments régionaux qui s'y rapporte et pour noter qu'ils ont
débattu, sans parvenir à un accord, de la question du droit des
Etats à interdire le trafic et des instruments additionnels en
rapport. L'ISLANDE présenta les résultats de ses consultations
sur la question des subventions, appelant à l'évaluation des
aspects positifs et négatifs de caisses de compensation et
exhortant les membres de l'OMC à honorer leurs obligations. Le
G-77/CHINE y fit objection. L'ISLANDE demanda que la décision
mentionne que le sujet a été débattu. L'AUSTRALIE souligna que
les subventions menaient à la sur-pêche et aux pratiques non
viables et que l'Agenda 21 était susceptible de faire avancer
les choses.
Le Groupe de Rio et le Groupe du Pacifique Sud (SOPEC)
distribuèrent un papier officieux, basée sur les consultations
informelles, suggérant à la CDD de proposer qu'un groupe de
travail de composition non limitée soit établi sous l'égide de
l'AG pour faciliter la considération du thème des océans.
L'EGYPTE, le JAPON et la CHINE déclarèrent qu'ils n'étaient pas
préparer à travailler sur papier officieux. Les ETATS-UNIS,
l'UE, le CANADA, MALTE, l'AFRIQUE DEU SUD et d'autres appuyèrent
l'examen du papier officieux. Le président rapporta qu'une
discussion à l'heure du déjeuner a permis d'identifier un
certain nombre "d'aspects pratiques" concernant la composition
de ce groupe, en terme d'experts, de pays, de calendrier, de
finance, d'ouverture aux principaux groupes sociaux, et de
participation des petits états. Les commentaires portèrent sur
la nécessité d'une position rationnelle quant à l'accès des ONG
aux travaux de l'AG (EGYPTE et CHINE), l'importance de la
participation des principaux groupes sociaux (CANADA et UE), et
l'intérêt du segment de haut niveau à l'égard de cette question
(UE et PAPOUASIE NOUVELLE GUINEE). La plupart des orateurs
firent part de leurs réserves concernant les implications
budgétaires. La REPUBLIQUE DE COREE suggéra de noter les aspects
pratiques et de laisser à l'AG la décision concernant la
création de ce groupe. Sur la base du projet de texte du GTSI,
l'EGYPTE, appuyée par l'INDE, proposa que suite au rapport du
Secrétaire Général à l'AG contenant des suggestions concernant
l'amélioration de la coordination et le renforcement de
l'efficacité des Sous-Commissions de la CAC sur les Océans et
les Littoraux, l'AG procède à l'examen des voies et moyens
d'améliorer l'efficacité. Sur la base de cette discussion et de
la consultation qui s'en suivi, le MEXIQUE présenta une révision
du papier officieux, recommandant que l'AG établisse un
processus consultatif informel de composition non limité et de
décrire les principes et les aspects pratiques. Le JAPON et la
REPUBLIQUE DE COREE appuyèrent la proposition. L'EGYPTE déclara
qu'elle était encore en consultation sur ce sujet. L'UE suggéra
d'établir un point final au processus, moment où il doit être
évalué. Les consultations se poursuivirent jusque durant la
troisième lecture du projet de décision sur le thème des océans
et des mers, en séance nocturne.
LE COMITE DE REDACTION III
Le G-77/CHINE rapporta que les consultations informelles ont
résolu les questions en suspens touchant au projet de décision
sur les initiatives volontaires. Le G-77/CHINE proposa d'amender
la décision parrainée par l'UE sur la sensibilisation, la
conscientisation publique et la formation et requit un délai
pour la tenue de consultations informelles. Concernant la
décision sur les préparatifs de l'évaluation de l'Agenda 21 et
du Programme de la Suite de la Mise en uvre de l'Agenda 21, le
G-77/CHINE déclara qu'il n'était pas certain de l'opportunité de
commencer le processus de préparation à la CDD-8 et suggéra que
les préparatifs pouvaient démarrer aux GTSI. L'orateur proposa
une formulation alternative aux paragraphes adressés au
Secrétaire Général et aux gouvernements. Le paragraphe
alternatif requiert du Secrétaire Général de présenter, pour
examen à la CDD-8, un rapport préliminaire renfermant, entre
autres, des suggestions sur la forme, le champ d'application et
le caractère que doit revêtir le processus préparatoire de
l'évaluation. L'UE déclara souhaiter voir les ministres accorder
un peu de temps � cette question � la CDD-8. Le G-77/CHINE et le
MEXIQUE introduisit un projet de d�cision sur l'information
fournie par les gouvernements et l'�change d'exp�riences
nationales. L'UE demanda un d�lai pour la consid�ration du
projet de texte. Le Secr�tariat de la CDD nota que le texte du
G-77/ Chine pouvait avoir des implications budg�taires.
Le Comit� de R�daction III se r�unit de nouveau dans la soir�e
pour adopter les d�cisions sur: les pr�paratifs de la CSD-9
consacr�e au th�me de l'�nergie; la sensibilisation, la
conscientisation du public et la formation; et les pr�paratifs
de l'�valuation de l'Agenda 21 et du Programme de la Suite de la
Mise en uvre de l'Agenda 21. Les n�gociateurs devaient examiner
�galement la d�cision sur l'Information Fournie par les
Gouvernements et l'Echange des Exp�riences Nationales, propos�e
par le G-77/Chine et le Mexique. Le MEXIQUE amenda la d�cision
pour demander que le PNUE "examine les possibilit�s d'aider" les
pays en d�veloppement dans l'�laboration, la traduction et la
diffusion de leurs rapports nationaux. L'EGYPTE nota qu'une
invitation aux gouvernements � soutenir le travail du
Secr�tariat sur les nouveaux "Profils des Pays," � travers la
mise � disposition de contributions volontaire, risquait de
cr�er un lien ind�sirable rattachant l'application � la
fourniture de contributions volontaires. Le d�l�gu� proposa une
suppression partielle du libell�. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS
d�clara qu'il ne pouvait appuyer le paragraphe sans la r�f�rence
aux contributions volontaires. Les n�gociateurs s'accord�rent
sur une nouvelle formulation demandant au Secr�tariat de la CDD
de prendre les mesures n�cessaires � l'�laboration de la
nouvelle version des "Profils des pays."
A SUIVRE AUJOURD'HUI
L'ORGANE PREPARATOIRE DE LA SESSION SUR LES PEID: Les d�l�gu�s
se r�uniront, durant la matin�e, en tant qu'organe pr�paratoire
de la Session Extraordinaire consacr�e au PEID.
PLENIERE DE CLOTURE: Les d�l�gu�s sont susceptibles d'adopter,
dans le courrant de l'apr�s-midi, l'ordre du jour provisoire de
la CDD-8 et du rapport de la CDD-7. Imm�diatement apr�s la
cl�ture des travaux de la CDD-7, la CDD-8 se r�unira pour
proc�der � l'�lection de son Bureau.
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