Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 05 No. 129 mercredi 28 avril 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CDD-7
MARDI 27 AVRIL 1999
Les délégués près de la CDD-7 ont achevé la première lecture de
leurs décisions concernant les thèmes de l'énergie et des océans
et la seconde lecture de leurs décisions concernant les thèmes
du tourisme et des modes de consommation et de production. Des
consultations informelles sur les questions en suspens dans la
décision portant sur les PIED devaient également avoir lieu.
LE COMITE DE REDACTION I
LE TOURISME: Le Comité de Rédaction I, présidé par Navid Hanif
(Pakistan), poursuivit l'examen des propositions d'amendements
et d'une lettre émanant du Président de la CDD-7, Upton,
invitant les délégations à considérer un certain nombre de
points tirés des conclusions du segment consacré au thème du
Tourisme. Au sujet du programme de travail sur le tourisme
durable, l'UE s'opposa à une proposition du G-77/CHINE appelant
à remplacer la référence à la coopération avec les Parties
intéressées par une référence à la tenue d'une "consultation"
avec les ces mêmes parties. L'UE inséra en guise de préambule,
une note d'appréciation à l'endroit du dialogue entre les
différents concernés et des progrès réalisés par les principaux
groupes sociaux dans la promotion du tourisme durable. Le
Président invita les participants à considérer l'opportunité de
faire part de leur satisfaction à l'égard des initiatives de
l'industrie, tel que noté dans les conclusions du segment
consacré au thème du Tourisme. L'UE introduisit un certain
nombre des sous-alinéas appelant à une action gouvernemental. Le
porte-parole du G-77/CHINE préféra le terme "encourager" au lieu
du terme "appeler" les gouvernements à entreprendre des mesures.
Dans le sous-paragraphe proposé par l'UE concernant la mise en
place du cadre juridique, économique, social et environnemental
approprié, le délégué des ETATS-UNIS, soutenu par celui de la
RUSSIE, nota les difficultés posées par la promotion des audits
écologiques et de l'étiquetage. Le G-77/CHINE supprima les
références spécifiques à certains éléments de l'éventail
d'instruments.
Le G-77/CHINE fit part de sérieuses difficultés que lui pose le
sous-paragraphe proposé par l'UE concernant l'exploitation des
femmes et des enfants, en particulier, à travers le tourisme
sexuel, et concernant l'application des normes de travail de
l'OIT dans le secteur du tourisme. Le BRESIL déclara que ces
sujets étaient en cours d'examen dans d'autres fora. Le G-
77/CHINE proposa un nouveau libellé encourageant les
gouvernements à tenir des consultations avec les principaux
groupes sociaux, à tous les niveaux, sur le processus de
développement du tourisme. Le CANADA introduisit un libellé
invitant les gouvernements à entreprendre un travail de
renforcement des capacités au profit des populations indigènes
et des communautés locales aux fins de s'assurer de la
transparence dans les prises de décision.
Concernant l'industrie du tourisme, le G-77/CHINE, contré par
les ETATS-UNIS, proposa la suppression du "suivi" des
initiatives volontaires dans le secteur du tourisme. Le G-
77/CHINE proposa un nouveau libellé encourageant l'industrie à
développer, dans le cadre des stratégies nationales, des formes
de tourisme écologiquement, socialement et culturellement
rationnelles et à poursuivre les initiatives volontaires,
gardant à l'esprit qu'elles ne sont pas des substituts à la
régulation. Au sujet de la nécessité de se baser sur le travail
réalisé par les Nations Unies, Le G-77/CHINE, contré par l'UE,
proposa la suppression de la référence au "Plan d'Action de la
Barbade." Le G-77/CHINE proposa un nouveau libellé appelant à
clarifier les termes tourisme durable et éco-tourisme. Les
ETATS-UNIS et l'UE apportèrent leur appui à la nécessité de
clarifier le concept du tourisme durable. Au sujet du
renforcement des capacités, le G-77/ CHINE proposa l'adjonction
de l'aide financière et technique "multilatérale et bilatérale"
et des "technologies appropriées" pour tous les aspects du
tourisme.
L'UE, appuyée par les ETATS-UNIS, s'opposa à une proposition du
G-77/CHINE appelant à faire référence aux catastrophes
naturelles dans le paragraphe consacré aux échanges
d'information. L'UE, appuyée par les ETATS-UNIS et la RUSSIE,
proposa de combiner les libellés portant sur l'élaboration des
indicateurs du tourisme durable, en tenant compte du travail
réalisé par l'OMC. Le G-77/CHINE y fit objection. Le délégué des
ETATS-UNIS proposa une participation des différents concernés
dans l'élaboration des indicateurs. Au sujet de l'évaluation
exhaustive des initiatives volontaires, le délégué des ETATS-
UNIS proposa la suppression des références au processus de la
CDD-6 concernant les initiatives volontaires. Le CANADA ajouta
un libellé notant que l'évaluation était en cours de réalisation
avec pour objectif l'amélioration de la prise de conscience.
L'UE apporta son appui aux deux amendements. Le délégué des
ETATS-UNIS proposa d'éliminer le sous-paragraphe portant sur
l'élaboration d'un ensemble de lignes directrices pour le
développement durable du tourisme. Le G-77/CHINE fit part de ses
réserves concernant la proposition de texte de l'AUSTRALIE et de
l'UE sur la réduction des effets environnementaux associés au
secteur du voyage et du tourisme. Le CANADA ajouta un libellé
invitant les agences et notamment l'OMI, à mener des
investigations sur la suffisance des régulations et des mesures
de conformité disponibles en matière de pollution marine.
LES MODES DE CONSOMMATION ET DE PRODUCTION: Le Comité de
Rédaction I devait procéder, l'après-midi, à l'examen de la
compilation des amendements. L'UE préféra limiter les références
à l'Agenda 21, au préambule. Le CANADA introduisit un nouveau
préambule avec des références à l'Agenda 21, à la SE/AGNU, aux
responsabilités communes mais différentiées, aux finances et
transfert des TER, et notant qu'une consommation et une
production durables peuvent réduire les coûts et améliorer la
compétitivité.
Dans l'introduction, le G-77/CHINE ajouta un libellé notant que
les pays industrialisés montreront l'exemple et insista sur le
maintien de la référence aux "pays en développement touchés
négativement par le processus." Le G-77/CHINE fit, par ailleurs,
objection à une phrase proposée par l'UE notant l'importance
particulière du consommateur aisé. L'UE et les ETATS-UNIS
appuyèrent l'appel aux pays industrialisés plutôt que les pays
en développement à montrer l'exemple. Le G-77/CHINE fit
objection au terme "industrialisés" et aux amendements
introduits par l'UE et appelant à soutenir les "objectifs du
développement international" et les gouvernements assurant des
normes minimales en matière de consommation. Les délégués
s'accordèrent finalement sur un libellé stipulant que "les
gouvernements doivent s'assurer de la satisfaction des besoins
de base des populations."
Concernant les priorités du travail futur, le G-77/CHINE
suggéra
de supprimer l'appel à la revue des modes de consommation dans
des "secteurs économiques spécifiques" et déclara que la revue
doit être menée "dans le respect" des objectifs et principes
généraux des modes durables de consommation et de production. Le
CANADA, appuyé par l'AUSTRALIE, y fit objection et insista que
la revue doit être "connectée aux" objectifs et principes
généraux. Au sujet de l'élaboration et de l'application de
politiques efficaces et en réaction à la référence proposée par
le G-77/CHINE et appelant à une action "tenant compte du
principe des responsabilités communes mais différenciées," le
délégué des ETATS-UNIS suggéra de placer les références aux
principes retenus dans la Déclaration de Rio dans le préambule.
La CHINE, appuyée par la BOLIVIE, y fit objection. Le G-77/CHINE
s'opposa à l'appel de la NORVEGE en faveur "d'une consommation
et d'une production compatibles avec les moyens dont on dispose
et écologiquement rationnelles." Concernant la référence à
l'appel en faveur d'un éventail de politiques à cette fin, le G-
77/CHINE proposa que les accords et les initiatives volontaires
soient "appliqués en tenant compte des conditions spécifiques
des différents pays." Le MEXIQUE et le BRESIL proposèrent
d'ajouter une référence à la Commission de l'OMC chargée
d'examiner les Barrières Techniques au Commerce dans le libellé
appelant à des approches politiques tenant compte des
délibérations de la Commission de l'OMC sur le Commerce et
l'Environnement.
LE COMITE DE REDACTION II
LES OCEANS: Le Comité de Rédaction II, présidé par Alan Simcock
(Royaume-Uni), procéda, durant la matinée, à l'examen du thème
des océans. Au sujet des activités terrestres, le G-77/CHINE
requit la suppression du libellé accueillant favorablement les
décisions du Conseil d'Administration du PNUE concernant
l'application du Plan d'Action Mondial (PAM). L'UE déclara que
ces décisions ont besoin d'être "endossées" au lieu d'être
"accueillies favorablement." Le délégué des ETATS-UNIS proposa
un libellé notant les potentialités offertes par les réunions
sur le partenariat régional pour la mobilisation des ressources
et des efforts en faveur du PAM. Le G-77/CHINE proposa un appel
à la mise à disposition de l'expertise et ressources adéquates,
sous des termes concédés et préférentiels, en faveur des pays en
développement pour l'élaboration et la production des
alternatives aux produits organiques persistants. Le CANADA fit
objection à la référence à des "termes concédés et
préférentiels." L'UE suggéra d'accueillir favorablement la
poursuite du travail international dans le domaine de la
réduction des déversements, émissions et écoulements des
substances dangereuses.
Concernant la science marine, l'UE proposa de donner au
'GESAMP'
les moyens d'interagir avec les ONG et avec les représentants
scientifiques des gouvernements. L'AUSTRALIE nota l'importance
de la collecte des données mise à disposition par le Réseau
Mondial du Suivi des Récifs Coralliens et par le Système Mondial
d'Observation des Océans. L'UE ajouta un libellé notant la
valeur du travail accompli par les comités scientifiques des
organisations de pêche existantes. Au sujet de l'impact de
'l'Oscillation Méridionale d'El Niño' (ENSO), le CANADA suggéra
de faire référence à la "variabilité atmosphérique due aux
océans," l'AUSTRALIE proposa "d'évaluer" les dommages causés par
l'ENSO, et le délégué des ETATS-UNIS ajouta une référence à
l'impact exercé sur les écosystèmes des récifs coralliens. Au
sujet de l'amélioration des connaissances des stocks
halieutiques, l'UE suggéra que la FAO renforce son suivi mondial
des stocks halieutiques. Le JAPON proposa que la revue des
systèmes soit menée par les pairs scientifiques "là où il serait
approprié." Au sujet du libellé portant sur la pollution marine,
une nouvelle formulation proposée par l'UE appela à encourager
les Etats de pavillons à appliquer les accords internationaux
sur les normes maritimes, à demander à l'OMI d'élaborer un
instrument contraignant et de préparer des critères de contrôle,
et à soutenir les efforts de l'OMI visant à mettre en place des
réseaux régionaux de contrôle. Les ONG, appuyées par la RUSSIE,
proposèrent d'inviter l'OMI à mettre en place un mécanisme
juridique permettant de s'assurer que tous les Etats de
pavillons veilleront à ce que tous les navires battant leurs
pavillons respectent les normes internationales et à élaborer un
instrument contraignant pour l'enregistrement des navires. Le G-
77/CHINE ajouta un libellé réitérant le droit des Etats à
interdire le trafic transfrontalier des déchets dangereux dans
le cadre de sa juridiction et notant la nécessité de mettre à
disposition l'expertise et les ressources adéquates, à des
termes concédés et préférentiels, pour le développement des
alternatives aux peintures toxiques. Le CANADA plaça entre
crochets la phrase "à des termes concédés et préférentiels." Le
G-77/CHINE proposa l'International Seabed Authority élabore un
code pour les activités minières plutôt que des propositions
pour la protection de l'environnement marin contre l'impact de
l'exploration des fonds marins et des activités minières qui s'y
opèrent. L'UE ajouta un libellé appelant l'OMI à se pencher sur
la question de l'éraflement des navires.
Au sujet de la coopération et coordination internationales, le
CANADA appela également à la "collaboration", l'UE proposa
d'annexer le papier de position, et le MEXIQUE, la PAPOUASIE
NOUVELLE GUINEE et le G-77/CHINE indiquèrent que délais était
nécessaire pour la clôture des consultations officieuses.
D'autres commentaires inclurent une note introduite par
l'AUSTRALIE stipulant que, lorsqu'elles sont gérées de manière
viable, la pêche et l'aquaculture sont en mesure de contribuer
de manière significative à la sécurité alimentaire et à
l'engendrement de revenus. Le délégué des ETATS-UNIS appela à
une aquaculture, notamment celles des crevettes, gérées de
manière écologiquement rationnelle.
LE COMITE DE REDACTION III
Le Comité de Rédaction III, présidé par George Talbot (Guyane),
procéda à l'examen des propositions de l'ECOSOC concernant les
préparatifs de la CDD-9 consacrée aux questions touchant au
thème de l'énergie (E/CN.17/1998/8) et se penchèrent
spécifiquement sur la décision de la SE/AGNU appelant à ce que
les préparatifs utilise un groupe d'experts intergouvernemental
sur l'énergie et le développement durable. L'UE souhaita voir
les choses avancer rapidement, notamment pour ce qui est de la
nomination des copr�sidents du groupe d'experts. Le G-77/CHINE
souleva les questions de participation et de contribution,
notamment la participation des experts des pays en
d�veloppement. La NORVEGE appela � clarifier un certain nombre
de points, notamment au niveau du budget et des arrangements
permettant de s'assurer de participation ad�quate des pays en
d�veloppement, et, appuy�e par le G-77/CHINE et l'UE, proposa de
pr�ciser le caract�re "ad hoc" du Groupe d'Experts
Intergouvernemental de composition non limit�e, pour bien
souligner la dur�e limit�e impartie � ses travaux. L'oratrice
proposa �galement que l'adh�sion soit "ouverte � tous les pays
repr�sent�s aux Nations Unies." R�pondant au G-77/ CHINE, le
Secr�tariat expliqua que l'intention de l'AG �tait que le groupe
intergouvernemental doit se r�unir s�par�ment mais � la suite
des GTSI de la CDD. Le G-77/CHINE affirma que des "d�bats de
fonds" d�s la premi�re r�union de ce Group d'Experts seraient
pr�matur�s. L'UE d�sapprouva. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS, contr�
par l'EGYPTE, proposa que la seconde session du Groupe s'�tale
sur une semaine. Le G-77/CHINE, appuy� par l'UE, proposa un
paragraphe r�vis�, invitant la Commission sur l'Energie et les
Ressources Naturelles au Service du D�veloppement � transmettre
un rapport � la CDD. The EU fit objection � une proposition du
G-77/CHINE appelant � supprimer le paragraphe o� l'on se
f�licite de l'intention des entit�s des Nations Unies d'apporter
des contributions actives au groupe d'experts. Le d�l�gu� des
ETATS-UNIS proposa de placer ce libell� dans le pr�ambule.
Concernant les organisations des Nations Unies travaillant �
l'�laboration des documents � soumettre � la consid�ration du
Group d'Experts, la Norv�ge sugg�ra d'ins�rer des paragraphes
sur le financement de la participation des repr�sentants des
principaux concern�s.
DANS LES COULOIRS
Compte tenu des d�saccords persistants marquant les
consultations informelles sur la revue de l'application du Plan
d'Action de la Barbade concernant l'impact de la mondialisation
et de la lib�ralisation du commerce sur les PEID, le Pr�sident a
�labor� un texte tentant de concilier les deux alternatives. Le
projet de texte du Pr�sident contient encore des libell�s
crochet�s portant sur les avantages �ventuels d�coulant de la
mondialisation et de la lib�ralisation du commerce, pour les
PIED, et sur le r�le de la communaut� internationale dans la
facilitation de l'int�gration des PEID dans le syst�me
�conomique mondial. Un observateur a noter que ce point est l'un
des principaux sujets de pol�mique et que sa r�solution
permettrait de rapprocher la cl�ture des pr�paratifs de la
Session Extraordinaire.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
COMITES DE REDACTIONS: Le Comit� de R�daction I se r�unira �
titre officieux, le matin, pour se pencher encore sur le th�me
du tourisme, et de nouveau dans la soir�e, pour examiner le
th�me de la consommation et de la production. Le Comit� de
R�daction II entamerait, au cours de la matin�e, l'examen du
texte de compilation sur le th�me des oc�ans. Le Comit� de
R�daction III doit �galement se r�unir au cours de la journ�e.
EVENEMENTS SPECIAUX: Consultez 'CSD Today' pour les d�tails
concernant les manifestations en marge de la conf�rence pr�vues
dans la journ�e.
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