Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 05 No. 127 lundi 26 avril 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CDD-7
VENDREDI 23 AVRIL 1999
Le segment de haut niveau devait, le matin, servir de comité
préparatoire pour la session extraordinaire consacrée aux PEID,
et l'après-midi, débattre des modes de consommation et de
production. Les délibérations se présentèrent sous la forme de
29 déclarations faites par des officiels gouvernementaux de haut
niveau, suivies par un dialogue interactif. En fin de journée,
le Président Upton donna lecture à son résumé du segment de haut
niveau.
PREPARATIFS DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE CONSACREE AUX PEID
LES DECLARATIONS: SAMOA, au nom de l'APEID, mit en exergue le
sens d'affiliation et de responsabilité caractérisant les PEID
concernant la mise en uvre du Programme d'Action (PA) de la
Barbade et souligna la nécessité du renouvellement des
partenariats et du soutien international. La BARBADE, au nom du
groupe CARICOM, qualifia le déclin enregistré au niveau de
l'APD, de sérieuse contrainte pour la mise en application. Le
délégué affirma toutefois qu'il était encouragé par le travail
entrepris sur les cadres institutionnels et politiques. Le
SURINAME fit part de son espoir de voir la session
extraordinaire s'accorder sur les objectifs à atteindre et les
sur les calendriers d'exécution.
L'APEID nota que les défis de la mondialisation, de la
libéralisation du commerce et de l'érosion des préférences
commerciales ont déstabilisé les capacités des PEID à être
efficacement compétitifs au sein du système du commerce
international. FIJI déclara que l'impact adverse de la
mondialisation menaçait de marginaliser davantage les PEID et
apporta son appui au maintien des préférences commerciales. La
NOUVELLE ZELANDE souligna que circonstances particulières des
PEID devaient être prises en compte dans la prochaine phase des
négociations de l'OMC. L'ILE MAURICE exhorta la CDD à plaider
pour un traitement spécial pour les PEID au sein du système du
commerce international. SAINTE LUCIE acceptait l'existence d'un
système financier, monétaire et commercial fondé sur des règles,
mais fit part de sa difficulté à s'accommoder d'un système qui
n'établit aucune distinction entre les différents acteurs.
L'oratrice assura que 'l'odeur des victimes finira par affecter
les vainqueurs." CUBA nota que les disparités sociales dans les
PEID se sont aggravées en raison de la mondialisation, de la
libéralisation du commerce et des modes de consommation non
viables des pays industrialisés. La COMMUNAUTE EUROPEENNE mit en
relief l'impératif de soutenir les efforts des PEID à participer
plus activement dans le système commercial multilatéral et
évoqua les partenariats avec le secteur privé comme moyen
d'accroître l'investissement privé et le transfert des
technologies.
L'ILE MAURICE appela à l'élaboration, dans les meilleurs
délais,
de l'index de vulnérabilité aux fins de faciliter l'accès des
PEID à des financements concédés dans le cadre de l'assistance à
la protection environnementale. Le délégué des MALDIVES souligna
la nécessité pour les organisations opérant dans le domaine du
développement d'aller au-delà de l'APD dans leur détermination
des besoins en matière d'assistance. La NOUVELLE ZELANDE appela
les Nations Unies à reconnaître la vulnérabilité comme critère
de détermination des pays les moins avancés (PMA) pour permettre
aux PEID de bénéficier de financements concédés. FIJI appela à
un soutien en faveur des PEID dans la détermination de leur
index de vulnérabilité.
La GRENADE mit en exergue la vulnérabilité des PEID aux
catastrophes naturelles et proposa la création d'un Fonds
Permanent d'Aide en Cas de Catastrophe, avec un soutien
international. Le représentant des ILES MARSHALL souligna la
menace posée aux PEID par l'évolution climatique et l'élévation
du niveau des mers. Le délégué des ETATS-UNIS qualifia le
développement et le financement durable de l'énergie
renouvelable de question clé pour les PEID, et souhaita voir
s'ouvrir des voies permettant d'utiliser le Mécanisme pour un
Développement Propre à l'avantage des PEID.
Le délégué des MALDIVES appela les pays donateurs à réaffirmer
leurs engagements ouvrant la voie à la session extraordinaire.
La BELGIQUE, au nom de l'UE, déclara que les efforts des PEID
visant à mettre en place des stratégies de développement durable
doivent mener une utilisation plus efficace des ressources
nationales et régionales et à des programmes d'aide et doivent
englober des indicateurs et des repères de mesure clairs. La
COMMUNAUTE EUROPENNE souligna la nécessité d'améliorer la
coordination entre les différents bailleurs de fonds. La
BARBADE, au nom du groupe CARICOM, déclara que la réunion qui a
regroupé les PEID et les bailleurs de fonds a renforcé le
partenariat forgé à la Barbade.
LE DIALOGUE: John Ashe (Antigua et Barbuda) présenta un rapport
sur les négociations officieuses autour du projet de texte de la
CDD concernant les PEID. Il déclara que la principale question
en suspens était celle de la mondialisation et du commerce. Il
invita les participant à apporter leurs contributions concernant
les thèmes du mouvement trans-frontière des déchets dangereux,
du tourisme sexuel, et des références au PNB, de la mobilisation
des ressources et du déclin de l'APD.
Au sujet du droit des PEID à interdire un mouvement trans-
frontière de déchets dangereux dans leurs juridictions, Le
Président Upton nota que le texte proposé reproduisait celui du
PA. Le délégué des ETATS-UNIS déclara que son emplacement était
différent et mit en lumière les conflits potentiels avec
d'autres lois internationales. L'UE fit part de son hésitation à
entériner ce droit, notant que le texte doit être élaboré de
manière à refléter les événements des dernières cinq années. La
CHINE déclara que le libellé devait apparaître dans le document,
mais la manière et l'endroit requirent un autre débat.
L'AUSTRALIE fit part de sa confusion avec les hésitations
exprimées, notant que le texte stipulait que ce droit était
accepté "de manière compatible au droit international." Les ONG
appelèrent à l'interdiction du mouvement des cargos radioactifs
à travers les Caraïbes.
Concernant la mondialisation, l'ILE MAURICE nota que les PEID
n'étaient pas en mesures de participer pleinement aux
négociation du GATT et que les règles commerciales de l'OMC leur
posaient certaines difficultés. Le représentant des ILES
MARSHALL demanda si les règles de l'OMC s'appliquaient à tous
les pays, y compris ceux qui ne peuvent pas assister à ses
négociations. Au sujet de la vulnérabilité des PEID, la BANQUE
MONDIALE mit en relief trois types de vulnérabilité: la
vulnérabilité à l'aggravation de la baisse des revenus; la
vulnérabilité ciblée; et la vulnérabilité physique. L'orateur
ajouta que les institutions financières internationales doivent
être plus souples et plus stratégiques dans leur investissement,
reconnaître qu'un éventail plus large d'instruments financiers
est nécessaire, et canaliser leur investissement vers les
vulnérables. La NORVEGE fit état de sa collaboration avec les
PEID dans l'élaboration de l'index de vulnérabilité. La
représentante de SAINTE LUCIE demanda à la Banque Mondiale si
elle envisageait de consulter les PEID lors de la mise en place
des mesures nécessaires. La BANQUE MONDIALE répliqua qu'elle le
fera. Le délégué des BAHAMAS nota le besoin d'établir une
distinction entre la considération du PNB ou du PIB, en terme de
vulnérabilité des PEID, lors de la détermination de
l'éligibilité pour des financements concédés. Nitin Desai,
déclara que, pour les PMA, la détermination doit refléter le PNB
ainsi que les indicateurs sociaux et infra structurels et la
vulnérabilité. L'APEI souligna l'importance de l'index de
vulnérabilité. Le porte-parole du G-77/CHINE déclara que les
vulnérabilités des PEID pouvaient être appréhendées par la mise
en lumière des principes fondamentaux du PA et de la Déclaration
de la Barbade.
Au sujet des ressources financières, l'INDE fit part de son
espoir de voir la session extraordinaire dégager des solutions
pour les contraintes entravant l'application du PA, et notamment
celle des ressources financières. La CHINE déclara que la
principale contrainte était le manque de ressources financières.
L'AUSTRALIE nota la nécessité de mobiliser les ressources, y
compris à travers le secteur privé, pour le soutien des états
insulaires. Parmi d'autres commentaires: l'objection de l'ARABIE
SAOUDITE à la proposition de texte appelant à des efforts dans
le domaine de l'efficience énergétique et de l'autosuffisante en
matière d'énergie. L'AUSTRALIE fit part de son désaccord sur ce
point. Le délégué des BAHAMAS exprima ses réserves quant aux
tentatives de réécriture du PA par l'introduction et les
exceptions introduites dans les engagements.
LES MODES DE CONSOMMATION ET DE PRODUCTION
LES DECLARATIONS: La REPUBLIQUE DE COREE appela l'ensemble des
pays à fournir des efforts concertés pour inverser les modes en
vigueur, soulignant que les pays industrialisés doivent être les
premiers à le faire. Le BRESIL indiqua que le principe de
responsabilités communes mais différencier doit guider le
changement à opérer dans les modes de consommation et de
production. Le BENIN déclara que les efforts internationaux
visant à traiter les modes de consommation et de production ne
pourront aboutir que si les pays prenaient s'engageaient dans
l'éradication de la pauvreté. La FINLANDE, au nom de l'UE, nota
la responsabilité des pays industrialisés dans la croissance de
la consommation dans le monde et souligna le besoin d'instaurer
des modes de consommation viables dans tous les pays tout en
améliorant le bien être dus pauvres. La SUEDE suggéra à la CDD
d'endosser les objectifs identifiés dans la version 1998 du
Rapport sur le Développement Humain, notamment au niveau du
chapitre sur les modes de consommation et de production, qui
inclut la réalisation d'un partage plus équitable des fardeaux
au plan international en matière de consommation durable.
La REPUBLIQUE TCHEQUE souligna la nécessité de poursuivre
l'élaboration des instruments politiques et leur application
pilote dans différentes situations et de promouvoir davantage
l'éco-efficacité, la production propre, l'éducation et la
sensibilisation de l'opinion publique. Le BENIN appela les pays
industrialisés à adopter des stratégies de la production propre,
le transfert des technologies écologiquement rationnelles et le
renforcement de la sensibilisation du consommateur. La
REPUBLIQUE DE COREE mit en exergue les potentialités de
l'Internet en matière d'information des consommateurs sur les
options vertes. L'UE mit en relief le rôle des médias, de la
publicité et de l'éducation dans la promotion de la consommation
durable et plaida pour le recours à un assortiment
d'instruments, y compris les initiatives volontaires. La SUISSE
nota l'utilité de l'éco-étiquetage volontaire pour la production
durable des biens de consommation, et de l'imposition des
sources d'énergie non renouvelable. Le BELARUS fit objection à
l'utilisation de normes écologiques pour la protection du
commerce. La REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE POPULAIRE DE COREE présenta
les pratiques économiques et commerciales internationales
inéquitables et les mesures de sanction comme étant des
obstacles majeurs quant au traitement des modes de consommation
et de production.
LE DIALOGUE: Au sujet de l'élaboration de politiques efficaces,
le délégué du DANEMARK déclara que son gouvernement demandait à
l'ensemble des états et des gouvernements locaux, de mettre en
place des politiques d'approvisionnement vertes. Gus Speth,
Administrateur du PNUD, mit en lumière les possibilités offertes
par les innovations technologiques, lesquels, ajouta-il doivent
être transférées aux pays en développement, et attira
l'attention sur l'initiative lancée conjointement par le PNUD et
l'EC sur "la Pauvreté et l'Environnement." La CHINE souligna
l'importance du transfert des technologies. L'UNESCO mit
l'accent sur celle de l'éducation. Les ONG firent part de leur
regret d'avoir eu à constater que certaines extensions proposées
pour les Directives relatives à la Protection du Consommateur
recommandées lors de la réunion de Sao Paulo en 1998, ont été
supprimées et exhortèrent les délégués à adopter les extensions
proposées. L'Industrie déclara qu'à son avis, la question des
modes de consommation et de production durables ne doit pas être
incluse dans les Directives et précisa que les la recommandation
des recommandations constituait une amélioration. Le Président
demanda à l'orateur si l'industrie était en train de fournir des
efforts en faveur de la durabilité des activités dans le domaine
des affaires. L'Industrie nota que la Chambre Internationale du
Commerce (CIC) était en train de cibler les PME dans les pays en
développement. Le Président demanda à la CIC de présenter à la
CDD-8, une mise à jour sur ses efforts.
L'AUSTRALIE nota que le texte des Directives n'appelait pas à
une action par les consommateurs ou par l'Industrie. L'EGYPTE
suggéra que le texte appèle à une action par les différents
détenteurs des enjeux, et notamment par les ONG. Navid Hanif
clarifia que la version d'origine des Directives employait une
approche fondée sur les droits, et que ni les ONG ni le monde
des affaires n'étaient en mesure de d'assumer les
responsabilités des gouvernements nationaux en matière de
sauvegarde des droits du consommateur. La NORVEGE souligna que
les entreprises doivent utiliser des repères et des indicateurs.
L'ARGENTINE demanda si la durabilité gagnait à être réalisée à
travers la r�gulation ou la d�r�gulation et sugg�ra que les pays
en d�veloppement commencent par la d�r�gulation. L'ARABIE
SAOUDITE recommanda de s'assurer que les instruments �conomiques
sont �quitables et que les pays en d�veloppement ne sont
victimes de quelque pr�judice d�coulant des politiques
appliqu�es dans les pays industrialis�s.
Concernant la mondialisation, le d�l�gu� des PAYS-BAS nota
l'utilit� des empreintes �cologiques pour le suivi des modes
de la consommation et de production dans les pays influents et
de leur impact sur la biodiversit�, les ressources naturelles et
l'�nergie. L'UE et les ONG sugg�r�rent de transmettre des
suggestions � la prochaine r�union minist�rielle de l'OMC.Le
porte-parole des Syndicats d�clara qu'il ne revenait pas � l'OMC
de prendre des questions environnementales. Le PAKISTAN proposa
l'�laboration de lignes directrices sur les modes de
consommation et de production pour les m�dias et l'industrie de
la publicit�. L'UE et la POLOGNE soulign�rent le r�le de l'�co-
�tiquetage dans la promotion des modes de consommation et de
production durables. Au sujet de l'urbanisation, l'IRAN d�clara
que tout d�bat de fond sur la question de l'�nergie doit �tre
pr�c�d� par un processus de collecte des donn�es. Il sugg�ra que
parmi les options possibles, l'expansion des utilisations de
captage et de retenue du dioxyde de carbone. Le DANEMARK mit en
relief les opportunit�s offertes en mati�re d'efficience, par le
recours � l'�nergie renouvelable.
IN THE CORRIDORS
Parmi les �l�ments susceptibles d'�tre int�gr�s dans les
projets
de d�cisions de la CDD soumis par le Danemark, l'invitation du
Secr�tariat de la CDD � �laborer un papier sur les modalit�s
n�cessaires � la conf�rence Rio+10, en 2002. Ces �l�ments ont vu
le jour sous forme de papier informel distribu� par les ONG � la
r�union minist�rielle officieuse, vendredi matin. Le projet
app�le � accorder une attention � la forme que doit prendre la
revue, � son champ d'application, au caract�re que doit rev�tir
le processus pr�paratoire et les termes de r�f�rence. Deux
�l�ments figurant dans le projet de texte d'origine des ONG ont
�t� abandonn�s, � savoir, celui sugg�rant d'accorder une
attention au lieu o� doit se tenir la conf�rence et celui
proposant qu'un groupe de personnes �minentes produisent les
th�mes de l'ordre du jour de Rio+10. Certaines ONG tiennent � ce
que la conf�rence se d�roule ailleurs qu'� New York.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PRESENTATIONS NATIONALES: Le Kenya, l'Islande et la Pologne
pr�senteront des expos�s nationaux durant la matin�e, suivi
l'apr�s-midi par le Panama et le Mexique. Les deux r�unions se
d�rouleront dans la Salle de Conf�rence 1.
COMITES DE REDACTION: Apr�s les pr�sentations nationales, les
comit�s de r�daction entameront leur travaux dans les Salles de
Conf�rence 1 et 2. Trois groupes de travail sont pr�vus sur les
th�mes de la consommation et production et du tourisme, des
oc�ans et des PEID, et de l'�nergie et des questions de
proc�dures. Des s�ances nocturnes sont possibles.
EVENEMENTS SPECIAUX: Consulter 'CSD Today' pour les
manifestations de la journ�e en marge de la conf�rence.
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