Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 05 No. 126 vendredi 23 avril 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CDD-7
JEUDI 22 AVRIL 1999
Trente officiels gouvernementaux de haut niveau ont présenté aux
délégués de la CDD-7 leurs déclarations sur le thème des océans
et des mers au cours des séances du matin et de l'après-midi du
Segment de Haut Niveau. Les participants devaient engager
ensuite un dialogue interactif sur les questions touchant à ce
même thème.
LES DECLARATIONS DE HAUT NIVEAU
Au sujet du Programme d'Action Mondial sur la Protection de
l'Environnement Marin contre les Activités Terrestre (PAM),
plusieurs orateurs devaient souligner l'importance de
l'accélération de la mise en uvre. La CHINE nota que le manque
de ressources financières et d'expertise manageriale
contraignait la capacité des pays en développement à appliquer
le PAM, ajoutant que les pays industrialisés se devaient de
faire montre d'une plus grande responsabilité en matière de
protection marine. L'UE indiqua que tous les états devaient
élaborer ou procéder à la revue de leurs programmes d'action
nationaux aux fins d'identifier les obstacles entravant
l'application du PAM. Le NIGERIA appela les agences
multilatérales, et notamment le FEM, à accorder une priorité aux
activités du PAM. La NORVEGE accueillit favorablement
l'établissement d'un bureau de coordination et d'un mécanisme
d'échange d'information à La Haye.
L'AFRIQUE DU SUD parla de la durabilité des ressources marines
et de son importance pour l'éradication de la pauvreté. Le
délégué des PHILIPPINES appela les pays industrialisés à prendre
les devants quant à l'amélioration des modes de consommation et
de production. Le Royaume Uni nota les effets de la combustion
des combustibles fossiles sur les récifs coralliens, qui
représentent un avertissement précoce des menaces de
réchauffement, de pollution et de surexploitation de la planète.
Le GROUPE DU PACIFIQUE SUD appela la CDD à soutenir l'Initiative
Internationale pour les Récifs Coralliens et l'application du
traité de Jakarta de la CDB. L'AUSTRALIE encouragea
l'élaboration et la mise en place de zone marines protégées dans
les eaux domestiques et en hautes mers.
Concernant les ressources marines vivantes, l'ISLANDE appuya le
travail de la FAO visant l'élaboration de lignes directrices
volontaires pour le domaine de l'éco-étiquetage des produits
halieutiques et souligna qu'elles doivent avoir une base
scientifique et être facilement vérifiables et appliquées de
manière transparente. La CHINE appela à des études, par la FAO,
pour s'assurer que l'éco-étiquetage ne donne pas lieu à des
barrières commerciales non tarifaire et pour évaluer les effets
éventuels sur les pays en développement. L'UE mit en relief les
mesures visant à faire respecter les limites durables dans
l'exploitation des stocks halieutiques spécifiques et à élaborer
des instruments internationaux, tels que des plans de réduction
des pêches secondaires. Le délégué des PHILIPPINES nota le
besoin de reconnaître que la réduction des subventions accordée
à la pêche restait nécessaire pour le traitement de la sur-
pêche. Le JAPON affirma que dans certains cas, les subventions
aidaient à réaliser les objectifs des politiques
socioéconomiques, contribuaient à la réduction des capacités de
pêche excessives et qu'elles ne devaient pas être singularisées
comme étant responsables des capacités de pêche excessives. La
COLOMBIE mit l'accent sur l'impératif de traiter les composantes
économiques et sociales de la conservation des ressources
marines vivantes. La PAPOUASIE NOUVELLE GUINEE déclara les
politiques régissant les activités minières dans les fonds
marins doivent reconnaître les intérêts de la pêche. L'ISLANDE
suggéra d'établir un groupe intergouvernemental sur la pollution
marine. L'INDE appela au soutien des pays en développement en
matière de renforcement des capacités pour augmenter les
connaissances scientifiques sur les océans.
L'AUSTRALIE apporta son appui à l'élaboration, par la FAO, d'un
plan d'action mondial pour la lutte contre les pêches illicites,
non déclarée et irrégulières. Le NIGERIA et la FRANCE appelèrent
la CDD et d'autres organes des Nations Unis à accorder une
priorité à cette lutte, en particulier contre les vaisseaux
opérant sous pavillons de complaisance. La NORVEGE déclara
qu'aucune nation ne doit autoriser l'utilisation de son pavillon
comme pavillon de complaisance et appela la CDD à encourager la
FAO à accorder une priorité à ce sujet.
Concernant la coordination et la coopération internationales sur
les questions touchant aux océans, l'UE mit en exergue la
nécessité d'une approche plus globale et plus coordonnée et du
recours aux arrangements et mécanismes disponibles. Le DANEMARK
appela à accroître l'efficacité des institutions existante et à
la volonté politique d'appliquer les accords. L'ISLANDE déclara
que les organes mondiaux ne doivent pas chercher à résoudre les
problèmes relevant de la gestion des pêcheries locales qui
nécessitent une action au niveau local. Le PORTGUAL proposa
qu'une évaluation des mandats et activités des agences des
Nations Unies liées aux océans soit soumise, l'année prochaine,
à l'Assemblée Générale (AG) avec les recommandations de la CDD.
Le CANADA proposa de tenir des réunions de haut niveau dans le
cadre de l'AG pour l'identification des lacunes et d'établir un
groupe d'experts sur les océans et la pêche. La FRANCE qualifia
les arrangements de suivi mondiaux existants opérés par les
organes des Nations Unies d'intervention par bribes, et avec
l'AUSTRALIE, le GROUPE DU PACIFIQUE SUD et d'autres, appela à la
mise en place d'un groupe de travail de composition non limité
devant se réunir annuellement pour faire des recommandations à
l'AG. La PAPOUASIE NOUVELLE GUINEE précisa que le groupe de
travail proposé par le Groupe du Pacifique Sud doit utiliser les
institutions et les ressources financières disponibles et
s'assurer de la participation des principaux groupes sociaux. Le
MEXIQUE appela à son tour à une large participation au sein du
groupe de travail ouvert. La COLOMBIE indiqua qu'il est
important d'éviter la création de nouveaux mécanismes
bureaucratiques avec des implications financières. L'IRLANDE
appela à un renouveau institutionnel au lieu de la création de
nouvelles institutions. L'ALGERIE, l'INDE, la COLOMBIE,
l'IRLANDE et d'autres soulignèrent que l'AG était un forum
compétent pour la prise des décisions sur les questions touchant
aux océans.
Au sujet de la coopération régionale, la LITHUANIE, le NIGERIA,
la NORVEGE, MONACO, la MALAISIE et MADAGASCAR mirent en relief
les succès de la coopération régionale et sous-régionale dans le
domaine de la gestion et de la protection marine. La NORVEGE,
MADAGASCAR, l'ALGERIE et d'autres appelèrent à la revitalisation
et au renforcement du Programme des Mers Régionales du PNUE. La
FRANCE appuya l'idée d'utiliser pleinement les arrangements
régionaux existants, y compris les activités du PNUE. La
FEDERATION de RUSSIE déclara que la CDD ne doit pas rester
silencieuse sur les conséquences environnementales de la guerre
des Balkans et proposa la conduite d'une investigation pour voir
comment une catastrophe écologique peut être évitée.
LE DIALOGUE DE HAUT NIVEAU
Concernant les sources terrestres de pollution marine, La
NORVEGE plaida pour la tenue d'une conférence mondiale sur
l'assainissement, nota l'impératif de soutenir les pays en
développement et souligna l'importance d'un instrument juridique
contraignant sur les POP. L'EGYPTE déclara que le PAM doit être
traduit en un accord juridique contraignant. Le représentant des
ETATS-UNIS indiqua que les délégués près de la CNUED avaient
débattu du besoin d'un traité mondial et avaient conclu que la
question serait mieux traitée aux niveaux nationaux et
régionaux. L'orateur nota que le PAM a évolué en tant
qu'alternative et invita la CDD à remédier aux insuffisances
constatées au niveau de sa mise en application. Le PNUE déclara
que des travaux étaient en cours pour l'établissement, à La
Haye, pour l'élaboration d'un plan stratégique devant couvrir
tous les aspects du PAM et pour la mobilisation des ressources
nécessaires au mécanisme d'échange d'information. Le PAKISTAN
mit en relief la récente réunion sur le Programme du PNUE pour
les Mers Sud, durant laquelle les pays se mirent d'accord sur la
promotion de l'échange d'information sur la lutte contre la
pollution provenant des sources terrestres. Le MOZAMBIQUE
présenta un rapport sur les efforts fournis pas les états
africains pour le développement des partenariats nécessaires à
l'application des accords sur les océans et les mers. L'UICN
appela à une intégration plus importante des ONG dans le
processus du PAM.
Concernant les accords internationaux, le délégué des PAYS-BAS
appela à une convention sur les crimes environnementaux
internationaux, assortie d'instruments de conformité incluant
des sanctions, pour traiter la question de pollution marine.
L'orateur précisa qu'une telle convention pourrait régir les
sanctions à infliger aux états de pavillon et aux armateurs. Le
ROYAUME UNI appuya l'appel à des sanctions plus importantes à
l'encontre des pays qui ne respectent pas leurs obligations. Le
délégué des ETATS-UNIS déclara "l'ennemi, c'est nous" car c'est
les mêmes gouvernements qui se tiennent derrière les diverses
agences qui semblent se contredire.
Le Président Upton invita les participants à faire part de leurs
commentaires sur la consistance des approches prônées par les
agences internationales. L'EGYPTE déclara que la CDD doit
appeler les gouvernements à s'assurer d'une meilleure
coordination au niveau national. Le Sous-Secrétaire Général
Nitin Desai se déclara d'avis que le problème se pose au niveau
national où il est rare de voir les différents domaines de
responsabilité résider au même endroit. L'INDE appela au soutien
des pays en développement dans la réalisation d'une meilleure
coordination. Le DANEMARK déclara que différentes agences
nationales prennent différentes décisions et invita les
gouvernements à procéder à la signature de l'Accord d'Aarhus qui
prévoit l'accès du public à l'information. Concernant la science
marine, le MEXIQUE et le COSTA RICA appela la CDD à recommander
que les agences des Nations Unies coordonnent leurs
interventions pour améliorer l'évaluation scientifique d'El Niño
et de son impact sur l'évolution climatique et sur la
biodiversité. L'ISLANDE recommanda l'examen de l'opportunité
d'établir un groupe intergouvernemental sur les aspects
scientifiques de la pollution marine. La SUEDE souligna
l'importance des négociations sur les POP pour l'environnement
marin.
Au sujet des ressources marines vivantes, le délégué des ETATS-
UNIS souligna qu'il y avait trois questions clés qui nécessitent
d'être traitées: les pêches secondaires et les pratiques
destructives, les pêches illicites, non déclarées et non
régulière, et les subventions. Le CANADA nota que l'industrie de
la pêche ciblait certaines espèces de poisson lorsqu'elle est
face à une prohibition. Au sujet de la surcapacité et des
subventions, le BRESIL déclara que la CDD ne doit pas perdre de
vue le principe des responsabilités communes mais différentiées.
La FAO déclara que la dernière estimation des rebuts de
l'industrie de la pêche atteint 20 millions de tonnes par an. Le
WWF déclara que 90% des subventions accordées à la pêche sont
administrées en violation flagrante des exigences de l'OMC en
matière d'élaboration des rapports. L'IRLANDE appela à une
recherche plus importante dans le domaine des méthodes et des
équipements nécessaires à éviter les prises secondaires. Le
Président suggéra que l'établissement d'un objectif de qualité
pouvait amener l'investissement dans l'équipement. L'UE déclara
que la CDD devrait pousser les états à se pencher sur les
subventions et la surcapacité et que la pêche illicite, non
déclarée ou non régulière constituait un sujet majeur pour la
FAO. L'orateur invita la CDD à faire pression pour la mise en
place d'un instrument contraignant donnant effet aux
dispositions de la CNUDM. La SUEDE souligna le besoin de
renforcer les pêches et les capacités de suivi régionales. Le
délégué des ETATS-UNIS appela la CDD à encourager les états à
accélérer l'entrée en vigueur de l'Accord des Nations Unies sur
les Stocks Halieutiques et de l'accord de la FAO sur le respect
des obligations. L'ISLANDE déclara que l'abolition des
subventions étatiques permettraient de résoudre les litiges et
les problèmes commerciaux découlant de la sur-pêche. Le JAPON
suggéra d'attendre que la FAO ait achevé son examen de la
surcapacité et des caisses de compensation.
L'INDONESIE et MADAGASCAR notèrent que la subsistance des petits
pêcheurs était souvent affectée par les flottes de pêche
industrielle et par la pêche illicite, non déclarée ou non
régulière. La NORVEGE parla de l'utilité de l'accord de la FAO
sur le respect des obligations pour le traitement du problème
des pavillons de complaisance et souligna le rôle des
organisations régionales dans la prise de mesures à l'encontre
des pratiques de pêche illicite. La FAO et les Syndicats
attirèrent l'attention sur la déclaration ministérielle de la
FAO sur la lutte contre toutes les formes de pêche illicite, non
déclarée ou non régulière. La BARBADE mentionna l'initiative en
cours visant à proclamer la mer des Caraïbes zone
environnementale spéciale.
Au sujet de la coordination et coopération internationale,
plusieurs orateurs approuvèrent l'observation du Président Upton
selon laquelle tous les délégués sont en train de chercher à
élargir et à approfondir le débat de l'AG. Le PORTUGAL appuya la
mise sur pied d'un groupe de travail sp�cial avec la
participation des ONG et des organisations des Nations Unies. Le
BRESIL d�clara que les lacunes et les chevauchements doivent
�tre identifi�s et que l'AG doit d�cider de la mani�re de
proc�der. Hans Corell, Chef du D�partement Juridique des Nations
Unies, nota que les d�bats de l'AG couvrent une large vari�t� de
questions, souligna les contraintes de temps pour la production
des rapports du Secr�taire G�n�ral, et sugg�ra que la CDD puisse
recommander l'�laboration, dans les meilleurs d�lais, d'un
rapport sur la question sp�cifique pour examen avant l'AG, l'AG
pouvant ensuite recevoir son rapport �tendu comme d'habitude.
La TURQUIE d�clara que la CDD doit faire part de son soutien �
la coop�ration r�gionale. L'AFRIQUE DU SUD souligna la n�cessit�
de d�passer la relation client bailleur de fonds pour
l'identification des partenariats. Le CAMEROUN apporta son appui
au renforcement des instruments sous-r�gionaux de coordination
sur les questions touchant aux oc�ans. La FEDERATION DE RUSSIE
demanda au PNUE s'il partageait ses pr�occupations concernant la
guerre en Yougoslavie estimant qu'il est n�cessaire de mener une
investigation �cologique sur ses cons�quences environnementales.
Le PNUE r�pondit que ses bureaux � Nairobi et � Gen�ve ont pris
des mesures pr�liminaires pour l'examen des donn�es n�cessaire
de l'action � prendre.
DANS LES COULOIRS
Les n�gociations officieuses sur le projet de contribution de la
CDD � la Session Extraordinaire de l'AG consacr�e au PEID ont
repris jeudi soir. Les repr�sentants des PEID cherchent �
s'assurer du soutien de la CDD pour l'obtention d'un traitement
sp�cial au sein des organes internationaux pour les aider �
faire face � l'impact de la mondialisation du commerce. Les
ministres sont susceptibles de se saisir du sujet durant la
r�union de haut niveau de vendredi.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SEGMENT DE HAUT NIVEAU: Le segment de haut niveau travaillera,
le matin, sur l'organe pr�paratoire de la Session Extraordinaire
consacr�e aux PEID et abordera, l'apr�s-midi, le changement des
modes de consommation et de production. Les deux r�unions auront
lieu dans la Salle de Conf�rence 1. Une synth�se du pr�sident,
des orientations du segment de haut niveau sur les �l�ments
propos�s pour les d�cisions de la CDD-7 sera distribu� l'apr�s-
midi.
EVENEMENTS SPECIAUX: Consulter 'CSD Today' pour les
manifestations de la journ�e.
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